Étiquette : Kassav’

L’étonnante route des créoles en Australie (2)

– par Rodolf Etienne

À première vue, tout semble séparer Fort-de-France de Perth.

Près de deux océans, des histoires politiques différentes, des migrations qui n’empruntent pas les mêmes routes et plus de 18 000 kilomètres à parcourir.

Pourtant, lorsqu’on observe la carte culturelle de l’Australie contemporaine, un archipel inattendu apparaît.

Caribéens, Mauriciens, Seychellois, Réunionnais et autres populations insulaires s’y retrouvent autour de la musique, de la cuisine, de la danse, des langues, de la transmission familiale et parfois d’un mot commun : créole.

Cette géographie raconte moins une migration massive des Antillais français vers l’Australie qu’une circulation beaucoup plus subtile des cultures créoles à travers le monde.

Perth, sur la façade occidentale du continent australien, constitue probablement le point d’observation le plus étonnant.

La Caribbean Australian Association y est créée en 1975 pour aider les nouveaux migrants originaires de la Caraïbe à s’installer en Australie et leur permettre de conserver des liens culturels et sociaux. Le premier rassemblement organisé le 8 août 1975 attire 191 personnes, chiffre remarquable pour une diaspora encore très réduite. Cricket, football, gastronomie, carnaval, fêtes familiales, bals et activités pour enfants deviennent progressivement les moyens de maintenir une identité caribéenne à des milliers de kilomètres des îles.  Lire Plus

Une langue que l’on transmet est un avenir que l’on offre

Entretien : Rodolf Étienne / Pierre-Roland Bain, KEPKAA

À Montréal, le Mois du Créole s’apprête à franchir un cap symbolique. 

Pour ouvrir cette année l’édition anniversaire du Festival créole de Montréal, deux grandes voix martiniquaises seront à l’honneur : Jocelyne Béroard et Tony Chasseur, réunis le 3 octobre au Monument-National de Montréal pour un spectacle associant zouk, biguine, kreyòl jazz et rythmes caribéens.

Du 3 au 30 octobre 2026, le KEPKAA — Comité international pour la promotion du créole et l’alphabétisation — organise la 25e édition du Mois du Créole à Montréal, autour de la transmission, du dialogue, de la solidarité et de la diversité culturelle.
« Le festival, lancé à Montréal en octobre 2002, s’est progressivement imposé comme un rendez-vous incontournable de mise en relation des différents espaces créolophones. »

C’est l’un des fils rouges de cet entretien avec Pierre-Roland Bain, président du KEPKAA — Comité international pour la promotion du créole et l’alphabétisationà l’occasion de cette 25e édition.

Rodolf Etienne : Dans le vif du sujet, et depuis votre position, vingt-cinq éditions après les débuts du Mois du Créole, où en est la langue créole ?   Lire Plus

Les premières dates de la « tournée Kassav’ hommage à Jacob Desvarieux » sont connues

Un hommage mondial va être rendu à Jacob Desvarieux le leader du groupe Kassav’ décédé le 30 juillet 2021 à l’âge de 65 ans. Des concerts seront organisés dans plusieurs pays. La première représentation musicale se déroulera au festival des arts de Sainte-Lucie. le 13 mai. Quatre dates sont déjà annoncées.

Tournée mise en place par la production AEG :

– Le 13 mai 2023, dans la caraîbe au festival de Sainte Lucie.
– Le 4 juin 2023 à 20h, Le théâtre antique d’Arles en France
– Le 5 juin 2023 les Nuits de Fourvière, festival estival, au cœur du Théâtre antique de Lyon (France)
– Le 11 août 2023 à Hoogstraten, ville et commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande dans la province d’Anvers.

Jacob Félix Desvarieux, né le 21 novembre 1955 à Paris (14e arrondissement) et mort le 30 juillet 2021 aux Abymes (Guadeloupe), est un chanteur, musicien, arrangeur et producteur français. Il est l’un des cofondateurs du groupe de musique Kassav’.

Biographie
Enfance et premiers pas dans la musique
Né le 21 novembre 1955 à Paris, sa mère l’emmène en Guadeloupe, après quelques mois.  Lire Plus

Covid-19: Jacob Desvarieux, cofondateur du groupe antillais Kassav’, est mort à l’âge de 65 ans

Le guitariste guadeloupéen Jacob Desvarieux, mort vendredi à 65 ans des suites du Covid-19, était l’un des fondateurs du groupe Kassav’, monument aux Antilles qui a connu un énorme succès dans les années 80 en mélangeant des musiques locales pour créer un style, le zouk. De santé fragile depuis une greffe rénale, le musicien avait été hospitalisé le 12 juillet à Pointe-à-Pitre après avoir été contaminé par le coronavirus. Parmi les nombreuses réactions à son décès, celle du judoka guadeloupéen Teddy Riner, qui a rendu hommage à « une immense voix des Antilles », tandis que l’ancienne ministre Christiane Taubira, originaire de Guyane, disait sa tristesse, se remémorant « sa voix, sa dégaine, son talent, sa joie, ce sourire, cette inclinaison de la tête et même sa salopette des débuts ». « Les Antilles, l’Afrique et la musique viennent de perdre l’un de ses plus grands Ambassadeurs. Jacob grâce à ton art, tu as rapproché les Antilles à l’Afrique. Dakar où tu as vécu te pleure. Adieu l’ami », a tweeté le chanteur sénégalais Youssou Ndour. – Interroger les origines – « Au départ, c’était un laboratoire: nous cherchions à trouver une bande-son qui fasse la synthèse de toutes les traditions et sons antérieurs, mais qui soit exportable partout », avait raconté le musicien au journal Libération en 2016.  Lire Plus

Kassav, rois du zouk, princes des Zénith

Le groupe antillais Kassav fait ses adieux à la salle fétiche de ses débuts, le Zénith de Paris.

— Par  Alexis Campion —

Irrésistiblement dansants, parfois frénétiques, leurs concerts sont entrés dans la légende. Loin de se réduire à la fête et au soleil, leurs tubes font aussi résonner des thèmes profonds comme la mémoire de l’esclavage et la défense des cultures minoritaires. Avec Kolé Séré, Syé bwa, et bien sûr Zouk-la sé sèl medikaman nou ni (« Le zouk est notre seul médicament »), chanson phare qui l’a propulsé à partir de 1984, Kassav a hissé le parler créole au Top 50.

Inventeur du zouk au tournant des années 1980, une fusion de divers styles caribéens saluée par Miles Davis en personne, reconnue depuis comme la musique d’expression française la plus répandue de par le monde, Kassav reste à ce jour le seul groupe d’artistes « hexagonaux » à remplir les salles aussi bien en Côte d’Ivoire qu’en Colombie ou en Russie. Au Mozambique, c’est le délire : à Maputo, depuis 2012, le Festival do Zouk transforme le genre au gré d’inspirations africaines et lusophones.  Lire Plus

Kassav’, c’est les Brassens du zouk (oui, oui)

Près de quarante ans après ses débuts, le groupe antillais est toujours victime de clichés…

kassav_05-2016— Par Benjamin Chapon —
« Ka sa yé misyé bobo !! Hahaha… »
« Hé ben après la Compagnie Créole, le zouk c’est ta nouvelle passion ! »
« Après David Bowie et Prince, c’est l’année des nécros pour toi. »

Les réactions de certains (tous) collègues à l’annonce de la préparation d’un article sur Kassav’  ont immédiatement validé l’angle suivant : l’œuvre du groupe Kassav’ est tristement méconnue en France métropolitaine. Le groupe antillais donne une série de trois concerts au Zénith de Paris du 27 au 29 mai 2016 . Kassav’ y détient le record du nombre de passage (60 depuis 1985) et de spectateurs (400.000).

Groupe super star des années 1980, Kassav’ est, en métropole, souvent confondu avec Zouk Machine (« Ka sa yé misyé bobo !! » par exemple, c’est dans Maldon…) ou la Compagnie Créole, et a été unanimement soldé comme « groupe ringard » en même temps qu’explosait la bulle spéculative des musiques exotiques exploitée à outrance par TF1 au tournant des années 1980-1990.  Lire Plus