Ce n’est pas la première fois qu’il convient d’alerter sur l’état d’abandon dans lequel se trouve toute une part du patrimoine martiniquais, souvent pas la plus prestigieuse mais qui fait partie de notre histoire. Or chaque fois que l’on voit se dégrader puis disparaître un élément de ce patrimoine, c’est une perte irréversible au détriment des générations futures. On ne reviendra pas ici sur les destructions volontaires qui ont fait récemment l’objet d’une procédure judiciaire. Une lecture particulière des péripéties historiques peut conduire certains Martiniquais à vouloir éradiquer toute trace du passé colonial. On aurait simplement souhaité à ce propos qu’ils ne fussent pas seuls à décider les monuments qu’il convenait de faire disparaître ; on aurait préféré que l’ensemble des Martiniquais, dûment consulté, ait été appelé à se prononcer et que, en outre, si la décision d’écarter certains monuments était finalement actée, qu’ils soient mis en lieu sûr plutôt que détruits, car on ne saurait préjuger de l’avenir. Mais ce n’est pas le propos d’aujourd’hui.
Le patrimoine matériel ne se limite pas en effet aux statues des « grands hommes » (ou femmes) qui ont façonné avec plus ou moins de bonheur l’histoire du pays !

