“Nos adolescents d’aujourd’hui” un livre de Julie Ostan-Casimir

Ce quatrième ouvrage s’intéresse à l’adolescent dit « ordinaire » dans nos régions. Une majorité semble « aller bien ».
Toutefois, nous avons souhaité pour commencer notre étude, recourir à des chiffres-clés présentés par différentes institutions de Martinique, Guadeloupe, Guyane pour tenter de situer des sujets dans leur dynamique sociétale, ouvrir aussi le lecteur aux difficultés que rencontrent certains enfants, certains jeunes dans la tranche d’âge des 15-24 ans. Des jeunes pourraient subir avec plus de force les bouleversements de la période.
Puis, une analyse tente de rendre compte de la question de l’identité, de l’autonomie et de la dépendance chez les adolescents. C’est le temps des métamorphoses, des transformations. Et notre adolescent souhaite s’émanciper, se dégager des dépendances de l’enfance, réclame liberté.
Au préalable, nous nous serons penchées, sur la période dite « de latence », décrite par les psychologues et psychanalystes qui s’étale de 6 à 11-12 ans environ, et qui a pour fonction de préparer l’enfant à faire face aux bouleversements de l’adolescence. Pouvons-nous encore parler de phase de latence compte-tenu des stimuli que reçoit actuellement cette classe d’âge dont entre autres, publicités à tout va, hypersexualisation de la société ?…
Quel pourrait être le rôle de l’éducation quand nous savons que la période des 7-11 ans est propice à une évolution forte du développement intellectuel, moral et social. Comment la mettre à profit ?

Il nous a paru important d’analyser la culture des adolescents
Quelles limites donner à leur désir de liberté ?
Des parents sont désorientés, anxieux, face à la mode piercings, tatouages, à la publicité qui sait les séduire, face aux nouvelles technologies dont le numérique, survenues de manière foudroyante, rapide, modifiant les perceptions du monde, de leur monde. Des enfants, adolescents, (voire des adultes) seraient-ils « sous influence » ? Les écrans dont les jeux vidéo, les rendent t-ils violents ?
Les outils sont acceptés inconditionnellement par enfants, adolescents dont les scientifiques découvrent présentement que la maturation du cerveau n’est pas terminée. Il faut attendre quelquefois les 25 ans.
Ils sont nous le verrons, au centre de risques éventuels, des auteurs avançant le risque de comportements « addictifs » avec entre autres la consommation de produits psychoactifs (cannabis, alcool…), de l’internet, de jeux vidéo à outrance…

Comment accompagner pour aider à une construction de la personnalité, de ces adolescents qui font à cet outil informatique une place prépondérante dans leur vie et intimité ? Comment leur permettre d’utiliser à bon escient cet outil qui révolutionne le monde, dont l’évolution est irréversible et les aspects positifs considérables ?
Quel que soit le produit considéré, la précocité de l’entrée dans la consommation accroit les risques de dépendance ultérieure.

Par ailleurs il est noté un choc entre la traditionnelle culture du livre et la nouvelle culture numérique. L’alternance entre les 2 ne peut apporter que complémentarité avec amplification des vertus de l’un et de l’autre.

Plus généralement, comment aujourd’hui dans un environnement qui prône « le jeunisme », accepter d’être parents d’adolescents ?

Comment se séparer sans s’écarteler ?

Comment aider l’adolescent à devenir l’enfant adulte de ses parents, en tenant compte des changements inhérents à la période, mais aussi des modifications qui balisent les relations parents-enfants, adultes-enfants actuellement ? (Julie Ostan-Casimir : L’éducation bientraitante contre la violence (K. Editions, 2015)
Comprendre les enjeux de la période permettra aux parents de mieux accompagner leur enfant sur ces chemins qui les conduisent vers une vie adulte, ce passage restant difficile pour certains jeunes.

Nos objectifs en écrivant les ouvrages demeurent les mêmes.
Ce quatrième livre s’ouvrant sur l’éducation des adolescents, ne donne surtout pas des recettes. Il interroge dans un langage à la portée de tous, les concepts, les théories psychologiques, l’expérience clinique, pour inviter tout un chacun à la réflexion, pour dégager des pistes que les parents, enseignants et autres adultes pourront adapter librement.