Haïku pour un jour

Jacques-Olivier Ensfelder nous propose des haïku. Qu’est-ce qu’un haïku? Un haïku (俳句, haiku?) est un poème d’origine japonaise extrêmement bref, célébrant l’évanescence des choses et les sensations qu’elle suscite. Un haïku évoque généralement une saison (le kigo) et doit comporter une césure* (le kireji). Il est composé de 17 mores** réparties en trois vers suivant un schéma 5/7/5.

*Une césure est l’endroit où, à partir d’une certaine longueur, les vers sont, dans les métriques de nombreuses cultures, assez généralement subdivisés en plusieurs « parties » ou composants. On nomme césure le lieu où s’articulent ces composants.

**La more est un son élémentaire émis lors de la phonation. Son nom provient du latin mora signifiant « retard, arrêt, pause dans le discours » ou « délai ». Comme beaucoup de termes techniques linguistiques, sa définition exacte fait l’objet de discussions.
Il s’agit d’une notion plus fine que celle de syllabe. Dans les langues syllabiques, chaque syllabe est constituée d’une ou plusieurs mores, qui en déterminent le poids, ce dernier déterminant à son tour l’accent tonique du mot ou son rythme. Dans certaines langues, dites moriques, la notion de syllabe n’existe d’ailleurs pas.
Une syllabe contenant une seule more est dite « monomorique » (ou « monomoraïque ») ; si elle est composée de deux mores, elle est appelée « bimorique » (ou « bimoraïque »)

 

1-
Lointaine terre en friche
Pourtant proche
De ma nostalgie fertile

2-
Les rivages de l’enfance
Où écume
Un rêve né de sable

3-
L’alizé souffle
Et rassemble les mers
Tous les cocotiers sont un seul arbre

4-
Au pays
Au rythme du tambour
Rêvant de pays

5-
Un chant au cœur du vent
Mais L’alizé
L’emporte ailleurs

6-
Une autre aurore
La mer moins calme
Le meme pêcheur

7-
La mangue
Sa dévorante couleur
Patience de l’arbre

8-
Pluie du carême
Chaque goutte d’eau
A la légèreté de l’énorme beauté

9-
Avec le jour qui s’en va
Tant que je suis en vie
Je suis immortel

10-
Là est l’horizon
Un nuage
Et tout le ciel

 

©Haïkus de Jacques-Olivier ENSFELDER/ Janvier 2022