Catégorie : Les chroniques de Jean-Marie Nol

L’urgence d’un nouveau pacte ultramarin

L’Etat est incapable d’assumer ses propres responsabilités , alors gare à la surprise Union Européenne en 2035 !

— Par Jean-Marie Nol —

Face à l’accumulation des crises qui frappent simultanément la Guadeloupe, la Martinique et, dans une plus large mesure, la Guyane, une question fondamentale s’impose désormais avec une force nouvelle : quel doit être le rôle de l’État français dans la reconstruction économique, sociale et institutionnelle de ces territoires ? Car les signaux d’alerte se multiplient. L’insécurité progresse, les trafics de drogue gagnent du terrain, la violence des jeunes inquiète les familles, les divorces et les situations de monoparentalité augmentent, le chômage demeure structurellement élevé et l’exode des compétences continue de fragiliser le tissu économique local. Dans le même temps, les moteurs traditionnels de l’économie antillaise montrent des signes d’essoufflement préoccupants. Le BTP ralentit, le tourisme peine à retrouver un véritable dynamisme durable, l’administration publique ne peut plus absorber indéfiniment les demandeurs d’emploi et les activités tertiaires sont confrontées aux bouleversements provoqués par la révolution numérique et l’intelligence artificielle.
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans un contexte mondial marqué par le ralentissement de la croissance, l’endettement massif des États, les tensions géopolitiques, les mutations technologiques accélérées et les conséquences du changement climatique.

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Entre démocratie et dictature

L’éco- cannibalisation mondiale est bien un scénario plausible en lieu et place de la mondialisation.

— Par Jean-Marie Nol —

Une dictature mondiale n’est plus une hypothèse d’école, mais s’avère désormais possible avec des déclinaisons autoritaires dans chaque pays du monde.
Depuis plusieurs années, un nombre croissant d’analystes, de chercheurs et d’observateurs de la vie internationale s’interrogent sur la solidité des démocraties contemporaines. Longtemps considérée comme une hypothèse marginale relevant davantage de la science-fiction politique que de l’analyse sérieuse, l’idée d’une progression mondiale des régimes autoritaires apparaît aujourd’hui comme une possibilité que beaucoup jugent de moins en moins improbable. Sans qu’il soit possible d’affirmer qu’une dictature mondiale fomentée par les grandes puissances du G7 + la Chine et la Russie, soit appelée à s’imposer de manière inéluctable, les évolutions observées dans de nombreuses régions du monde nourrissent un débat de fond sur l’avenir des libertés publiques, de la souveraineté populaire et des institutions démocratiques.

Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l’URSS définissent des sphères d’influence sur le monde. Au sein de ces sphères, ils promeuvent tous deux des modèles socio-économiques alignés sur eux et leurs intérêts, ce qui amène à constater dès 1946 que le monde est divisé par les grandes puissances de l’époque.

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Regarder la vérité en face !

— Par Jean-Marie Nol —

Toutes les conditions sont désormais potentiellement réunies et tous les ingrédients sont déjà en place pour l’écriture de cette nouvelle page de histoire de la France: la dictature.

Cela étant,la vérité m’oblige à dire que selon ma propre analyse prospective, ce n’est pas qui l’on croit qui sera à l’origine de ce changement de régime en France. Il est évident que je ne souhaite certainement pas m’eriger en une Pythie ou jouer les Cassandre, mais force est de souligner que ce ne sera pas le rassemblement national et encore moins reconquête qui sera à l’origine de cette dictature, car si le RN et ses alliés arrivent au pouvoir en 2027 ils seront très rapidement balayés par leur impuissance à résoudre les problèmes de la France et le RN finira bien aux oubliettes de l’histoire politique française. Selon moi, il y aura une autre mouvence politique et idéologique en gestation aujourd’hui qui instaurera la dictature en France, mon nous y reviendrons en temps voulu.

En 2035, nous vivrons bien dans un régime de dictature en France , et ce n’est malheureusement plus une hypothèse de travail, et encore moins une vue de l’esprit, mais une réalité devenue inéluctable avec les crises à venir…
Et c’est là un phénomène inarrêtable !

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Refuser le réel ne sauvera pas le modèle social

Deux visions de l’avenir et deux conceptions du changement se profilent dans le débat intellectuel aux Antilles avec comme seul juge de paix : la crise qui vient….

— Par Jean-Marie Nol —
La France est aujourd’hui menacée de récession, l’inflation accélère, et les marges des entreprises se réduisent. De mauvais chiffres qui ne s’expliquent pas que par la guerre en Iran et qui valident nos analyses précédentes. Le produit intérieur brut (PIB) français a reculé de 0,1 % au premier trimestre
par rapport au dernier trimestre de 2025, selon les chiffres publiés par l’Insee ce vendredi. C’est la première fois depuis la crise du Covid que la France affiche une croissance négative sur un trimestre. Les déficits se creusent. La dette explose. Et pourtant, le déni collectif persiste. Politiques comme citoyens peinent à reconnaître à l’aube de la prochaine présidentielle que ce système n’est plus soutenable. Le confort social auquel nous nous sommes habitués repose désormais sur des bases financières de plus en plus fragiles. Le déficit chronique de la Sécurité sociale, qui se chiffre désormais en dizaines de milliards d’euros, l’explosion de la dette publique, le vieillissement de la population française, le ralentissement économique et les menaces récurrentes de récession témoignent d’un essoufflement progressif de l’État-providence.

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Antilles 2035 : entre chaos et refondation

Comment la mutation de la société antillaise se profile, non sans très gros risque, à l’horizon 2035 ?

—Par Jean-Marie Nol —

À l’horizon 2035, la société antillaise pourrait entrer dans une phase de transformation historique comparable aux grands bouleversements qui ont marqué les périodes de transition du XXe siècle. Ce qui se profile désormais en Guadeloupe et plus largement dans les Antilles françaises dépasse largement le cadre d’une simple future crise économique ou sociale. Il s’agit d’une mutation profonde des structures sociétales collectives, des repères culturels, du rapport à l’État, du modèle économique et même de la manière dont les individus envisagent leur avenir dans un autre univers politique.

À l’horizon 2035, la société guadeloupéenne et martiniquaise pourrait être confrontée à une impasse sociétale en raison d’une fracture culturelle et identitaire d’une ampleur inédite depuis la fin de la colonie et de l’actuelle départementalisation. En réalité, la désintégration de la société antillaise semble programmée en raison d’une disparition du sens de l’intérêt général et de l’affaissement de la notion de vivre ensemble.  

Derrière les crises économiques, sociales et institutionnelles qui s’annoncent, une autre mutation beaucoup plus profonde semble déjà émerger : celle de la fragmentation du récit collectif qui structurait jusqu’à présent le vivre-ensemble antillais.

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La France fragilise ses outre-mer

La crise importée qui vient en Martinique et Guadeloupe, sera douloureuse pour les trésoreries des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages , en raison d’un constat alarmant de la santé de l’économie de la France.

— Par Jean-Marie Nol —

La crise qui s’installe en France n’est plus un simple ralentissement conjoncturel ni une turbulence passagère liée aux tensions géopolitiques internationales. Elle prend désormais la forme d’un choc économique profond, cumulatif et structurel, dont les répercussions risquent d’être particulièrement brutales pour des territoires ultramarins comme la Guadeloupe et la Martinique. Dans un contexte de guerre durable au Moyen-Orient, de flambée des prix de l’énergie, de ralentissement de la croissance européenne, d’endettement massif de l’État français et d’essoufflement du tissu entrepreneurial, les Antilles françaises apparaissent aujourd’hui comme des économies extrêmement vulnérables à une crise importée dont elles ne maîtrisent ni les causes ni les leviers de sortie.

Le premier constat est celui d’une économie française qui donne des signes de faiblesse de plus en plus inquiétants. La croissance est quasiment à l’arrêt, le chômage repart à la hausse, les faillites d’entreprises explosent, l’inflation repart sous l’effet du choc pétrolier et la consommation des ménages ralentit fortement.

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Quid de la question des réparations de l’esclavage ?

— Par Jean-Marie Nol —

La nécessité de l’heure oblige à regarder cette problématique sous un autre angle plus rationnel , et qui demain devrait être appréhendée et traitée nécessairement sur le plan économique et financier.

Pendant des décennies, la question des réparations de l’esclavage a souvent été enfermée dans une approche essentiellement morale, mémorielle et symbolique. Les débats publics se concentrent sur les excuses officielles, les commémorations, les monuments, les journées du souvenir ou encore la reconnaissance de crimes contre l’humanité. Si cette dimension historique et humaine demeure fondamentale, elle reste pourtant incomplète lorsqu’elle évacue la réalité centrale qui a présidé à la naissance même du système esclavagiste : l’économie. L’esclavage colonial n’a jamais été conçu comme un projet moral ou civilisationnel ; il fut avant tout un système économique, financier et industriel destiné à enrichir les puissances européennes, notamment l’Espagne , le Portugal , la Hollande, la France et l’Angleterre. Dès lors, traiter aujourd’hui la question des réparations uniquement sous l’angle mémoriel revient à occulter la logique fondamentale qui a structuré plusieurs siècles de domination coloniale : l’accumulation du capital.

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Une nouvelle dépendance

Pourquoi la Guadeloupe et la Martinique n’ont aucune marge de manœuvre financière , économique , fiscale et budgétaire pour résister à la crise qui vient ?
— Par Jean Marie Nol —
La Guadeloupe et la Martinique vivent probablement l’un des moments les plus décisifs de leur histoire contemporaine, alors même qu’une grande partie du débat public continue de fonctionner avec des schémas intellectuels hérités d’un autre siècle. Le monde bascule sous l’effet des tensions géopolitiques, de la fragmentation des échanges internationaux, de la révolution de l’intelligence artificielle, des mutations énergétiques , du changement climatique, et du ralentissement des grandes économies occidentales. Dans ce contexte de recomposition brutale, les sociétés insulaires ultradépendantes comme celles des Antilles françaises se retrouvent exposées de manière extrême. Pourtant, au lieu de regarder lucidement les bouleversements qui approchent, une partie des responsables politiques et de l’opinion publique continue de croire qu’un simple changement statutaire pourrait, à lui seul, résoudre des problèmes qui sont désormais avant tout économiques, financiers, productifs et sociétaux .
Le conflit au Moyen-Orient agit comme un révélateur implacable de cette fragilité structurelle. La fermeture durable du détroit d’Ormuz, la flambée des prix énergétiques, les tensions sur le transport maritime et la montée des risques financiers internationaux produisent déjà des effets visibles sur l’économie française.

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Le coût économique de la confrontation mémorielle

Pourquoi penser les réparations de l’esclavage et agir avec ressentiment à l’aveugle sans soupeser les conséquences dommageables pour l’économie de la Martinique est une faute grave ? 
— Par Jean-Marie Nol —
La question des réparations liées à l’esclavage ressurgit aujourd’hui avec une intensité nouvelle dans le débat public martiniquais et plus largement antillais. En adressant une lettre ouverte nominative à plusieurs descendants d’esclavagistes et à certaines grandes familles économiques de Martinique, le Mouvement International pour les Réparations (MIR) a franchi une étape particulièrement sensible dans un dossier où l’histoire, la mémoire, la morale, l’économie et la stabilité sociale se trouvent désormais étroitement imbriquées. Derrière cette revendication de réparations morales, matérielles et financières se dessine en réalité une problématique beaucoup plus complexe : celle du rapport qu’entretiennent les sociétés antillaises avec leur passé, mais aussi avec leur avenir économique dans un contexte mondial et national déjà extrêmement fragile et inflammable.
Car si la question mémorielle mérite incontestablement d’être entendue, comprise et respectée, la méthode employée soulève de nombreuses interrogations. En ciblant nommément certaines familles békés, héritières supposées des accumulations économiques issues du système esclavagiste et des indemnisations accordées aux anciens propriétaires d’esclaves après l’abolition de 1848, le MIR et d’autres activistes prennent le risque d’alimenter une logique de confrontation identitaire dont les conséquences pourraient être particulièrement lourdes pour la Martinique.

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Qui Sommes-Nous Devenus ?

Si la victoire idéologique de l’assimilation s’avère désormais incontestable , mais alors quid de la pertinence du concept en gestation de créolisation qui devrait changer la donne pour la nouvelle génération des Antilles ?

— Par Jean-Marie Nol —

Longtemps, le combat identitaire aux Antilles françaises s’est présenté comme une résistance à l’assimilation. Il s’agissait de préserver une mémoire, une culture, une langue, une manière d’être au monde face à la puissance uniformisatrice du modèle républicain français. Depuis la départementalisation de 1946, la Guadeloupe et la Martinique ont été intégrées à la République dans une logique d’égalité juridique et sociale qui, pendant plusieurs décennies, a profondément transformé les sociétés antillaises. L’accès aux services publics, à l’éducation, à la consommation de masse et à la mobilité sociale a produit une élévation du niveau de vie, mais aussi une mutation silencieuse des imaginaires. Car derrière l’égalité promise, l’assimilation culturelle a progressivement imposé ses normes, ses références et ses modèles de réussite. Aujourd’hui, force est de constater que cette assimilation a largement gagné la bataille des modes de vie, même si elle n’a jamais totalement effacé le besoin de reconnaissance identitaire.

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Mémoire contre développement

Quand la quête mémorielle devient obstacle à toute pensée en capacité de se projeter sur l’avenir du développement économique ?

— Par Jean-Marie Nol —
La Guadeloupe vit aujourd’hui une contradiction silencieuse mais profonde : jamais le devoir de mémoire n’a été aussi présent dans le débat public, et jamais, dans le même temps, l’avenir économique et social du territoire n’a semblé aussi incertain. La mémoire collective de l’esclavage, de la colonisation, des humiliations historiques et des blessures identitaires occupe en ce mois de mai une place centrale dans le discours politique, culturel et militant. Pourtant, à mesure que cette mémoire devient le principal prisme d’analyse du présent, une question dérangeante s’impose progressivement : et si le passé, lorsqu’il devient une obsession permanente, finissait par empêcher la société guadeloupéenne de construire son avenir ?
Les neurosciences contemporaines apportent un éclairage particulièrement intéressant sur cette interrogation. Contrairement à l’idée longtemps admise d’une mémoire figée, les chercheurs montrent aujourd’hui que les souvenirs se reconstruisent continuellement. Le passé n’est pas un fichier immobile conservé intact dans l’esprit humain ; il est réinterprété à chaque rappel, influencé par les émotions, les discours, les relations sociales et les préoccupations du présent.

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Antilles-Guyane : penser le monde tel qu’il est

Quels sont les enseignements doctrinaux à tirer pour les intellectuels des Antilles -Guyane, de la nouvelle realpolitik mondiale, et de la fin programmée de l’idéologie tiers mondiste ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le retour en force de la realpolitik dans les relations internationales marque une rupture profonde avec les cadres idéologiques qui ont structuré une grande partie du débat politique dans la seconde moitié du XXe siècle. Alors dans ce contexte que signifie encore de faire état d’un quelconque projet de société pour la Guadeloupe et la Martinique qui pourrait se réduire à être une utopie vide de sens. Force est de souligner que nous sommes aujourd’hui confronté à une refondation doctrinale de la pensée aux Antilles -Guyane. Longtemps dominé par des lectures morales, idéologiques ou héritées des luttes de décolonisation, l’ordre mondial se recompose désormais autour d’un principe beaucoup plus brut : celui du rapport de force. Dans cette nouvelle configuration, les États ne se définissent plus prioritairement par leurs valeurs affichées, mais par leur capacité à peser économiquement, militairement et stratégiquement. La realpolitik, entendue comme la primauté des intérêts nationaux sur les considérations politiques et idéologiques, s’impose ainsi comme la grille de lecture dominante d’un monde redevenu conflictuel, hiérarchisé et structuré par des blocs de puissance .

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La Guadeloupe n’hésite pas, elle avance

La Guadeloupe , une entité géopolitique européenne atypique ou une future composante politique et économique de la caraïbe ?

— Par Jean-Marie Nol —

La Guadeloupe serait-elle européenne ou caribéenne ?

On pose mal la question depuis trop longtemps. Le débat revient, inlassablement, comme un vieux disque rayé, nourri de postures idéologiques plus que d’analyses concrètes.Et si le véritable sujet était ailleurs ?

Car la Guadeloupe n’est ni un territoire hésitant entre deux mondes, ni une identité en quête d’elle-même. Elle est déjà une réalité géopolitique singulière : une société caribéenne ancrée dans un système européen. Et c’est précisément cette singularité qui constitue son principal levier d’avenir. Dans un environnement régional marqué par l’instabilité économique, les fragilités monétaires et les dépendances extérieures, la Guadeloupe dispose d’atouts que beaucoup sous-estiment.

Elle appartient à l’espace de Union européenne.

Elle utilise l’euro.

Elle bénéficie de transferts publics massifs, d’infrastructures financées et d’un cadre juridique robuste.

À l’échelle de la Caraïbe, ce statut n’est pas banal. Il est exceptionnel.

Pendant que certains États voisins peinent à stabiliser leur économie, à l’image de Venezuela ou restent enfermés dans des logiques d’isolement comme Cuba, la Guadeloupe évolue dans l’un des ensembles économiques les plus puissants du monde avec un marché de 450 millions d’habitants .

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Illusions perdues aux Antilles

Quels sont les enseignements doctrinaux à tirer pour les intellectuels des Antilles -Guyane, de la nouvelle realpolitik mondiale, et de la fin programmée de l’idéologie tiers-mondiste ?
— Par Jean-Marie Nol —

Le retour en force de la realpolitik dans les relations internationales marque une rupture profonde avec les cadres idéologiques qui ont structuré une grande partie du débat politique dans la seconde moitié du XXe siècle. Alors dans ce contexte que signifie encore de faire état d’un quelconque projet de société pour la Guadeloupe et la Martinique qui pourrait se réduire à être une utopie vide de sens. Force est de souligner que nous sommes aujourd’hui confronté à une refondation doctrinale de la pensée aux Antilles -Guyane. Longtemps dominé par des lectures morales, idéologiques ou héritées des luttes de décolonisation, l’ordre mondial se recompose désormais autour d’un principe beaucoup plus brut : celui du rapport de force. Dans cette nouvelle configuration, les États ne se définissent plus prioritairement par leurs valeurs affichées, mais par leur capacité à peser économiquement, militairement et stratégiquement. La realpolitik, entendue comme la primauté des intérêts nationaux sur les considérations politiques et idéologiques, s’impose ainsi comme la grille de lecture dominante d’un monde redevenu conflictuel, hiérarchisé et structuré par des blocs de puissance .

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De la périphérie à l’intégration européenne

Vers une adhésion institutionnelle graduelle de la Guadeloupe à l’UE : passer des paroles aux actes, maintenant !

— Par jean-Marie Nol —

L’idée d’un rattachement institutionnel direct de la Guadeloupe à l’Union européenne, longtemps reléguée au rang de spéculation intellectuelle, s’impose progressivement comme une hypothèse crédible d’une nouvelle doctrine de décolonisation en lieu et place de la doctrine tiers mondiste désormais obsolète, pourtant toujours défendue par les autonomistes et indépendantistes des Antilles françaises, voire comme une alternative structurante dans le débat sur l’avenir institutionnel de l’archipel. Dès l’abord, un constat s’impose avec une évidence rarement contestée mais trop souvent éludée dans le débat public : la Guadeloupe vit, circule et échange d’abord avec l’Europe, et de manière très marginale avec son environnement caribéen immédiat. Les flux de voyageurs comme ceux de marchandises traduisent une réalité économique profonde qui dépasse les discours politiques. L’essentiel du trafic aérien de passagers relie l’archipel à l’Hexagone et, plus largement, au continent européen, faisant de cette relation un axe vital pour la mobilité des personnes, qu’il s’agisse de déplacements familiaux, professionnels, éducatifs ou touristiques. De la même manière, les flux commerciaux témoignent d’une dépendance structurelle aux importations en provenance de l’espace européen, tant pour les biens de consommation que pour les équipements, les produits industriels ou les intrants nécessaires à l’activité économique locale.

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Départementalisation et émancipation

De la contradiction jaillit la lumière sur le débat de l’évolution statutaire de la Guadeloupe et Martinique.

— Par Jean-Marie Nol —

Il est des débats dont la vigueur éclaire davantage qu’elle ne divise, et l’histoire politique et sociale de la Guadeloupe et de la Martinique en offre une illustration particulièrement féconde lorsqu’on s’attache à comprendre le rôle de Aimé Césaire et des communistes dans la mise en œuvre de la départementalisation. Loin des caricatures rétrospectives qui tendent à juger ce moment fondateur à l’aune des impasses économiques contemporaines, il convient de replacer leur démarche dans le cadre intellectuel et historique qui l’a vu naître, celui d’un monde encore profondément marqué par les séquelles de l’ordre colonial et par l’urgence sociale qui en découlait. À cet égard, la célèbre intuition de Nicolas Boileau selon laquelle c’est au choc des idées que jaillit la lumière prend ici tout son sens : c’est précisément de la confrontation entre visions divergentes — assimilation, autonomie, indépendance — qu’émerge une lecture plus fine des choix opérés à l’époque.

Lorsque Césaire et les communistes portent la loi de départementalisation de 1946, leur priorité n’est pas de redessiner immédiatement les mécanismes économiques hérités du système colonial, mais de répondre à une urgence autrement plus tangible : la misère noire sociale, l’inégalité des droits et l’absence de protection pour les populations locales.

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Évolution des institutions de la Guadeloupe et Martinique : que penser et surtout que faire ?

— Par Jean-Marie Nol —

En l’état actuel du débat entre partisans du maintien du droit commun et chantres du changement statutaire : alors aujourd’hui que penser de l’état des lieux et surtout que faire à l’avenir ?

À l’heure où ressurgissent avec insistance les débats sur une éventuelle évolution statutaire de la Guadeloupe et de la Martinique, il est frappant de constater que ces interrogations se construisent souvent sur un diagnostic incomplet, voire biaisé, du modèle issu de la départementalisation. Car avant de proclamer l’essoufflement d’un cadre institutionnel, encore faut-il en mesurer rigoureusement les effets sur le temps long. Or l’état des lieux du modèle économique hérité de 1946 impose une évidence trop souvent reléguée au second plan : la départementalisation constitue, au regard de la situation initiale, un levier de transformation historique dont les résultats relèvent moins de l’échec que d’un rattrapage spectaculaire, certes inachevé, mais profondément structurant, et qui révèle l’aboutissement positif de la mission des anciennes générations.

Il faut d’abord rappeler d’où partaient ces territoires. Au sortir de la période coloniale, la Guadeloupe, comme la Martinique, se trouvait dans une situation de sous-développement extrême, marquée par une misère sanitaire, éducative et sociale d’une intensité aujourd’hui difficile à imaginer.

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Autonomie de l’article 74 : vers une impossibilité matérielle ?

— Par Jean-Marie Nol —

À l’heure où la question de l’évolution statutaire de la Guadeloupe et de la Martinique revient avec insistance dans le débat public, une réalité s’impose avec une acuité croissante : le contexte économique mondial, national , et local rend aujourd’hui toute transformation institutionnelle non seulement incertaine, mais potentiellement dangereuse.

Les problèmes économiques ne sont pas derrière nous, ils sont devant nous. Et force est de constater que  l’évolution à risque de la situation économique ne permet aucunement d’envisager un changement statutaire .

Loin d’être un simple débat juridique ou idéologique et politique, la question statutaire se heurte à un mur bien plus déterminant, celui de la confiance et de la solidité économique, deux piliers aujourd’hui profondément fragilisés.

Car dans toute société moderne, la confiance constitue un capital invisible mais essentiel. Elle conditionne à la fois l’adhésion démocratique et le bon fonctionnement de l’économie. Or, aux Antilles françaises, cette confiance est en train de se fissurer dangereusement. Défiance envers les responsables politiques, scepticisme face aux institutions, doute sur la capacité collective à piloter un changement de cap : tous les signaux convergent vers une crise profonde du lien entre gouvernants et gouvernés.

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Antilles : le paradoxe d’un modèle décrié

Les acquis positifs du droit commun de la départementalisation sont à prendre beaucoup plus en considération dans le cadre du débat institutionnel actuel .

— Par Jean-Marie Nol —

En Guadeloupe comme en Martinique, le débat sur l’avenir institutionnel et statutaire s’intensifie à mesure que s’accumulent les crises économiques, sociales et politiques, donnant du grain à moudre aux partisans d’une autonomie accrue qui décrivent volontiers le modèle départemental comme épuisé, inefficace et générateur de dépendance. Et dans ce concert de critiques du modèle départemental, que pouvons nous penser des propos schizophréniques de Christianne Tobira, ancienne ministre de la justice, tenus dans le journal France Guyane à l’occasion des 80 ans de la départementalisation, et je cite à dessein madame Taubira « Le département c’est une absurdité, un artifice »

Pourtant, à rebours de ce récit dominant chez les partisans de l’autonomie et de l’indépendance, une observation rigoureuse des dynamiques sociales et économiques à l’œuvre révèle une réalité bien plus nuancée, voire paradoxale : loin d’avoir produit un effondrement, la départementalisation a permis l’élévation rapide du niveau de vie et l’émergence progressive d’une classe moyenne solide, structurée et résiliente, dont l’existence même constitue aujourd’hui l’un des héritages les plus tangibles et les plus sous-estimés de ce cadre institutionnel.

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Antilles : la spirale du ralentissement

Économie : pourquoi et comment les choses vont fortement se compliquer aux Antilles ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’horizon économique de la Guadeloupe et de la Martinique devrait s’assombrit dangereusement, et les signaux faibles de marasme observés en 2025 pourraient bien annoncer une dégradation de l’activité économique plus profonde encore en 2026. Derrière les chiffres déjà préoccupants dressés par l’IEDOM et l’INSEE pour l’année 2025 , se profile une mécanique économique redoutable, où les facteurs internationaux viennent percuter de plein fouet des économies insulaires structurellement fragiles. L’éclatement du conflit au Moyen-Orient, notamment autour de l’Iran, agit comme un catalyseur brutal d’une crise déjà latente, transformant un ralentissement en risque d’enlisement durable.
Au cœur de cette spirale, le choc pétrolier constitue le premier maillon d’une chaîne inflationniste qui menace de s’emballer. Dans des territoires où la dépendance aux importations est quasi totale, la hausse du prix de l’énergie ne se limite pas à la pompe : elle se diffuse immédiatement à l’ensemble des biens de consommation. Transport, alimentation, produits de première nécessité, aucun secteur n’échappera à cette inflation importée. Cette dynamique rappelle que les économies antillaises restent extrêmement exposées aux fluctuations des marchés mondiaux, sans véritable capacité d’amortissement.

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De la France au Canada : Toujours avoir deux fers au feu !

— Par Jean-Marie Nol —

À l’heure où le nouvel ordre mondial et la crise économique et financière redéfinissent les équilibres économiques et sociaux à l’échelle mondiale, les sociétés de Guadeloupe et de Martinique se trouvent à un tournant historique. Le modèle traditionnel, largement hérité de l’assimilation à la France et à l’Europe, pourrait vaciller sous l’effet des difficultés financières de l’État providence et des nouvelles dynamiques de type identitaire portées par une génération émergente, plus mobile, plus connectée et moins dépendante des circuits institutionnels classiques.

Dans ce contexte de recomposition profonde des pouvoirs et des savoirs, une interrogation centrale s’impose : faut-il poursuivre l’intégration dans un cadre déjà connu, ou s’engager dans une trajectoire hasardeuse de souveraineté pouvant aller jusqu’à l’autonomie et puis inéluctablement vers l’indépendance ?

Derrière cette alternative apparemment binaire se dessine en réalité une troisième voie, encore en construction, qui pourrait bien constituer la véritable mission des nouvelles générations antillaises.

Cette voie intermédiaire ne consiste ni à rompre brutalement avec l’ordre existant, ni à s’y conformer passivement. Elle repose sur une capacité d’invention politique et économique, fondée sur des partenariats stratégiques ciblés, capables de redéfinir les marges de manœuvre des territoires.

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La Martinique au bord du choc

Pourquoi l’économie de la Martinique est en chute libre,  et comment cela va s’accélérer fortement en 2026 ?

— Par Jean-Marie Nol —

La guerre en Iran va chambouler les perspectives de reprise de l’économie pour la Martinique.
Le conflit en Iran pourrait faire grimper cette année l’inflation à 3,6 % en Martinique , et amputer la croissance de 2 points . Un retournement de scénario brutal pour la collectivité territoriale de la Martinique .Force est de souligner que la crise iranienne pourrait compliquer l’équation budgétaire pour la CTM. L’hypothèse d’un choc énergétique majeur ne serait pas sans conséquence sur des finances publiques déjà exsangues.On a connu le quoi qu’il en coûte. Je crois qu’on peut dire que la maîtrise des finances publiques en transparence doit se faire quoi qu’il arrive désormais », a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu, en introduction d’une réunion avec les ministres chargés de l’économie et du budget.L’effort pour réduire le déficit est passé très majoritairement, à ce stade, par la hausse des prélèvements. De nombreux économistes s’accordent à dire que le plus facile a été fait, tandis que le plus difficile politiquement, réduire les dépenses, reste à venir.

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Vers une aggravation des inégalités économiques en Guadeloupe et Martinique ?

Comment et pourquoi le crédit sera plus cher en Guadeloupe et Martinique et quelles seraient les conséquences sur l’économie ?

— Par Jean-Marie Nol —

La montée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, cristallisées par la guerre en Iran, agit désormais comme un révélateur brutal des fragilités économiques structurelles des territoires ultramarins français, en particulier la Guadeloupe et la Martinique. Ce choc exogène, initialement énergétique, se propage aujourd’hui à l’ensemble des circuits financiers mondiaux, avec un effet direct et potentiellement durable sur les taux d’intérêt, et par ricochet sur le pouvoir d’achat des ménages antillais.

Le mécanisme à l’œuvre est désormais bien identifié par les économistes , c’est la stagflation qui est un processus par lequel l’économie souffre simultanément d’une forte inflation et d’une croissance faible, voire nulle. La stagflation s’accompagne souvent d’un taux de chômage élevé. Force est de souligner que dans un contexte de stagflation, le produit intérieur brut (PIB) progresse faiblement, voire pas du tout. L’activité peine à se développer, les entreprises ont du mal à augmenter leurs ventes, et les consommateurs hésitent à dépenser et préfèrent augmenter leur épargne.

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De la décolonisation à la domination technologique

Cuba est – t- il devenu l’exemple emblématique de la nouvelle géopolitique de recolonisation ?

— Par Jean-Marie Nol —

Au large de la Floride, à seulement 150 kilomètres des côtes américaines, Cuba apparaît aujourd’hui comme le laboratoire d’une nouvelle forme de domination internationale, et le futur exemple d’un scénario inédit de recolonisation. Aucun pétrolier n’y serait entré pour ravitailler l’île depuis le 9 janvier, conséquence d’un blocus énergétique de facto attribué à Washington. L’asphyxie progressive du secteur touristique – deuxième source de devises de l’île après l’exportation de services médicaux – menace près de 300 000 emplois. Fragilisée par la pandémie puis par le durcissement des sanctions américaines, l’économie cubaine se retrouve prise dans un étau financier et énergétique qui dépasse la seule logique bilatérale. Pour de nombreux observateurs, il s’agit moins d’un simple épisode de tension que d’un signal fort : celui d’une ère où la domination ne passe plus par l’occupation militaire classique, mais par la pression économique systémique et la supériorité technologique.

La séquence récente illustre ce basculement. La capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines début janvier, suivie de l’arrêt par Venezuela – sous pression de Washington – des livraisons de pétrole vers La Havane, a ravivé les tensions entre Cuba et les États-Unis.

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La recolonisation technologique

— Par Jean-Marie Nol —

Clap de fin du cycle de décolonisation et émergence d’un nouveau cycle de recolonisation par la puissance technologique ?

À l’ère de l’intelligence artificielle et de l’hyperconnectivité, la domination coloniale d’un pays sur un autre pays ne passe plus nécessairement par l’occupation administrative territoriale visible comme auparavant, ni par la présence massive de troupes militaires au sol, mais par la maîtrise des technologies capables d’anticiper, de surveiller, de cibler et de frapper avec une précision chirurgicale. La guerre du type de l’ex domination coloniale change de nature, et avec elle l’équilibre du pouvoir mondial. Dans ce nouvel environnement stratégique, la technologie devient l’arme décisive d’une forme contemporaine de recolonisation, où la supériorité algorithmique et la maîtrise des systèmes d’armes avancés permettent à certaines grandes puissances d’imposer leur volonté à distance, sans administration directe pour exploiter les ressources minières ou encore un simple contrôle géostratégique , mais avec une efficacité redoutable du fait de la  supériorité écrasante de la maîtrise technologique . C’est le cas aujourd’hui du Venezuela et demain de l’Iran et de Cuba. Ce sont des exemples parmi d’autres qui éclairent ce qui pourrait se généraliser à l’avenir dans les prochaines décennies qui s’ouvrent sur un monde trouble et dangereux.

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