« Ponce Pilate, l’histoire qui bifurque », adaptation & m.e.s. de Xavier Marchand

Les 29, 30 & 31 octobre 2020 à 19h 30 au T.A.C.

« Un spectacle en résonance avec la question contemporaine de la relation du politique au religieux. » d’après le récit éponyme de Roger Caillois.

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Le Livre : 

Imaginons que Ponce Pilate ait décidé de faire libérer Jésus. Ainsi le sauveur est sauvé par le courage inattendu d’un fonctionnaire romain, connu pourtant pour sa prudence, sinon pour sa faiblesse. De sorte que Jésus vit jusqu’à un âge avancé, qu’il n’y a pas de christianisme et que presque aucun des événements des deux derniers millénaires ne se produit. Pilate n’a d’estime que pour la sagesse. Il se méfie des religions. Mais est-il sage de compter sur la sagesse pour transformer le monde ? C’est un des multiples problèmes que pose un ouvrage dont l’intérêt touche à la psychologie, à la philosophie de l’histoire et surtout à la théologie, entendue d’ailleurs en un sens très laïc, comme une branche spécialisée des mathématiques.

La Pièce

Faut-il condamner à mort celui qui se prétend le Messie ? Ne vaut-il pas mieux une injustice qu’un désordre, sacrifier le bon sens à la raison d’État ? Ponce Pilate, procurateur de Judée, lucide mais vieillissant et veule, est perdu dans le flot de réflexions éthiques et politiques. Le metteur en scène nous entraîne dans le cheminement intellectuel du fonctionnaire romain, dans les méandres du doute qui l’assaille, entre ses journées d’auditions et ses nuits d’insomnies. Xavier Marchand  utilise pour la première fois des marionnettes aux visages expressifs, confectionnées par Paulo Duarte, et manipulées à vue par cinq comédiens talentueux et touchants. Le récit en devient haletant, parfois ludique, en résonance avec l’épineuse question, toujours d’actualité, du rapport du politique au religieux. 

Le mot du metteur en scène Xavier Marchand 

J’ai connu l’existence de ce texte en lisant l’autobiographie de Luis Buñuel, Mon dernier soupir. Il parle peu de littérature, plutôt de ses souvenirs, de ses amitiés diverses et variées, mais évoque néanmoins ce livre de Roger Caillois comme l’ayant profondément marqué. Cela m’a donné l’envie de le lire. En effet, ce récit prenant échafaude une réflexion qui va en se densifiant, arrive à son paroxysme pour se terminer par une pirouette uchronique en guise de conclusion. L’écriture possède une vertu dramatique forte qui recoupe un certain nombre de questions que je me pose. Et me les posant, je me suis dit que ces questions, tout un chacun peut se les poser. 

 

La presse en parle :

Le Figaro par  Armelle Heliot

« C’est si beau que l’on ressent la chaleur du soir, l’atmosphère lourde, la paix. C’est si pur que l’on écoute ce texte admirable comme si l’on était hors du temps. L’écriture superbe subjugue. Les voix, accents compris, la musique enchante. »

Le Figaro (tout l’article)

Toutelaculture.com par  Mathieu Dochtermann

« un spectacle profondément bouleversant, mais qui fait également appel à l’intelligence du spectateur, sur beaucoup de plans : psychologie, sociologie, politique, théologie […] « c’est une superbe réussite que ce spectacle, esthétiquement simple et élégant, plein de finesse, où les interprètes s’effacent derrière le texte et leurs marionnettes qui, par les évolutions qui leurs sont propres (voler, être démembrées, etc.) enrichissent le récit d’images fortes qui en révèlent le sens. «

Inferno par Emmanuel Sérafini

« Xavier Marchand et ses comédiens, marionnettes en tête, arrivent à donner une leçon magistrale digne du Collège de France »

Inferno

La Croix par Elodie Maurot

« Le mouvement des marionnettes donne de voir tout autrement le rapport du corps à l’esprit »

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Vendredi au Minotaure, Xavier Marchand présentait son « Ponce Pilate » en ouverture du festival Avec ou sans fils. Le texte adapté d’un récit de Roger Caillois démontre comment le procurateur romain jette tout son esprit dans l’épineuse question qui lui est soumise à savoir si Jésus de Nazareth doit vivre ou mourir. Sur scène, neuf marionnettes et cinq comédiens – manipulateurs. Le spectateur se trouve entraîné dans un flot de considérations éthiques et politiques en suivant le cheminement intellectuel complexe de Ponce Pilate, jusqu’à sa décision finale qui pourrait bien changer le visage de l’humanité. Un spectacle en résonance avec la question contemporaine de la relation du politique au religieux.

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 Aimé Césaire : « J’allais oublier la haine, le mensonge, la suffisance. J’allais oublier Roger Caillois10. » Aimé Césaire voit dans sa défense de la « supériorité dans tous les domaines de l’Occident »10 le signe que « jamais l’Occident, dans le temps même où elle se gargarise le plus du mot, n’a été plus éloigné de pouvoir assumer les exigences d’un humanisme vrai, de pouvoir vivre l’humanisme vrai – l’humanise à la mesure du monde10. »