Agression d’un militant – Frigide Barjot : “La violence vient d’abord de la loi Taubira”

— Par AFP —

«J’accuse Frigide Barjot  d’avoir libéré des pulsions violentes». Mise en cause, la porte-parole de la “Manif pour tous” a rejeté tout amalgame, tout en soulignant qu’il ne “fallait pas s’étonner”.
frigide_barjotDes représentants de la Manif pour tous, mis en cause notamment via les réseaux sociaux, ont rejeté jeudi tout lien avec les agresseurs de Clément Méric, jeune militant d’extrême gauche dans un état désespéré après une bagarre avec des skinheads mercredi à Paris. “La violence vient de deux groupuscules d’extrême gauche et d’extrême droite”, a réagi Frigide Barjot, ex-chef de file de la Manif pour tous, interrogée par l’AFP. Les agresseurs “n’étaient pas dans les manifs”, a-t-elle assuré, ajoutant que celles-ci étaient composées de “familles à poussettes”.

“La violence vient d’abord de la loi Taubira, a-t-elle fustigé, ça a levé un combat idéologique. Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des répercussions mortifères. Je le déplore totalement”, a ajouté Frigide Barjot, exprimant sa “compassion” pour les proches du jeune homme.
“Récupération” (Béatrice Bourges)

“Un groupe d’extrême droite (…) est au coeur de cet assassinat”, a déclaré le ministre de l’Intérieur Manuel Valls jeudi sur les lieux de la bagarre, tout en ajoutant que la rencontre entre les deux groupes antagonistes semblait “fortuite”. Interrogé sur un lien avec le mouvement des opposants au mariage pour tous, le ministre a répondu qu’il se méfiait “de tous les amalgames”. “Il y a parfois une parole qui s’est libérée, dans l’espace public, sur Internet”, a-t-il noté.

Sur Twitter, l’homme d’affaires Pierre Bergé, ardent défenseur du mariage homosexuel, a directement mis en cause la Manif pour tous : “Malgré tous ceux qui m’insultent, je le redis #lamanifpourtous a accepté dans ses rangs ces fachos qui ont tué Clément. À eux de réfléchir”, a-t-il écrit sur son compte Twitter jeudi matin.

 

Le Point.fr – Publié le 06/06/2013 à 13:43 – Modifié le 06/06/2013 à 14:00

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Dans le Figaro on peut lire :

«J’accuse Frigide Barjot  d’avoir libéré des pulsions violentes»

Après […]  Pierre Bergé, d’autres mises en cause des opposants au mariage homosexuel ont suivi. Toujours sur Twitter, la députée socialiste de l’Hérault Anne-Yvonne Le Dain a évoqué un «drame de l’imbécillité, de la haine des autres, de la bête immonde levée pendant les manifs antimariage pour tous». «J’accuse Frigide Barjot d’avoir libéré des pulsions violentes qui ont directement conduit à cette agression. Elle a ouvert la porte aux serpents, explique-t-elle au Lab. Quand elle promet du sang par exemple, il y a des manières de dire les choses qui ont été prononcées qui vont au-delà de ce qui est acceptable».

«Il est grand temps que celles et ceux qui ont récemment entretenu des discours de haine et de violence s’interrogent en conscience sur les conséquences que leurs propos peuvent avoir sur les esprits dérangés de fanatiques violents», écrit Europe Ecologie-Les Verts dans un communiqué. De son côté, le Parti de gauche réclame «la dissolution des groupes d’extrême droite qui multiplient les actes de violence à Paris et à travers le pays depuis plusieurs semaines», allusion aux incidents qui ont émaillé les derniers rassemblements des opposants au mariage pour tous.

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Quelques témoignages sur Libé :

Claire Cosquer, étudiante en quatrième année à Sciences-Po et militante à Solidaires, s’exprime pour le syndicat : «Clément est un ami, un camarade, qui s’est engagé au syndicat dès sa rentrée à Sciences-Po en septembre. Il était très engagé, a beaucoup milité contre l’homophobie, la transphobie et contre l’extrême droite. Il avait une double-appartenance à Solidaires et à l’Action antifasciste Paris-banlieue. On souhaite vraiment que sa disparition ne soit pas récupérée par tel ou tel parti ou mouvement politique.»

Samuel Lejoyeux est étudiant en première année, comme Clément, mais il ne le connaissaît pas personnellement. Pour lui, «c’est beaucoup plus qu’une simple mort. C’est toute la République qui est touchée et qui doit se mobiliser aujourd’hui. Ce n’est pas une bagarre entre deux groupes extrêmes qui a mal tourné, ce sont des gens qui sont venus pour l’agresser. Pour ces groupes fascistes, être violent et aller jusqu’à la mort, c’est leur façon de militer.»

Des membres d’Action antifasciste Paris et banlieue réunissent une conférence de presse informelle, dans une ruelle du XXe arrondissement. Ils ne veulent pas être filmés, ni dire leurs noms. «Ils savent très bien qui nous sommes», disent-ils pointant l’organisation des militants d’extrême droite qui «font un gros travail sur les réseaux sociaux pour nous connaître». Ils poursuivent : «c’est révélateur d’un climat, une victoire culturelle de l’extrême droite, de leurs idées.»

Sur l’agression, ils accusent des «skins d’extrême droite. Ce n’était pas un rassemblement politique, c’était des gens qui étaient partis acheter des vêtements, l’un deux a fini à la morgue. C’est un homme qui est tombé, un ami, un proche, un enfant d’une famille.» Et d’ajouter  «Ils ont généré une attaque politique qui aboutit à  un meurtre politique.»

«Notre façon de lui rendre hommage, c’est d’être fidèle à ce qu’il était, ont-ils répété. Il était libertaire, antifasciste, antisexiste». Ils s’insurgent contre la récupération et le traitement médiatique de l’affaire : «On est en train de salir Clément.»