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« Sizwe Banzi est mort » d’Athol Fugard, John Kani et Winston Ntshona

— par Laurence Aurry —

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Peter Brook

 Les 14 et 15 mai derniers, le CMAC nous a permis de découvrir, dans la salle Frantz Fanon de l’Atrium, Sizwe Banzi est mort, une pièce d’Afrique du Sud qui nous introduit dans l’univers des townships de l’apartheid. On s’attend avec un sujet grave comme celui-ci à une pièce sombre et tragique. Au lieu de quoi, sans effacer la réalité avec ses injustices, ses brimades, une surexploitation des ouvriers noirs et une sous rémunération, l’absence des libertés et un contrôle permanent de tout et de tous, les auteurs traitent avec beaucoup de tendresse et de dérision la situation délicate de leurs personnages. Sizwe Banzi qui est fiché par la police parce qu’il a eu la malchance de se trouver au mauvais endroit lors d’une descente de la police ne peut plus trouver de travail décent pour nourrir sa femme et ses quatre enfants. Il sera obligé d’usurper l’identité d’un mort pour pouvoir continuer à exister. Bien sûr, cela ne se fera pas sans problème de conscience pour ce pauvre Sizwe.

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« Sziwe Banzi est mort » : une soirée éblouissante

— Par Roland Sabra —

habib_dembele-3_400Après une magnifique Antigone qui a enthousiasmé le public martiniquais la semaine dernière, l’Atrium nous offre, Vendredi 14 et Samedi 15 mai , « Sizwe Banzi est mort » dans une mise en scène du légendaire Peter Brook. La pièce écrite au début des années 70 par des auteurs sud-africains appartient à ce qu’on appelle le Théâtre des Townships. Issu des ghettos ce théâtre de par son existence même était un défi politique au régime de l’Apartheid puisque celui-ci avait interdit le théâtre aux populations noires.
Il s’agit d’un théâtre de l’urgence, de l’immédiateté qui a pour objectif de récupérer sur les lieux mêmes du crime raciste une parole que l’on voulait muette. Si le contenu est fortement social, quelques fois politique il n’est jamais militant. On y traite du chômage, des problèmes de l’éducation, de la violence dans la rue et dans la famille, de l’emprise de l’alcool, de la condition de la femme et – tout récemment – du sida. Il s’agit d’un théâtre complet qui sollicite l’intellect du comédien mais qui n’oublie pas de convoquer, de solliciter son corps sur la scène.

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