“La nuit des assassins“ de José Triana

Mercredi 30 avril, Vendredi 2 et samedi 3 mai 19h30 au Théâtre de Foyal

–Dossier de presse —

la_nuit_des_assassinsLe salon n’est pas le salon. Le salon est la cuisine. La chambre n’est pas la chambre. La chambre est le cabinet.“
Cette chanson en apparence enfantine surgit constamment dans la cave de la maison familiale où se retrouvent les trois frères et sœurs. A l’aide de jeux et de souvenirs d’enfance, Lalo, Cuca et Beba facturent à leurs parents une éducation castratrice et répressive. Rien de mieux que le jeu pour soigner leurs plaies toujours béantes. Ensemble,
ils créent un artefact théâtral, une mise en abyme où ils se transforment en acteurs qui interprètent leurs propres rôles, ceux des parents et des autres personnages liés au présumé parricide.
L’auteur insiste sur les thématiques du pouvoir, de la mort et de la liberté, de manière abstraite. Que faut-il retirer de cette œuvre ? Le crime n’a pas d’importance majeure, c’est seulement sa représentation. Même si Lalo tue ses parents métaphoriquement, le crime n’est pas un problème du point de vue moral. Doivent-ils tuer leurs parents ? Cette question revêt un caractère trop pragmatique.
Le problème fondamental réside dans le fait que les protagonistes se trouvent dans l’incapacité à générer une stratégie pour réorganiser leur territoire une fois conquis
Le non-aboutissement de l’action reflète l’incapacité du trio à affronter la vie.
A la différence du théâtre grec où la liberté s’exprimait uniquement par la matérialisation de la mort, José TRIANA propose la « libération » à travers le jeu symbolique. Emprunter l’identité des autres personnages devient alors un moyen de chercher la vérité et de révéler la nature et la genèse du conflit.
L’absence d’indications d’époque et de lieu dans le texte, ainsi que les thématiques abordées-la famille, l’abus du pouvoir parental et l’oppression sur ses descendants, les conflits générationnels et la tolérance-, donnent à cette œuvre son caractère universel. La forte symbolique politique sous-jacente est une évidence ; cependant, il appartient au public de se laisser emporter par la fable et de faire ses propres interprétations