— Par Rodolf Étienne
Depuis 2011, la Martinique vit au rythme des échouages de sargasses.
Quinze ans plus tard, le phénomène ne peut plus être traité comme un accident saisonnier. Il structure désormais une partie de la vie du littoral, pèse sur la santé, les finances communales, l’activité économique, le tourisme, la pêche, les paysages et jusque sur l’organisation des services publics.
Début septembre 2026, cinq communes parmi les plus exposées — Le François, Le Vauclin, Trinité, Le Marigot et Le Robert — ont décidé de parler d’une seule voix.
Leurs maires se sont réunis au François avec le directeur du GIP Sargasses, Frédéric Voyer, pour réclamer une réponse durable à un phénomène qui s’installe dans le temps. Ce mouvement des élus dit peut-être l’essentiel : qui doit porter durablement le coût, la responsabilité et la stratégie de cette nouvelle réalité environnementale ?
Quinze ans après, toujours l’urgence
La Martinique a pourtant considérablement renforcé son dispositif. Depuis 2023, la collecte en mer monte en puissance. En mars 2026, deux nouveaux moyens ont été mis en service : le Sargator 3, destiné notamment à la façade sud-atlantique, et la barge de transfert Toupiti. Lire Plus

Alors que je m’active à ramasser les quelques déchets laissés par les visiteurs de la réserve naturelle de Petite-Terre, Guadeloupe, en cette fin de samedi 24 janvier 2015, travail faisant partie de ma mission d’écovolontaire de l’association Ti-Té, mon regard butte sur un bouchon de bouteille en plastique : d’un bleu ciel inhabituel pour les bouteilles de Guadeloupe, il revêt également une inscription peu créole, Sidi Ali. Ayant un peu voyagé ces dernières années, je n’ai aucun doute quant à l’origine marocaine de ce bouchon. D’ailleurs après vérification, il s’agit bien d’un bouchon portant la marque d’une eau minérale d’Oulmès, Maroc, que je viens de trouver dans la laisse de mer de la journée parmi les sargasses et autres posidonies, au niveau de la cocoteraie de Petite-Terre. Je le montre à mes collègues qui n’ont alors qu’une question : mais comment est-il arrivé ici ? Peu de chance qu’un touriste ait eu dans son sac une bouteille d’eau marocaine.