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Violences faites aux femmes : Quand la célébrité déplace le doute

— Par Rodolf Étienne

Qui est cru, qui est protégé, qui est exposé, qui supporte le coût du doute.

La notoriété ne crée pas la violence, mais elle peut en modifier tout l’écosystème. 

Une femme parle… l‘esentiel du débat devrait porter sur ce qu’elle rapporte. 

Très vite, autre chose occupe la scène : le nom de l’homme mis en cause, sa carrière, son œuvre, ses admirateurs, ses contrats, ses soutiens. Face à elle, il n’y a plus seulement une personne, mais une réputation et tout ce qui s’est construit autour d’elle. Avant même l’examen des faits, la parole entre ainsi dans un rapport de forces profondément inégal.

  • Cette contribution ne veut traiter d’aucune affaire particulière et ne vise aucune personne identifiable. Il interroge un mécanisme général : que devient la parole d’une femme lorsqu’elle rencontre la puissance sociale, économique et symbolique de la célébrité ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 840 millions de femmes et de filles — près d’une sur trois — ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. <p>  Lire Plus

Violences conjugales : l’appel d’offres pour le 3919 est suspendu

Élisabeth Moreno, ministre déléguée à l’égalité femmes-hommes, a annoncé l’interruption de l’appel d’offres visant à désigner l’opérateur gérant le 3919.

Le gouvernement, qui souhaite transformer le 3919 – ligne d’écoute pour les femmes victimes de violences conjugales – en service public et le rendre accessible 24 heures sur 24, a décidé « d’interrompre » la procédure d’appel d’offres. La manœuvre est vivement contestée, notamment par la Fédération nationale Solidarité femmes (FNSF), qui opère la ligne depuis 1992. Le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes « va réexaminer comment procéder à une redéfinition du mode de gestion » de ce service et « a décidé d’interrompre la procédure de marché public en cours », indique la ministre Élisabeth Moreno dans le communiqué.

La semaine dernière, la FNSF avait annoncé saisir la justice administrative pour tenter d’obtenir l’annulation de la procédure de mise en concurrence, et indiqué qu’elle ne comptait pas se porter candidate au marché. Actuellement, la FNSF est liée par une convention d’objectifs et de moyens à l’État qui finance 80 % du budget de la ligne. Mais le gouvernement – qui souhaite, depuis le «  Grenelle » contre les violences conjugales fin 2019, renforcer le service – affirmait jusqu’à présent qu’une procédure d’appel d’offres était indispensable pour des raisons juridiques.<p>  Lire Plus