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Ecorce de Peines


 

Ecartant les légendes et

affirmations controversées, R.I.P.O.S.T.E

retrace ce qu’on sait de l’horreur de

l’esclavage et propose le Slam dans le

rôle fondateur d’un monde moderne.

 

La musique des mots


 

De l’absence de droit, de la négation de l’humain du Code Noir, dans la brutalité de l’histoire à l’abolition de l’esclavage, plus loin jusqu'à hier, demain peut-être, maintenant, c’est une zone de libre échange : Danse, Slam/Poésie, musique live qui est la douleur mais aussi l’espoir que nous propose R.I.P.O.S.T.E. Constituée de tableaux d’égal intérêt, aussitôt, cette aventure entraîne le spectateur, des fourmis dans les jambes à rythmer du corps la musique dite avec le verbe du Slam, écrite psychédélique de danse Hip-Hop, de Rap, de Poésie aussi. « Jacquot qu’on casse pas » un esclave entier et non résigné, têtu comme sa souche, volontaire, veut porter à lui seul la « faute », le péché « original », celui d’être né esclave. De courage en défi, il va jusqu’à délayer sa force dans une consanguinité de race interdite, jugulée comme l’air respiré. Le voici devant nous, attaché au fromager : baobab et cri désormais.


 

Dans le flot du Slam


 

Quel intérêt de raconter l’esclavage, si ce n’est pour souligner ce qu’il en reste ? On n’est pas seul dans sa peau… de noir. Sous l’écorce se cache la peine, une résurgence de la mémoire : abolir n’est pas guérir. R.I.P.O.S.T.E, répond d’instinct, aux portes du temps, l’homme est condamné à s’inventer tout seul. Hors la plantation, c’est dans la rue, quartiers populaires, qu’elle soit du sang, du coeur ou d’adoption, c’est là parmi la foule, rencontre urbaine que se fixe la quête identitaire de l’homme noir du monde, un peuple bien vivant, un spectacle didactique et divertissant et que se soit de Jazz ou dans le flot du Slam, de Poésie de musique, au fait de diatribes intrinsèques, observons que l’homme noir vire subtil du nègre au spirituel.


 

Christian Antourel

Photos D.R


 

Didier Firmin : Le Danseur, est spécialiste de la danse debout : La House et le New Style.

D’de Kabal : figure incontournable de la scène Slam française, membre du collectif Spoke Orkestra.

Ezra : Human Beat Box, technique qui consiste au produire des rythmes de toutes sortes avec la bouche comme unique instruments.


 


 

Le parti pris d’Ecorce de Peines. Trois êtres humains, deux micros, des corps et des mots pour mettre en lumière les maux d’hier et d’aujourd’hui.

Spectacle conçu par D’de Kabal 

Son : Timour Cardenas

Lumière : Nathalie Lerat

Depuis sa création Saison 2006-07 – 2007-08 plus de 30 dates de représentations dans toute la France.


 

Les 17, 18 et 19 Avril 2008 à 19h30 au Théâtre de Fort-de-France


 

Paru dans France-Antilles Magazine, semaine du 12 au 18 Avril 2008