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Agenda culturel des 24 et 25 octobre 2026

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Cinéma, musique, littérature, patrimoine, arts plastiques, contes et célébrations du créole : à quelques jours de la Journée internationale de la langue et de la culture créoles, la Martinique propose un week-end riche en rencontres et en découvertes. Les principaux rendez-vous à ne pas manquer.

Ce dernier week-end d’octobre met particulièrement en lumière la vitalité de la création artistique et culturelle martiniquaise. La langue créole sera célébrée au Saint-Esprit et à La Trinité, le cinéma international refermera sa vingtième édition du CinéMartinique Festival, tandis que la musique, les expositions et les ateliers de création investiront plusieurs lieux de l’île.
Des propositions pour le jeune public aux concerts en soirée, en passant par les arts visuels et les contes au bord de la mer, voici notre sélection pour les samedi 24 et dimanche 25 octobre.

Samedi 24 octobre — La langue créole à l’honneur

La Dikté Kréyol au Saint-Esprit : écrire la langue, penser le monde

10h – 12h | Médiathèque Alfred Melon-Dégras, Saint-Esprit. À l’approche de la Journée internationale de la langue et de la culture créoles, célébrée le 28 octobre, la médiathèque Alfred Melon-Dégras accueille une nouvelle édition de la Dikté Kréyol, organisée par Martinique Écologie avec le concours de la municipalité.  Lire Plus

Marc Alie : L’architecte des mots et des formes

  • par Rodolf Etienne

Écrivain, architecte, musicien et pionnier des radios libres, Marc Alie a traversé plusieurs décennies de création martiniquaise en refusant de s’enfermer dans une seule discipline.

Derrière les édifices qui ont marqué le paysage de l’île se découvre un auteur dont l’œuvre littéraire mérite aujourd’hui d’être relue. 

Marc Alie appartient à la catégorie d’artistes dont le parcours oblige à franchir les frontières habituelles entre les disciplines.

Né en 1944 à Nausselles, dans l’Aveyron, et décédé le 8 novembre 2020 à Paris, Marc Alie a consacré une part essentielle de son existence à la Martinique, où son nom demeure associé à plusieurs réalisations architecturales. Chez lui, la création semble avoir répondu à une nécessité constante : inventer des formes, interroger le monde et proposer d’autres manières de l’habiter.

L’architecture comme expérience de liberté

Diplômé de l’École spéciale d’architecture, Marc Alie a été marqué par les recherches de Claude Parent et Paul Virilio, notamment autour de la fonction oblique, qui entendait bouleverser les conceptions traditionnelles de l’espace. Inscrit à l’Ordre des architectes en Martinique dès 1973, il a participé à plusieurs projets importants, parmi lesquels les logements sociaux des Hauts du Port, à Fort-de-France, et le centre administratif de l’ancien conseil général.  Lire Plus

Thierry Mathiasin – Quai des arachides (2)

  • Par Thierry Mathiasin

Avec Quai des arachides, Thierry Mathiasin, plasticien, peintre, dessinateur et poète guadeloupéen, nous entraîne  dans un univers où la terre, la mer, l’exil et la mémoire se rencontrent.

Thierry Mathiasin ou la palette du multiple

À travers une écriture dense, imagée et profondément sensorielle, il fait surgir les paysages de la Caraïbe, les blessures de l’histoire coloniale et les échos du marronnage. Sa poésie explore les liens entre identité, déracinement, corps et liberté. Ce texte est extrait de Quai des Arachides, publié en décembre 1991 à l’École d’Art du Havre, sous la responsabilité de Francis Marshall, avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre.  Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

Sans titre

Vouloir cribler les mots

Dans leur brèche

De non-sens,

M’éclabousser

Sur la mémoire

De leur palimpsestes

D’oubli,

Brouiller la cible

Des figures originelles

Exorbitées, des signes muets

De l’absence, présence des grimoires

Vertex

Un an

Fixé dans le ciel

Avant l’éclipse,

Sème des nuages d’argile

Où l’espace inachevé

Nous tombe des planètes.

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Jacques-Olivier Ensfelder : D’ambres et de lumière

Avec son nouveau recueil de haïkus, le comédien, metteur en scène et poète Jacques-Olivier Ensfelder invite le lecteur à une rencontre sensible entre l’imaginaire caribéen et la tradition poétique japonaise.
Un ouvrage où les mots et les créations graphiques composent un même univers artistique.
Il est des livres qui ne cherchent pas à raconter le monde, mais à nous apprendre à le regarder autrement.
D’ambres & Lumière, le nouveau recueil de Jacques-Olivier Ensfelder, appartient à cette famille d’ouvrages où la poésie se fait contemplation, où quelques mots suffisent à ouvrir un horizon.
Artiste caribéen, comédien et metteur en scène depuis plus de trente ans, Jacques-Olivier Ensfelder poursuit ici un cheminement littéraire profondément personnel. Avec ce cinquième livre de poésie, et son deuxième recueil consacré au haïku après Rumeurs d’île, il retrouve la forme brève de cet art japonais qui saisit, en quelques vers, la beauté fragile d’un instant.
La nature, le passage du temps, le silence, la solitude, la présence invisible des choses traversent ses poèmes. Un papillon, une fleur, une cloche, un escargot deviennent autant de portes ouvertes sur une réflexion plus vaste : celle de notre place dans le monde et de notre manière de l’habiter.
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Maryvonne Joseph : Sable-Peinture et Mémoire-Transmission

par Rodolf Etienne

À 82 ans, Maryvonne Joseph poursuit une aventure artistique entamée de manière singulière. L’artiste transforme les sables de Martinique en paysages, scènes de vie et fragments de mémoire.

Près de 200 nuances naturelles composent aujourd’hui une palette qui ne ressemble à aucune autre. Du 6 au 13 octobre 2026, une exposition lui est consacrée au Centre culturel de Rivière-Salée. L’occasion de regarder autrement une œuvre située à la frontière de la peinture, de l’artisanat d’art et du patrimoine.

Il faudrait imaginer que tout commence par un simple geste : prendre une poignée de sable en main et y voir autre chose qu’une matière déposée par la mer, le vent ou l’érosion. Y voir une couleur, puis une autre, puis encore une autre et ainsi de suite, jusqu’à constituer une palette de près de 200 nuances naturelles. Depuis plus de cinquante ans, Maryvonne Joseph fait précisément cela. Elle recueille, choisit, ordonne et travaille les sables de Martinique pour les faire entrer dans l’espace, le cadre du tableau. La Ville de Rivière-Salée, sa ville, la présente aujourd’hui comme une « figure emblématique de l’artisanat d’art martiniquais ».  Lire Plus

Lisa Clague : Sous le masque, des créatures de rêves

  • par Rodolf Etienne

Il y a quelque chose d’immédiatement troublant dans les sculptures de Lisa Clague. Elles semblent appartenir à un monde dont nous connaîtrions les règles sans parvenir à nous souvenir où nous les avons reçues.

Des femmes aux visages masqués côtoient des animaux, des corps humains se prolongent en formes hybrides, des oreilles, des becs, des cornes surgissent là où nous attendions un visage. Tout est presque familier. Et pourtant rien ne l’est vraiment.

L’artiste américaine situe elle-même son travail dans un espace « entre le subconscient et l’intangible ». Ses figures masquées sont conçues comme des êtres ambigus, traversés par le déguisement, la séduction, la dissimulation et la métamorphose.

Le rêve constitue une source essentielle de cette œuvre : il compresse les images, associe des réalités étrangères les unes aux autres, transforme l’anxiété, le désir ou le souvenir en créatures nouvelles.

Du vase au corps

Lisa Clague n’était pourtant pas destinée à devenir exclusivement sculptrice de figures fantastiques. Née dans une famille d’artistes — son père était sculpteur sur métal et sa mère potière — elle commence par l’illustration avant d’intégrer le Cleveland Institute of Art.  Lire Plus

Thierry Mathiasin : Palettes et couleurs multiples

— par Rodolf Étienne

Il y a chez le peintre-plasticien originaire de Deshaies en Guadeloupe, Thierry Mathiasin, quelque chose du domaine du « sensible singulier » qui se confronte inexorablement au classement de toutes catégories.

Artiste peintre ? Oui, inévitablement. Dessinateur ? Oui, bien sûr, sans conteste aucun.

Mais aussi : poète, auteur-écrivain,  enseignant en arts plastiques, parfois inspirés de textes engagés et consacrés au travail d’autres artistes, observateur attentif, médiateur constant de ce qui se joue ou se déroule autour de lui.

Chez Thierry Mathiasin, le trait et le mot semblent procéder d’un même mouvement : fouiller ce qui nous constitue jusqu’à rencontrer la mémoire, la blessure, le territoire insatisfait, le désir, mais également cette obstination presque physique à rester debout.

Thierry Mathiasin est né à Pointe-à-Pitre en 1967 et a grandi à Deshaies, en Guadeloupe.

Il quitte ensuite l’archipel pour poursuivre sa formation artistique et obtient en 1993 son diplôme des Beaux-Arts du Havre. Il devient enseignant en arts plastiques. Très tôt également, il écrit : Déréliction paraît en 1990, puis Quai des Arachides N°20 en 1993, une édition d’art et de poésie réalisée aux Beaux-Arts du Havre avec le soutien de la DRAC.  Lire Plus

Cinquante ans après, le SERMAC toujours là !

  • par Rodolf Etienne

À Fort-de-France, la rentrée culturelle 2026 a une saveur particulière. Le SERMAC — Service municipal d’action culturelle — prépare sa cinquantième rentrée.

Né en 1976 dans le prolongement de la politique culturelle voulue par Aimé Césaire, il porte depuis un demi-siècle une ambition forte : mettre la culture à la portée de tous, promouvoir les arts martiniquais et lutter contre l’aliénation culturelle.

Pour Aimé Césaire, la culture n’était pas un supplément d’âme réservé à quelques initiés. Elle participait pleinement de l’émancipation. Elle devait permettre aux Martiniquais de retrouver leurs formes d’expression, leurs imaginaires, leurs rythmes, leurs gestes, leur histoire. Avant même la naissance officielle du SERMAC, la municipalité foyalaise avait commencé à structurer cette politique autour du Festival culturel de Fort-de-France et de l’OMDAC. En 1975, le conseil municipal décide de créer un organisme spécifiquement consacré à l’action culturelle ; installé au Parc Floral, il développe progressivement ses interventions, notamment dans les quartiers populaires. Le SERMAC prolongera cette dynamique à partir de 1976.

L’un des principaux foyers de la vie culturelle foyalaise

Depuis lors, plusieurs générations ont fréquenté ses ateliers.  Lire Plus

Honoré Gaston Chosrova : La Martinique populaire

  • par Rodolf Etienne

Une toile dans une maison, un visage reconnu dans une exposition, une scène de rivière, une femme portant des poissons, une yole, un joueur de dominos. Honoré Gaston Chosrova appartient à cette catégorie de peintre restitueur de mémoire.

Originaire de Rivière-Pilote, Honoré Chosrova a consacré son œuvre à représenter la Martinique populaire, quotidienne, vécue. Pas celle des cartes postale, – quoique ! Une Martinique partout habitée, de gestes, d’habitudes, de femmes, de conversations, de loisirs, de métiers, de paysages et de mémoires ordinaires.

Chez Honoré Chosrova, le « peuple » n’est pas un décor, mais sujet même de la peinture.

Une œuvre comme Détente à la rivière, datée de 1993, montre combien son travail s’inscrit dans une volonté de mémoire de la vie martiniquaise. Le tableau plonge dans un univers de rivière, de femmes, de chemins, de conversations et de gestes familiers. Il y a là quelque chose de précieux qui nous est rendue. La peinture de Chosrova ne cherche pas d’abord à expliquer la Martinique. Elle cherche d’abord à la reconnaître, pour donner une dignité picturale à chacune des scènes que l’on pourrait croire trop ordinaires – trop ci ou trop ça – pour entrer dans l’histoire de l’art.  Lire Plus

Exposition « Pictural » : peinture actuelle en Martinique

Par Selim Lander

Après l’exposition tirée du fonds de l’entreprise Renault, présentant quelques grands noms des arts plastiques du XXe siècle, la Fondation Clément a eu l’excellente idée de réunir trente-cinq artistes martiniquais toujours actifs dans une exposition collective intitulée Pictural. « Pictural » comme peinture, même si l’on n’est pas surpris de trouver des exceptions au châssis rectangulaire habituel, tant les frontières entre peinture, sculpture, installation se sont désormais estompées.

Si l’art contemporain, on ne le sait que trop, trop souvent déçoit (« le n’importe quoi ou le presque rien » selon la formule célèbre de Jean Clair), ce n’est nullement le cas des œuvres rassemblées ici, à quelques réserves inévitables près. Aucune mièvrerie dans cette exposition, et si les silhouettes « approximativement » dessinées sont de rigueur, ce n’est pas gaucherie ou maladresse mais simplement parce que l’avènement de la photographie a « tué » le dessin académique (sauf chez de rares récalcitrants qui font parfois figure désormais de révolutionnaires. Voir le portrait par Claude Cauquil reproduit en tête de cet article). On sait d’ailleurs, depuis Münch et d’autres, qu’une physionomie n’a pas besoin d’être exacte ni même précise pour être réaliste et expressive.  Lire Plus

Un atelier dans la jungle : Ernest Breleur

— Par Selim Lander —

Ernest Breleur (le Christ rouge)Sous les tropiques, la conjonction du soleil et de la pluie produit facilement une végétation luxuriante ; un bout de terre suffit pour faire pousser un rideau de verdure impénétrable. La villa du plasticien martiniquais Ernest Breleur[1] a beau être située dans un lotissement assez récent à la périphérie de Fort-de-France, pour qui a le privilège de partager un moment avec lui dans sa véranda, l’écoutant s’exprimer sur sa démarche artistique, sa maison cernée par les plantes en rangs serrés nommées oiseaux de paradis, semble perdue dans une jungle[2].

L’œuvre d’Ernest Breleur mérite qu’on s’y intéresse. J’ai souligné ailleurs la fécondité des arts plastiques en Martinique, seulement comparable à sa fécondité littéraire[3]. Ce n’est pas un hasard si je mettais alors Breleur en premier. Il est à coup sûr le plus « chercheur » de tous les plasticiens martiniquais, celui qui a le plus su (et voulu) se renouveler au fil des années. Une visite dans son atelier le confirme : aucun des lecteurs de l’ouvrage – par ailleurs remarquable mais qui date déjà de 2008[4] – qui lui a été consacré ne pourrait anticiper l’état actuel de ses recherches, au vu de son œuvre telle qu’elle se présentait il y a une dizaine d’années.  Lire Plus

20 ans de « Recherches en Esthétique »

— Par Selim Lander —

ESTHETIQUE_20_pages_couv_BD1« Loin de la vitre du train, je pense à la parole électrique des flamboyants,
que les pilotes de loin croient encore des  nappes de sang
/ demeurées sur les touches du crime » (Edouard Glissant)[i].

La revue Recherches en Esthétique, créée et animée par Dominique Berthet, professeur à l’Université des Antilles en Martinique, fête son vingtième anniversaire. Cette revue de très bon aloi, qui paraît suivant un rythme annuel, s’organise autour de thèmes successifs. Par exemple « La critique » (n° 3), « L’audace » (n° 8), « Utopies » (n° 11), « Le trouble » (n° 17), « Art et engagement » (n° 19). Si la place principale revient aux arts plastiques, la littérature est également bien représentée. Tel est en particulier le cas dans le dernier numéro consacré aux « Créations insulaires » : les articles passant en revue les formes de l’art contemporain dans les îles de l’outremer français (les fameux « confettis de l’empire ») ainsi que dans les Grandes Antilles (Cuba, Haïti, Saint-Domingue) sont précédés par un dossier qui explore le concept d’insularité en faisant largement appel aux romanciers, aux philosophes et à Edouard Glissant, lequel se révèle une référence incontournable pour la plupart des contributeurs de ce numéro.  Lire Plus

L’activité artistique au miroir marxien

—Par Florian Gulli, philosophe —

isabelle_garoÀ l’appui d’une relecture très documentée de l’histoire de l’art, Isabelle Garo montre comment la création artistique peut s’intégrer et échapper à la logique économique capitaliste.

L’or des images, d’Isabelle Garo. Éditions La Ville brûle, 2013, 
320 pages, 25 euros.  Isabelle Garo propose dans son dernier livre une approche marxiste de l’activité artistique, question à la fois difficile et centrale pour qui se réclame de cette tradition. Difficile, car on connaît la résistance de cet objet aux analyses de type matérialiste. Centrale, car déjà chez Marx, et malgré l’absence de théorie esthétique explicite, la référence à l’art est constante et sert de contrepoint à la critique de l’économie politique.  Lire Plus

Un bilan de la création contemporaine en Guyane

— Par Selim Lander —

Une exposition consacrée à l’art contemporain guyanais est installée jusqu’au 12 mai sur les cimaises de la Fondation Clément en Martinique. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, le lieu vaut à lui seul la visite. L’habitation Clément est sans doute le plus bel exemple de l’architecture coloniale martiniquaise. La maison des maîtres, parfaitement entretenue, est montrée dans son jus, avec les salles de réception au rez-de-chaussée et les chambres à l’étage. Des dîners sont encore parfois servis dans la salle-à-manger. Ce fut en particulier le cas lorsque le président Mitterrand et le président Bush (père) décidèrent de se retrouver en Martinique. Les communs (cuisine, …) situés conformément à la tradition dans des bâtiments à part, sont également ouvert à la visite.  Lire Plus