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Les créanciers disent à Tsipras : pas touche aux riches !

Le Nobel d’économie Paul Krugman dénonce le rôle du FMI

dette_grece— Par Thomas Lemahieu —

Édifiant : la Commission européenne, le FMI et la BCE corrigent les propositions du gouvernement Tsipras. Les Grecs proposent d’aller prendre l’argent là où il est. Insupportable pour des institutions qui préparent une forme de coup d’État rampant.

Puisque le peuple grec vote contre l’austérité, il faut dissoudre le peuple grec. Les institutions européennes n’ont rien compris à l’ironie de Brecht, évidemment, elles ont décidé de le prendre au pied de la lettre. Et de cadenasser toutes les issues hors de la logique des saignées budgétaires, des baisses des droits sociaux, des salaires et des retraites, telles que les Grecs les connaissent depuis l’instauration du régime de terreur des mémorandums à partir de 2010. Nouvelle illustration, hier, à Bruxelles à l’occasion d’un énième Eurogroupe, rassemblant les ministres des Finances de la zone euro, et d’un Conseil européen avec tous les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne. Alors que, sous la conduite d’Alexis Tsipras, le gouvernement grec avait tracé, non sans douleur, une perspective de sortie de crise en dressant un plan permettant d’atteindre la « trajectoire budgétaire » exigée par les créanciers, la Commission européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne manifeste de Berlin, décidé de repasser à l’attaque en exigeant d’un côté de nouveaux sacrifi ces pour les couches moyennes et populaires en Grèce et, dans le même geste, des cadeaux pour les plus riches !

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La concentration des richesses nuit à la croissance, et c’est le FMI qui le dit

—  Par Pierric Marissal —

fmi_logoPlus les riches s’enrichissent, plus faible est la croissance. Moins il y a de syndiqués, plus le revenu des 1% les plus riches augmente. Et la flexibilisation du travail accroît les inégalités. A contre-pied total de sa politique, des économistes du FMI publient une étude appelant à la redistribution des richesses.

Selon leur calcul, si les 20 % les plus riches augmentent leur fortune de 1 %, le PIB global lui baisse de 0,08%. « Cela semble suggérer que les bénéfices ne retombent pas » sur les plus pauvres, écrit le FMI qu’on peut croire gêné aux entournures. Car depuis 1714, et la fable des abeilles de Bernard Mandeville, tous les économistes libéraux assurent que l’enrichissement des plus riches bénéficie in fine à tous, soit par le biais de leur consommation, soit par celui de l’investissement profitant ainsi à l’activité économique générale et à l’emploi dans le reste de la société. C’est la « théorie du ruissellement » brandie depuis 3 siècles par tous les détracteurs de la redistribution et de la régulation économique.

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