Un bachelier sur deux sera le premier de sa famille

bachelierL’ascenseur scolaire marche : presque la majorité des candidats viennent d’une famille où personne n’avait le bac. Mais après, la machine se grippe et ces jeunes choisissent souvent des cursus inférieurs à leur potentiel, selon une enquête de l’Insee.

Bonne nouvelle: 50% des bacheliers proviennent de familles dans lesquelles aucun des parents n’est titulaire du bac .On les appelle les bacheliers de première génération. Mauvaise nouvelle: ils ne feront finalement pas la carrière scolaire que promettaient leurs résultats au lycée. Comme si une fois le bac obtenu, ils étaient entravés par une sorte de défaitisme.

Une ségrégation par filière

Même s’ils sont bons, très bons, ces élèves vont plus avoir tendance à choisir des voies moyennes, spontanément, que ceux dont les parents ont déjà le bac. La reproduction sociale reste prégnante.

Les bacheliers de première génération ne s’imaginent pas en classe prépa ni dans les grandes écoles. Ce n’est «pas pour eux». Seuls 6% d’entre eux s’inscriront en prépa alors que près d’un cinquième des autres bacheliers le font. Environ 14% iront jusqu’au master, soit deux fois moins que les autres. Tout juste quatre petits pourcents des bacheliers de première génération passeront les portes d’une grande école contre 17% des bacheliers de père en fils.

La famille ne croit pas assez en leur enfant

L’origine de ce gâchis? Le doute des familles .Certains sont certes dans la revanche sociale et l’hypermotivation. Mais la majorité de ces parents sans bac hésitent sur la nécessité d’aller plus loin dans les études. Ils s’intérrogent sur les capacités de leur enfant d’y parvenir. Le rapport de l’Insee le confirme: «moins de 20% des parents non bacheliers lient l’insertion pro avec l’acquisition d’un diplôme contre 60% des parents bacheliers. Les diplômes leur semblent d’autant moins important et nécessaires qu’ils les considèrent hors de leur portée».

Vaguement fatalistes , leurs enfants se retirent donc de la «compétition scolaire» en s’orientant plus vers l’enseignement professionnel que ceux de parents bacheliers. «Tout se passe comme si le fait de vivre dans des familles éloignées de l’école et souvent moins convaincues de l’utilité professionnelle des diplômés les plus élevés fragilisait le rapport de ces jeunes aux études», justifie le rapport.

Certes, le conseil de classe a son mot à dire. Il «se prononce avant tout sur l’adéquation entre les voeux du jeune et ses résultats mais revoient rarement à la hausse» ceux qui manqueraient d’ambition par rapport à leur potentiel…
Le Figaro
http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/un-bachelier-sur-deux-sera-le-premier-de-sa-famille-1940/