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Rimed razié Matinik


par Christian Antourel

  Situé dans les hauteurs du Lamentin (direction St Joseph) au quartier Chambord. Josiane Marie Sainte, agrobiologiste, paysagiste, nous accueille avec son équipe dans le cadre d’une nature libre.

Il fallait ce passage dans un chemin razié , néanmoins voiturable pour bien comprendre que nous avançons vers un lieu quasi magique . Une lumière matinale voilée par l’ombre d’une pluie de saison s’attarde sur les herbes dorées autour de nous et révèle ces minuscules particules en suspension qui ne sont que l’haleine des plantes et ajoute encore au suspens de l’endroit qui apparait d’un coup : Serre cathédrale, bonbonnerie savante ou atelier d’artiste ? C’est dans ce morceau de verdure que Josiane fait prospérer son agriculture organique celle que l’on nomme Bio. Un silence habité par le murmure de plusieurs dizaines de variétés de rimed razié, ouvre une géographie de la santé aussi vieille que le monde où l’avenir se lit dans le passé. L’inventaire d’une vie ; replongée dans des contextes d’alors, retrouvés intacts dans les odeurs et les enthousiasmes d’aujourd’hui  « nous sommes faits de temps, quelque part, le jour et la nuit coexistent ». Expliquant par le menu les vertus de ses plantes amies avec lesquelles elle devise sans cesse. Passant sans à-coup, d’une plante, l’autre avec la même aisance, la même verve gourmande. Sa quête de l’authentique ne déborde cependant en rien d’une sorte d’absolu animé par une passion exclusive. Toujours à l’écoute de la nature, sa logique cartésienne parle de ce qu’elle connait et, Josiane connait ce dont elle parle .Elle est dans cette exigence inexpugnable, une conviction inviolable que la nature approuve dans une adéquation qui répond aux besoins de l’homme. «  J’ai eu le privilège d’avoir grandi à la campagne, à l’époque où le jardin était le grenier et la nature notre pharmacie » nous confie-t-elle « initiée par une grand-mère, encore vivante, 103 ans et un père très nature, notre instinct en cas de (petit et gros bobo) était que telle plante ou feuille procurait la guérison. »

« Mon peuple périt, faute de connaissance »

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