Catégorie : Philosophie

Le Monde comme manifestation de l’homme dans l’univers.

— Par Camille Loty Malebranche —

Le monde est, du plus intelligible des propos, la civilisation humaine ajoutée à l’univers. C’est la manifestation de la nature humaine dans la nature cosmique qui, pour l’homme, n’est avant tout, malgré nos quelques visites ou sondes dans l’interstellaire, autre que la petite part d’univers terrestre alloué à notre humanité et à toutes les espèces de la terre… Ainsi, le monde, c’est l’homme ajouté à l’univers par le regard, l’interprétation, l’action…

Toute la philosophie et la sagesse qu’elle sous-tend, quand le philosophe est conforme à sa vocation de penseur des profondeurs et de guetteur du sens, est une enquête herméneutique, une quête interprétative dont la méditation-réflexion aboutit à un ensemble d’idées comme cognition-interrogation dudit monde. Interrogation donc de la place de l’homme dans l’univers fait monde par l’intervention humaine, cette présence singulière avec ses construits, ses manifestations multiples perçues et analysées à travers le questionnement du sens de son origine et de son destin.

En vérité, sans la nature humaine atypique et insolite, sa conscience supérieure éprouvant le sens par cet entendement transcendant, cet attribut de pensée-action que l’homme exprime en tant qu’être, l’univers ne constitue qu’un vaste cadre, qu’une gigantesque lucarne sidérale avec sa substance cosmique sans contour, dont l’interstellaire immensité froide, annihilante, qui réduit l’homme somatique à sa chétiveté, sa banalité écrasante, serait sans essence mondaine.<p>  Lire Plus

La lecture, une aventure de reconstruction du monde.

— Par Camille Loty Malebranche —

Lire est un acte intellectuellement fondateur et constructeur dont le lecteur avisé s’acquitte en se donnant les bons matériaux intellectifs de compréhension de l’étant à lire, se dépouillant donc de préjugement pour l’intellection de celui-ci, tout en ayant l’entendement distanciant dans sa moisson intelligente. Le lecteur avisé et accompli est élaborateur de voies à la signification, un herméneute constructeur en acte. C’est seulement après la lecture distanciée et en soi de ce qui est, que le lecteur authentique se fait herméneute avec sa propension idéelle et représentationnelle, sans d’ailleurs cacher qu’il fait de l’herméneutique…

Le lecteur souverain est celui qui appréhende les codes des étants qu’il observe pour en avoir la perception juste tout en mettant à contribution les écrits et documents disponibles. Naturellement, le lecteur accompli, sachant qu’il n’a pas créé le monde et que nul ne porte de science innée, se nourrit de toutes les pistes lecturielles que constituent les documents, révélations sur les principes et vérités pérennes de l’étant du fait ou de la situation qu’il lit par lui-même. Toutefois, le lecteur accompli se reconnaît par l’approche libre de la quiddité à découvrir tout en gardant néanmoins les bonnes clés de lecture établies et dont il use dans sa méthode propre pour comprendre son objet ou explorer son sujet selon la nature de ce qu’il lit.<p>  Lire Plus

Éloge du bon minoritaire.

— Par Camille Loty Malebranche —

« Ne jetez pas vos perles aux pourceaux » « Spacieux est le chemin de la perdition et le grand nombre s’y engouffre », Jésus.

La peur d’être minoritaire hante l’individu, ne serait-ce que parce qu’en tant qu’élément social, il voudrait être aimé de tous, être en bons termes avec tous ses semblables. Pourtant, dans un monde où la multitude se fourvoie en foule malsaine, la condition minoritaire se profile comme marque caractéristique des guetteurs de qualité dans leur assumation de soi!

S’il existe des minorités répugnantes, telles celles des tueurs à gage ou en série, des prédateurs sexuels…, heureusement minoritaires pour le plus grand bien de l’humanité, les hommes dignes visant la vraie hauteur loin des délirants mégalomanes dominants plus ou moins médiocres et sans envergure qui règnent sur le monde, loin aussi de la foule aliénée servile qui suit les sentiers de l’ordre systémique mauvais qui les dénature, sont nécessairement un infime reste, une minorité restreinte qui garde la voie étriquée de la justice et de la vérité, la voie du sens contre les boulevards de l’insensé; la saine et bonne minorité qui chemine avec leur lanterne intrinsèque et extrinsèque contre l’absurde majoritaire.<p>  Lire Plus

Les cinq champs anthropologiques du sens…

— Par Camille Loty Malebranche —

Si la logique et la morale constituent les matrices du sens, par excellence, les deux grands espaces modaux du sens, elles se diluent dans plusieurs autres champs anthropologiques, domaines englobant les situations de la condition espécielle ici-bas.

En observant la prestance spatiotemporelle de l’espèce humaine, son expression historique et géographique, force est de remarquer que l’histoire de l’homme comme être et comme individu socialisé nous révèle un caractère axiophore pérenne où l’homme est toujours porteur de valeurs qui se manifestent dans le penser et l’agir à travers le jugement. Valeurs qui forment une sorte de configuration épexégétique de la condition spirituelle et temporelle de l’homme. Valeurs qui trempent toutes dans une forme ou une autre de la logique car même la supralogique de la métaphysique procédant par l’argumentation ontologique évoque et contemple une logique supérieure dont les codes sont mystérieux.

Nous dénombrons au moins cinq principaux domaines du sens constituant cinq champs de valeurs, les uns logiques, les autres supralogiques, présidant sinon à toutes, en tout cas à la plupart de nos démarches existentielles d’espèce, ce sont :

A) la métaphysique domaine de l’ontologie humaine et des implications naturelles de l’homme avec le sens de son existence;<p>  Lire Plus

La justice contre le confort du conformisme systémique.

— Par Camille Loty Malebranche —

Si votre justice ne dépasse pas celle des pharisiens et scribes, vous ne verrez pas le royaume de Dieu. Jésus (in évangile selon Matthieu)

Dans l’exergue susmentionné, Jésus rejette le conformisme social nécessairement sale parce qu’hypocrite. Après les fameuses Béatitudes, somme synthétisant les éléments de la méliorativité comportementale, expression parfaite du bien spirituel avec les mises en garde contre les déviances contraires à la vie de l’esprit, le Verbe de Dieu fait homme, Sauveur qui insiste sur ses deux dimensions en s’appelant lui-même Fils de Dieu et Fils de l’homme, nous dit la vérité intérieure et transcendante de la justice. La justice est avant tout une posture mentale, un ancrage dans sa vérité spirituelle par l’homme imago Dei, conscient plénier de sa nature. L’homme juste est un contemplatif de l’infini divin dans le cosmique mais aussi en lui-même. C’est un transfiguré par l’imprégnation de son être par l’Ineffable divin prenant possession de lui, et qui introjecte et manifeste autant que possible dans la chair, la perfection divine, appétence qui féconde sa perfectibilité, affûte sa quête perpétuelle d’amélioration de soi.<p>  Lire Plus

L’inexistence, le non être, n’est pas le néant.

— Par Camille Loty Malebranche —

Toute créature passe par une phase d’inexistence due au non être particulier d’avant sa création. Mais c’est un abus de langage maladroit que de dire que quiconque ou quoi que ce soit, vient du néant! Le néant, par essence, ne crée rien. C’est l’empire du rien n’engendrant strictement rien. De Dieu pour les croyants et les déterministes, ou de la masse de matières indescriptible qui allait générer l’univers, pour les matérialistes, l’être global (le cosmos) ou particulier (tel élément donné de la nature du cosmos) est fils de l’Être, pas du Néant. C’est là, la circularité indéfinissable du mystère ontologique. Le néant, comme non être total, absence absolue, conçu pour nommer ce qui ne nous est point révélé des origines, n’existe pas en réalité! Par contre, l’inexistence frappant des entités ou faits imaginaires, est un néant spécifique, un véritable néant de ces ombres fictives inexistantes. La démocratie évoquée par les ploutocrates, comme la gorgone ou la licorne sont de vrais néants.

Il y a donc, pour ainsi dire, des néants particuliers mais pas un Néant!<p>  Lire Plus

La Culture a-t-elle un sens pervers de l’enracinement ?

— Par Camille Loty Malebranche —

La nature humaine cesse d’être animale par son rapport médiat à la réalité vu l’instauration du sens au-delà de l’immédiat naturel, à travers la transcendance du besoin et de l’utilitaire vers l’accomplissement.

Enracinement et transcendance constituent les deux mouvements d’auto-accomplissement de la réalité humaine. La société, comme l’homme, n’a de choix que de féconder et d’élever sa vie par les leviers du dépassement qui abstrait et défait le corset de l’ici et du maintenant dans la projection positive de soi. Dans le contexte de l’homme collectif qu’est une société, l’enracinement ne s’oppose guère à la transcendance, ils sont une paire de la nature duelle, de la vérité dualiste de l’humanité sociale. Il est ici important de souligner la nature épuratoire de la neutralité comparative dans le jugement des faits ethniques et sociaux par l’anthropologie culturelle et sociale, cette discipline jadis accusée et mise sur la sellette des récriminations des peuples anciennement victimes de l’ethnocentrisme et du sociocentrisme occidental ou autre. Il s’agit donc de combattre et corriger les ethnocentrismes agressifs de l’histoire avec leurs conséquences désastreuses d’ethnocide, de racisme, de colonialisme, d’esclavagisme, de génocide.<p>  Lire Plus

Tolérance et acceptation, des nuances contre les confusions.

— Par Camille Loty Malebranche —

La tolérance est essentiellement la transcendance de l’ego pour reconnaître à autrui le droit d’être différent tant que sa différence reste dans les limites du respect. Ainsi, tolérer: c’est respecter l’autre et exiger d’être respecté de lui sans cesser, autant qu’il le veuille, la confrontation logique et morale pour le persuader de la méliorativité de mes valeurs en excluant néanmoins strictement toute agression, toute discrimination de son altérité axiologique. D’où, toute propagande de l’intimité telle l’exhibition bruyante de l’option sexuelle de groupes ou d’individus dans l’espace public, relève de l’agression de la sensibilité de tous par quelques-uns.

La discrimination est l’ennemie de la tolérance due à autrui car portée contre ses valeurs pour lesquelles on le punit. Le préjugé – cette attitude haineuse de l’autre, dont la forme la plus courante est le racisme – relève, quant à lui, tout simplement de la pathologie du jugement. C’est un rapport de sottise manifesté en complexe de haine d’autrui non pour ses valeurs mais pour son être. La discrimination émane de la déraison voire de l’agression axiologique, c’est pourquoi elle est haïssable; alors que le préjugé tient de l’ineptie bête des rebuts de la haine.<p>  Lire Plus

Raoul Vaneigem (1934-2026)

Écrivain, philosophe libertaire et théoricien de l’insurrection de la vie quotidienne

— Par Sarha Fauré —

Raoul Vaneigem (1934-2026) est l’une des grandes figures de la pensée critique et libertaire de la seconde moitié du XXᵉ siècle. Écrivain, philosophe, philologue de formation et ancien membre de l’Internationale situationniste, il est l’auteur d’une œuvre abondante qui a profondément marqué la contestation de Mai 1968 et influencé plusieurs générations de militants, de penseurs et d’artistes. Son œuvre, traversée par une exigence constante de liberté, de plaisir de vivre et d’autonomie individuelle, constitue une critique radicale de la société marchande, de toutes les formes de domination et des idéologies autoritaires.

Une jeunesse marquée par le monde ouvrier

Raoul Vaneigem naît en 1934 à Lessines, dans le Hainaut belge, au sein d’un milieu populaire. Son père est cheminot et sa mère est originaire de Tournai. La région est alors profondément marquée par les carrières de porphyre et par les luttes ouvrières, qui façonnent très tôt sa conscience sociale.

Encouragé par son père, il entreprend des études de philologie romane à l’Université libre de Bruxelles entre 1952 et 1956.<p>  Lire Plus

L’égoïsme, cet insidieux délire de puissance par la propriété…

— Par Camille Loty Malebranche —

L’égoïsme est avant tout, un rapport de misère au moi manifesté par la rage de posséder loin des racines spirituelles et profondes du soi…

L’égoïste est un inconfortable extrême qui cherche désespérément la prépondérance en accaparant tout, pour inférioriser autrui afin de calmer la faille intérieure de manques qu’il traîne en lui comme une crise existentielle qui le ronge. L’égoïste est un affecté qui veut curer le vide existentiel qu’il éprouve par la course à la propriété. L’égoïste est pire que l’avare qui, lui, ne s’attache maladivement qu’à ce qu’il a déjà alors que l’égoïste convoite compulsivement ce qui est à tous, porté qu’il est, à conquérir pour assouvir son avide pulsion de posséder.

Affecté qui a peur de faire étiologie de son mal par un diagnostic endogène, l’égoïste préfère se rabattre sur tout ce qui peut lui donner l’illusion d’être à ses yeux et aux yeux des autres. D’où l’égoïsme est un rapport de méchanceté à autrui. Et pourquoi, pour l’égoïste passablement perdu à sa propre vérité intérieure, l’autre est toujours un objet à utiliser.<p>  Lire Plus

Élitisme et populisme, deux antithèses qui se synthétisent au pouvoir

— Par Camille Loty Malebranche —

Élitisme et populisme sont souvent des méthodes non de gouvernance mais de duplicité utilisées par des élites indignes, les lumpen oligarques de notre temps, pour manipuler respectivement en politique et en économie, les foules électorales et consommatrices. Quand les élites sont vides et immorales, elles substituent donc l’ersatz de la manipulation immonde à la transparence de la justice sociale en vue de régner, n’ayant point les valeurs dignes et humaines pour orienter leurs gouvernés qu’est la société.

Le pouvoir oligarchique est économiquement élitiste car il s’essentialise en essentialisant la classe économique qu’est l’oligarchie s’érigeant comme surhumaine devant détenir tous les privilèges matériels au-dessus du reste des mortels. Le pouvoir oligarchique est politiquement populiste puisqu’il ne vivrait pas sans simuler une factice référence au peuple, une proximité avec les foules électoralistes et consommatrices dans une condescendance qui lui est vitale vu que sa légitimation et le maintien de toutes ses infamies et injustices passent par le soutien aliéné des multitudes manipulées. Nulle mystification essentialiste de soi des oligarques aux yeux des cohues ne serait possible sans un élitisme mystificateur de rang, de privilège et de supériorité substantialisée de classe.<p>  Lire Plus

La mythologie comme protohistoire spécifique des sociétés.

— Par Camille Loty Malebranche —

Le mythe n’est pas une factualité de l’histoire mais une projection la déterminant. Il augure de la configuration mentale et comportementale des sociétés dans la manifestation métaphysique, politique, morale de leur existence identitaire. C’est donc une part du spécifique de l’essence sociale.

Les mythes, les grands mythes fondateurs, s’ils ne sont pas des faits historiques mais des socles de l’imaginaire projetant les sociétés vers leur propre devenir, forment un fondement du projet existentiel qui fait l’histoire dont ils sont au principe inspirateur, étant vision de départ du soi collectif tel que conçu, pressenti, projeté et peu à peu façonné par les groupes ancestraux et les élites des sociétés. Les mythes sont la fiction dynamique qui détermine l’action par laquelle la société s’érige. Une fiction qui se veut respectivement canevas idéel, bilan imaginaire du vécu ou synthèse de la projection collective du soi social. Là, le mythe est antérieur à l’histoire en tant que celle-ci est à la fois logos et praxis institutionnels de la direction imprimée par les élites à leur société, alors que le mythe constitue cette eidétique qui réfère à la substance de la conception de soi de toute société humaine que met en branle l’histoire.<p>  Lire Plus

La valeur, cette prégnance mentale de la conscience agissante.

— Par Camille Loty Malebranche —

La valeur est un condensé du sens qui opère dans la perception humaine au moment de concevoir le monde et les situations. La valeur est plus qu’un métronome de l’action mais la détermination du mental qui enfante le comportement de l’homme pensant agissant ou réagissant, le critère fondamental du jugement de l’homme sur l’agir, le sien et celui des autres. Un critère qui opère au départ dans le jugement de l’action envisagée par la pensée qui la conçoit, pendant qu’elle est en train d’être posée et après comme fait accompli. Car l’action est en soi une expression de la valeur selon laquelle elle a été menée, accomplie.

La valeur est la mesure de la prégnance idéelle qui détermine l’homme dans le parcours de ses choix de vie. En matière de logique ou de morale, la valeur est un schéma idéel et comportemental permettant de s’orienter ou d’orienter une structure sociale. La valeur est le moule de la vision de l’action qui permet d’atteindre des fins. Nulle entreprise humaine n’échappe à des principes logiques et moraux qui en constituent la valeur humaine à côté de la valeur utilitaire ou matérielle.<p>  Lire Plus

La valeur, cette prégnance mentale de la conscience agissante.

— — Par Camille Loty Malebranche — —

La valeur est un condensé du sens qui opère dans la perception humaine au moment de concevoir le monde et les situations. La valeur est plus qu’un métronome de l’action mais la détermination du mental qui enfante le comportement de l’homme pensant agissant ou réagissant, le critère fondamental du jugement de l’homme sur l’agir, le sien et celui des autres. Un critère qui opère au départ dans le jugement de l’action envisagée par la pensée qui la conçoit, pendant qu’elle est en train d’être posée et après comme fait accompli. Car l’action est en soi une expression de la valeur selon laquelle elle a été menée, accomplie.

La valeur est la mesure de la prégnance idéelle qui détermine l’homme dans le parcours de ses choix de vie. En matière de logique ou de morale, la valeur est un schéma idéel et comportemental permettant de s’orienter ou d’orienter une structure sociale. La valeur est le moule de la vision de l’action qui permet d’atteindre des fins. Nulle entreprise humaine n’échappe à des principes logiques et moraux qui en constituent la valeur humaine à côté de la valeur utilitaire ou matérielle.<p>  Lire Plus

La Démocratie des demeurés

— Par Camille Loty Malebranche

Les demeurés dansent débiles la valse sépulcrale des rois roturiers

Goguenards idiots qui guinchent

Piétinent leur propre être en dépouille.

Et leurs sinistres ovations aux anthropophages qu’ils investissent,

Poursuivent les siècles d’autophagie

Où l’homme, bête parmi les bêtes,

Dévorait la chair humaine pour s’engraisser de ses semblables!

La lune s’est parée de fanfreluches rouge-sang

Et le soleil est de béance boulimique.

L’horizon des monstres familiers,

Exhibe sa tronche goulue telle une langue gourmande.

Ah! Vorace manigance des gesticulateurs plébiscités démocrates!<p>  Lire Plus

L’Histoire humaine, ce construit axiologique

Par Camille Loty Malebranche

L’homme est un esprit en accomplissement dont la mission est l’autoconstruction par des valeurs. Les valeurs sont les briques constitutives de l’édifice humain. L’animal humain ne commence son humanisation qu’en intégrant les valeurs morales, intellectuelles, spirituelles qui le font personne humaine. Quand les excentricités matérialistes se substituent aux valeurs ontologiques proprement humaines, c’est toute l’orientation sociale de l’homme qui est déviée de sa vérité et frappée de déshumanisation. Une société en crise est avant tout une société en crise de valeurs, une société aux valeurs fausses.

L’histoire n’est que la somme des représentations du monde et de la place de l’homme dans le monde mis en place à travers la projection de soi des sociétés tout au long de l’action. L’histoire est l’engramme des générations qui construisent le monde, le monde étant la représentation et l’action des hommes ajoutées à l’univers. C’est aussi une téléologie collective vers une entéléchie temporelle des sociétés humaines. Là où la métaphysique et la spiritualité courent à l’eschatologie comme accomplissement supraterrestre et extratemporel parce que visant à l’éternité, l’histoire est la menée politique des vœux humains en vue d’un aboutissement terrestre et temporel des sociétés.<p>  Lire Plus

Le chaos, un ennemi majeur de la démocratie.

— Par Camille Loty Malebranche —

Il est trois principaux achoppements de la démocratie, ainsi que je l’entends: la dictature, le populisme et le chaos. Remarquez que si nous n’évoquons pas nommément le fascisme, c’est qu’il participe toujours des deux premiers en tant qu’il est dilué dans la dictature et teinté de populisme. En ce texte, nous allons considérer le chaos.

La démocratie, ce pouvoir du peuple garanti par les institutions étatiques vraiment contrôlées par le peuple, n’a pas pour ennemis que les dictatures de toutes sensibilités: autocratiques, théocratiques, monarchiques, ce, toujours sous la férule de l’ordre économique et social infligé par les tenants du pouvoir; en vérité, le chaos qui suit l’égrugeage institutionnel et la désagrégation partielle ou totale du vivre ensemble national, rendant ainsi l’État inopérant, est un des plus catastrophiques abîmes où s’inhume la démocratie. Il est, en certaines circonstances de l’histoire, des dictatures progressistes qui construisent quoique par massacres et monstruosités, l’État-Nation et toutes les structures institutionnelles économiques et politiques, mais le chaos, lui, est précisément, l’empêchement de la moindre construction socio-économique et une sape de l’État en ses fondements administratifs.<p>  Lire Plus

Informations-Actualité: Modalités de regard.

Par Camille Loty Malebranche

Analyse factuelle, analyse idéelle – herméneutique

Il est deux analyses pour un observateur qui objective les faits d’actualité :

1) Le questionnement stricto sensu des faits en soi, pris dans leur factualité événementielle immédiate.

2) La considération desdits faits au regard du contexte géopolitique – contexte très turbulent en notre temps d’hyperactivité géostratégique par la mouvance des pôles d’influence se constituant dans un monde multipolaire – à travers une lecture sémiologique, anthropologique, historique, socioéconomique afin de juger, tout en projetant la finalité probable que comporte l’englobant général où ces faits se situent. Cela, c’est de l’herméneutique, et dans une occurrence d’interrogation du sens de l’actualité, cette Histoire en train de se faire, car l’actualité, c’est de l’Histoire en route, on ne peut ne pas envisager cette sorte de prospective théorique qu’est l’herméneutique, c’est-à-dire l’interprétation rapprochée et idéelle des choses et des faits.

Les faits en soi que présentent les médias fussent-ils très idéologisés, sont souvent vrais, (même si des fois on invente pour des besoins d’establishments impliqués, de terribles mensonges comme ce fut le cas du faux charnier de Timisoara avant la chute de Ceausescu).<p>  Lire Plus

La Littérature, cette euphonie coiffant la sensibilité discursive

— Par Camille Loty Malebranche —

Les faits et situations réels ou imaginaires qui nourrissent les récits existent dans la factualité du monde ou la fiction humaine, c’est, toutefois, leur narration ou leur description qui les métamorphose en littérature. Narration ou description qui ne sont littéraires que par l’euphonie qui, pour nous, constitue la formalisation esthétique des énoncés par l’harmonie phonique des mots dans l’expression. C’est là, de cette harmonie que sourd ce qui fait l’art littéraire. Euphonie soutenue, articulée et élaborée de tous les instants dans le verbe de l’artiste littéraire conteur ou écrivain. C’est la structuration esthétique par le choix ludique des mots pour leur harmonie sonore-musicale, que la littérature advient. Les mots en leur jeu sonore sont le fondement même du bâtiment que l’on nomme « style littéraire », ils sont l’aura qui fait la littérature par-delà l’énonciation et la discursivité… C’est, à tout le moins, le sens de la littérature prise au sens très strict, en son acception très strictement esthétique d’art. Même si l’on ne définit pas un art!

La littérature peut être envisagée, car on ne définit pas un art, comme l’élaboration euphonique du langage, le travail de la sonorité musicale, l’eurythmie du discours sur fond de sensibilité patente, éloquente qui, précisément, distingue le littéraire du non littéraire, manifestant le surgissement de l’art au bout de l’expression de la conscience esthétique de l’artiste: le littérateur…

L’euphonie est la fusion de l’esthétique et de la sémantique dans le discours qui détermine l’art et différencie le langage artistique du non artistique.<p>  Lire Plus

L’Histoire humaine, ce construit axiologique

— Par Camille Loty Malebranche —

L’homme est un esprit en accomplissement dont la mission est l’autoconstruction par des valeurs. Les valeurs sont les briques constitutives de l’édifice humain. L’animal humain ne commence son humanisation qu’en intégrant les valeurs morales, intellectuelles, spirituelles qui le font personne humaine. Quand les excentricités matérialistes se substituent aux valeurs ontologiques proprement humaines, c’est toute l’orientation sociale de l’homme qui est déviée de sa vérité et frappée de déshumanisation. Une société en crise est avant tout une société en crise de valeurs, une société aux valeurs fausses.

L’histoire n’est que la somme des représentations du monde et de la place de l’homme dans le monde mis en place à travers la projection de soi des sociétés tout au long de l’action. L’histoire est l’engramme des générations qui construisent le monde, le monde étant la représentation et l’action des hommes ajoutées à l’univers. C’est aussi une téléologie collective vers une entéléchie temporelle des sociétés humaines. Là où la métaphysique et la spiritualité courent à l’eschatologie comme accomplissement supraterrestre et extratemporel parce que visant à l’éternité, l’histoire est la menée politique des vœux humains en vue d’un aboutissement terrestre et temporel des sociétés.<p>  Lire Plus

Le Chercheur et le Poète.

—Par Camille Loty Malebranche —

Le Chercheur

Je sais que le poète n’est pas théoricien, mais c’est précisément la sensibilité définitionnelle de la poésie savante que je cherche chez vous. Car là où la grammaire opère la déclinaison des lexèmes dans les langues flexionnelles, la poésie fait la déclinaison conceptuelle et logique des lemmes sentis comme des choses du vécu, des protagonistes du sentiment qui théorisent le sentir par le métalangage de la beauté.

Fort de ce constat personnel, j’aimerais, cher ami poète, vous dont l’esthétique du verbe, trouve les meilleures tournures pour dire le monde, vous entendre en quelques vers sur chacun des deux sujets suivants: la réussite et l’école.

Le Poète

Vous demandez au poète de coltiner des définitions, alors qu’aujourd’hui la mystification par le verbiage vil a officiellement remplacé la poésie devenue collection de vocables décousus pour des minus poétaillons. Votre question, chercheur, est un rappel à l’entendement de l’art envers et contre la pitrerie actuelle où des poétastres grésillent de leur langue poussiéreuse et caquettent en grattant la terre verbale pour n’y trouver que des vers mort-nés à travers l’opération abortive de leur médiocrité qui fait de la poésie un sous-art, plus mineur que la danse des saltimbanques sur échasses, sous leur plume de paille sèche et sans encre.<p>  Lire Plus

La Mesquinerie, cette dégénérescence existentielle…

— Par Camille Loty Malebranche —
Le mesquin est un miséreux dans l’être, qui bloque et entrave l’effort d’autrui à l’élévation. La mesquinerie est le recours à l’ostracisme et au freinage crapuleux de toute sortes contre autrui par le mesquin trop fragile dans son statut et trop inconfortable dans ses privilèges pour laisser l’autrui de valeur atteindre son potentiel. Creuser maladivement des abîmes imaginaires et dresser des murs fictifs de haine, pour empêcher le succès des autres dont il se sent inférieur, voilà du mesquin, l’existentielle démarche qu’il pratique avec sinistre ferveur, comme une religion pathologique, comme un culte maléfique et pathogène.

La société bourgeoise de consommation, parce qu’elle excite des inepties de classes, avec son entêtement de performance et de compétitions forcenées le plus souvent injustes voire déloyales, est un terreau de tératogénie mentale et de contamination caractérielle, où prolifèrent des mesquins comme du champignon vénéneux dans un terrain toxique.

Parmi les tares de civilisation, la mesquinerie est sans doute la pire pierre où achoppent les rapports humains, les relations interclasses ou interpersonnelles par les aspérités artificielles des haines latentes et irrationnelles et des discriminations les plus bâtées.<p>  Lire Plus

La trilogie constitutive de la liberté.

— Par Camille Loty Malebranche —

La volonté, le choix, la responsabilité sont la trilogie de la liberté vraiment souveraine. L’on comprend alors que la liberté, elle-même, est un apprentissage, un exercice mental pour être prêt aux exigences de la souveraineté de conscience. Nous préférons éluder le raccourci argumentatif qui dit que « l’homme est né libre » pour préciser que l’homme est né avec la faculté d’être libre. La liberté est faculté plutôt qu’effectivité à notre naissance car nous naissons avec tous les manques dont le plus opposé à la liberté effective, est l’ignorance.

Fors tous les conditionnements de l’institution sociale qui nous prend en charge dès que les mains de l’obstétrique nous remettent à celles de nos parents, la famille qui nous accapare, nous organise et nous façonne – famille elle-même toute structurée par et pour la société – nous sommes nous-mêmes porteurs de toutes sortes de pulsions agressives et serviles qui nous empêchent d’être libres.

La liberté ne se peut que comme apprentissage et désapprentissage.

La faculté, toute faculté, pour devenir qualité et richesse, doit être mise à contribution par la gérance judicieuse de l’homme.<p>  Lire Plus

Essentialisme idéologique et discriminations…

— Par Camille Loty Malebranche —

Il est deux essentialismes: l’ontologique et l’idéologique.
La voie la plus sûre du pouvoir des asservisseurs et des tyrans est de s’essentialiser afin de se placer hors de portée de la rationalité selon le principe d’une onction de supériorité par essence de leur catégorie. Ainsi, ils interdisent l’intellection des mécanismes structurels de leurs privilèges indécents par leurs asservis qu’ils mystifient. Car l’homme ne domine ni ne réifie l’homme, que par la violence et l’essentialisation des contingences existentielles.

L’essentialisme ontologique, cette désignation philosophique de l’essence des êtres, est inviolable. Malgré toutes les logomachies ayant lieu sur le concept d’essence qui détermine la nature de chaque catégorie d’êtres en ce que ceux-ci ont d’immuable comme présence au monde et comme identité en tant qu’êtres, nul ennemi de l’essentialisme n’a pu démontrer objectivement que les êtres sont sans nature. Et l’étude approfondie scientifique ou philosophique du monde est précisément l’interrogation des essences qui différencient par les natures qu’elles déterminent, les catégories, les espèces; et également l’interrogation des différents règnes connus et étudiés.

En ce qui concerne l’être humain, hormis l’essence ontologique qui relève de la nature humaine et se dévoile par l’interrogation épistémique des dimensions biologique et métaphysique de l’être humain, il est parfois une essence artificielle et sociale, particulièrement pernicieuse et mensongère, relevant de l’idéologie, c’est l’essentialisme idéologique.<p>  Lire Plus

Violence Vitale et violence létale.

 Par Camille Loty Malebranche —

Il est deux violences claires et distinctes chez l’Homme: la vitale, fondamentale pour l’affirmation de la vie, et la létale qui détruit ou menace la vie comme par corruption de l’énergie vitale.

La violence vitale de l’homme, c’est, après les efforts somme toute organiques de subsistance et de se perpétuer comme espèce par la reproduction, d’affirmer avec force et détermination les grandeurs globales de ses attributs et facultés où il manifeste l’élévation de l’espèce en ce qu’elle a de beau. Une violence vitale qui devient létale si déviée par la logique ignominieusement aberrante de sourdes et inavouables compétitions sociales dérivant en haines. La perversion humaine est telle que même les lieux de saines compétitions comme le sport – cette activité créée pour canaliser les énergies humaines dans le dépassement de soi et contre la violence destructrice – dégénèrent assez fréquemment sous la dictée insidieuse d’intérêts malsains et de passions morbides. Car passions et intérêts dévoyés sont comme des déserts où prolifèrent les épines vénéneuses des sauvageries extrêmes et des rivalités agressives; ce sont des terreaux fertiles en violence létale…

L’Homme est un être violent qui a survécu et s’est imposé par sa violence tant intelligente que physique, mais malheureusement, son mésusage de cette force vitale, en fait une puissance de destruction de sa propre espèce.<p>  Lire Plus