Concerts du quartet Luther François

Vendredi 14 & Samedi 15 décembre 2018 à 19h 30 au T.A.C.

Musical Director, Saxophones, Flute : Luther François
Upright bass : Alex Bernard
Piano : Marc Cabrera
Drums : Ricardo François
Son : Marc Escavis

La musique
Le quartet à toujours eu son importance dans l’histoire et l’évolution du Jazz comme musique d’expression individuel, et le nom de John Coltrane a laissé un empreinte indélébile. Luther François poursuit les traces laissées par ce grand maitre du marronage musical que représente le Jazz, reprenant quelques uns de ses compositions (Like Sonny, Crescent, Giant Steps…) et des standards qu’il avait interprété (I Want To Talk About You, Summertime…), et même des sélections de Thelonius Monk, extraits de leur collaboration historique.

C’est un chantier imaginé et conduit, en co-direction artistique par Luther François, association Nomad Martinique et la compagnie Bernard Lubat, association Uzeste Musical Nouvelle – Aquitaine où il s’agit de réaliser entre artistes, “oeuvriers”, créateurs, musiciens, des œuvres collectives, qui interférent, interprètent les relations entre le Jazz caribéen, jazz américain, jazz européen, tradition et modernité. Œuvres à l’œuvre savamment conçues pour être présentées à divers publics : jeunes, animateurs, médias, mélomanes autant que néophytes. C’est comme disait Jean Vilar il faut « avoir le courage et l’opiniâtreté de présenter au spectateur ce qu’il ne sait pas qu’il désire. »

La Presse en parle…

France-Antilles
Luther François, saxophoniste originaire de Sainte-Lucie, envisage une fois de plus de s’installer en Martinique. Depuis quelques années, il fait souvent escale en Martinique ou en Guadeloupe…
Vous êtes une fois de plus revenu en Martinique avec le désir d’y vivre. Ce pays occupe finalement une grande place dans votre coeur. Vous vous y sentez bien musicalement ?
Oui, bien sur ! Ma relation avec la Martinique a commencé en 1972 avec deux visites. J’ai rencontré Alain Jean-Marie, Jean-Claude Montredon, Jojo et Winston Berkeley (j’étais d’ailleurs hébergé chez son frère André) et nos deux groupes ont joués au Tam-Tam. J’avais 19 ans et je jouais de la guitare… Je me souviens toujours d’un superbe concert de Hubert Laws à l’Olympia. Ensuite, je suis revenu en 1982, invité par mon ami Jean-Guy Cauver et Yves Marie Séraline pour jouer au Club’78… Par la suite, j’ai participé à plusieurs festivals du SERMAC… J’ai toujours considéré que la Martinique pouvait devenir la Mecque de la musique caribéenne…
Votre famille, à l’origine, est pierrotine. Pouvez-vous nous expliquer ?
Ma mère, née Cadet à Castries en 1926, me racontait que son grand père avait une bouteille remplie des cendres recueillies sur le bateau en 1902, d’ailleurs Barbara Cadet (saxophoniste) est de la même famille…
À l’inverse, il semblerait que votre pays natal, Sainte-Lucie, ait du mal à reconnaître votre vrai talent ? Est-ce exact ?
Ils ont du mal à comprendre et accepter ce que je suis et ce que je fais, mais il y a quand même des fidèles… De toute façon, dans ces îles, la politique se mêle de tout et les idées et la vision des artistes ne font pas partie de leur manifeste.
Le jazz caribéen dont vous êtes l’un des pionniers est aujourd’hui reconnu hors de nos frontières… Comment était donc considérer cette musique dans les années 90 ?
Elle était vue comme une musique sans vrai fondement parce que jusqu’a maintenant les caribéens n’ont pas compris que le jazz est né dans nos eaux avant d’arriver aux États-Unis… Duke Ellington l’a dit lui-même !
Et aujourd’hui, êtes-vous satisfait de l’audience de cette musique ?
Il reste beaucoup à faire en ce qui concerne la recherche, la conception et la mise en place même, mais l’industrie ne l’encourage pas et notre partie du marché reste chétif.
On se rappelle peu aujourd’hui que vous avez joué aux côtés d’Eugène Mona. Quel genre d’homme était-il selon vous ?
En anglais on dirait « larger than life » … Pour moi il partageait l’essence du « jazzman » caribéen !
Que vous inspire la jeune génération de musiciens caribéens ?
Très prometteuse, mais en manque d’une certaine inspiration même si il y en a qui se démarquent… Il faut qu’ils étudient bien l’esprit Mona…