Théâtre

« Yvonne, Princesse de Bourgogne »: sans prétention autre que de se faire plaisir

— Par Roland Sabra —

Après Camus et son Caligula, c’était au tour de Gombrowicz de nous balader du coté de l’absurde avec sa princesse de Bourgogne prénommée Yvonne. Mais si Camus emprunte les chemins de la philosophie, de la rationalité et de la dramaturgie conventionnelle l’auteur polonais, lui s’aventure du coté de Beckett ou de Ionesco quand bien même il réfutait cette comparaison. On retrouve chez lui la réduction des personnages au rôle de pantin et la disparition de toute logique sociale dans les comportements. La seule préoccupation de Gombrowicz semble être le Moi de ses personnages qu’il fragmente, brise, névrotise à l’image d’une perception de la réalité confondue avec la fiction. Fidèle à Buffon il reprend à son compte l’aphorisme « Le style c’est l’homme même » quand il déclare : «  « Ce n’est pas de ce mystérieux « talent » que part l’écrivain pour écrire, mais de lui-même. »

Il est prince, s’ennuie et pourtant ses désirs sont des ordres. Il veut faire la nique à son père le roi et décide donc d’épouser une roturière laide, apathique, peureuse, anémique, « molichonne », se déplaçant avec l’énergie d’une nappe d’huile sur un papier buvard.

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Caligula : de l’attente…

— Par Roland Sabra —

L’attente était grande. Elle était partagée comme en atteste la foule qui se pressait à l’entrée de la salle Frantz Fanon de Tropiques-Atrium. Pensez-donc ! Une pièce de Camus et pas n’importe laquelle : celle qu’il commence à écrire en 1938 et dont il ne donne la version définitive qu’en 1958 et qui est la pièce de l’auteur la plus jouée. Elle est le troisième élément de la « trilogie du négatif » après « L’étranger » ( roman), « Le Mythe de Sisyphe » ( essai philosophique). Pièce philosophique par excellence elle en porte les saveurs et les contradictions. Les saveurs des débats autour des thèmes camusiens de l’étrangeté et de l’ ennui, de l’absurde et du désespoir, du suicide et du meurtre comme issues possibles allaient-elles se trouver affadies ou rehaussées par leur théâtralisation ? Francis Crémieux dès 1946 posait la question en ces termes : « Au lever du rideau, quand les lumières de la salle s’éteignent et que le spectateur a refermé son programme, il doit choisir entre ce qu’il a lu et ce qu’il va voir.

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« Boule de suif » – Tribute to Maupassant, m.e.s. Françoise Dô

Vendredi 15 novembre 2019 à 20 h Tropiques-Atrium

Création

Dix personnes fuient l’horreur de la guerre.
Leur ville a été envahie.
Parmi eux, Boule de Suif qui, elle, s’est opposée à l’ennemi.
Ils atterrissent dans un hôtel tenu par un officier.
Il la désire et exerce un chantage sur le groupe pour la posséder.
Doit-elle se livrer à l’occupant pour protéger ses camarades d’équipée ?
C’est ce qu’ils lui demandent.

Boule de Suif est une nouvelle de Guy de Maupassant, écrite dans le courant de l’année 1879, rendue publique en 1880, d’abord par une lecture faite en janvier par l’auteur devant ses amis du « groupe de Médan », puis par la publication au sein d’un recueil collectif de nouvelles titré Les Soirées de Médan, le 15 avril 1880.

Thème de la nouvelle et résumé 
« Boule de Suif […] est un chef-d’œuvre », écrit Gustave Flaubert. Même si ce n’est pas la première nouvelle de Guy de Maupassant, c’est le récit qui l’a imposé comme un maître.

L’histoire se déroule pendant la guerre de 1870, en plein hiver et débute par le repli des troupes françaises et l’envahissement de Rouen par les prussiens.

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« Sang négrier » de Laurent Gaudé, m.e.s. de Khadija El Mahdi.

Théâtre de Saint-Maur-des-Fossés

Les vendredis 15 et 22 novembre 2019 à 20h30
Les samedis 16 et 23 novembre 2019 à 20h30
Le dimanche 17 novembre 2019 à 17h
Le lundi 18 et vendredi 22 novembre 2019 à 14h (séances scolaires)

Riche de ses représentations au Festival Hommes et Usines à Talange à l’occasion de la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition et aux Trois Fleuves de Cayenne pour les journées de commémoration de l’abolition de l’esclavage en Guyane, la Compagnie Les Apicoles* a le plaisir de vous inviter à la reprise du spectacle SANG NEGRIER de Laurent Gaudé.

Lire : Avignon 2019. « Sang négrier » de Laurent Gaudé, m.e.s. de Khadija El Mahdi.— Par Roland Sabra —

Cette mise en scène de Khadija El Mahdi, interprété par Bruno Bernardin a reçu le soutien et la labellisation de la LICRA et de la Fondation Lilian Thuram (Education contre le racisme, pour légalité)

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“Yvonne, princesse de Bourgogne” de Witold Gombrowicz, m.e.s. Arielle Bloesch

Mercredi 13 novembre 2019 à 19h 30 au T.A.C.

La pièce, que Witold Gombrowicz lui-même définit comme une comédie (dans ses Souvenirs de Pologne), est une parodie shakespearienne dont l’action se situe en un temps non défini, à la cour d’un royaume imaginaire : le « Burgunda » du titre original polonais évoque une princesse « du vin de Bourgogne » ou « d’un Bourguignon », et non directement de la région historique française. Lors de la traduction de la pièce en français, l’auteur a d’ailleurs envisagé de lui donner plutôt pour titre La Princesse Anémie.

Le prince Philippe, héritier du trône, recru d’ennui et de satiété, se rebiffe contre le protocole et ses cérémonies sans fin. Par défi, il se fiance à Yvonne, jeune roturière insignifiante et aussi taciturne que laide. Les parents du prince, la reine Marguerite et le roi Ignace, sont accablés. Moquée par les courtisans, Yvonne reste muette et son silence devient provocation. Malgré des tentatives répétées, nul ne parvient à la faire parler et la tension monte à la cour.

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« Caligula », une méditation d’inspiration nietzschéenne

Vendredi 8 novembre 2019 à 20h Tropiques-Atrium

— Par Jacqueline Levi-Valensi —

Un premier Caligula, romantique et lyrique, fut achevé entre 1938 et 1941 ; la version créée à la scène en 1945, et légèrement modifiée par la suite, est beaucoup plus amère et politisée. Si Camus emprunte à la réalité historique, transmise par La Vie des douze Césars de Suétone, de nombreux faits, gestes ou paroles de l’empereur romain, il leur donne une signification originale, qui s’intègre dans sa réflexion sur l’absurde et la révolte.
À la mort de sa soeur-amante Drusilla, Caligula découvre la vérité de la condition humaine : « Les hommes meurent et ne sont pas heureux ». Habité dès lors par la « passion de l’impossible » et le désir démentiel de changer le cours des choses, il use de son pouvoir absolu pour obliger ses sujets à vivre dans la pleine conscience de leur destinée mortelle ; il instaure la logique terrifiante du meurtre arbitraire, et annonce le « procès général » de l’humanité : « Il me faut des coupables.

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« Caligula », d’Albert Camus, m.e.s. de Patrice Le Namouric

Vendredi 8 novembre 2019 à 20h Tropiques-Atrium

Création
à partir de 12 ans

Mise en scene :
Patrice Le Namouric
Assistante a la mise en scene :
Daniely Francisque
Dramaturgie :
Dénètem Touam Bona
Musique :
Grégory Privat
Lumiere :
Camille Laurent
Costumes :
Laura De Souza
Production : Compagnie TRACK
Compagnie en résidence à Tropiques Atrium
Scène nationale
Coproduction : Tropiques Atrium Scène nationale
Avec le soutien de : DAC Martinique, Fonds d’aide aux échanges artistiques & culturels pour l’outre-mer  (FEAC) & l’Association ICAR


Inspirée par les mythologies africaines, l’histoire se déroule ici en 2048 dans la Cité flottante de New Babylone, au dessus d’une Terre recouverte par les eaux, constellée d’une multitude d’archipels et de ville-plateformes reliés les uns aux autres par de gigantesques tubes sous-marins.
Le jeune empereur Caligula accède à un pouvoir sans limites et s’en sert sans limites pour défaire le monde d’un cybercapital qui nie, détruit, de manière concrète et follement cynique, les hommes et la terre elle-même. Cet univers dystopique, tel celui d’Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes ou de George Orwell dans 1984, actualise cette pièce hybride – à la fois tragique, comique et poétique – et interroge avec acuité notre monde.

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La plus belle histoire d’amour pour elle

Avec Un jardin de silence, Thomas Jolly, L. (Raphaële Lannadère) et Babx portent le souvenir de Barbara au présent. Entre poésie et humanité.

— Par Gérald Rossi —

Sur le rideau de scène s’écrit le nom du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui va remettre un prix à une jeune auteure interprète. Nous sommes en juin 2011, c’est la 30e édition de la Fête de la musique. Tribune, micros, pots de fleurs, tout y est. Même le ministre, sauf que nous sommes au théâtre, et que c’est Thomas Jolly qui a passé le costume. Il ne singe pas les gesticulations vocales mais s’inspire de la couleur des mots, des abysses de sens, des volutes de phrases qui s’oublient à peine entendues. Et c’est d’une drôlerie formidable. Thomas Jolly enfilera plusieurs habits dans ce spectacle inclassable qu’il a mis en scène. Jamais il n’imite, toujours il grossit le trait, jusqu’au-delà de l’absurde. Toute de noir vêtue, lunettes en prime, souvent devant un micro, comme en récital, L. (Raphaële Lannadère) lui donne la réplique, enfin si l’on veut : c’est bien mieux que cela.

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« 85B », une pièce écrite et mise en scène par Delphine Bernard

Mardi 29 octobre 2019 19h 30 au T.A.C.

Dans le cadre d’Octobre Rose, l’association Ma Tété vous présente ce soir au théâtre municipal Aimé-Césaire à Fort-de-France la pièce « 85B » avec la comédienne et marionnettiste Mélisse Magny.

Créée en 2015, 85B est une pièce « marionnettique » abordant la lutte contre le cancer, de l’annonce aux traitements thérapeutiques, puis à l’ »après » cancer, un moment délicat de la maladie rarement évoqué.

Dans cette fiction écrite et mise en scène par Delphine Bernard, une complice de longue date, Mélisse Magny devient Chloé, 33 ans, une passionnée de gastronomie qui vous reçoit dans sa cuisine, lieu convivial par excellence, pour fêter ses cinq ans de rémission. Vous y ferez la connaissance de sa mère-moule à gâteau, de son père-cafetière, de son chou-fleur-médecin ou encore de son compagnon sportif-torchon. La pièce « 85B », remarquée au Off d’Avignon en 2017, lève le voile sur un sujet peu abordé au théâtre, avec humour, tendresse et poésie.

En tant que femme, de quelle manière avez-vous été confrontée au cancer du sein?

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Dress Code : Habillée comment ?

Quand les femmes se battent pour défendre leur droit de choisir !

Spectacle présenté en public à Montsinery le 12 octobre en GUYANE

La nouvelle création de la Compagnie ACTIV’ART 2 propose une réflexion sur le vêtement féminin, et l’interprétation qu’il peut susciter, ainsi que sur les questions de la pudeur ou de l’impudeur, qui concernent essentiellement le corps féminin.

Chaque projet de la Compagnie est en rapport avec des questionnements sur la société, sur toute société. Alors que débats et déclarations sur les violences faites aux femmes émaillent chaque jour notre actualité , Jandira De Jesus Bauer explore sans frilosité l’impact que peut avoir la façon qu’ont les femmes de vêtir leur corps, et les conséquences qu’elles en subissent : justification d’un viol par une  tenue vestimentaire « provocante », accusation de remise en cause de la laïcité avec le port d’un foulard sur la tête… Tout est prétexte, par les temps qui courent, à culpabiliser, à accuser, et à juger le choix que font toutes les femmes de la façon de couvrir leur corps .

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La Compagnie Nova face à l’Algérie : « Et le cœur fume encore »

— par Janine Bailly —

1961, École Normale de filles. Nos seize ans vont perdre ce matin-là leur tendre insouciance. À Alger, une partie des militaires de carrière vient de tenter un coup d’état, qu’on appellera « le putsch des généraux », en opposition à la politique du général De Gaulle qui prônait pour l’Algérie, alors colonie française, le droit à l’autodétermination. C’est ce que nous dit notre directrice, interrompant le déroulé d’un cours et demandant aux élèves debout une minute de silence. La guerre, dans un beau déni ordinairement nommée « événements d’Algérie », fait son entrée dans notre quotidien, elle y restera jusqu’à 1962, elle dont nous entendions parler depuis sept longues années déjà sans en bien comprendre les enjeux. Tout en voyant autour de nous partir les appelés du contingent, jeunes hommes qui souvent comme le chantait Aragon n’en reviendraient pas, si ce n’est meurtris dans leur chair et leur âme, le plus souvent réfugiés dans le silence, dans le refus de dire, dire ce qu’ils avaient fait, ou ce qu’ils avaient refusé de faire, ou encore ce dont ils avaient simplement été témoins.

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Une vie de trompette sans tambour

Jusqu’au 17 novembre 2019 au Lucernaire

— Par Jean-Pierre Léonardini —

La chronique théâtrale de Jean-Pierre Léonardini. Il brode sur les fins dernières de l’artiste qui change de cap sans renoncer. Déjà percé des flèches exquises du succès (en off  à Avignon et en tournée), Emmanuel Van Cappel fait halte au Lucernaire avec son spectacle intitulé Elle… Émoi (1). Elle, c’est la musique, plus spécifiquement celle issue de la trompette sous toutes ses formes (à pistons, en ut, piccolo, bugle, clairon…), dont il est un spécialiste virtuose en rupture de ban, s’étant depuis beau temps évadé de la fosse d’orchestre pour voler ici et là de son propre zèle, sur les scènes qui accueillent à plaisir ce musicien-acteur infiniment spirituel qui, je ne sais trop pourquoi, m’a remis en tête cette délicieuse chanson de Bourvil : « Oh ! Dis, chéri, Oh !  joue moi-z’en/D’la trompette,  D’la trompette… » Cette vieille scie a pour titre le Trompette en bois. Emmanuel Van Cappel ne l’est pas, de bois. Instrumentiste chevronné depuis l’adolescence, partie prenante dans maintes aventures musicales, formé au jeu suivant les principes de l’école gestuelle de Jacques Lecoq, il est l’auteur de son texte qui joue sur les mots avec maestria, avec autant d’aisance qu’il s’empare des cuivres accrochés dans son dos pour en tirer, à point nommé, un régal de sonorités maîtrisées.

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La relève de la scène flamande

Au Théâtre de la Bastille, le festival P.U.L.S. met en lumière de jeunes créateurs audacieux.

— Par Marina Da Silva —

La contraction de Project for Upcoming Artists for the Large Stage, P.U.L.S., sonne autant comme un défi que comme un pied de nez… Qui définira ce qu’est la grande scène ou ce que sont les grandes scènes du théâtre ? En attendant, les jeunes artistes flamands qu’on peut voir au Théâtre de la Bastille jusqu’au 18 octobre ont bien l’intention de s’inscrire dans le paysage de la création contemporaine. Timeau De Keyser, Hannah de Meyer et Bosse Provoost ont bénéficié de ce dispositif d’accompagnement, initié en 2017 par Guy Cassiers et le théâtre d’Anvers, le Toneelhuis, et soutenu par Alain Platel, Jan Lauwers ou Ivo Van Hove pour présenter des créations originales et radicalement distinctes.

Timeau De Keyser, dans une version flamande surtitrée, explore avec les acteurs du collectif Tibaldus, Simon De Winne, Hans Mortelmans, Ferre Marnef, Lieselotte De Keyzer, Katrien Valckenaers, Hendrik Van Doorn, Sander De Winne, Lieven Gouwy, le Mariage, de Witold Gombrowicz.

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« Pourvu qu’il pleuve », de Sonia Ristic, m.e.s. Astrid Mercier

Vendredi 18 octobre 2019 / 20h Tropiques-Atrium

— Dossier de presse —

Production Dimwazell’Cie
Texte lauréat de l’aide à la création de textes dramatiques – Artcena
Coproduction Tropiques Atrium Scène nationale de Martinique, Les Francophonies – Des écritures à la scène , Théâtre de l’Union CDN du Limousin (dans le cadre du programme Au-delà de nous) , La Fédération d’Associations de Théâtre Populaire (FATP), la Ville d’Uzerche

Lire sur Madinin’Art à propos de « Pourvu qu’il pleuve 

Avec le soutien du Ministère de la Culture (Dac Martinique), de la Collectivité Territoriale de Martinique CTM, du Ministère des Outre-mer, du Fonds SACD
Musique de Scène, de la Spedidam
Accueil en partenariat avec la Ville d’Uzerche (résidence de création), le Théâtre de l’Union – CDN du Limousin
CRÉATION
France / Croatie / Martinique
Rencontre “
Ici, un café de quartier. Une journée qui pourrait être le condensé d’une année de vie. Les personnages : 3 serveuses, 2 cuisiniers kurdes, le couple de la douze bis, et le chœur des clients.
Donc, un bar.

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Longue est l’Odyssée

— Par Roland Sabra —

Les 3M ( Le Monde, Mediapart, Marianne ) ont encensé la mise en scène de Pauline Bayle pour le dytpique l’ »Iliade & Odyssée » présenté sur la scène nationale de Fort-de-France comme deuxième pièce de théâtre de la saison à la suite de «Qui a tué mon père ». S’il y a quelque chose que la metteure en scène restitue avec justesse c’est sans aucun doute la durée, la longueur interminable du voyage d’Ulysse.

Le prologue se déroule dans le hall de Tropiques-Atrium. Surgissant du public Agamemnon et Achille s’affrontent. L’un a volé la belle esclave que l’autre avait gagnée. Les héros et les rois sont avant tout de hommes et tout aussi mythiques qu’ils soient leurs soucis, leurs mesquineries participent à leur grandeur. Le prologue hors scène rappelle aussi au public que cette histoire est la sienne, qu’elle est partie prenant de sa culture. Et on le souligne. Quand les deux protagonistes s’éloignent, Ulysse s’adresse à plusieurs spectateurs et les présente comme les rois grecs à la tête de leur flotte dont il énumère le nombre de navires.   « Ulysse qui est venu d’Ithaque avec douze bateaux./Thoas qui est venu d’Etolie avec quarante bateaux./Idoménée qui est venu de Crète avec 80 bateaux », etc.

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Othello voulait prendre de la hauteur

— Par Gérald Rossi —

Arnaud Churin espérait frapper fort en invitant sur le plateau une troupe de comédiens noirs, mais cela ne suffit pas pour donner à la pièce de Shakespeare la dynamique que l’on pouvait imaginer.

Trois grandes voiles sombres, plus ou moins transparentes, se mouvant au gré des scènes comme les immenses personnages d’un ballet silencieux, constituent l’unique décor. Les lumières adroites de Gilles Gentner font le reste. Othello, écrit en 1604 par William Shakespeare, se situe à Venise et à Chypre. Ici, dans une pénombre voulue, sans autre repère, évoluent les personnages du drame qui se conclura au bout de trois heures ou presque, par la mort de plusieurs des protagonistes. Dans cette description clinique, rappelons que le général Othello, aigre de jalousie, tue sa frêle et jeune épouse, Desdémone, accusée à tort d’entretenir une relation coupable avec le lieutenant Cassio, sur la foi des délires du serviteur Iago.

Arnaud Churin, ne s’est pas contenté de mettre en scène la nouvelle traduction et adaptation que signe Emanuela Pace, mais il a convoqué une distribution particulièrement originale, puisque tous les acteurs, à l’exception du rôle titre, sont des noirs.

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« Et le cœur fume encore » d’Alice Carré et Margaux Eskenazi

17, 18 et 19 octobre à 19h 30 au T.A.C.

Et le cœur fume encore est le second volet d’une investigation théâtrale sur les écritures et les poétiques de la décolonisation pour penser nos identités françaises et les oublis de sa mémoire. Édouard Glissant – dont la philosophie du Tout Monde clôturait le précédent spectacle – a préfacé Kateb Yacine. Il a reconnu Nedjma comme le grand roman de la révolution algérienne et le comparait au mouvement de la langue de Césaire, construisant un peuple en même temps qu’elle élabore sa grammaire.
Dans ce second volet nous écrivons une traversée des mémoires des littératures et des résistances de l’Algérie coloniale à la France d’aujourd’hui, pour dessiner un des visages de la nation française dans laquelle nous avons grandi, faite d’exils, de métissages, d’imaginaires et de violences tues.
Partir des silences, et des amnésies entourant la guerre d’Algérie qui jonchent chaque famille à quelques exceptions près : enfants issus de l’immigration algérienne, petits enfants de soldats du contingent, appelés ou militaires de métiers, anciens membres de l’OAS, enfants du FLN, fils ou filles de harkis, petits-enfants de pieds noirs…
L’écriture, mêlant témoignages passés et présents, l’intime à la grande Histoire, est un réveil des mémoires pour définir nos identités.

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« Dress Code » un spectacle inédit de Jandira de Jesus Bauer

Samedi 12 octobre 2019 Origin’Ale Montsinery Guyane

« Alors les yeux de tous deux s’ouvrirent ; ils reconnurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu ensemble des feuilles de figuiers, ils en firent des ceintures. »

« Puis l’Éternel Dieu fit pour Adam et pour sa femme des vêtements de peau, et il les en revêtit. » Nouveau Testament

Se vêtir devient une sorte de réflexe humain né, non d’une influence extérieure, mais du regard porté sur soi-même.

Comment étais-tu habillée ?

Cette interrogation s’avère être un « cliché » planétaire dans la façon d’aborder le contexte du viol… Une façon de questionner qui met en évidence les préjugés sur les agressions sexuelles. Certaines façons de s’habiller seraient donc, ni plus ni moins, qu’un appel au viol !

Habillée Comment ?

C’est la question fréquemment posée aux victimes d’agression sexuelle.

Comme si la façon de s’habiller pouvait justifier l’acte criminel!

Et pourtant, à l’inévitable question posée par les policiers, avocats, juges ou médecins, les réponses données par les victimes ne cadrent pas avec ce préjugé : pyjama, jeans, pantalon, veste, blouse, robe de mariée, salopette….

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« Iliade & Odyssée », adaptation et m.e.s. Pauline Bayle, d’après Homère

Vendredi 11 octobre 2019 20h Tropiques-Atrium

D’un côté les Grecs, de l’autre les Troyens et une guerre qui dure depuis 9 ans. Parce qu’Agamemnon l’a humilié devant ses compagnons, Achille décide de se retirer du combat. Privés de leur meilleur guerrier, les Grecs vacillent tandis que les Troyens gagnent du terrain… Comment faire pour gagner la guerre sans Achille ?
Dans un élan commun, 5 acteurs mêlent leurs voix pour raconter les histoires d’Achille, Hélène, Andromaque, Hector et Agamemnon. Sur scène ils s’affranchissent des clichés opposant hommes et femmes, lâches et braves, pour venir s’accomplir dans un geste bouleversant
d’humanité.

Odyssée
Après 10 ans de guerre, Ulysse veut rentrer chez lui. En quittant les rives de Troie, il espère que le retour sera prompt. Mais voilà 9 ans qu’il erre sur la mer. Alors Ulysse s’inquiète : et s’il avait traversé une guerre dont on ne revient pas ? Au fil de ses péripéties, se tisse le portrait d’un homme fait de creux et de contradictions qui, soumis aux vents contraires du destin, est prêt à tout pour sauver sa vie et retrouver les siens.

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« Discours sur le colonialisme » d’Aimé Césaire

Samedi 5 octobre 2019 à 19h au Théâtre Aimé Césaire.

Dans le cadre du Festival Le Mois Kréyol #2, la Cie Moun San Mélé présentera sa version théâtrale du Discours sur le Colonialisme d’Aimé Césaire.
Troupe Moun San Mélé dirigé par Mariann Mathéus
Mise en scène de Mariann Mathéus
Avec Mariann Mathéus, Patrick Karl, Ahmed Barry, et Jean-Emmanuel Fatna

Le Discours sur le colonialisme est un essai anticolonialiste d’Aimé Césaire publié pour la première fois par Réclame, maison d’édition liée au Parti communiste français, le 7 juin 1950, avec une préface de Jacques Duclos.

Perspectives
Aimé Césaire, dans cette édition, a choisi de mettre en exergue, cette phrase du dirigeant communiste : « Le colonialisme, cette honte du xxe siècle ». Il s’oppose aux actions violentes et criminelles commises dans les colonies, l’exploitation des peuples et le pillage des ressources.

Dans une perspective communiste, Césaire critique la position de la classe bourgeoise qu’il qualifie de décadente, car ne connaissant plus de limites dans le mal qu’elle commet au travers du système économique capitaliste.

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Etc_Caraïbe: programme pour la fin de l’année 2019

Du 06 au 31 octobre 2019

Rencontre avec Nathanaël (Canada-USA) auteure et traductrice d’Edouard
Glissant, en résidence de création à l’invitation du collectif d’artistes
Terre d’Arts, présidé par José Exelis.

31 octobre, 01 et 02 novembre 2019 de 14H à 17h

Atelier d’écriture théâtrale : « écrire pour le jeune public » Animé par Didier Poiteaux (France), comédien, auteur, metteur en scène

En partenariat avec le Festival Théâtre Jeune Public « Ouvé jou-a » de Lucette Salibur

Espace ETC Caraïbe (Parc de Tivoli)
Places limitées.Gratuit.


Du 13 au 22 novembre 2019
Atelier d’écriture théâtrale : « adapter un roman à la scène »
Animé par Paul Emond (Belgique), écrivain, dramaturge, critique de théâtre
Places Limitées.
Critère de sélection : atelier de professionnalisation réservé aux auteur.e.s ayant de l’expérience dans le domaine de l’écriture théâtrale

Tarif : 60€

 

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Francophonies: «Le pire, c’est le pessimisme», la migration en fresque théâtrale

— Par Siegfried Forster —

Elle avait une envie viscérale de comprendre le drame de la migration. Mais, elle avait peur d’aller dans la « jungle » de Calais pour appréhender l’état déplorable de l’Europe. Donc, la metteure en scène française Catherine Boskowitz a traversé une partie du continent en bus pour arriver en Grèce, le point de départ du périple européen de beaucoup de migrants. Ce qu’elle a vu et vécu avec eux a inspiré « Le pire n’est pas (toujours) certain », présenté en première aux Francophonies à Limoges, en France. Entretien.

RFI : Le pire n’est pas (toujours) certain parle du désarroi des migrants, mais aussi des trahisons de valeurs et contradictions intérieures provoquées chez les responsables en Europe, sans oublier une certaine résistance qui s’organise. Pour vous, le pire à quoi ressemble-t-il ?

Catherine Boskowitz : Le pire serait que cela continue comme ça continue maintenant. C’est-à-dire avec une impossibilité de repenser le monde tel qu’il est en train de muter, au lieu de le repenser dans l’optimisme.

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Balade poétique: « Cahier d’un retour au pays natal »

 Jeudi 3 octobre 19 h 30 au T.A.C.

Représentation de Colette Césaire

Une interprétation du Cahier d’un retour au pays natal.

Par sa voix tout à fait originale et personnelle, tantôt douce et sensuelle, tantôt puissante et vibrante, Colette Césaire interprète Cahier d’un retour au pays natal et donne à ressentir toute la dimension émotionnelle, voire mystique et spirituelle, de l’écriture poétique césairienne.

Lire : Retours sur le Cahier. — Par Dégé —

Une soirée artistique, littéraire et culturelle pour comprendre et ressentir un des textes les plus célèbres d’Aimé Césaire.

C’est en faisant des études de lettres modernes à Paris, que Colette Césaire découvre « Cahier d’un retour au pays natal ». En lisant le livre à haute voix, elle a entendu un rythme, mais aussi Aimé Césaire.

« Un moment d’émotion pour entendre le rythme du texte, et recréer les conditions de la poésie », c’est le nouveau concept que développe Colette Césaire.
Par sa voix tout à fait originale et personnelle, tantôt douce et sensuelle, tantôt puissante et vibrante, Colette Césaire interprète Cahier d’un retour au pays natal et donne à ressentir toute la dimension émotionnelle, voire mystique et spirituelle, de l’écriture poétique césairienne.

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Appel à candidatures de La Colline

Bourses résidence La Colline – Tropiques Atrium
Appel à candidature
Le Théâtre National la Colline met en place une bourse de résidence d’artistes à destination d’un jeune duo auteur.e/comédien.ne. Cette résidence est l’occasion d’accompagner l’essor créatif de deux artistes et contribuer à leur insertion professionnelle.

Cette initiative s’inscrit dans le projet de son directeur, Wajdi Mouawad, de faire de La Colline un « lieu de naissances des paroles d’aujourd’hui ». La résidence permettra notamment au duo retenu de jouir des espaces de travail du théâtre, de présenter différentes étapes de recherche à des spectateurs invités, tout en bénéficiant d’un accompagnement personnalisé – tuteur, masterclass, participation à la vie du théâtre, etc.

Ces bourses sont financées par la dissolution de la Fondation Jacques Toja pour le théâtre au bénéfice de La Colline.

Modalités de résidence
Chaque lauréat recevra une bourse de janvier à juin 2020 (6 mois).

Pour être candidat.e, il vous faut remplir les conditions suivantes :
• proposer un projet à développer au cours de la résidence ;
• postuler en duo auteur.e/comédien.ne ;
• avoir moins de 30 ans au 1er janvier 2020 pour chaque artiste ;
• s’engager à être disponible sur toute la durée de la résidence.

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« Jours tranquilles à Jérusalem », texte Mohamed Kacim, m.e.s. Jean-Claude Fall

Lundi. 30/09 à 20h30 & Mardi 1er/10 à 18h Limoges ( Francophonies)

Bord de scène à l’issue des représentations
Durée 1h45

« Le problème, c’est que quand on n’est pas d’ici, on ne peut pas comprendre ce qui se passe ici. Mais c’est pas grave, il n’y a rien à comprendre, ici. » – Le comédien

Lorsqu’Adel Hakim décide de monter à Jérusalem sa pièce-fresque Des Roses et du Jasmin, sur l’histoire d’Israël et de Palestine, il demande à Mohamed Kacimi de l’accompagner, en tant que dramaturge et surtout comme compagnon de route. Son carnet de création devient la chronique Jours tranquilles à Jérusalem.
Dans un théâtre presque à l’abandon, tout le projet semble impossible à réaliser : les comédiens résidant en Cisjordanie bloqués aux check point, les discussions sur les partis-pris de l’Histoire et les réalités quotidiennes, des comédiens palestiniens qui jouent des juifs allemands, les membres du conseil d’administration du Théâtre National Palestinien… Schizophrénie, déni d’histoire, déni de réalité, déni de l’autre, enfermements, absurdités, désespérances et violences. Et pris dans ce tourbillon insensé, la Vie, l’Art, le Théâtre, les rires, les pleurs, les rages, les bonheurs.

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