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Habiter « le pan d’un grand désastre »

— Par Jeanne Wiltord —

Je remercie, Mme Suzanne Ravis et M. Georges Aliker de m’avoir transmis certains documents sans lesquels je n’aurais pu écrire ce texte.

«Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur à l’abrutir au sens propre du mot… et montrer que chaque fois qu’il y a au Viêt-Nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère…il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.»

A. Césaire Discours sur le colonialisme (1950)

«C’était l’inconscient qu’on leur avait vendu en même temps que les lois de la colonisation, forme exotique, régressive, du discours du maître, face du capitalisme qu’on appelle impérialisme.»

J. Lacan, L’envers de la psychanalyse (18/02/1970)

Dans son numérod’Avril -Juillet 1955, la revue «Présence Africaine» publiait un poème d’Aimé Césaire intitulé :

« Réponse à Depestre, poète haïtien

(Éléments d’un art poétique).<p>  Lire Plus

Premiers instituts d’apprentissage de la tyrannie en Haïti ?

Jean-Durosier Desrivières vous ouvre ses archives
N° 5 : Réflexions de Jean-Durosier Desrivières

Note : Article principal N° 2 du supplément mensuel Relire Haïti qui a été publié avec le soutien de France-Antilles de la Martinique ; paru pour la première fois en février 2004 sous le titre : « Qui parle d’abus de mémoire en Haïti ? » le texte a été revu, modifié, augmenté et actualisé.

L’histoire d’Haïti est truffée d’ambiguïtés : le devoir de mémoire serait à la fois pris dans les filets du silence, de l’excès et de la manipulation.

« Même quand mon ombre est penchée
je garde la tête droite
Il ne faut jamais laisser aux morts
l’initiative de la lumière
Debout partisans ! » (Georges Castera)1

Interroger, en Haïti comme ailleurs, la mémoire et les différentes attitudes à afficher vis-à-vis d’elle, c’est aussi poser la question de la connaissance ou de l’ignorance de l’Histoire, de son enseignement et des enjeux idéologiques qui en résultent. Depuis 1847 et 1848, dates de la parution des trois tomes de l’Histoire d’Haïti de Thomas Madiou, comblant une évidente lacune dans le domaine, instruire l’haïtien de son passé est devenu une préoccupation décisive.<p>  Lire Plus

Le « Nous » haïtien / Le « Nous » martiniquais ?

— Par Jean-Durosier Desrivières —

Note :
Cet article a été publié initialement dans les colonnes du quotidien haïtien 
Le Nouvelliste au cours de l’année 2001 sous le titre originel : « Une mémoire en colère ». Il est diffusé ici, pour mémoire, après de légères corrections et amputations.

Le Comité Devoir de Mémoire Martinique, sous l’égide de Médecins du Monde, a fait de l’Atrium de
Fort-de-France, le 2 mai 2001, le siège d’un colloque intitulé : « Histoire et mémoire des sociétés post-esclavagistes… ou … La révolte contre l’oubli ». C’est dans ce cadre que s’inscrit « Une mémoire en colère », la communication de l’historien haïtien Pierre Buteau, laquelle a interpellé ses pairs historiens, politiciens, professeurs d’histoire et amateurs curieux des problématiques de la région caribéenne, constituant l’humble assistance. Comment saisir les rapports que les haïtiens entretiennent avec les lieux de mémoire, avec le passé et le présent ? Telle est la question fondamentale qui, selon nous, se dégage de l’exposé du « mémorialiste ».

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Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

Le « français régional » d’Haïti sous la loupe du linguiste Renauld Govain

— Par Robert Berrouët-Oriol (*)

Le linguiste haïtien Renauld Govain a publié en 2020 un article de référence, rigoureux et fort bien documenté qui doit être revisité, « Le français haïtien et le « français commun » : normes, regards, représentations ». Paru en mai 2020 dans le numéro 23 de la revue Altre Modernità (Università degli Studi di Milano, Italie), cet article semble être encore peu connu parmi les linguistes, les enseignants et les didacticiens alors même qu’il s’appuie sur un appareillage conceptuel cohérent et pertinent et sur une recherche originale menée sur le terrain. Docteur en linguistique, enseignant-chercheur et ancien Doyen de la Faculté de linguistique appliquée de l’Université d’État d’Haïti, coordonnateur du Laboratoire langue, société, éducation (LangSÉ), Renauld Govain est également membre du Comité international des études créoles. Coauteur du livre de référence « La didactisation du créole au cœur de l’aménagement linguistique en Haïti » (par Robert Berrouët-Oriol et al, Éditions Zémès et Éditions du Cidihca, 2021), Renauld Govain a publié plusieurs articles de premier plan sur le créole, parmi lesquels : « Enseignement du créole à l’école en Haïti : entre pratiques didactiques, contextes linguistiques et réalités de terrain », in Frédéric Anciaux, Thomas Forissier et Lambert-Félix : voir Prudent (dir.),<p>  Lire Plus

Pour le « bilinguisme de l’équité des droits linguistiques »

Pour un aménagement linguistique arrimé à la Constitution haïtienne de 1987 : le « bilinguisme de l’équité des droits linguistiques »

— Par Robert Berrouët-Oriol(*) —

« (…) nous n’avons pas à hiérarchiser les langues entre elles, bien au contraire. Nous devons être riches, concrètement ou poétiquement, de toutes les langues du monde. Aucune langue ne peut s’épanouir seule, il lui faut le concert des autres langues qu’elle invoque, qu’elle accueille et respecte. (…) il nous faut abandonner l’imaginaire monolingue des colonialistes, pour tendre vers un imaginaire multi-trans-linguistique, qui n’a rien à voir avec une faculté polyglotte, mais qui tend vers le désir-imaginant de toutes les langues du monde, qu’on les connaisse ou non. » — (« Nous devons être riches de toutes les langues du monde », par Patrick Chamoiseau, Le Courrier de l’UNESCO, 20 juin 2024.)

Existe-il une « guerre des langues » en Haïti ? La Constitution haïtienne de 1987 –qui, dans son « Préambule » et en ses articles 5 et 40, consigne la co-officialisation du créole et du français–, autorise-t-elle la diabolisation du français affublé de l’infâmante étiquette de « langue du colon », langue de la « gwojemoni neyokolonyal » ?<p>  Lire Plus

Liv inik an kreyòl  et chimérique politique linguistique plurilingue

Radiographie d’un prochain naufrage pédagogique dans l’École haïtienne

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Chimérique — Rempli et/ou qui se nourrit de purs produits de l’imagination. Qui ne correspond à aucune réalité, n’a aucune chance de se réaliser, utopique. Emploi subst. neutre. Le chimérique. Le domaine des chimères, de l’imagination inconsistante. (Dictionnaire ORTOlang, Centre national de ressources textuelles et lexicales, CNRS-Université de Nancy)

En Haïti de nombreux directeurs d’écoles, enseignants et associations professionnelles d’enseignants sont alarmés par les premières déclarations du nouveau ministre de l’Éducation nationale Vijonet Déméro dont la presse locale s’est fait l’écho. Ainsi, « Le ministre de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle, Vijonet Déméro, a réuni ce lundi 30 mars 2026 les principaux éditeurs partenaires afin d’assurer l’impression et la distribution du « Livre unique en créole haïtien » dans les dix Directions départementales d’Éducation » (voir l’article « Le MENFP s’engage pour la diffusion du « Livre unique » en créole dans toutes les écoles » (Le Nouvelliste, 31 mars 2026).

L’on observe que dès son arrivée à la haute direction de l’Éducation nationale, le nouveau ministre –résolument silencieux sur le désastreux échec de son prédécesseur, le funambule-illusionniste Augustin Antoine–, a annoncé les couleurs.<p>  Lire Plus

Créole : entre défense légitime et aveuglement idéologique

L’unilatéralisme créole, promu par les Ayatollahs fondamentalistes au titre d’une politique d’État en Haïti, est une mystification

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Journée internationale du créole

« On ne peut plus écrire son paysage ni écrire sa propre langue de manière monolingue. Par conséquent, les gens qui, comme par exemple les Américains, les États-Uniens, n’imaginent pas la problématique des langues, n’imaginent même pas le monde. Certains défenseurs du créole sont complètement fermés à cette problématique. Ils veulent défendre le créole de manière monolingue, à la manière de ceux qui les ont opprimés linguistiquement. Ils héritent de ce monolinguisme sectaire et ils défendent leur langue à mon avis d’une mauvaise manière. Ma position sur la question est qu’on ne sauvera pas une langue dans un pays en laissant tomber les autres. » (Lise Gauvin, « L’imaginaire des langues : entretien avec Édouard Glissant », dans « L’Amérique entre les langues », Études françaises, volume 28, numéros 2-3, automne–hiver 1992.)

Octobre est le mois des célébrations de la langue et des cultures créoles dans les communautés linguistiques créolophones à travers le monde.<p>  Lire Plus

« Zantray 2025 », un spectacle théâtral musical au carrefour fertile des cultures créoles et autochtones

Samedi 25 octobre 2025 à la Cinquième salle de la Place des arts Montréal

— Par Robert Berrouët-Oriol(*) —

La prestigieuse Place des arts, à Montréal, s’apprête à accueillir le spectacle à grand déploiement polyphonique ZANTRAY 2025, un hommage aux racines croisées des cultures créoles et autochtones et qui souligne l’influence autochtone dans la culture créole. L’évènement a été conçu par l’Espace culturel Vertières et sera présenté dans le cadre du Mois du créole le samedi 25 octobre 2025 à la Cinquième salle de la Place des arts. ZANTRAY 2025 retracera la vie d’une figure autochtone ayant influencé la mémoire créole, la reine Anacaona. Sur le mode d’un arpentage historique de la rencontre des mémoires, ZANTRAY 2025 offrira à l’auditoire un spectacle théâtral musical immersif composé de poèmes, de chants, de danses et de projections de vidéos durant lequel le public sera à la fois acteur et spectateur. Depuis vingt-quatre ans, les célébrations du Mois du créole sont élaborées et mises en œuvre au Canada par le KEPKAA (Komite entènasyonal pou pwomosyon kreyòl ak alfabetizasyon).

ZANTRAY 2025 rassemblera sur scène des artistes de premier plan, notamment : 

–La chanteuse haïtiano-québécoise REBECCA JEAN.<p>  Lire Plus

Lettre ouverte à Maria Corina Machado, Prix Nobel de la PAix 2025

 Par Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix 1980 

Je vous envoie le salut de la paix et du bien dont l’humanité et les peuples qui vivent dans la pauvreté, les conflits, les guerres et la faim ont tant besoin. Cette lettre ouverte est pour vous exprimer et partager quelques réflexions.

J’ai été surpris par votre nomination au prix Nobel de la paix qui vous a été décernée par le Comité Nobel. Je me suis souvenu des luttes contre les dictatures sur le continent et dans mon pays sous des dictatures militaires que nous avons endurées de 1976 à 1983 et nous avons résisté aux prisons, à la torture et à l’exil avec des milliers de disparus, des enfants enlevés et disparus et les vols de la mort dont je suis un survivant.

En 1980, le Comité Nobel m’a décerné le prix Nobel de la paix, 45 ans se sont écoulés et nous continuons à travailler au service des plus pauvres et aux côtés des peuples latino-américains. Au nom de tous, j’ai assumé cette haute distinction, non pas pour le prix lui-même, c’est pour l’engagement avec les peuples partageant les luttes et les espoirs pour construire une nouvelle aube.<p>  Lire Plus

L’aménagement du créole aux côtés du français…

 … à égalité statutaire, est une obligation inscrite dans la Constitution haïtienne de 1987

— Par Robert Berrouët-Oriol(*) —

« L’aménagement linguistique, ou politique linguistique, est intrinsèquement lié au politique. Il s’agit d’actions délibérées visant à influencer le comportement linguistique d’un groupe, souvent dans un contexte étatique ou territorial, et impliquant des choix et des enjeux de pouvoir. Cet aménagement peut concerner la protection de langues minoritaires, la standardisation d’une langue majoritaire, ou encore la gestion du bilinguisme dans un contexte de mondialisation. » (Jacques Leclerc, « Les enjeux politiques de l’aménagement linguistique », CEFAN, Université Laval, n.d.)

Existe-t-il aujourd’hui en Haïti une instance de la société civile regroupant les professeurs de créole ? La réponse est « OUI » : il s’agit de l’Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA) mais sa mission, ses interventions et ses projets sont encore insuffisamment connus au pays. Forte de 327 membres, cette institution à vocation nationale a été créée en 2017. L’APKA rassemble des enseignants détenteurs du baccalauréat de fin d’études secondaires et pourvus d’au moins deux ans d’expérience dans l’enseignement des sciences humaines et/ou des sciences sociales.<p>  Lire Plus

« Entre Jacques Roumain et David Bontemps »

Une originale et magistrale conférence-concert de la SRDMH

— Par Robert Berrouët-Oriol(*)

[Mais que le langage de la musique…seul réunisse les caractères contradictoires d’être tout à la fois intelligible et intraduisible, fait du créateur de musique un être pareil aux dieux, et de la musique elle-même le suprême mystère des sciences de l’homme, celui contre lequel elle bute, et qui garde la clé de leur progrès. (Claude Lévi-Strauss, Mythologiques, t. I : « Le cru et le cuit », 1964.)  

Le 25 mai 2025, au Conservatoire de musique de Montréal, la Société de recherche et de diffusion de la musique haïtienne (SRDMH) a offert aux mélomanes et amateurs de musique savante haïtienne une originale conférence-concert logée dans les plissures de la haute couture musicale, « Entre Jacques Roumain et David Bontemps ». À la jonction de la poésie de Jacques Roumain et des exceptionnelles compositions musicales de David Bontemps, il s’est agi d’un spectacle où dès les premiers instants l’expression « l’or pur de la relation du texte et de la musique » a pris tout son sens (Christian Flavigny, « La mise en musique du poème », revue Corps & Psychisme, numéro thématique « La voix », 2007/4 n° 48).<p>  Lire Plus

Le 23 mai : Journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage colonial

Le 23 mai est l’une des deux dates nationales françaises consacrées à la mémoire de la traite négrière et de l’esclavage colonial. Cette journée rend hommage aux millions de femmes, d’hommes et d’enfants arrachés à l’Afrique, déportés et réduits en esclavage pendant plus de deux siècles dans les colonies françaises. Reconnu comme crime contre l’humanité par la loi du 21 mai 2001, cet esclavage fait l’objet d’un devoir de mémoire essentiel.

Née de la marche historique du 23 mai 1998, qui rassembla 40 000 personnes à Paris pour honorer leurs ancêtres esclaves, cette journée est le fruit d’un long combat mené par les descendants d’esclaves, notamment le CM98. Elle a conduit à la reconnaissance officielle des victimes de l’esclavage colonial et à la création de mémoriaux à travers la France, en particulier en Île-de-France.

Le 23 mai est aujourd’hui un temps fort du souvenir et de la transmission. En 2025, cette journée s’annonce comme un moment d’intense recueillement, de partage et de fraternité. Elle sera marquée par des cérémonies commémoratives – républicaines et religieuses – et par un grand rassemblement culturel sur le parvis de la Basilique de Saint-Denis.<p>  Lire Plus

En Haïti le Fonds national de l’éducation, haut-lieu de la corruption, tente de s’acheter une impunité « à vie » à Radio Magik9

Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

Funambulisme – « Mot dérivé de funambule, avec le suffixe -isme. Art du cirque, danseurs et acrobates marchant sur une corde tendue et pouvant s’aider d’un balancier ».

Funambule – « Acrobate qui évolue sur une corde tendue à une certaine hauteur » (OrtoLang, Centre national de ressources textuelles et lexicales, CNRS, France).

Le Fonds national de l’éducation (FNE), haut-lieu de la corruption et du népotisme dans le système éducatif haïtien, mène depuis peu une nouvelle campagne sur les ondes de plusieurs stations radio de Port-au-Prince et d’ailleurs. De l’avis de certains observateurs, cette nouvelle campagne se distingue par son amplitude nationale et par l’insistante mention de l’étendue des soi-disant domaines d’intervention du FNE dans le secteur de l’éducation en Haïti où sont scolarisés plus de 3 millions d’enfants. L’on observe que cette nouvelle campagne du FNE se déploie à l’aune d’une explicite et intrépide affabulation dont l’objectif est : (1) de tenter une fois de plus d’obtenir la confiance du public quant à l’action du FNE en général et suite à la perquisition effectuée dans ses locaux le 4 juin 2024 par l’Unité de lutte contre la corruption ; (2) de tenter encore une fois de justifier la légitimité de l’action du Fonds national de l’éducation : cette justification est d’autant plus nécessaire que la direction du Conseil d’administration du FNE est assurée, selon la loi, par le ministre en titre de l’Éducation nationale ; et (3) de faire le plaidoyer du rôle du FNE comme principale sinon exclusive institution haïtienne de financement du système éducatif national.<p>  Lire Plus

La fable de la « soup joumou », soi-disant « soupe de l’Indépendance »…

… dans le brouillard de la patrimonialisation et de l’arnaque identitaire

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

« On distingue généralement trois types de fraude scientifique : la fabrication de données, la falsification de données et le plagiat. Fabriquer des données, consiste à forger de toutes pièces les résultats d’une recherche. Falsifier des données consiste à altérer intentionnellement des données de façon à les rendre plus conformes à l’hypothèse du chercheur. Le plagiat visé ici consiste dans l’appropriation totale ou partielle d’un texte qu’on n’a pas écrit soi-même. Nonobstant leur gravité, nous passerons sous silence les conduites « zone grise » (par ex.: l’autoplagiat, les publications « salami », la cosignature honorifique, les soumissions multiples, etc.) analysées ailleurs (Larivée et Baruffaldi, 1993) » — (« La fraude scientifique et ses conséquences », par Serge Larivée, Faculté des arts et des sciences, École de psycho-éducation, Université de Montréal.)

La parution des articles dans lesquels nous avons soumis à l’analyse critique l’incrédibilité de l’historicité de la « soup joumou » frauduleusement et idéologiquement qualifiée de « soupe de l’Indépendance » a suscité l’intérêt de nombreux lecteurs dans divers milieux, tant à Port-au-Prince que dans certaines villes de province.

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L’aménagement du créole à l’épreuve des errements de l’État haïtien et du populisme des créolistes fondamentalistes

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

Fatwâ فتوى, au pl. fatāwā فتاوى :

« Avis juridique, verdict religieux qui n’engage que le savant jurisconsulte qui le prononce.

Les personnes habilitées à donner des fatâwâ sont les muftis. »

(Les Cahiers de l’islam, n.d.)

« Avis ou décision ayant valeur de loi, rendu par un mufti,

donc par une autorité religieuse. » (Dictionnaire Orthodidacte)

Existe-il une « guerre des langues » en Haïti ? Dans son « Préambule », la Constitution haïtienne de 1987 consigne et institue « l’acceptation de la communauté de langueS et de culture » et, aux articles 5 et 40, elle établit la co-officialisation du créole et du français, les deux langues de notre patrimoine linguistique historique. Est-il fondé, au nom de la légitime défense du créole, de passer outre ce « Préambule » ainsi que les articles 5 et 40 de notre charte fondamentale dans le but d’alimenter la diabolisation du français affublé de l’infâmante étiquette de « langue du colon », langue de la « gwojemoni neyokolonyal » ?<p>  Lire Plus

Assassinat de Samuel Paty le 16 octobre 2020

L’assassinat de Samuel Paty, parfois désigné comme l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, est une attaque terroriste islamiste perpétrée le 16 octobre 2020 dans la commune française d’Éragny-sur-Oise, située dans le Val-d’Oise.

Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, est assassiné par arme blanche et décapité peu après être sorti de son collège de Conflans-Sainte-Honorine. L’assassin, Abdoullakh Anzorov, est un citoyen russe d’origine tchétchène âgé de 18 ans et qui bénéficie du statut de réfugié, accordé à ses parents alors qu’il était mineur. Il est abattu par la police quelques minutes après l’attentat.

Dix jours auparavant, Samuel Paty montre deux caricatures de Mahomet issues du journal satirique Charlie Hebdo lors d’un cours d’enseignement moral et civique sur la liberté d’expression avec ses élèves de quatrième. L’enseignant a préalablement demandé aux élèves ne souhaitant pas regarder ces images de sortir de la salle de classe. Cela provoque la colère du père d’une collégienne qui n’assistait pas à son cours, lorsque sa fille lui en parle. Celui-ci, ainsi que le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, publient alors sur divers réseaux sociaux des vidéos dans lesquelles ils insultent Samuel Paty. Son nom et l’adresse de l’établissement scolaire où il exerce sont divulgués sur les réseaux sociaux.<p>  Lire Plus

L’aménagement du créole dans l’École haïtienne durant le mandat de Nesmy Manigat à l’Éducation nationale : radiographie d’un bavardeux naufrage

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

Obligation de rendre compte : « Devoir incombant à une personne physique ou morale responsable d’une tâche de répondre des résultats et du choix des moyens mis en œuvre ». Domaines d’indexation : gestion, contrôle de gestion, Administration publique. (Grand dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française, 2023)

La nomination de Nesmy Manigat, ex-ministre de facto de l’Éducation nationale, au poste de Directeur de cabinet du Premier ministre Gary Conille avec rang de ministre, a surpris et heurté nombre d’enseignants, de directeurs d’école et de parents d’élèves. Contactés par nos soins, des collègues juristes et politologues sont unanimes : cette nomination est inconstitutionnelle et illégale, elle s’est effectuée au creux d’un processus de transition politique lui-même inconstitutionnel. Il est amplement attesté que ce processus inconstitutionnel de transition politique a été imposé par le Département d’État américain de concert avec les caïds-en-chef du PHTK soucieux d’obtenir, à l’aune d’un sombre traficotage, les garanties protectrices de l’impunité. Nos interlocuteurs juristes précisent que n’ayant pas obtenu « décharge » de sa gestion du ministère de l’Éducation nationale —selon les articles 200.4, 229, 233, 234 et 236 de la Constitution de 1987, qui sont intégralement reproduits plus bas dans le présent article–, Nesmy Manigat n’a nullement le droit d’occuper le poste de Directeur de cabinet du Premier ministre Gary Conille avec rang de ministre.<p>  Lire Plus

Revisiter les « écritures migrantes »…

… dans la littérature québécoise contemporaine : contexte, genèse, corpus, réception et publications académiques

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

En hommage au poète et romancier haïtien Anthony Phelps, passeur de mémoires
en Terre-Québec, auteur de « Et moi je suis une île » (1973)
et de « Mon pays que voici » (1968).
En hommage au poète et romancier québécois Pierre Nepveu,
spécialiste de l’œuvre de Gaston Miron
et auteur de « L’hiver de Mira Christophe » (1986).

Le remarquable livre de l’Haïtien Jean Jonassaint, poète, essayiste et professeur de littérature –« Le Pouvoir des mots, les maux du pouvoir : des romanciers haïtiens de l’exil » (Éditions Arcantère / Presses de l’Université de Montréal 1986)–, m’a remis en mémoire, il y a quelques semaines, l’article que j’ai autrefois publié sous le titre « L’effet d’exil du champ littéraire québécois » (magazine Vice Versa no 17, décembre 1986-janvier 1987). Le texte « L’effet d’exil du champ littéraire québécois », que certains critiques littéraires confondent avec l’article « L’émergence des écritures migrantes et métisses au Québec » publié plus tard dans la revue LittéRéalité (vol.<p>  Lire Plus

Pour une amélioration du transport à la Martinique

L’Asso des Usagers Transport de Mque rencontre la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports

— Communiqué de presse de l’AUTM —

Lors de son passage à Paris, le 25 septembre 2023, la présidente de l’AUTM a pu rencontrer, le Président de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (FNAUT), Monsieur Bruno GAZEAU, dans leur local.

Pour mémoire la (FNAUT) est une association qui

  • regroupe 160 associations sur le territoire français, avec 40 000 adhérent.e.s et 2000 usagers défendus chaque année,

  • organise des congrès et des colloques ouverts au public sur des thèmes relatifs à la mobilité,

  • intervient auprès des parlementaires, propose des amendements aux projets et propositions de lois,

  • est auditionnée par des commissions parlementaires, le conseil économique et social, le conseil d’état

  • est également du réseau « Action climat », et collabore avec « Agir » pour l’environnement

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Controverse autour de l’apparition du pronom « iel » dans la version en ligne du dictionnaire Le Robert

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

Depuis quelques jours, l’apparition du pronom « iel » dans la version en ligne du dictionnaire Le Robert suscite la controverse dans plusieurs pays francophones. La presse parlée et écrite s’en est fait l’écho en Belgique (La libre Belgique, RTBF), en Suisse (la Tribune de Genève, RTS), en France (le Nouvel Obs, Le Figaro, Le Monde, France culture, France inter, RFI) et au Québec/Canada (Le Devoir, Radio Canada, La Presse, Le Droit). En effet, Le Robert en ligne consigne le terme « iel » comme suit : « iel ​, iels ​​​pronom personnel / Rare – Pronom personnel sujet de la troisième personne du singulier et du pluriel, employé pour évoquer une personne quel que soit son genre. L’usage du pronom iel dans la communication inclusive. – Rem. On écrit aussi ielle ​, ielles ». Dans la presse écrite et parlée, des lecteurs/auditeurs, des linguistes et de lexicologues s’opposent à la « consécration » du pronom « iel » / « iels » dans Le Robert, dictionnaire généraliste de la langue française, tandis qu’un nombre indéterminé de locuteurs se dit en faveur sinon attentif à l’arrivée de ce nouveau-né… Le pronom « iel » visant à désigner, selon la définition du Robert, « une personne quel que soit son genre », les arguments avancés de part et d’autre sont de nature linguistique et lexicographique, ou relèvent d’une lecture « militante », principalement idéologique, de cette « évolution naturelle » de la langue dans la société.<p>  Lire Plus

De Ricardo Seitenfus à Helen La Lime, l’aveuglante et impériale manufacture du « consentement » politique en Haïti

—Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue

Ces derniers mois, la détérioration accélérée de la situation sécuritaire et politique en Haïti a mis en lumière le jeu macabre des contradictions et des intérêts communs de ses différents protagonistes, les acteurs nationaux et étrangers, ces derniers étant regroupés au sein d’une bienveillante et hyperactive coterie internationale dénommée « Core Group » (qui comprend les ambassadeurs d’Allemagne, du Brésil, du Canada, d’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de France, de l’Union européenne, du Représentant spécial de l’Organisation des États Américains et de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies). À l’opposé des justes revendications de la population portées par la société civile, le cartel politico-mafieux connu sous le nom de PHTK (Parti haïtien tèt kale ouvertement néo-duvaliériste) cristallise et organise depuis dix ans, avec l’aval décomplexé du « Core Group », une gouvernance du pays caractérisée par la dilapidation des fonds publics et des fonds du programme PetroCaribe (3,8 milliards de dollars), le blanchiment d’argent à grande échelle, l’extinction programmée des droits citoyens, la décapitation des institutions de l’État, la violente répression des protestations citoyennes publiques par l’instrumentalisation des corps répressifs de la Police nationale, la tolération et/ou la complicité de l’Éxécutif dans les assassinats ciblés et les massacres dans les quartiers populaires, la banalisation de la corruption et du népotisme installés à tous les étages de l’édifice social.<p>  Lire Plus

Conférence-débat oragnisé

— Contribution de Robert Saé —

Première partie: Quels avancées et quels obstacles?

En vous proposant d’échanger sur les avancées et les obstacles que nous avons pu observer, pendant ces plus de cinquante années au cours desquelles nous avons milité pour la cause de la libération nationale, notre objectif est que nous tirions collectivement des leçons qui nous permettront d’être plus efficaces dans la poursuite de notre lutte commune.

La première remarque que nous pouvons faire, c’est que l’essentiel de ce qui s’est passé sur ce plan a laissé peu de traces valablement perçues dans la mémoire collective de notre peuple. Bien peu de nos compatriotes connaissent des événements sociaux majeurs qui se sont déroulés pendant cette période. (affaire Pelé, grève de 74, événements de Bochèt, deux mobilisations pour empêcher la venue de Lepen, etc.) La majorité n’a pas conscience des avancées fondamentales qui ont été faites pendant cette période qui est, pourtant, très courte du point de vue historique.

Aujourd’hui, les plus grandes incertitudes planent, que ce soit sur le plan économique, le plan politique ou le plan social. On sent bien que les lignes bougent mais, nombreux sont ceux qui l’expriment : “on ne sait pas où l’on va!”.<p>  Lire Plus

L’aménagement du créole en Haïti et les droits linguistiques au regard du projet de « Constitution » néoduvaliériste du PHTK : les sables mouvants d’une dérive totalitaire

— Par Robert Berrouët-Oriol, Linguiste-terminologue —

Mirlande X, enseignante dans un lycée de Port-au-Prince et lectrice assidue de nos chroniques linguistiques depuis plusieurs années, nous demande dans un récent courriel si les droits linguistiques figurent dans le projet de « Constitution » que l’ex-président Jovenel Moïse –dont le mandat a expiré le 7 février 2021 selon la Fédération des barreaux d’Haïti, mais qui s’accroche au pouvoir dans un climat politique marqué par la régression des droits citoyens et l’emprise grandissante des gangs armés sur le territoire national–, s’est mis en tête de faire adopter par référendum en juin prochain. Pertinente, la question de Mirlande X renvoie à la nécessité de garantir, notamment dans un texte constitutionnel, l’efficience des droits linguistiques inscrits dans la Déclaration universelle des droits linguistiques de 1996. Et comme nous l’avons auparavant explicitement formulé à travers la vision de l’aménagement linguistique en Haïti que nous offrons en partage dans nos articles et dans nos livres, les droits linguistiques sont un droit premier. <p>  Lire Plus

L’aménagement du créole et du français en Haïti au regard du « Manifeste de Gérone sur les droits linguistiques »

— Par Robert Berrouët-Oriol, Linguiste-terminologue —

L’analyse de la situation linguistique haïtienne sous l’angle particulier des droits linguistiques est relativement nouvelle en Haïti. Dans sa formulation la plus explicite, elle date de 2011 et a été consignée pour la première fois dans le livre de référence « L’aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions » (Berrouët-Oriol et al., Cidihca et Éditions de l’Université d’État d’Haïti). La perspective soutenue dans ce livre et dans nos publications subséquentes est en effet novatrice et se veut rassembleuse : à contre-courant des mirages de la diglossie et de la vulgate « langue dominante » vs « langue dominée », cette perspective prend appui sur l’axiomatique selon laquelle les droits linguistiques font partie du grand ensemble des droits citoyens et ils doivent être portés par la société civile en lien avec l’établissement d’un État de droit au pays. Et c’est pour situer cette perspective dans sa dimension institutionnelle et exécutive que nous avons institué le plaidoyer pour la mise sur pied d’une Secrétairerie d’État aux droits linguistiques en Haïti dont la mission sera de concevoir et de mettre en œuvre l’aménagement simultané du créole et du français, les deux langues de notre patrimoine linguistique historique (voir nos articles « Plaidoyer pour la création d’une Secrétairerie d’État aux droits linguistiques en Haïti », Le National, 20 avril 2017 ; « La création d’une Secrétairerie d’État aux droits linguistiques en Haïti, un enjeu de premier plan », Le National, 16 septembre 2020).<p>  Lire Plus