Catégorie : Echos d’éco

Justice fiscale : 13 335 millionnaires échappent à l’impôt sur le revenu

Une note interne du ministère de l’Économie et des Finances vient raviver avec intensité le débat sur la contribution fiscale des plus grandes fortunes françaises. Les chiffres, transmis aux présidents de la commission des finances du Sénat et révélés par Le Monde, sont sans équivoque : en 2024, 18 525 foyers disposant d’un patrimoine immobilier taxable d’au moins 1,3 million d’euros n’ont acquitté aucun impôt sur le revenu.

Après retraitement des données — exclusion des contribuables décédés en cours d’année et de ceux qui ne sont pas résidents fiscaux en France — 13 335 ménages très fortunés demeurent dans cette situation. Autrement dit, plus de treize mille foyers appartenant aux 0,5 % les plus riches en patrimoine immobilier ne paient pas d’impôt sur le revenu.

Un chiffre qui tranche le débat politique

Ces révélations donnent un relief particulier aux déclarations faites en janvier par l’ancien ministre de l’Économie Eric Lombard. Celui-ci avait affirmé que « des milliers » de contribuables parmi les plus fortunés affichaient un revenu fiscal de référence nul, et échappaient ainsi à l’impôt sur le revenu.

Ses propos avaient immédiatement été contestés par Amélie de Montchalin, alors ministre chargée des Comptes publics, qui assurait qu’aucun document officiel ne corroborait l’existence de « dizaines de milliers » de cas similaires.

→   Lire Plus

La Chine, moteur de la décarbonation des économies du Sud

— Par Mary-Françoise Renard (*) —

De la coopération Sud-Sud aux obligations “pandas”, Pékin transforme la transition énergétique en levier d’influence géopolitique. Derrière les panneaux solaires et les batteries, c’est un projet de leadership mondial qui se dessine.

L’image d’une alliance entre grands pays du Sud global lors de la rencontre Xi Jinping, Vladimir Poutine et Narendra Modi pendant la réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Tianjin en septembre 2025, est un message aux pays du monde occidental : il existe une alternative au multilatéralisme. L’importante délégation chinoise à la COP 30 en novembre 2025, au Brésil, et l’organisation dans ce cadre, d’un évènement sur la coopération Sud-Sud relatif au climat, illustre l’un des principaux vecteurs de cette coopération. La Chine est devenue le premier investisseur mondial dans les énergies renouvelables.

Cette stratégie vise à servir l’ambition chinoise de devenir la première puissance économique mondiale en 2049. Elle doit notamment lui permettre de jouer un rôle majeur dans la définition des normes et des standards internationaux.

Une stratégie offensive pour concurrencer l’Occident

L’affaiblissement des économies occidentales lors de la crise financière de 2007 a été concomitante de la volonté des pays du Sud de monter en puissance dans la gouvernance mondiale.

→   Lire Plus

La classe moyenne antillaise en sursis ?

Chronique d’une mort à  petit feu, annoncée comme vraisemblable, de la classe moyenne antillaise ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le spectre du déclassement hante désormais une grande partie des sociétés occidentales, et la France hexagonale en offre l’illustration la plus commentée. Depuis plusieurs années, la classe moyenne y est décrite comme fragilisée, prise en étau entre une pression fiscale accrue, une stagnation des revenus intermédiaires et une hausse continue des dépenses contraintes. D’après le chroniqueur et écrivain Martial You dans son ouvrage – » Les dindons – Comment on vole les classes moyennes « –

Dindons :  » « le mot n’est pas plaisant, ni flatteur. Il est lucide. Il est rageur. Les classes moyennes sont-elles condamnées à la nostalgie d’une époque définitivement perdue ? Pas forcément , mais le risque est réel .

Depuis 1981 et l’élection de François Mitterrand, on vole les classes moyennes… parfois avec les meilleures intentions du monde !

Chaque décision a affaibli leur poids dans la société et leur pouvoir d’achat.

Rien ne leur a été épargné : réduction du temps de travail, dévalorisation des diplômes, éloignement des grands centres-villes, abonnements multiples (téléphone, internet, voiture…) qui grèvent le budget, piège des réseaux sociaux qui radicalisent les opinions…

Au fil du temps, les classes moyennes, qui avaient forgé la France des Trente Glorieuses, sont devenues les DINDONS de l’Histoire.»

→   Lire Plus

Entre Dépendance et Transition

Quel est le véritable impact de l’économie sur l’équilibre du fonctionnement de la société antillaise ?

—Par Jean-Marie Nol —

L’économie n’est pas une abstraction réservée aux spécialistes ; elle constitue la trame invisible qui structure la vie quotidienne des Guadeloupéens et Martiniquais . Derrière chaque emploi, chaque commerce, chaque décision publique, chaque projet familial, se déploie un ensemble d’échanges, de productions et de consommations qui forment l’ossature de la société antillaise . Comprendre l’économie, ce n’est pas seulement manier des chiffres ou des indicateurs ; c’est saisir la manière dont une communauté organise l’usage de ses ressources rares pour répondre à ses besoins essentiels et construire son avenir collectif. En Guadeloupe, cette réalité prend une dimension particulière, tant l’économie influence directement le fonctionnement social, les équilibres territoriaux et la cohésion culturelle même du corps social.

L’économie encadre d’abord nos choix individuels. Le niveau des salaires, le coût de la vie, l’inflation, les taux d’intérêt ou encore la fiscalité déterminent les décisions en matière de consommation, d’épargne, d’investissement ou de formation. Lorsqu’un ménage guadeloupéen arbitre entre l’achat d’un bien, le financement d’un logement ou le départ d’un enfant pour des études en Hexagone, il agit dans un cadre façonné par des paramètres économiques globaux.

→   Lire Plus

Municipales 2026 : l’enjeu caché de l’économie communale

La myopie antillaise face aux enjeux économiques et financiers de l’élection municipale.

— Par Jean-Marie Nol —

À l’approche des élections municipales de mars 2026, la Guadeloupe et la Martinique se préparent, une fois encore, à une séquence politique intense, rythmée par les promesses, les invectives et les professions de foi de candidats assurés d’être les seuls à pouvoir résoudre l’ensemble des difficultés quotidiennes de la population. Le hic , c’est que la fête est finie , et que nous sommes à l’aube de la rigueur voire de l’austérité. Thierry Breton

l’ex-commissaire européen estime que tous les avantages sociaux obtenus en France ont été payés par la dette. Par exemple, la France s’est «payé» la retraite à 60 ans, ou encore la 5e semaine de congés payés, grâce à l’endettement public. Comme à chaque scrutin local, le discours dominant repose sur une idée profondément ancrée : celle selon laquelle le pouvoir d’agir sur la société, l’économie, la sécurité et même l’avenir du territoire serait presque exclusivement concentré entre les mains des élus municipaux. Tout cela est démenti par les faits. Cette croyance, largement partagée, relève pourtant d’une illusion persistante, voire d’une forme de forfaiture intellectuelle, tant elle occulte la complexité réelle des mécanismes économiques et sociaux à l’œuvre, ainsi que la responsabilité collective des citoyens eux-mêmes.

→   Lire Plus

Vie chère en Martinique : des causes structurelles au cœur des écarts de prix

Saisie par le gouvernement au début de l’année 2025 dans un contexte de tensions sociales liées à la vie chère, l’Autorité de la concurrence a rendu, le 10 février, un avis très attendu sur les prix et les marges dans la grande distribution alimentaire en Martinique. Le constat demeure sévère : les produits alimentaires y sont en moyenne 40 % plus chers que dans l’Hexagone, un écart qui tend à se creuser depuis plus d’une décennie.

Selon l’Autorité, cette situation ne peut être réduite à la seule question des marges des distributeurs. Elle met en avant des causes multiples et profondément structurelles. L’économie martiniquaise repose en grande partie sur les importations, notamment depuis la métropole, d’où proviennent environ 80 % des produits alimentaires. À cette dépendance s’ajoutent l’étroitesse du marché local, la concentration des acteurs à chaque étape de la chaîne logistique, ainsi que le poids de la fiscalité spécifique (TVA et octroi de mer).

Lire aussi : Hayot, leader martiniquais de la grande distribution devenu le nom de la vie chère en outre-mer

Les « frais d’approche » – c’est-à-dire l’ensemble des coûts liés à l’acheminement des marchandises, du port de départ jusqu’aux rayons des magasins – jouent un rôle déterminant.

→   Lire Plus

Municipales : l’angle mort économique

Les véritables raisons de s’inquiéter pour les guadeloupéens et Martiniquais de l’avenir qui s’annonce périlleux ?

— Par Jean-Marie Nol —

À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, les Guadeloupéens s’apprêtent à choisir leurs édiles locaux dans un climat politique qui, paradoxalement, laisse de côté une question pourtant centrale : celle de l’avenir économique et financier de la France et de ses conséquences directes sur la Guadeloupe. La campagne électorale, officiellement ouverte début mars, se focalise sur des enjeux de proximité, des promesses de gestion communale et des rivalités de personnes, sans jamais réellement interroger la future trajectoire globale du pays auquel la Guadeloupe est institutionnellement, financièrement et socialement arrimée. Or, pour un territoire ultramarin largement dépendant des subventions publiques, des transferts publics et sociaux , de la solidarité nationale et des choix budgétaires de l’État, l’évolution de la situation française devrait constituer une préoccupation majeure, tant pour la classe politique locale que pour les électeurs. À l’aune de ces élections municipales , les Guadeloupéens s’apprêtent à choisir leurs édiles locaux dans un contexte qui ne peut plus être analysé uniquement à l’aune des problématiques communales.

→   Lire Plus

Préemption des emplois ou échec du modèle économique antillais ?

Comment et pourquoi l’IA va-t-elle bouleverser l’économie et impacter l’emploi, voire profondément influencer l’avenir des compétences professionnelles en Guadeloupe et Martinique, en raison de l’absence d’anticipation politique ?

— Par Jean-Marie Nol —

Aux Antilles françaises, et plus particulièrement en Guadeloupe et en Martinique, le débat sur l’emploi est devenu un révélateur brutal de la querelle identitaire et des déséquilibres structurels qui minent ces économies depuis des décennies. À mesure que les difficultés d’insertion des jeunes générations s’aggravent, une colère sourde s’exprime contre ce qui est perçu comme une préemption et une occupation croissante des emplois disponibles par des travailleurs et des cadres venus de France hexagonale. Même l’État français en  tant qu’employeur,  est fréquemment accusé de préférer recruter des « métros » aux postes à responsabilité. Ce ressentiment, souvent interprété comme un simple rejet de l’« extérieur qui envahit nos territoires», masque pourtant une réalité plus profonde et plus dérangeante : l’inadéquation persistante entre les formations dispensées localement, les compétences réellement disponibles sur le territoire et les besoins d’un marché du travail en pleine mutation technologique. Le recrutement de personnes originaires de l’Hexagone aux postes d’encadrement du secteur privé et public outre-mer est fréquemment justifié par leurs qualifications : les personnes nées et instruites dans les DOM ayant des niveaux de diplômes et de compétences en moyenne inférieurs, elles ne seraient pas en mesure de répondre aux besoins en main-d’œuvre qualifiée du secteur privé et public.

→   Lire Plus

Climat, alimentation : pourquoi les supermarchés français décrochent

Un retard structurel des supermarchés français face aux exigences climatiques et alimentaires européennes

— Par Jean Samblé —

La grande distribution occupe une position stratégique au cœur du système alimentaire européen. En tant qu’intermédiaire entre producteurs et consommateurs, elle influence non seulement les pratiques agricoles et industrielles, mais aussi les habitudes alimentaires de millions de citoyens. À ce titre, les supermarchés disposent d’un levier considérable pour contribuer à la lutte contre le changement climatique et à la transition vers des régimes alimentaires plus durables. Pourtant, les résultats de l’étude Superlist Environment Europe révèlent une situation préoccupante pour les enseignes françaises, qui apparaissent globalement en retard par rapport à leurs homologues européens.

L’étude, menée par le think tank néerlandais Questionmark en partenariat avec plusieurs organisations environnementales, compare 27 grandes enseignes issues de huit pays européens selon deux critères principaux : l’alignement de leurs plans climat avec les objectifs de l’Accord de Paris et leur capacité à orienter leurs ventes de protéines vers davantage d’aliments d’origine végétale. Cette double approche permet d’évaluer non seulement les engagements affichés, mais aussi la cohérence des stratégies mises en place pour réduire l’empreinte carbone du secteur alimentaire.

→   Lire Plus

🧺🎭 Ti marché bò kay : proximité et saveurs locales à Saint-Joseph

🧺🎭 Ti marché bò kay : proximité et saveurs locales à Saint-Joseph

En février, le Ti marché bò kay s’invite au cœur des quartiers de Saint-Joseph pour aller à la rencontre des habitants.
Tout au long du mois, ce marché de proximité fera plusieurs haltes dans la commune, dans une ambiance chaleureuse et conviviale.

Portée par la direction du service économique et de l’attractivité de la ville, en partenariat avec les commerçants et artisans participants, cette édition spéciale prendra les couleurs du carnaval.

🍍🥩👗 Des produits locaux et de la diversité

Autour des différents stands, le public pourra s’approvisionner en :

fruits et légumes,
grillades et produits de boucherie,
pâtisseries,
vêtements et accessoires.

Un véritable ti marché aux saveurs locales, mêlant gastronomie, artisanat et esprit festif.

📅 Le programme

→   Lire Plus

Voies et Perspectives de développement des sociétés contemporaines

— Par Nestor Radjour, économiste et mathématicien —

Téléchargement du document en bas de page

1. Le modèle standard des sociétés et ses bifurcations d’évolution

2. Le développement et ses logiques

a) Les pays développés et leur logique de développement

b) Les pays non développés et leur logique de développement

3. Les perspectives actuelles d’évolution sociétale

a) Le nouveau complexe technique : Automatisme, intelligence artificielle et globalisation

b) Des Gouvernances d’alternatives capitalistes

4. La Problématique du développement des PRD

a) Les handicaps de développement des PRD2

b) Les voies de développement du Tiers-monde.

(1) S’unir pour se libérer de la dépendance.

(2) Changer les mentalités populaires pour moderniser le Tiers-monde

(3) Maitriser les sciences et les techniques, pour s’industrialiser et se préserver

(4) Adopter de nouvelles modalités de l’économie

Le développement est une dynamique d’amélioration des conditions de vie et d’évolution des sociétés qui s’inscrit dans l’histoire de l’humanité et dont l’architecture est depuis restée invariante. Dès l’origine, pour se protéger de leurs prédateurs et mieux satisfaire leurs besoins, les êtres humains vivent en société, laquelle organise le vivre ensemble à partir de l’économie, la production et la répartition des « richesses » nécessaires à la satisfaction des besoins, son substrat.

→   Lire Plus

Adhésion de la Martinique à la CARICOM

Analyse prospective des Enjeux historiques, économiques et géopolitiques de l’Intégration régionale (2025-2035)

— Par Justin Daniel (*) —

L’adhésion de la Martinique à la Communauté des Caraïbes (CARICOM) en tant que membre associé, officialisée le 20 février 2025 à Bridgetown (Barbade), marque un tournant dans l’histoire des collectivités françaises d’Amérique (CFA). L’accord signé par le président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM), Serge Letchimy, et par la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, ne se limite pas à une simple formalité diplomatique ou à une victoire symbolique. Il marque le point culminant d’une stratégie de «diplomatie territoriale» élaborée sur plus de deux décennies et visant à sortir la Martinique de son isolement régional pour la réintégrer dans son «bassin maritime transfrontalier». Malgré l’élan politique et les discours sur la «fraternité caribéenne», des obstacles techniques, juridiques et économiques d’une ampleur intimidante se dressent. La Martinique, région ultrapériphérique (RUP) de l’Union européenne, tente ici une manœuvre inédite : concilier son appartenance verticale à l’ensemble juridique et économique européen avec une intégration horizontale dans l’espace caribéen.

→   Lire Plus

Loi sur l’exploitation des hydrocarbures en outre-mer

« Pour la Guyane, ce serait moins un levier d’émancipation qu’une nouvelle forme de dépendance »

Une ribune collective  a été publiée dans Le Monde le 28 janvier 2026, signée par des responsables d’ONG environnementales, de collectifs citoyens et de représentants des peuples autochtones. Elle s’inscrit dans le débat parlementaire autour d’une proposition de loi examinée au Sénat le 29 janvier 2026, visant à lever l’interdiction de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures dans les territoires d’outre-mer, interdiction issue de la loi Hulot de 2017.

Les auteurs dénoncent une proposition de loi qui, sous couvert de développement économique, reproduirait des logiques extractivistes anciennes, renforçant la dépendance économique et politique de la Guyane et des autres territoires ultramarins, au détriment de l’environnement, de la démocratie locale et de la transition écologique.

  1. Un mirage économique

    • Les gisements pétroliers en Guyane sont hypothétiques, comme l’a montré l’échec des explorations de TotalEnergies en 2019.

    • Les bénéfices annoncés sont jugés largement surestimés et mal répartis : la Guyane supporterait les risques environnementaux pour une part marginale des recettes fiscales (environ 6 %).

→   Lire Plus

La Martinique sur la voie de la CARICOM

Chronique d’une adhésion historique et stratégique

— Par Jean Samblé —

L’adhésion de la Martinique à la Communauté des Caraïbes (CARICOM) constitue l’une des évolutions géopolitiques et institutionnelles les plus marquantes de son histoire contemporaine. Elle est l’aboutissement d’un long cheminement, à la fois juridique, diplomatique et politique, qui traduit une volonté affirmée de réinscrire pleinement le territoire dans son environnement caribéen naturel, longtemps tenu à distance par les héritages coloniaux et les cadres institutionnels européens.

Un processus engagé de longue date

Dès 2012, la France donne son feu vert à la demande de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM) visant à engager un rapprochement formel avec la CARICOM. Cette autorisation marque un premier tournant, reconnaissant la légitimité pour un territoire ultramarin français de renforcer son intégration régionale. Toutefois, la démarche s’annonce complexe. La CARICOM, créée par le traité de Chaguaramas en 1973, est une organisation intergouvernementale dont les membres à part entière sont exclusivement des États souverains. La Martinique, territoire non indépendant, ne peut donc prétendre qu’au statut de membre associé.

Ce statut spécifique, déjà accordé à d’autres territoires non souverains de la région, permet une participation active aux travaux de la communauté sans remise en cause de l’ordre institutionnel existant.

→   Lire Plus

Antilles-Guyane : le pari Mercosur

Pourquoi l’accord du Mercosur est une chance à saisir pour le développement économique des Antilles-Guyane ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’accord d’association entre l’Union européenne et le Mercosur, longtemps perçu en France hexagonale comme une menace pour certaines filières agricoles traditionnelles, pourrait paradoxalement constituer une opportunité stratégique majeure pour la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane, à condition d’en changer radicalement la lecture et l’usage économique. Dans ces territoires ultramarins, où le modèle économique hérité de la départementalisation repose historiquement sur l’importation massive de biens, la production agricole ainsi que la consommation subventionnée et un secteur tertiaire hypertrophié, l’ouverture commerciale avec l’Amérique du Sud peut devenir le levier d’un basculement vers un nouveau modèle économique productif fondé sur la transformation industrielle locale et la création de valeur ajoutée.
Le Mercosur regroupe des puissances agricoles mondiales, au premier rang desquelles le Brésil et l’Argentine, capables de produire en quantité et à des coûts très compétitifs des matières premières agricoles. L’accord conclu avec l’Union européenne, aujourd’hui en attente de ratification définitive assortie d’un protocole environnemental sur les normes , prévoit une suppression progressive de la quasi-totalité des droits de douane entre les deux blocs.

→   Lire Plus

Clap de fin pour le modèle économique et social de la départementalisation ?

— Par Jean-Marie Nol —

Nous sommes à un point de bascule avec le changement de paradigme économique induit par le nouvel ordre mondial et l’intelligence artificielle, avec pour voie de conséquence la remise en cause du modèle  de la départementalisation en corrélation avec le changement statutaire.

La Guadeloupe et la Martinique se trouvent aujourd’hui à la croisée de plusieurs ruptures historiques qui, mises bout à bout, annoncent la fin progressive d’un modèle économique hérité de la départementalisation et l’entrée, contrainte plus que choisie, dans un nouveau paradigme façonné par la révolution numérique et l’intelligence artificielle. L’Intelligence Artificielle va bouleverser le socle du financement du modèle social de la départementalisation en Guadeloupe, mais personne n’ose encore parler. C’est le modèle économique et social de la Guadeloupe et de la Martinique qui est menacé dans ses fondements. L’intelligence artificielle est en train de s’imposer en Guadeloupe et Martinique dans beaucoup d’activités en modifiant profondément l’organisation du travail, mais l’IA va aussi nous obliger à changer profondément la fiscalité, ce dont personne ne parle. L’arrivée très rapide de l’intelligence artificielle dans les entreprises, les services de l’administration et la vie quotidienne a déjà alimenté une multitude de débats sur les mutations que cette technologie va entraîner dont l’apparition d’une nouvelle économie et une rupture de notre actuel modèle économique :

 l’économie repose aujourd’hui sur un contrat simple — on échange son travail, mental ou physique, contre un salaire.

→   Lire Plus

Vieillissement, dette et dépendance : les vrais défis des Antilles

Des effets pervers de la dangereuse fuite en avant des élus dans l’exercice des compétences locales ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’idée d’une autonomie accrue pour la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane revient avec insistance dans le débat public, portée par des discours identitaires ou présentée comme une réponse aux blocages du modèle actuel de départementalisation . Pourtant, cette revendication se heurte à une réalité beaucoup plus brutale : celle de territoires déjà en grande difficulté dans l’exercice même des compétences dont ils disposent aujourd’hui. Poser la question d’un élargissement des pouvoirs locaux sans avoir préalablement réglé les dysfonctionnements structurels de la gouvernance, de l’économie et des finances publiques relève moins d’une stratégie de développement que d’une fuite en avant.

Les Antilles françaises ne traversent plus une simple zone de turbulences conjoncturelles. Elles sont engagées dans un basculement structurel profond, marqué par l’épuisement d’un modèle économique fondé sur la consommation, les transferts sociaux et la dépendance à la commande publique. La perspective d’une récession sévère à partir de 2028, dans un contexte d’austérité budgétaire inévitable en France, n’est plus une hypothèse théorique.

→   Lire Plus

53 milliardaires français possèdent plus de richesses que 32 millions de Français

Rapport Oxfam 2026 : l’ascension des milliardaires menace la démocratie mondiale

Dans son rapport publié le 19 janvier 2026, Oxfam dresse un constat alarmant : jamais les inégalités économiques et politiques n’ont atteint un tel niveau. Intitulé « Résister au règne des plus riches : défendre la liberté contre le pouvoir des milliardaires », le document montre comment l’explosion de l’ultra-richesse nourrit la pauvreté, affaiblit les États et met en danger les fondements mêmes de la démocratie.

Une concentration de richesses sans précédent

L’année 2025 marque un tournant historique. Pour la première fois, le monde compte plus de 3 000 milliardaires, dont la fortune cumulée atteint 18 300 milliards de dollars, un record absolu. En un an, leur patrimoine a progressé de 16 %, soit 2 500 milliards de dollars supplémentaires, une augmentation trois fois plus rapide que durant les cinq années précédentes. Cette somme colossale équivaut presque à la richesse détenue par la moitié la plus pauvre de l’humanité, soit plus de quatre milliards de personnes.

Oxfam souligne un chiffre particulièrement frappant : les 12 personnes les plus riches du monde possèdent à elles seules davantage que la moitié la plus pauvre de la population mondiale.

→   Lire Plus

La dette comme impensé politique : chronique d’une austérité annoncée

L’outre-mer sur la sellette avec la politique budgétaire de l’État qui préfigure d’ores et déjà en 2028 une violente crise d’austérité pour la Guadeloupe et la Martinique.

— Par Jean-Marie Nol —

Le budget actuellement débattu apparaît moins comme un exercice de redressement des finances publiques que comme un budget de renoncements successifs, révélateur d’une incapacité persistante de l’État à se projeter au-delà de l’urgence politique immédiate. Derrière l’affichage d’une trajectoire de déficit prétendument maîtrisée et la répétition incantatoire de l’objectif de retour sous la barre des 5 % du PIB, se dessine une réalité beaucoup plus préoccupante : celle d’un pays qui ne prépare en rien le choc budgétaire désormais inévitable à partir de 2028, faute d’économies structurelles, de réformes de fond et surtout d’une stratégie crédible de désendettement.

La question de la dette publique est traitée comme un sujet périphérique alors qu’elle constitue le cœur du problème. En dépit des engagements pris dans le cadre du nouveau traité européen, le gouvernement n’a apporté aucune démonstration tangible de sa capacité à inverser durablement la dynamique de l’endettement. Les choix opérés privilégient une opération de compromis et une logique d’équilibre politique à court terme : renoncement à certaines recettes fiscales pour éviter la censure, maintien ou extension de dépenses sociales significatives, et recours à des mesures temporaires comme la surtaxe ciblant un nombre limité de grandes entreprises, érigée en variable d’ajustement commode mais insuffisante.

→   Lire Plus

Le néolibéralisme contre le lien social

Comment l’égoïsme et l’individualisme inhérent au modèle économique du néo libéralisme fracture la société antillaise et la conduit désormais à une violence inarrêtable ?

— Par Jean-Marie Nol —

La société antillaise, et singulièrement la Guadeloupe, semble aujourd’hui engagée dans un processus de délitement profond dont la montée spectaculaire de la violence juvénile n’est que la manifestation la plus visible et la plus tragique. Les faits divers se succèdent à un rythme qui sidère autant qu’il inquiète : meurtres par arme à feu, règlements de comptes, banalisation de la mort violente dans des communes autrefois perçues comme paisibles. Le quatrième décès par balle enregistré dès les premières semaines de l’année en Guadeloupe n’est pas un accident de parcours, ni un simple échec ponctuel des politiques de sécurité publique. Il est le symptôme d’une rupture beaucoup plus profonde, enracinée dans les transformations économiques, sociales et morales imposées depuis plusieurs décennies par le modèle néolibéral français et sa déclinaison ultramarine.
Face à cette violence devenue structurelle, l’impuissance affichée de l’État et des élus locaux nourrit un sentiment de sidération collective. Pourtant, cette impuissance n’est pas seulement institutionnelle, elle est conceptuelle.

→   Lire Plus

L’imposture idéologique et méthodologique de l’économie mainstream

— Par Nestor Radjou, mathématicien et économiste —

Alors qu’il est indispensable de développer en Guyane l’esprit rationnel et critique, l’enseignement académique et les médias français imposent et enferment la pensée populaire guyanaise dans la vision dogmatique de l’économie mainstream, d’inspiration néolibérale (le modèle standard actuel en Occident). Pourtant, il existe d’autres approches de l’économie, que cette théorisation de l’économie au service du capitalisme libéral, dont le principal corollaire est la politique de l’offre et de la croissance. Or, pour industrialiser et développer la Guyane, il nous faut absolument changer nos grilles d’analyse et les adapter à notre contexte régional. Nous ne pouvons pas assimiler la production occidentale des connaissances sans nous questionner sur leurs fondements et leur adaptabilité à notre environnement. Dans cette perspective, et au vu des égoïsmes, des inégalités et des insécurités que nourrissent les politiques libérales mises en œuvre, nous ne pouvons pas nous dispenser d’une réflexion sur l’économie libérale et ses alternatives.

Tout d’abord, l’économie nous concerne tous et nous en sommes les principaux acteurs. Elle imprègne notre vie quotidienne et nous implique en tant que producteur, consommateur, salarié … et même comme électeur, puisqu’il s’agit toujours d’un choix de société, dont l’économie est le substrat.

→   Lire Plus

L’interrègne antillais

Un nouveau monde est entrain de naître aux Antilles : lignes de force, lignes de fracture ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le vieux monde de la départementalisation se meurt, un nouveau monde chaotique est entrain de naître , alors de fait , quelles sont les lignes de force du changement de paradigme du désengagement de l’État français en cours en Guadeloupe et Martinique ?

La Guadeloupe et la Martinique abordent l’année 2026 dans un climat de trouble profond et de violence , nourri par l’intuition diffuse que quelque chose d’essentiel sur le plan politique et sociétal est en train de se défaire dans l’ordre du monde. Longtemps, les sociétés antillaises ont vécu dans un cadre relativement stabilisé, protégées des grands soubresauts géopolitiques et économiques par la solidité des institutions françaises, par l’appartenance à l’Union européenne, par un modèle social généreux et par un niveau de vie sans équivalent dans la région caribéenne. Cette situation, héritée de la départementalisation, a permis d’assurer une relative paix sociale, d’élever les conditions matérielles d’existence et de contenir les fractures issues de l’histoire longue de l’esclavage et de la colonisation.

→   Lire Plus

Antilles et Guyane à l’heure du monde dur

Le nouvel ordre mondial qui se dessine devrait inciter les élus et intellectuels Antillo – guyanais à l’heure de nouveaux choix parmi les plus clairvoyants. 

— Par Jean-Marie Nol —

L’instauration d’un nouvel ordre mondial et la fin de la mondialisation telle qu’elle s’est structurée depuis la fin de la guerre froide n’ouvre pas une ère de souverainetés retrouvées, mais inaugure au contraire une phase de brutalisation des rapports de force où la puissance technologique, financière et militaire prime désormais sans fard sur le droit, les règles communes et les récits universalistes. Cette mutation affecte directement la France et surtout l’Union européenne, conçue pour un monde de compromis multilatéraux et de commerce pacifié, mais elle produit un effet encore plus déstabilisant dans ses marges ultramarines, en Guyane et aux Antilles françaises, où les anciens schémas de la décolonisation se heurtent frontalement à la réalité d’un retour des empires.

Le monde et particulièrement l’Europe traversent aujourd’hui un moment de bascule historique. Pour la première fois depuis 1945, les piliers qui ont fait son succès – la paix, la prospérité, la prévisibilité stratégique et la croyance dans le primat du droit – vacillent simultanément.

→   Lire Plus

Antilles françaises : l’avertissement vénézuélien

Le droit international est mort : alors quels enseignements tirer pour les Antilles françaises du retour de la politique du Big Stick des USA dans la caraïbe et notamment au Venezuela ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’intervention militaire américaine au Venezuela, annoncée comme une « attaque de grande envergure » ayant conduit à l’enlèvement du président Nicolas Maduro ainsi que de son épouse, marque un tournant brutal et sans ambiguïté dans la géopolitique régionale. Elle signe le retour assumé de la diplomatie de la force dans la Caraïbe, renouant avec une tradition interventionniste ancienne des États-Unis, théorisée au début du XXe siècle par Theodore Roosevelt sous le nom de politique du Big Stick autrement dit du « gros bâton » . Derrière les discours officiels invoquant la lutte contre le narcotrafic, la défense des droits humains ou la restauration de la démocratie, se dessine une réalité plus crue : celle du rapport de force, de la captation des ressources stratégiques et de la sécurisation des zones d’influence dans un monde redevenu ouvertement impérial, et surtout contrer l’influence chinoise dans la zone de l’Amérique du Sud .

→   Lire Plus

Guadeloupe et Martinique : La montée en puissance d’une classe moyenne

En 2026 , la surprenante résilience matérielle de la classe moyenne des Antilles à la crise ne doit pas être masquée par des considérations politiques et idéologiques.

— Par Jean-Marie Nol —

La montée en puissance de la classe moyenne en Guadeloupe et en Martinique depuis plusieurs décennies ne relève plus aujourd’hui d’un simple ressenti sociologique ni d’une construction intellectuelle défensive face aux crises contemporaines. Elle s’observe de manière concrète, mesurable et quotidienne dans les pratiques de consommation, les choix patrimoniaux et les comportements économiques des ménages. En dépit d’un discours dominant insistant sur l’inflation, la vie chère et l’essoufflement supposé du modèle départemental, les faits traduisent une réalité bien plus complexe et souvent dérangeante pour ceux qui ont fait de la dénonciation permanente du système un levier idéologique. Loin d’un effondrement social, la Guadeloupe et la Martinique donnent à voir l’existence d’un pouvoir d’achat réel, concentré mais suffisamment diffus pour structurer durablement la société antillaise autour d’une classe moyenne désormais centrale.

La consommation de champagne constitue à cet égard un indicateur emblématique. En 2025, plus de trois millions de bouteilles ont été importées sur les deux territoires, soit près de cinq bouteilles par habitant, plaçant la Guadeloupe et la Martinique en tête du palmarès mondial de la consommation proportionnelle de ce vin effervescent d’exception.

→   Lire Plus