— Par Hélène Lemoine —
Après avoir exploré les méandres de la mémoire (Memento), du rêve (Inception), du temps (Interstellar et Tenet), de la guerre (Dunkerque) et de la science (Oppenheimer), Christopher Nolan s’attaque cette fois à l’un des plus grands monuments de la littérature mondiale. Avec L’Odyssée, le réalisateur britannique adapte le poème d’Homère en lui insufflant sa propre vision du cinéma : ambitieuse, spectaculaire, complexe et profondément humaine.
Le défi était immense. Comment porter à l’écran une œuvre vieille de près de trois millénaires, fondatrice de la culture occidentale, sans en trahir la richesse ni la réduire à un simple film d’aventures ? Nolan choisit de ne pas illustrer le texte d’Homère, mais de le réinterpréter. Il en fait moins le récit d’un voyage extraordinaire qu’une réflexion sur le traumatisme de la guerre, la mémoire, le temps qui passe et la difficile reconquête de soi.
L’histoire reste fidèle à l’essentiel. Après la chute de Troie, Ulysse entreprend le long retour vers son royaume d’Ithaque. Son périple est jalonné d’épreuves, de monstres, de tempêtes et d’interventions divines, tandis que son épouse Pénélope et son fils Télémaque résistent aux prétendants qui convoitent le trône.

Un film de Ruben Fleischer