Antilles : le coût du pétrole

— Déclaration de la CGTM —

Le représentant de l’État et le président de l’Observatoire des Prix des Marges et des Revenus (OPMR) ont décidé de réunir mardi 21 avril 2026 à la préfecture les membres de cette instance pour « une conférence sur la thématique de l’impact que le conflit du Moyen Orient aura directement sur le prix des produits pétroliers et des conséquences du conflit sur le prix des carburants aux Antilles ». Par « conflit au moyen Orient », il faut comprendre « la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran ». Quant aux conséquences, c’est l’augmentation des prix du pétrole et des carburants avec ses répercussions sur l’économie mondiale.

Le président de l’OPMR, avec l’appui des représentants de la SARA et d’autres intervenants, ont tenté de justifier l’évolution des prix que nous connaissons et les augmentations à venir. De son côté, en préambule de son intervention, le Secrétaire général de la CGTM a cité l’extrait d’un article de Pierre Cosnard publié dans « Le Monde de l’économie » du 3 août 2016 :

« Jean-François Hénin, le président de la petite compagnie pétrolière Maurel & Prom, l’avoue humblement : l’évolution des cours du pétrole, retombés mardi 2 août à 39 dollars par baril aux Etats-Unis, le laisse désemparé. « Les prix vont-ils finir par remonter ? Quand ? Est-ce qu’un grand conflit peut naître entre les États-Unis et le Moyen-Orient et les faire bouger ? Je n’arrive plus à y voir clair ».

Puis il a poursuivi en rappelant la responsabilité de l’État dans l’instauration en Martinique de l’Accord Interprofessionnel Pétrolier (AIP) appliqué du 21 juin 2008 au 30 avril 2020, et depuis le 1 mars 2022, de l’accord sur l’Indemnité de Précarité des Gérants (IPG) puisqu’il faut le rappeler, en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, les prix sont administrés.

L’AIP et l’IPG sont des accords qui font supporter une charge aux consommateurs afin de ne pas impacter les profits des compagnies pétrolières à la fin d’un contrat de location-gérance. Ce que précise l’article 1 de l’AIP signé le 2 avril 2008, mais également l’arrêté du 5 février 2014 relatif à la mise en œuvre du décret n° 2013-1314 du 27 décembre 2013 publié au JORF du 6 février 2014 : « 7.2. Pour les accords AIP en cours d’application à la date de publication du présent arrêté et sous réserve des conditions fixées au paragraphe suivant, une surcharge exceptionnelle d’un montant fixé par arrêté préfectoral dans chaque département est ajoutée à l’ensemble des coûts ».

Ainsi, l’AIP aurait coûté aux consommateurs près de 27 millions d’euros. Quant à l’IPG, qui a pris le relais de l’AIP, l’accord, d’une durée de 10 ans, a été signé le 18 février 2022 et est entré en application le 1er mars 2022. Les membres de l’OPMR ont été invités à en prendre connaissance … le 8 mars 2022.

AIP ou IPG, à aucun moment, l’Etat, qui parle toujours de … TRANSPARENCE, n’a associé ou informé

les associations de consommateurs, ou encore les membres de l’OPMR pour ce qui concerne l’IPG. Invité à communiquer le total des montants versés par la SARA chaque mois à l’association des gérants, le représentant de l’Etat a opposé un refus catégorique, se retranchant derrière « le secret des affaires ».

Cela n’a rien de surprenant, l’État est d’abord au service des riches, des possédants, et garant de leur

tranquillité pour leur permettre de continuer à racketter la population laborieuse. La hausse des prix des hydrocarbures ne résulte pas d’un simple hasard. Il est le fruit de calculs de cyniques défenseurs d’un système inique, le capitalisme, qui se construit sur les guerres, les destructions, la pollution, et répand la misère sur toute la planète, pour le plus grand bonheur d’une minorité de parasites. Toutes celles et tous ceux qui pâtissent de ce système ne doivent accorder aucun crédit à ceux qui, surtout dans les sphères officielles de l’État, justifient et couvrent cette politique.

Le 23 avril 2026

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Hausse des prix des carburants en Martinique : l’État couvre les Cies pétrolières

Après une augmentation des prix en avril 2026, une nouvelle est intervenue depuis le 1er mai 2026. Les prix des carburants étant administrés, c’est-à-dire fixés par l’administration préfectorale, le préfet a publié une note destinée selon lui à expliquer ces augmentations successives.

Dans un communiqué de presse de 3 pages daté du 29 avril 2026, le représentant de l’État justifie ainsi le nouveau niveau des prix à partir du 1er mai 2026 :

Ces hausses sont les conséquences de l’évolution des cours mondiaux dans un contexte de crise énergétique persistante

Alors que le conflit au Moyen-Orient se poursuit, la conjoncture énergétique mondiale reste fortement dégradée et maintient le prix des produits pétroliers à un niveau élevé partout dans le monde

Le représentant de l’État laisse ainsi croire qu’il y aurait une fatalité dans cette situation. Mardi 21 avril 2026, lors d’une réunion de l’Observatoire des Prix, des Marges et des Revenus (OPMR), la CGTM a demandé à l’État de communiquer le montant des versements effectués par la SARA au profit des gérants de stations-service du 21 juin 2008 au 30 avril 2020 dans le cadre de l’AIP, puis depuis le 1er mars 2022 dans le cadre de l’IPG. Refus catégorique de l’État qui s’est retranché derrière

le … « secret des affaires ». La CGTM a publié une déclaration le 23 avril 2026 qu’elle joint à la présente pour rappel. Accord Interprofessionnel Pétrolier (AIP) d’abord, Indemnité de Précarité (IPG) ensuite sont des

dispositifs mis en place avec l’accord de l’État pour transférer sur les consommateurs une charge que devraient assumer les compagnies pétrolières comme TOTALENERGIES, RUBIS et SOL. Les compagnies pétrolières gagnent doublement : sur la hausse des cours du brut, mais également du fait que l’indemnité de rupture des contrats de location-gérance n’impacte pas leurs profits colossaux.

Le représentant de l’État fait semblant d’être préoccupé par la situation et donne des conseils à la

population. Mais cette dernière n’a rien à attendre de cet individu. En réalité, son rôle est de défendre les intérêts des capitalistes, et dans la circonstance, ceux des compagnies pétrolières. Et donc « son appel à la responsabilité collective à tous les habitants du territoire », n’est qu’une formule hypocrite pour tenter d’occulter de quel côté se positionne l’État.

La CGTM

  • Dénonce l’instauration et l’application des protocoles instaurant, via l’AIP et l’IPG, « une surcharge exceptionnelle ajoutée à l’ensemble des coûts » qui renchérit le prix du carburant ;
  • Réclame à l’Etat l’arrêt des prélèvements par la SARA et la mise sous séquestre des sommes extorquées aux consommateurs.
  • Appelle les travailleurs, les privés d’emploi, les retraités, les béné¸ciaires de minima sociaux à exiger des hausses immédiates de leurs revenus chaque fois que les prix augmentent.

Confédération Générale du Travail de la Martinique Porte 2, Maison des Syndicats, Boulevard du Général de Gaulle, 97200, Fort de France Tél. : 0596 70 57 17 ; Télécopie : 0596 63 80 10 // Internet : http://www.cgt-martinique.fr // mèl : cgtm.972@orange.fr