Tag Archive for José Exélis

« Circulez ! », ou comment une stratégie d’évitement permet de résister à l’autorité.

— Par Scralett Jesus —

Jeudi 11 mai, à la salle Tarer de Pointe-à-Pitre, la Martinique était à l’honneur avec « Wopso », une pièce de Marius Gottin, mise en scène par José Exelis et interprétée par deux acteurs de talents Emile Pelty et Charly Larandy. Fulbert et Auguste ne se connaissent pas. Ils sont vieux et terriblement seuls, traînant avec leurs valises un passé qui leur remonte à la gorge, tels des hoquets. Wopso !
Vendredi 12 mai, au Centre culturel de Sonis, aux Abymes, c’est au tour de la Guadeloupe de présenter une pièce de José Jernidier, mise également en scène par José Exelis, et interprétée par José et Joël Jernidier. Là encore nous assistons à la relation improbable qui va se nouer entre deux personnages que le hasard va faire se rencontrer. Un inspecteur de police et Choffroy, un pauvre bougre mal dégrossi, présent aux côtés de son père lors de l’accident de la route qui a coûté la vie à ce dernier.…

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Circulez ! De José Jernidier

Samedi 21 janvier 2017 à 20h, salle Frantz Fanon

Choffroy délire après l’accident. Que faisait le boeuf sur la route ? De quoi est mort son père alors qu’il roulait seulement à 50km/h ? Qui était cet homme que Choffroy affirme avoir vu ? Pourquoi assène t-il qu’une voiture a roulé sur son père ? Aurait-il été assassiné ?
L’nspecteur dépêché sur place ayant fait ses classes en France y perd son latin et même son créole… alors de délires en délires, de pawol en pawol, Choffroy raconte son histoire, remonte le temps, et l’espace d’un bat zié on remonte le fil de nos mémoires, mémoires d’isles, d’archipel, à l’aune des fantômes et soucouyans, peuplant notre imaginaire, peuplant nos différences, peuplant ce que nous sommes et ce que l’on croit que nous sommes et ne somme pas.
Yé krik !… Non la cour ne dort pas !

Mise en scène : José Exélis
Avec : Joël Jernidier & José Jernidier
Scénographie & Costumes :Sarah Desanges
Assistante à la mise en scène : Marion Phipps
Chorégraphie & Conseillère artistique : Suzy Manyri
Création lumière : Fred Libar
© crédit photo : Ange Bonello

José Exélis
Comédien, il débute au théâtre en 1984.…

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« Les Enfants de la mer » : un contre-sens heureux ?

— Par Selim Lander —

les enfants de la merAvec cette nouvelle mouture des Enfants de la mer (d’après le texte d’Edwige Danticat), José Exélis réalise son ambition de faire un « théâtre total ». Les musiques, les chants, les danses, les lumières, le décor transformable et les costumes sont autant d’instruments dont il joue pour magnifier le jeu de ses sept comédiennes et aboutir à un spectacle fascinant, chatoyant, qui nous a séduit de bout en bout. Les Enfants de la mer interprété par José Exélis décline des genres – oratorio, opéra bouffe, ballet de cour… – qui ne sont pas vraiment l’ordinaire du théâtre martiniquais. Certains aiment et d’autre pas. Nous y reviendrons.

En attendant, il faut souligner la qualité de la réalisation. Pour aller sur la mer, il faut un bateau, au moins une sorte de radeau. C’est plutôt ce dernier qui est évoqué par l’assemblage de deux escabeaux et de deux plateaux, plus quelques perches, le tout en bois, comme de juste, un agencement qui se modifiera tout au long du spectacle puisque ce dernier s’affranchit rapidement du cadre constitué par l’embarcation de fortune (et la mer) comme le suggèrent les divers récits qui composent le texte.…

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Les enfants de la mer

Centres culturels du Lamentin, les 17, 18, & 19 mars à 19h 30.

les_enfants_de_la_mer-57 femmes, 7 voix, 7 respirations se mêlent et s’entremêlent pour nous dire, nous conter, nous danser, nous jouer ce récit où une poignée d’infortunées s’apprêtent à prendre le large dans une embarcation de fortune. Il est 4H du matin, dans une aube grisâtre et des clapotis d’eau parsemée de petits cris et de chuchotements, des femmes, des hommes et des enfants, la peur au ventre, sont embarqués vers le même destin. Direction Miami, espoir ultime de ceux qui fuient leur patrie Haïti. Un étudiant à bord du boat-people entretient tout au long de ce périple, une correspondance imaginaire avec sa fiancée restée à Port-Au-Prince : « … La mer à cet endroit ressemble aux requins qui y vivent et elle est impitoyable. Elle est impitoyable. »

Ce qui fait la force de ce texte, c’est qu’il s’adresse à tous les enfants de la terre et de la mer, sans pleurer la misère avec une pudeur indicible.…

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« La Ronde de Sécurité » : mettre en scène la perversion

Par Selim Lander

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« La ronde de sécurité » – Photo Philippe Bourgade DR

Un homme qui en manipule un autre. Un pervers contre un pauvre innocent sans défense. Cet argument en forme de duel totalement déséquilibré au profit du méchant est rarement développé au théâtre, lequel répugne à la peinture du mal à l’état pur. Selon Schopenhauer, philosophe pessimiste – mais les pessimistes ont, hélas, trop souvent raison – l’homme est gouverné par trois déterminants principaux : l’égoïsme, la méchanceté et la pitié. Le pervers combine tout cela de la plus désastreuse façon : il ne pense qu’à son égo, n’éprouve aucune pitié et prend plaisir à faire le mal. La perspective de voir agir un tel personnage tout au long d’une pièce de théâtre n’est pas vraiment attrayante et c’est sans doute pourquoi les auteurs, s’ils n’échappent pas à la mise en scène d’individus malfaisants, évitent, en général, de leur consacrer une pièce entière. Ce qui n’empêche pas, évidemment, les exceptions. L’une des plus remarquables, en l’occurrence, est la pièce Big Shoot de Koffi Kwahulé : un bourreau ne cesse d’y torturer mentalement un pauvre type, pratiquement muet de bout en bout, qui meurt assassiné à la fin de la pièce.…

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Du théâtre de l’absurde à l’absurdité théâtrale…

« La Ronde de Sécurité », mise en scène (?) de José Exélis

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« La ronde de sécurité » – Photo de Philippe Bourgade ( DR)

— Par Roland Sabra —

Le public attendait d’autant plus de cette reprise de «La Ronde de Sécurité » qu’une grande partie de celui-ci n’avait pas vu la première version créée en 1993. Il y des reprises qui sont nécessaires. Elles sont, à l’instar de « Wopso » de Marius Gottin, des éléments du patrimoine, non pas national martiniquais, l’État-nation n’est en aucun cas l’horizon indépassable de l’avenir du pays, mais populaire, au sens noble du terme. Une autre raison concourrait à rendre l’attente plus vive. La thématique. Le théâtre de Guy Froissy est un théâtre incisif, décalé, qui à partir de situations insolites développe avec un talent certain une critique sociale lucide sur un ton qui emprunte à l’absurde. En l’occurrence, UN, c’est le nom que porte le personnage dans le texte de Froissy, l’autre se nommant DEUX.…

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« La ronde de sécurité », une pièce de Guy Froissy, m.e.s de José Exélis

EPCC-Atrium le 11/06/2015 à 20 h

ronde_de_nuitUne reprise 22 ans après sa création en Martinique ou l’art de faire du neuf avec du vieux? 🙂

Une nuit, à proximité d’une cité dans un parking, un homme se promène quand surgit de l’ombre un homme armé. L’homme au fusil commence une interrogatoire musclé qui peu à peu, tourne au rapport de forces, au cauchemar psychologique. Une mise en abyme de deux hommes.
D’où viennent-ils ces inquisiteurs, censeurs, justiciers d’un jour, professeurs de savoir-faire et autres redresseurs de tort ?
Qui sont-ils pour s’arroger le droit de fouiner dans la vie des autres et d’en disposer ; pour émettre, sans douter, tant d’avis péremptoires et jugements définitifs ?
Le citoyen vigile de La Ronde de sécurité est le produit que sécrète une société malade de ses peurs, de ses faiblesses, de sa brutalité et de sa haine : ses monstres.…

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L’Humanité dans le temps et dans l’espace

— Vu par José Alpha —

homme_de_terre« L’embellie des Trois Ilets », ce concept de développement économique et socio culturel territorial porté par la Région Martinique, a présenté une belle mise en oeuvre théâtralisée par le Théâtre du Silence des « Hommes d’argile » de la commune des Trois Ilets.
Conçue et dirigé par Hervé Deluge assisté de José Exélis et par le groupe musical Watabwi, à la Poterie des 3 Ilets ce samedi 22 nov 14 en fin d’après midi, la réalisation théâtrale fut une belle et captivante réussite.
Dès l’arrivée sur le site de la Poterie des Trois Ilets, sur un espace de stockage de briques et de terre ocre amoncelée où se déroulera l’action théâtrale, prolongé dans le lointain par une pièce d’eau calme, le spectateur se trouve face à un décor naturel des origines de l’humanité.
Le sentiment du merveilleux est du reste étroitement lié à la nature ; et si cela peut sembler curieux de parler de merveilleux naturel du fait que tout se passe en effet dans un espace vivant et industriel magnifié par la nature et la théâtralisation, le spectacle proposé par Hervé Deluge transporte le spectateur dans un tableau réaliste quasiment photographique de l’évolution humaine.…

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Déraisons de la colère

— par Christian Antourel & Ysa de Saint-Auret.—

yna_boulange-360« Folie » de Marie Vieux-Chauvet
Mise en scène José Exélis
dans une adaptation de José Pliya
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Dans cette adaptation de José Pliya, José Exélis monte à cru tendu l’ultime volet de la trilogie: Amour, Colère et folie et réussit la mise en scène qui voltige sur le corps, le souffle et la voix que Marie Vieux –Chauvet a lancé dans une exclamation exacerbée d’écriture abrupte, sèche et volontairement subversive. Elle participe d’un au-delà des mots qui échappent au langage indicible, de ces maux qui ont la couleur du vide et reflètent jusqu’au silence des choses par la quête d’un dire, d’un bien dire qui émerge au milieu du désordre quand la perte n’est plus l’absence mais la dimension même de l’absolu, de la vie. C’est que la chose démontrée, l’est dans une harmonie inversée qui à travers la douleur vise le beau. L’épreuve du bien est ici l’épreuve du mal. Les idéologies totalitaires, les tyrannies, les intégrismes sont parfaitement compris et sur le voile de cette histoire se peint l’amour, la colère la résistance, l’espoir et la folie.…

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« Mémoires d’Iles » d’Ina Césaire. Adaptation et mise-en-scène de José Exélis

memoire_d_iles— Par Roland Sabra—

Nostalgie Blues et lutte des classes

Le rideau s’ouvre sur un espace vide dessiné par José Exélis et sculpté par la lumière de Valéry Pétris. Réussite. Elles sont deux, deux de cet âge qui n’a plus nom. Elles sont d’un autre temps, de ce temps où la mémoire de ce que l’on a fait prend le pas sur ce qui reste à faire.. Deux d’un même père, mais l’une mulâtresse et l’autre « mal sortie ». L’une reconnue et l’autre ignorée. Deux sœurs donc, par le père. Impair et passe. Elles vont se laisser aller à remonter le temps. Hermance, truculente, joue la carte couleur, négresse elle est, négresse elle se revendique. Aurore, elle a en mains deux paires, une paire blanche une paire noire. Elle hésitera toujours à jouer. Ambivalence de classe, de l’entre-deux. Elle s’enorgueillit de bien parler français, d’avoir intégrer les codes de la classe dominante, et se révolte à l’assassinat, resté impuni, par un gendarme blanc, de Zizine et Désétages à la veille d’un scrutin municipal : « Élections sans incident » dira la presse à la botte.

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« Départ » : excellent José Exelis !

par Selim Lander —

au théâtre de Fort-de-France
« Je t’ouvrirai les ailes battantes de

mon cœur impudique », S. Martelly.

José Exelis et la compagnie « les Enfants de la mer » ont présenté les 20 et 21 avril un spectacle d’une rare qualité dans un théâtre hélas presque vide. Il est permis d’espérer que l’absence des amateurs habituels s’explique par la concurrence, ces soirs-là, d’autres manifestations culturelles apparemment mieux achalandées. On sait déjà que le public martiniquais n’est pas suffisamment nombreux pour que les organisateurs de spectacle puissent se faire concurrence. Quoi qu’il en soit, il est dommage que DÉPART n’ait pas été vu par davantage de spectateurs, car les occasions de découvrir un théâtre à la fois non conventionnel et réussi ne sont pas si fréquentes.

On sait la fonction du théâtre : divertir, nous sortir de nous-même, de nos difficultés quotidiennes en nous donnant à rire (la comédie) ou à trembler (la tragédie) au spectacle des ridicules ou des malheurs de personnages mythiques ou inventés.…

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« Africa solo » : mise-en-scène à vau-l’eau

— Par Roland Sabra

1999, Ernest Pépin, poète et romancier guadeloupéen effectue un « pèlerinage » selon ses propres termes sur la terre d’Afrique. Rencontre envoûtée par les passions africanistes militantes du père de l’auteur, par les rêves de retour au berceau des origines, par les décombres de la négritude assaillis de créolité, espoir giflé d’une unité qui se brise sur le réel d’une altérité irrémédiable et tout aussitôt déniée. Le retour aux Antilles donnera naissance à un recueil de poèmes Africa Solo que Michel Dural a tenté d’adapter pour une mise-en-scène de José Exélis. Sur scène donc il y a Filosof, Ernest Pépin peut-être, qui s’en est allé là-bas en Afrique et qui «… revenu du pays des ancêtres Les mains mouillées par la rosée des retrouvailles Le pas plus riche des récoltes accueillies » déplore gémit, crie à qui veut l’entendre «  Pey la ka foukan, Nou tou ka foukan… » Pour cet autre cahier d’un autre retour au pays génital , il lui fallait partir là-bas.

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Théâtre et politique : le CMAC donne Carte Blanche à José Exélis

 — Par Roland Sabra —

theatre_&_politiqueLe CMAC a donné carte blanche (ah! traitrise de la langue!) à José Exélis pendant 20 jours au mois de novembre. Cette heureuse initiative a permis de voir une version très aboutie de IAGO, déjà présentée au public la saison dernière, et qui lève les quelques réserves que l’on avait formulées à l’époque. (Cf. Le Naïf n° 125). La première partie sérieusement remaniée, recentrée, avec un jeu bien plus épuré de l’excellent Gilbert Laumord, passe la rampe avec aisance. Soulignons une fois encore la qualité de la scènographie de Dominique Guesdon et Valéry Pétris, qui contribue à faire de ce spectacle la meilleure production locale depuis longtemps. Un vrai travail de qualité, original et rigoureux, dont on souhaiterait qu’il bénéficie de la part des collectivités locales d’aides à « l’exportaion ». Après tout le théâtre martiniquais mérite autant de considération que la banane et a de toute évidence un avenir plus prometteur!

Les aides à la création étaient justement un des sujets d’une conférence « Théâtre et politique » organisée dans le cadre de cette opération «  Carte blanche ».

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IAGO » de José Exélis, un pari risqué, osé et en grande partie gagné

—Par Roland Sabra —

 Iago, adaptation et mise en scène de José Exelis


Gilbert Laumord : Othello, Iago, Cassio etc.

IAGO

de José Exélis

Un pari risqué, osé et en grande partie gagné

Création 2005; Cie Les enfants de la mer. D’après Othello de Shakespeare
Adaptation et mise en scène :José Exelis
Assistante à la mise en scène: Caroline Galin
Répétiteur: Patrice Le Namouric
Avec GilberLaumord
Environnement technique, son, lumière, décor : Dominique Guesdon, Valéry Pétris
Plasticien : Patrick Bernard
Costume: Sylviane Gody
Musique: Jean-Pierre Alarcen, Henryck Nikolaij Gorecki
Coproduction : Les enfants de la Mer/CMAC Scène Nationale avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de la Martinique-Ministère de la Culture et de la Communication, du Conseil Régional de la Martinique.

On ne le répétera jamais assez, la première question, celle qui conditionne toutes les autres que tout metteur en scène devrait se poser avant de monter un texte est celle-ci : «  quelle urgence y a-t-il, ici et maintenant, à le faire ? » José Exelis y répond pleinement en présentant son « IAGO » d’après Othello de Shakespeare.

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