Je
tiens d’abord à mettre en garde les
lecteurs. Utilisant un subterfuge
d’appellation, M. Dahomay semble
laisser croire aux lecteurs de sa
diatribe parue sur Internet qu’on se
connaît au point de s’appeler par
des diminutifs. Or je tiens à
préciser que je n’ai pour M. Dahomay
ni sympathie, ni sentiment d’une
quelconque proximité, encore moins
de l’estime.
Au contraire, j’ai toujours été
frappé, malgré le fatras de mots, de
références et de citations dont il
travestit chacune de ses
interventions, j’ai donc toujours
été frappé par la pauvreté d’esprit
qui caractérise les quelques unes de
ses interventions qu’il m’a été
donné d’entendre. Déjà, à Bordeaux,
lorsque M. Dahomay fréquentait un
petit cercle de réflexion que nous
avions, nous étudiants antillais,
instauré, certains d’entre nous se
demandaient s’il fallait continuer à
l’inviter à cause de son indigence
de pensée.
Lisant la prose de M. Dahomay, je
pense à Césaire - « je déteste les
larbins de l’ordre et les hannetons
de l’espérance » - et à Senghor qui
évoquait la « Nuit qui me délivre
des salons des sophismes, des
pirouettes, des prétextes ».
Sophismes, pirouettes et prétextes,
à coup sûr, caractérisent ce qui lui
tient lieu de pensée au point que
les sujets traités par M. Dahomay
révèlent un niveau intellectuel de
l’ordre d’une dissertation à peine
moyenne d’un élève de terminale.
Avec néanmoins, chez l’élève, la
logorrhée en moins.
En réalité, M. Dahomay ne doit son
existence qu’à son appartenance au
petit troupeau d’admiratifs du
parisianisme culturel, de ses salons
et de ses animateurs auprès desquels
il joue son rôle : celui du
« colonial ami », pour reprendre
l’expression de René Ménil.
Voilà pourquoi, je n’ai accordé
aucune importance à la prose de M.
Dahomay et à sa pauvre existence,
lorsque dans mon texte intitulé
L’impudeur, j’ai cru devoir
rappeler à l’ordre ceux qui, tout en
se parant du boubou de la
prédication morale, lançaient contre
un écrivain, de manière passablement
irresponsable, des accusations qui
pour le moins étaient sans
fondements. M. Dahomay semble être
d’ailleurs un spécialiste de la
chose, puisque sur la question très
discutée du rapport de Heidegger au
nazisme, il tranche avec le même
simplisme de l’inculte qui le
caractérise.
Je continuerais bien volontiers à
ignorer la pauvre existence de M.
Dahomay, s’il ne s’était permis dans
la dite lettre de 9 pages, aussi
creuse et anecdotique que son
auteur, de me reprocher d’avoir
passé sous silence le fait qu’il
avait réagi aux propos de
Finkielkraut. M. Dahomay, bouffi de
prétention, est donc en plus
persuadé que je guette les moindres
parutions de sa prose. C’est en
réalité un ami qui m’a informé de
l’existence de la lettre de M.
Dahomay à Finkielkraut. Et, pour une
fois, j’invite les lecteurs à lire
cette lettre gémissante,
pleurnicharde et larmoyante, afin
qu’ils se fassent une idée du degré
d’intériorisation de la servitude
chez M. Dahomay qui n’a jamais
dépassé le premier mouvement de la
dialectique du Maître et de
l’Esclave.
Pour toutes ces raisons, il n’a
droit qu’à ma compassion.
André LUCRECE, écrivain.