Les Éditions ZÉMÈS (Haïti) et CIDIHCA (Canada) annoncent la parution, le 21 août 2026, du premier livre de la jurilinguistique haïtienne entièrement consacré à l’aménagement constitutionnel des deux langues officielles d’Haïti.
Co-écrit et dirigé par le linguiste-terminologue Robert Berrouët-Oriol —auteur d’un inaugural et ample « Plaidoyer »— cet ouvrage comprend également deux textes fondateurs.
Le premier texte a été élaboré par le juriste Alain Guillaume et le second article, du linguiste-aménagiste Louis-Jean Rousseau, est la référence théorique majeure du champ de l’aménagement linguistique.
Plaidoyer pour l’aménagement constitutionnel des deux langues officielles d’Haïti
Extrait
Promouvoir la vision constitutionnelle de l’aménagement simultané des deux langues officielles d’Haïti.
Promouvoir le BILINGUISME DE L’ÉQUITÉ DES DROITS LINGUISTIQUES de tous les locuteurs haïtiens.
La vision de l’aménagement du créole et du français dont nous faisons le plaidoyer trouve toute sa légitimité dès le « Préambule » de la Constitution de 1987 qui dispose que « Le peuple haïtien proclame la présente Constitution » dans une perspective républicaine et citoyenne, « Pour fortifier l’unité nationale, en éliminant toutes discriminations entre les populations des villes et des campagnes, par l’acceptation de la communauté de langues et de culture et par la reconnaissance du droit au progrès, à l’information, à l’éducation, à la santé, au travail et au loisir pour tous les citoyens. » Le segment « par l’acceptation de la communauté de langues et de culture » confirme la reconnaissance de notre patrimoine linguistique historique doté de deux langues, le créole et le français, et cette reconnaissance est consacrée par leur co-officialisation à l’article 5 du texte constitutionnel. Le choix du terme « communauté » sert à désigner la communauté nationale, donc la nation historiquement constituée, et l’emploi du pluriel au mot « langueS » confirme le constat que l’Assemblée constituante de 1987 a pris acte de la coexistence, certes inégalitaire, de nos deux langues au sein de la communauté nationale. La reconnaissance ainsi consacrée de notre patrimoine linguistique historique doté de deux langues, le créole et le français, induit une obligation : ce sont les deux langues, présentes de manière inégalitaire dans le corps social haïtien, qui doivent être simultanément aménagées. La simultanéité de l’aménagement de nos deux langues officielles trouve de la sorte ses fondements dans le texte constitutionnel qui, dans aucun de ses énoncés, ne préconise l’aménagement d’une seule langue au détriment d’une autre.
