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Sortie de Résidence d’artistes – Tout-Monde Art Fondation

Restitution Residence Homo-Sargassum le 26 juin 2021 

La TOUT-MONDE Art FOUNDATION présente des productions artistiques de la résidence d’artistes HOMO-SARGASSUM dans un site alternatif et industriel à HOLDEX ENVIRONNEMENT en Martinique.

À la suite d’un programme de résidence artistique de deux mois au cours duquel cinq artistes martiniquais (Nicolas Derné, Annabel Guérédrat, Gwladys Gambie, Ricardo Ozier-Lafontaine and Henri Tauliaut) et quatre artistes jamaïcains (Camille Chedda, Oneika Russell, Jordan Harrisson and Sheldon Green) ont créé des photographies, des installations spécifiques, des recherches esthétiques, des performances, des peintures, ou des œuvres vidéo reflétant les liens qu’ils imaginent entre art, technologie et science, une restitution temporaire des travaux finaux ou en cours, organisée par Matilde dos Santos, sera présentée Martinique sur le site de la société HOLDEX ENVIRONNEMENT le 26 juin (visite sous inscription auprès de ab@holdexenvironment.com).

Holdex Environnement – route Perriolat, 97240 le François

Le programme de résidence d’artiste fait partie du projet d’exposition-vidéo HOMO SARGASSUM de la Fondation, dédié à la prolifération de l’algue sargasse, et lancé le 10 novembre 2020 avec un court métrage de 8 minutes disponible ici. Le projet a été initié en 2019 par l’artiste française Louisa Marajo et la directrice artistique Vanessa Selk, avec le soutien curatorial de la commissaire artistique et Présidente de la Fondation, Dr.

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Sour Grass présente neuf artistes des Caraïbes à la Atlantic World Art Fair!

— Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant —

Holly Bynoe and Annalee Davis of Sour Grass ont invité un groupe de neuf artistes visuels contemporains de toute la région des Caraïbes pour leur contribution dynamique à la foire d’art virtuelle Atlantic World Art Fair (AWAF) organisée par Artsy– le premier marché pour découvrir, acheter et vendre des œuvres d’art. Du 1er au 21 juin, c’est la première fois que cette centrale mondiale se concentrera sur des artistes des Caraïbes. Sour Grass’s booth exposera 36 œuvres, dont des peintures, des estampes, des photographies, des vidéos et des œuvres multimédias, avec une gamme de prix variée produites par des artistes ressortissants ou résidant à Aruba, Barbade, Curaçao, Dominique, République dominicaine, Guadeloupe, Saint-Martin, Trinité-et-Tobago et la diaspora.

Cette collaboration transnationale inaugurale, coordonnée par l’organisation basée aux Bermudes Black Pony Gallery, permettra à Sour Grass de développer ses communautés artistiques tout en présentant une région dynamique et inovvante et largement sous-représentée. S’engager avec la plate-forme internationale d’Artsy augmentera rapidement la visibilité et la sensibilisation à la production culturelle émanant de et concernée par la position des Caraïbes dans le cadre géopolitique mondial.

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Le jardin des sculptures – entretiens d’artistes : Luz Severino

— Propos recueillis par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant —

Et on arrive à la fin de la série d’entretiens avec les créateurs des œuvres du jardin des sculptures de la Fondation Clément. Transcription d’un entretien avec l’artiste Luz Severino (République dominicaine), à la Fondation Clément en juillet 2019.

Luz Severino en cinq dates. Quels sont pour toi les événements et/ou rencontres qui ont le plus impacté ta destinée ou ton œuvre ?

La naissance de mon fils, en 2002 en Martinique.

Ma date de fin d’études des beaux-arts car dès que j’ai fini l’école j’ai participé à la biennale d’art de Santo Domingo, et j’ai eu le prix d’honneur pour la gravure du Centro Léon, alors que je sortais tout juste de l’école.

L’exposition Salir del hoyo en 2007 à Santo Domingo qui marquait mes dix ans de carrière.

2001, venir vivre en Martinique.

Et des rencontres, c’est le plus important dans une vie. Une rencontre est directement liée à Avançons tous ensemble et au fait qu’elle est aujourd’hui dans le jardin des sculptures :

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Le jardin des sculptures – entretiens d’artistes: Michel Rovelas

— Propos recueillis par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant —

Série d’entretiens avec les créateurs des œuvres du jardin des sculptures. Michel Rovelas a répondu par écrit le 26 juin 2019 au court questionnaire que j’avais envoyé par mail.

MDS : Michel Rovelas en cinq dates. Quels sont pour vous les événements et/ou rencontres qui ont le plus impacté votre destinée ou votre œuvre ?

MR : Compte tenu de l’urgence avec laquelle vous m’invitez à répondre à votre questionnaire, je n’apporterai, que des réponses qui déterminent à mes yeux un champ direct de significations lequel interagit avec la genèse de mon travail de sculpteur et de peintre.

Des bébés surgissent régulièrement dans le monde. Aussitôt, ils commencent à apprendre le monde.

Celui qui réussit à devenir peintre ou sculpteur est celui qui « en donnant son corps au monde transforme le monde en peinture ou sculpture ». Pour comprendre la vie il faut s’ouvrir au monde qui s’offre à vous. Si ce que vous donnez est juste et fondé, vous avez une chance de recevoir.

L’essence de la réalité et celle de l’art sont une seule et même chose.

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Le jardin des sculptures, entretiens d’artistes : BRUCE

— Propos recueillis par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant —

Série d’entretiens avec les créateurs des œuvres du jardin des sculptures de la Fondation Clément. Conversation avec le martiniquais BRUCE en octobre 2019, au téléphone.

Matilde dos Santos : BRUCE en cinq dates. Quels sont pour vous les événements et/ou rencontres qui ont le plus impacté votre destinée ou vos productions?

BRUCE : Il faudrait demander cela à ma sœur. Elle tient le compte des choses… Il y a tant d’évènements dans une vie, vous savez, et pour les dates je suis très mauvais. Mais il y a quand même un dernier évènement dont on peut parler. Nous avons acheté en famille ce domaine, le château de Bénéhard, dans la Sarthe, où je vis en permanence maintenant depuis 2015. Et nous y travaillons en famille, ma sœur s’occupe de la partie commerciale et comptable, mon fils des vignobles et moi de l’art. On pourrait dire que je restaure et décore le château, à ma manière : je refais les poignées de portes, des armoires, des fenêtres, des lustres, des candélabres…j’y pose mes œuvres aussi, tout en respectant le château, car c’est une œuvre d’art à lui tout seul, avec sa sensibilité propre.

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Le jardin des sculptures – entretiens d’artistes : Vladimir Skoda

— Propos recueillis par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant —

J’ai rencontré Vladimir Skoda à la Fondation Clément en décembre 2018, lorsqu’il est venu finir l’installation de sa pièce « Ciel de sphères, sphères de ciel ». Immense artiste et charmant au possible. Il portait un costume de couleur claire, et un chapeau, une longue barbe blanche aussi. Nous avons discuté pendant des heures, sur le banc face à son œuvre, en parlant de l’œuvre que ses aides installaient, de son enfance, de son fils qui est au Canada, du jardin, des fleurs boulets de canon qu’on y trouve et qui l’avaient enchanté, de Prague, où il a grandi. J’ai beaucoup ri quand il m’a raconté qu’après avoir été considéré dissident pour être parti étudier à Paris avant le printemps de Prague, et n’être jamais revenu au pays, il lui était interdit d’y revenir. Mais un jour, ses parents étant très âgés, il a voulu y aller quand même et pour éviter qu’on lui retienne sur place, il avait organisé un voyage d’études avec ses élèves d’une école d’art.

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Le jardin des sculptures – entretiens d’artistes : Pablo Reinoso

— Propos recueillis par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant, —

Durant l’année 2019 en préparation d’un ouvrage sur le jardin des sculptures de la Fondation Clément, j’avais interviewé une partie des créateurs des œuvres du parc. Ces interviews n’ont finalement pas été utilisées pour le livre publié par la Fondation il y a un an. Pablo Reinoso, artiste franco-argentin, a répondu par écrit à mon questionnaire-type (quatre questions que je posais à tous les artistes, plus une question spécifique). Des réponses qui éclairent singulièrement bien sa pratique.

Matilde dos Santos : Pablo Reinoso en cinq dates. Quels sont pour vous les événements et/ou rencontres qui ont le plus impacté votre destinée ou votre œuvre ?

Pablo Reinoso : En 1969, j’ai réalisé un premier voyage, qu’on peut dire initiatique, à Paris où est née ma vocation de sculpteur après la visite du musée Rodin, la découverte du sculpteur Henry Laurens et de la « Maison de Verre » de Pierre Chareau.

 1978, est l’année où je quitte l’Argentine et m’installe à Paris. La même année j’obtiens une bourse pour partir travailler le marbre à Carrara en Italie.

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Le jardin des sculptures – entretiens d’artistes : Catherine Ikam

— Propos recueillis par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant, —

En préparation d’un ouvrage sur le jardin des sculptures de la Fondation Clément j’avais proposé à la plupart des créateurs des œuvres du parc une interview, en présentiel, par téléphone, WhatsApp ou par écrit. Catherine Ikam a répondu positivement très vite, mais nous avons eu beaucoup de mal à communiquer : la pionnière de l’art digital en France était souvent en déplacement et utilise peu l’informatique dans sa vie de tous les jours. Je lui ai envoyé par courriel mon questionnaire-type, mais nous avons fini par faire l’interview au téléphone début juillet 2019.

Matilde dos Santos : Catherine Ikam en cinq dates. Quels sont pour vous les événements et/ou rencontres qui ont impacté le plus votre destinée ou votre œuvre ?

Catherine Ikam : 1976, une rencontre vraiment importante pour moi, celle, dans ses livres, de Philippe K Dick, l’écrivain américain qui a travaillé sur le concept de simulacre et simulation. C’est lui qui a introduit le mot réplicant, dans le roman qui allait devenir le film « Blade Runner ». Il m’a sans aucun doute beaucoup influencé.

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Le jardin des sculptures de la Fondation Clément, entretiens d’artistes : Miguel Chevalier

— Propos recueillis par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant, —

Entretien avec Miguel Chevalier par mail, en juillet 2019, autour de son imposante fleur, « Silène luminaris sive Muflier de Borgès » installée dans le jardin des sculptures de la Fondation Clément en 2015.

  1. Silène luminaris sive Muflier de Borgès, 2015, jardin des sculptures, Fondation Clément

Matilde dos Santos : Miguel Chevalier en cinq dates. Quels sont pour vous les événements et/ou rencontres qui ont impacté le plus votre destinée ou votre œuvre ?

Miguel Chevalier : Au début des années 80, j’étais convaincu que les avant-gardes avaient exploré tous les champs possibles de la création picturale et qu’essayer de régénérer un propos pictural par la peinture, ce serait refaire en moins bien ce que d’autres avaient déjà réalisé. En revanche on commençait à peine à parler de société de l’information et l’informatique prenait de plus en plus de place dans les médias. C’est ce territoire encore vierge, non exploré par la création artistique contemporaine, que j’ai souhaité approfondir. Mais l’accès à l’outil informatique était alors un vrai problème en France.

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Le jardin des sculptures – entretiens d’artistes : Angela Bulloch

— Propos recueillis par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant, —

Entretien avec Angela Bulloch, en juin 2019, autour de sa pièce « Heavy Metal Stack of 6: Purple, Beige & Green » installée dans le jardin des sculptures de la Fondation Clément en 2016 ( Photo ci-contre). J’avais envoyé mon petit questionnaire-type légèrement adapté à son œuvre par email. Angela m’a répondu par écrit, puis après discussion on a complété les informations. Une artiste qui transpire intelligence et franchise.

Matilde dos Santos : Angela Bulloch en cinq dates. Quels sont pour vous les événements et/ou rencontres qui ont le plus impacté votre destinée ou votre œuvre ?

Angela Bulloch : En 1966, je suis née à Rainy River, Canada. Onze années plus tard en 1977, je déménageais avec mes parents du Canada vers l’Angleterre. Onze années après, j’obtenais mon diplôme d’art au Goldsmiths college de Londres et participais cette même année à Freeze, organisée par Damien Hirst dans le Surry Docks, un bâtiment abandonné du port de Londres. On était une petite bande et on a été labelisés Young British Artists, ce qui à l’époque était important pour moi.

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Le jardin des sculptures, entretiens d’artistes : Hervé Beuze

— Propos recueillis par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant —

Cinquième entretien d’une série d’environ quinze interviews de créateurs des œuvres du jardin des sculptures de la Fondation Clément. Hervé Beuze, conversation enregistrée en février 2019 à l’atelier de l’Entreprise Navale Antillaise (ENA) où l’artiste suivait la fabrication de son œuvre « Armatures », aujourd’hui installée dans les jardins.

Matilde dos Santos : Peut-on revenir sur la genèse du projet « Armatures » ? La pièce sur laquelle tu travailles maintenant reprend le couple « Fleur-fleur » qui faisait partie de ton installation « Armatures » à la Fondation Clément en 2016. Tu l’as modifié et renommée. Pourquoi ?

Hervé Beuze : L’œuvre va s’appeler « Armatures ». Je reprends le nom générique de l’exposition qui avait eu lieu à la Fondation Clément. Il y avait six couples dans l’installation de départ. La Fondation a souhaité faire l’acquisition pour le jardin d’une pièce semblable au couple « Fleur-fleur » mais sans les pétales qui l’entouraient. J’ai donc changé le matériau de la structure des corps qui maintenant est faite de barres d’acier rond lisse de 16 mm de diamètre.

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Le jardin des sculptures, entretiens d’artistes : Gilles Barbier

— Propos recueillis par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant, —

Entretien avec Gilles Barbier à la Fondation Clément en novembre 2018 lors de l’installation de The Misthrown dice (Le dé cassé) au jardin des sculptures. L’œuvre m’intéressait mais ce n’est qu’après avoir parlé avec son créateur que j’ai saisi toute la portée de cet immense dé rouge saisi en pleine course sur le damier.

Matilde dos Santos : « Le dé cassé » (The Misthrown dice) peut sembler énigmatique pour qui ne connait pas votre œuvre, pouvez-vous revenir sur sa genèse ?
Gilles Barbier : En fait pour vous parler de cette œuvre je dois vous parler de tout mon travail. Ce dé apparait dans mon travail dès les années 90. J’ai commencé à faire de l’art en étant très intéressé par les techniques du hasard et notamment le lancer de dés qui permet d’obtenir différentes possibilités à partir d’un projet unique. J’ai donc créé un parcours au dé ; et au même moment je lisais le roman « L’homme dé » de Luke Rhinehart1 qui m’a servi à la fois pour théoriser mon processus de travail mais aussi pour m’ouvrir à l’idée d’une démarche artistique qui ne soit pas monolithique et que puisse emprunter les chemins du dé.

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Le jardin des sculptures de la Fondation Clément – entretiens d’artistes : Christian Lapie

— Par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant —

Pour donner continuité à la série d’entretiens avec les créateurs des œuvres du jardin des sculptures de la Fondation Clément, j’ai envoyé en juin 2019 mon court questionnaire à Christian Lapie qui a préféré répondre au téléphone, lors d’une conversation qui m’a enchanté par la bienveillance et sincérité qu’il dégage. Son œuvre est une de celles dont la présence dans le parc est pour moi la plus cohérente avec le site, par le matériau, la taille, le sens aussi.

 Matilde dos Santos : Christian Lapie en cinq ou même juste une date. Quel est pour toi, le ou les évènements et/ou rencontres qui ont le plus impacté ta destinée ou ton œuvre ?

Christian Lapie : Le moment le plus important pour ma création, a été le voyage en Amazonie pour le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992. Nous étions 30 artistes en résidence pendant 6 mois dans la forêt amazonienne afin de préparer une exposition collective pour l’ouverture du sommet à Rio.

Cela tombait à pic pour moi.

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Le jardin des sculptures, entretiens d’artistes : Christian Bertin

—  Propos recueillis par Matilde dos Santos, Historienne, critique d’art et curateur indépendant

En continuité de la série d’entretiens avec les créateurs des œuvres du jardin des sculptures de la Fondation Clément, voici l’interview que j’ai réalisée avec Christian Bertin à son atelier en février 2019. J’aime énormément cet atelier qui a tout d’une tanière, ou d’un ventre de baleine ; n’importe quel endroit baigné de mystère, où Christian travaille 10 à 12 heures par jour, 7 jours sur 7. Infatigable ouvrier de l’art, comme il se définit. Ses réponses émouvantes éclairent le travail d’un artiste plutôt secret.

  1. Christian Bertin, « Ombres », 2014, Jardin des Sculptures, Fondation Clément. Photo @JB Barret (2019)

Matilde dos Santos : Ombres a été installée dans le jardin de sculptures de la Fondation Clément en 2014. Peux-tu nous parler de sa genèse et du rapport de cette œuvre au site ?

Christian Bertin : Ombres était une commande. En 2011, j’avais fait une installation à Fonds St Jacques,  « Le soleil noir ». Pour cette œuvre, je suis parti du « Radeau de la méduse », plus précisément de la figure du nègre portant le drapeau.

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Le jardin des sculptures de la Fondation Clément – entretiens d’artistes : Thierry Alet

— Propos recueillis par Matilde dos Santos, Historienne, critique d’art et curateur indépendant —

Créé au début des années 1990, le parc qui est devenu le Jardin des sculptures de l’Habitation Clément ; a reçu en 2012, Blood de Thierry Alet, la première des vingt et une œuvres qui forment le jardin tel qu’il est aujourd’hui. En 2019, afin de préparer l’ouvrage sur le jardin, publié finalement en février 2020, j’avais mené une série d’entretiens avec les créateurs des œuvres du parc. Thierry Alet, qui expose en ce moment* à la Fondation Clément en tant que curateur et artiste, avait répondu alors par écrit et à l’oral à un court questionnaire sur son œuvre Blood. Ses réponses sont comme l’artiste, souvent sensibles et intimes, parfois drôles et insolentes.
Photo 1
Matilde dos Santos : Thierry Alet en cinq dates. Quels sont pour toi les événements ou rencontres qui ont impacté le plus ta destinée ou ton œuvre ?
Thierry Alet : 1976, la Soufrière est entrée en éruption. La ville a été évacuée et tous les voisins sont partis. Moi et mes deux sœurs nous sommes retrouvés seuls devant la maison.

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Gwladys Gambie, Cicatrices incandescentes

— Par Matilde dos Santos  Historienne, critique d’art et curateur indépendant —-

CATAPULT – Résidence d’artiste à la maison – visites virtuelles d’atelier

Au mois d’août 2020 Fresh Milk (Barbade) et Kingston Creative (Jamaïque), avec l’appui de l’American Friends of Jamaica (États-Unis), ont lancé CATAPULT | A Caribbean Art Grant, un programme qui, à travers six initiatives, a fourni directement, pendant cinq mois, un soutien financier à plus de 1000 artistes et créatifs de la Caraïbe, touchés par la pandémie. Une de ces initiatives était la résidence d’artiste à la maison (Stay Home Artist Residency – SHAR). Vingt-quatre artistes ont été sélectionnés et les résidences ont été échelonnées en trois groupes du 21 septembre au 11 décembre. J’ai été ravie de faire partie des curateurs-visitant et c’est un plaisir de partager avec vous ces rencontres.

Glwadys Gambie, artiste de Martinique a été sélectionnée pour les résidences à la maison, j’ai donc pu, entre un confinement et l’autre, visiter son atelier en présentiel.

Gwladys est née à Fort de France en 1988 . Après des études de lettres et sciences de l’éducation, elle entre au Campus Caribéen des Arts, et obtient son DNSEP (Master) en Arts visuels en 2014.

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Catapult – Résidence d’artiste à la maison – visites virtuelles d’atelier

Camille Chedda, des ruines en construction

— Par Matilde dos Santos, Historienne, critique d’art et curateur indépendant —

Photo 1 Camille Chedda, Untitled, 2020 vue de l’installation terminée dans l’atelier (détail). Photo @Charles Allen. Courtoisie de l’artiste.

En aout dernier Fresh Milk (Barbade) et Kingston Creative (Jamaïque) avec l’appui de l’American Friends of Jamaica (États-Unis), ont lancé CATAPULT | A Caribbean Art Grant. Ce programme, à travers six différentes initiatives, a fourni directement, pendant cinq mois, un soutien financier à plus de 1000 artistes et entrepreneurs créatifs de la Caraïbe touchés par la pandémie. Une de ces initiatives était la résidence d’artiste à la maison (Stay Home Artist Residency – SHAR). Vingt-quatre artistes ont été sélectionnés et les résidences ont été échelonnées en trois groupes du 21 septembre au 11 décembre. J’ai eu la chance de faire partie des curateurs-visitant et suis heureuse de partager avec vous ces rencontres virtuelles. Chaque rencontre m’a apporté quelque chose de différent ; chacun de ces artistes m’a émue à sa manière. J’étais particulièrement heureuse de faire la connaissance de Camille Chedda, dont je connaissais le travail uniquement par photo.

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Le Catapult Art Grant pour la Caraïbe en chiffres

— Par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant —

Au mois d’août dernier était lancé par Fresh Milk et Kingston Creative avec un financement Americans Friends of Jamaica, le programme CATAPULT Caribbean arts grant en faveur des artistes de la Caraïbe face à la COVID. Le programme réunissait 6 initiatives :

1-Vitrine d’Artistes de la Caraïbe : Un choix d’œuvres publiées sur les plateformes Catapult, entre autres. 32 artistes, créateurs ou acteurs choisis, ont reçu une subvention de 500 dollars US pour mettre en ligne leurs œuvres.

2- Créateurs Caribéens en Ligne : les artistes devaient enregistrer ou diffuser en direct une performance, une conférence, un webinaire, un atelier ou toute autre activité d’une durée de 10 à 60 minutes dans leur langue maternelle. 91 artistes choisis recevant chacun une subvention de 500 dollars US.

3- Bons de Consultation : un programme pour fournir une expertise professionnelle aux artistes, créateurs ou acteurs culturels, afin qu’ils mettent en place un site web, des plateformes sur les réseaux sociaux ou un commerce électronique. 29 artistes sélectionnés et une subvention de 500 dollars US par artiste

4- Formation créative numérique proposait des ateliers numériques gratuits en ligne pour aider les artistes à développer leurs connaissances numériques et des compétences commerciales.

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Résidence d’artistes à la maison – visite de l’atelier de Reginald Sénatus (Haïti)

—- Par Mathilde dos Santos, Historienne, critique d’art et curateur indépendant

Au mois d’aout dernier, Fresh Milk, Kingston Creative and The American Friends of Jamaica, ont conçu et mis en place le programme CATAPULT| A Caribbean Art Grant ; un ensemble de six initiatives qui ont pour but de soutenir des créatifs de la Caraïbe face à la pandémie. J’ai eu le bonheur d’être invitée par Fresh Milk pour visiter des ateliers dans le cadre de la « Résidence d’Artistes à la Maison ». Parmi les 24 candidats sélectionnés par le jury CATAPULT, j’ai pu rencontrer virtuellement 6 jeunes et talentueux artistes d’Aruba, Barbade, Haïti, Jamaïque et Martinique. J’ai tenu à partager avec vous ces moments de découverte. Voici donc le deuxième épisode de la série Résidence d’artistes à la maison.

Reginald Sénatus est né à Port au Prince en 1994, où il vit et travaille. Ayant grandi au contact des ateliers de la Grande rue, et impulsé par des artistes comme Celeur et Casseus, il participe dès 2010 au collectif Atis Rezistans, formé généralement par des sculpteurs travaillant avec des matériaux de récupération.

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«Résidences d’Artistes à la Maison», visite de l’atelier de Natusha Croes (ARUBA)

Une des jeunes artistes lauréates de la bourse CATAPULT – SHAR.

— Par Matilde dos Santos, historienne, critique d’art et curateur indépendant —

Consciente de l’impact de la COVID-19 sur le secteur des arts, l’Open Society Fondation a octroyé un fonds de 320 000 USD à l’American Friends of Jamaica, en collaboration avec Kingston Creative et The Fresh Milk Art Plateform, afin d’apporter un soutien aux artistes, créatifs et praticiens culturels de la région des Caraïbes.  Ces fonds constituent le programme CATAPULT qui, à travers six différentes initiatives, fournit directement, pendant cinq mois, un soutien financier à plus de 1000 artistes caribéens travaillant sur les thèmes de la culture, des droits de l’homme, du genre, des LGBTQIA + et de la justice climatique.

Une de ces initiatives est la Résidence d’artiste à la maison (Stay at Home Art Residency – SHAR). Ce sont vingt-quatre artistes lauréats, sur treize territoires distincts, touchant les quatre aires linguistiques de la région (Anglais, Espagnol, Français et Néerlandais). J’ai eu l’honneur de faire partie des curateurs-visitants pour six des artistes en résidence.

Ma première visite virtuelle était dans l’atelier de l’artiste Natusha Croes.

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Entretiens sur l’art et la Culture – La Porte du Tricentenaire à Fort de France

Rencontre dimanche 18 octobre à 10h00 devant la Porte du Tricentenaire

— Par Matilde dos Santos —

L’Association International de Critiques d’Art, section Caraïbe du Sud a lancé en septembre dernier une série de rencontres en Martinique : les entretiens sur l’art et la culture, pour amener des artistes ou des experts à converser sur la place publique, autour d’une œuvre d’art ou un objet culturel au sens large (constructions, vestiges amérindiens, statues, pratiques culturelles….).

L’objectif est d’ouvrir le dialogue à un public plus large que celui habitué aux expositions d’art contemporain mais aussi de participer au débat sur les objets qui partagent l’espace public, qu’ils soient artistiques ou mémoriaux. Les objets de mémoire, choisis à un moment donné pour honorer un personnage ou moment historique véhiculent des valeurs et des imaginaires, souvent questionnables, d’autant plus qu’ils s’imposent à toute la population, alors qu’ils ne correspondent qu’à la vision d’un groupe. Certains de ces monuments ont été récemment détruits en Martinique. Certains méritaient sûrement d’être retirés de la place publique, d’autres auraient peut-être été plus utiles contextualisés. D’autres encore avaient déjà été en quelque sorte décolonisés comme la statue de Joséphine de Beauharnais décapitée et la Porte du Tricentenaire.

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Discriminations raciales et genrées dans la danse martiniquaise

— Par Roland Sabra —

C’est sous la direction de Karine Bénac-Giroux que se sont déroulées les deux journées consacrées aux « Discriminations raciales et genrées dans la danse contemporaine martiniquaise ». Les échanges ont été riches et intenses entre universitaires, artistes et public. Tables rondes avec exposés théoriques, performances d’artistes, conférences-dansées, pièce de théâtre, ont dialogué et se sont éclairés mutuellement. Jamais les discours universitaires ne se sont installés en surplomb des expériences de vie que l’ensemble des artistes ont bien voulu rapporter. La chorégraphe Agnès Dru à travers son parcours étasunien, a montré comment son identité de « frenchie » s’était construite d’une différenciation dans une confrontation à l’altérité surdéterminée par un rapport salarial porteur de discriminations. C’est l’ensemble de ce parcours qu’elle réinjecte dans sa conférence dansée. Les stéréotypes de couleur, de genre sont convoqués dans l’espace cage d’un enfermement aux murs de verre. Petite culotte noire, haut blanc, mains protectrices sur le sexe et les seins, elle va revêtir la tenue, un peu masculine d’un personnage blanc allant à la rencontre d’une femme noire en robe elle aussi noire.

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Habdaphaï et le Territoire des Migrants

Habdaphaï expose jusqu’au 23 juin à l’Espace d’art Contemporain T &T en Guadeloupe, la série Territoire.

— Par Matilde dos Santos Ferreira —
Comme toujours l’artiste s’intéresse à la transculturalité propre aux poussières d’îles caribéennes. Ce formidable creuset de races, langues, religions, a forgé des peuples multiculturels dont le langage véritable est encore en construction, car les parties désaxées de ce tout n’ont pas fini de s’ajuster et l’être syncrétique est toujours en gestation.

Cette gestation est l’objet de sa réflexion. Tantôt sur la forme de réminiscences, tantôt sur la forme d’une d’état des lieux- inventaire d’une perception forcément fragmentaire de la réalité. Dans cet espace fragmenté Habdaphaï confronte les strates successifs et concomitants de cultures diverses, irrémédiablement imbriquées et pourtant antagoniques, ignoreuses les unes des autres.

Lire aussi sur Madinin’Art : Habdaphaï

Le syncrétisme pictural
Son processus de création part toujours de cette fusion qui se perpetue dans le temps et dans l’espace, et où l’origine, le passage, le présent et l’avenir ne cessent de se melanger. C’est cela qui l’a appelé depuis le départ le syncrétisme pictural, qui se traduit par une pratique très matiérée, dans laquelle sur des fonds abstraits l’artiste trace de façon quasi obsessionnelle des signes qu’il a inventés/découverts le long des années.

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Habdaphaï, retour sur la série « Porteurs de mots »

— Par Matilde dos Santos —

L’audace est porteuse de génie, de pouvoir et de magie
Jean de la Fontaine

J’étais insoucieux de tous équipages
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais
Le Bateau Ivre – Rimbaud

 

« Porteur » : Coolie, coursier, déménageur, détenteur, docker, livreur, manutentionnaire, messager, sherpa.

L’artiste
Habadaphaï , plasticien, vit et travaille en Martinique.
D’une vie antérieure il a gardé l’assurance du danseur, une maitrise parfaite de l’espace, la permanente recherche de la perfection dans le geste. De ses origines modestes lui vient le besoin du corps à corps avec le public qui l’amène à performer, à réaliser aussi souvent que possible des installations in situ.
De son enfance à Trenelle, lui reste l’habitude du coup de main qui se traduit  aujourd’hui encore par sa participation dans une suite sans fin des mouvements associatifs. De sa nature propre une simplicité à  la limite de la candeur et une furieuse envie de vivre
Habdaphai ne fait pas que passer, il trace ses traces noires sur le dos du monde. Colorie autour pour dire sa vie, son lieu, ses marques,  les espoirs, l’étranglement  de chaque rencontre.  

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Denis Ninine , quésaco « ECHO » ?

Exposition à la médiathèque du Lamentin, Guadeloupe, du 13 au 28 mai 2016.

—Par Scarlett Jesus —
Le contexte artistique :
Ils sont artistes et jeunes. Ils sont passés par une Ecole d’Art, sont bourrés de talent et s’inscrivent, au sein de la jeune génération de plasticiens de Guadeloupe, dans un courant qualifié d’urban pop.
« Ils » ? Ce sont Ronald Cyrille, Samuel Gelas et Denis Ninine, lequel expose pour la première fois à la médiathèque du Lamentin, en ce joli mois de mai, alors que la rue se fait l’écho de revendications sociales. Tous trois vivent résolument dans un présent qu’ils jugent chaotique, rêvant d’un futur qui reste à inventer.
Publié sur le site d’AICA Caraïbe du Sud le 5 mai 2015, Dominique Brebion, depuis la Martinique, écrivait, dans un article intitulé « La Caraïbe à l’heure du digital » : « La création plastique emprunte désormais deux voies inédites, celle du Street art et celle de l’art digital. » Matilde dos Santos ne disait d’ailleurs pas autre chose, deux mois auparavant, lors d’une conférence du CEREAP donnée le 17 mars 2015, même si elle privilégiait les seuls arts de la rue : « Le graffiti et le street art sont les deux versants majeurs d’un art urbain en pleine expansion ».

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