Khokho René-Corail au cœur du Plus Grand Musée de France
Et si le plus grand musée de France se déployait bien au-delà des murs, au cœur de nos villes, de nos villages et de nos territoires d’outre-mer ?
C’est l’ambition portée depuis cinq ans par l’opération « Le Plus Grand Musée de France », initiée par Allianz France et la Fondation pour la Sauvegarde de l’Art Français. Cette démarche originale invite chacun à poser un regard nouveau sur le patrimoine qui nous entoure et à s’engager concrètement pour sa préservation.
À l’issue d’une vaste chasse aux trésors patrimoniaux organisée sur l’ensemble du territoire, plus de 400 œuvres en péril ont été signalées par les citoyens, les collectivités et les associations. Après étude de leur éligibilité, un jury composé de représentants d’Allianz France et de la Sauvegarde de l’Art Français a présélectionné 48 œuvres, choisies pour la qualité de leurs valeurs artistiques, leur état de conservation et l’urgence de leur restauration.
Ces œuvres sont aujourd’hui soumises au vote du public, étape décisive de l’opération : dans chaque région, une œuvre lauréate bénéficiera d’un financement de 8 000 € destiné à sa restauration.
Parmi les projets sélectionnés dans la zone Amériques figure une œuvre emblématique de Khokho René-Corail, conservée en Martinique, aux Trois-Îlets.
Khokho René-Corail, un artiste au cœur de l’histoire martiniquaise
Né en 1932 et disparu en 1998, Khokho René-Corail est l’une des figures majeures de l’art martiniquais du XXᵉ siècle. Profondément attaché aux Trois-Îlets, où il a vécu et créé, il a développé une œuvre puissante, indissociable de l’histoire sociale et culturelle de la Martinique.
À travers des corps marqués, des visages habités et des scènes collectives, l’artiste interroge la mémoire de l’esclavage, les blessures du passé, mais aussi la résistance, la dignité et la vitalité du peuple martiniquais. Son travail, à la fois brut, libre et profondément humaniste, rompt avec les conventions pour inventer un langage plastique singulier, nourri d’expérimentations constantes.
Une œuvre née du feu, symbole de rassemblement
Réalisée en 1977, l’œuvre présentée est caractéristique de la recherche plastique de Khokho René-Corail. Elle est conçue sur aggloméré selon la technique du brûlage, également appelée « peinture au feu », procédé emblématique de l’artiste.
Cette méthode audacieuse consiste à enflammer un mélange de pigments et de solvants directement sur le support, laissant le feu créer textures, contrastes et profondeurs chromatiques. Les couleurs sombres et terreuses, ponctuées de lumières intenses, évoquent les paysages martiniquais et les forces telluriques de l’île.
L’artiste y développe l’un de ses thèmes récurrents : le rassemblement collectif. Des figures dansantes, presque surgies des flammes, s’organisent autour d’un soleil central, symbole de vie, de joie et d’énergie communautaire. La scène célèbre la force du lien social, la fête partagée et la transmission, autant de valeurs au cœur de l’œuvre de Khokho René-Corail.
Une restauration indispensable pour préserver un patrimoine vivant
Aujourd’hui, cette œuvre majeure nécessite une restauration afin de préserver son intégrité et sa lisibilité.
Le support en aggloméré, fragilisé par le temps, doit être consolidé pour garantir la stabilité de l’ensemble. La couche picturale, quant à elle, requiert un travail de rééquilibrage afin de redonner aux couleurs toute leur intensité et de restituer l’effet singulier du brûlage, véritable signature de l’artiste.
Cette intervention permettra de retrouver la force expressive originelle de l’œuvre et d’assurer sa transmission aux générations futures.
Votre vote peut faire la différence
En participant au vote du Plus Grand Musée de France, vous devenez acteur de la sauvegarde du patrimoine et contribuez à la reconnaissance d’un artiste essentiel de l’histoire culturelle martiniquaise.
Voter pour l’œuvre de Khokho René-Corail, c’est faire le choix de la mémoire, de la création et du patrimoine vivant, au cœur des territoires d’outre-mer.
🗳 Le vote est ouvert jusqu’au 22 février à minuit.
Chaque voix compte. Ensemble, permettons à cette œuvre de retrouver toute sa puissance et de continuer à rayonner au sein du Plus Grand Musée de France.
Pour voter, connectez-vous sur www.sauvegardeartfrancais.fr
