Étiquette : Oscar Wilde

« Le portrait de Dorian Gray » ; texte d’Oscar Wilde, adaptation et m.e.s. Thomas Le Douarec

— Par Dominique Daeschler —

Dorian Gray, seul roman d’ Oscar Wilde constitue, pour Thomas Le Douarec, adaptateur et metteur en scène la base dramatique de toute son œuvre théâtrale couronnée de succès. Le dandy Wilde dit beaucoup de lui à travers les personnages masculins du roman : il se souhaiterait la grandeur d’âme du peintre Basil, aimerait plonger dans la vie dissolue et perverse de Dorian, se sent jugé avec le cynisme d’ Harry. Le bel esprit, condamné à deux ans de travaux forcés après un procès pour »indécence et sodomie » mourra dans la misère. Du roman très dialogué, Thomas Le Douarec a fait une adaptation vive, où le plaisir des tournures et des mots choisis semble nourrir le jeu des personnages autant que le plaisir des spectateurs.

Un jeune homme fortuné (Dorian) commande à Basil le peintre un portrait qui aura la particularité de vieillir et d’imprégner sur la toile la descente aux enfers de Dorian, alors que celui-ci ne vieillira pas, dans l’ombre Harry un grand manipulateur peu ou prou méphistophélique…La roue tourne, Dorian très mondain est chouchouté par la société et ose tout (mariage noble …), une seule restriction : son tableau reste recouvert d’un voile , interdit à la vue…Tout basculera, Basil paiera de la mort la constance de son attention à Dorian, Harry avec la conscience du temps qui passe cherchera un autre homme jeune à manipuler et à détruire.

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L’âme humaine sous le socialisme d’après l’essai d’Oscar Wilde,

— Par Michèle Bigot —

« Une carte du monde ne faisant pas mention du royaume d’Utopie ne mérite même pas un coup d’oeil, car elle laisse à l’écart le seul pays où l’humanité finit toujours pas aborder. »
Voici l’inspiration maîtresse de cet essai signé Oscar Wilde, et aucun sujet ne peut se prétendre plus actuel que celui-là. Où sont passées les utopies dont nous avons un si pressant besoin ? Doit-on au nom du pragmatisme néo-libéral et d’une logique comptable de la rentabilité, laisser dire que les utopies sont condamnables parce qu’irréalistes ? Qu’est-ce que ce réalisme dont se prévaut le capitalisme financier et la société de contrôle qu’on nous prépare, sinon un facteur de désolation ?
Ce texte écrit en 1891 résonne aujourd’hui comme un écho surprenant des recherches actuelles des historiens, sociologues et philosophes concernant les « communs ». On en trouve un exemple éclairant dans l’essai de Rutger Bregman « Utopies réalistes, en finir avec la pauvreté », qui propose, en vrac : l’ouverture des frontières, la semaine de 15 heures, le revenu universel, et montre à partir de l’exemple de Wikipedia que non seulement les utopies sont réalistes, mais que certaines sont en cours d’accomplissement en dépit qu’on en ait.

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