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Lettre ouverte aux candidats, têtes de
listes, aux élections régionales de mars
2010, en Guadeloupe

Messieurs, mesdames,
Aucune politique conséquente si elle
veut répondre aux aspirations du
Pays-Guadeloupe ne saurait désormais
occulter ou négliger le puissant
mouvement social qui a secoué la
Guadeloupe au début de l’année 2010.
Des hommes et des femmes de tous âges
ont défilé en masse et montré, qu’ils
croyaient que l’on pouvait changer la
vie, bousculer l’ordre des choses,
refuser cette fatalité ordinaire qui
nous broie.
« La souffrance réelle du plus grand
nombre, a rejoint des aspirations
diffuses, encore inexprimables mais bien
réelles, chez les jeunes, les grandes
personnes, oubliés, invisibles et autres
souffrants indéchiffrables de nos
sociétés »
Et nos cris étaient si justes qu’ils
sont parvenus aux oreilles du monde
entier, et petits pays, soudain nous
fûmes les premiers exemples de sociétés
post-capitalistes, capables de remettre
en selle la vraie vie.
Au vu d’un tel mouvement et de ses
revendications, les gens de Guadeloupe
ne peuvent qu’être offensés par le
retour, en cette période électorale, (à
peine un an plus tard) aux méthodes et
recettes politiciennes d’avant.
Cette crise a créé un « dérangement »
qui ouvre à la possibilité d’une
métamorphose de notre vision sur
nous-mêmes, sur la Guadeloupe et sur sa
présence dans ce monde.
Une réflexion s’est déclenchée au niveau
de chacun, dans la conscience et dans
l’esprit de chacun. Elle chemine sans
chaînes dans les imaginaires de tous. Il
faut impérativement la prendre en
compte.
Le plus grand des mépris envers ce
peuple serait de considérer que le
mouvement est maintenant derrière nous,
que tout était fini.
Aujourd’hui l’urgence demeure, elle est
de savoir, dans le prolongement de cette
acuité de conscience créée par le
mouvement, ce que les habitants de la
Guadeloupe ont à dire, espèrent et
souhaitent faire de leur pays.
Il faut donc aller à une interrogation
directe du peuple de Guadeloupe, de
chacun et de tous, sans aucune
exclusive, sur son questionnement au
monde et ses aspirations profondes de
citoyen. Il faut ouvrir à présent, un
sérieux et vaste chantier de l’écoute,
motivant et transformateur,
d’autodéfinition et d’auto-organisation.
II faut lancer, une opération palé péyi,
pourvue de moyens, d’un dispositif
d’écoute et de recueil d’idées ouvert à
la parole de tous, encadrée d’animateurs
en nombre suffisant, d’équipes de
recueils et de synthèse, capables
d’enregistrement audio, vidéo, en sorte
que chaque section, chaque quartier,
chaque commune de l’archipel
guadeloupéen, puisse vivre la ronde des
expressions libres, des propositions,
des questions, des
questions/propositions, confrontés à
l’autorité déclarée d’un nécessaire
dépassement.
C’est dans ce seul cadre que pourra
s’installer un Projet Guadeloupe: celui
d’un désir, d’un choix, et d’une
perspective jaillie du plus grand
nombre.
Nous appelons à une haute responsabilité
politique qui place le citoyen
guadeloupéen, sa relation à l’Autre, et
à son entour au centre d’un projet
commun où règne ce que la vie a de plus
exigeant, de plus intense et de plus
éclatant, donc de plus humain.
Nous réclamons que chaque tête de liste
aux prochaines élections régionales,
s’engage publiquement, en signant la
charte du Palé Péyi, à organiser (si
elle est élue) cette consultation de
haute nécessité.
Ce serait la meilleure preuve qu’elle
accepte, comme nous mêmes, ce point
départ de toute action politique sincère
qu’est la prise en compte des
aspirations profondes de la communauté.
Baie-Mahault le 04 février 2010
Mouvman Palé Péyi
Gerty St Sauveur, commerciale, militante
culturelle.
Claude Kicheta, cadre d’hôtellerie,
syndicaliste.
Gary Bertely, dirigeant d’Entreprise,
acteur culturel.
Gérard Delver, cadre culturel, comédien.
Jean-François Hierso, technicien
géomètre, militant associatif.
Jean-Jacques Bernard, ingénieur en
informatique.
Edmond Gagneur, enseignant, dirigeant
associatif
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