En 2025, le régime de retraite de la fonction publique de l’État a versé 65,1 milliards d’euros (Md€) de prestations à deux millions de pensionnés, soit un septième des dépenses de retraite en France et environ 15% des dépenses du budget de l’État. À quoi correspondent ces dépenses ? Le point avec la Cour des comptes.
La Cour des comptes a publié, le 22 septembre 2026, un rapport sur le régime de retraite des fonctionnaires de l’État.
Les principaux paramètres alignés sur ceux du régime général
La Cour rappelle que, depuis 2003, la plupart des principaux paramètres du régime ont été progressivement alignés sur ceux du régime général : âge d’ouverture des droits, âge d’annulation de la décote, durée d’assurance requise pour une retraite à taux plein, taux de cotisation à la charge des salariés.
Toutefois, depuis 2019, le taux de prélèvement relevé à 11,31% pour les salariés du secteur privé, est légèrement supérieur à celui appliqué aux fonctionnaires demeuré à 11,1%. La Cour préconise un alignement complet du taux (pour des raisons d’équité) qui apporterait 140 millions d’euros (M€) de ressources supplémentaires à l’État.
Le mode de calcul du salaire de référence pour fixer le montant de la pension constitue la différence majeure entre les deux régimes :
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traitement indiciaire (hors primes) détenu depuis 6 mois au moins par le fonctionnaire lors de la cessation d’activité ;
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moyenne des salaires des 25 meilleures années de la carrière, pour les salariés du secteur privé.
En 2022, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a estimé qu’en moyenne, la pension des fonctionnaires serait supérieure de 1,5% en appliquant les règles du secteur privé plutôt que celles du régime des fonctionnaires (y compris le régime de retraite additionnelle).
Les particularités du régime de retraite des fonctionnaires de l’État
Selon le rapport, le régime de l’État est « difficilement » comparable avec le régime général pour les raisons suivantes :
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il s’agit d’un régime de retraite intégré, couvrant retraite de base et retraite complémentaire ;
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l’assiette de cotisation exclut une partie du salaire (les primes) ;
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le régime finance des dispositifs de solidarité (invalidité, départs anticipés, droits familiaux) ;
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le ratio démographique de 0,94 cotisant pour un retraité (de droit propre) est plus faible que celui du secteur privé (1,5 cotisant pour un retraité) à cause de l’embauche importante d’agents contractuels (et du changement de statut de La Poste et France Télécom).
Retraite des fonctionnaires : un déséquilibre démographique important ?
En bref
30 septembre 2025
Vers la création d’une caisse de retraite des fonctionnaires de l’État ?
Les retraites de l’État ne sont pas gérées par une caisse de retraite mais au sein du budget général de l’État à travers le « Compte d’affectations spéciales (CAS) pensions », qui retrace les flux financiers (principalement les cotisations salariales et les transferts inter-régimes) équilibrés par une contribution de l’État.
La Cour préconise depuis une dizaine d’années la création d’une caisse de retraite car elle considère que le service des retraites de l’État ne dispose ni de l’ensemble des missions d’une caisse de sécurité sociale ni d’une gouvernance adaptée.
En 2025, les contributions employeurs se sont élevées à 54,9 Md€ et les cotisations salariales à 7,5 Md€. La forte proportion des contributions employeurs s’explique par les particularités du régime de l’État.
La Cour plaide pour une clarification de la présentation des montants présentés dans le « CAS pensions« . En effet, elle estime que les dépenses suivantes devraient relever d’autres types de financement :
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les dépenses d’invalidité (0,4 Md€) ;
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les majorations de pension pour enfants (1,7 Md€) ;
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les dépenses liées aux départs anticipés propres à certaines professions (3,9 Md€) ;
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les dépenses dues au déséquilibre démographique plus prononcé du régime (22,1 Md€).
Au total, 28,1 Md€ ne correspondent pas à des dépenses de retraite à proprement parler. Ainsi pour 2025, la contribution employeur de l’État s’élèverait à 37,1 Md€ (contre 54,9 Md€).
Par : La Rédaction de Vie Publique
Publié le 29 septembre 2026
Temps de lecture 4 minutes

