Nous sommes tous « racisés »…
Et par qui ?
Lettre ouverte à Jean-Michel Prêtre,
procureur de la république
Monsieur,
Je déclare solennellement, avec sagesse
et avec recul : Swa yo
ka apliké akor la , swa yo ka kité
Lagwadloup ; nou péké lésé on bann béké
rétabli
lèsklavaj.
Je
vous demande donc « jantiman » de bien
vouloir me mettre en examen directement,
pas la peine de perdre votre temps avec
une information judiciaire : j’avoue,
oui nous sommes « racisés ». Si dans la
logique de votre cerveau-lent, il n’y a
que cette conclusion que vous tirez de
ces propos : la fréquentation des alizés
n’arrivent pas toujours à faire
atteindre de hauts sommets, alors
« frappez frappez » Monsieur le
procureur.
Monsieur, puisque vous avez choisi la
voie de la bouffonnerie et
qu’Edouard Boulogne semble être votre
muse (celui-là vrai « humaniste »
atavique d’extrême-droite, émule de
Charles Maurras déguisé en chrétien
tendance Père Labat, expert en racisme…
des autres), restons-y, et dans ce cas,
je vous demande de mettre aussi en
examen :
-
Jacques Chirac à propos du
« bruit et des odeurs des immigrés »
et aussi pour « l’Afrique n’est pas
mûre pour la démocratie »
-
Nicolas Sarkozy, qui dans son
discours de Dakar (26 juillet 2007)
expliquait que « le drame est que
l’homme africain n’est pas assez
entré dans l’histoire », et qui
aussi s’était écrié : « la France on
l’aime ou on la quitte ».
-
Christophe Barbier,
l’éditorialiste du journal L’Express
pour qu’il s’explique sur son
concept « antiraciste » de
« travailler à l’antillaise ».
-
Fréderic Lefebvre,
porte-parole de l’UMP, détecteur
automatique de « tontons macoutes »
(tous les nègres se ressemblent
n’est-ce pas ?)
-
Henri Guaino, conseiller
spécial de Sarkozy quand il avoue
(sûrement sous la pression de
« tontons macoutes ») : « Dans ces
territoires d'outre-mer, le partage
des richesses n'est pas équitable, on
est en face d'une économie de rente
parfaitement organisée (...). Ce
qui fait qu'une partie importante de
la population subit une situation
d'injustice qui n'est pas tolérable
au sein de la République", allant
même à évoquer "des formes
d'exploitation et d'injustice
qui ne sont pas acceptables
au XXIe siècle.[…] Quand vous
subissez l'injustice, vous avez
plus de chances de réveiller le
problème identitaire que si tout le
monde se sent dans une République de
citoyens égaux en droits, en dignité
et en devoirs ». Ces propos ne
sont-ils pas de nature à inciter à
la haine contre ceux qui
« organisent » cette « économie de
rente » ?
-
Yves Jego pour avoir susurré
à l’oreille du porte-parole du LKP :
« Monsieur Domota, j’ai vu
l’ensemble des chefs de service.
J’ai vu qui décide et qui exécute.
Il faut changer cela ! ». Et
encore aux patrons « il faut cesser
ces pratiques ancestrales »
N’est-ce pas livrer à la vindicte
populaire certains chefs de
service ? Et le même Jego parti en
guerre contre les « monopoles » et
la « profitasyon » ? Que
dites-vous : incitation à la haine
des monopolistes, des « profitationistes »
(néologisme employé par Jego !) et
des « pratiqueurs ancestraux » ?
-
Edouard Boulogne (si vous
n’êtes pas encore tombé sous son
charme « capiteux » de pucelle
joséphinienne - il va vous expliquer
la métaphore !) :
« Ce sont les africains qui
nourrirent toutes
les traites d'esclaves de par le
monde, y compris la traite
atlantique, qui concerne plus
particulièrement les Antilles et
l'Amérique. La colonisation, à
partir de la deuxième moitié du 19è
siècle porta un rude coup à cette
honteuse et ancienne coutume qui....
réapparut avec la décolonisation
dans les années 1960 » (9 mars 2007).
Il va certainement s’empresser de
supprimer ces propos sur son blog
comme il a supprimé l’article très
« chrétien antiraciste » :
« Esclavage : éléments pour une mise
à plat du phénomène ». N’êtes-vous
pas aussi gardien de la Loi Taubira ?
-
Et enfin, Jean-Michel Prêtre
(vous le connaissez ?) pour avoir
dit sur Canal 10, il y près de 5
mois : « quand je vais à Jarry et
que je regarde en haut je ne vois
que du blanc, quand je regarde dans
les ateliers, je ne vois que du
sombre ». Pourrez-vous, monsieur le
procureur vous autosaisir contre
vous-même pour incitation à la haine
raciale des gens d’en « haut ».
Monsieur, puisque visiblement vous vous
ennuyez, moi qui ne suis ni « chef de
service », ni organisateur « d’économie
de rente », en un mot moi, qui n’ai pas
les moyens, je vous implore de lancer un
avis de recherche à l’encontre :
-
Des criminels racistes
(politiques, exécuteurs,..) qui ont
massacré des dizaines de
guadeloupéens en mai 1967
dans les rues de Pointe-à-Pitre et
qui nous empêchent d’accéder aux
archives portant sur ces événements.
-
De Sophie Vannier qui en
février 1979 a arboré au lycée de
Baimbridge un t-shirt avec le
slogan : « je suis raciste, je
n’aime pas les noirs ». Pour elle et
pour ses amis, pas une seule minute
d’information judiciaire. Un d’entre
eux s’est même fait applaudir par
des milliers de noirs guadeloupéens
lors d’une récente course de voile.
-
De l’adjudant de gendarmerie
Michel Maas, responsable de
la mort du jeune lycéen Charles
Henri Salin le 18 novembre 1985, qui
pour ce haut fait d’armes a eu pour
« terrible sanction » de...monter en
grade.
Vous comprendrez aisément que cette aide
historique nous sera très profitable car
elle nous permettra d’entrevoir enfin
une « entrée dans l’histoire » faisant
ainsi honneur à votre président Sarkozy.
N’oubliez pas aussi, Monsieur le «
prokirè » (Je suis obligé de vous donner
des idées car je sens chez vous comme
une tentation à « travailler à
l’antillaise » !) de mettre en examen
Messieurs Jego, Desforges, Fillon,
Sarkozy pour parjure (accord du 8
février non respecté) et pour
escroquerie intellectuelle (Jego dénonce
le préambule de l’accord Bino signé
pourtant en présence du préfet et des
médiateurs).
S’il vous reste un peu de temps entre
deux émissions de Canal 10, et si vous
souhaitez vraiment entrer vous aussi
dans l’histoire malgré la « torpeur
tropicale », mettez Aimé Césaire
en examen à titre posthume pour
« incitation à la haine raciale » car
c’est lui qui a prédit le « génocide par
substitution ». Nous pourrons même vous
donner un coup de main pour cette
affaire-là, suivant la logique de
Fréderic Lefebvre nous pratiquons aussi
le Vaudou, alors soumettre un mort à la
question, ce sera pour nous un jeu
d’enfant, voire de « grands enfants ».
Pour finir, Monsieur je vous demande de
bien vouloir respecter nos traditions
car Vaval ne se promène jamais comme
cela en plein carême (ayez la décence
d’attendre au moins le
jeudi-mi-carême !) et d’exiger de votre
ministre de tutelle qu’il commence à
construire des centaines de prisons pour
accueillir tous ces « racistes » : vous
ferez d’une pierre deux coups, vous vous
débarrassez d’affreux « racistes » tout
en permettant à de nombreux surveillants
de prisons guadeloupéens exerçant en
France d’obtenir leurs mutations.
Les Abymes, le 10 mars 2009.
Ronald SELBONNE ( wonal)
32 rue de la clinique
Les Abymes
Guadeloupe