Visible jusqu’au samedi 07 mars 2026
L’Artocarpe – Contemporary Art
55 rue Victor Hugo, 97160 Le Moule, Guadeloupe
L’Artocarpe a l’honneur de présenter une exposition inédite de Didier Meynard, artiste peintre majeur de la scène contemporaine, à l’occasion de son retour en Guadeloupe, terre de ses racines familiales. Cette exposition s’inscrit comme un temps fort, à la fois intime et universel, où la peinture devient espace de mémoire, de transformation et de dialogue avec le vivant.
Né en 1960 à Bar-le-Duc (Meuse) de parents guadeloupéens originaires de Petit-Bourg, Didier Meynard débute très tôt la peinture. Dès les années 1990, son travail est exposé en France et à l’international. Membre de la Maison des Artistes depuis 1994 et de la Fondation Taylor, son parcours est marqué par de nombreux voyages, notamment en Inde et aux États-Unis, ainsi que par des rencontres décisives avec des traditions picturales anciennes et des pratiques visuelles contemporaines.
La peinture de Didier Meynard se déploie comme un territoire d’exploration sensible, où les figures émergent, se transforment et échappent à toute narration figée. Les corps, traversés de traces, de sillages et d’effacements, semblent pris dans un état de métamorphose permanente. Ils incarnent une présence fragile mais intensément vibrante, à la frontière du visible et de l’invisible.
Cette exposition réunit principalement un ensemble de peintures consacrées au végétal, ponctuées d’œuvres évoquant le carnaval guadeloupéen. Le végétal n’y est jamais décoratif : il devient matière active, milieu vivant, espace de résistance et de mémoire. Feuillages, herbes, arbres et sols semblent habités par une temporalité lente et organique, presque méditative. Par un travail de couches, de frottements et d’effacements, l’artiste fait émerger des paysages à la fois physiques et mentaux, où la lumière circule par intermittence, révélant une profondeur intérieure.
En contrepoint, les scènes de carnaval convoquent les figures totémiques de la mémoire collective : musiciens de gwo ka, masques, instruments, costumes et corps en mouvement. Intégrées aux motifs végétaux caractéristiques de l’artiste, ces scènes célèbrent la symbiose entre l’homme et le vivant, sublimée dans un espace de métamorphose collective. Le masque devient alors vecteur d’une double transformation : celle des corps et des esprits, mais aussi celle de la végétation elle-même, traversée par l’énergie rituelle du carnaval.
Les toiles vibrent des rythmes du tambour, de la pulsation des processions et de la ferveur populaire. Les couleurs, souvent telluriques et profondes, renvoient à des origines ancestrales, à un espace situé à la frontière du rituel, du jeu et du politique.
En parallèle de la peinture, Didier Meynard prolonge son exploration plastique à travers des objets et volumes, notamment une robe réalisée en hommage à sa grand-mère. Le trait et la texture y deviennent langage, donnant voix à des récits fragmentés et à des paysages intérieurs, élargissant ainsi le champ de la peinture vers une dimension sculpturale et mémorielle.
Artiste reconnu pour son exigence et sa puissance expressive, Didier Meynard développe un rapport profondément physique et attentif à la peinture. Son geste, presque spirituel, révèle la couleur et la matière comme des forces vivantes, capables de relier l’intime à l’universel.
Toutes les œuvres présentées dans l’exposition sont en vente.
