SOCIOLOGIE
CULTURELLE ET POLITIQUE
"Dans le décor
spectaculaire, le regard ne rencontre
que les choses et leur prix. "

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Les
programmes mondiaux pour
la santé obtiennent de
bons résultats dans des
domaines spécifiques
(VIH/sida, tuberculose,
paludisme, etc.) mais
engendrent des effets
imprévus sur les
systèmes de santé
locaux. Sortant de la
"spéculation et des
anecdotes", un
rapport sans précédent
de l'Organisation
mondiale de la santé
(OMS), publié samedi 20
juin par la revue The
Lancet, rassemble
les données existantes
et celles de quinze
nouvelles études pour
établir ce bilan nuancé.
Depuis 2000, plusieurs
grandes initiatives
mondiales sur la santé
ont été lancées pour
combattre spécifiquement
une maladie. Le groupe
constitué par l'OMS sur
"la maximalisation
des synergies positives"
a centré son attention
sur les quatre
principales initiatives
mondiales : le Fonds
mondial de lutte contre
le sida, la tuberculose
et le paludisme, le Plan
d'urgence du président
des Etats-Unis
d'Amérique pour l'aide à
la lutte contre le sida
(Pepfar), l'Alliance
mondiale pour les
vaccins et la
vaccination (Gavi) et le
Programme plurinational
de lutte contre le
VIH/sida (PPS) de la
Banque mondiale. Premier
constat : ces
initiatives ont
"changé la manière dont
les donateurs
internationaux
fournissent l'aide à la
santé publique",
indique le rapport.
L'aide au développement
consacrée à la santé est
passée de 4 milliards
d'euros en 1990 à 16
milliards en 2007.
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Festival
Mondial
des Arts
Nègres
Pour le
centenaire
d'Aimé
Césaire en
2013
La
Martinique
candidate à
l'organisation
du 4 ème
FESMAN ?
par Roland
Sabra

Le FESMAN
(Festival
Mondial des
Arts Nègres)
est un peu
L'Arlésienne
d'Alphonse
Daudet mise
en musique
par Georges
Bizet. On en
parle plus
qu'on ne le
voit. La
première
édition
prévue en
1961, puis
en 1963 puis
en 1965,
s'est
finalement
tenue en
1966 à
Dakar. Il
s'agit à
l'origine,
d'une
initiative
de Leopold
Sédar
Senghor pour
« parvenir
à une
meilleure
compréhension
internationale
et
interraciale,
d’affirmer
la
contribution
des artistes
et écrivains
noirs aux
grands
courants
universels
de pensée et
de permettre
aux artistes
noirs de
tous les
horizons de
confronter
les
résultats de
leurs
recherches ».
Objectif
louable
puisqu'il
permettait
d'affirmer,
pour la
première
fois de
façon très
officielle
et très
festive la
négritude.
Les
personnalités
réunies à
cette
occasion
témoignent
de la
diversité et
de la
richesse de
cette
édition. On
retrouve
parmi les
participants
: André
Malraux,
Aimé
Césaire,
Duke
Ellington,
Joséphine
Baker,
Langston
Hughes et
bien
d'autres.
Tous les
arts étaient
représentés :
arts
plastiques,
littérature,
musique,
danse,
cinéma, etc.
Il fallu
attendre
onze ans
(1977) pour
voir la
deuxième
édition du
FESMAN à
Lagos (
Nigéria)
autour du
thème
« Renaissance
africaine,
diversité
culturelle
et unité
africaine »
et
vingt deux
ans pour
voir émerger
la troisième
édition à
Dakar du 1er
au 14
décembre
2009.
Comme
l'écrit,
avec
emphase, un
internaute :
Qu’est-ce
que le
FESMAN 2009
? C’est
l’invitation
de Maître
Abdoulaye
Wade,
président du
Sénégal, à
l’adresse de
tous les
peuples
noirs ;
c’est le
legs absolu
de Senghor,
“l’homme qui
prit en
mains le
destin
culturel
d’un
continent” ;
c’est le
souffle et
la vie de la
culture
noire,
engagés dans
la plus
grande
compétition
culturelle
mondiale ;
c’est
l’héritage
d’Aimé
Césaire et
d’Alioune
Diop; ce
sont la
voix, les
gestes et
les œuvres
d’un
milliard et
demi d’êtres
humains,
d’Afrique,
d’Amérique
et
d’Europe. »
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Athènes ressuscite son
Olympe
Le
nouveau Musée de
l'Acropole est une
création de l'architecte
Bernard Tschumi (au
premier plan).
Crédits photo : AP
La Grèce
inaugure, samedi, un
musée de 25 000 m2 en
contrebas du Parthénon
dans l'espoir de
récupérer les importants
vestiges conservés à
Londres.
Situé en
contrebas du Parthénon,
le nouveau Musée de
l'Acropole, dû à
l'architecte
franco-suisse Bernard
Tschumi, est la
conséquence d'une
bataille digne des
Atrides. Depuis 1982, la
Grèce réclame à la
Grande-Bretagne la large
partie subsistante de la
frise de Phidias qui
couronnait le temple
dédié à Athéna. Tout le
deuxième étage du
bâtiment lui est
consacré. Mais pour
l'heure, il n'accueille
quasiment que des
moulages de plâtre. Plus
de la moitié du décor
original, en marbre,
long à l'origine de 160
mètres, et riche, si
l'on en croit les
reproductions anciennes,
de 612 figures divines,
humaines et animales, se
trouve au British Museum.
Ces vestiges sont
pourtant essentiels pour
qui entend expliquer le
site sacré de
l'Acropole, socle de
notre civilisation.
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Vérité américaine
Tout
d'abord, je me présente
: Catherine, 42 ans, d'Ecouflant
(49)
Cela fait longtemps que
je lis vos articles. Je
ne me suis jamais
inscrite parce que ...
ben ... intéressée mais
sans compétences
particulières pour
prétendre apporter une
quelconque contribution
!
Aujourd'hui, je
voudrais juste
témoigner... pas un
avis, pas une
contribution
"d'experte", juste un
vécu, une réalité !
En 1989, jeunes mariés,
mon mari et moi décidons
de "tenter notre chance"
aux USA.
D'abord comme beaucoup,
nous faisons des petits
boulots (Restaurants,
commerces,
enseignement...),
installés dans le middle
west, d'abord dans
l'Iowa puis l'Indiana
pour petit à petit
"construire notre rève
américain" et nous
installer dans l'Ohio.
Nous trouvons alors un
boulot "sérieux" en 1994
dans une des "real-estate"
les plus importants du
coin (Sibcy-Cline pour
ne pas la citer), lui à
terme, en tant que "Account
Executive" - Insurance
Services - (comprenez en
gros "agent d'assurance"
sur les maisons vendues
:) et moi en tant que "Realtor"
(comprenez en gros
"agent immobilier").
TRES bien installés,
"rêve américain"
"acquis", argent facile
et sans compter ... nous
obtenons la nationalité
américaine en 1998.
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Peut-on se passer de
principes dans les
luttes sociales ?
par
Jacky Dahomay
Je
dédie cette modeste
réflexion à Josy
Saint-Martin, à mes
sœurs Lita et Rita,
toutes trois
enseignantes à la
retraite et à tous ces
enseignants que j’ai
croisés dans ma longue
carrière et qui m’ont
toujours donné l’exemple
d’une exigence éthique
dans leur métier
d’enseignant.
S’il y a
une chose qui donne à
penser voire inquiète
constamment, c’est la
perte de principes dans
certaines luttes
syndicales. Il y a
longtemps que certains
parmi nous dénonçons ce
que nous appelions des
« dérives syndicales ».
C’est comme si notre
société connaissait une
sorte d’anomie ou de
perte de valeurs qui se
manifesterait aussi dans
les méthodes de luttes
sociales. Force est de
constater aujourd’hui,
même après le grand
mouvement social de ces
derniers mois, la
persistance de ces
dérives qu’on se demande
aujourd’hui s’il s’agit
d’une ligne suivie ou de
simples dérives qui
affectent surtout
gravement le domaine
public dont celui de
l’éducation.
Donnons quelques
exemples. Des grévistes
ont souillé, à
Sainte-Anne, une école
primaire en versant de
l’huile de vidange dans
les salles et sur les
bancs devant accueillir
des enfants. Quel que
soit ce que l’on puisse
penser de la légitimité
de leurs revendications,
la chose est absolument
inadmissible. Ce fait
n’est pas nouveau. Les
mêmes actes avaient déjà
été produits dans une
école maternelle du Nord
Basse-Terre et à la
médiathèque du Gosier. A
ma connaissance, aucun
syndicat enseignant n’a
condamné publiquement de
tels agissements. En
outre, des dirigeants
syndicaux bien connus se
sont rendus à la Maison
départementale de
l’enfance (autre lieu
d’éducation) et,
trouvant sans doute les
militants syndicaux de
base trop mous dans le
conflit qui les oppose
au Directeur de
l’établissement, se sont
permis de crever les
quatre roues de
l’automobile de ce
dernier.
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MANIFESTE DES
CREATEURS CULTURELS
On bon
lyannaj pou lyanné
poubon
Il n’y
a pas de Guadeloupe. Pas
encore.
Dans le
désordre, qui veut dire,
la désorganisation
temporaire de l’ordre
DOM, elle a hélé quelque
chose au passage. Un
chalvari de mots,
de sentiments, de tout,
défiant les vocabulaires
encravatés qui, du coup,
sont devenus désuets :
en combien d’euros
évaluer ce qu’on a vécu,
qui s’appelle vivre,
quand La Pointe Jarry
pointait aux îles
désertes, quand
Carrefour n’était plus
le quatre-chemin de
personne, quand le port
était contraint
d’écouter la mer en
silence ? Et puis, quels
Etats Généraux
pourraient contenter un
peuple dans tous ses
états, quand souffle ce
vent folâtre, cet
avant-goût de liberté,
sur tous les articles
73-74 ékèk, comme sur
des bougies inutiles en
plein soleil ?
Elle
ne sait pas encore dire
où elle va, la
Guadeloupe. Elle annonce
seulement qu’elle vient.
A grands pas. Dans
la cosse d’une grammaire
apprise sous DOM, où la
raison économique
prétendait être la seule
à devoir nous relier
d’homme à homme tout
comme une religion,
germait violemment notre
étrangeté de peuple. Ce
grand wélélé à
ciel ouvert, ces
tambours en drivaille,
ont épelé tant
d’inimaginables
possibles ! Ceux qui,
auparavant, faisaient
métier de tout
comprendre pour tout
mettre à la norme afin
d’apprendre au peuple ce
qu’il doit être, les ont
entendu comme jamais.
Mais les voilà ababa,
feuilletant des pages
mille fois lues et tant
apprises, tout étonnés
de constater que rien de
tout cela n’était écrit.
Alors,
il est peut-être venu,
le temps de lâcher les
capteurs d’âme, les
plongeurs qui de
l’effervescence
pourraient nous ramener
ces trésors de
nous-mêmes, que nous ne
savons pas, mais aimons
déjà. Auteurs,
écrivains, poètes,
musiciens, comédiens,
danseurs, plasticiens,
cinéastes, raconteurs de
toutes sortes, nous que
relient d’autres valeurs
que l’euro, bim-partons !
Oui, c’est bien la
Guadeloupe que nous
sentons submerger le
DOM. Ce sont les
balbutiements d’une
pensée renouvelée qui
ont occupé la rue, faute
de lieu où se faire voir
ou entendre, et de page
où s’écrire. Ce sont les
gestes des sans voix et
des sans plume pour se
dégager de l’engrenage
consumériste, et pouvoir
comprendre, maîtriser et
traduire un destin de
peuple.
Quand
l’homme s’extrait des
mécanismes biologiques
du manger et du boire
pour clamer son
existence collective au
monde, alors, il y
a, pour de bon, un appel
d’air de culture, puis
d’Œuvre. Tout ce qu’il
faut pour nous
construire et nous
maintenir en tant
qu’humanité.
Nous en
appelons donc aux
créateurs de culture,
non en tant que
supplétifs du mouvement,
mais en acteurs,
pleinement an liyannaj,
capables de mettre en
lumière tout ce que nous
aimons de nous-mêmes,
nos valeurs partagées,
de faire surgir nos
symboles nécessaires, de
retisser tout notre
imaginaire. Et,
par-dessus tout, d’aider
la Guadeloupe à changer
de stature par une
reformulation inédite et
multiple de son vouloir.
KOLEKTIF SONNY RUPAIRE
19
mars 2009
Voir la liste des
premiers signataires |
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Julien Coupat : " La
prolongation de ma
détention est une petite
vengeance "
Entretien avec le
principal suspect
dans l'affaire des
sabotages contre la
SNCF
Voici
les réponses aux
questions que nous avons
posées par écrit à
Julien Coupat. Mis en
examen le 15 novembre
2008 pour " terrorisme "
avec huit autres
personnes interpellées à
Tarnac (Corrèze) et à
Paris, il est soupçonné
d'avoir saboté des
caténaires SNCF. Il est
le dernier à être
toujours incarcéré. Pour
des raisons de place,
Le Monde a coupé une
question et sa réponse
dans la version
imprimée, mais publie
l'intégralité de
l'entretien sur
lemonde.fr. M. Coupat a
demandé à ce que
certains mots soient en
italiques.
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Professeur
de nutrition
honoraire à la
faculté
Xavier-Bichat à
Paris, directeur de
l'unité Inserm de
nutrition humaine,
Marian
Apfelbaum a
publié plusieurs
livres sur la
nutrition et un
récit né de son
expérience
personnelle, Retour
sur le ghetto de
Varsovie (éd. Odile
Jacob, 2002).
Alli,
premier médicament
antiobésité vendu
sans ordonnance, est
une version allégée
du Xenical de Roche,
vendu sur
prescription depuis
une dizaine
d'années. Qu'est-il
exactement ?
Le principe actif
d'Alli, comme de
Xenical, est l'orlistat.
Si on le cherche sur
le site de
l'Association des
bibliothèques
américaines (OCL),
dont je suis membre,
on trouve 941
articles
scientifiques. Les
trois derniers
datent de mai 2009.
Dans le Xenical, l'orlistat
est dosé à 120 mg
par comprimé, et
dans Alli à 60. On
constate que pour le
premier produit,
plus dosé, le taux
de mortalité depuis
dix ans est très bas
- je parle de morts
étranges pendant la
prise du traitement,
sans aucune preuve
directe
d'interaction avec
lui.
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Une
ancienne adepte a
raconté mardi au
tribunal comment elle a
été délestée de 21.000
Euros en 4 mois. Les
prévenus la déclarent
consentante.
Une
ancienne adepte
de la Scientologie a
livré mardi 26 mai au
tribunal de Paris un
récit accablant de son
passage en 1998 dans ce
groupement jugé pour
"escroquerie en bande
organisée" et qui risque
la dissolution.
Aude-Claire Malton a
raconté avoir été
délestée de
21.000 euros en quatre
mois pour
suivre des cours et une
séance de "purification"
consistant en quatre
heures de sauna par jour
pendant treize jours,
des joggings intensifs
et l'administration de
vitamines ayant amené
des troubles gastriques.
Elle estime qu'il
s'agissait de la mettre
dans un état de
faiblesse entraînant
d'autres prestations
payantes.
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Santé. La ministre
vient de saisir la
Haute Autorité de
santé.
ÉRIC
FAVEREAU
et CHARLOTTE
ROTMAN

C’était un
changement réclamé de
longue date par tout le
milieu associatif. La
veille de la Journée
mondiale contre
l’homophobie, la
ministre de la Santé a
annoncé à Libération
qu’elle venait de saisir
la Haute Autorité de
santé (HAS) «afin de
publier un décret
déclassifiant la
transsexualité des
affections
psychiatriques de longue
durée». La question
avait été évoquée au
sein du gouvernement,
mais même les plus
optimistes des militants
LGBT (lesbiens, gays, bi
et trans) hésitaient à
croire à une annonce.
«Trouble».
Qu’est-ce qui va changer
? Les trans ne
seront plus… dérangés.
Ce n’est qu’un geste,
mais dans les liens
historiquement complexes
entre psychiatrie et
transexualisme, ce
décret devrait apporter,
enfin, un peu plus de
clarté. Et surtout de
liberté. Aujourd’hui,
selon le ministère de la
Santé, «les personnes
qui souffrent de trouble
précoce de l’identité de
genre, les transsexuels
ou transgenres, peuvent
bénéficier de
l’exonération du ticket
modérateur pour les
soins et traitements au
titre de l’affection
longue durée n° 23 (ALD
23) "affections
psychiatriques de longue
durée"». Or, les
transsexuels ressentent
cette admission en ALD
23 «comme très
stigmatisante»
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Fonctionnaires
responsables de tous les
maux !
par Jean-Georges VOISIN
Secrétaire Départemental
SNPTES-UNSA (Syndicat
National des Personnels
Techniques de
l’Enseignement
Supérieur)
Si la population
en général a toujours
stigmatisé les
travailleurs de la
fonction publique, cela
relevait plus de la
taquinerie que du
mépris.
Le schéma décrivant ce
travailleur assis
derrière un bureau ou un
guichet et accomplissant
sa tâche avec une
désinvolture telle qu’il
a fait l’objet de toutes
les railleries, ne peut
continuellement exister.
Mais le pire, c’est
lorsque des
intellectuels ou autres
responsables politiques
s’amusent à jeter en
pâture ces travailleurs
nécessaires à
l’organisation de notre
société.
Ainsi, la Poste (jadis
fonction publique) ou
encore la Sécurité
Sociale sont, avec les
mairies, les lieux où
les administrés se
plaignent le plus
souvent de la production
des travailleurs. Les
autres services
publiques sont moins
décriés mais n’échappent
pas aux critiques tout
aussi acerbes.
Il est vrai que certains
des représentants de la
fonction publique n’ont
pas la conscience de
l’importance de leur
mission auprès du public
par incompétence, manque
de formation ou
désintérêt.
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St
Claude, le 13 mai 2009

Je viens de
recevoir d'une amie que
j'estime une pétition
qui crie au sauvetage du
Cinéma d'Arbaud...
Depuis quelque mois,
j'ai l'impression que
mon pays s’enlise dans
une tragicomédie
bouffonne. Que chacun se
rassure, Toto et Gillot
sauveront le d’Arbaud
avec notre argent (one
more time !) car
tactiquement, le coup
politique est trop beau
et permet de couper
l’herbe sous le pied du
LKP et de LMC. Mais
posons nous honnêtement
quelques questions ; si
le d’Arbaud coule,
n’est-ce pas parce que
les Basse-Terriens,
soudain farouchement
déterminés à le sauver,
n’y mettaient plus les
pieds depuis fort
longtemps ?
Les
employés de cette
entreprise n’étaient ils
pas eux-mêmes en grève
il y à peu ? Mais
peut-être (comme une
partie de la population
Guadeloupéenne) se
sont-ils cru
miraculeusement exonérés
des principes macro
économiques élémentaires
? Il est vrai que depuis
quelques mois nous
sommes prompts à nous
gargariser de jugements
à l’emporte-pièce et
d’aphorismes bon marchés
du genre : « On ne fait
pas d’omelettes sans
casser des oeufs ! »
Posons nous encore cette
question : Où est donc
passée l’omelette ? car
les oeufs cassés seront
facile à trouver au
tribunal de commerce et
au Pôle Emploi… Enfin,
tant qu’on à pas tué la
poule aux oeufs d’or (=
l’Etat = notre poche !)
une farce bouffonne
disais-je ?
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La
vie démocratique n’est
jamais un long fleuve
tranquille.
Après
l’occupation temporaire
du Conseil général
conduite par le LKP,
j’ai beau me tâter, me
toucher le front,
mesurer ma tension, je
n’arrive pas à me sentir
choqué plus que de
raison. Beaucoup moins
que lorsque je vois nos
collectivités, de
mandature en mandature,
utiliser l'argent public
afin de maintenir une
économie de rente.
En tout cas, ma
petite musique, que j’ai
envie de faire entendre,
est sans commune mesure
avec la symphonie des
cris de vierges
effarouchées, jouée par
la bien-pensance de nos
parages et orchestrée de
main de chef par deux
frileux d’un ordre
élevé. Je ne ferai pas
monter la sauce.
Je m’adresserai d’abord
aux amis proches: au LKP,
donc. Je lui dirai que
lorsqu’une action, à la
différence de toutes
celles entreprises
jusque là, refroidit ou
remplit de doute des
soutiens jusque là
acquis, lorsque parmi
les manifestants même,
beaucoup trop,
préalablement ignorants
de l’intention, se sont
sentis mis devant le
fait accompli, il faut
chercher l’erreur.
Gentiment. Sans
culpabiliser outre
mesure. Ça fait partie
du boulot. Le plus sûr
moyen d’éviter les
erreurs c’est ne rien
faire, ne rien tenter.
Et ça, honnêtement, je
ne saurais le
conseiller. Mais, quand
même, quelle que soit sa
légitimité et sa
capacité de
mobilisation, aucun
mouvement de
contestation ne peut
s’offrir le luxe de
perdre ne serait-ce
qu’un seul allié, sauf
si l’enjeu en vaut
vraiment la peine. Et
puis, contraindre le
laborieux président
Gillot, qui s’est donné
tant de mal pour
travailler son solo, à
s’engluer dans la
logorrhée lurélienne, ce
n’est vraiment pas
sympa, les gars.
Heureusement, le LKP n’a
pas pris les assemblées
pour entamer d’autorité
son propre mandat. Il
n’aurait su quoi faire
de ces deux assemblées.
Le Kolektif n’est pas
fait pour ça et je ne
pense pas qu’il en ait
jamais eu le goût.
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La vie démocratique
n’est pas une retenue
d’eau

par Caroline OUDIN-BASTIDE
Quand
j’ai reçu, pour
éventuelle signature, le
texte plus tard publié
sous le titre « Soutenons
les luttes sociales mais
défendons les principes
démocratiques »,
j’ai éprouvé quelques
réticences. Malgré mon
adhésion sur le fond du
problème posé – il est
évidemment inacceptable
d’empêcher la tenue d’un
débat réunissant élus et
membres de la société
civile –, il m’a semblé
qu’il y manquait une
certaine prise de
distance à l’égard de la
démocratie
représentative telle
qu’elle s’exerce dans la
cadre français et plus
particulièrement à la
Guadeloupe (modes de
scrutin excluant souvent
les partis minoritaires,
taux d’abstention élevés
révélateurs du
désintérêt de nombreux
Guadeloupéens pour la
Chose publique mais
aussi du manque de
confiance de nombreux
électeurs à l’égard du
système). Ayant rompu au
début des années 1980
avec « l’abstention
révolutionnaire » qui me
semblait être le masque
de l’impuissance
politique, j’ai trop
souvent, comme de
nombreux électeurs, voté
« contre » pour
considérer les élus
comme les représentants
authentiques du peuple.
On ne peut, me
semble-t-il, admettre,
comme le fait le texte,
que la démocratie
représentative puisse
être considérée comme
« en panne » et ne pas
établir un lien entre
cette « panne » et le
comportement du LKP.
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Le rapport annuel
de SOS homophobie
insiste sur
l’intolérance des
proches et livre des
témoignages.
Par
DIDIER ARNAUD
Méfiez-vous
des vôtres. Ce sont
eux qui font le plus
mal. Les frères, les
sœurs, le père, la
mère ou les cousins.
Ils sont les plus
cruels. C’est une
des conclusions du
rapport annuel
présenté hier par
l’association
SOS homophobie.
«L’homophobie, dans
l’entourage proche,
est sans doute ce
qui déstabilise et
blesse le plus les
victimes qui nous
contactent»,
note le rapport. Les
témoignages parvenus
à l’association sont
en augmentation de
36 % par rapport
à 2007 (1). «On
a l’impression qu’on
est dans une France
d’il y a trente ans,
n’hésite pas un des
auteurs. On reste
sans voix par
rapport aux gens qui
nous appellent. Cela
va du simple rejet,
au jeune qui va être
tabassé par ses
parents, ou exclu de
chez sa mère qui lui
a dit : "J’aurais
préféré que tu ne
naisses jamais."»
Celui-ci, c’était
Sylvain. Il avait
27 ans. Il ne l’a
pas supporté. C’est
à lui qu’est dédiée
cette étude 2009.
D’autres souffrent
toujours.
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Agression homophobe du
Robert :
La justice laisse
l’agresseur
en liberté et cautionne
la désinvolture des
gendarmes
(Tjenbé
Rèd demande à être reçue
par Rachida Dati et
Michèle Alliot-Marie)
Le 3 avril au
Robert (Martinique), un
Martiniquais, Richard
Adenet-Louvet, était
agressé et menacé de
mort, ainsi que son
compagnon européen, par
un voisin et ses deux
fils.
«Sales makoumès
(pédés),
vous ne méritez pas de
vivre, on va vous
découper»
: tels sont (parmi
d’autres) les propos et
menaces qu’ils avaient
dû entendre, alors que
leurs agresseurs
agitaient des
«coutelas»
de 75 cm de long.
Le
voisin et son fils
majeur comparaissaient
aujourd’hui, lundi 11
mai, devant le tribunal
de grande instance de
Fort-de-France. Selon un
adhérent de notre
association, présent à
l’audience, ils ont été
condamnés à un an de
prison avec sursis pour
le père et six mois pour
le fils, ainsi qu’à une
période probatoire de
deux ans durant laquelle
ils ont interdiction de
s’adresser à Monsieur
Adenet-Louvet, de
pénétrer sur la
propriété de sa famille
ou de porter un coutelas
en dehors de leur
domicile ; Ils doivent
également solidairement
lui verser 1800 euros de
dommages-intérêts et 500
euros de frais d’avocat.
Tjenbé Rèd,
association noire &
métisse LGBT (lesbienne,
gaie, bi & trans),
regrette un verdict
laissant Monsieur
Adenet-Louvet au contact
de ce voisin qui a levé
l’arme sur lui et qui
venait de passer treize
ans en prison pour
assassinat.
Par ailleurs,
Tjenbé Rèd
regrette que les
irrégularités commises
par les gendarmes après
l’agression n’aient pas
fait l’objet d’un
éclaircissement de la
part du procureur
général près la cour
d’appel de
Fort-de-France,
Jean-Michel Durand,
pourtant saisi par nos
soins et par lettre
recommandée, dès le 8
avril.
En conséquence,
Tjenbé Rèd
demande à être reçue par
Mesdames Rachida Dati,
garde des sceaux,
ministre de la justice,
et Michèle Alliot-Marie,
ministre de l’intérieur,
de l’outre-mer et des
collectivités
territoriales, qui
doivent ici clarifier la
politique du
gouvernement en matière
de répression des actes
homophobes et
d’accompagnement des
victimes.
Pour
Tjenbé Rèd !
Le
secrétaire général, Yann
Carl
|
Cinq volumes, deux
mille six cents
pages, neuf ans
d'enquête et un
résultat édifiant :
entre 1930 et 1990,
des prêtres et des
moines ont battu et
violé des enfants
dans deux cent seize
institutions
catholiques
d'Irlande, selon un
rapport rendu
public, mercredi 20
mai, par une
commission d'enquête
spéciale.
"Un climat de
peur, créé par des
sanctions
omniprésentes,
excessives et
arbitraires, s'est
propagé à la majeure
partie des
institutions, en
tout cas à toutes
les institutions de
garçons",
écrivent ainsi les
auteurs du rapport,
"Les enfants
vivaient dans un
climat de terreur
quotidien, en se
demandant d'où
viendraient les
prochains coups."
"Ces endroits
n'étaient pas des
foyers d'accueil",
explique John Kelly,
coordinateur d'une
association d'aide
aux victimes et qui
a lui-même subi des
sévices."C'étaient
des goulags. Les
enfants étaient
loués à des fermiers
comme esclaves."
La plupart des
victimes étaient des
jeunes gens en
situation difficile,
souvent orphelins ou
délinquants. "Il
y avait des murs de
dix mètres
d'épaisseur. C'était
une garnison
militaire. Ils
n'utilisaient pas
nos noms. Nous
avions tous un
numéro", a-t-il
expliqué.
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|
|
Défendons les principes
démocratiques
par David
DAHOMAY
Il
s’est passé le jeudi 7
mai à Basse-Terre
quelque chose de grave
que nous, citoyens
guadeloupéens, ne
pouvons tolérer et qu’il
faut éclaircir.
Le président du Conseil
Général, Monsieur
Jacques Gillot, avait
décidé de réunir en
Congrès les élus de la
Guadeloupe en invitant
aussi de nombreux
acteurs de la société
civile dont Elie Domota
et LKP. Voulant
apparemment tenir compte
des critiques souvent
adressées aux élus,
Monsieur Gillot –du
moins telle était son
intention clairement
exprimée- espérait «
donner la parole aux
citoyens » les invitant
à « construire ensemble
un projet guadeloupéen
de société », selon les
termes même de
l’invitation adressés à
tous. Il s’agissait,
selon les dires du
Président du Conseil
Général, d’élaborer
ensemble une méthode. A
l’évidence était
recherchée là une
démocratie plus
participative.
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|
Entendre ce que disent
nos compatriotes
par Serge HARPIN

Des
Etats Généraux sans
« Tiers Etat »
- au sens de
Sieyès : un « tout »
qui n’est « rien »
dans un ordre politique
qui ne sert qu’à
préserver les
privilèges ; des Etats
Généraux d’experts. Il y
a là aussi matière à
réflexion sur les
limites de la démocratie
participative, dont
certains font spectacle
pour prouver, par la
mise en scène et
l’exploitation de
l’image, leur supposée
culture démocratique.
Or, à vrai dire, les
assemblées
participatives, le
déroulement des Etats
Généraux le montre bien,
sont encore loin d’être
des espaces d’expression
populaire. Ce sont
plutôt des lieux où les
politiques et autres
experts administrent
leur vérité en usant des
techniques de
l’interactivité et du
potentiel médiatique,
particulièrement
télévisuel, de
démultiplication de
l’effet.
On
nous rétorquera sans
doute que les absents
ont tort et qu’il serait
mal venu plus tard,
après les avoir boudés,
de contester les
conclusions de ces Etats
Généraux. L’argument a
l’apparence du bon sens,
mais il ne prouve au
fond qu’une chose : nous
n’avons toujours pas
entendu ce que n’ont
cessé de dire et de
répéter nos
compatriotes :
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|
Comment
dit-on en Béarnais :
« La France est une et
indivisible » ?
La France
qu’ey ve et n’es pot pas
divisar.
Je
commence toujours mes
entretiens par une
question sensée
recentrer la personne
interviewée en
elle-même : comment vous
présenteriez-vous
François Bayrou ?
Je suis
un citoyen français,
républicain et
démocrate. Je suis un
responsable politique né
dans les Pyrénées,
enraciné dans ce pays
que j’ai la chance de
représenter à
l’assemblée nationale
depuis bientôt 25 ans.
En 2007, j’ai eu la
chance de parvenir aux
portes du deuxième tour
de la dernière élection
présidentielle en
recueillant plus de 7
millions de voix.
Depuis, je bâti un
courant politique
nouveau.
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|
|
De
la crise de la chose
politique en Martinique
Quand la crise
identitaire du pacte
républicain français est
à mettre en lien avec la
crise de la chose
politique en Martinique
Par
Patrick Singaïny.
En
mémoire d’Aimé Césaire.
 C’est
une lapalissade que de
constater combien le
système sarkozyste, dans
l’Hexagone, a très vite
occulté le pacte
républicain français en
le substituant par
« l’idéologie de
l’argent-roi et la
mainmise sur tous les
centres de décision ».
Même un observateur
distrait pourrait
s’apercevoir d’un
symptôme
particulièrement
significatif, tant la
collusion entre le
pouvoir présidentiel et
le pouvoir financier est
transparente voire
démonstrative :
l’abêtissement de la
presse qui ne fait plus
son travail d’éclairage
sur notre présent à
partir de données
comparées et d’une
simple prise de recul,
cela sans oublier de
mentionner bien sûr une
élémentaire indépendance
de traitement de
l’information.
De
l’autre côté de
l’Atlantique, ici dans
notre micro-microcosme,
il sera toujours très
difficile de traiter les
sujets lourds et
transgressifs. Malgré
tout, on pourrait faire
observer à nos
journalistes
–corporation à laquelle
j’appartiens- qu’un pas
de trop a été franchi
dans le manque
d’approfondissement des
sujets politiques depuis
les premiers débats sur
la réforme statutaire,
que l’on se borne à
seulement rendre compte
en s’empêchant avec trop
de prudence de donner
aux citoyens
martiniquais tout le
panorama des enjeux, et,
ce faisant, en laissant
négligemment le champ
libre à toute cette
pseudo-presse qui
prétend l’être et qui
n’est qu’un agent
particulièrement actif
de la militance de ce
qui est devenu ici
politiquement correct :
le fantasme de
l’indépendance anticipée
et ses pestilentielles
injonctions chevillées à
la fois sur le racisme,
tant au sein des
composantes de la
population martiniquaise
qu’envers l’étranger, et
sur cet obscurantisme
qui ne cesse de
s’amplifier.
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|
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Ce qu’il faut savoir
des articles 73 et 74 de
la Constitution
Ces 7 points ont été
puisés dans
l’argumentaire de Forces
Martiniquaises de
Progrès :
VADEMECUM
73
-
74
Forces Martiniquaises
de Progrès
1 - Article 73 :
La Martinique est un
département et une
région. Mais une
assemblée unique peut
remplacer les deux
assemblées actuelles. Et
même, au lieu d’un
département et une
région, le département
ou la région peut
cumuler les pouvoirs des
2 collectivités. C’est
le cas de Mayotte. Le
référendum de décembre
2003 portait sur la
disparition du
département. Le
NON a gagné.
1 – Article 74 :
Si l’article 74
l’emporte, le statut
sera défini par une loi
dite loi organique.
L’autonomie est décidée
par la loi organique,
sans consultation
particulière des
électeurs.
L’autonomie de la
Martinique, c’est aussi
l’autonomie de la
France.
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Où va le SNES
Martinique ?
Le récent mouvement
social et sociétal qui a
mobilisé une grande
partie des forces vives
du pays pendant plus
d'un mois, à
l'initiative de
l'intersyndicale des
travailleurs de la
Martinique, a mis à nu
la crise d'identité que
traverse le SNES-
Martinique.
Préoccupés de l'avenir
de notre organisation
syndicale, soucieux de
la voir maintenir sa
représentativité au plan
de la
défense des personnels
du second degré sans
renoncer aux engagements
sociétaux, pour ne pas
dire "politiques" au
sens premier du terme,
qui ont toujours marqué
sa pratique, nous,
syndiqués du SNES, avons
estimé nécessaire de
tirer la sonnette
d’alarme, face à ce qui
nous apparaît être des
dérives.
Nous
avons adhéré aux valeurs
fondamentales défendues
par
le SNES qui a
toujours résolument
appuyé les luttes des
travailleurs des
Antilles et de la
Guyane, soutenu les
mobilisations pour le
respect des libertés
publiques et revendiqué
la prise en compte des
réalités sociales,
linguistiques et
culturelles de nos pays
dans les contenus et
méthodes d'enseignement.
Notre démarche veut
éviter que le
SNES-Martinique ne
sombre dans le
corporatisme et ne
tourne le dos aux
valeurs au nom
desquelles il a
participé à de nombreux
combats communs à
l'ensemble des
travailleurs de la
Martinique et des autres
DOM (du public et du
privé) pour plus de
justice sociale, plus de
dignité et contre les
atteintes aux libertés.
C'est au nom de ces
mêmes principes que nous
avons opté pour la
coopération régionale en
adhérant à la C.U.T.(Caribbean
Union of teachers) et à
la C.E.A.(Confédération
des éducateurs des
Amériques).
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L’opportunité semble
donnée de
concrétiser des
propositions, fruits
de réflexions et de
recherches conduites
depuis ces longues
années (plus de 20
ans) d’exercice de
ma profession au
côté, dans
l’intimité et les
secrets du
peuple martiniquais,
à faire passer des
tests et à recevoir
les confidences de
milliers d’enfants,
d’adolescents et
d’adultes en
souffrance
psychologique,
familiale,
conjugale,
professionnelle,
sociale ; à
participer et à
animer, à l'appel de
diverses
associations, de
multiples
interventions,
réunions-débats,
« écoles de
parents », cercles
d’écoute, groupes de
paroles, émissions
en radio et télé ;
et à constater
cette ignorance, cet
illettrisme (alors
que la majorité des
gens sont
alphabétisés …) en
matière d’éducation
mais également de
droit, d’économie,
d’histoire, de
géo-politique, ce
sous-développement
cognitif que je
retrouve constamment
et que je dénonce à
longueur d’années
car provoque tant
des erreurs
éducatives fatales
et l’installation
d’un malaise
ambiant, que
l’inadéquation et la
maladresse des
comportements
réactionnels,
qu’enfin le manque
de confiance en ses
capacités d’un
peuple conscient de
ses insuffisances et
convaincu de son
impuissance. La
démocratie est en
danger si on n’y
prend garde dans ce
pays où échec à
l’école (et à
l’Université) comme
taux de chômage sont
deux fois plus
importants qu’en
France et où semble
s’opérer à bas bruit
un véritable
génocide par
décérébration.
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Enquête
Relations
patients-soignants :
un dialogue parfois
difficile
Les
relations entre
patients et médecins
ne sont pas toujours
au beau fixe.
"Nombreuses sont les
situations dans
lesquelles il y a
incompréhension
entre le malade, son
entourage et les
soignants",
constate le docteur
Grégoire Moutel,
professeur à
l'université
Paris-Descartes,
membre du
laboratoire
d'éthique médicale,
qui vient de publier
Médecins et
patients, l'exercice
de la démocratie
sanitaire (éd.
L'Harmattan, 124
pages, 14 euros).
Depuis la loi
Kouchner du 4 mars
2002 relative aux
droits des malades
et à la qualité du
système de santé, la
relation entre
soignants et soignés
a changé. Les
demandes d'accès au
dossier médical -
mesure phare de
cette loi - ont
augmenté de 191 % en
cinq ans. D'environ
1 107 par an, avant
la loi de 2002,
elles sont passées à
3 227 en 2006,
révèle une enquête
menée par
l'Observatoire des
droits et
responsabilités des
personnes en santé,
créée par l'Institut
droit et santé au
sein de l'université
Paris-Descartes.
Cette enquête, dont
nous avons eu
connaissance et qui
sera présentée le 15
mai, a été menée
auprès de 38
hôpitaux parisiens,
705 chefs de service
et 3 800 patients.
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En
1958, la grande réforme
menée par le Professeur
Robert Debré allait
permettre à la médecine
française de devenir en
30 ans "la meilleure du
monde".
Cinquante ans plus tard,
le Parlement va-t-il
voter la loi "Bachelot"
qui porte en elle la
disparition de cette
médecine hospitalière au
profit d’une médecine
mercantile ? Le
maître-mot n’est plus la
santé mais la
rentabilité. La
préoccupation centrale
n’est plus le malade
mais le compte
d’exploitation de
l’hôpital. Et les
premières victimes en
seront les patients et
les soignants.
Cette loi cale l’hôpital
sur l’entreprise. Elle
donne tous les pouvoirs
au Directeur de
l’Hôpital, nommé et
révoqué par le Directeur
de l’Agence Régionale de
Santé, lui-même nommé et
révoqué par le Conseil
des Ministres. Ce
directeur pourra n’avoir
aucune compétence
médicale ou en santé.C’est
pourtant lui qui
arrêtera le projet
médical de l’hôpital.
Lui aussi qui nommera et
révoquera les médecins
responsable des
structures de soins
(pôles, départements,
services…). Sur quels
critères ?
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David Diaz-Jogeix,
directeur adjoint du
département Europe
d'Amnesty
International
David Diaz-Jogeix,
directeur adjoint du
département Europe
d'Amnesty
International, a
supervisé le rapport
de l'ONG publié
jeudi 2 avril et
intitulé "France :
Des policiers
au-dessus des lois".
Il explique que les
forces de l'ordre se
livrent de plus en
plus à des
"représailles"
contre certaines
victimes ou témoins
de mauvais
traitements qui leur
sont imputés,
notamment à travers
des plaintes pour
"outrage" ou
"rébellion".
En 2005, le dernier
rapport d'Amnesty
sur le sujet
dénonçait de graves
violences
policières, sous
couvert d'un "climat
d'impunité". Comment
la situation
a-t-elle évolué en
quatre ans ?
La situation s'est
détériorée depuis.
Aucune des
recommandations
faites par Amnesty
international lors
du précédent rapport
n'a été prise en
compte par le
gouvernement. Et ce
manque d'action de
sa part nous
inquiète. En 2005,
nous dénoncions
certaines méthodes
employées par la
police qui pouvaient
faire courir de
graves dangers,
jusqu'à l'homicide.
En 2006, la Cour
européenne des
droits de l'homme a
rendu
un arrêt dans
lequel elle a
condamné la France
et demandé qu'elle
donne à ses
fonctionnaires de
police des
instructions
précises sur
l'utilisation des
méthodes de
contrôle. Or début
2008, à Grasse,
Abdelhakim Ajimi
est mort après avoir
été maîtrisé par des
policiers lors de
son arrestation :
nous attendons
toujours des
précisions du
ministère de
l'intérieur sur ce
drame. Dans ce
rapport, nous
recensons une
quinzaine de cas,
qui témoignent d'un
problème structurel
de violence
policière, sous
forme d'homicides,
notamment mais aussi
de coups, de mauvais
traitement et
d'injures à
caractère raciste ou
xénophobe.
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|
« C’est
Hadopire ! »
EXCLU : A la sortie de
la Commision mixte
paritaire, le député
Christian Paul nous
livre les principaux
éléments du texte
finalement adopté.
par
Astrid Girardeau
Après
une heure et demi de
débat, la Commission
mixte paritaire (CMP) a
trouvé ce soir un texte
de compromis sur le
projet de loi Création
et Internet. Comme
prévu, peu de surprises.
La CMP s’est accordée
sur une version plus
dure du texte.
« C’est
Hadopire », commente
pour nous le député
Christian Paul (PS), à
la sortie de la
discussion.
A 18 heures, les 14
membres de la CMP (7
députés, 7 sénateurs) se
réunissaient au Sénat.
Leur objectif : trouver
un compromis entre les
versions votées
au Sénat et
à l’Assemblée nationale.
Le tout arbitré par la
majorité de la CMP,
très largement favorable
à la loi. Le vote
est bloqué, il n’est pas
possible de déposer de
nouveaux amendements.
Par contre, les députés
peuvent redéposer leurs
amendements pour nourrir
la discussion ou servir
au compromis. Ce qu’a
fait l’opposition sur
les questions du recours
au juge, du non-cumul
des sanctions, ou de la
labellisation des offres
légales.
Contrairement à ce qui a
été voté,
il y a quelques jours
par les députés, la CMP
a décidé que
l’internaute continuera
à payer sa connexion en
cas de coupure de son
accès à Internet. Elle a
également supprimé
l’amendement, déposé par
Alain Suguenot, qui
proposait
l’amnistie des
internautes poursuivis
sur des faits remontant
à plus de 6 mois.
Comme on le notait hier,
il était de tout manière
peu applicable, car il
concernait uniquement la
contrefaçon sur les
droits voisins, pas ceux
sur les droits d’auteur.
Seul point positif,
selon Christian Paul, le
président de la Haute
autorité indépendante
sera élu par les membres
du collège de l’Hadopi,
et non nommé par décret,
comme l’avait proposé
Franck Riester dans l’amendement
38). A noter aussi
que la suppression de
la réduction des débits
comme sanction,
défendue par les députés
Lionel Tardy (UMP) et
Dionis du Séjour
(Nouveau Centre) a été
conservée par la CMP.
Tous les autres textes
discordants entre les
deux versions — la
labellisation des offres
légales et le
sur-référencement par
les moteurs de
recherches,
la chronologie des
médias coulissante,
la captation totale ou
partielle en salles de
cinéma considérée comme
un délit de contrefaçon,
la réforme des droits
d’auteur des
journalistes, etc. — ont
été conservés tels que.
Le texte doit maintenant
être ratifié jeudi au
Sénat, et à l’Assemblée
nationale, avant d’être
présenté, en séance
publique.
« Maintenant rendez-vous
dans l’hémicycle jeudi,
puis au Palais Royal au
Conseil
Constitutionnel ! »,
a déclaré, pour
conclure, Christian
Paul.
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Propos recueillis par
Marianne ENAULT
Des milliers de
personnes ont défilé
mercredi [08/04/09]
contre le "délit
de solidarité".
A l'appel d'un
collectif
d'associations, ils
ont dénoncé la
multiplication des
gardes à vue de
personnes qui
viennent en aide aux
sans-papiers. Du
côté du ministère de
l'Immigration, on
estime que ce délit
n'existe pas.
LeJDD.fr a
demandé son avis à
Pierre Cordelier,
membre du Réseau
Education Sans
Frontières (RESF).
Eric Besson a assuré
mercredi que "tous
ceux qui aident de
bonne foi un
étranger en
situation
irrégulière doivent
savoir qu'ils ne
risquent rien"...
Eric Besson ment.
Les menaces, les
pressions, les
intimidations, les
brutalités
policières, les
mises en garde à
vue, les poursuites
devant les tribunaux
- pour outrage et
rébellion, entrave à
la circulation des
aéronefs, aide au
séjour irrégulier,
violence avec arme
par destination sur
agent de la force
publique - ne
cessent d'augmenter
à l'égard de celles
et ceux qui
expriment, par des
manifestations
toujours pacifiques,
leur solidarité
concrète envers les
immigrés dits
clandestins. La
solidarité est
criminalisée. Le
délit de solidarité
existe dans les
faits. Eric Besson
le sait, il ment
sciemment. Son
lapsus
délinquant-migrant*
est révélateur.
Lire la suite
|
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Tristes mensonges
Personne mis à part
quelques internautes
avisés ne semble trop
s’interroger sur la
situation réelle de la
liberté d’expression aux
Antilles Françaises.
Personne mis à part les
mêmes, ne réagit aux
discours des médias
totalement voués à une
seule cause et ce sans
aucun respect
déontologique : défendre
par mensonges
interposés,
manipulations éhontées
les exactions et les
propos des extrémistes
de l’UGTG.
Or considérant la nature
même des médias locaux
on ne peut que s’étonner
d’une telle rente de
situation Pro LKP.
France Antilles journal
du groupe Hersant (pas
spécialement de gauche
…) passe son temps à
défendre l’extrême
gauche de Domota. RFO
télévision nationale,
normalement astreinte à
respecter les
indications du CSA, est
entièrement Pro LKP,
Canal 10 entreprise
privée tient les mêmes
propos et la situation
est identique sur les
radios !
Au total l’ensemble des
médias antillais est
entre les mains de
DOMOTA !
Lire la suite
|

Trois jours après
l'Iowa, le Vermont
est devenu mardi 7
avril le quatrième
Etat américain à
légaliser le mariage
entre deux personnes
du même sexe. Avec
toutefois une
différence : pour la
première fois, la
décision a été prise
par voie
législative, et non
judiciaire. De quoi
donner de l'espoir
aux militants gays
de New York, du New
Jersey, du Maine et
du New Hampshire,
qui font campagne
pour obtenir les
mêmes droits.
Le gouverneur
démocrate de l'Etat
de New York, David
Peterson, a d'ores
et déjà annoncé
qu'il soutiendrait à
l'assemblée de
l'Etat un texte
similaire à celui
adopté dans le
Vermont. "Nous
sommes très
optimistes
concernant
l'adoption d'une loi
reconnaissant
l'égalité devant le
mariage", a
déclaré de son côté
Roberta Sklar,
militante reconnue
des droits des gays
et lesbiennes aux
Etats-Unis.
Mais si
l'enthousiasme est
palpable, la partie
est loin d'être
d'être gagnée. Le
sénat de New York
s'est opposé l'an
dernier à un texte
légalisant ces
unions. Selon un
récent sondage de
l'université
Quinnipiac, seuls 41
% des électeurs de
l'Etat de New York
sont favorables à la
légalisation du
mariage gay, 33 %
préférant l'union
civile et 19 %
s'opposant aux
unions entre
personnes du même
sexe. "Les
obstacles sont ceux
auxquels nous nous
sommes toujours
heurtés : des
réactions
homophobes, et je ne
serais pas surprise
de voir arriver des
organisations
opposées aux droits
des gays et
lesbiennes pour
faire pression
contre nous", a
réagi Roberta Sklar.
Lire la suite
|

|
Ernest
BRELEUR
Miguel
CHAMOISEAU
Patrick
CHAMOISEAU
Gérard
DELVER
Serge
DOMI
Edouard
GLISSANT
Danielle
LAPORT
Guillaume
PIGEARD
DE GURBERT
Olivier
PORTECOP
Olivier
PULVAR
Jean-Claude
WILLIAM
|
Au
plus intense
du mouvement
du 5 février
en
Martinique,
et des
événements
en
Guadeloupe,
notre
Manifeste
pour les "
produits "
de haute
nécessité
visait à
soutenir
sans
ambiguïté
les
engagements
en cours.
Mais il
s'attachait
surtout à
privilégier
tout de
suite les
inspirations
précieuses
du "
poétique "
sans
lesquelles
le souffle
du
"prosaïque "
se retrouve
affaibli.
Le
"poétique”
porte sur
les
aspirations
profondes de
l’Homme : ce
qu’il
recherche et
qu’il
pratique
quand il a
assuré sa
survie.
Dans ce "
poétique ",
nous
invoquions
en haute
nécessité,
sans en
clore le
chapitre :
- une
problématisation
de la
consommation-
la nécessité
de nous
acheminer
vers un
processus de
responsabilisation,-
le
réinvestissement
de la notion
de travail,-
et l'urgence
d'envisager
de nouvelles
solidarités
sociétales
et
environnementales
dans un
monde
nouveau.
Ce qui
revenait à
ne plus
accepter de
" petits
arrangements
"avec la
violence
économique
qui dénature
le sens
profond de
notre vie :
le
capitalisme.
Au sortir de
cette crise,
nous sommes
hélas
menacés de
voir la
devise
républicaine
française, "
Liberté
Égalité
Fraternité
",dégénérer
dans nos
pays en "
Zone franche
Rmi Rtsa " -
ou encore en
" Smic Rmi
Rtsa " - …
ce qui
serait un
comble de
l'assimilation
(et de son
syndrome
d'irresponsabilité
stérilisante)
et surtout
d'une
dénaturation
de l'esprit
même de ce
mouvement
dont
l'amplitude
permettait
d'espérer un
grand
souffle
bouleversant.
L'idée de
haute
nécessite se
révèle donc
plus que
jamais
indispensable.
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Les affiches
Stop Sida
é-branlent
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Doudou Diene
rapporteur spécial
des Nations unies
(2002-2008).

Pascal Bruckner fait
montre dans sa tribune
(«L’antiracisme,
nouvelle idéologie des
dictatures») d’une
remarquable constance.
Il avait déjà fait
campagne contre la tenue
de la conférence
mondiale contre le
racisme
en septembre 2001. Le
tableau apocalyptique du
monde qu’il dressait
était, dans la ligne de
Samuel Huntington, celui
d’un conflit inéluctable
entre l’Occident et les
dictatures. Hier comme
aujourd’hui, sa position
reste le boycott de la
conférence par «les
démocraties véritables».
Pourtant, la première
conférence de Durban
avait fait adopter par
tous les Etats présents
une déclaration et un
programme d’action
contre le racisme. Ces
deux documents
constituent les
instruments les plus
complets à ce jour
contre toutes les formes
de racisme. Donc,
«démocraties» et
«dictatures», pour
reprendre les catégories
de Bruckner, ont réussi
à élaborer ensemble une
feuille de route contre
le racisme, réunissant
tous les pays présents
(à l’exception des
Etats-Unis et d’Israël
qui, après avoir
participé au long
processus de
préparation, se sont
retirés au lendemain de
l’ouverture de la
conférence). Aucune
trace d’antisémitisme
dans ces documents
officiels que Bruckner
omet de citer.
Trois conférences
mondiales (1978, 1983 et
2001) ont été consacrées
au racisme répondant
ainsi à la réflexion du
dramaturge allemand
Bertold Brecht au
lendemain de la Seconde
Guerre mondiale : «Le
ventre est encore fécond
d’où est sortie la bête
immonde.» La
recrudescence des
manifestations de
racisme et de xénophobie
constitue la menace la
plus grave contre le
défi majeur de notre
époque : un
vivre-ensemble
multiculturel et
démocratique.
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|
par
Jean-Claude Buhrer

«L’islam régnera sur
la planète, comme Allah
l’a promis.» A
l’approche de la
conférence dite d’examen
de la mal nommée
Conférence mondiale
contre le racisme de
Durban, qui doit se
tenir à Genève, le
colonel Kadhafi a donné
un avant-goût de ce que
promet cette réunion
controversée, dont le
comité préparatoire est
précisément présidé par
la Libye, avec l’Iran
parmi les
vice-présidents.
Dans un discours
prononcé le 12 mars à
Nouakchott en
Mauritanie, à l’occasion
de la commémoration de
la naissance du prophète
Mahomet, le guide libyen
a pris des accents
prophétiques non pas
pour évoquer les droits
de l’homme, mais
«l’universalité de la
religion musulmane».
Et de prédire que
«l’islam régnera sur la
planète, comme Allah l’a
promis, les religions
qui l’ont précédé ayant
expiré, selon la version
du prophète Mahomet,
dernier messager de
Dieu». Fort de cette
certitude, Muammar
al-Kadhafi a lancé un
appel à l’humanité tout
entière à rendre justice
au prophète Mahomet en
reconnaissant sa
religion comme la
finalité de celles
révélées par ses
prédécesseurs que sont
Moïse et Jésus.
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Vous avez dit
grève.....?
par
Habdaphai
Personne évidemment.
Hormis une partie de la
jeunesse toujours prête
à profiter d’un jour de
cours en moins( on a été
ainsi !),hormis les
rebelles profonds, qui
dans leur révolte
perpétuelle voient une
opportunité de se faire
entendre et de se
rapprocher de la
population, quand elle
exprime un désaccord et
un mécontentement.
Personne donc, ne peut
trouver de la
satisfaction à vivre
dans une atmosphère
faîte de contraintes, de
restrictions,
d’incertitude, et par
conséquence de perte de
ses libertés.
Mais, et c’est bien le
problème qui se pose
pour la Martinique
:est-il possible de se
faire entendre par
rapport aux décideurs
(état, détenteurs de
l’économie et de la
société actuelle ici)
,autrement que par une
action forte, lourde,
paralysante, afin d’être
enfin entendu et trouver
des solutions ?
Le rassemblement du 5
février est l’expression
d’une population pour
laquelle les difficultés
quotidiennes sont
devenues insupportables,
pour tous les
martiniquais éprouvés
récemment. Prendre en
compte les évènements
(par ordre
chronologique, et non
d’importance) de ces
deux dernières années
n’est pas négligeable .
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Réforme de l’hôpital
: les médecins font
bloc
Santé . A Paris, les
professeurs
s’unissent contre la
loi qui les écarte
de la gouvernance
des établissements.
par Eric Favereau
Ce fut un moment peu
banal. Mercredi
soir, dans un amphi
de la fac de
médecine à Paris,
une bonne partie des
grands noms de la
médecine
hospitalière
parisienne se sont
retrouvés pour
dénoncer la nouvelle
loi sur l’hôpital,
en particulier le
volet sur la
gouvernance. Il y
avait là l’élégant
professeur Olivier
Lyon-Caen,
neurologue à la
Pitié, Loïc Capron
ou André Grimaldi,
le très habile
Pierre Coriat, voire
le militant
Jean-Claude Rougeon,
bien d’autres
encore. Plus de
200 médecins au
total.
Leur malaise est, en
tout cas, inédit. Et
massif devant cette
réforme qui donne
«tout pouvoir au
directeur». Tous
se retrouvent pour
défendre le maintien
du service «comme
lieu central de
l’hôpital». Mais
pour le reste ?
L’organisateur en
chef, Bernard
Granger, psychiatre
à Cochin, tient des
propos brutaux :
«Nous ne sommes plus
à l’époque de la
négociation, mais de
la confrontation.
C’est un système
dictatorial.» Le
professeur Lyon-Caen
tente de prendre de
la hauteur : «Ce
mouvement de
contestation ne peut
que se concevoir
s’il reste centré
sur l’hôpital. Il
faut que tout le
personnel de
l’hôpital s’y
retrouve, et il faut
éviter de mettre en
scène notre propre
corporatisme.» Juste
avant, un
représentant du
syndicat des chefs
de clinique avait
montré
l’hétérogénéité du
mouvement, en
insistant sur
l’importance du
secteur 2 (1) pour
les futurs
spécialistes. Le
professeur André
Grimaldi, qui fut à
l’origine de
nombreuses
pétitions, recentre
alors l’AG. «Il faut
se préparer à un
rapport de forces
difficile.» Puis :
«Nous devons choisir
nos mots… Le pouvoir
du directeur est
légitime, le nôtre
aussi. On ne va pas
passer de l’époque
du mandarin à celui
du PDG, voilà ce
qu’il nous faut
combattre. Pour
cela, il faut que
l’on soit capable de
manifester, médecins
et non-médecins.»
Le professeur Pierre
Coriat - personnage
clé, car il préside
la Commission
médicale de toute
l’Assistance
publique de Paris -
hésite. Au début, il
avait soutenu la
loi, mais il a eu le
sentiment de s’être
fait gruger. Là, il
se montre virulent :
«Nous sommes
opposés à la
nouvelle
gouvernance.»
D’autres veulent
aller plus loin.
Evoquent une
démission tous les
«chefs de pôle». Une
manifestation ?
«Attention à ne pas
se retrouver à
quelques centaines…»
Un autre, encore :
«La seule chose
qu’il faut faire,
c’est une journée de
grève totale. Le
reste est
incompréhensible.»
S’en suit une longue
discussion sur les
actions à venir.
(1) Le secteur
conventionné à
honoraires libres.
Libé du 27/03/09
|
La Ligue
arabe
dénonce une
"occupation
française"
de Mayotte
Les
dirigeants
de la Ligue
arabe
proclament
leur "rejet
de
l'occupation
française"
après le
référendum à
Mayotte et
appellent la
France à
garantir le
retour de
Mayotte sous
la
souveraineté
des Comores.
Les
représentants
de la Ligue
arabe
(Reuters)

Après le
référendum de
dimanche à
Mayotte, qui
fait de cette
île de l'océan
indien un
département
français, les
dirigeants des
22 membres de la
Ligue arabe,
dont les îles
Comores, ont
rejeté
"l'occupation
française" de
Mayotte, selon
leur document
final rendu
public mardi 31
mars.
"Poursuivre le
dialogue"
Les dirigeants
arabes
proclament leur
"rejet de
l'occupation
française et
demandent à la
France de
poursuivre le
dialogue avec le
gouvernement
comorien pour
parvenir à un
règlement qui
garantit le
retour de l'île
Mayotte sous la
souveraineté des
Comores".
Cette position
est exprimée
dans le texte
des résolutions
finales adoptées
par le 21e
sommet arabe
tenu lundi à
Doha.
NOUVELOBS.COM |
31.03.2009 | 13:21
|
Mayotte sera le 101e
département français
Dans un bureau de vote à
Sada à Mayotte, ce
dimanche. (AFP)

Le «oui» à la
départementalisation
de Mayotte
l'emporterait avec
95,5% des suffrages,
selon les résultats
partiels du
référendum de ce
dimanche, portant
sur 25 des 133
bureaux de vote de
l'île.
Ils ont dit «oui».
Les habitants de
Mayotte ont voté ce
dimanche pour
décider si leur île,
qui jusqu'ici est
une collectivité
départementale,
devait devenir un
département
français. Selon les
résultats partiels
du référendum de
dimanche, portant
sur 25 des 133
bureaux de vote de
l'île, communiqués
par la préfecture de
Mayotte, le «oui» à
la
départementalisation
de Mayotte
l'emporterait avec
95,5% des suffrages.
Un référendum
gagnant qui devrait
arrimer un peu plus
à la France ce
territoire à 95%
musulman, au grand
dam de ses voisins
de l'archipel
comorien.
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|
|
Les futurs sans-papiers
de Mayotte
Dans son bureau du
tribunal de Mtsapere,
une maison située au
cœur du quartier
populaire de Kavani
sur les hauteurs de
Mamoudzou, Ali Ben
Younoussa, l'un des
22 cadis de
l'archipel de
Mayotte, tente, ce
matin-là, d'apaiser
un différend bruyant
entre deux voisines
agitées. Cette
fonction de
médiation sociale,
dévolue aux juges
musulmans, paraît
convenir à ce
personnage avenant,
tout en rondeur, au
propos rassurant.
Nommé par le préfet,
mais payé par le
conseil général, le
cadi du secteur le
plus peuplé de
l'île, secrétaire
général adjoint du
Parti radical de
Jean-Louis Borloo,
ouvre sans nostalgie
les anciens
registres de l'état
civil pour les
Mahorais,
calligraphiés en
français et en
arabe.
Depuis l'an 2000,
les cadis ont perdu
tout pouvoir et
toute responsabilité
sur les actes d'état
civil et notariés de
la population
mahoraise en
majorité musulmane.
Un vestige de la
colonisation,
concédé dès 1850 par
le protectorat et
confirmé en 1939
pour les seuls
"indigènes". Ils
n'en détiennent pas
moins des pièces
essentielles de
toute une histoire,
que l'Etat s'est
décidé à intégrer
dans le patrimoine
commun lors d'une
vaste régularisation
administrative de
plus de 100 000
Mahorais.
La révision en cours
de l'état civil est
une opération
hautement symbolique
de la transition du
droit local fondé
sur les préceptes de
la religion
musulmane vers le
droit commun.
"Tant qu'on n'était
pas un département,
la citoyenneté et
l'identité ne
peuvent qu'être
approximatives. En
intégrant le droit
national, on devient
un citoyen à part
entière", assure
Ibrahim Aboubacar,
conseiller général
(PS).
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|
Les Comores sont entrées
comme Etat membre des
Nations Unies en 1975.
La population de
Mayotte, qui a vote
démocratiquement et en
majorité contre
l'indépendance en 1975,
n'a depuis jamais
accepte le principe de
la conservation de
l'intégrité territoriale
des anciennes colonies
suite a l'indépendance.
C'est pourquoi la France
a soutenu l'ile et sa
population dans son
désir de souveraineté et
dans ses besoins, depuis
cette date. La
population, et le
gouvernement de
Mayotte ont fait fi des
résolutions de
l'Assemblée Générale des
Nations Unies depuis
1975. La présence
Française, incluant en
particulier, la présence
militaire Française a
Mayotte, est maintenue
depuis plus de trente
ans a la requête
expresse du gouvernement
de l'ile.
[1] Avant de mettre mes
propos en exergue, je
tiens a vous rappeler
quelques références
historiques importantes:
Il existe certaines
sources, non vérifiées,
et d'ailleurs
contradictoires, qui
indiquent que la France
ait été impliquée dans
le (voire même ait été
le commanditaire du)
coup d'état contre le
Président Ahmed
Abdallah, suite a la
déclaration de
l'indépendance des
Comores le 6 Juillet
1975. La vérité est que
c'est Ali Soilih,
le 3 Aout 1975, et non
pas le mercenaire
Bob Denard "sur ordre de
Jacques Foccart" qui
a mené le coup d'état
aux Comores suite a
l'indépendance. Ali
Soilih fut assassine le
29 Mai 1978, et Ahmed
Abdallah fut, et ceci
est par contre vrai,
remis au pouvoir avec le
soutien des mercenaires
diriges par Denard, et
la bénédiction (et le
soutien logistique
quoique indirect) de la
France.
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COMMUNIQUÉ LKP A
PROPOS DE
L’EXTENSION PAR
AMPUTATION DE L’ACCORD
BINO
L’extension
de l’Accord BINO amputée
de son article V ne nous
surprend guère. C’est
une décision de
complaisance à l’égard
du MEDEF alors que la
quasi-totalité des
grandes entreprises et
fédérations adhérentes
au MEDEF Guadeloupe ont
signé l’Accord BINO
« Initial » prévoyant la
prise en charge des
augmentations de
salaires par les
employeurs au-delà des
aides des collectivités
(12 mois) et de l’Etat
(36 mois).
L’argument présenté par
Mme Alliot-Marie et M
Hortefeux laissant
entendre que "
Personne ne peut
préjuger de la situation
économique dans trois
ans : on ne peut ainsi
imposer à l'avance une
augmentation salariale
importante à la charge
de l'ensemble des
entreprises sans
s'assurer auparavant
qu'elles en auront la
capacité " est fort
légère quand l’on se
rappelle la hausse de
20% sans aide de l’Etat
du SMIC Guadeloupe
décidée au 01 Janvier
1996 pour rattraper le
SMIC France ; alors que
l’accord BINO prévoit
moult avantages et
accompagnements en
faveur des entreprises.
Aujourd’hui, grâce à
la mobilisation et à la
négociation, ce sont
50 000 salariés sur
80 000 qui sont couverts
par les avancées
sociales de l’Accord
BINO Initial
garantissant le maintien
des augmentations de
salaires au-delà de 3
ans.
La décision du
Gouvernement instaure
une disparité salariale
et donc une injustice
sociale « légale » au
détriment des 30 000
travailleurs concernés
par l’extension, amputée
de l’article V.
L’arrêté
gouvernemental légalise
donc la perte de 50
euros (aides des
collectivités) dès 2010
pour les salariés des
entreprises de moins de
100 salariés et la
suppression de toutes
augmentations de
salaires à compter de
2012 (fin des aides de
l’Etat).
Cela est
inacceptable. Nous
appelons l’ensemble des
Travailleurs de
Guadeloupe à refuser
l’injustice, à se
syndiquer et à se
mobiliser pour exiger
une pleine et entière
égalité salariale en
Guadeloupe.
L’Etat crèe par cette
par cette décision
discriminatoire les
conditions pour la
persistance de tensions
sociales en péyi
Gwadloup.
En outre, nous prenons
acte que le Gouvernement
ne remet pas en cause le
contenu du préambule
confirmant ainsi que la
situation économique et
sociale actuelle
existant en Guadeloupe
résulte bien de la
pérennisation du modèle
de l’économie de
plantation comme l’avait
d’ailleurs reconnu
Nicolas SARKOZY lui-même
dans son allocution du
19 Février dernier.
Pour les Organisations
Syndicales
Pour le LKP
Elie DOMOTA
Pointe-à-Pitre, le 10
Avril 2009
|
Guadeloupe : le
gouvernement
pourrait amoindrir
la portée de
l'accord salarial
L'accord signé après
près de six semaines de
grève générale en
Guadeloupe entre
syndicats et patronat,
sous l'égide du
gouvernement, pourrait
être amoindri dans les
prochaines semaines.
Selon plusieurs sources
syndicales citées par
l'AFP, le gouvernement,
qui garantit une partie
de l'augmentation
salariale de 200 euros,
s'apprêterait à limiter
l'extension de cet
accord en retirant la
clause stipulant que la
hausse sera à la charge
des employeurs d'ici
trois ans.
L'information a filtré
après une réunion de la
Commission nationale de
la négociation
collective (CNNC), qui
doit être consultée sur
cet accord négocié de
haute lutte en début
d'année. "Nous avons
eu confirmation sur le
fait qu'il y ait
non-extension des points
qui nous préoccupaient.
C'est essentiel pour
nous et vaut
indirectement engagement
du ministre", a
affirmé Jean-François
Veysset de la CGPME.
Le document prévoit,
comme l'avait demandé le
collectif LKP, une
augmentation de 200
euros par mois aux
salariés gagnant entre 1
et 1,4 smic. Cette
hausse se divise en une
augmentation immédiate
de 50 euros, une aide de
l'Etat (100 euros
pendant trente-six mois)
et des collectivités
locales (50 euros
pendant douze mois). Au
moment de sa signature,
la portée de l'accord se
limitait aux
organisations patronales
signataires
(minoritaires) et aux
entreprises acceptant de
le signer. Il a été
rejeté par une coalition
patronale du Medef et de
la FNSEA.
DOMOTA PROMET
"DES GRÈVES DANS TOUTES
LES ENTREPRISES"
Or, les 150 euros
assurés par l'Etat et
les collectivités
devaient être pris en
charge par les
entreprises d'ici trois
ans, si l'accord était
intégralement étendu,
comme le demande le LKP.
La nouvelle mouture de
l'accord, qui doit être
arbitré dans les
prochains jours par le
ministre du travail,
Brice Hortefeux, serait
dont amputée de
l'article 5, qui oblige
les employeurs à assurer
les 200 euros
d'augmentation de
salaire au bout de trois
ans.
"Il reste quand même
les dispositions qui
s'appliquent
immédiatement, mais pas
celles qui préjugent des
futures négociations de
branche ou d'entreprise,
ni de ce que sera le
dispositif d'aide dans
trois ans",
constate Marie-Pierre
Iturrioz (CGT).
"L'accord est vidé de sa
substance",
regrette pour sa part
Marie-Alice Medeuf-Andrieu
de FO. le porte-parole
du LKP, Elie Domota, a
réagi en promettant
"des grèves dans toutes
les entreprises" en
cas d'accord modifié.
"L'Etat, sous les ordres
du Medef, a fait le
choix d'installer
durablement des troubles
sociaux en Guadeloupe,
a-t-il encore déclaré.
Nous ne pourrons pas
admettre que les
salariés perdent 50
euros dans un an et 200
euros dans trois ans
(...) Autrement, ce
serait accepter une
Guadeloupe a deux
vitesses".
LEMONDE.FR avec AFP |
03.04.09 |
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La
crise dans les Dom :
d'abord une crise de la
relation
par
Pierre Pastel
Sociologue (
martiniquais)
On peut comparer la
vague de protestation
qu’ont connu, dans le
premier trimestre de
2009, les départements
français de la Caraïbe
(la Martinique et la
Guadeloupe) à un cyclone
qui, en un rien de
temps, met tout à nu et
nous oblige tous
à la réflexion et à la
réaction. Ici, c’est
l’ensemble de la
conscience collective
française qui reçoit en
pleine face la poussée
du vent… de la
contestation. Nous
savons que, face à ce
type de tourmente
climatique, nul ne peut
prétendre ne pas être
affecté par ce qui se
passe. De manière tout
azimut, tous, et surtout
les « spécialistes », de
quelque niche qu’ils se
réclament ou s’auto-proclament,
cherchent, non sans une
certaine frénésie,
l’explication, la
solution.
Le déni séculaire
Là où est contestée une
pratique séculaire de la
« profitation/exploitation »,
de la discrimination à
l’embauche, là où est
pointé du doigt un
chômage endémique, un
mal développement
économique systémique,
là où est fustigé un
mode, presque
congénital, de partage
inégal des richesses,
on veut encore y voir
une crise
économique et financière
conjoncturelle.
Là où des milliers de
consciences
individuelles se lèvent
comme un seul homme pour
dire de concert, haut et
fort, à elles-mêmes et à
l’adresse de la Nation
française si ce n’est à
l’adresse du monde tout
court, STOP à la
falsification de notre
dignité humaine, NON au
déni de notre état
d’égal citoyen,
on veut encore y voir
des hommes et des femmes
qui se cherchent, des
non-matures en crise
d’identité.
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|
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La filière économique
à nouveau sur la sellette
Les propos de Nicolas Sarkozy à l'encontre de cette série
déclenchent la colère des professeurs d'économie.
C'est l'un des chantiers de la
réforme du lycée : revaloriser la filière économique.
Richard Descoings, directeur de Sciences Po, le sait
bien, qui mène tambour battant dans les lycées la
consultation sur cette réforme que lui a confiée Nicolas
Sarkozy en janvier dernier. La semaine dernière à Reims,
il se rend cette semaine à Créteil et à Bobigny pour
dialoguer avec les lycéens.
Les propos la semaine dernière de
Nicolas Sarkozy ont remis le sujet à deux reprises sur
le devant de la scène. En marge d'un déplacement à
Châteauroux, fin janvier, le président de la République
aurait lancé : «Mettez vos enfants dans la filière
économique ES, et vous verrez, ils ne pourront pas se
permettre de se présenter dans les meilleures écoles
économiques. Qu'est-ce que cela veut dire ? On dit à ton
gosse, fais la filière économique, tu pourras faire de
l'économie et à l'arrivée il ne peut pas se présenter
aux concours des grandes écoles. Ce n'est pas
admissible», a poursuivi Nicolas Sarkozy. Et
d'insister : «Je ne peux plus accepter qu'au lycée, on
aille dans la filière prestigieuse S pour des mauvaises
raisons.»
Quelques jours plus tard, c'est très
publiquement lors de
son intervention télévisée que Nicolas Sarkozy a
indiqué qu'il voulait mettre fin à la «tyrannie» de la
section S, «où on va pour de très mauvaises raisons». Et
a une nouvelle fois évoqué la section ES, qui ne permet
pas selon lui «d'accéder aux grandes écoles de
commerce».
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Un
article publié mercredi
dans la revue
britannique Alcohol and
Alcoholism révèle que
voir des boissons
consommées, dans des
films (ici Pierce
Brosnan dans «Meurs un
autre jour») ou des
publicités, majore les
consommations des
spectateurs.
Crédits photo : Rue des
Archives/BCA
Des
chercheurs hollandais et
canadiens ont étudié le
comportement de jeunes
face à des films et à
des publicités mettant
en scène des boissons
alcoolisées.
On savait déjà que
les films où les
héros fument
cigarette sur
cigarette incitent
les jeunes à fumer à
leur tour. Est-ce
que le fait de voir
à l'écran des
acteurs en train de
se verser des verres
de whisky ou de
«descendre» des
bouteilles de bière
accroît le désir de
boire ? Oui, répond
une étude publiée
mercredi dans la
revue britannique
Alcohol and
Alcoholism.
Selon cette enquête,
les boissons
alcoolisées
consommées dans les
films ou les
publicités majorent
les consommations.
Dans le projet de
loi hôpital,
patients, santé,
territoire,
actuellement débattu
à l'Assemblée
nationale, la
ministre de la Santé
propose d'interdire
toute vente d'alcool
aux mineurs.
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|
|
 A
partir de demain, le
site internet
Faismesdevoirs.com
propose aux élèves de
faire leur boulot à
partir de 5 euros. Un
«bon coup de pub» pour
son fondateur. Un
«scandale» rétorquent
les syndicats de parents
d'élèves.
«Tu n'y arrives pas?
Nous sommes là».
C'est le slogan un
brin provocateur du
nouveau site qui
crée la polémique :
après Note2be, qui
incitait les élèves
à noter leur
professeur,
Faismesdevoirs.com
vient perturber la
Toile. Comme son nom
l'indique, ce site
Internet, qui ouvre
le jeudi 5 mars, a
été conçu pour que
les élèves de la
sixième à la
terminale fassent
faire leurs devoirs,
moyennant
rétribution. 5 € le
problème de maths,
10 € le plan
détaillé de
dissertation
d'histoire, et
jusqu'à 80 €
l'exposé complexe
comprenant une
dizaine de pages.
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|
|
La photographie,
matière à «Controverses»

LA
MORT EN DIRECT - Le
visage digne,
poignant, presque de
marbre, de la si
jeune Omayra Sánchez
reste le symbole du
drame d'Armero
(Colombie) en 1985
où l'éruption du
volcan Nevado del
Ruiz provoqua une
coulée de boue qui
tua 24 000
personnes. L'enfant,
blessée à la hanche
par des barres de
métal et les jambes
coincées, est morte
en direct le 16
novembre, après deux
jours et trois nuits
de calvaire,
horrible suspense
suivi par les
télévisions et les
journaux du monde
entier. Frank
Fournier fit son
portrait entre la
vie et la mort qui
lui valut le World
Press Photo 1986,
l'opprobre et un
océan de doutes. Que
faire face au drame
? Témoigner ou non ?
(Frank
Fournier/Contact
Press Images/Actes
Sud/Musée de
l'Elysée)
Avec «Controverses,
photographies à
histoires», la BNF
invite à réfléchir en
75 clichés sur le
pouvoir et les aléas de
l'image.
La réalité ou sa
représentation, quel
est le plus terrible
à soutenir du
regard ? Peut-on
tout montrer,
l'homme et ses
fantasmes les plus
crus, la violence et
ses injustices les
plus obscènes,
l'innocence et sa
vulnérabilité la
plus extrême, devant
un objectif par
définition distant,
et donc jugé froid,
voire complice ? La
photographie
dit-elle toute la
vérité, rien que la
vérité ? Ce médium,
somme toute encore
jeune, est-il une
bonne source
historique ou le
meilleur support de
la propagande
insidieuse ?
«Controverses» en
vue !
Lire la suite
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Appel (*).
Après Gaza : comment
rompre l’engrenage
et relancer la
négociation ?
Les drames qui se
sont abattus sur
Gaza ne peuvent être
considérés comme un
simple épisode d’une
guerre sans fin,
annonçant fatalement
la dévastation
suivante. L’exigence
d’en poursuivre les
responsables est
nécessaire, de même
que l’action
diplomatique pour
mettre un terme aux
« tas de gravats et
de cadavres » qui
s’y sont accumulés.
Mais une priorité
s’impose : le retour
au politique, par la
négociation entre
partenaires
antagoniques.
Car il n’existe
aucune solution
militaire à ces
affrontements où le
voisin est montré du
doigt comme
agresseur permanent
d’un État qui serait
ainsi acculé à la
« légitime
défense », quand
c’est la logique
coloniale agressive,
de dépossession,
d’exil, de
ghettoïsation et de
répression brutale,
qui en rend compte.
En aucun cas,
l’escalade de la
violence n’assurera
la sécurité et le
droit à la vie ni
des Israéliens ni
des Palestiniens,
voués à cohabiter, à
vivre ensemble ;
tout au contraire,
elle ne cessera
d’approfondir entre
eux le fossé, plus
dangereusement
encore.
Lire la suite

par Christiane
Desjardins
La Presse
Pour avoir tenu des
propos injurieux
contre Patrick Bruel
en le traitant de
«menteur» et de
«militaire
israélien» lors
d'une émission des
Francs-tireurs,
à Télé-Québec,
l'humoriste
Dieudonné est
condamné à payer 75
000 $ au
chanteur-acteur.
Dieudonné n'a jamais
répliqué à cette
poursuite en
diffamation intentée
au Québec en 2007,
et il n'a jamais
mandaté d'avocat
pour le représenter.
Il a été condamné
par défaut cette
semaine par Me
Danièle Besner,
greffière spéciale
de la Cour
supérieure à
Montréal. La requête
visait
essentiellement à
obtenir des dommages
moraux et
exemplaires. Elle
avait été déposée
par Patrick Bruel
Benguigui (de son
nom véritable),
contre Dieudonné
M'Bala M'Bala (de
son vrai nom aussi),
et se chiffrait au
départ à 175 000$.
M. Bruel soulignait
le «caractère
répétitif» des
agissements de
Dieudonné ainsi que
sa «mauvaise foi».
lire la suite
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La grève générale en
Guadeloupe,
Une brève lecture
sociologique
Troisième partie
par Louis Auguste Joint
, Sociologue
Depuis le 20 janvier
2009, une grève
générale, animée par le
collectif « Lit Kont
Pwofitasyon » (LKP)
composé de 49
organisations, paralyse
l’ensemble des activités
socioéconomiques,
culturelles et
politiques de la
Guadeloupe. Dans la
première et la deuxième
parties de cette « brève
lecture sociologique de
la grève générale en
Guadeloupe », j’ai déjà
partagé avec vous
certaines de mes
observations et
réflexions sur le
déroulement de la grève.
Je précise que mon
propos n’est pas une
lecture détaillée des
différents événements
qui se défilent à
travers ce vaste
mouvement populaire,
lequel met en branle
toute la société
guadeloupéenne. Je
propose seulement de
donner un résumé de
l’ensemble des
événements, en relevant
les faits les plus
marquants à mes yeux et
mes oreilles. C’est le
témoignage d’un
observateur qui vit de
près les événements et
qui les regarde avec un
œil critique. La
deuxième partie de notre
lecture des faits
s’arrêtait au 17
février. Dans cette
troisième partie, je
partage avec vous mes
observations et
réflexions sur le
déroulement de la grève
du 17 au 28 février
2009.
Lire
la suite

Grève
générale pour
des
revendications
complètement
justes et
légitimes....
Mais dans cette
crise qui agite
la Martinique,
où sont les
marcheurs en
dehors des
manifestants,
les cyclistes?
Pas sur les
routes en tout
cas, alors qu'en
temps "normal"
beaucoup
d'associations
organisent des
randonnées
pédestres,
beaucoup de
martiniquais font
partie de clubs
et possèdent VTT
et tout
l'attirail
adéquat, souvent
dernier cri :
maillot,
chaussures
spéciales,
lunettes,
casque, etc....
Mais non, on
préfère
s'agglutiner
quotidiennement
devant les
stations-service
pour se procurer
3O euros
d'essence (et
parfois moins).
On ne nous fera
pas croire qu'il
n'y a pas
d'autres
alternatives
que de faire le
pied de grue
devant ces
stations depuis
4 ou 5 h du
matin et pendant
3 à 5 h
d'attente.
Beaucoup de
voitures qui
circulent n'ont
à leur bord
qu'une seule
personne :le
conducteur .
Quid du
co-voiturage ?
Certes, des
initiatives
solidaires
existent mais
encore trop
insuffisantes
Ceci augure bien
mal de
l'avenir. Car
si le collectif
du 5 février
obtenait que
les salaires et
les aides
sociales
augmentent (à la
limite même sans
baisser les prix
des produits et
des services...)
cette
augmentation
risque de ne
servir qu'à
consommer
davantage et
donc à continuer
à gonfler les
poches des
mêmes dont on se
plaint qu'ils
exploitent et
exercent une "profitasyon".
Lire la suite

Et
la morale de l’histoire
par
François Cuvillier
Les
puissants qui demandent
le calme pour négocier
donnent finalement
raison aux adeptes de la
violence, puisqu’on ne
réagit vraiment qu’après
des évènements
criminels.
Malheureusement, chacun
s’est conduit en
confirmant les préjugés
de l’adversaire. Parmi
les responsables du
conflit, combien se
targuent de prier le
Seigneur, ou
s’inscrivent dans une
laïcité héritière des
valeurs chrétiennes,
pour bafouer impunément
ces principes par la
vanité égoïste, le
mensonge cupide ?
L’église est-elle une
usine à pardonner le
péché (du) capital, un
pressing dominical pour
l’ordure
hebdomadaire ? On ne
déplore pas la bassesse
humaine pour en
justifier la
perpétuation, et l’on
croirait par moments
régresser à l’époque
barbare de la vengeance
quand on érige en
principe de justice la
loi du talion afin de
légitimer les abus des
uns par la scélératesse
des autres. Cette
perversion ne facilite
pas la résolution du
conflit, mais en révèle
une cause profonde :
notre incurie éthique,
plus longue à soigner
que la plus longue des
grèves, plus difficile à
isoler qu’une caste
d’ennemis, plus
entremêlée qu’un lyannaj.
Lire la suite

Des
solutions pour payer les
augmentations des bas
salaires
par
André Marie-Rose
La
certitude à ce jour,
c’est que de nombreux
produits vont baisser de
20 % en Martinique. Dès
lors, le sur-salaire de
40 % des fonctionnaires
n’est plus justifié. Ne
s’appelle-t-il pas «
prime de vie chère » ?
Ainsi, si la vie chère
diminue, il doit baisser
à due concurrence.
D’autant qu’il participe
activement à la
constitution des prix
compte tenu qu’il les
tire vers le haut.
Ainsi, d’une pierre deux
coups. En répartissant
le sur-salaire des
fonctionnaires sur les
bas salaires (voilà un
geste solidaire !), on
rend justice à la baisse
des prix et on évite
qu’ils ne remontent.
Pourquoi les membres du
collectif ne le
proposent-t-ils pas ?
parce qu’ils sont tous
fonctionnaires ? Je
n’ose y croire. Par
ailleurs, la demande
d’égalité avec la
métropole est tout à
fait justifiée. Il y a
donc lieu de supprimer
aux Antilles la 4éme
année « gratuite » des
fonctionnaires pour le
calcul de leur retraite
(je travaille 30 ans et
la sécurité sociale m’en
paie 40). De la même
manière, toujours au nom
de l’égalité mais aussi
de la dignité, il faut
supprimer l’abattement
de 30% sur le montant
imposable dont bénéficie
chaque contribuable aux
Antilles. Il entraîne
que ¾ des résidents aux
Antilles ne participent
pas au financement de la
nation. D’autant que le
taux de recouvrement est
inférieur à 60%. On se
rapproche donc plutôt de
15% de contribuables aux
Antilles qui apportent
leur participation aux
dépenses communes de la
République. On peut
aussi supprimer le
désuet et injustifié
congé bonifié de tous
les fonctionnaires
originaires des Antilles
qui travaillent en
métropole (Etat,
collectivités
territoriales et
hôpitaux, de l'ordre de
la centaine de milliers)
ainsi que celui des
fonctionnaires
métropolitains aux
Antilles qui y ont droit
(uniquement Etat, de
l'ordre de la centaine).
Beaucoup de solutions
existent donc. Elles
nous obligent à la
solidarité et à
l'égalité avec la
métropole (qui doit
jouer dans les 2 sens).
C'est le juste prix à
payer pour une vraie
dignité.
André Marie-Rose
Schoelcher

«C’était comme
retenu, ça nous a
sauté à la figure»

Elie Domota,
porte-parole du LKP (1),
s’en amuserait
presque. Nous sommes
samedi soir,
c’est-à-dire
dimanche matin à
Paris. «Vous
savez, lâche-t-il,
on est un peu
susceptible.»
Dans une pièce
voisine du port
autonome de
Pointe-à-Pitre où
s’achèvent les
négociations, le
préfet vient de
tenir une conférence
de presse, où il a
déclaré avec
solennité :
«L’essentiel est
maintenant acquis.
La revendication des
200 euros, portée
par le LKP, a été
signée. Ce soir, les
médiateurs ont fini
leur travail. Au nom
de l’Etat, le retour
à la vie normale
s’impose. Rien ne
justifie la
poursuite du
conflit.» «Ah bon !
C’est qu’a dit le
préfet… Il décide à
notre place
maintenant» ,
ironise Elie Domota,
en reconnaissant peu
après que le LKP
devrait appeler à
«la suspension du
mouvement».
Elie Domota peut en
tout cas sourire. Il
vient de mener avec
succès un mouvement
de grève inédit, de
près de six
semaines, qui a
profondément secoué
cette île des
Antilles d’à peine
450 000 habitants.
L’homme est
atypique. Il n’a
rien de
spectaculaire, et
pourtant, il
impressionne. «Il
y a deux mois, très
peu de personnes le
connaissaient en
Guadeloupe»,
note Michel
Rodriguez, patron de
la chaîne de
télévision locale
Canal 10, qui aura
eu un rôle décisif
dans ce conflit.
«Maintenant, c’est
simple, si je veux
faire de l’audience,
j’invite Domota.»
Lire la suite
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La
Guadeloupe est-elle
assez entrée dans
l’Histoire ?
par Frantz Succab
journaliste guadeloupéen
indépendant et auteur de
théâtre.
Nicolas
Sarkozy dit comprendre
le mal guadeloupéen :
«les handicaps
structurels que sont
l’insularité,
l’éloignement de la
métropole et
l’étroitesse du marché».
Tout est dit. Pourquoi
la Guadeloupe a-t-elle
eu cette mauvaise idée
de ne pas être un
continent ? Et pourquoi
la Guyane française
est-elle une sorte
d’îlot politique dans le
continent américain ?
Les DOM ne sont pas plus
insulaires que de
nombreux Etats dans le
monde. S’ils sont
«ultrapériphériques»,
c’est parce que la
France est le centre
imposé par leur statut
politique. A force de
nier l’histoire et la
géographie, un jour
elles se vengent.
C’est une négation très
ancienne, contenue dans
un discours d’Etat où le
colonial fut posé comme
prolongement du national
et condition de sa
puissance : coloniser
signifiant «rendre
français». Ainsi,
commence une funeste
méprise : en devenant
citoyen français,
l’indigène deviendra
l’Homme tel qu’il doit
être. Cette idée
traverse sans partage la
Guadeloupe jusqu’à la
départementalisation de
1946 et la décennie
d’après. La République
française a
l’exclusivité pour plus
de liberté, d’égalité et
de fraternité.
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Quelques observations à
propos de l'article de
M. Henry Petitjean Roget :
"Une approche
anthropologique du
contexte de la révolte"
par Huguette Emmanuel
Bellemare,
martiniquaise,
sociologue de formation,
enseignante du second
degré
Dans Madinin’Art du
19-2, Mr Henry Petitjean
Roget nous propose « Une
approche anthropologique
du contexte de la
révolte »
sous-entendu en
Guadeloupe.
Cet intitulé semble
promettre une analyse
scientifique, de même
que la bibliographie et
les titres
universitaires déployés
à la fin de l’article.
Qu’en est-il
exactement ?
Examinons d’abord les
efforts de l’auteur pour
constituer la société
guadeloupéenne en un
objet d’étude
anthropologique.
Il commence par énoncer
péremptoirement une
particularité, selon
lui, de cette société :
« les mots
qu’utilisent ses membres
ne disent pas ce qu’ils
veulent
exprimer. L’exprimé se
situe presque à chaque
fois dans le registre du
non-dit. »
Curieusement pourtant,
il prend les exemples de
sa démonstration chez
les Martiniquais ! En
effet, dit-il, ceux-ci
ne désignent le serpent
que par les
expressions : « la bête
longue » ou « la
cravate », ce qui est la
marque, « somme
toute » (!) d’ « une
société précapitaliste
ou traditionnelle qui a
conservé des relations
étroites avec son
environnement naturel »
! Hum ! Est-ce que l’on
ne frôle pas les
qualifications de
prélogiques, voire
d’humanités encore
engluées dans
l’animalité ?! L’auteur
s’en défendrait
énergiquement ! Soit,
mais contrairement à ce
qu’il semble croire, les
Antillais n’ont inventé
ni la métaphore, ni la
périphrase euphémique.
Les Romains ne disaient
pas : « il est mort »,
mais : « il a vécu » et
pour le cas où Mr Henry
Petitjean Roget
estimerait « que ceux-ci
avaient gardé des
relations étroites avec
leur, etc.… ».
Remarquons
qu’aujourd’hui les
Français disent
dans la même situation :
« il est parti », leurs
journalistes ajoutant
parfois : « des suites
d’une longue et
douloureuse maladie »,
et tout le monde
comprend de quoi il
s’agit !
Lire la suite
|
Alain Huygues
Despointes (image
extraite du
documentaire) -
Canal+
On
vous parlait
récemment
des remous
provoqués
par la
diffusion
sur Canal+
des
Derniers
Maîtres de
la
Martinique,
un reportage
sur le
pouvoir des
Békés sur
l'île. Le
préfet avait
notamment dû
déménager
fissa de la
demeure
qu'il
occupait,
propriété
d'un riche
entrepreneur
local, un
certain
Alain
Huygues-Despointes.
Celui-là
même qui,
face caméra,
se fendait
de propos
racistes. Il
disait
particulièrement
regretter le
métissage,
évoquait le
« côté
positif
»
de
l'esclavage
et
expliquait
son souci de
« préserver
la race ».
L'histoire
aurait pu
s'arrêter
là, mais la
justice en a
décidé
autrement.
Le 10
février, le
parquet de
Fort-de-France
a ouvert une
information
judiciaire
pour
« apologie
de crime
contre
l'humanité
et
incitation à
la haine
raciale ».
Dernier
rebondissement
le lundi 2
mars, quand
le juge
d'instruction
Bruno
Lavielle,
venu
spécialement
de
Martinique,
a procédé à
une
perquisition
à
Boulogne-Billancourt,
dans les
bureaux de
TAC, la
société qui
a produit
l'enquête de
Romain
Boltzinger
Lire la suite |
Derrière mon caddie,
mon 4X4 et mes...
Ray Ban
Ciel bleu clair avec
nuages et pluies
intermittentes; le
paysage martiniquais
passe comme d’habitude
par toutes les nuances
du polychrome de ses
dérèglements avec, et
c'est l’actualité de ces
derniers jours qui nous
le révèle, des poussées
de tension et des accès
de fièvre que tout un
chacun devrait confesser
n’avoir honnêtement
pressenti en fait…que
dans la plus stricte
intimité de son alcôve
intérieure.
Pierres et gazs
lacrymogènes en
bonus; et pourtant que
de signes auraient dû
nous alerter : notre
« consumérisme
compulsif » outrancier
datant de bien avant que
la liberté des prix
(1987) ne soit une règle
à laquelle nous nous
sommes empressés de
souscrire et que nous
avons sciemment
appliquée ;
l’affadissement de notre
réactivité aux menaces
sur nos consciences et
notre civisme et notre
sens des
responsabilités ; la
persistance de l’ancrage
de l’essence même de
notre devenir autour de
schémas de pensée que
nous avons refusé de
passer au tamis de
l’expertise et de la
critique constructive.
Quelle surprise
alors que cette foule
bigarrée, joyeuse,
revendicative dans les
rues de ma Ville en ce
début de février ;
chantant les couleurs de
la victoire, dénonçant
(tous) les profiteurs du
système, affirmant sa
volonté reconduite
chaque jour de ne pas
« mollir an may ». Quel
bonheur de voir tous ces
jeunes, et vieux et
déçus et aigris et
pleins d’espoir et
pleins de rêves, croire
encore, dans le soleil
de manifestations
ondoyantes, à de grands
soirs et à des
lendemains qui chantent…
Notre Martinique s’est
alors trouvée contrainte
de se regarder dans une
série de miroirs qui lui
ont renvoyé des
d’images où il
s’agissait de tout
redéfinir : des
priorités pratiques au
quotidien, des discours
idéologiques confrontés
à des réalités
économiques de terrain,
le difficile exercice
d'une démocratie à
revitaliser, la gestion
de pulsions, surtout
mauvaises hélas, qui
sont remontées de
l’abîme de notre
inconscient à la vitesse
de notre vie moderne.
Et le Balancier a repris
son mouvement mécanique
que notre histoire
connaît si bien puisque
nos plaies ont été
insuffisamment
cautérisées, nos
douleurs insuffisamment
soulagées, la terrible
ambigüité de nos phobies
insuffisamment prises en
compte. Où donc
verrait-on une
désespérance si
bruyamment exposée et
avec tant de résolution
dans les rues pour une
telle indifférence de
traitement au plus haut
niveau de l'état ? Que
dire de cette violence
que nous ne connaissons
que trop bien et qui
nous jette l’un contre
l’autre, casseurs de nos
propres quartiers,
vandales de nos pauvres
matérialités, assassins
de nos amours
dérisoires ?
Ciel gris et bas d’un
futur qui ne recèle pour
le moment (et je ne
parle que de ma seule et
petite
perspective) pas beaucoup d'éléments
optimistes mais auquel
il conviendra de
s’atteler puisque le
paradis se doit d’être
envisagé sur terre, à
hauteur humaine, dans
une meilleure
répartition des
richesses économiques
(et pour ça, retour aux
idéologies ?) et dans un
repositionnement de
notre fonctionnement où
les progrès techniques
indéniables de notre
« évolution » (assistés
d’une réflexion critique
permanente
indispensable) n’ont
pour l’instant que des
traductions chiffrées
qui n’ aident pas à se
dépêtrer du carcan de
l’objet-désir, de
l’attraction mortifère
du produit
imposé-hypnotique, de
la séduction de
l’argent-valeur-fondamentale
de nos références.
Obligation de réfléchir
donc pour tout mettre à
plat. Nous devrions
alors pouvoir repartir à
la conquête de demain
pour redécouvrir la
poésie de la vie, le sel
des mots et des images,
la mélodie de corps
allant à la rencontre
les uns des autres et
ainsi suivre, dans la
plus fantasmagoriques
des utopies mais à quoi
serviraient ces
dernières si elles ne
tutoyaient pas le rêve,
la trace du Vieux :
Je ne suis pas de ceux
qui croient qu’une ville
ne doit pas s’élever
jusqu’à la catastrophe
encore un tour de rein
de cou d’étage ce sera
le déclic du promontoire
je ne suis pas de ceux
qui luttent contre la
propagation du taudis
encore une tache de
merde ce sera le marais
vrai. Vrai la puissance
d’une cité n’est pas en
raison inverse de la
saleté de ses ménagères
pour moi je sais bien
le panier où ne roulera
jamais plus ma tête.
[la forêt vierge]
A. Césaire
Marius GOTTIN
|
|
Entre l'outre-mer et la
France, trop de non-dits

Un immense
malentendu. Une
équation sommaire :
outre-mer,
assistanat. Un
remède aussi
lapidaire : besoin
d'amour. Pardon,
mais il n'est
question ni
d'affection ni de
compassion,
seulement du respect
de nos droits et de
la fin de la
tolérance envers les
pratiques hors la
loi qui prospèrent
dans nos
territoires.
L'actualité a révélé
qui capte la grande
masse des flux
financiers déversés
par exonération de
charges,
subventions, avances
non remboursées.
Désormais, nul
n'ignore que la
solidarité sociale y
est inférieure.
Qu'une économie de
prédation y accumule
d'arrogantes
opulences. Et que
lorsque l'Etat
amorce un acte
économique, il se
retient aussitôt.
Ainsi, les décrets
d'application,
nécessaires à la loi
Paul de décembre
2000 pour rendre
effectif le
transfert de
compétences entre
l'Etat et la région
sur l'attribution de
titres miniers en
mer, ne furent
publiés ni par la
gauche ni par les
gouvernements
suivants.
Lire la suite
|
|
Lire Le journal
 |
|
Un ancien haut
fonctionnaire publie une
charge contre la rue de
Valois

Longtemps, l’ancien
adjoint à la culture et
au patrimoine de la
Ville de Lyon
(2001-2008) Patrice
Béghain eut du mal à se
départir de la prudente
réserve et de
l’onctuosité verbale du
haut fonctionnaire de la
Culture qu’il fut depuis
1981 (1). Propulsé dans
l’arène politique,
théâtre de petites
phrases assassines, de
rapports de force et de
coups d’éclats
médiatiques, il resta
mesuré dans ses
engagements, subtil dans
son expression,
légitimiste vis-à-vis de
ses chefs – et surtout
de son maire, Gérard
Collomb, même quand
celui-ci faisait peu de
cas de lui. Libéré de
toute fonction
officielle, l'ancien
adjoint bine et débine.
Il se fait acide et
direct. Depuis son petit
village du Lot, où il
coule une studieuse
retraite vouée à la
lecture, l’écriture et
la botanique, il vient
d'écrire une « Lettre
au successeur d’André
Malraux », à
paraître en mars (2)
mais déjà en ligne sur
son
blog.
Un sévère réquisitoire
contre les «
défaillances », la
« banqueroute »
et le « discrédit »
qui frappent le
ministère de la Culture
depuis quelques
années...
Lire la suite |
|
MANIFESTE
pour
les “produits” de haute
nécessité
Martinique Guadeloupe
Guyane Réunion
Ernest BRELEUR
Patrick CHAMOISEAU
Serge DOMI
Gérard DELVER
Edouard GLISSANT
Guillaume PIGEARD DE GURBERT
Olivier PORTECOP
Olivier PULVAR
Jean-Claude WILLIAM
C'est
en solidarité pleine et
sans réserve aucune que
nous saluons le profond
mouvement social qui
s'est installé en
Guadeloupe, puis en
Martinique, et qui tend
à se répandre à la
Guyane et à la Réunion.
Aucune de nos
revendications n'est
illégitime.
Aucune n'est
irrationnelle en soi, et
surtout pas plus
démesurée que les
rouages du système
auquel elle se
confronte.
Aucune ne saurait donc
être négligée dans ce
qu'elle représente, ni
dans ce qu'elle implique
en relation avec
l'ensemble des autres
revendications.
Car
la force de ce mouvement
est d'avoir su organiser
sur une même base ce qui
jusqu'alors s'était vu
disjoint, voire isolé
dans la cécité
catégorielle - à savoir
les luttes jusqu'alors
inaudibles dans les
administrations, les
hôpitaux, les
établissements
scolaires, les
entreprises, les
collectivités
territoriales, tout le
monde associatif, toutes
les professions
artisanales ou
libérales...
MANIFESTE
Suivre le lien
|
|
Brèves de
Martinique
Le SNES
FSU opposé au collectif,
n’appelle pas à la
grève.
Le représentant SNES
de la FSU Martinique au
collectif, dont il vient
de se faire éjecter,
était ce matin l’invité
de l’émission Politics
de RFO. Il a
maladroitement tenté de
défendre
l’indéfendable :
pourquoi la direction du
SNES refuse le blocage
des postes pour les non
titulaires martiniquais,
pourquoi elle refuse
l’intégration à part
entière de
l’enseignement du créole
et de la culture dite
créole dans les
enseignements scolaires
obligatoires. A la
question « serez vous
dans la rue avec le
collectif » , il a
répondu que le droit de
grève n’enlève pas celui
de ne pas gréver.
Mais Il a dû admettre
qu’il ne représentait
pas entièrement la FSU,
le SNUIPP FSU étant
demeuré dans le
collectif.
La représentante du SE
UNSA, pour sa part,
avait résolument appelé
à la poursuite de la
grève, sous l’argument
que les enseignants sont
partie intégrante du
peuple martiniquais
toujours dans la rue
pour ses revendications.
« Le SNES
écrit un courrier au
recteur pour l’informer
de son intention de
poursuivre
l’administration devant
le TA ( Tribunal
Administratif) dès lors
que des décisions
seraient prises, à
l’encontre des
personnels notamment
lors de cette commission
éducation du collectif
qui ne peuvent engager
les personnels puisque
l’accord, si accord il y
a, ne représenterait que
des syndicats croupions
dans le Second Degré. »
( Extrait d’un document
signé du secrétaire du
SNES Martinique). Cette
division déplorable
repose sur la position
de fond de l’actuelle
direction du SNES FSU
qui refuse de
reconnaître la réalité
du peuple martiniquais
et son droit à
l’autodétermination.
Les réactions de
militants se
multiplient : non
renouvellement de
cartes, départs, ou
recherche d’une
alternative à
l’intérieur du syndicat.
[...]
Toutes ces
informations sont ici :
http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article230
Drôle de carnaval aux
Antilles
par
Marie-Andrée Ciprut
En place de brûler «Vaval»
cette année, les
Antilles ont enflammé
barrages et voitures
afin de montrer leur
mécontentement par une
grève générale de plus
d’un mois pour protester
contre la vie chère.
Mme Jacqueline Marullaz
affirme que : « soutenir
ces départements
d’Outre-mer est un
effort très coûteux pour
l’ensemble des
contribuables
français ».
Imagine-t-elle que les
Domiens ne paient point
d’impôt ? Ignore-t-elle
qu’une partie de leurs
« subventions » vont aux
fonctionnaires
métropolitains et
français qui y
séjournent à titres
divers, dont les
traitements sont ajustés
au coût de la vie
locale à hauteur de 40%
? Sait-elle quelle
partie de ces « coûts »
garnit les poches des
descendants de
colons monopolisant
l’import-export et le
commerce de détail ?
A-t-elle une idée les
dégâts causés à
l’agriculture vivrière,
la pêche locale, et les
sols antillais par le
chlordécone, la
monoculture polluante de
la canne à sucre et de
la banane, au seul
profit de la métropole
et de ses relais
commerciaux insulaires ?
Doit-on lui rappeler que
les Antilles sont des
départements depuis
1946, et que l’effort
financier du
gouvernement,
proportionné aux besoins
spécifiques de chacun,
devrait obéir aux mêmes
règles que pour la
Seine, la Corse ou
n’importe quel autre des
96 départements français
de la Métropole, plus
les 4 d’outre-mer ?
Pourquoi ne voir dans
ces îles que les plages
paradisiaques et le
ti-punch, en oubliant
leur taux de chômage
d’environ 25%, leurs
salaires plus bas, la
vie plus chère (entre
fin 2007 et fin 2008, le
prix du kilo de riz
s'est accru de 25% en
Guadeloupe, 42% en
Martinique et 30% en
Guyane, alors que le
SMIC ne s'accroissait
que de 3% dans ces trois
territoires) ?
Lire la suite
Intention, méthode et
résultats
par François Cuvillier
De
la vie chère au respect,
de la justice à
l’émancipation, des
revendications au
changement de société,
le mouvement antillais
actuel recouvre des
enjeux de plus en plus
difficiles à
circonscrire. Or, entre
les objectifs nobles
d’une redéfinition des
valeurs et des
fonctionnements de notre
société, et la procédure
mise en œuvre que l’on
observe actuellement, on
trouve des paradoxes qui
méritent notre
vigilance. Selon un
adage de prudence,
l’enfer n’est-il pas
pavé de bonnes
intentions?
Méditer L’histoire
Le lexique, les
symboles, les références
de méthodes politiques,
la fantasmagorie de
l’héroïsme
révolutionnaire qui
émaillent les discours
actuels évoquent une
histoire dont on néglige
les ombres pernicieuses.
Dans ce « ils » qui nous
ont exploités, trahis,
empoisonnés, dans cette
marche du peuple qui
doit abolir les
individus pour n’avoir
plus qu’une seule voix,
dans ces actions où des
gens se sont
autoproclamés
représentants du peuple,
parce qu’ils sont les
têtes pensantes,
s’octroyant le droit
d’engager des actions de
force au nom du bien
commun, (en consultant
au préalable les
citoyens, on risquait de
perdre du temps ?) ;
dans les discours
polyphoniques où la
sagesse humaniste masque
difficilement un
ressentiment
insurrectionnel, on
éprouve des saveurs de
déjà vu, de troublantes
similitudes.
Lire la suite
Non à la dictature du
collectif du 05 février
Le
temps perdu
Par Habdaphaï
Je
ne crois pas à
l'expression artistique
pluridisciplinaire pour
défendre des
revendications des
artistes plasticiens.
Car chaque corps de
métier artistique a des
spécificités et des
demandes de réflexions
pour chaque pôle de
création.
Surtout quand des
amateurs qui se disent
artistes,
et le manque d'espaces
et de professionnels
pour nous seconder
tuent les professions
d'art, et bien
évidemment la culture,
et la représentation ici
et ailleurs.
L'artiste pour moi est
là pour avoir un regard
sur toutes les formes de
manifestations, et après
proposer une image, une
œuvre, une analyse pour
que les revendications
puissent laisser des
traces.
Ma place à moi,
ce n'est pas de me
retrouver avec des gens
qui ont les mêmes
couleurs politiques, qui
récupèrent le mouvement
social pour les futures
élections,
ils se reconnaitront.
Avec le regard et la
distance que j'ai de ce
mouvement, on trouve
qu'il ya des lacunes de
connaissances,
des amalgames et bien
parfois des discours du
passés, des parties
économiques, et aussi
des dossiers traités, je
donne comme exemple ce
qui concerne l'art :
Pas de projet, pas
d'idée, pas d’action
artistique, en un mot
rien....
Lire la suite
TAN-AN VINI
Lève-toi, peuple issu du
viol codifié de
l’Afrique !
Il est temps pour toi de
récupérer la terre
ensemencée par la sueur
et le sang du Nègre,
par les ossements
blanchis de tes
ancêtres,
arrosée par les larmes
amères versées de leurs
yeux.
Cette terre d’exil qui
désormais t’appartient
du droit inaliénable
du sang répandu comme un
engrais précieux,
la légitimité du travail
et de ta misère.
Et le feu prend dans la
canne et consume la
grand-case,
purificateur et
rénovateur
et le phénix-liberté
renaît de leurs cendres
et déploie ses ailes,
le sang coule sur
l’autel des loas
et leur force est en
toi,
soulevant ta colère au
rythme du tam-tam !
Car voici que vient une
ère nouvelle pour le
peuple de Cham
et l’injustice passée
doit être réparée !
L’heure du métis a sonné
à l’horloge de
l’Histoire
afin qu’à jamais soit
effacé des mémoires
le temps honni du joug
et de l’esclave.
L’heure de nous-mêmes…
Comme nous a enseigné
Aimé Césaire,
lève-toi et marche,
debout et fier
pour regarder demain…
Patrick
MATHELIÉ-GUINLET
(26-02-09)
En ces temps
agités, j'ai
peur....
Pour
nos enfants,
que nous ne
soyons pas à
la
hauteur...
Nous vivons
un moment
historique
pour
l'humanité,
le premier
combat
contre le
capitalisme
libéral qui
a été imposé
à tous et
que nous
ressentons
particulièrement
dans les
provinces
ultra-périphériques.
Le premier
combat dans
l'intensité
de la
lutte(5
semaines
pour la
Guadeloupe
et se ne
sont pas les
plus
fortunés qui
font
grève...) et
le nombre
des
sympathisants
encore en
lice...
La France
n'a pas
connu de
tels
débordements
depuis
longtemps....
Des foules
immenses
tant à
Pointe-à-Pitre
qu'à Fort De
France, qui,
sur le plan
de la
représentation,
battent tout
record
Métropolitain
!!! Près de
60 000
personnes
dans les
rues de
toute la
Guadeloupe,
plus de 30
000
personnes à
Fort De
France cela
correspond à
plus de 12
millions de
Français
dans la
rue...
En réponse à
tout cela,
peu de
chose, les
journalistes
s'intéressent
enfin aux
DOM plus de
20 jours
après le
début des
troubles,
aucune
traduction
de "Liyannaj
Kont
pwofitasyon"
n'a été
proposé aux
Métropolitains,
comme si le
créole
n'avait pas
droit de
cité...
Aucun
reportage
digne de
foi, n'a
été diffusé
sur les
réelles
disparités
économiques...
Les premiers
mots de
notre
premier
ministre,
après
"quelques
jours de
manifestation"(plus
de 20) ont
été sur le
coût
"ressenti"
de la vie
chère...
Notre
président de
la
république,
en oubliant
que ces
excuses
concernant
les
bienfaits de
l'esclavages
n'en étaient
pas, n'ouvre
sa bouche
qu'après
avoir
négocié avec
les
syndicats
métropolitains,
en donnant
des miettes
d'un plan
dont il ne
sait
toujours pas
comment il
va le
financer
!!!!
Et notre
Ségolène,
qui nous a
badigeonné
de ces
racines
Antillaises
durant la
campagne, ne
se souvient
de nous
qu'en même
temps que le
président,
et j'en
passe...
En
Guadeloupe
et en
Martinique,
comme dans
les autres
provinces
ultra-périphériques
françaises,
un
laboratoire
du
capitalisme
a été mis en
place par
les
différents
gouvernements
: comment se
faire plein
d'argent en
payant les
gens le
moins
possible et
en
pratiquant
les tarifs
les plus
prohibitifs.
Pour
pimenter le
tout,
quelques
lois de
défiscalisations
ont été
pondues, et
boustent
l'économie
locale, au
détriment
des gens les
plus pauvres
et aux
richards
d'en
profiter. A
ce propos,
combien de
membres du
gouvernements
et ou du
parlement
bénéficient
de cette
défiscalisation
?
Autre
question
d'importance
: combien
les antilles
françaises
rapportent à
l'état
français en
taxes
diverses et
autres.
Je crains
que les
cartes ne
soient
tronquées...Et
en plus on
ne les a pas
en main....
De tout
cœur, avec
vous....!!!!
Docteur
Benoit
Giroud,
Martiniquais
Manifeste contre le
blocage en Guadeloupe :
non-dits et réalités.
Oui, il s’agit bien d’un
blocage généralisé et
intentionnel, plus ou
moins organisé et non
d’une grève générale
illimitée comme
annoncée. Ce fait
établi, nous conduit
nous jeunes Salariés,
Cadres et Chefs
d’Entreprises
guadeloupéens d’origines
diverses, à émettre ces
constats en quelques
points.
I - Discours et
propagande
Face à des poncifs, à de
l’intoxication et autres
contrevérités, il semble
urgent de rappeler
quelques éléments
d’ordre économique et
sociétal. Les principaux
agrégats économiques de
notre département
restent peu
significatifs, voire
décourageants : taux de
chômage à deux chiffres,
taux d’endettement qui
croît aussi vite que le
taux d’équipement des
ménages…
Rappelons également que
notre département jouit
largement de la
générosité européenne à
travers les dispositifs
de soutien financier,
que nos richesses
naturelles sont
quasiment inexistantes,
que notre agriculture
est en déclin et que le
tourisme est en sursis.
Flatté par un discours
revendicatif et quelque
peu agressif, notre
individualisme exacerbé
nous engage à prendre
possession de la rue au
lieu de prendre
possession du pouvoir
économique et tenter
d’inverser la tendance.
Lire la suite
Guadeloupe : les
pratiques musclées des
militants du LKP
Les chefs du
collectif «contre la
profitation» usent de la
manière forte pour
rallier à leur cause une
population qui redoute
le durcissement du
conflit.
L'homme
doit avoir à peu près la
cinquantaine. Il a les
tempes grisonnantes et
porte une casquette de
base-ball sur la tête.
Sans doute enseignant de
profession, [sic!]*
membre de la FSU
[sic!]*, il est l'un des
porte-parole du LKP, le
collectif «contre la
profitation» à l'origine
de la grève générale qui
paralyse depuis
maintenant trente-cinq
longs jours la
Guadeloupe. La scène se
déroule lundi dernier
devant l'entrée du port
autonome de
Pointe-à-Pitre. Depuis
plusieurs heures déjà,
Élie Domota, le leader
charismatique du LKP,
lui-même fonctionnaire
auprès de l'ANPE, est
enfermé dans une petite
salle du bâtiment avec
le préfet et les
représentants du
patronat. Les
négociations piétinent.
Comme depuis un mois.
Dehors, les fidèles de
Domota s'échauffent au
rythme de la chanson
créée pour l'occasion :
«La Gwadloup sé tan nou,
la Gwadloup sé pa ta yo»
(«La Guadeloupe, c'est à
nous, la Guadeloupe, ce
n'est pas à vous»)
*Note de
Madinin'Art
Lire la suite.
par Jacky Dahomay,
professeur de
philosophie à la
Guadeloupe.
Ceci semble
aujourd’hui une
évidence : il est
inacceptable que le
président de la
république ait
attendu un mois et
qu’il y ait eu un
mort, après des
semaines de crise
sociale grave en
Guadeloupe, pour
qu’il se prononce à
ce sujet et fasse
des propositions. En
culture créole cela
s’appelle du
mépwi (quand on
feint d’ignorer
l’autre ou que l’on
ne répond pas à ses
attentes). Cela est
d’autant plus
surprenant que
Nicolas Sarkozy
affectionne
particulièrement une
sur-présence dans
tous les conflits
qui peuvent éclater
en France
métropolitaine voire
dans le monde.
Toutefois, utiliser
le terme de
« mépris » a le
désavantage
d’interpréter une
attitude politique
en termes
d’affection et de
brouiller ainsi
l’analyse réelle
d’un tel
comportement.
Lire la suite
Le
Manifeste des 9 :
l’utopie de l’An 01
par
Michel Herland
Professeur à l'UAG
Peu après les événements
de 1968, le dessinateur
Gébé a fait paraître une
bande dessinée, L’An
01, qui décrivait la
société future telle que
l’imaginaient les plus
radicaux des
révolutionnaires de
l’époque. L’argent
désormais sans valeur,
la fin de l’aliénation
par la consommation, le
travail réduit de ce
fait à peu de choses, ce
qui libère le temps pour
des activités plus
nobles : cultiver son
esprit, s’exercer aux
arts ou, plus
simplement, farnienter.
L’usine n’a pas disparu
mais fonctionne
désormais sur la base de
l’autogestion, et le peu
de temps qu’on lui
consacre est placé sous
le signe de la
convivialité et de la
créativité plutôt que de
la productivité à tout
crin.
Un tel modèle de société
est exactement celui
préconisé par les neuf
intellectuels antillais,
auteurs du Manifeste
pour les « produits » de
haute nécessité.
Renonçons à tous nos
démons :
surconsommation,
dépendance économique et
financière, travail
forcé pour les uns et
recherche effrénée du
profit pour les autres.
Au lieu de cela,
instaurons la gratuité,
la solidarité, la
responsabilité, la
créativité, la culture
et les beaux-arts. Il
s’agit donc d’inventer
une « société non
économique », dont les
principales conditions
sont la « décroissance »
des besoins et la fin de
« l’absurdité
coloniale ».
Lire la suite
"Allons
enfants
de la patrie !"
par
Elodie QUIDAL*
et
Marlène
PARIZE*
UNE CRISE SOCIALE
ébranle la Guadeloupe et
se répand comme une
traînée de poudre en
Martinique et bientôt en
Guyane et en réunion .
Les outre-mer
s’enflamment et se
mobilisent avec un mot
d’ordre partagé, une
exigence clamée, «
l’augmentation du
pouvoir d ‘achat » , le
pouvoir de vivre, de se
nourrir, de s’éduquer,
de se soigner, de se
loger, de travailler…
Face à ces exigences et
aux désordres qu’ils
entraînent le
gouvernement représenté
par le Secrétaire d’Etat
à l’Outre-Mer Yves JEGO
explique lors d’une
interview (le 12/02/2009
sur Europe 1) que cette
crise est « « une crise
de société, de remise en
cause du modèle de
fonctionnement des
Antilles. » Nous voilà
face à un Président qui
intervenant sur la crise
sociale en France
(Emission « Face à la
crise ») ne dit pas un
mot des mouvements qui
immobilisent depuis des
semaines les Antilles ;
et un Ministre qui nous
dévoile lors de cette
interview du 12 la
stratégie du
gouvernement : enfermer
cette mobilisation
sociale dans le contexte
créole, et présenter
l’Etat comme un pouvoir
neutre plein de bonne
volonté.
Lire la suite
Que voulons-nous,
Guadeloupéens?
par Jacky Dahomay
Il
est clair que la
Guadeloupe défie
constamment toute
tentative
d’interprétation
théorico-politique et le
philosophe politique,
surtout quand une trop
grande proximité le lie
à ce pays, est le plus
souvent désorienté.
Malgré tout, je me
risque à exprimer ici ce
que je perçois pour
l’instant de ce puissant
mouvement social, étant
entendu que ces analyses
à chaud seront toujours
marquées du sceau de la
contingence historique.
Disons-le tout net :
s’il m’est arrivé dans
le passé d’énoncer de
vives critiques
concernant certains
mouvements sociaux
(critiques que je trouve
pertinentes aujourd’hui
encore) je constate
maintenant que la
contestation sociale n’a
pas le même sens ni les
mêmes tournures
qu’autrefois. D’une
part, les dirigeants
syndicaux, en évitant de
reproduire les mêmes
erreurs traditionnelles,
font preuve d’une plus
grande maîtrise du
mouvement social.
D’autre part, par son
ampleur même, la
mobilisation en cours
jouit d’une popularité
incontestable qui lui
donne une certaine
légitimité. Quelles que
soient donc les erreurs
ou insuffisances qu’on
peut déceler ça et là,
je soutiens globalement
la contestation sociale
en cours et ceci pour
deux raisons
fondamentales.
Lire la suite
Guadeloupe, Martinique,
la possibilité des îles
Yves Jégo,
le secrétaire d'État
chargéde l'Outre-Mer
commente la crise qui
secoue la Guadeloupe et
la Martinique et
explique leur importance
dans la République
française, notamment sur
le plan écologique et
maritime.
La crise qui
secoue la Guadeloupe
depuis le 20 janvier
2009 est trop sérieuse
pour que nous en
restions aux effets de
manche de ceux qui
cherchent à
l'instrumentaliser à des
fins partisanes. Ceux
qui, en métropole,
tentent de la présenter
comme le symbole d'une
contestation dirigée
contre la politique du
gouvernement, méprisent
le message des
Guadeloupéens et
trahissent les attentes
de nos compatriotes
ultramarins. La vérité,
c'est qu'il ne s'agit
pas d'un mouvement de
protestation sporadique,
mais bien d'une triple
crise. Une crise
économique qui frappe
toute la planète et
atteint plus vite les
économies fragiles, une
crise structurelle liée
aux dérives ultimes mais
encore observables de
l'héritage d'une
économie « de comptoir »
et enfin, et peut-être
surtout, une crise
existentielle, en tout
cas une crise sociétale.
Après
plus de vingt-cinq jours
de grève générale en
Guadeloupe et dix jours
en Martinique alors que
la tension croît, alors
que les risques de
violences se
multiplient, chacun doit
admettre qu'il est temps
qu'une vie économique
normale reprenne son
cours. Mais ne nous
méprenons pas : finir la
grève, ce n'est pas en
finir avec la crise.
Notre politique n'est
pas d'acheter, comme ce
fut tant de fois le cas
auparavant, une
illusoire paix
provisoire. Notre
ambition, c'est de
mobiliser toutes les
énergies pour que la
Guadeloupe sorte de
l'impasse d'une société
bloquée. Et si la
société guadeloupéenne
est bloquée, c'est
d'abord parce que son
économie est faussée. La
fin de la grève doit
ouvrir le temps d'une
refondation à la fois
économique et sociale.
Lire la suite
Pointe-à-Pitre :
«la loi du plus
fort»

Selon Bak,
militant «radicaliste»,
ce sont des jeunes
qui ont abattu un
syndicaliste, mardi
soir.
Les
uns sont mobiles,
organisés et
obéissent à des mots
d’ordre. Les autres
sont masqués, livrés
à eux-mêmes,
enclavés dans leur
quartier et agissent
à l’instinct. Tous
sont jeunes et ont
en commun une même
détermination. Il
était un peu plus de
minuit, dans la nuit
de mardi à mercredi,
quand des coups de
feu ont claqué, cité
Henri-IV, dans le
quartier Chanzy de
Pointe-à-Pitre. Le
syndicaliste de la
CGTG Jacques Bino
rentrait d’un
meeting au palais de
la Mutualité, QG du
LKP, et tentait de
franchir un barrage.
Il est mort sur le
coup. Les secours
ont mis deux heures
à pouvoir
intervenir, alors
que la police
essuyait d’autres
tirs. Selon le
procureur,
Jean-Michel Prêtre,
c’est la troisième
balle tirée sur le
véhicule qui a été
mortelle. Une
version officielle
mise en doute hier
par Jean-Marie
Nomertin, secrétaire
général de la CGTG
et membre du LKP.
L’émotion a submergé
l’archipel et Elie
Domota, chef de file
du LKP, a lancé un
appel au calme sans
pour autant relâcher
la mobilisation.
Alors que les
barrages et heurts
violents se
poursuivaient hier
et qu’une nouvelle
nuit chaude était
attendue, le
collectif à
l’origine de la
grève va pouvoir
mesurer s’il est
toujours écouté par
une jeunesse
hétéroclite. Il
avait su la contenir
jusqu’au début des
affrontements, mais
d’aucuns lui
reprochent ici,
comme à Paris, de
l’instrumentaliser
via ses cadres
syndicaux rompus aux
violents conflits
sociaux.
«Dangereux».Lui
s’appelle Bak.
Enfin, c’est son
surnom, sur les
barrages comme dans
la vie. Il a 29 ans,
un métier de
technicien en
frigorisation et
travaille avec un
patron artisan, lui
aussi en grève.
Depuis le début du
conflit, Bak
appartient à l’un de
ces «petits
groupes»
autobaptisés «radicalistes».
Ils structurent en
sous-main la
mobilisation des
jeunes, le type
d’actions à mener et
vont au contact des
plus incontrôlables
pour tenter de les
canaliser. Toute la
nuit de mardi à
mercredi, Bak a
tourné avec ses amis
à vélo (le seul
moyen de contourner
les barrages) sur
les points les plus
chauds : le centre
commercial de
Destreland, où des
gendarmes ont essuyé
des tirs de
chevrotine, à Jarry
pour voir si la zone
industrielle était
pillée, dans les
quartiers
ultrasensibles de
Chauvel et Carénage.
«Dans ces coins,
c’est très dangereux
même pour nous,
raconte-t-il.
Personne ne peut
contrôler ces
jeunes, ni le LKP,
ni les grands
frères. Ici c’est la
loi du plus fort.
Ils aiment faire la
guerre, veulent
affronter du flic
blanc et prennent de
l’alcool et des
drogues pour ne pas
avoir peur.» Il
est persuadé que
c’est l’un d’eux qui
a tiré sur le
syndicaliste.
«Potence».
Rencontré sous un
abribus près du
carrefour Montebello
de Petit-Bourg, à
une vingtaine de
kilomètres de
Pointe-à-Pitre, Bak
était la veille au
barrage de Gosier,
là où les heurts
avec les mobiles ont
véritablement
démarré lundi. Il se
déplace en
permanence et est
venu «sur ordre»
à Petit-Bourg, où
une trentaine de
gendarmes tiennent
ce carrefour
stratégique,
lourdement armés
face à une centaine
de manifestants.
«Tous les jours, on
est prévenu par
Internet ou SMS,
mais sans se parler
sur les portables,
pour organiser les
actions.»
Plusieurs autres
jeunes sont arrivés
comme lui, entassés
dans un 4 x 4. L’un
d’eux hache de la
ganja avec de petits
ciseaux. D’autres
titubent presque.
Pas Bak. Veste de
survêtement ceintrée,
petite boule dorée
sur chaque oreille,
il confie que ce
n’est «pas grave
de ne pas toucher
[son] salaire».
Il évoque «un
esclavage mental,
ici, avec d’autres
chaînes : la
consommation, la
perte d’identité, la
soumission aux
règles des gros
capitalistes».
Fataliste, il dit :
«On est comme envoyé
à la potence dans ce
conflit, mais le
respect et l’honneur
que les
Guadeloupéens
veulent retrouver
justifient que l’on
se sacrifie pour une
cause qui est
juste.»
GUADELOUPE,
envoyé spécial
ANTOINE GUIRAL pour
Libération 19/02/09
Elie Domota, héraut
créole

Il
s’arrête, croque un
morceau de canne à sucre
bien juteux et reprend
sa place dans le carré
de tête du défilé. Une
vingtaine de gardes du
corps en tee-shirts
siglés «LKP sécurité»
n’ont d’yeux que pour
lui. Ce samedi, Elie
Domota est à la tête
d’une foule de 10
000 personnes venues
commémorer dans la
commune du Moule
l’assassinat de quatre
ouvriers guadeloupéens
par les militaires lors
d’une manifestation, le
14 février 1952.
La marche avance en
chansons, avec toujours
cette liesse qui fait la
force du mouvement
depuis un mois. A
intervalles réguliers,
il lève le poing, serre
des mains, mais se
montre économe de ses
mots. Concentré sur son
combat contre la «pwofitasyon»
(l’exploitation
outrancière) qui a fait
se lever toute la
Guadeloupe, le chef de
file du collectif LKP à
la peau claire sait que
le conflit en cours peut
désormais dégénérer à
tout instant (lire
ci-contre).
«Pouvoir par la rue».
Le préfet a pris soin de
ne pas poster les forces
de l’ordre à l’entour du
cortège, mais Elie
Domota met la pression
et accuse :
«Aujourd’hui, vu le
nombre de gendarmes qui
sont arrivés en
Guadeloupe, l’Etat
français a choisi sa
voie naturelle : celle
de tuer des
Guadeloupéens, comme
d’habitude.» Un
dérapage verbal ? Une
nouvelle ambiguïté comme
il sait si bien les
entretenir ? Il montre
son tee-shirt rouge sur
lequel on peut lire «mé 1802»,
date du rétablissement
de l’esclavage par
Napoléon, et «mé 67», en
souvenir d’une
manifestation d’ouvriers
du BTP à Pointe-à-Pitre,
où l’armée tua plus de
cent d’entre eux…
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Au
peuple mobilisé !
par
Alex Lollia
Chers
Camarades, du Centre
Hospitalier de
Pointe-à-Pitre, je vous
adresse ces paroles pour
vous rassurer sur mon
état de santé. Je suis
obligé de rester à
l’hôpital puisque je
souffre de lésions
cervicales et de
complications cardiaques
consécutives à la
violence des coups qui
m’ont été portés par les
forces de police. Ma
date de sortie n’a pas
encore été indiquée mais
même si mon corps est
atteint, mon esprit
reste parfaitement
intact et je pense que
cette épreuve a encore
augmenté ma lucidité et
ma détermination.
J’étais comme beaucoup
d’autres camarades en
lutte sur le terrain et
notre démarche était
pacifique : c’est celle
qui a été définie par le
L.K.P.
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De qui la Guadeloupe
est-elle l’otage ?
Par Frantz SUCCAB
Depuis
le 16 décembre et,
particulièrement, le 20
janvier, vieux militant
anticolonialiste, je me
suis efforcé d’être un
modeste -presqu’anonyme-
participant aux manifs
organisées par le LKP,
autant que je le
pouvais. Pour avoir
souvent parlé, pendant
longtemps, en temps de
paix, je me suis fait
l’auditeur attentif des
uns et des autres, dans
les meetings, à travers
les média. Pour avoir
tout le temps écrit
quand trop de plumes
restaient paresseuses ou
conformes, je suis enfin
devenu lecteur assidu
d’un foisonnement
inespéré de
contributions diverses.
Côtoyer le manifestant
du rang et le
non-manifestant pourtant
solidaire ; observer,
écouter, lire, noter, me
nourrir de toutes les
idées, du dit et du
non-dit ; faire des
réserves pour plus tard
tout en me laissant
charrier sans aucune
résistance critique par
le grand fleuve de la
contestation. Tel fut
mon choix, pour mieux
trouver les mots qu’il
faut à une révolution
qui balbutie.
Aujourd’hui, un
syndicaliste est mort.
Douleur et colère. Tous
les regards se tournent,
naturellement
accusateurs, vers ceux
qui ont joué le
pourrissement. Ce
patronat dont l’égoïsme
et le mépris tiennent la
Guadeloupe en otage.
Mais je sais, depuis
déjà, comme deux et deux
font quatre, que ce
n’est pas suffisant. La
vox médiatique, qui sait
si bien orchestrer la
contagion de l’émotion
dans cette société du
spectacle, est à pied
d’œuvre. Les crocodiles
y vont de leurs larmes,
de Paris à Basse-Terre,
de Basse-Terre à Nòlfòk.
Les larmes publiques ne
lavent rien, surtout pas
la faute. Les larmes des
combattants sont une de
choses qui participent
de leur dignité. Même
cela, on veut le leur
voler. Et tout cela pour
tenter, anbistan,
de les déposséder de
leur bon droit.
lire la suite
Un Historien Allemand
nous parle de la
Guadeloupe en grève !
Comme
historien allemand,
installé ici depuis 8
ans, je vois le moment
de m’exprimer [...]
Vous avez bien sûr le
droit de faire votre
histoire comme nous on a
fait la notre, mais
n’oubliez pas qu’on a
payé un prix très fort.
En comparant ce qui se
passe ici en ce moment,
on découvre beaucoup de
similarités.
On a un mouvement à la
base national et aussi
socialiste qui profite
d’un mécontentement
d’une grande partie de
la population.
Pour mieux agiter, il
faut un ennemi commun,
on divise le peuple.
Les
bons ont un ruban rouge
(chez nous les
indésirables ont eu une
étoile jaune). On crée
sa propre police la «
sécurité LKP » (chez
nous c’était le SA).
On
appelle à la grève
totale et les gens
hurlent oui.
(Goebbels nous a fait
crier et hurler qu’on
veut la guerre totale).
On contrôle les médias,
(LKP=RFO)
On
interdit de filmer (à
Jarry hier).
On
prend le contrôle de
toutes activités. Sans
autorisation du Comité
vous ne pouvez plus
travailler.
On fait croire que le
mouvement est porté par
une large majorité mais
quand je parle avec des
gens je constate qu’ils
disent oui au mouvement
par peur,
on ferme les rideaux des
magasins par peur.
Je ressens un profond
malaise, parce que j’ai
toujours reproché à la
génération de mes
parents de ne pas avoir
réagi, d’avoir été
lâche. (On m’a répondu
qu’on ne pouvait pas
s’imaginer que ça irait
si loin).
Et nous, les parents
d’aujourd’hui ?
On a peur de manifester
dans les rues pour la
réouverture des écoles
? Pour la démocratie,
pour nos valeurs ?
C’est
malheureusement VRAI !
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Guadeloupe,
Martinique, des
sociétés
marquées du
sceau du
déclassement
par André
Lucrèce
« Je crois que
la douceur
spirituelle et
le
désintéressement
l’emporteront
sur la
gloutonnerie
crasse
d’aujourd’hui. »
Jack London
Il
est parfois
cruel, mais non
moins salutaire,
de dire ce qui
est au fondement
du mouvement
social actuel
qui se vit,
aussi bien en
Guadeloupe qu’en
Martinique, à la
fois comme
révolte et
délivrance : le
fait de sociétés
marquées du
sceau du
déclassement.
Inutile le
regard sur le
quotidien qui
mène à l’autoflagellation,
stérile aussi la
plainte qui n’a
jamais attendri
les puissants,
insuffisante les
solutions
conçues comme
uniquement
techniques,
certainement
plus féconde la
lucidité qui
débusque les
ressorts de ces
sociétés
traversées par
les tentatives
de toutes sortes
de minoration de
leur peuple, de
sa créativité,
voir de son
génie.
En Guadeloupe
comme en
Martinique,
voici donc ces
peuples se
tenant, chacun à
sa manière, au
principe même de
la vie,
enracinés dans
leur révolte.
Ils sentent
bien, à chaque
passage des
portiques, à
l’aéroport, au
supermarché, à
l’embauche dans
les entreprises,
jusque dans les
services
publics, qu’il y
a quelque chose
comme une
minoration et
une tentative de
déclassement.
Ils flairent
bien aussi que
tout cela tend
vers
l’inconciliable.
Lire la suite |
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Békés : Une
affaire
d'héritage
Assis
sous un
élégant
carbet, dans
le souffle
de l'alizé,
Roger de
Jaham, 60
ans, laisse
flâner son
accent
créole pour
raconter le
camouflet
qu'il a
récemment
subi :
"Pour la
première
fois de ma
vie, un
homme que je
saluais m'a
dit : "Je ne
serre pas la
main d'un
béké.""
L'homme a
encaissé
l'humiliation,
retiré sa
main.
Il ne se
voile pas la
face, sait
bien le
lourd passif
historique
qui oppose
les 3 000
békés aux
400 000
autres
Martiniquais.
Son ancêtre
est arrivé
dans l'île
en 1635,
comme
capitaine de
la milice.
Il s'est
enrichi sur
la misère
des
esclaves. Un
autre aïeul,
Octave, a
même été
jugé pour
les mauvais
traitements
qu'il
infligeait à
ses
serviteurs.
Le
descendant a
déniché
récemment
les minutes
du procès
dans des
archives.
"On ne
parlait pas
de
l'esclavage
à la maison.
Pour nous
aussi,
c'était un
poids."
Mais
aujourd'hui,
c'est comme
si rien
n'avait
changé.
Exploiteur,
affameur,
raciste,
endogame :
Roger de
Jaham ne
comprend pas
l'opprobre
que subit
actuellement
sa
communauté
aux
Antilles,
hurle à
"une sacrée
cabale".
"Nous
sommes des
boucs
émissaires,
estime-t-il.
Les
grévistes,
les médias
et jusqu'au
président de
la
République
ont pris
pour cible
les békés."
A ses
côtés, son
frère
Claude, 65
ans, veut
croire qu'il
ne s'agit
que d'un
sale moment
à passer :
"Je pense
que ça va
s'apaiser
mais dans la
douleur,
dans le
ressentiment.
Ça va
laisser des
cicatrices."
Lire la suite |
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Guadeloupe :
Taubira dénonce
l'«apartheid» |
Le 20 février
2009 -
La députée de
Guyane était
l'invitée de
l'émission
«Parlons Net !»
sur France Info,
le premier club
de la presse
Internet dont Le
Figaro.fr est
partenaire. Elle
fustige le
«mépris» de
l'Etat à
l'encontre de
l'outre-mer.
Lire la suite et
voir l'émission |
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C'est l'ère du
soupçon en
Guadeloupe.
L'île aux
désespérés
Après
plus d'un mois
de crise plus
personne ne fait
confiance à
personne. Ni à
Nicolas Sarkozy
ni aux élus de
l'île. A force
de jouer le
pourrissement,
le gouvernement
prend le risque
de libérer une
violence brute
qui a déjà fait
un mort : le
syndicaliste
Jacques Bino
C'est une mort
embarrassante,
parce qu'elle
bouscule tous
les schémas
politiques, une
mort inutile
après un mois de
«révolution
tranquille» qui
ne pouvait
déboucher que
sur des
négociations,
une mort
absurde, à
laquelle chacun
essaie
désespérément de
trouver un sens.
Pour ne pas
pleurer un mort
pour rien. Il
est un peu plus
de minuit ce
mardi 17 février
à
Pointe-à-Pitre.
Jacques Bino
raccompagne un
ami chez lui,
dans la cité
Henri-IV, une
barre
d'immeubles en
plein
centre-ville,
ghetto social
aux limites
invisibles, à
quelques mètres
du grand
boulevard
Légitimus. A
l'entrée, un
porche aux
allures de
poste-frontière,
des poubelles
crevées, des
restes de
ferraille
brûlée, noircie,
et des
appartements
construits dans
les années 1950,
en béton, gris
et décatis.
Certains sont
aveugles, barrés
d'un écriteau,
«Appartement
désactivé»,
en attente de
réhabilitation.
L'endroit
respire
l'abandon, la
misère, le
concentré
d'exclusion. Sur
le sol traînent
encore quelques
douilles de
cartouches de
chasse en
plastique rouge.
Jacques Bino
habite
Petit-Canal mais
il connaît bien
ce quartier. Il
est
syndicaliste,
membre du LKP et
adhérent d'Akiyo,
une organisation
culturelle
guadeloupéenne.
L'homme est
connu, calme,
apprécié et il
rentre d'un
meeting du LKP
au Palais de la
Mutualité, à 400
mètres à peine
de la cité. En
arrivant sous le
porche, sa
voiture bute
contre un
barrage tenu par
les jeunes du
quartier. Rien
d'anormal.
Lire la suite |
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"La Martinique
est en train de
se transformer
en poudrière"
Depuis la
nuit du mardi 24
février, la
tension est
encore montée
d'un cran en
Martinique :
pillages de
boutiques,
barrages en
flammes, une
trentaine
d'interpellations
par la
gendarmerie, le
carnaval annulé
par crainte de
voir la fête
dégénérer... Les
Martiniquais
contactés par
LeMonde.fr ont
le sentiment que
ces violences
auraient pu être
évitées, "si
on n'avait pas
laissé pourrir
la situation".
"Pas
de quoi
s'étonner",
estime
Thierry
Mabouia, 37
ans, chef
d'entreprise
à
Fort-de-France.
"Tout le
monde
s'attendait
à ce que la
situation
dégénère, on
se demandait
seulement
quand ça
allait
arriver.
Bien sûr,
tous ces
actes de
délinquance,
menés par
des petits
de 14 ans
entraînés
par des plus
grands, sont
condamnés
par la
population.
Tout le
monde est
contre ici
!" Le
jeune
Martiniquais
est
néanmoins
conscient
que la
situation ne
pouvait pas
évoluer
autrement,
avec le peu
d'avancées
dans le
dialogue
social. "Toutes
les
négociations
trainent en
longueur,
les gens ne
peuvent plus
circuler à
cause des
barrages et
de la
pénurie de
carburant,
les esprits
s'échauffent.
Ces jeunes
sont issus
de classes
sociales
très
défavorisées,
ils
profitent du
climat de
désarroi
pour voler
ce qu'ils
peuvent. On
n'avait
jamais vu
ça, du moins
pas à ce
point, même
si le
ras-le-bol
général a
déjà conduit
des jeunes à
piller des
enseignes
l'année
dernière."
Pour
Thierry, il
est
important de
ne pas faire
d'amalgame.
"Ces
jeunes sont
désœuvrés,
ils n'ont
pas d'autres
options pour
survivre, et
ce n'est en
aucun cas
une violence
raciale qui
est en train
de
s'installer.
Il s'agit
d'un
ras-le-bol
économique.
Bien sûr,
certains
incitent à
la haine
contre les
"békés",
mais la
véritable
motivation
de tout ce
combat, même
s'il
dégénère
parfois, est
la lutte
contre les
profiteurs".
Lire la
suite
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Brigitte
Girardin,
ancienne
ministre de
l'outre-mer sous
Jacques Chirac,
reproche au
gouvernement
d'avoir diminué
les dispositifs
en faveur de
l'emploi et de
l'investissement
au début de la
crise
économique.
La crise
en Guadeloupe
pouvait-elle
être anticipée ?
Brigitte
Girardin :
Bien
sûr ! Lors de
mon voyage aux
Antilles en
octobre, j'avais
tiré la sonnette
d'alarme sur le
risque d'une
double peine
infligée à
l'outre-mer :
d'un côté, la
crise, dont on
savait qu'elle
allait frapper
beaucoup plus
violemment ces
économies, plus
fragiles, et qui
est d'abord une
crise de
confiance ; de
l'autre,
l'interruption
brutale de la
loi de 2003,
alors qu'elle
avait été prévue
pour quinze ans,
ce qui a eu pour
effet de briser
la confiance.
Cette loi, qui
n'était pas du
tout une loi
d'assistanat,
favorisait le
développement
endogène, en
soutenant
l'investissement,
l'emploi et la
production
locale.
Or, le budget
2009 a plafonné
les
défiscalisations
mises en place,
pourtant ciblées
et contrôlées.
Alors que le
président parle
de relance par
l'investissement
face à la crise,
j'ai le
sentiment qu'on
a fait vraiment
l'inverse en
outre-mer. Le
budget a aussi
réduit de 150
millions d'euros
les exonérations
de charges
sociales pour
les entreprises.
Alors qu'on voit
bien que
celles-ci sont
au cœur du
blocage des
négociations
actuelles.
Enfin, le projet
de loi Jégo
prévoyait de
mettre fin à la
défiscalisation
sur le logement
libre et
intermédiaire,
pour la limiter
au logement
social. Tous les
programmes de
BTP s'étaient
alors arrêtés
aux Antilles...
On a donc envoyé
les plus mauvais
signaux au plus
mauvais moment.
J'avais prévenu
que faire des
économies sur
l'outre-mer
pouvait coûter
très cher.
Malheureusement,
cela se confirme
aujourd'hui.
Le
gouvernement
a-t-il trop
tardé à réagir ?
Lire la suite |
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Une approche
anthropologique
du contexte de
la révolte

par Henry
Petitjean Roget
Dpl. VI° section
Sciences
Economiques et
Sociales
EHSS
Paris.,Docteur
en Préhistoire
La
chanson de
Jocelyne Labille :
" Je n'ai pas
demandé mes
dents blanches,
mon nez plat,
mes cheveux
crépus…."
remporte en ce
moment un succès
incroyable.
Cette reprise
permanente sur
les radios de
cette chanson
devrait nous
amener à nous
poser des
questions sur
les causes de ce
succès.
En repartant
assez loin en
arrière dans le
temps, on peut
tenter de
dégager les
raisons
profondes de
l'adéquation
entre une
révolte
populaire en
cours - qui
s'exprime par
une grève
générale dure et
digne jusqu’à
maintenant - et
la chanson d'une
artiste jusque
là peu connue du
grand public.
Nous savons par
expérience, et
toute personne
qui occupe des
responsabilités
le sait bien,
dans le cas de
la moindre
négociation, que
nous vivons dans
une société dont
les mots
qu’utilisent ses
membres ne
disent pas ce
qu'ils semblent
exprimer.
L'exprimé se
situe presque à
chaque fois dans
le registre du
non-dit et
pourtant du bien
compris. Les
échanges verbaux
dans un contexte
conflictuel ou
de simple
opposition
hiérarchique, se
produisent de
façon croisée.
On ne répond pas
à ce qui est
dit. On répond à
ce qui est
supposé avoir
être signifié.
".
Lire la suite |
|
Evangéliser ce
n’est pas
civiliser.
Cinq siècles de
malentendus au
sujet de
l’Eglise
catholique
par
Nathalie
Zonzon–Quitman,
Professeur
agrégé
d’histoire,
Docteur en
Histoire
médiévale (E.H.E.S.S-Paris).
Depuis quelques
années (2005)
circule sur
Internet et dans
un certaine
presse l’idée
d’un racisme
historique de la
papauté. Genèse
et conséquences
de ces
malentendus.
A lire certains
documents, il y
aurait un
complot de la
papauté
orchestré
spécialement
contre les
Noirs. Le site
Africamaat
et plusieurs
autres qui se
donnent une
couverture
historique sans
analyse réelle
des sources et
de leur contexte
avancent des
propos, qui par
leur violence,
marquent les
esprits. Le
titre est le
suivant: « le
jour où le
Vatican décida
d’exterminer la
race noire ! ».
Les
développements
mélange
d’anachronismes
et
d’incohérences
disent en
substance :
« en 1454, le
Vatican mit en
œuvre un plan
diabolique pour
exterminer la
race noire de la
surface de
l’Afrique à
travers une
bulle papale ».
Il est aussi
question d’appel
« à la guerre
sainte contre
les Nègres ».
La
traduction de
l’extrait de
bulle fait dire
au pape : « Nous
avions jadis,
par de
précédentes
lettres, concédé
au Roi Alphonse,
entre autres
choses, la
faculté pleine
et entière
d’attaquer, de
conquérir, de
vaincre, de
réduire et de
soumettre tous
les sarrasins
(c.-à-d. les
Nègres : rajouté
par les auteurs
du site), païens
et autres
ennemis du
Christ où qu’ils
soient (…), de
réduire leurs
personnes en
servitude
perpétuelle ».
Lire la suite
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La FSU, le SNES
et le SNAC
rejetés de la
commission
éducation
Vendredi
20 février, les
camarades du
collectif ont
refusé
d'entendre les
propos de la
FSU, majoritaire
dans le monde de
l'Education et
du Second degré,
notamment du
SNES et du SNAC.
Il nous a été
opposé une fin
de non-recevoir,
et nous avons
découvert que
tout avait été
verrouillé.
Devant les
propos du
président
Monrose qui
refusait de
considérer que
la FSU n'avait
jamais quitté le
collectif et
qu'elle était en
droit de
présenter ses
experts, devant
les demandes de
quitter la salle
de l'UNSA,
les
représentants
présents de la
FSU se sont
levés et sont
partis.
Le SNES ne
peut en effet
accepter que
sous couvert de
lutte contre la
vie chère le
collectif
propose des
modifications
importantes qui
sont de l'ordre
de décisions
législatives
nationales
anticipant de
fait sur le vote
de l'article 74
[et d'une prise
en charge locale
de l'Education
avant l'heure].
Le SNES ne peut
accepter que la
lutte contre la
vie chère serve
de prétexte à
une manipulation
politique qui
refuse de
s'exprimer comme
telle et qu'il
en soi complice.
Il ne peut
accepter d'être
écarté alors que
les élections
l'ont maintenu
très largement
majoritaire dans
la profession et
que des
organisations
syndicales
minoritaires
prétendent
trancher en une
journée le sort
de tout un
secteur de la
fonction
publique
nationale.
Bien entendu,
une divergence
ne signifie
nullement que la
FSU et ses
syndicats ont
quitté le
collectif. Tout
discours en ce
sens serait
mensonger.
Enfin, la FSU
entend rester
maîtresse de ses
mandats :
refuser toute
discussion ne
peut que nuire
au mouvement
populaire en
cours car c'est
de l'union de
nos forces et de
nos esprits que
naîtront des
propositions
proches des
préoccupations
de la population
et aux antipodes
de toute
idéologie.
Sur le site,
vous trouverez :
la plateforme du
SNES (http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article228)
et celle du
collectif (http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article227)
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La grève
générale en
Guadeloupe, une
brève lecture
sociologique

par Louis
Auguste Joint,
Sociologue
Première partie
Depuis le 20
janvier 2009, la
Guadeloupe est
bloquée par une
grève générale.
C’est l’arrêt
des activités
ordinaires. Mais
en même temps,
la Guadeloupe
est en
mouvement. Une
mobilisation
populaire
extraordinaire
remet en cause
le mauvais
fonctionnement
de la société et
exige les
différents
acteurs
décisionnels à
se concerter
pour trouver des
solutions au
problème de la
vie chère et de
la précarité que
confronte la
population.
Quelles sont les
revendications
de ce mouvement
populaire ?
Comment s’y
prend-on pour y
apporter des
réponses ?
Au-delà des
revendications
présentées, que
nous révèle ce
mouvement
populaire ? Nous
proposons
d’aborder ces
questions en
faisant une
brève lecture
sociologique du
déroulement des
faits au cours
de ces trois
dernières
semaines de
grève en
Guadeloupe.
Quelques
constats
Une grève
générale, menée
par le Collectif
« Lyannaj Kont
Pwofitasyon » (KLP,
dit Alliance
Contre le
système de
Profits) qui
regroupe 52
organisations
syndicales,
associatives et
politiques[i],
est déclarée en
Guadeloupe. Son
objectif
principal, c’est
de lutter contre
la vie chère et
d’exiger une
baisse du prix
des produits,
car le prix
d’achat des
produits en
Guadeloupe,
département
français d’Outre
mer, est trop
élevé, en
comparaison avec
la métropole
française. A
titre
d’exemples, une
brosse à dent
peut coûter un
euro en France
et 4 euros en
Guadeloupe ; une
paire de basket
peut coûter 12
euros en France
et 89 euros en
Guadeloupe.
Selon les
principes
établis, le prix
des produits
entre la France
et la Guadeloupe
devrait varier
de 10% au
maximum, à
cause des frais
de transport;
mais en réalité,
il varie entre
30% à 100%,
voire plus. Ce
sont des
exemples
scandaleux qui
illustrent la
gravité de la
situation et que
le Collectif LKP
dénonce et exige
une correction.
Lire la suite et
la deuxième
partie
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Les Blancs
créoles de la
Martinique

Par Édith
Beaudoux-Kovats
et Jean Benoist
Parmi
les nombreuses
ruptures qui
caractérisent
l'histoire
sociale des
Antilles, la fin
de l'esclavage a
été l'une des
plus radicales.
Ébranlant dans
ses fondements
la société sur
laquelle
s'appuyaient la
vie économique
et
l'organisation
sociale des
îles, elle a
remis en cause
les relations
entre les
groupes humains
qui
participaient à
cette société.
Cependant, avec
un recul d'un
siècle et demi,
on est frappé de
voir combien les
conséquences de
ce remaniement
sont différentes
selon les îles.
Dans certaines,
telle Haïti,
l'éclatement
s'est accompagné
de soubresauts
politiques et
s'est parachevé
dans une
indépendance
politique et
dans la
disparition
presque totale
des structures
antérieures,
tandis que dans
d'autres, à
l'opposé, il
semble que ce
grand
bouleversement
ait été en
quelque sorte
amorti, voire
annulé et que,
par-delà des
aménagements qui
sont plus les
corollaires des
changements
techniques que
de vrais
mouvements
sociaux, la
structure
ancienne se soit
remise en place.
Mais cela s'est
fait le plus
souvent par-delà
une rupture dans
la continuité
des groupes
humains en
présence, et ce
sont rarement
les descendants
des anciens
planteurs de
l'époque
esclavagiste qui
détiennent de
nos jours le
pouvoir
économique ; la
place qu'ils
avaient perdue
au XIXe siècle a
été occupée par
d'autres, venus
avec des
capitaux
extérieurs
devant lesquels
ils ont dû
s'incliner,
tandis que leur
main-d'œuvre,
malgré diverses
contraintes
légales
destinées à la
stabiliser, a
connu elle aussi
un certain
renouvellement.
lire la suite |
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«
Les Békés sont
prisonniers de cette
histoire… »
Interview de Romain
Bolzinger, réalisateur
des Derniers maîtres de
la Martinique
Qu’avez-vous
présenté aux Békés comme
projet pour qu’ils vous
ouvrent ainsi leurs
portes ?
Ça ne s’est pas passé
comme ça. On voulait
faire un reportage sur
la Martinique
d’aujourd’hui : son
économie, sa société,
ses grandes figures.
Évidemment pour bien
comprendre ce qui se
passe sur l’île en 2008,
il est nécessaire d’
appréhender ses
spécificités historiques
très fortes ! Je me suis
donc d’abord intéressé
aux grands patriarches
de la communauté béké.
Je suis allé voir Eric
de Lucy, grand patron de
la banane et directeur
général du groupe
Bernard-Hayot, et j’ai
également rencontré
Alain Huyghues-Despointes
et bien d’autres
personnalités non béké.
J’ai bien-sûr dit que
j’étais journaliste, je
leur ai dit que je
faisais un reportage sur
l’économie de la
Martinique et ses grands
acteurs. Et que je
voulais faire le
portrait de ces
personnalités qui jouent
un rôle dans l’ économie
de l’île. Ils jouent un
grand rôle et ne s’en
cachent pas. Ils
voulaient me montrer
qu’ils étaient
puissants, ils m’ont
emmené à l’Elysée, à
Bruxelles au ministère
de l’agriculture et de
l’outremer, partout où
ils défendent leurs
intérêts économiques… Je
ne suis pas venu les
voir en leur disant que
je faisais un reportage
sur la communauté Béké.
J’ai essayé de
comprendre d’abord qui
ils étaient, comment ils
fonctionnaient. Et pour
cela, il me fallait du
temps. On a établi une
relation de confiance,
ils m’ont longuement
exposé les spécificités
de leur communauté, ils
savaient donc
pertinemment que
j’allais en parler.
Lire la suite
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par Joëlle
Ferly et
Jocelyn
Valton

En ce début d’année 2009
la Guadeloupe et la
Martinique font parler
d’elles à coup de
grèves !
Différente des
revendications
syndicalistes qui
concernaient autrefois
des secteurs
spécifiques, la grève
générale commencée en
Guadeloupe le 20 Janvier
dernier par le collectif
Liyannaj Kont
Pwofitasyon
(LKP
)
est en passe de devenir,
par l’ampleur de la
contestation, un
phénomène historique ! A
l’inverse de ce qui a pu
être publié dans
certains journaux
nationaux dépêchés sur
place tardivement, ces
mouvements de grèves
sont parfaitement
organisés et rassemblent
de nombreux syndicats
(plus d’une
quarantaine), tous unis
pour dénoncer une
situation peu connue des
Français de l’hexagone,
à savoir l’existence
d’une majorité de la
population
guadeloupéenne exploitée
économiquement et
maintenue dans la
précarité par un système
de privilèges.
Privilèges dont
bénéficie une petite
minorité blanche qui
compte des descendants
d’esclavagistes et
détenant les rênes de
l’économie des îles
françaises de la
Caraïbe.
Lire la suite
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La tension est vive
mardi 17 février en
Guadeloupe, après un
mois de grève
générale. Une
dizaine de barrages
ainsi qu'un magasin
de fournitures de
bateaux ont été
incendiés, dans la
nuit de lundi à
mardi, à
Pointe-à-Pitre. La
ville balnéaire du
Gosier, à 5 km de
Pointe-à-Pitre, a
été quasiment
encerclée par
plusieurs groupes de
jeunes après des
interpellations de
protestataires qui
avaient installé des
barrages à l'appel
du collectif contre
la vie chère et les
surprofits (LKP). Le
procureur de
Pointe-à-Pitre,
Jean-Michel Prêtre,
dont la voiture a
été caillassée, a
estimé sur Radio
Caraïbes
internationale que
"les moyens ne
sont pas suffisants
face aux
manifestants".
"Je suis dans
l'attente et
l'angoisse que rien
de grave ne se
passe", a-t-il
dit.
Sur
France Info, le
président du conseil
régional de
Guadeloupe, Victorin
Lurel, a estimé que
l'île était
désormais "au
bord de la sédition".
"Il y a déjà un
embrasement. Ce soir
[lundi] il
y avait des
incendies dans
certains quartiers.
Il y a un
face-à-face tendu
entre les forces de
l'ordre et des
manifestants",
a-t-il déclaré. Pour
l'élu socialiste,
l'Etat et le
patronat
guadeloupéen sont
responsables de la
détérioration de la
situation. "Les
tensions sont
montées d'un cran
parce que l'Etat n'a
pas respecté sa
parole, parce qu'il
y a un reniement de
l'Etat [...],
parce que le
patronat n'a pas
fait de propositions
alléchantes,
sérieuses",
a-t-il accusé.
"On a l'impression
qu'il y a un
abandon, qu'il y a
une indifférence
organisée"
après quatre
semaines de conflit,
a déploré le
président du conseil
régional.
Lire la suite
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Propositions de l'État
et contre-propositions
du collectif du 5
février
Nous comptons sur vous
pour relayer
l’information à ceux qui
étaient bloqués faute de
carburant….
Les négociations
aujourd’hui n’ont rien
donné. Le collectif a du
laisser la table des
négociations faute de
réponse claire sur les
familles de produits. Ce
point est capital. Nous
ne pouvons accepter
n’importe quoi. Il y a
de toute évidence la
volonté de pourrir le
conflit. Le collectif a
donc décidé de prouver
la détermination de la
population. Une
manifestation avec
défilé est prévue ce
lundi 16 février. Le
rassemblement est prévu
à 9h30 à la maison des
syndicats. Nous devons
être encore plus
nombreux que
d’habitude..Nous
t’attendons, toi AUSSI
avec tous les amis que
tu pourras ramener pour
bien montrer la
détermination de tous.
Informe le plus que
possible autour de toi
enseignants ou non afin
que cette fois nous
soyons plus de 30 000
dans les rues. Voici les
39 propositions amendées
par le collectif. |
Agé d'une cinquantaine d'années,
il aurait été atteint par une balle
tirée par de jeunes émeutiers, dans
la nuit de mardi à mercredi à
Pointe-à-Pitre. Une nuit marquée par
une escalade dans la violence avec
des tirs contres les forces de
l'ordre. Le LKP et le gouvernement
ont lancé un appel au calme.
La violence franchit un
nouveau cap en Guadeloupe. Alors
que plusieurs membres des forces
de l'ordre ont été blessés dans
la nuit de mardi à mercredi, la
cellule de crise installée à la
préfecture du département a
annoncé qu'un homme d'une
cinquantaine d'années a été tué
par balle. Il a été visé par un
tir provenant d'un barrage tenu
par des jeunes ou des immeubles
de la cité Henri IV, à
Pointe-à-Pitre.
La victime, Jacques Bino,
était «un syndicaliste de la
Confédération générale du
travail de la Guadeloupe (CGTG).
Il revenait d'un meeting» et a
été tué alors qu'il se trouvait
à bord d'une voiture, dans la
cité, une zone sensible du
quartier Chanzy à
Pointe-à-Pitre. «Ce n'est pas un
mort lié aux forces de l'ordre»,
a assuré la même source. Une
personne qui accompagnait la
victime est actuellement
auditionnée par la police
judiciaire. Il a expliqué qu'ils
avaient été victimes de
plusieurs tirs en provenance
d'un barrage de jeunes ou de la
cité.
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Propositions de l'État
et contre-propositions
du collectif du 5
février
Nous comptons sur vous
pour relayer
l’information à ceux qui
étaient bloqués faute de
carburant….
Les négociations
aujourd’hui n’ont rien
donné. Le collectif a du
laisser la table des
négociations faute de
réponse claire sur les
familles de produits. Ce
point est capital. Nous
ne pouvons accepter
n’importe quoi. Il y a
de toute évidence la
volonté de pourrir le
conflit. Le collectif a
donc décidé de prouver
la détermination de la
population. Une
manifestation avec
défilé est prévue ce
lundi 16 février. Le
rassemblement est prévu
à 9h30 à la maison des
syndicats. Nous devons
être encore plus
nombreux que
d’habitude..Nous
t’attendons, toi AUSSI
avec tous les amis que
tu pourras ramener pour
bien montrer la
détermination de tous.
Informe le plus que
possible autour de toi
enseignants ou non afin
que cette fois nous
soyons plus de 30 000
dans les rues. Voici les
39 propositions amendées
par le collectif.
Lire la suite
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De mémoire de
Martiniquais, jamais
le carnaval de
Fort-de-France n'a
été annulé. Or, les
conditions ne sont
pas réunies pour que
la foule fasse la
fête. Le carnaval
doit débuter à la
fin de cette
semaine. Tous les
ans, les
Martiniquais se
déchaînent du samedi
gras au mercredi des
Cendres. Avec la
crise, les parades
et "vidés" (défilés)
sont menacés. Si le
rendez-vous est
raté, les
Martiniquais ne
pourront que
redoubler de
morosité.
Ce week-end, ils
sont passés d'une
file d'attente à
l'autre. Maîtresse
du jeu,
l'intersyndicale met
les nerfs à rude
épreuve en décidant
d'ouvrir ou non les
vannes de la
consommation. Les
grilles des supers
et hypermarchés
restent baissées,
mais les supérettes
et les "débits de la
Régie" (petits
commerces
traditionnels
alimentaires) ont pu
entrebâiller leurs
portes. Au prix
d'heures de
patience, les
acheteurs ont pu,
par petits groupes,
acheter de la
nourriture qui
commence à faire
défaut. "Ce
n'est ni une
concession ni un
aveu de faiblesse.
Nous faisons cela
pour la population",
a prévenu Michel
Monrose, président
du Collectif du 5
février, qui
rassemble une
douzaine de
syndicats et
d'associations à
l'origine mouvement.
Lire la suite
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«
Les Békés sont
prisonniers de cette
histoire… »
Interview de Romain
Bolzinger, réalisateur
des Derniers maîtres de
la Martinique
Qu’avez-vous
présenté aux Békés comme
projet pour qu’ils vous
ouvrent ainsi leurs
portes ?
Ça ne s’est pas passé
comme ça. On voulait
faire un reportage sur
la Martinique
d’aujourd’hui : son
économie, sa société,
ses grandes figures.
Évidemment pour bien
comprendre ce qui se
passe sur l’île en 2008,
il est nécessaire d’
appréhender ses
spécificités historiques
très fortes ! Je me suis
donc d’abord intéressé
aux grands patriarches
de la communauté béké.
Je suis allé voir Eric
de Lucy, grand patron de
la banane et directeur
général du groupe
Bernard-Hayot, et j’ai
également rencontré
Alain Huyghues-Despointes
et bien d’autres
personnalités non béké.
J’ai bien-sûr dit que
j’étais journaliste, je
leur ai dit que je
faisais un reportage sur
l’économie de la
Martinique et ses grands
acteurs. Et que je
voulais faire le
portrait de ces
personnalités qui jouent
un rôle dans l’ économie
de l’île. Ils jouent un
grand rôle et ne s’en
cachent pas. Ils
voulaient me montrer
qu’ils étaient
puissants, ils m’ont
emmené à l’Elysée, à
Bruxelles au ministère
de l’agriculture et de
l’outremer, partout où
ils défendent leurs
intérêts économiques… Je
ne suis pas venu les
voir en leur disant que
je faisais un reportage
sur la communauté Béké.
J’ai essayé de
comprendre d’abord qui
ils étaient, comment ils
fonctionnaient. Et pour
cela, il me fallait du
temps. On a établi une
relation de confiance,
ils m’ont longuement
exposé les spécificités
de leur communauté, ils
savaient donc
pertinemment que
j’allais en parler.
Lire la suite
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Pour que naisse une
société humaine
par
Ninoska Espinola, Mylène
Polomack, Thierry
Eliazord
L’histoire
moderne nous le démontre
celui qui prêche le
rassemblement est celui
qui triomphe.
Obama a privilégié le
rassemblement du peuple
américain contre la
division raciale.
Martin Luther King a
rêvé que les enfants
noirs et blancs
grandiraient ensembles
avec les mêmes droits.
Nelson Mandela par sa
détermination a posé les
fondations d’une nation
arc-en-ciel
Gandhi a obtenu
l’indépendance de l’Inde
en prêchant la
non-violence.
Le Dalaï Lama n’a jamais
prôné la haine malgré le
massacre de son peuple
par les Chinois.
Qui sommes-nous ? Où
sommes-nous ? Où
voulons-nous aller ?
Comment ? Et pourquoi
faire ?
Autant de questions qui
ont mené le peuple
Martiniquais à se
soulever par un
mouvement spontané dans
un cri qui rejoint celui
de nos frères
Guadeloupéens, suivit
des guyanais et
réunionnais… pour se
libérer de l’oppression
devenue invivable.
Lire la suite
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Soyons!
par
Manuel Césaire
Tant
d’années, de décennies,
de siècles à nous faire
comprendre que nous
n’étions capables
d’œuvrer, de bâtir,
d’agir ou de réagir !
Tant de ruses, de
stratagèmes aux allures
dogmatiques pour nous
faire avaler, puis
digérer notre incapacité
dite naturelle à nous
construire tel un
peuple, à édifier, à
progresser.
Détruire tout sentiment,
voire aspiration
nationaliste, car bien
trop dangereux et
entretenir une docilité
pigmentée de soubresauts
perclus et accommodants.
Diluer tout lien avec
l’Afrique car nous
aurions pu alors nous
revendiquer d’un
continent qui a fait
l’Humanité.
Brouiller toute
recherche qui aurait pu
nous conduire à la
civilisation
éthiopienne, seule
nation à avoir conservé
sa souveraineté pendant
le
démembrement de
l’Afrique au
XIXe siècle,
ou effacer toute trace
nègre de l’histoire de
la brillante
civilisation égyptienne.
Les appareils
colonisateurs ont très
tôt cerné les dangers
encourus de permettre
aux colonisés d’être
conscients de leurs
racines, de leur
histoire.
Lire la suite
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J’ai peur !
(Lettre ouverte aux
miens)
par
Nicole Cage-Florentiny
Oui, je tremble de
peur ! Une peur qui me
prend aux tripes et
m’enlève le sommeil, me
tient collée au poste de
radio quand l’absence
d’essence me garde
clouée chez moi et
m’empêche d’être là, au
cœur de l’action, auprès
de mes camarades et de
mon peuple debout. Mon
peuple debout et surpris
de l’être, surpris de sa
propre force, de son
propre pouvoir, de sa
propre combativité, mon
peuple interloqué,
étourdi, estèbekwè
de lui-même, incrédule
encore : « C’est nous,
ça, ce magma, cette
déferlante, marchant
sans faiblir sous le
soleil ardent, avalant
les kilomètres, du
Boulevard Général de
Gaulle à Dillon ? C’est
nous, dépassant la peur
du manque et l’angoisse
par anticipation à
l’idée de nos fiches de
salaire douloureusement
légères ? C’est bien
nous, chaque jour, tous
les jours, 10, 20000
dans les rues de Foyal
et des communes ? »
C’est nous, oui, c’est
bien nous, au mitan de
ce moment historique,
inédit, nous, entrant
dans l’Histoire, la
nôtre bon sang !
Nous, qui n’avons pas le
droit de passer à côté
de cette page d’Histoire
nôtre, nous qui n’avons
pas le droit de la
ternir, cette page, d’en
diluer l’encre dans nos
petitesses et nos luttes
intestines. Nous, qui
n’avons pas le droit de
permettre aux Jego,
Sarkozy et autres békés
de se gausser de ce
qu’ils tentent de
réduire à un « jeu de
rôles » un carnaval
avant le carnaval.
Nous n’avons pas le
droit de perdre la face,
nous n’avons pas droit à
l’échec.
Lire la suite
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Franchement, j'en ai
marre....
par
Franck Wan-Ajouhu
J'ai
regardé l'émission...
Franchement, j'en ai
marre de ces
journalistes métros qui
débarquent avec leurs
idées pré conçues et
tirent de grandes
conclusions sur
l'"Apartheid"
martiniquais.
La seule chose
choquante, à mon avis,
ce sont les propos du
père Despointes sur
la "race pure". Mais
comment accorder du
crédit à un type qui
nous explique, en même
temps qu'il parle de
race pure, de "colons
tous issus de Jacques
Assier". On parle plus
de consanguinité dans
ces cas, non ?
Et pourquoi, notre
bon petit journaliste
métro dans son reportage
sur les békés ne nous
parle pas du béké Roger
de Jaham qui a créé
une association "Tous
Créoles" ?
Ce même journaliste
devrait faire un
reportage sur les
grandes familles
"hexagonales",
l'aristocratie. Je pense
qu'on a le même type
de répartition : 1% de
la population française
doit posséder plus de
50% du foncier et une
grande partie de
l'économie. Je ne
connais pas un pays ou
la majorité de la
population possède la
majorité des richesses.
Et ce quelque soit
l'ancienneté de la
civilisation.
Il y a eu une
tentative d'inversion du
cours des choses :
l'URSS. Les
possédants ont été
dépossédés, et les
nouveaux possédants ont
tous possédés sans
partager leurs nouvelles
possessions. C'est une
description
caricaturale certes,
mais pas si loin de la
réalité.
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Entre l'imaginaire et le
réel béké : des
capitalistes «contrariés»
L'écrivain Patrick
Chamoiseau entre
dans le débat.
Ce reportage vous
paraît-il refléter la
réalité ?
Disons qu'il accuse les
traits les plus
grossiers, les plus
archaïques, d'un système
globalement
inacceptable. En tout
cas, il met en exergue
tous les symptômes de ce
que l'on pourrait
appeler d'un point de
vue écologique une « fin
d'espèce
» .
Pensez-vous
que les Martiniquais
complexent de ne pas
avoir fait exploser ce
système ?
En ce qui concerne les
békés, les Martiniquais
sont dans ce que
Glissant appelle
« l'acceptation » et le
« refus » ensemble.
Leur système raciste est
intégré à notre
imaginaire comme une
fatalité, un ordre des
choses, que nous ne
voyons presque plus, et
que des visions
extérieures comme
celles-là nous
rappellent
délicieusement.
Mais cette « fatalité »
n'annule pas l'animosité
diffuse qu'on aurait
tort de sous-estimer.
Disons que dans la
mesure où nous ne nous
sommes pas encore
débarrassés de nos
structures archaïques
profondes, ils trouvent
encore un restant
d'oxygène. Lorsque nous
aurons changé notre
imaginaire et que
naîtrons véritablement
au monde de manière
politique, les békés
seront forcés de changer
aussi, et de rentrer
dans le réel du monde...
Ils ne sont que le
symptôme de notre
archaïsme
institutionnel,
existentiel ou
situationnel.
Lire la suite
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05 février 2009 :
Va-t-on vers de
nouvelles manières de
penser et de faire ?
Danielle LAPORT
Sociologue
Enseignante-chercheure
associée
La mobilisation du 05
février me rassure sur
mon peuple. Elle me
rassure sur sa capacité
de dire « non » aux
abus, « non » à la
dissonance insolente qui
structure
la Martinique,
« non » aux profondes
inégalités. Les
décideurs politiques et
économiques semblent
découvrir l'ampleur de
la question de la
pauvreté ! Dans un
article que j'ai rédigé
en janvier et publié
dans le quotidien local,
j'interpellais les
consciences
martiniquaises sur la
pauvreté croissante des
salariés et pointais la
disjonction entre un
taux de croissance, donc
de valeur ajoutée,
remarquable en
Martinique et un taux de
chômage et une situation
de précarité
inadmissibles.
Aujourd'hui, ces
questions explosent à la
face des « bien-pensants
». Nous constatons une
totale impréparation du
côté des décideurs,
pourtant
la Guadeloupe
avait donné le ton
depuis quelques jours.
Sans doute, les
décideurs avaient-ils
misé sur
l'endormissement et
l'apathie des
Martiniquais ? Sans
doute avaient-ils misé
sur la faiblesse
supposée des syndicats
incapables, selon eux,
de mobiliser ? Certains
intellectuels
n'avaient-ils pas écarté
l'idée d'une
mobilisation, avançant
le fait que l'histoire
de
la Martinique
n'est pas celle de
la Guadeloupe,
comme s'il était
question d'histoire ? Il
est question d'un « ici
et maintenant » et d'un
« demain » sur fond
d'une histoire dont on
doit tirer tous les
enseignements. Qu'a-t-on
fait du potentiel de
communication mis en
place autour du dialogue
social du début des
années 2000 ? Où sont
les accords issus de ce
dialogue social qui
auraient certainement
anticipé ces questions
sociales problématiques
?
Ce soulèvement populaire
doit inviter à revoir
les schémas de pensée.
Et oui, appréhender la
question sociale est
aussi noble
qu'appréhender la
question économique ou
la question
environnementale ! Cette
approche, il va pourtant
falloir l'intégrer
définitivement !
Lire la suite
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|
Dialogue avec les ombres
par
Dominique Aurélia
Maître de conférences
UAG
Je
ne suis pas créole et
encore moins métisse.
Il a fallu que Canal+
diffuse un reportage
biaisé la semaine
dernière pour que
remontent en nous toute
les frustrations,
détestations,
attraction/répulsion que
nous avions,
pensions-nous, déjà
jetés hors de nous-mêmes
puisque, disions-nous
lors des cérémonies de
l’abolition de
l’esclavage « tout
cela c’est loin, je
préfère aller à la plage
ou à la Galleria ou
encore regarder ma télé
novela sur mon écran
extra plat » ; il a
suffit qu’un béké à un
journaliste importé dise
que l’esclavage avait de
bons côtés pour que
soudain nous nous
sentions de pauvres
nègres . Comme si
Césaire était bien mort
et que Fanon était un
anonyme.
Soudain, nous sommes
redevenus des Nègres,
soudain les méchants
Békés nous insupportent.
Je me souviens…Années
soixante à Petit-Bourg,
deux usines bordaient
notre monde : Genipa et
Usine de Petit-Bourg. Je
me souviens que la
sirène de l’Usine
ponctuait l’heure de
partir pour l’école.
Premier corne, deuxième
corne qu’on disait ;
l’Usine respirait dans
notre sommeil, crachait
sa vidange dans la
rivière pleine de
fétides lapias ; il y
avait aussi des Békés ;
il y avait surtout des
békés ; des riches et
des pauvres des Hayot et
des Desgrottes et des
Desportes et des Dormoys
et des Roys de Belle
Plaine ; certains
travaillaient comme
salariés pour d’autres,
certains étaient des
békés griaves sans
terre ; d’autres avaient
leur propre buste dans
leur jardin ; j’ai même
vu le patriarche Hayot
dans sa berceuse avec
ses moustaches d’un
autre temps , déjà.
Lire la suite
|
|
Sommes-nous
des fantômes sur notre
propre île (?)
Ce qu’est le
documentaire
On est sur Canal +. On
se croirait sur M6. Ton
alarmiste, musique
dramatique et/ou
stressante. Le reportage
s’intéresse aux confins
de la république. A la
république dans tout ce
qu’elle a de
«bananière». «Les békés
derniers maîtres de la
Martinique», forcément
ils sont maîtres de la
banane et des terres, et
de l’import-export, et
de la distribution(40%
du marché pour deux
entreprises différentes,
et les 60% qui restent),
de nos âmes et de tout
le reste. Sont convoqués
au tribunal: Robert
Parfait, un préfet
représentant de l’Etat
français ( j’y
reviendrais...), Garcin
Malsa. Soit un membre du
conseil d’administration
du PREMIER groupe de
l’île qui n’est pas
béké, soit un élu d’une
petite commune du sud de
la martinique très
revendicatif sur les
questions mémorielles(
c’est faire de Vanneste
le représentant de la
position française sur
les questions
identitaires!) . Soit
personne. Ah si! Des
grévistes qui déclarent
qu’il sont des «esclaves
modernes».
Complaisamment. En
souriant. En s’énervant.
En criant. Ils ont des
salaires faibles,
sûrement, ils ont droit
à plus de primes,
probablement, mais des
esclaves modernes?
L’antillais des villes
qui ne sait plus comment
fonctionnent les
exploitations se
laissera peut-être
troubler, mais on n’est
plus à l’époque où les
travailleurs agricoles
étaient payés comme des
chiens et se prenaient
des balles s’ils
demandaient plus(et
d’ailleurs que disait le
préfet de l’Etat
français à l’époque ou
ils se les prenaient les
balles? Rien... Mais j’y
reviendrai...). Une
exploitation agricole
c’est carré. Très carré.
Lire la suite
|
|
bilan de grèves
par
François Cuvillier
Certes,
les voleurs en cravate
qui font des profits
honteux sur le dos de
leurs semblables qu’ils
méprisent, méritent
notre contestation
déterminée, légitime et
loyale. Mais la
surenchère des
revendications nous
décrédibilise, ainsi que
les dérives à
connotation ethnique.
Après tout, dans une
planète en crise où la
plupart des hommes
vivent moins bien que
nous, pouvons nous
espérer obtenir des
avantages qui nous
permettraient de
continuer à consommer
frénétiquement, dans nos
arrogants 4x4 climés,
avec notre « bling bling » ?
Peut-on cracher sur
ceux à qui l’on demande
l’aumône, par des
paroles de division
quand nous avons besoin
de solidarité, quand les
comportements voraces et
prédateurs se
manifestent sous toutes
les couleurs de peau ?
Finalement, nos
orgueilleuses
démonstrations de force
ne fatiguent que
nous-mêmes, et nous
pourrions laisser les
gérémiades de victimes
et nous prendre vraiment
en main : n’est ce pas
la société de
consommation qu’il
appartient à chacun de
boycotter ? en nous
concentrant sur nos
besoins réels, ne
serions-nous pas moins
malheureux, et riches
d’une indépendance
paisible ?
Ce qui a fait
l’efficacité de Césaire,
c’est sa véracité ;
l’impact de Gandhi, ses
actes purs, Luther King
transforma le monde par
des paroles
bienveillantes, Mandela
eut le courage assumé du
sacrifice, tandis que le
modèle populiste du
poing levé, vociférant,
plonge les peuples dans
les dérèglements guidés
par une colère aveugle
plutôt que des valeurs
fondatrices de
civilisation.
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Difficile d‘être
quelqu’un… sans être de
quelque part ????
On se rend compte ici
plus qu’ailleurs, que
nos origines semblent
nécessaires pour vivre…
je ne le crois pas tant
que ça… Etre fils de,
originaire de… est-ce
que cela nous oblige à
nous cloisonner ou au
contraire à nous ouvrir
à de nouvelles choses ?
en cas de conflit (même
avec son voisin, ou
pendant un match de
foot !), les vieux
ressentiments
ressortent…
Ici ou ailleurs, les
origines nous enclavent
si on se laisse faire :
arrière petite fille
d’esclave ou arrière
petite fille d’un
violeur allemand ? Tous
nous souffrons des
mauvaises périodes de
nos aïeuls, pourquoi
plutôt ne pas profiter
de leurs bonnes
expériences ?
Ici ou ailleurs la vie
est difficile :
j’entendais il y a
quelques jours un
artiste se plaindre que
les contrats ici étaient
donnés à d’autres
d’ailleurs… parce que
nul n’est prophète en
son pays, je sais
d’expérience que l’on
est plus apprécié en
tant qu’artiste ailleurs
qu’à l’endroit ou l ‘on
vit, que ce soit sur une
île ou pas… les hommes
sont ingrats et ne
voient pas ce que l’on a
de bien à portée de
main, toujours ce besoin
de croire que c’est
mieux chez le voisin.
Cela ne facilite pas la
vie car dans ce cas il
faut bouger, et c’est
plus facile ailleurs que
sur une île entourée
d’eau… c’est plus facile
de bouger mais pas
d’être adopté, car là ou
ailleurs, la question
« tu es d’où ? », te
seras posée…. « D’ici et
là, et de là encore… »
mais quand je regarde
les résultats de sport
ou les infos, je me sens
solidaire « d’ici et là,
et de là encore », parce
que j’y ai vécu,
travaillé, souffert et
aimé… Me voilà « ici
maintenant », et me
voilà solidaire d’ « ici
maintenant » parce que
j’y vis, j’y souffre et
j’y aime, parce que je
me sens comme et parmi
ceux qui y vivent… parce
que partout où l’on va,
passé les premiers
moments d’adaptation, on
peut s’y sentir bien, on
peut y trouver des
relations durables, on
peut se sentir adopté,
on peut y apporter sa
pierre…. Jusqu’à un
nouveau conflit, où on
me dira : « toi t’es pas
d’ici… » et là je me
demande « mais alors, je
suis d’où ? » Est-ce si
important ? Je me sens
pourtant « d’ici », mais
c’est vrai seulement
depuis quelques mois ou
années, et il semble que
je ne puisse pas faire
le poids face à ceux
« d’ici » de quelques
siècles ? Pourtant quand
je partirai, d’ici ou
d’ailleurs, -on part
tous un jour-, je
laisserai bien une
trace, au moins dans les
souvenirs de certains,
même de certains "d'ici"
? Et mes arrières petits
enfants qui seront
"d’ici ou d’ailleurs",
seront-ils un jour,
« d’ici et de là »,
« d’ici maintenant » et
heureux d’y être ? je
leur souhaite, je vous
le souhaite… car chaque
moment passé "ici ou
ailleurs" est riche de
rencontres, de petits
bonheurs de ces mélanges
de personnalité… merci à
ceux qui « ici ou là »
et « ici maintenant »
m’ont accueilli, à mon
tour maintenant… car
rien ne se fait sans
partage : tu
m’accueilles dans ton
jardin, je t’accueille
dans ma maison, ou
l’inverse ! et là
commence une nouvelle
belle histoire, « ici ou
là »…. Mais « ici
maintenant »…
Cotho
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Indignation sélective?
par
André Marie-Rose
En réponse à M. Letchimy,
C’est avec beaucoup
d’intérêt que j’ai pris
connaissance de
l’article de M. Letchimy
dans France-Antilles du
10 février 2009
concernant les propos
consternants de M. Alain
Huygues-Despointes sur
Canal+ le 5 février
2009. On ne peut que
souscrire à l’analyse du
maire de Fort de France
et s’associer à sa
condamnation sans
réserve. Par contre,
quand M. Letchimy parle
d’absence de réaction,
on doit lui rappeler que
les propos de M. Alain
Huygues-Despointes font
l’objet d’une
instruction par le
Procureur de la
République et que les
condamnations dans la
société civile sont
unanimes, jusque dans la
communauté békée. Le
ministre Y. Jego les a
aussi condamnés. Par
ailleurs, lorsque que le
maire de Fort de France
fait le parallèle avec
des propos identiques
qui auraient pu être
tenus à propos de la
Shoah, on ne peut que
s’étonner de ce
rapprochement qui, une
fois de plus, tente
d’opposer les mémoires.
De plus, il faut
rappeler que lorsque M.
Dieudonné, il y a
quelques semaines, a
fait remettre par un
sbire habillé en tenue
de déporté une
récompense à M.
Faurisson, négationniste
célèbre, M. Letchimy n’a
pas réagi. De la même
manière, M. Letchimy n’a
pas réagi à la banderole
de la honte placée en
août 2008 à l’entrée de
Saint Anne. Il n’a pas
réagi aux propos
racistes des dirigeants
de l’Assaupamar lors de
leurs coups de force de
Déser en 2007
(France-Antilles du 7
mai 2007) et Tartane en
2005 (France-Antilles du
29 mars 2005). Il n’a
pas réagi au vote
consternant du Conseil
général le 30 janvier
2007 à propos de la
création d’un
observatoire de
l’immigration qui
assimile les
métropolitains à des
immigrés en Martinique
et aux paroles
stupéfiantes tenues ce
jour là par les
conseillers généraux
dans l'hémicycle. Il n’a
pas réagi lors des
propos antisémites de
Raphael Confiant en
décembre 2006 (les
innommables).
Régulièrement sur KMT ou
dans "Le Naif" sont
tenus des propos
racistes, il ne réagit
pas. Dénoncer le racisme
chez l’autre est fort
louable. Mais pour être
crédible, il faut aussi
le dénoncer chez soi.
André Marie-Rose
Schoelcher
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Un mouvement social qui
ouvre un changement
d'époque!
par Gilbert Pago &
Philippe Pierre-Charles.
Le mouvement social
qui se développe
depuis le 5 février
est exceptionnel,
dans l’histoire
récente des luttes
ouvrières de notre
pays. Ce côté
exceptionnel lui
vient de la force
qu’il dégage dans
l’ampleur inusitée
des manifestations.
Depuis les fortes
mobilisations
sociales d’octobre
1973 à février 1974,
(c’était il y a 35
ans !), une telle
déferlante n’avait
jamais submergé
les rues de notre
capitale et de
divers bourgs de nos
communes. 35 ans !,
Plus de la moitié de
la population
n’avait pas encore
vu le jour ! Une
bonne moitié qui,
par conséquent,
n’avait pas partagé
les expériences
passées du mouvement
populaire. Le
mouvement initié par
le Collectif du 5
février 2009 montre
depuis une semaine
sa puissance,
affiche un esprit
conquérant, libère
une énergie
exaltante de
milliers de jeunes,
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