« Société Humaine » & « Elites Haïtiennes! »

— Par Jean-Bernard Bayard —

Société Humaine

L’humanité doit toujours être au cœur même de notre agglomération
L’identité d’un peuple doit toujours représenter l’honneur de sa nation
La diversité doit toujours être la grande ressource de toutes populations
La mentalité doit toujours être la boussole irréfutable des institutions

La collectivité doit toujours être l’incontestable priorité de nos ambitions
L’impartialité doit toujours confronter toutes les importunes sollicitations
La générosité doit toujours être au centre de ces grandes manifestations
La congénialité doit toujours être au cœur de toutes nos préoccupations

La moralité doit toujours être le seul guide de toutes sincères aspirations
La vérité doit être la seule véritable poursuite de notre légitime inspiration
La lucidité doit toujours être cet infaillible engin qui guidera bien la raison
La perspicacité doit toujours être l’âme de nos inlassables conversations

Jean-Bernard Bayard

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Elites Haïtiennes!
S’il y a une mauvaise augure de bonne foi des élites haïtiennes, il faudrait analyser de près la guerre des couteaux de Saint-Domingue (1799-1800) et on verrait que la cassure de la collectivité et l’égoïsme intellectuel étaient déjà évidents. Serait-ce une dichotomie entre la classe des Affranchis et la classe des Esclaves illustrant une mentalité colonisée où les oppressés deviennent les oppresseurs?
Tout d’abord, il nous faut reconnaître l’animosité régionale, ethnique, sociétaire, économique et religieuse qui a dégénéré la classe dirigeante et élitiste qui devint corrompue et avide. La haute société des plantations du nord, des habitations du sud, du commerce de l’ouest, le sectarisme du clergé et du militarisme n’ont jamais su s’ériger en force collective, unificatrice, égalitaire, ou même associative. Serait-ce un manque d’intégrité ou de moralité?
Les trois premières années de la nation haïtienne furent si virulentes qu’elles causèrent une division territoriale entre le Grand Nord Noir et le Grand Sud Métis. La période 1825-1843 fut dix-huit ans qui formulèrent à jamais le schisme des élites et des démunis en Haïti. En réalité le système scolaire attardé, exogène et élitiste, avec l’imposition de la dette de l’indépendance n’ont fait qu’aggraver ce grand fossé hiérarchique. Serait-ce une forme de servitude coloniale?
La constante zizanie entre le militarisme et l’administration, la production et l’insécurité ont détruit complètement toute forme d’harmonie sociale, économique, politique, et religieuse. Haïti entre 1844 et 1914 fut une période de conflits, d’abus tant bien de l’intérieur que de l’extérieur, qui exposent la déviance de cinq diocèses favorisant les élites, deux intrusions allemandes avilissantes, une célébration du centenaire questionnable, un enlèvement de l’or national par les Etats-Unis et le passage de six présidents entre 1912 et 1915. Serait-ce une déchéance étatique et élitiste généralisée?
De 1915 à 1934, l’occupation américaine installa un système élitiste et raciste qui va approfondir l’écart entre les munis et les démunis, une politique instituée avec l’aide d’une élite nationale collaboratrice et des Chefs d’États métis choisis par les occupants. Serait-ce une destruction institutionnelle et constitutionnelle par ces élites?
Entre 1946 et 1956, Haïti aurait pu se placer au coeur de la nouvelle société internationale avec l’élimination de la dette nationale en 1947, et de son rôle progressiste dans l’instauration des Nations-Unies en 1948. Mais la corruption des élites était plus forte que le bien-être de la nation haïtienne et de son peuple! Serait-ce une autodestruction, une décomposition sociale, une banqueroute économique ou une forfaiture intellectuelle?
Jean-Bernard Bayard