Tout ce qui change au 1er janvier 2020

Gaz, smic, retraites, permis de conduire...

— Par Louise Pointu d’Imbleval —-
Baisse des tarifs réglementés du gaz
Après la hausse de 0,6% du mois de décembre, les tarifs du gaz appliqués par Engie baissent de 0,9% dès le 1er janvier 2020. Les clients utilisant le gaz pour la cuisson verront le prix baisser de 0,2% et ceux qui l’utilisent pour se chauffer constateront une baisse de 1%. Pour ceux y ayant recours dans les deux cas, la baisse sera de 0,5%. À noter qu’en 2019, les tarifs réglementés de vente (TRV) ont baissé de 11,9%.

● Revalorisation du Smic
Au 1er janvier, le Smic sera revalorisé de 1,2% pour atteindre 10,15 euros par heure, soit 1539, 42 euros par mois sur la base d’un travail de 35 heures hebdomadaires. Cette hausse ne se fait pas grâce à un coup de pouce du gouvernement mais par un mécanisme de hausse automatique qui tient compte de l’évolution annuelle de l’indice des prix. En 2019, il avait été revalorisé de 1,5%.

● Le plafond de la sécurité sociale également revalorisé
Ce chiffre est revu chaque année, selon l’évolution des salaires. En 2020, il sera porté à 3428 euros en valeur mensuelle et 189 euros en valeur journalière, contre 3377 euros et 186 euros en 2019. Le plafond annuel s’élève à 41.136 euros et sert de base de calcul de certaines prestations sociales comme les indemnités journalières, les pensions d’assurance vieillesse ou encore d’invalidité.

● Baisse de l’impôt sur le revenu
Le barème de l’impôt sur le revenu a été revu pour 2020. Concrètement, le taux de la 1ère tranche pour les revenus entre 9964 et 27.519 euros passe de 14% à 11%, soit un gain de 350 euros évalué par Bercy pour les foyers concernés. Pour le taux de la 2ème tranche, les revenus sont abaissés de 27.519 à 25.405 euros, ce qui équivaut à un gain de 125 euros par personne seule. Pour les personnes pacsées ou mariées, le gain sera donc de 250 euros.

Quant à la déclaration de revenus, elle disparaît pour quelque 12 millions de contribuables, à partir du printemps prochain. Seuls les foyers fiscaux dont les revenus restent identiques d’une année sur l’autre sont concernés. Cette baisse de l’impôt sur le revenu entraîne d’ailleurs un changement des taux du prélèvement à la source. Les nouveaux taux sont consultables directement sur le site impots.gouv.fr dans votre espace personnel, grâce à votre identifiant fiscal et votre mot de passe.

Concernant la taxe d’habitation, 80% des foyers les plus modestes ne la paieront plus en 2020. Pour cela, votre revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser un certain seuil, en fonction de la composition de votre foyer fiscal.

● Hausse de la pension de retraite
Dès le 1er janvier, la pension des retraités gagnant moins de 2000 euros brut par mois sera revalorisée de 1%. Quant à ceux dont les revenus sont supérieurs à 2000 euros, la hausse ne sera que de 0,3%. Ce seuil de 2000 euros comprend à la fois la retraite de base et la retraite complémentaire, mais la revalorisation quant à elle ne concerne que la retraite de base.

● Hausse de l’allocation de solidarité pour personnes âgées (ASPA)
Le montant de l’ASPA franchira la barre des 900 euros au 1er janvier 2020, contre 868,20 euros en 2019. Concrètement, l’ASPA s’établira à 10.838,40 euros par an pour une personne âgée seule et 16.826,6 euros pour un couple soumis à une imposition commune. L’allocation de solidarité pour personnes âgées n’est accordée qu’aux personnes aux très faibles ressources à partir de 65 ans (62 ans pour les anciens combattants et personnes handicapées).

● Reste à charge zéro: les nouveautés
La réforme «100% santé» introduit la mise en place progressive du remboursement intégral de certains soins, notamment en soins optiques, dentaires et auditifs, par l’Assurance maladie et la mutuelle. Dès janvier prochain, les opticiens devront proposer des lunettes sans reste à charge pour adultes et enfants. La garantie pour les lunettes est limitée à deux ans, sauf pour les enfants de moins de 16 ans.

Pour des verres progressifs par exemple, le plafond s’établira à 800 euros. Pour les soins dentaires, le reste à charge s’appliquera aux couronnes et aux bridges. Pour une couronne, le prix ne devra pas dépasser 500 euros. Enfin, en termes de soins auditifs, le plafond de remboursement est fixé à 1100 euros par oreille. La mise en place définitive du reste à charge zéro devrait être effective en 2021.

● Hausse de certains tarifs bancaires
Dès janvier 2020, certains produits et services bancaires vont bondir d’au moins 5%. C’est le cas notamment pour les lettres non réceptionnées par les clients. En effet, les frais NPAI augmentent de 4,9% et vous seront adressés si votre banquier n’a pas été informé de votre changement d’adresse par exemple. Il en coûtera alors 25,40 euros pour une lettre retournée à la banque, contre 24,20 euros actuellement.

Le prix de l’envoi du chéquier à domicile augmente lui aussi de 4,8% et atteint 1,10 euro en pli simple. Il grimpe jusqu’à 7,20 euros en recommandé, soit une augmentation de 2,7%.

Dans un contexte de fermeture des agences et de baisse des effectifs, le coût d’un virement en agence augmente de 4% dès janvier 2020. Alors qu’un virement bancaire peut-être fait de façon autonome depuis le site internet ou l’application mobile de la banque, il coûtera désormais 4 euros s’il est effectué en agence.

La demande d’une nouvelle carte bancaire coûtera désormais près de 12 euros avec une augmentation de 3,9%. Enfin, en cas de changement de banque, le transfert de votre PEL (plan épargne logement) augmentera de 3,1% et sera désormais facturé 99 euros, contre 96 euros en 2019.

● Hausse du prix du tabac
Certaines marques de cigarettes augmentent à nouveau dès le 1er janvier 2020, après la hausse de 50 centimes du mois de novembre. Les paquets de 20 cigarettes passent ainsi de 9,10 euros à 9,20 euros pour certaines marques. D’autres hausses sont prévues durant l’année 2020, dont une en mars de 50 centimes également. L’objectif final de ces hausses régulières est de fixer le prix du paquet à 10 euros.

● Hausse du prix du timbre
Les tarifs de La Poste grimpent eux aussi dès le 1er janvier 2020, de 4,7% en moyenne. Dans le détail, le timbre vert s’élève désormais à 0,97 euro (soit 9 centimes de plus qu’en 2019) et le timbre rouge augmente de 11 centimes pour atteindre 1,16 euro (contre 1,05 euro actuellement). De plus, le prix de la Lettre internationale s’élève à 1,40 euro et le prix du sticker de suivi augmente de 5 centimes pour atteindre 0,45 euro.

● Fin des médicaments en libre-service
À partir du 15 janvier prochain, les médicaments à base de paracétamol et certains anti-inflammatoires stéroïdiens (aspirine ou ibuprofène par exemple) ne seront plus en accès libre. Ils seront cependant toujours disponibles sans ordonnance. L’objectif est de renforcer le rôle de prévention et de conseiller du médecin et du pharmacien.

• Vers un déremboursement total des médicaments homéopathiques
À partir du 1er janvier prochain, les médicaments homéopathiques, verront leur taux de remboursement baisser. Aujourd’hui remboursés pour certains à 30%, ils le seront désormais à 15%. Cet abaissement vise d’ailleurs la mise en place d’un déremboursement total de ces produits dès le 1er janvier 2021. Cette décision a été annoncée le 9 juillet dernier par le Ministère de la santé, après que la Haute autorité de la santé (HAS) a jugé une absence d’efficacité dans les produits homéopathiques. Cette décision concerne quelque 1200 médicaments, dont les très connus Arnica montana, Gelsemium ou encore Nux vomica.

● Suspension de l’additif E 1741
Le dioxyde de titane (additif E 1741), dont il est toujours impossible de garantir la sécurité, sera bientôt supprimé des denrées alimentaires. Utilisé comme colorant dans certains produits (bonbons, sauces, dentifrices…) sous forme de nanoparticules, il sera supprimé pendant au moins un an. L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) a souligné que le manque de données scientifiques empêchait d’évaluer correctement les risques de cet additif.

● Interdiction des cotons-tiges et du plastique
L’interdiction du plastique sera étendue, dès le 1er janvier, à de nouveaux produits à usage unique. Les cotons-tiges en plastique seront notamment supprimés des commerces. Idem pour la vaisselle jetable, les bouteilles d’eau ou encore les touillettes et les pailles, encore trop présentes dans les cantines ou dans la restauration à emporter. Bercy a d’ailleurs indiqué que «d’autres objets en plastique à usage unique seront interdits à l’horizon 2021», à la suite de la loi de 2016 sur la biodiversité. Pour rappel, les sacs en plastique jetables sont interdits depuis 2017.

● Développement de nouvelles voitures radar
Avril 2018 marquait la première mise en service des voitures radar en Normandie. Au 1er semestre 2020, le service sera étendu à la Bretagne, les Pays de la Loire et le Centre-Val de Loire. Dans le détail, 19 voitures parcourront la Bretagne et 20 les Pays de la Loire. En service sept jours sur sept, jour et nuit, à raison de six à huit heures quotidiennes, ces voitures sont conçues pour «cibler les conducteurs responsables de grands excès de vitesse», indique le site de la Sécurité routière. À noter que les conducteurs de ces voitures (gendarmes ou policiers) ignorent quand ils flashent et combien ils effectuent de contrôle chaque jour.

● Le permis de conduire à un euro par jour
Dès le 1er janvier, les jeunes âgés de 15 à 25 ans pourront bénéficier du permis à un euro par jour, leur permettant de financer leur permis de catégorie B, A1 ou A2 (voiture et moto). Il s’agit d’un prêt à taux zéro d’un montant allant de 600 à 1200 euros selon la formation sélectionnée. Cette aide publique émane d’une collectivité locale ou de l’État et permet de faciliter l’accès à la formation. Le remboursement de ce prêt s’effectue par mensualités de 30 euros maximum, sur une période de 20 à 40 mois.

● Aide à l’achat de logements HLM
L’État prévoit de mettre place à partir du 1er janvier prochain un dispositif facilitant l’achat de logements sociaux par les particuliers. Avec pour objectif de vendre chaque année 45.000 maisons ou appartements, il permettra au nouveau propriétaire ne pas avoir immédiatement à sa charge l’ensemble des charges de copropriété. L’acquéreur pourra de cette façon se familiariser avec le régime juridique de la copropriété en échappant à certaines de ses contraintes financières.

 

Source : LeFigaro.fr