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La couleur du racisme


 

Par Pierre Pinalie


 

Il m’a été reproché d’avoir oublié, dans mes papiers antiracistes, l’abominable Georges Frêche, et de n’avoir pas condamné assez durement les individus qui ont attaqué Dieudonné sur un parking. Il m’a même été dit que c’est subconsciemment que j’avais omis de porter cette condamnation. En un mot, c’est tout juste si l’on ne m’a pas dit que je ne condamnais pas les blancs racistes, et c’est là que se dissimule l’erreur, l’oubli, le contresens, voire la condamnation sur mes propos. En effet, il serait utile de rappeler que dans un numéro d’Antilla daté d’avant la venue de Le Pen en Martinique, j’avais écrit un texte condamnant Le Pen et demandant qu’on ne le reçoive pas en Martinique. Et j’avais été le SEUL dans tout le pays à prendre cette responsabilité en dénonçant le comportement de ce lieutenant de parachutistes en Algérie. Et jamais de ma vie, je n’ai omis de sanctionner le comportement raciste de certaines fripouilles dans mes nombreuses années de militantisme communiste, dans ma vie de « zorey a pat kochi » en Martinique et dans mes quarante-deux années de paternité d’enfants métis.

Des sous-hommes et des Noirs

Lorsqu’un vieux radoteur inculte ricane devant ma peau rose en défendant les kamikazes palestiniens qui tuent des enfants juifs, lorsqu’un écrivain névrosé appelle les juifs des  « Innommables », lorsqu’un apprenti-amuseur parisien risque la plaisanterie de dire « Isra-heil ! » en accusant le pays refuge des rescapés des camps de concentration d’être un état nazi, je tremble pour l’avenir du pays Martinique si ces fripouilles disposaient un jour d’une parcelle de pouvoir.

Et en ce qui concerne Georges Frêche, du PS, on l’avait déjà entendu traiter les harkis de sous-hommes, et on n’a guère été étonné de l’entendre protester devant la présence de huit Noirs dans l’équipe de France de football. Et c’est là, messieurs les méfiants, que j’interviens pour souhaiter et même demander qu’on le « foute à la porte » du PS, pseudo parti de gauche. En effet, la remarque de monsieur Fabius sur la candidature de Ségolène Royal, et qui avait consisté à dire : « Et qui va garder les enfants ? », est la preuve d’un certain esprit réactionnaire et machiste dans le parti de gauche bourgeois. Et en ce qui concerne le raciste pataud de Montpellier, j’ai le souvenir quand même de l’excellent accueil qu’il avait fait au sieur Confiant, venu chercher le Prix Antigone 1988 dans cette cité, et je pense qu’à l’époque, il n’avait sans doute pas trouvé Confiant trop noir, et n’avait fait aucune remarque. Il n’empêche que ce monsieur est un grossier personnage qu’il faut censurer, voire chasser (ici je parle de Frêche).

Les nantis-tionalistes

Et dans ce type de problème, ce qui m’angoisse c’est que les reproches faits le sont toujours dans le même sens. Systématiquement, c’est le blanc ou le juif, qui sont responsables de tout, comme si la Terre blanche tournait autour d’un axe juif, et comme s’il y avait un mépris mondial pour la négritude. Et dans ce leitmotiv, c’est toujours l’esclavage, la Traite des Noirs, l’apartheid, le refus du Noir dans le travail et dans les logements, le racisme sur les stades de football, l’administration blanche en Martinique, les très nombreux achats de logements par des blancs, la gendarmerie majoritairement blanche, et c’est une accusation systématique qu’il est bien difficile de repousser. D’ailleurs, bien des faits sont indéniables, et bien des réalités sont tragiques. Et ce qui est terrible, c’et l’existence de tristes sires comme Frêche qui ne peuvent, par leur comportement, que renforcer la position des dénonciateurs et des plaignants.

Mais toute généralisation est dangereuse et les perfidies antifrançaises et antisémites qui ourlent en permanence la bouche des racistes antillais, constituent un ignoble corpus d’exagérations, de mensonges et de stupidités qu’il serait bon de nier, de repousser et d’arrêter. Car ces méprisants et pleurnichards névrosés ne font que salir tout et entraîner dans leur contresens quelques citoyens honnêtes mais sensibles. Systématiquement favorisés, ces petits-bourgeois sont des quarante-pourcentaires privilégiés, bien payés, souvent propriétaires, et parfois logés à bon marché dans les appartements de l’Université alors qu’ils n’ont pas le moindre diplôme universitaire. Donc, ce noyau de menteurs, d’escrocs, de provocateurs, de profiteurs semble ne pas mesurer la bassesse de leurs déclaration. Billets d’avion, invitations, rétributions, voyages autour du monde, droits d’auteur, salaires importants, aucun d’entre eux ne souffre dans la société, et tous pleurnichent et insultent. Quant à vous, Mesdames et Messieurs les journalistes, pourquoi invitez-vous ces escrocs, ces voyous, ces grossiers personnages ? Dernière question : quelle est la différence entre Frêche et Confiant ? Quant à ce qui s’est passé au cours du match de football entre le PSG et l’équipe israélienne Hapoël, il aurait été intéressant d’arrêter 100 manifestants antisémites et d’enquêter sur leur origine et leur nationalité, afin de savoir s’il n’y avait que des Gaulois. Si c’était le cas, j’aurais profondément honte, mais je n’y crois pas, et je préfère attendre des éclaircissements afin de savoir s’il s’agissait de spectateurs venus des banlieues où les juifs sont mal vus et maltraités ?

Pierre PINALIE


P.S.

« J'ai écrit que j'attendais de savoir qui étaient les assaillant du policier et du supporter de Tel-Aviv dans l'affaire de la porte de Saint-Cloud. Il s'avère que j'ai eu totalement tort d'écrire qu'il pouvait s'agir de "jeunes de banlieues". Ce sont de fait des petits salopards fascistes animés par des fantasmes criminels de domination blanche et/ou chrétienne. Je regrette sincèrement mes écrits qui ont pu prêter à confusion. »