Résumé
Ce live est une recension de mes réflexions sur mes variations d’identités depuis que, à l’âge de 12ans, j’ai débarqué dans la France hexagonale. Petit à petit et d’abord inconsciemment, j’ai réalisé que je n’étais pas UNE mais PLUSIEURS.
D’un point de vue global, les périodes d’esclavages et de colonisations ont donné naissance à différents métissages qui perdurent et se généralisent au XXIe siècle grâce aux grands déplacements humains dans notre planète. Malgré les embuches et les difficultés, Racines d’identités donne une lueur d’espoir puisque, à partir de l’histoire mouvementée de la population antillaise, le livre piste plusieurs exemples tels que les rencontres imprévisibles, les différentes cultures, les couples mixtes, l’adoption, etc., pour démontrer que la rencontre avec l’Autre différent nous change et change notre relation au monde.
Force est de constater dès lors que tout individu a plusieurs racines, que chaque personne ne possède pas une mais PLUSIEURS identités.
Marie-Andrée Ciprut-Armède
Racines d’identités,
Mahury éditions, janvier 2026
Quatrième de couverture
On nous a appris à choisir: une origine, une langue, un camp. Mais que faire quand on se sait multiple?
À partir de l’histoire antillaise et de la naissance des identités créoles, Marie-Andrée Ciprut éclaire un mouvement devenu mondial: la créolisation, ce «Tout-monde» dont parlait Édouard Glissant.
Dans un texte à la fois intime et rigoureux, elle met des mots sur ce que beaucoup vivent sans parvenir à le formuler: le tiraillement entre appartenances, le sentiment d’être «entre», mais aussi la puissance de ces identités plurielles lorsqu’on apprend à les habiter.
«À un moment où tant de discours négatifs ou excluants se font entendre, les propos de Madame Ciprut constituent un baume revigorant qu’on se plait à entendre.» – George Pau-Langevin
Marie-Andrée Ciprut
Ethno-psychologue martiniquaise, cofondatrice de l’association Pluriels (centre de consultations ethno-psychologiques pour migrants). Formée à Genève, elle a exercé comme traductrice, enseignante de français pour étrangers et psychologue clinicienne. Aujourd’hui, elle se consacre principalement à l’écriture.
Préface
— Par George Pau-Langevin —
Marie-Andrée Ciprut, je la connaissais comme lauréate du prix Fetkann organisé par l’association Cifordom il y a quelques temps. Elle vient de nous livrer une réflexion originale, abordant sous divers aspects, le thème si sensible voire lancinant aux Antilles, de l’identité.
Que ce soit à travers les manuels scolaires, les leçons d’une histoire marquée par les tragédies, les invasions, les déplacements de populations, les réflexions des poètes, écrivains, leaders politiques, voire les interprétations diverses face à la maladie, elle passe en revue les diverses positions possibles face aux confrontations et mélanges issus des apports multiples qui ont marqué ces îles.
Le choix qu’elle effectue, malgré le respect manifesté au grand poète Aimé Césaire, n’est pas celui de la négritude; elle opte résolument dans la foulée d’Edouard Glissant, pour une identité créole donc métisse.
Pourtant elle ne se dissimule pas les difficultés que doit affronter le métissage, rappelant les mots de Gaël Faye: «je suis chez moi partout sans être jamais à ma vraie place», ou encore Bertrand Dicale: «le métis est partout et nulle part à la fois, il n’existe pas», c’est celui qui est rejeté par les noirs et les blancs. Elle préfère voir les aspects positifs de cette identité plurielle en évoquant l’image du banian, arbre aux racines multiple; ou encore Derek Walcott évoquant un vase cassé et recollé pour la définir.
Cette identité singulière dépend de la faculté qu’ont les hommes à entrer en relation avec la diversité des autres cultures.
Il est vrai que sa propre vie constitue un exemple accompli de ce qu’elle veut démontrer: née aux Antilles, ayant étudié en France métropolitaine, elle part en Suisse pour son travail de psychologue-psychothérapeute et apprend la langue allemande, puis crée son association «Pluriels» à Genève. Elle constate que malgré une culture et une identité bien affirmée, malgré certaines tentations d’ostracisme, même la Suisse est en train de changer: de plus en plus de mariages sont mixtes, donc avec une personne d’origine étrangère, de plus en plus d’enfants adoptés viennent aussi d’ailleurs, et donc le multiculturalisme va croissant.
Elle y voit un phénomène positif car après tout, l’essentiel pour avancer dans notre monde aujourd’hui c’est la mise en relation, le mélange de cultures et d’identités. Le métissage est ainsi un facteur d’enrichissement pour les civilisations, voire même selon elle, la marque de fabrique de l ‘homo sapiens.
A un moment où tant de discours négatifs ou excluants se font entendre, les propos de Mme Ciprut constituent un baume revigorant qu’on se plait à entendre.
