136 search results for "Maryse Condé"

Aimé Césaire, un homme qui crie -Poèmes sur sept décennies

Traduction et choix des poèmes par Klaus LAABS

(Editions 2025 chez Matthes et Seitz (Berlin, Allemagne) Spécialistes de l’Afrique et des Caraïbes

Par Fernand Tiburce Fortuné —

Ce n’est pas la première traduction des poèmes d’Aimé Césaire en langue allemande. On en trouve déjà une en 1962, éditée à FRANKFURT et dont le titre n’est guère éloigné du titre originel : « Zurück ins Land der Geburt ». Alors que M. LAABS préfère « Notes, mémos, mémoires sur un retour au Pays ».

Klaus LAABS, né en 1953 à Berlin, est un traducteur littéraire, en particulier des œuvres de la littérature hispanoaméricaine, française et francophone des Caraïbes et d’Afrique. Parmi les auteurs traduits par lui figurent notamment José Lezama Lima, Reinaldo Arenas, Zoé Valdes, Alejandra Pizarnik et Daniel Maximin (de la Guadeloupe)

La couverture représente Césaire par Pablo Picasso.

Voici ce que l’on peut lire dans la présentation allemande :

« Cette édition la plus complète en langue allemande de l’œuvre lyrique d’Aimé Césaire témoigne de son long combat contre le colonialisme et le racisme et doit son incomparable richesse d’images et de langage au retour culturel à l’identité « noire ».

  Lire Plus

Le Festival Mois Kréyol — 9e édition : « Au-delà des mers au pluri’L »

— Par Sarha Fauré —

Une célébration vivante des cultures créoles et ultramarines

Depuis 2017, le Festival Mois Kréyol s’est imposé comme un rendez-vous incontournable des langues et des cultures créoles dans l’Hexagone et au-delà. Porté par la compagnie Difé Kako et sa directrice artistique, la chorégraphe guadeloupéenne Chantal Loïal, ce festival itinérant propose chaque automne un véritable tour d’horizon des expressions artistiques issues de l’Outre-mer et des mondes créolisés.

Né de la volonté de donner une visibilité accrue aux artistes ultramarins, le festival fédère aujourd’hui un large réseau de partenaires, de villes, de lieux culturels et de publics engagés autour d’un projet ambitieux et collectif. Il mêle spectacles, performances, projections, expositions et ateliers, dans une programmation riche, accessible et ouverte à toutes les générations.

Thème 2025 : « Au-delà des mers au pluri’L »

Pour sa neuvième édition, le Festival Mois Kréyol explore la mer comme symbole de lien, de traversée, d’échange et de métissage. Mers et océans relient les territoires, les mémoires et les peuples. Ils sont les vecteurs d’histoires partagées, de créations multiples, de savoirs en mouvement.

  Lire Plus

Quand les élites antillaises naviguent en eaux troubles…

— Par Jean-Marie Nol —

L’indigence et la décadence intellectuelle qui touche aujourd’hui à la marge les Antilles, notamment la Guadeloupe , est un phénomène préoccupant qui s’inscrit dans une tendance plus large affectant l’ensemble de l’humanité. Plusieurs études récentes menées dans les pays développés, notamment ceux de l’OCDE, révèlent que l’intelligence humaine est en déclin. Depuis une dizaine d’années, les capacités de compréhension, de raisonnement et de résolution de problèmes nouveaux diminuent sensiblement. Ce constat dépasse de loin les fluctuations politiques ou économiques : il reflète une transformation profonde du rapport au savoir, à l’éducation et à l’information. Les Antilles, bien que périphériques à la scène de la révolution technologique mondiale, ne sont pas épargnées par cette évolution inquiétante.

La transformation radicale des modes d’apprentissage, induite par la révolution numérique, la banalisation des réseaux sociaux et la perte de prestige des institutions éducatives, a altéré en profondeur le processus de construction intellectuelle. Le raisonnement structuré, pierre angulaire de toute pensée critique, est aujourd’hui en voie de disparition. Dans un tel contexte, les sociétés qui, comme la Guadeloupe et la Martinique, ne repensent pas leurs modèles éducatifs risquent l’effondrement intellectuel à moyen terme.

  Lire Plus

« Fanon » : un réalisateur face à l’intelligence de son spectateur

Impressions à vif sur le film Fanon de Jean-Claude Barny

— Par Jean-Durosier Desrivières —

Alors que la France et l’Algérie jouent à corde raide leurs relations diplomatiques en ces jours sombres d’un monde en compote, voilà que Fanon, le penseur anticolonialiste pro-algérien, surgit sur grand écran. Et je l’ai vu, Fanon. Je l’ai vu en avant-première. Je patientais en salle 8 pour ma séance, tandis qu’en salle 10, la plus grande du cinéma Madiana en Martinique, la diffusion d’une autre séance avait déjà débuté. Deux salles donc, pleines toutes les deux, pour un avant-goût de ce biografilm qui devrait marquer sans doute autant d’esprits que de cœurs. Déshabitué de voir, depuis quelque temps, une telle affluence dans une salle de cinéma du pays, j’étais donc très attentif à la nature du public : une belle mosaïque d’êtres vivants à travers laquelle la jeunesse se taillait une place de choix. Que ces têtes présentes aient lu Fanon ou non, qu’elles aient lu d’autres esprits parlant de lui ou non, ce n’est pas l’essentiel ici. L’essentiel ? Ce public face à l’affiche du film de Jean-Claude Barny à l’écran, impatient de découvrir l’intrigue.

  Lire Plus

« Les Révoltés du Monde », édition 2025

Du 3 au 12 avril 2025

Le Festival International du Film Documentaire de Martinique “Les Révoltés du Monde” vous invite, pour sa 9e édition qui aura lieu du 3 au 12 avril 2025  avec une sélection de 14 films inédits, à partager des moments de découverte et de réflexion autour d’initiatives citoyennes, de mouvements sociaux ou de luttes politiques en faveur de la liberté, de l’égalité et de la justice.

Le Festival sera l’occasion de croiser des portraits individuels, des groupes sociaux et des périodes de lutte qui montrent la circulation des résistances
dans l’espace et le temps. Aux origines, l’esclavage nous ouvre ainsi un nouveau chemin explorant la mémoire de la traite et de l’émancipation. Le combat pour la liberté et l’égalité a également été porté de manière plus radicale par Malcolm X aux Etats-Unis ou par MK, l’armée secrète de Mandela en Afrique du Sud, avec en arrière-plan une Afrique – Point chaud de la Guerre froide . Nouvelle-Calédonie : l’invraisemblable verdict donne une certaine profondeur à l’actualité du mouvement d’indépendance kanak en revenant sur le procès de l’assassinat d’indépendantistes kanaks en 1984.

  Lire Plus

Labadijou : un festival itinérant en Martinique

1er & 2 Février au Vauclin
— Dossier de presse —

Ce moment où le soleil se cache pour laisser place aux spectacles de la nuit…
Deux week-ends. Deux communes. Des spectacles. C’est l’histoire d’un festival itinérant partant à la rencontre de nouveaux publics.
Mylène Emica et Nelson-Rafaell Madel se rencontrent en 2003 au sein de l’option théâtre du lycée Schoelcher en Martinique. Durant plus de dix ans, leurs chemins se construisent en parallèle: Mylène est chargée de projet et développement culturel sur le festival culturel de la ville de Fort-de-France et directrice artistique de SeizeMètresCarrés une structure mettant en place des résidences artistiques ; quant à Nelson-Rafaell, il est comédien et metteur en scène de théâtre et dirige la compagnie Théâtre des Deux Saisons.
Tout au long de leurs parcours respectifs, et des projets menés, iels n’ont cessé.es de questionner le territoire Martinique à travers la Culture. Dès 2018, iels entament un échange sur la création d’un événement culturel en Martinique qui pourrait toucher des publics éloignés (dans tous les sens du terme) de la création artistique.

  Lire Plus

« Les nuits de la lecture » en Martinique : le programme

23, 24 & 25 janvier 2025

Organisées pour la quatrième année consécutive par le Centre national du livre (CNL) sur proposition du ministère de la Culture pour célébrer le plaisir de lire, les Nuits de la lecture reviennent du 23 au 26 janvier 2025, sur le thème « les patrimoines ».

Ce thème renvoie d’abord à la littérature de l’intime : au patrimoine que nous ont légué nos aïeux, à ce qui nous a été transmis, ou non, à travers les générations et que l’auteur choisit d’évoquer dans son œuvre.

Le patrimoine est aussi collectif et procède d’un héritage commun, qui se mesure à l’échelle d’un territoire, d’une nation et parfois, de l’humanité.

La littérature est à la fois une composante de ce patrimoine, et une manière de le rendre vivant. Elle nourrit le patrimoine culturel matériel, à travers la transmission de bibliothèques  exceptionnelles, et immatériel, façonnant aussi nos connaissances, nos représentations et nos savoir-faire. Un pan de la littérature et de ses écrivains peut devenir « patrimonial », et nos auteurs contemporains constitueront le patrimoine de demain.

Jeudi 23 janvier
Saint-Pierre
18h30 – 21h : L’association culturelle l’Art Gonds Tout annonce le vernissage de l’exposition Patrimoines en écho à la Nuit.

  Lire Plus

Festival Mois Kréyol : une célébration des cultures créoles avec Chantal Loïal

Jeudi 16 & Vendredi 17 janvier à Fort-deFrance et en communes

Le Festival Mois Kréyol, organisé par la compagnie Difé Kako, revient cette année avec une programmation riche et diversifiée. Ce festival, fondé par Chantal Loïal, a pour ambition de mettre en lumière les talents des artistes ultramarins et de favoriser une meilleure diffusion des cultures créoles, trop souvent méconnues.

Un festival né de la volonté de combattre les clichés

Chantal Loïal, passionnée de culture et de danse, a créé le festival Mois Kréyol pour pallier la faible visibilité des artistes des Outre-mer. Selon elle, les artistes ultramarins sont souvent ignorés dans les scènes culturelles, qu’elles soient hexagonales ou inter-antillaises. Cette absence de représentation alimente les clichés et limite l’accès des publics à la richesse culturelle des Outre-mer. Le festival vise donc à accroître cette visibilité, non seulement en France, mais également au sein des territoires ultramarins et à l’international.

Le festival répond également à un besoin de plus grande mixité du public, en proposant des événements où les cultures créoles sont au cœur des programmations. Il permet ainsi aux artistes ultramarins d’entrer en contact avec des programmateurs et des réseaux professionnels, tout en sensibilisant les publics hexagonaux à des réalités culturelles qu’ils connaissent peu.

  Lire Plus

Ciné Communes : le rendez-vous du film documentaire

Du mercredi 15 janvier au  samedi 25 janvier

Maryse Condé, La Liberté d’Ecrire
Stéphane Corréa – Bérénice Médias Corp., France Télévisions – 2024 – 52 min
L’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé, décédée le 2 avril 2024, a vu son œuvre ancrée dans l’histoire du colonialisme. Ce film est le voyage initiatique d’une jeune femme qui parcourt les Antilles, l’Europe, l’Afrique, à la recherche d’elle-même et qui, emportée par le vent de l’histoire, fait le douloureux apprentissage de la liberté : un voyage qui fera de Maryse Condé une immense dame de la littérature francophone.
BASSE-POINTE : Samedi 18 janvier à 17h00 à la Médiathèque
SAINT-PIERRE : Samedi 25 janvier à 19h00 à la Guinguette

Sous la Cendre, le Feu
Betty Raffaelli, Maurice Ferlet – Cinquillo Films, RANDEVU, Martinique La Ière – France Télévisions – 2024 – 52 min
Le film revient sur les mouvements sociaux de 1974… Parti des tra-vailleurs agricoles, il va finalement toucher tous les secteurs pro-fessionnels de la Martinique. Augmentation des salaires, arrêt de l’utilisation des pesticides, respect des travailleurs… la révolte va se transformer en grève générale. Elle se terminera en bain de sang avec la mort de deux manifestants.

  Lire Plus

Festival lang épi kilti kreyol 2025

—Édito de Chantal Loïal —
En 2017, je lance avec une petite équipe, le Festival Mois Kréyol, devenu un rendez-vous incontournable de toutes les cultures créoles, dans et au-delà de leurs frontières géographiques.
Huit ans plus tard, et malgré les tempêtes, notre engagement et notre détermination sont plus que jamais présents. Notre volonté de faire la promotion des artistes Outre-Atlantique, réunir artistes et associations culturelles autour d’un temps fort convivial, généreux, inventif et revendicatif est et restera le socle de ce festival.

Pour cette 8e édition, le festival rend hommage à Maryse Condé, écrivaine renommée et marraine du festival, et met en lumière la Guadeloupe et les rythmes des percussions du Gwoka.

Le Gwoka, véritable héritage africain de par ses tambours, appelés « Ka », s’étend aujourd’hui à l’ensemble de la société guadeloupéenne et est devenu un bien commun.

Surnommé par certains, « le poumon de l’âme Guadeloupéenne », il accompagne les moments de rencontres tels que certains rituels aux défunts, les manifestations politiques ou sociales et les carnavals. Plusieurs milliers de personnes le pratiquent assidûment chaque semaine dans les écoles et les associations de danses et de musique.

  Lire Plus

Le Salon du Livre Jeunesse Afro-Caribéen revient à Clichy les 30 novembre et 1er décembre 2024!

Organisé par l’association D’un Livre à l’Autre, le Salon du Livre Jeunesse Afro-Caribéen vous invite pour sa 10e édition sous le thème « L’enfance », un rendez-vous incontournable pour petits et grands. Durant tout un week-end, plongez dans un univers littéraire riche et varié, célébrant la créativité et la diversité de la culture afro-caribéenne au Lycée Auffray de Clichy.

Un voyage littéraire et culturel unique
Le Salon se veut une véritable exploration de la littérature jeunesse, à travers des histoires et récits venus d’Afrique et des Caraïbes. Au programme, une multitude d’activités gratuites : expositions, conférences, tables rondes, ateliers d’écriture, de lecture, spectacles de contes, et bien plus encore. Les visiteurs pourront découvrir des œuvres originales, rencontrer des auteurs et illustrateurs passionnés, et profiter d’une ambiance conviviale et familiale.

Une initiative pour la diversité et l’inclusion
Depuis sa création en 2008, l’association D’un Livre à l’Autre milite pour une meilleure représentation des héros issus de la diversité dans la littérature jeunesse. L’objectif ? Développer la confiance en soi des enfants, élargir leurs horizons et leur donner des modèles qui leur ressemblent.

  Lire Plus

Prix International de l’Invention Poétique 2024 : Palmarès de la 3ème édition

— Par Sarha Fauré —

La littérature haïtienne continue de briller sur la scène internationale, consolidant sa réputation avec de nombreux auteurs qui se distinguent par leurs œuvres exceptionnelles. Lors de la troisième édition du Prix International de l’Invention Poétique, organisée par l’association Balisaille en Martinique, Haïti a triomphé en remportant les deux catégories principales.

Le 11 mai 2024, l’association Balisaille a révélé les lauréats du prix lors de la clôture du Festival Mai Poésie. Dans la catégorie Langue Française, Witerwan Kenley Jean a été couronné pour son texte poignant intitulé « Nul oiseau ne viendra picoter nos tombes ». Originaire de Lascahobas, ce jeune écrivain-poète a exprimé une profonde joie et un sentiment d’accomplissement après avoir reçu cette reconnaissance. Il a décrit sa poésie comme une exploration des thèmes de la mort et de l’existence, qui a su toucher le cœur des jurés.

Dans la catégorie Langue Créole, Iléus Papillon a remporté le premier prix avec son texte « Adjeridan ». Papillon, un poète bien établi et auteur de plusieurs recueils de poèmes en créole tels que « Sèt priyè lari », a dédié ce prix à sa terre natale, Haïti, via sa page Facebook.

  Lire Plus

Colloque Caribbean Mundus : le programme

Les 23 et 24 mai 2024 sur le campus de Schœlcher
Les 25 mai 2024 au Domaine de la Pagerie des Trois-Ilets

Parce que le monde a déjà traversé de semblables marécages, nous traverserons cette nouvelle épreuve, nous atteindrons une autre rive où, au moins pour un temps, le même monde se fera plus juste, plus vigilant, plus fraternel. Non qu’il s’agisse d’un cycle, obéissant à une vision mécanique comme celle qui réédite les inépuisables frayeurs millénaristes d’invasions barbares et de grands remplacements. Il s’agit de la combativité de celles et ceux qui ne renoncent jamais à façonner la vie, à se charger du monde, à inventer l’avenir.

Nous habitons la Terre, Christiane Taubira.

Récemment renommée autour des grands axes de recherche portés par ses équipes (Pouvoir, Histoire, Environnement, Esclavage, Atlantique, Caraïbe), l’Unité Mixte de Recherche PHEEAC (UA, CNRS, UMR 8053) organise le symposium international Caribbean Mundus en collaboration avec le Centre de développement durable de l’Université de la Havane et de l’Université des West Indies. Cet évènement scientifique bénéficie des financements du programme de recherche et innovation de l’Union européenne H2020 Connected Worlds: The Caribbean, Origin of Modern World (ConnecCaribbean) par le biais de la convention Marie Sklodowska Curie Nº 823846.

  Lire Plus

3ème édition de Mai . Poésie

« Jamais deux sans trois ». D’accord, mais sans ignorer que le chemin du deux au trois est parfois semé d’embûches et d’obstacles qu’il faut avoir surmontés. Par chance ou par esprit de combativité, l’essentiel étant de ne pas perdre de vue ce qu’a justement clamé en son temps le poète Louis Aragon : « Rien n’est jamais acquis à l’homme »

C’est avec ce sentiment d’humilité que nous accueillons la troisième édition de notre

‘Maï. Poésie. Festival d’un genre majeur » dédiée à la mémoire de de UX légendes de nos terres unies par la mer : Maryse Condé et Edouard Clissant, Cette année, nous croyons pouvoir dire que le festival semble prêt à assumer son identité. Notre ambition est d’être en effet un événement¯lt qui convoque les poètes et les poétesses du monde entier à faire entendre la poésie sur tout le territoire de la Martinique pendant deux semaines.

A travers nos rubriques telles que « Poésie Commune » et « Apéro-poésie », nous clamons à haute et intelligible voix que si le public ne vient pas à la poésie, nous conduirons la poésie au public.

  Lire Plus

18e édition du Festival International « Lire et Dire pour le Plaisir »

Maryse Condé à l’honneur, du 22 avril au 4 mai en Martinique.

Un spectacle très émouvant et un très bel hommage à Maryse Condé. En gestation depuis plus d’un an, bien avant la mort de l’écrivaine, il s’articule autour d’un choix de textes suffisamment judicieux pour donner l’impression à qui n’a jamais lu Maryse Condé qu’il s’agit d’un seul et même écrit aux couleurs  plus ou moins autobiographiques, comme en témoignent des échanges avec le public après la représentation. Mais surtout Maryse Condé est présentée à la fois comme une femme qui parle des expériences des femmes et une écrivaine qui se trouve en marge, loin des normes établies. Bien que ces deux aspects semblent différents, elle explore à la fois l’histoire des femmes aux Antilles, ou des récits féminins, et exprime une méfiance envers les communautés enracinées dans leur propre territoire et culture. De passage en Martinique, elle déclarait il y a quelques années: « Nos racines sont là où nous vivons ».

Elles sont cinq sur scène venues d’horizons divers, variés, porteuses de cette quête altérité si chère à Maryse Condé et qu’elle place au fondement de nos identités.

  Lire Plus

Retour sur le parcours d’un éveilleur de consciences : René Ménil

Colloque Mardi 16 avril de 8h30 à 18h à Tropiques-Atrium

René Ménil
(…) J’ai porté mes lèvres aux lèvres du monde
Pour, comme un clairon
Faire retentir ce cri qu’entendront les plus sourds (…)

S.O.S René Ménil (1939

Tracées & Transmission

Un hommage à René Ménil a été rendu le 24 mars 2023, avec le concours de la Ville de Paris et de la CTM sous la forme d’un colloque qui s’est tenu dans l’Auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris.

Le 16 avril 2024, c’est sur ses terres martiniquaises que le philosophe, le poète et le militant anticolonialiste sera honoré à travers un nouveau cycle de conférences qui se tiendra à Tropiques Atrium à Fort-de-France.

Relire l’œuvre de René Ménil, la faire connaître aux jeunes générations (les lycéens, les étudiants), telle est l’ambition de ce rendez-vous.

BIOGRAPHIE

René Ménil est né officiellement le 15 février 1907 au Gros-Morne d’un père petit paysan, Charles-Louis Lentulus Ménil et de Marie Virginie Linconstant, couturière.
Il est décédé le 29 août 2004 à Sainte-Luce.
Jusqu’en 1920 – Il est élève à l’école primaire du Gros Morne
1920 à 1927 – Il fréquente le Lycée Schoelcher, où il passe le baccalauréat.

  Lire Plus

Le tortueux chemin de crête de la neuro-psychogénéalogie des Antillais  !

— Par Jean-Marie Nol, économiste —

La nouvelle science de la neuro-psychogénéalogie explore les liens entre les expériences passées de nos ancêtres et leur impact sur notre actuelle santé mentale, émotionnelle et comportementale. Dans le contexte des Antilles, notamment en Guadeloupe et en Martinique, où l’histoire est marquée par des événements traumatisants tels que l’extermination des Indiens Caraïbes, l’abomination du système esclavagiste et la dépossession de la personnalité du colonisé du fait de la colonisation, plusieurs raisons peuvent pousser à rechercher un lien de nature économique et anthropologique avec cette discipline de la neuro-psychogénéalogie.

Nous sommes bien en présence d’une transmission intergénérationnelle du trauma  dixit Frantz Fanon. La ligne de crête dangereusement précaire des non dits qui a longtemps forgé un relatif équilibre de la personnalité des membres de communautés aux Antilles est en fait une véritable bombe à retardement qui serait corrélée avec la crise économique en suspens pour les prochaines années. Aborder aujourd’hui les relations de l’individu et de la société, du point de vue sociologique, c’est entrer dans le domaine économique,car c’est bien l’économie qui façonne la configuration sociale de la société antillaise et les mentalités ainsi que les personnalités des individus.

  Lire Plus

« La coprésence de langues dans le roman antillais contemporain » par Anaïs Stampfli 

Anaïs Stampfli : La coprésence de langues dans le roman antillais contemporain, Berne, Éditions Peter Lang, 2020. Études romanes – Série : Modern French Identities, Volume 136

(Oxford, Bern, Berlin, Bruxelles, New York, Wien, 2020.  454 p., 1 ill. en couleurs)

Résumé

Le roman francophone est souvent considéré comme le lieu d’enjeux stratégiques concernant la coprésence d’usages de langues. À cet égard, les Antilles présentent une situation tout à fait originale dans laquelle une « cacophonie » pourrait être envisagée, pour ce qui est des oeuvres de Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant comme un moyen d’expression des différentes tensions (narratives, énonciatives ou linguistiques) qui habitent le texte. Cependant, d’autres auteurs tels qu’André et Simone Schwarz-Bart, Maryse Condé, Daniel Maximin et Ernest Pépin adoptent une autre approche. Bien que leur écriture soit influencée par une certaine culture créole, ils livrent une différente vision de l’identité linguistique antillaise.
Cet ouvrage analyse la structure linguistique du roman antillais francophone en prenant autant en compte les différents partis pris des auteurs que la réception. Nous proposons ici une mise en perspective de l’écriture en coprésence de langues en mettant en relation les oeuvres des auteurs antillais contemporains avec des tentatives antérieures de superposition de langues.

  Lire Plus

Genre, Négritude et Créolité en Caraïbe : « La parole des femmes »

— Par Myriam Moïse(*) —

Souvent laissée en marge de l’Histoire, les femmes caribéennes ont longtemps été dévalorisées, ignorées, ou effacées des discours hégémoniques et patriarcaux. Ce déni et cette incapacité à entendre les voix des femmes de la région ont été constamment dénoncés dans les travaux des théoriciennes et intellectuelles de la région. L’essai de Maryse Condé « La parole des femmes » publié en 1979 démontre l’urgence de l’époque s’agissant de faire entendre et réévaluer les voix de femmes dans la Caraïbe. En 1990, la théoricienne féministe trinidadienne Carole Boyce-Davies définit l’absence de voix féminine comme double : d’une part, l’absence de voix comme « absence historique du texte de la femme écrivain c’est à dire l’absence d’une position spécifiquement féminine sur des questions telles que l’esclavage, le colonialisme, la décolonisation, les droits des femmes et sur des questions sociales et culturelles plus directes », et d’autre part, l’absence de voix comme « le silence c’est-à-dire l’incapacité à exprimer une position ainsi que la construction de la femme comme silencieuse dans certains textes » (Out of the Kumbla).

  Lire Plus

Ki solisyon pou on lékòl an sevis a péyi Gwadloup ?

— Déclaration de l’UPLG sur l’école en Guadeloupe —

Sans perturbations significatives selon les médias et les responsables de l’éducation nationale en Guadeloupe, la rentrée scolaire 2023/2024 s’est faite en Guadeloupe. Plus de 88 000 élèves de 3 à 18 ans ou parfois plus ont rejoint les écoles maternelles et élémentaires, collèges et lycées de Guadeloupe. Avec un peu plus de 7 300 enseignants, le service public d’éducation est censé assurer un enseignement de qualité répondant aux espérances des familles et des enfants de Guadeloupe.

Après des années de dénonciation de l’échec scolaire, des manques de moyens, des fermetures de postes, de l’expatriation systématique des enseignants réussissant aux concours nationaux français, de l’arrivée massive d’enseignants non guadeloupéens venant pour certains surtout pour le dépaysement, du nombre d’enseignants guadeloupéens qui semblent désabusés devant les difficultés de l’école et des enfants, aujourd’hui, nous nous proposons de regarder les choses autrement.

L’échec de l’école en Guadeloupe est un fait reconnu non discutable. Cet échec a pour conséquence la mise à l’écart et la marginalisation de la majorité de la jeunesse qui, si elle ne trouve pas de solution alternative à la déshumanisation, se retrouve entrainée dans toutes les déviances ou emportée dans une nouvelle errance vers les banlieues européennes ou ailleurs sans espoir de retour.

  Lire Plus

Guadeloupe : l’avenir du Centre des arts, occupé, en question

Pointe-à-Pitre – Longtemps, le Centre des arts de Pointe-à-Pitre (CAC) a été l’emblème de la culture guadeloupéenne.

Resté vide pendant treize ans après l’arrêt de travaux de réfection, il est aujourd’hui occupé par un collectif d’artistes qui exigent sa rénovation urgente. 

Cet imposant bâtiment de 6 étages et 4.000 mètres carrés qui se dresse en plein centre-ville « était le coeur, le fleuron de la culture en Guadeloupe pendant trois décennies, des années 1970 aux années 1990« , se souvient Laurence Maquiaba, membre du Kolèktif Awtis Rézistans (collectif des artistes en résistance). 

Avec une trentaine d’autres, cette quadragénaire organisatrice de spectacles occupe les lieux depuis le 5 juillet 2021 pour « faire bouger les lignes« . Le chantier de la rénovation et de l’agrandissement du CAC était alors à l’arrêt « après des faillites d’entreprises« . 

Depuis, les murs de béton brut ont pris des couleurs, le silence de l’abandon a laissé place à la musique de la création.  

« On y a dormi pendant huit mois« , explique Laurence Maquiaba. Ateliers créatifs, spectacles de danse, théâtre, concerts, oeuvres picturales, sculptures, au total « 300 artistes environ, venus de différents pays, ont participé« , raconte l’artiste. 

  Lire Plus

La négritude, une construction qui ne repose sur rien ?

— Par Aimé Charles-Nicolas—

Une interview de Maryse Condé dans France Antilles a refait surface récemment sur les réseaux sociaux. Elle porte un titre provocateur au pays d’Aimé Césaire : « La négritude, une construction qui ne repose sur rien ».  Elle doit dater de 5 ou 6 ans, il me semble. Elle a donné lieu à de nombreuses réactions des internautes. Maryse Condé, la Guadeloupéenne, se plaint de l’accueil des Africains à l’égard des Antillais en Afrique et précisément des habitants de Guinée et du Ghana à son égard. A partir de son constat, Maryse Condé conclut : « Il n’y a aucune solidarité. Les africains ne nous ont jamais considérés comme des frères. (…) La négritude c’est un mythe, une construction de l‘esprit qui ne repose sur rien de vécu (…) et qui n’apporte rien à l’individu. »

Maryse Condé présente ainsi la négritude comme le sentiment d’appartenance à une grande famille, les Noirs, au sein de laquelle règnent bienveillance et solidarité.

Maryse Condé se trompe. Césaire n’a jamais dit cela. Il définit la négritude dans des vers célèbres du Cahier d’un retour au pays natal :

Ma négritude n’est pas une taie d’eau morte
sur l’œil mort de la terre
ma négritude n’est ni une tour ni une cathédrale
elle plonge dans la chair rouge du sol
elle plonge dans la chair ardente du ciel
elle troue l’accablement opaque de sa droite patience 

Les 3 premiers vers disent le refus de la passivité et le rejet d’une certaine image du Noir amorphe, incapable de construire une civilisation, le quatrième dit la force de sa proximité avec la nature, le cinquième dit la volonté d’émancipation, l’aspiration, la fierté.

  Lire Plus

 La négritude, une construction qui ne repose sur rien »

Maryse Condé, fonction : « Je suis créole de façon confuse et africaniste de façon intello »

Quel regard vous portez sur cette première adaptation [de La Vie Sans Fard] en Avignon après sa création au Théâtre National de la Criée à Marseille ?

Pour moi c’est un peu dur car au départ c’est fait comme une confidence à un lecteur et là ça devient un texte lu, dit, adapté.

Donc l’intimité dans laquelle je me protégeais n’existe plus. Le texte devient une chose que je reçois en pleine figure. Et c’est un peu douloureux, agréable quand on réfléchit, mais au départ un peu douloureux.

Quel impact vous pensez que la pièce a sur le spectateur ?

Je crois que le spectateur qui n’a pas lu un de mes livres peut être un peu dérouté, un peu troublé. Il ne connait pas l’écrivain, il n’a pas imaginé sa vie de femme, il la reçoit en pleine figure, il faut un peu de temps pour comprendre, je crois que pour le spectateur c’est un peu dur également.

Quels ont été votre plus grande souffrance et votre plus grand bonheur ?

  Lire Plus

Man pa tou sel…

— Par Daniel M. Berté —

Man pa tou sel…

Man fè fos épi Fanon pou fraternizé épi félaga Laljéri
Man dòmi an mitan makolin épi Madéla a Roben Island
Man déviré bòkay épi Césaire pou tété lapowézi matjé an kayié
Man djoubaké épi Zobel lari kay neg épi djab-la an kann bétjé

Man rimonté laviè Léza épi Glisant pou ritouvé mémwa lesklavaj
Man pran kout fè ek étidié lisé Chelchè épi Delsham
Man maché mil maché épi Mac ek Fardin Sentespri
Man brè dlo-koko ek manjé tinen-lanmori épi Tipridan

Man aprann épi Hugo ki lenstriksion sé prèmié bizwen pep-la
Man viré Ségou an Lafrik épi Maryse Condé
Man rakonté lesklavaj ba fi-mwen épi Christiane Taubira
Man goumen épi Angéla Devis pou neg trapé dwa nonm

Man tjenbé lanmen bizayel-mwen épi Nicolas Guillen
Man jwé djaz épi Louis Armstrong an lari Nouvelle-Orléans
Man chanté bra brilé pié-ni épi Eugène Mona
Man dansé zouk Kasav épi Jocelyne Bérouard

Man étidié listwa péyi-a épi Arman Nicolas
Man fè kous kouri épi Herman Panzo
Man filé mo-mwen épi kanmarad anlè lanmel lakonsians
Man mété grif an tè épi lé travayè pou Matnik ay douvan

Man avansé épi sa ki konbat pou konstwi lidantité
Man apiyé épi lé kakolè anlè sa ka sèvi dekzanp
Man pòté respé épi lé gangan pou sa ki fet avan
Man lienné épi pòwtè limiè ki ka montré chimen

Man pa tou sel…

Daniel M.

  Lire Plus

Avignon 2022 : Les compagnies et artistes des Antilles sont au rendez-vous

Je ne suis pas d’ici, je suis ici

« Je viendrai à vous avec une armée de pauvres, des désastres programmés, avec les valets, les sous-fifres, les ombres en tablier, avec les mômes d’ouvrières, les fils de pas-de-papa et les filles de pas-de-bol, avec les déshérités, les spoliés, les déplacés, les possédés, dépossédés,
les assignés à résistance ! »
Ainsi parle celle à qui l’on demande ses papiers d’identité et qui en a marre. N’est-elle pas française, femme, noire… comme tout le monde ? Dans une performance où les images et les mots se confondent et où la poésie embrase le réel, le spectateur est entraîné dans la quête d’une terre sans frontières.

Poète, réalisatrice de fictions et de films documentaires, Véronique Kanor s’intéresse particulièrement à l’afrodescendance, aux sociétés en mouvement et aux questions décoloniales.
Sa pièce est tirée de son recueil Eclaboussure, publiée aux éditions Présence Africaine.

D’après Éclaboussure de Véronique Kanor © Présence Africaine 2011
Conception, mise en scène, interprétation Véronique Kanor

Conception sonore Lionel Elian
Administration La Noiraude et Compagnie

La Noiraude et Compagnie

Soutiens DAC Martinique, Ministère de l’outre-mer

De Vénus à Miriam, au pas de mon chant

La chorégraphe guadeloupéenne Chantal Loïal invite la soprano martiniquaise Marie-Claude Bottius à entrer dans la danse pour réinventer totalement son spectacle « On t’appelle Vénus » présenté au TOMA 2015.

  Lire Plus