Films proposés par Tropiques-Atrium à Madiana : rectificatif!

ATTENTION !  Modification : Le film « La nuée »  a été remplacé par « La nuit venue », drame de Frédéric Farrucci, avec Guang Huo, Camélia Jordana, Xun Liang

La nuit venue ( France – 2020 – 1h35). Les séances sont programmées à Madiana :

Vendredi 22 janvier – 19h30 / Dimanche 24 janvier – 19h30 / Mardi  26 janvier – 19h30 / Jeudi 28 janvier – 19h30

Synopsis : 

Paris 2018. Jin, jeune immigré sans papiers, est un chauffeur de VTC soumis à la mafia chinoise depuis son arrivée en France, il y a cinq ans. Cet ancien DJ, passionné d’électro, est sur le point de solder « sa dette » en multipliant les heures de conduite. Une nuit, au sortir d’une boîte, une troublante jeune femme, Naomi, monte à bord de sa berline. Intriguée par Jin et entêtée par sa musique, elle lui propose d’être son chauffeur attitré pour ses virées nocturnes. Au fil de leurs courses dans la ville interlope, une histoire naît entre ces deux noctambules solitaires et pousse Jin à enfreindre les règles du milieu.

La presse en parle :

Marianne, par Olivier De Bruyn

Un film inspiré qui ne vaut pas que pour son intrigue, mais aussi et surtout pour sa description froidement réaliste de certains quartiers déshérités de Paris et d’une époque, la nôtre, où l’exploitation de l’homme par l’homme et la loi du profit maximum entraînent les “derniers de cordée” venus de tous les horizons géographiques à souffrir mille maux.

Écran Large, par Christophe Foltzer

Si La Nuit venue n’échappe pas à quelques défauts purement formels, son propos, sa thématique et son interprétation en font un premier film fort et percutant par moments, beau et mélancolique à d’autres, pour un ensemble cohérent et passionnant. On a connu pire démarrage de carrière.

Libération, par Sandra Onana

« Les gens de la nuit vieillissent plus vite que les autres », entend-on dans une des dernières scènes du film… Le film noir en habit nocturne, lui, n’a pas une ride à cacher, réservoir d’effets de style à l’attrait immortel que le Français Frédéric Farrucci souhaitait faire siens dans son premier long métrage. Tout se joue ici dans l’acculturation des sources : la nuit dans laquelle nous jette le cinéaste est parisienne, maquillée par touches phosphorescentes en métropole à la Wong Kar-Wai. Sa dangerosité torve sort du fourreau d’un polar chinois, mais délocalisé au milieu des buildings et de la diaspora d’Aubervilliers.

Marie Claire, par Emily Barnett

Très documenté, élégamment mis en scène et finement incarné par une Camélia Jordana plutôt convaincante en femme fatale, ce premier film se fraie un chemin parfois fragile mais audacieux entre le thriller nocturne et les langueurs romantiques de Wong Kar-Wai.

Télérama, par Guillemette Odicino

Plane, aussi, le souvenir bleuté d’un certain cinéma français, celui de Leos Carax ou du Jean-Jacques Beineix de Diva, qui ne craignait pas de styliser la ville insomniaque. Alors que tout n’est que tension, que le danger guette à chaque coin de rue, le périphérique, un moment, se meut en un ruban de poésie, où l’amour semble possible. Et la BO de Rone, grand musicien électro, caresse et électrise tout le film… Le réalisateur traque la vérité de Paris dans toutes les zones d’ombre : hangars, chambres de marchands de sommeil et recoins sous les ponts cachent les combats de clandestins pour survivre, les camps d’infortune de sans-abris devant lesquels nous passons, piétons ou automobilistes, sans ralentir. La Nuit venue appartient à la famille de ces films noirs qui savent donner, à un propos résolument politique, les atours de la beauté.

Les Inrockuptibles, par Bruno Deruisseau

Thriller nocturne mâtiné de romance, ce premier film interpelle le plus quand il dépeint la violence des rapports sociaux et la précarité de ses protagonistes… Il y a dans ce premier film du réalisateur français Frédéric Farrucci deux facettes. La première se déploie sur la ligne ultra-balisée du thriller nocturne, du film noir ayant pour évident modèle Taxi Driver, Collateral ou encore Drive. Si le film fait figure de bon élève en réunissant les ingrédients qui ont bâti les succès de ses pairs (une superbe bande-son signée Rone, une image soignée, tout en reflets et en néons multicolores, une narration sombrant progressivement dans une perdition romantico-dramatique haletante), son second versant détonne plus. Le paysage du film est politique, en cela qu’il raconte aussi l’esclavagisme contemporain que représentent l’ubérisation massive et la vulnérabilité du statut de migrant sans papiers. C’est aussi un beau film métissé. À son couple nocturne s’ajoute une exploration des usages et du parler du Paris des communautés chinoises, rarement vue au cinéma.

Cahiers du Cinéma, par Olivia Cooper-Hadjian

Collant à son personnage, le film dépeint avec application les attributs d’une vie cachée à l’ombre de l’ultralibéralisme technologique: les repas expédiés, les courtes nuits dans des dortoirs, les pressions des « employeurs » et les services échangés entre collègues pour tenter de desserrer l’étau, réalité d’autant plus intrigante que la communauté chinoise en France reste peu représentée au cinéma.

Positif, par Fabien Baumann

Mais ce film noir assumé ne provoque jamais l’envoûtement escompté.

Quelques critiques dans la presse, relevées sur le site ALLOCINE

Fort-de-France, le 20 janvier 2021