“Les eaux noires”, un film de Youssef Chahine

Mardi 23 février – 16h – Salle Frantz Fanon

Avec Faten Hamama, Ahmed Ramzi, Hussein Riad
Nationalité Égyptien
1956 / Reprise le 14 novembre 2018 / 2h 00min / Comédie dramatique

Synopsis :

De retour à Alexandrie après trois d’absence, Ragab, un jeune marin, débarque en plein conflit social entre le directeur du port et les dockers. On lui fait croire que sa fiancée entretient une liaison avec le fils du patron. Ragab se laisse manoeuvrer jusqu’au moment où un ouvrier trouve la mort.

La presse en parle :

Sens Critique :

Formellement le film est une réussite. Il réussit à être plus beau que Ciel d’enfer et Gare centrale, même s’il y a toujours cette approximation dans les scènes où deux personnages se tapent dessus que dans Ciel d’enfer. Le travail sur les lumières et par extension les contrastes est très bien fichu.

Universalis :

En retournant à sa ville natale, déjà filmée dans Eaux noires, Chahine met en scène son amour du cinéma à travers le personnage de l’adolescent Yehia. Paradoxe de son cinéma à la première personne, la place centrale qu’occupe cet alter ego explicite ne l’amène pas pour autant à dissimuler l’agitation du monde : l’action se déroule en 1942, alors que les troupes de Rommel menacent d’envahir la ville.

Mucem :

À travers une histoire d’amour tumultueuse, Les Eaux noires évoque les difficultés de la classe ouvrière. Film politique, puisqu’il met en scène une grève, il dénonce aussi, par la révélation d’un « secret de famille », l’hypocrisie sociale.

Les Inrockuptibles

Les Eaux noires dans le port d’Alexandrie, premier film arabe traitant de la condition ouvrière.

Il était une fois le Cinéma :

Youssef Chahine, porte-parole dérangeant de son peuple
Youssef Chahine pourrait se résumer à une ville, la sienne : Alexandrie. Cité portuaire patriarche, tolérante et ouverte : le cinéaste demeurera le reflet de cette défense du cosmopolitisme, de l’amour de la différence et de la fièvre artistique. Faisceaux lumineux véhiculant un espoir pour le peuple égyptien, l’homme et ses idéaux furent endommagés par la censure, qui, malgré un séjour en prison, ne l’atteignit pas. Poursuivant de manière insatiable et risquée ses objectifs engagés dans un cinéma social et historique, il n’«en (a) rien à foutre du pouvoir, des intégristes et des censeurs. Ils ne (me) font pas peur» ( Libération, dimanche 27 juillet).
Sa verve contestataire, aussi bien politique qu’humaniste, se fit sentir dès ses premiers films, Les Eaux noires (1956), et Gare centrale (1958).