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SOCIOLOGIE CULTURELLE ET POLITIQUE

"Dans le décor spectaculaire, le regard ne rencontre que les choses et leur prix. "


  
Les programmes mondiaux pour la santé obtiennent de bons résultats dans des domaines spécifiques (VIH/sida, tuberculose, paludisme, etc.) mais engendrent des effets imprévus sur les systèmes de santé locaux. Sortant de la "spéculation et des anecdotes", un rapport sans précédent de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), publié samedi 20 juin par la revue The Lancet, rassemble les données existantes et celles de quinze nouvelles études pour établir ce bilan nuancé.

Depuis 2000, plusieurs grandes initiatives mondiales sur la santé ont été lancées pour combattre spécifiquement une maladie. Le groupe constitué par l'OMS sur "la maximalisation des synergies positives" a centré son attention sur les quatre principales initiatives mondiales : le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, le Plan d'urgence du président des Etats-Unis d'Amérique pour l'aide à la lutte contre le sida (Pepfar), l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (Gavi) et le Programme plurinational de lutte contre le VIH/sida (PPS) de la Banque mondiale. Premier constat : ces initiatives ont "changé la manière dont les donateurs internationaux fournissent l'aide à la santé publique", indique le rapport. L'aide au développement consacrée à la santé est passée de 4 milliards d'euros en 1990 à 16 milliards en 2007. 

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Festival Mondial des Arts Nègres

Pour le centenaire d'Aimé Césaire en 2013

 La Martinique candidate à l'organisation du 4 ème FESMAN ?

 

par Roland Sabra

  Le FESMAN (Festival Mondial des Arts Nègres) est un peu L'Arlésienne d'Alphonse Daudet mise en musique par Georges Bizet. On en parle plus qu'on ne le voit. La première édition prévue en 1961, puis en 1963 puis en 1965, s'est finalement tenue en 1966 à Dakar. Il s'agit à l'origine, d'une initiative de Leopold Sédar Senghor pour  « parvenir à une meilleure compréhension internationale et interraciale, d’affirmer la contribution des artistes et écrivains noirs aux grands courants universels de pensée et de permettre aux artistes noirs de tous les horizons de confronter les résultats de leurs recherches ». Objectif louable puisqu'il permettait d'affirmer, pour la première fois de façon très officielle et très festive la négritude. Les personnalités réunies à cette occasion témoignent de la diversité et de la richesse de cette édition. On retrouve parmi les participants :  André Malraux, Aimé Césaire, Duke Ellington, Joséphine Baker, Langston Hughes et bien d'autres. Tous les arts étaient représentés : arts plastiques, littérature, musique, danse, cinéma, etc. Il fallu attendre onze ans (1977) pour voir la deuxième édition du FESMAN à Lagos ( Nigéria) autour du thème « Renaissance africaine, diversité culturelle et unité africaine » et vingt deux ans pour voir émerger la troisième édition à Dakar du 1er au 14 décembre 2009.

Comme l'écrit, avec emphase, un internaute : Qu’est-ce que le FESMAN 2009 ? C’est l’invitation de Maître Abdoulaye Wade, président du Sénégal, à l’adresse de tous les peuples noirs ; c’est le legs absolu de Senghor, “l’homme qui prit en mains le destin culturel d’un continent” ; c’est le souffle et la vie de la culture noire, engagés dans la plus grande compétition culturelle mondiale ; c’est l’héritage d’Aimé Césaire et d’Alioune Diop; ce sont la voix, les gestes et les œuvres d’un milliard et demi d’êtres humains, d’Afrique, d’Amérique et d’Europe. »

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Athènes ressuscite son Olympe
 

Bernard TschumiLe nouveau Musée de l'Acropole est une création de l'architecte ­Bernard Tschumi (au premier plan). Crédits photo : AP

La Grèce inaugure, samedi, un musée de 25 000 m2 en contrebas du Parthénon dans l'espoir de récupérer les importants vestiges conservés à Londres.

  Situé en contrebas du Parthénon, le nouveau Musée de l'Acropole, dû à l'architecte franco-suisse ­Bernard Tschumi, est la conséquence d'une bataille digne des Atrides. Depuis 1982, la Grèce réclame à la Grande-Bretagne la large partie subsistante de la frise de ­Phidias qui couronnait le temple dédié à Athéna. Tout le deuxième étage du bâtiment lui est consacré. Mais pour l'heure, il n'accueille quasiment que des moulages de plâtre. Plus de la moitié du décor original, en marbre, long à l'origine de 160 mètres, et riche, si l'on en croit les reproductions anciennes, de 612 figures divines, humaines et animales, se trouve au British Museum. Ces vestiges sont pourtant essentiels pour qui entend expliquer le site sacré de l'Acropole, socle de notre civilisation.

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Vérité américaine

   Tout d'abord, je me présente : Catherine, 42 ans, d'Ecouflant (49)

 Cela fait longtemps que je lis vos articles. Je ne me suis jamais inscrite parce que ... ben ... intéressée mais sans compétences particulières pour prétendre apporter une quelconque contribution !

 Aujourd'hui, je voudrais juste témoigner... pas un avis, pas une contribution "d'experte", juste un vécu, une réalité !

En 1989, jeunes mariés, mon mari et moi décidons de "tenter notre chance" aux USA.

 D'abord comme beaucoup, nous faisons des petits boulots (Restaurants, commerces, enseignement...), installés dans le middle west, d'abord dans l'Iowa puis l'Indiana pour petit à petit "construire notre rève américain" et nous installer dans l'Ohio. Nous trouvons alors un boulot "sérieux" en 1994 dans une des "real-estate" les plus importants du coin (Sibcy-Cline pour ne pas la citer), lui à terme, en tant que "Account Executive" - Insurance Services - (comprenez en gros "agent d'assurance" sur les maisons vendues :) et moi en tant que "Realtor" (comprenez en gros "agent immobilier").

 TRES bien installés, "rêve américain" "acquis", argent facile et sans compter ... nous obtenons la nationalité américaine en 1998.

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Peut-on se passer de principes dans les luttes sociales ?

 

par Jacky Dahomay

Principes?Je dédie cette modeste réflexion à Josy Saint-Martin, à mes sœurs Lita et Rita, toutes trois enseignantes à la retraite et à tous ces enseignants que j’ai croisés dans ma longue carrière et qui m’ont toujours donné l’exemple d’une exigence éthique dans leur métier d’enseignant.

  S’il y a une chose qui  donne à penser voire  inquiète constamment, c’est la perte de principes dans certaines luttes syndicales. Il y a longtemps que certains parmi nous dénonçons ce que nous appelions des « dérives syndicales ». C’est comme si notre société connaissait une sorte d’anomie ou de perte de valeurs qui se manifesterait aussi dans les méthodes de luttes sociales. Force est de constater aujourd’hui, même après le grand mouvement social de ces derniers mois, la persistance de ces dérives qu’on se demande aujourd’hui s’il s’agit d’une ligne suivie ou de simples dérives qui affectent surtout gravement le domaine public dont celui de l’éducation.

Donnons quelques exemples. Des grévistes ont souillé, à Sainte-Anne, une école primaire en versant de l’huile de vidange dans les salles et sur les bancs devant accueillir des enfants. Quel que soit ce que l’on puisse penser de la légitimité de leurs revendications, la chose est absolument inadmissible. Ce fait n’est pas nouveau. Les mêmes actes avaient déjà été produits dans une école maternelle du Nord Basse-Terre et à la médiathèque du Gosier. A ma connaissance, aucun syndicat enseignant n’a condamné publiquement de tels agissements. En outre, des dirigeants syndicaux bien connus se sont rendus à la Maison départementale de l’enfance (autre lieu d’éducation) et, trouvant sans doute les militants syndicaux de base trop mous dans le conflit qui les oppose au Directeur de l’établissement, se sont permis de crever les quatre roues de l’automobile de ce dernier.

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MANIFESTE DES CREATEURS CULTURELS

On bon lyannaj pou lyanné poubon

Il n’y a pas de Guadeloupe. Pas encore. Dans le désordre, qui veut dire, la désorganisation temporaire de l’ordre DOM, elle a hélé quelque chose au passage. Un chalvari de mots, de sentiments, de tout, défiant les vocabulaires encravatés qui, du coup, sont devenus désuets : en combien d’euros évaluer ce qu’on a vécu, qui s’appelle vivre, quand La Pointe Jarry pointait aux îles désertes, quand Carrefour n’était plus le quatre-chemin de personne, quand le port était contraint d’écouter la mer en silence ? Et puis, quels Etats Généraux pourraient contenter un peuple dans tous ses états, quand souffle ce vent folâtre, cet avant-goût de liberté, sur tous les articles 73-74 ékèk, comme sur des bougies inutiles en plein soleil ?

Elle ne sait pas encore dire où elle va, la Guadeloupe. Elle annonce seulement qu’elle vient. A grands pas. Dans la cosse d’une grammaire apprise sous DOM, où la raison économique prétendait être la seule à devoir nous relier d’homme à homme tout comme une religion, germait violemment notre étrangeté de peuple. Ce grand wélélé à ciel ouvert, ces tambours en drivaille, ont épelé tant d’inimaginables possibles ! Ceux qui, auparavant, faisaient métier de tout comprendre pour tout mettre à la norme afin d’apprendre au peuple ce qu’il doit être, les ont entendu comme jamais. Mais les voilà ababa, feuilletant des pages mille fois lues et tant apprises, tout étonnés de constater que rien de tout cela n’était écrit.

Alors, il est peut-être venu, le temps de lâcher les capteurs d’âme, les plongeurs qui de l’effervescence pourraient nous ramener ces trésors de nous-mêmes, que nous ne savons pas, mais aimons déjà. Auteurs, écrivains, poètes, musiciens, comédiens, danseurs, plasticiens, cinéastes, raconteurs de toutes sortes, nous que relient d’autres valeurs que l’euro, bim-partons ! Oui, c’est bien la Guadeloupe que nous sentons submerger le DOM. Ce sont les balbutiements d’une pensée renouvelée qui ont occupé la rue, faute de lieu où se faire voir ou entendre, et de page où s’écrire. Ce sont les gestes des sans voix et des sans plume pour se dégager de l’engrenage consumériste, et pouvoir comprendre, maîtriser et traduire un destin de peuple.

Quand l’homme s’extrait des mécanismes biologiques du manger et du boire pour clamer son existence collective au monde, alors, il y a, pour de bon, un appel d’air de culture, puis d’Œuvre. Tout ce qu’il faut pour nous construire et nous maintenir en tant qu’humanité. Nous en appelons donc aux créateurs de culture, non en tant que supplétifs du mouvement, mais en acteurs, pleinement an liyannaj, capables de mettre en lumière tout ce que nous aimons de nous-mêmes, nos valeurs partagées, de faire surgir nos symboles nécessaires, de retisser tout notre imaginaire. Et, par-dessus tout, d’aider la Guadeloupe à changer de stature par une reformulation inédite et multiple de son vouloir.


 

KOLEKTIF SONNY RUPAIRE

19 mars 2009

Voir la liste des premiers signataires

 

Julien Coupat : " La prolongation de ma détention est une petite vengeance "

Entretien avec le principal suspect dans l'affaire des sabotages contre la SNCF

 Voici les réponses aux questions que nous avons posées par écrit à Julien Coupat. Mis en examen le 15 novembre 2008 pour " terrorisme " avec huit autres personnes interpellées à Tarnac (Corrèze) et à Paris, il est soupçonné d'avoir saboté des caténaires SNCF. Il est le dernier à être toujours incarcéré. Pour des raisons de place, Le Monde a coupé une question et sa réponse dans la version imprimée, mais publie l'intégralité de l'entretien sur lemonde.fr. M. Coupat a demandé à ce que certains mots soient en italiques.

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Professeur de nutrition honoraire à la faculté Xavier-Bichat à Paris, directeur de l'unité Inserm de nutrition humaine, Marian Apfelbaum a publié plusieurs livres sur la nutrition et un récit né de son expérience personnelle, Retour sur le ghetto de Varsovie (éd. Odile Jacob, 2002).

  Alli, premier médicament antiobésité vendu sans ordonnance, est une version allégée du Xenical de Roche, vendu sur prescription depuis une dizaine d'années. Qu'est-il exactement ?  

 

Le principe actif d'Alli, comme de Xenical, est l'orlistat. Si on le cherche sur le site de l'Association des bibliothèques américaines (OCL), dont je suis membre, on trouve 941 articles scientifiques. Les trois derniers datent de mai 2009. Dans le Xenical, l'orlistat est dosé à 120 mg par comprimé, et dans Alli à 60. On constate que pour le premier produit, plus dosé, le taux de mortalité depuis dix ans est très bas - je parle de morts étranges pendant la prise du traitement, sans aucune preuve directe d'interaction avec lui.

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Scientologie : le récit accablant d'un témoin

 

Eglise de ScientologieUne ancienne adepte a raconté mardi au tribunal comment elle a été délestée de 21.000 Euros en 4 mois. Les prévenus la déclarent consentante.

  Une ancienne adepte de la Scientologie a livré mardi 26 mai au tribunal de Paris un récit accablant de son passage en 1998 dans ce groupement jugé pour "escroquerie en bande organisée" et qui risque la dissolution.
Aude-Claire Malton a raconté avoir été délestée de 21.000 euros en quatre mois pour suivre des cours et une séance de "purification" consistant en quatre heures de sauna par jour pendant treize jours, des joggings intensifs et l'administration de vitamines ayant amené des troubles gastriques. Elle estime qu'il s'agissait de la mettre dans un état de faiblesse entraînant d'autres prestations payantes.

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La transexualité ne sera plus une maladie mentale

 

Santé. La ministre vient de saisir la Haute Autorité de santé.

ÉRIC FAVEREAU et CHARLOTTE ROTMAN

Qu’est-ce qui va changer ? Les trans ne seront plus… dérangés C’était un changement réclamé de longue date par tout le milieu associatif. La veille de la Journée mondiale contre l’homophobie, la ministre de la Santé a annoncé à Libération qu’elle venait de saisir la Haute Autorité de santé (HAS) «afin de publier un décret déclassifiant la transsexualité des affections psychiatriques de longue durée». La question avait été évoquée au sein du gouvernement, mais même les plus optimistes des militants LGBT (lesbiens, gays, bi et trans) hésitaient à croire à une annonce.

«Trouble». Qu’est-ce qui va changer ? Les trans ne seront plus… dérangés. Ce n’est qu’un geste, mais dans les liens historiquement complexes entre psychiatrie et transexualisme, ce décret devrait apporter, enfin, un peu plus de clarté. Et surtout de liberté. Aujourd’hui, selon le ministère de la Santé, «les personnes qui souffrent de trouble précoce de l’identité de genre, les transsexuels ou transgenres, peuvent bénéficier de l’exonération du ticket modérateur pour les soins et traitements au titre de l’affection longue durée n° 23 (ALD 23) "affections psychiatriques de longue durée"». Or, les transsexuels ressentent cette admission en ALD 23 «comme très stigmatisante»

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Fonctionnaires responsables de tous les maux !

par Jean-Georges VOISIN

Secrétaire Départemental SNPTES-UNSA (Syndicat National des Personnels Techniques de l’Enseignement Supérieur)


Si la population en général a toujours stigmatisé les travailleurs de la fonction publique, cela relevait plus de la taquinerie que du mépris.

Le schéma décrivant ce travailleur assis derrière un bureau ou un guichet et accomplissant sa tâche avec une désinvolture telle qu’il a fait l’objet de toutes les railleries, ne peut continuellement exister.

Mais le pire, c’est lorsque des intellectuels ou autres responsables politiques s’amusent à jeter en pâture ces travailleurs nécessaires à l’organisation de notre société.

Ainsi, la Poste (jadis fonction publique) ou encore la Sécurité Sociale sont, avec les mairies, les lieux où les administrés se plaignent le plus souvent de la production des travailleurs. Les autres services publiques sont moins décriés mais n’échappent pas aux critiques tout aussi acerbes.

Il est vrai que certains des représentants de la fonction publique n’ont pas la conscience de l’importance de leur mission auprès du public par incompétence, manque de formation ou désintérêt.

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St Claude, le 13 mai 2009

racines de Toloman Je viens de recevoir d'une amie que j'estime une pétition qui crie au sauvetage du Cinéma d'Arbaud... Depuis quelque mois, j'ai l'impression que mon pays s’enlise dans une tragicomédie bouffonne. Que chacun se rassure, Toto et Gillot sauveront le d’Arbaud avec notre argent (one more time !) car tactiquement, le coup politique est trop beau et permet de couper l’herbe sous le pied du LKP et de LMC. Mais posons nous honnêtement quelques questions ; si le d’Arbaud coule, n’est-ce pas parce que les Basse-Terriens, soudain farouchement déterminés à le sauver, n’y mettaient plus les pieds depuis fort longtemps ?

Les employés de cette entreprise n’étaient ils pas eux-mêmes en grève il y à peu ? Mais peut-être (comme une partie de la population Guadeloupéenne) se sont-ils cru miraculeusement exonérés des principes macro économiques élémentaires ? Il est vrai que depuis quelques mois nous sommes prompts à nous gargariser de jugements à l’emporte-pièce et d’aphorismes bon marchés du genre : « On ne fait pas d’omelettes sans casser des oeufs ! » Posons nous encore cette question : Où est donc passée l’omelette ? car les oeufs cassés seront facile à trouver au tribunal de commerce et au Pôle Emploi… Enfin, tant qu’on à pas tué la poule aux oeufs d’or (= l’Etat = notre poche !) une farce bouffonne disais-je ?

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La vie démocratique n’est jamais un long fleuve tranquille.

Après l’occupation temporaire du Conseil général conduite par le LKP, j’ai beau me tâter, me toucher le front, mesurer ma tension, je n’arrive pas à me sentir choqué plus que de raison. Beaucoup moins que lorsque je vois nos collectivités, de mandature en mandature, utiliser l'argent public afin de maintenir une économie de rente. En tout cas, ma petite musique, que j’ai envie de faire entendre, est sans commune mesure avec la symphonie des cris de vierges effarouchées, jouée par la bien-pensance de nos parages et orchestrée de main de chef par deux frileux d’un ordre élevé. Je ne ferai pas monter la sauce.

Je m’adresserai d’abord aux amis proches: au LKP, donc. Je lui dirai que lorsqu’une action, à la différence de toutes celles entreprises jusque là, refroidit ou remplit de doute des soutiens jusque là acquis, lorsque parmi les manifestants même, beaucoup trop, préalablement ignorants de l’intention, se sont sentis mis devant le fait accompli, il faut chercher l’erreur. Gentiment. Sans culpabiliser outre mesure. Ça fait partie du boulot. Le plus sûr moyen d’éviter les erreurs c’est ne rien faire, ne rien tenter. Et ça, honnêtement, je ne saurais le conseiller. Mais, quand même, quelle que soit sa légitimité et sa capacité de mobilisation, aucun mouvement de contestation ne peut s’offrir le luxe de perdre ne serait-ce qu’un seul allié, sauf si l’enjeu en vaut vraiment la peine. Et puis, contraindre le laborieux président Gillot, qui s’est donné tant de mal pour travailler son solo, à s’engluer dans la logorrhée lurélienne, ce n’est vraiment pas sympa, les gars. Heureusement, le LKP n’a pas pris les assemblées pour entamer d’autorité son propre mandat. Il n’aurait su quoi faire de ces deux assemblées. Le Kolektif n’est pas fait pour ça et je ne pense pas qu’il en ait jamais eu le goût.

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La vie démocratique n’est pas une retenue d’eau

Une retenue d'eau!

par Caroline OUDIN-BASTIDE

Quand j’ai reçu, pour éventuelle signature, le texte plus tard publié sous le titre « Soutenons les luttes sociales mais défendons les principes démocratiques », j’ai éprouvé quelques réticences. Malgré mon adhésion sur le fond du problème posé – il est évidemment inacceptable d’empêcher la tenue d’un débat réunissant élus et membres de la société civile –, il m’a semblé qu’il y manquait une certaine prise de distance à l’égard de la démocratie représentative telle qu’elle s’exerce dans la cadre français et plus particulièrement à la Guadeloupe (modes de scrutin excluant souvent les partis minoritaires, taux d’abstention élevés révélateurs du désintérêt de nombreux Guadeloupéens pour la Chose publique mais aussi du manque de confiance de nombreux électeurs à l’égard du système). Ayant rompu au début des années 1980 avec « l’abstention révolutionnaire » qui me semblait être le masque de l’impuissance politique, j’ai trop souvent, comme de nombreux électeurs, voté « contre » pour considérer les élus comme les représentants authentiques du peuple. On ne peut, me semble-t-il, admettre, comme le fait le texte, que la démocratie représentative puisse être considérée comme « en panne » et ne pas établir un lien entre cette « panne » et le comportement du LKP.

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Homophobie : ces familles si cruelles

Le rapport annuel de SOS homophobie insiste sur l’intolérance des proches et livre des témoignages.

Par DIDIER ARNAUD

Méfiez-vous des vôtres. Ce sont eux qui font le plus mal. Les frères, les sœurs, le père, la mère ou les cousins. Ils sont les plus cruels. C’est une des conclusions du rapport annuel présenté hier par l’association SOS homophobie. «L’homophobie, dans l’entourage proche, est sans doute ce qui déstabilise et blesse le plus les victimes qui nous contactent», note le rapport. Les témoignages parvenus à l’association sont en augmentation de 36 % par rapport à 2007 (1). «On a l’impression qu’on est dans une France d’il y a trente ans, n’hésite pas un des auteurs. On reste sans voix par rapport aux gens qui nous appellent. Cela va du simple rejet, au jeune qui va être tabassé par ses parents, ou exclu de chez sa mère qui lui a dit : "J’aurais préféré que tu ne naisses jamais."» Celui-ci, c’était Sylvain. Il avait 27 ans. Il ne l’a pas supporté. C’est à lui qu’est dédiée cette étude 2009. D’autres souffrent toujours.

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Agression homophobe du Robert :
La justice laisse l’agresseur
en liberté et cautionne
la désinvolture des gendarmes

(Tjenbé Rèd demande à être reçue
par Rachida Dati et Michèle Alliot-Marie)

Le 3 avril au Robert (Martinique), un Martiniquais, Richard Adenet-Louvet, était agressé et menacé de mort, ainsi que son compagnon européen, par un voisin et ses deux fils. «Sales makoumès (pédés), vous ne méritez pas de vivre, on va vous découper» : tels sont (parmi d’autres) les propos et menaces qu’ils avaient dû entendre, alors que leurs agresseurs agitaient des «coutelas» de 75 cm de long.

Le voisin et son fils majeur comparaissaient aujourd’hui, lundi 11 mai, devant le tribunal de grande instance de Fort-de-France. Selon un adhérent de notre association, présent à l’audience, ils ont été condamnés à un an de prison avec sursis pour le père et six mois pour le fils, ainsi qu’à une période probatoire de deux ans durant laquelle ils ont interdiction de s’adresser à Monsieur Adenet-Louvet, de pénétrer sur la propriété de sa famille ou de porter un coutelas en dehors de leur domicile ; Ils doivent également solidairement lui verser 1800 euros de dommages-intérêts et 500 euros de frais d’avocat.

Tjenbé Rèd, association noire & métisse LGBT (lesbienne, gaie, bi & trans), regrette un verdict laissant Monsieur Adenet-Louvet au contact de ce voisin qui a levé l’arme sur lui et qui venait de passer treize ans en prison pour assassinat.

Par ailleurs, Tjenbé Rèd regrette que les irrégularités commises par les gendarmes après l’agression n’aient pas fait l’objet d’un éclaircissement de la part du procureur général près la cour d’appel de Fort-de-France, Jean-Michel Durand, pourtant saisi par nos soins et par lettre recommandée, dès le 8 avril.

En conséquence, Tjenbé Rèd demande à être reçue par Mesdames Rachida Dati, garde des sceaux, ministre de la justice, et Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales, qui doivent ici clarifier la politique du gouvernement en matière de répression des actes homophobes et d’accompagnement des victimes.

Pour Tjenbé Rèd !

Le secrétaire général, Yann Carl

 
 

Cinq volumes, deux mille six cents pages, neuf ans d'enquête et un résultat édifiant : entre 1930 et 1990, des prêtres et des moines ont battu et violé des enfants dans deux cent seize institutions catholiques d'Irlande, selon un rapport rendu public, mercredi 20 mai, par une commission d'enquête spéciale.

"Un climat de peur, créé par des sanctions omniprésentes, excessives et arbitraires, s'est propagé à la majeure partie des institutions, en tout cas à toutes les institutions de garçons", écrivent ainsi les auteurs du rapport, "Les enfants vivaient dans un climat de terreur quotidien, en se demandant d'où viendraient les prochains coups." 

 

"Ces endroits n'étaient pas des foyers d'accueil", explique John Kelly, coordinateur d'une association d'aide aux victimes et qui a lui-même subi des sévices."C'étaient des goulags. Les enfants étaient loués à des fermiers comme esclaves." La plupart des victimes étaient des jeunes gens en situation difficile, souvent orphelins ou délinquants. "Il y avait des murs de dix mètres d'épaisseur. C'était une garnison militaire. Ils n'utilisaient pas nos noms. Nous avions tous un numéro", a-t-il expliqué.
 

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Défendons les principes démocratiques
par David DAHOMAY
 

  Il s’est passé le jeudi 7 mai à Basse-Terre quelque chose de grave que nous, citoyens guadeloupéens, ne pouvons tolérer et qu’il faut éclaircir.

Le président du Conseil Général, Monsieur Jacques Gillot, avait décidé de réunir en Congrès les élus de la Guadeloupe en invitant aussi de nombreux acteurs de la société civile dont Elie Domota et LKP. Voulant apparemment tenir compte des critiques souvent adressées aux élus, Monsieur Gillot –du moins telle était son intention clairement exprimée- espérait « donner la parole aux citoyens » les invitant à « construire ensemble un projet guadeloupéen de société », selon les termes même de l’invitation adressés à tous. Il s’agissait, selon les dires du Président du Conseil Général, d’élaborer ensemble une méthode. A l’évidence était recherchée là une démocratie plus participative.

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Entendre ce que disent nos compatriotes

par Serge HARPIN

   Des Etats Généraux sans « Tiers Etat » - au sens de Sieyès : un « tout » qui n’est « rien » dans un ordre politique qui ne sert qu’à préserver les privilèges ; des Etats Généraux d’experts. Il y a là aussi matière à réflexion sur les limites de la démocratie participative, dont certains font spectacle pour prouver, par la mise en scène et l’exploitation de l’image, leur supposée culture démocratique. Or, à vrai dire, les assemblées participatives, le déroulement des Etats Généraux le montre bien, sont encore loin d’être des espaces d’expression populaire. Ce sont plutôt des lieux où les politiques et autres experts administrent leur vérité en usant des techniques de l’interactivité et du potentiel médiatique, particulièrement télévisuel, de démultiplication de l’effet.

On nous rétorquera sans doute que les absents ont tort et qu’il serait mal venu plus tard, après les avoir boudés, de contester les conclusions de ces Etats Généraux. L’argument a l’apparence du bon sens, mais il ne prouve au fond qu’une chose : nous n’avons toujours pas entendu ce que n’ont cessé de dire et de répéter nos compatriotes :

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Au cours de l'entretien...Comment dit-on en Béarnais : « La France est une et indivisible » ?

La France qu’ey ve et n’es pot pas divisar.


Je commence toujours mes entretiens par une question sensée recentrer la personne interviewée en elle-même : comment vous présenteriez-vous François Bayrou ?

Je suis un citoyen français, républicain et démocrate. Je suis un responsable politique né dans les Pyrénées, enraciné dans ce pays que j’ai la chance de représenter à l’assemblée nationale depuis bientôt 25 ans. En 2007, j’ai eu la chance de parvenir aux portes du deuxième tour de la dernière élection présidentielle en recueillant plus de 7 millions de voix. Depuis, je bâti un courant politique nouveau.

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De la crise de la chose politique en Martinique

 

Quand la crise identitaire du pacte républicain français est à mettre en lien avec la crise de la chose politique en Martinique

Par Patrick Singaïny.

En mémoire d’Aimé Césaire.

 C’est une lapalissade que de constater combien le système sarkozyste, dans l’Hexagone, a très vite occulté le pacte républicain français en le substituant par « l’idéologie de l’argent-roi et la mainmise sur tous les centres de décision »1. Même un observateur distrait pourrait s’apercevoir d’un symptôme particulièrement significatif, tant la collusion entre le pouvoir présidentiel et le pouvoir financier est transparente voire démonstrative : l’abêtissement de la presse qui ne fait plus son travail d’éclairage sur notre présent à partir de données comparées et d’une simple prise de recul, cela sans oublier de mentionner bien sûr une élémentaire indépendance de traitement de l’information.

De l’autre côté de l’Atlantique, ici dans notre micro-microcosme, il sera toujours très difficile de traiter les sujets lourds et transgressifs. Malgré tout, on pourrait faire observer à nos journalistes –corporation à laquelle j’appartiens- qu’un pas de trop a été franchi dans le manque d’approfondissement des sujets politiques depuis les premiers débats sur la réforme statutaire, que l’on se borne à seulement rendre compte en s’empêchant avec trop de prudence de donner aux citoyens martiniquais tout le panorama des enjeux, et, ce faisant, en laissant négligemment le champ libre à toute cette pseudo-presse qui prétend l’être et qui n’est qu’un agent particulièrement actif de la militance de ce qui est devenu ici politiquement correct : le fantasme de l’indépendance anticipée et ses pestilentielles injonctions chevillées à la fois sur le racisme, tant au sein des composantes de la population martiniquaise qu’envers l’étranger, et sur cet obscurantisme qui ne cesse de s’amplifier.

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Ce qu’il faut savoir
des articles 73 et 74 de la Constitution

Ces 7 points ont été puisés dans l’argumentaire de Forces Martiniquaises de Progrès :

VADEMECUM 73 - 74

Forces Martiniquaises de Progrès

1 - Article 73 : La Martinique est un département et une région. Mais une assemblée unique peut remplacer les deux assemblées actuelles. Et même, au lieu d’un département et une région, le département ou la région peut cumuler les pouvoirs des 2 collectivités. C’est le cas de Mayotte. Le référendum de décembre 2003 portait sur la disparition du département. Le NON a gagné.

1 – Article 74 : Si l’article 74 l’emporte, le statut sera défini par une loi dite loi organique. L’autonomie est décidée par la loi organique, sans consultation particulière des électeurs. L’autonomie de la Martinique, c’est aussi l’autonomie de la France.

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Où va le SNES Martinique ?


  Le récent mouvement social et sociétal qui a mobilisé une grande partie des forces vives du pays pendant plus d'un mois, à l'initiative de l'intersyndicale des travailleurs de la Martinique, a mis à nu la crise d'identité que traverse le SNES- Martinique.


Préoccupés de l'avenir de notre organisation syndicale, soucieux de la voir maintenir sa représentativité au plan de la
défense des personnels du second degré sans renoncer aux engagements sociétaux, pour ne pas dire "politiques" au sens premier du terme, qui ont toujours marqué sa pratique, nous, syndiqués du SNES, avons estimé nécessaire de tirer la sonnette d’alarme, face à ce qui nous apparaît être des dérives.


Nous avons adhéré aux valeurs fondamentales défendues par
le SNES qui a toujours résolument appuyé les luttes des travailleurs des Antilles et de la Guyane, soutenu les mobilisations pour le respect des libertés publiques et revendiqué la prise en compte des réalités sociales, linguistiques et culturelles de nos pays dans les contenus et méthodes d'enseignement.

Notre démarche veut éviter que le SNES-Martinique ne sombre dans le corporatisme et ne tourne le dos aux valeurs au nom desquelles il a participé à de nombreux combats communs à l'ensemble des travailleurs de la Martinique et des autres DOM (du public et du privé) pour plus de justice sociale, plus de dignité et contre les atteintes aux libertés.

C'est au nom de ces mêmes principes que nous avons opté pour la coopération régionale en adhérant à la C.U.T.(Caribbean Union of teachers) et à la C.E.A.(Confédération des éducateurs des Amériques).

 

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Pour un programme de formation continue des adultes

George HUYGHUES DES ETAGES, psychologue -

 
  L’opportunité semble donnée de concrétiser des propositions, fruits de réflexions et de recherches conduites depuis ces longues années (plus de 20 ans) d’exercice de ma profession au côté, dans l’intimité et les secrets du peuple martiniquais, à faire passer des tests et à recevoir les confidences de milliers d’enfants, d’adolescents et d’adultes en souffrance psychologique, familiale, conjugale, professionnelle, sociale ;  à participer et  à animer, à l'appel de diverses associations, de multiples interventions, réunions-débats, « écoles de parents », cercles d’écoute, groupes de paroles, émissions en radio et télé ; et  à constater cette ignorance, cet illettrisme (alors que la majorité des gens sont alphabétisés …) en matière d’éducation mais également de droit, d’économie, d’histoire, de géo-politique, ce sous-développement cognitif que je retrouve constamment et que je dénonce à longueur d’années car provoque tant des erreurs éducatives fatales et l’installation d’un malaise ambiant, que l’inadéquation et la maladresse des comportements réactionnels, qu’enfin le manque de confiance en ses capacités d’un peuple conscient de ses insuffisances et convaincu de son impuissance. La démocratie est en danger si on n’y prend garde dans ce pays où échec à l’école (et à l’Université) comme taux de chômage sont deux fois plus importants qu’en France et où semble s’opérer à bas bruit un véritable génocide par décérébration.

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Enquête
Relations patients-soignants : un dialogue parfois difficile

 

  Les relations entre patients et médecins ne sont pas toujours au beau fixe. "Nombreuses sont les situations dans lesquelles il y a incompréhension entre le malade, son entourage et les soignants", constate le docteur Grégoire Moutel, professeur à l'université Paris-Descartes, membre du laboratoire d'éthique médicale, qui vient de publier Médecins et patients, l'exercice de la démocratie sanitaire (éd. L'Harmattan, 124 pages, 14 euros).

Depuis la loi Kouchner du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, la relation entre soignants et soignés a changé. Les demandes d'accès au dossier médical - mesure phare de cette loi - ont augmenté de 191 % en cinq ans. D'environ 1 107 par an, avant la loi de 2002, elles sont passées à 3 227 en 2006, révèle une enquête menée par l'Observatoire des droits et responsabilités des personnes en santé, créée par l'Institut droit et santé au sein de l'université Paris-Descartes. Cette enquête, dont nous avons eu connaissance et qui sera présentée le 15 mai, a été menée auprès de 38 hôpitaux parisiens, 705 chefs de service et 3 800 patients. 

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Contre la mort de l'hôpital public : l'appel des 25

  En 1958, la grande réforme menée par le Professeur Robert Debré allait permettre à la médecine française de devenir en 30 ans "la meilleure du monde".
Cinquante ans plus tard, le Parlement va-t-il voter la loi "Bachelot" qui porte en elle la disparition de cette médecine hospitalière au profit d’une médecine mercantile ? Le maître-mot n’est plus la santé mais la rentabilité. La préoccupation centrale n’est plus le malade mais le compte d’exploitation de l’hôpital. Et les premières victimes en seront les patients et les soignants.
Cette loi cale l’hôpital sur l’entreprise. Elle donne tous les pouvoirs au Directeur de l’Hôpital, nommé et révoqué par le Directeur de l’Agence Régionale de Santé, lui-même nommé et révoqué par le Conseil des Ministres. Ce directeur pourra n’avoir aucune compétence médicale ou en santé.C’est pourtant lui qui arrêtera le projet médical de l’hôpital. Lui aussi qui nommera et révoquera les médecins responsable des structures de soins (pôles, départements, services…). Sur quels critères ?

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David Diaz-Jogeix, directeur adjoint du département Europe d'Amnesty International

 
 

  David Diaz-Jogeix, directeur adjoint du département Europe d'Amnesty International, a supervisé le rapport de l'ONG publié jeudi 2 avril et intitulé "France : Des policiers au-dessus des lois". Il explique que les forces de l'ordre se livrent de plus en plus à des "représailles" contre certaines victimes ou témoins de mauvais traitements qui leur sont imputés, notamment à travers des plaintes pour "outrage" ou "rébellion".

En 2005, le dernier rapport d'Amnesty sur le sujet dénonçait de graves violences policières, sous couvert d'un "climat d'impunité". Comment la situation a-t-elle évolué en quatre ans ?

La situation s'est détériorée depuis. Aucune des recommandations faites par Amnesty international lors du précédent rapport n'a été prise en compte par le gouvernement. Et ce manque d'action de sa part nous inquiète. En 2005, nous dénoncions certaines méthodes employées par la police qui pouvaient faire courir de graves dangers, jusqu'à l'homicide. En 2006, la Cour européenne des droits de l'homme a rendu un arrêt dans lequel elle a condamné la France et demandé qu'elle donne à ses fonctionnaires de police des instructions précises sur l'utilisation des méthodes de contrôle. Or début 2008, à Grasse, Abdelhakim Ajimi est mort après avoir été maîtrisé par des policiers lors de son arrestation : nous attendons toujours des précisions du ministère de l'intérieur sur ce drame. Dans ce rapport, nous recensons une quinzaine de cas, qui témoignent d'un problème structurel de violence policière, sous forme d'homicides, notamment mais aussi de coups, de mauvais traitement et d'injures à caractère raciste ou xénophobe.

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« C’est Hadopire ! »

  EXCLU : A la sortie de la Commision mixte paritaire, le député Christian Paul nous livre les principaux éléments du texte finalement adopté.

par Astrid Girardeau

Après une heure et demi de débat, la Commission mixte paritaire (CMP) a trouvé ce soir un texte de compromis sur le projet de loi Création et Internet. Comme prévu, peu de surprises. La CMP s’est accordée sur une version plus dure du texte. « C’est Hadopire », commente pour nous le député Christian Paul (PS), à la sortie de la discussion.

A 18 heures, les 14 membres de la CMP (7 députés, 7 sénateurs) se réunissaient au Sénat. Leur objectif : trouver un compromis entre les versions votées au Sénat et à l’Assemblée nationale. Le tout arbitré par la majorité de la CMP, très largement favorable à la loi. Le vote est bloqué, il n’est pas possible de déposer de nouveaux amendements. Par contre, les députés peuvent redéposer leurs amendements pour nourrir la discussion ou servir au compromis. Ce qu’a fait l’opposition sur les questions du recours au juge, du non-cumul des sanctions, ou de la labellisation des offres légales.

Contrairement à ce qui a été voté, il y a quelques jours par les députés, la CMP a décidé que l’internaute continuera à payer sa connexion en cas de coupure de son accès à Internet. Elle a également supprimé l’amendement, déposé par Alain Suguenot, qui proposait l’amnistie des internautes poursuivis sur des faits remontant à plus de 6 mois. Comme on le notait hier, il était de tout manière peu applicable, car il concernait uniquement la contrefaçon sur les droits voisins, pas ceux sur les droits d’auteur.

Seul point positif, selon Christian Paul, le président de la Haute autorité indépendante sera élu par les membres du collège de l’Hadopi, et non nommé par décret, comme l’avait proposé Franck Riester dans l’amendement 38). A noter aussi que la suppression de la réduction des débits comme sanction, défendue par les députés Lionel Tardy (UMP) et Dionis du Séjour (Nouveau Centre) a été conservée par la CMP.

Tous les autres textes discordants entre les deux versions — la labellisation des offres légales et le sur-référencement par les moteurs de recherches, la chronologie des médias coulissante, la captation totale ou partielle en salles de cinéma considérée comme un délit de contrefaçon, la réforme des droits d’auteur des journalistes, etc. — ont été conservés tels que.

Le texte doit maintenant être ratifié jeudi au Sénat, et à l’Assemblée nationale, avant d’être présenté, en séance publique. « Maintenant rendez-vous dans l’hémicycle jeudi, puis au Palais Royal au Conseil Constitutionnel ! », a déclaré, pour conclure, Christian Paul.

 

"La solidarité est criminalisée"

Propos recueillis par Marianne ENAULT

  Des milliers de personnes ont défilé mercredi [08/04/09] contre le "délit de solidarité". A l'appel d'un collectif d'associations, ils ont dénoncé la multiplication des gardes à vue de personnes qui viennent en aide aux sans-papiers. Du côté du ministère de l'Immigration, on estime que ce délit n'existe pas. LeJDD.fr a demandé son avis à Pierre Cordelier, membre du Réseau Education Sans Frontières (RESF).

Eric Besson a assuré mercredi que "tous ceux qui aident de bonne foi un étranger en situation irrégulière doivent savoir qu'ils ne risquent rien"...
Eric Besson ment. Les menaces, les pressions, les intimidations, les brutalités policières, les mises en garde à vue, les poursuites devant les tribunaux - pour outrage et rébellion, entrave à la circulation des aéronefs, aide au séjour irrégulier, violence avec arme par destination sur agent de la force publique - ne cessent d'augmenter à l'égard de celles et ceux qui expriment, par des manifestations toujours pacifiques, leur solidarité concrète envers les immigrés dits clandestins. La solidarité est criminalisée. Le délit de solidarité existe dans les faits. Eric Besson le sait, il ment sciemment. Son lapsus délinquant-migrant* est révélateur.

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Tristes mensonges

 

  Personne mis à part quelques internautes avisés ne semble trop s’interroger sur la situation réelle de la liberté d’expression aux Antilles Françaises.


Personne mis à part les mêmes, ne réagit aux discours des médias totalement voués à une seule cause et ce sans aucun respect déontologique : défendre par mensonges interposés, manipulations éhontées les exactions et les propos des extrémistes de l’UGTG.


Or considérant la nature même des médias locaux on ne peut que s’étonner d’une telle rente de situation Pro LKP.

France Antilles journal du groupe Hersant (pas spécialement de gauche …) passe son temps à défendre l’extrême gauche de Domota. RFO télévision nationale, normalement astreinte à respecter les indications du CSA, est entièrement Pro LKP, Canal 10 entreprise privée tient les mêmes propos et la situation est identique sur les radios !
Au total l’ensemble des médias antillais est entre les mains de DOMOTA !

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  Trois jours après l'Iowa, le Vermont est devenu mardi 7 avril le quatrième Etat américain à légaliser le mariage entre deux personnes du même sexe. Avec toutefois une différence : pour la première fois, la décision a été prise par voie législative, et non judiciaire. De quoi donner de l'espoir aux militants gays de New York, du New Jersey, du Maine et du New Hampshire, qui font campagne pour obtenir les mêmes droits.

Le gouverneur démocrate de l'Etat de New York, David Peterson, a d'ores et déjà annoncé qu'il soutiendrait à l'assemblée de l'Etat un texte similaire à celui adopté dans le Vermont. "Nous sommes très optimistes concernant l'adoption d'une loi reconnaissant l'égalité devant le mariage", a déclaré de son côté Roberta Sklar, militante reconnue des droits des gays et lesbiennes aux Etats-Unis. 

 

Mais si l'enthousiasme est palpable, la partie est loin d'être d'être gagnée. Le sénat de New York s'est opposé l'an dernier à un texte légalisant ces unions. Selon un récent sondage de l'université Quinnipiac, seuls 41 % des électeurs de l'Etat de New York sont favorables à la légalisation du mariage gay, 33 % préférant l'union civile et 19 % s'opposant aux unions entre personnes du même sexe. "Les obstacles sont ceux auxquels nous nous sommes toujours heurtés : des réactions homophobes, et je ne serais pas surprise de voir arriver des organisations opposées aux droits des gays et lesbiennes pour faire pression contre nous", a réagi Roberta Sklar.

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Traité pour le grand dérangement : Ernest Breleu, Miguel Chamoiseau, Patrick Chamoiseau, Gérard Delver, Edouard Glissant, Danielle Laport, Guillaume  PIGEARD DE GURBERT, Olivier  PORTECOP, Olivier  PULVAR, Jean-Claude  WILLIAM

 

Ernest BRELEUR

Miguel CHAMOISEAU

Patrick CHAMOISEAU

Gérard DELVER

Serge DOMI

Edouard GLISSANT

Danielle LAPORT

Guillaume PIGEARD DE GURBERT

Olivier PORTECOP

Olivier PULVAR

Jean-Claude WILLIAM

 

Au plus intense du mouvement du 5 février en Martinique, et des événements en Guadeloupe, notre Manifeste pour les " produits " de haute nécessité visait à soutenir sans ambiguïté les engagements en cours. Mais il s'attachait surtout à privilégier tout de suite les inspirations précieuses du " poétique " sans lesquelles le souffle du "prosaïque " se retrouve affaibli.

Le "poétique” porte sur les aspirations profondes de l’Homme : ce qu’il recherche et qu’il pratique quand il a assuré sa survie.

Dans ce " poétique ", nous invoquions en haute nécessité, sans en clore le chapitre :

- une problématisation de la consommation- la nécessité de nous acheminer vers un processus de responsabilisation,- le réinvestissement de la notion de travail,- et l'urgence d'envisager de nouvelles solidarités sociétales et  environnementales dans un monde nouveau.

Ce qui revenait à ne plus accepter de " petits arrangements "avec la violence économique qui dénature le sens profond de notre vie : le capitalisme. Au sortir de cette crise, nous sommes hélas menacés de voir la devise républicaine française, " Liberté Égalité Fraternité ",dégénérer dans nos pays en " Zone franche Rmi Rtsa " - ou encore en " Smic Rmi Rtsa " - … ce qui serait un comble de l'assimilation (et de son syndrome d'irresponsabilité stérilisante) et surtout d'une dénaturation de l'esprit même de ce mouvement dont l'amplitude permettait d'espérer un grand souffle bouleversant.

L'idée de haute nécessite se révèle donc plus que jamais indispensable.

 

 

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Les affiches Stop Sida é-branlent

 

L’urgence d’un combat universel contre le racisme

 

Doudou Diene rapporteur spécial des Nations unies (2002-2008).

Pascal Bruckner fait montre dans sa tribune («L’antiracisme, nouvelle idéologie des dictatures») d’une remarquable constance. Il avait déjà fait campagne contre la tenue de la conférence mondiale contre le racisme en septembre 2001. Le tableau apocalyptique du monde qu’il dressait était, dans la ligne de Samuel Huntington, celui d’un conflit inéluctable entre l’Occident et les dictatures. Hier comme aujourd’hui, sa position reste le boycott de la conférence par «les démocraties véritables».

Pourtant, la première conférence de Durban avait fait adopter par tous les Etats présents une déclaration et un programme d’action contre le racisme. Ces deux documents constituent les instruments les plus complets à ce jour contre toutes les formes de racisme. Donc, «démocraties» et «dictatures», pour reprendre les catégories de Bruckner, ont réussi à élaborer ensemble une feuille de route contre le racisme, réunissant tous les pays présents (à l’exception des Etats-Unis et d’Israël qui, après avoir participé au long processus de préparation, se sont retirés au lendemain de l’ouverture de la conférence). Aucune trace d’antisémitisme dans ces documents officiels que Bruckner omet de citer.

Trois conférences mondiales (1978, 1983 et 2001) ont été consacrées au racisme répondant ainsi à la réflexion du dramaturge allemand Bertold Brecht au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : «Le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde.» La recrudescence des manifestations de racisme et de xénophobie constitue la menace la plus grave contre le défi majeur de notre époque : un vivre-ensemble multiculturel et démocratique.

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Kadhafi donne le ton


 par Jean-Claude Buhrer

  «L’islam régnera sur la planète, comme Allah l’a promis.» A l’approche de la conférence dite d’examen de la mal nommée Conférence mondiale contre le racisme de Durban, qui doit se tenir à Genève, le colonel Kadhafi a donné un avant-goût de ce que promet cette réunion controversée, dont le comité préparatoire est précisément présidé par la Libye, avec l’Iran parmi les vice-présidents.

Dans un discours prononcé le 12 mars à Nouakchott en Mauritanie, à l’occasion de la commémoration de la naissance du prophète Mahomet, le guide libyen a pris des accents prophétiques non pas pour évoquer les droits de l’homme, mais «l’universalité de la religion musulmane». Et de prédire que «l’islam régnera sur la planète, comme Allah l’a promis, les religions qui l’ont précédé ayant expiré, selon la version du prophète Mahomet, dernier messager de Dieu». Fort de cette certitude, Muammar al-Kadhafi a lancé un appel à l’humanité tout entière à rendre justice au prophète Mahomet en reconnaissant sa religion comme la finalité de celles révélées par ses prédécesseurs que sont Moïse et Jésus.

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Vous avez dit grève.....?

par Habdaphai

Personne évidemment. Hormis une partie de la jeunesse toujours prête à profiter d’un jour de cours en moins( on a été ainsi !),hormis les rebelles profonds, qui dans leur révolte perpétuelle voient une opportunité de se faire entendre et de se rapprocher de la population, quand elle exprime un désaccord et un mécontentement. Personne donc, ne peut trouver de la satisfaction à vivre dans une atmosphère faîte de contraintes, de restrictions, d’incertitude, et par conséquence de perte de ses libertés.

Mais, et c’est bien le problème qui se pose pour la Martinique :est-il possible de se faire entendre par rapport aux décideurs (état, détenteurs de l’économie et de la société actuelle ici) ,autrement que par une action forte, lourde, paralysante, afin d’être enfin entendu et trouver des solutions ?

Le rassemblement du 5 février est l’expression d’une population pour laquelle les difficultés quotidiennes sont devenues insupportables, pour tous les martiniquais éprouvés récemment. Prendre en compte les évènements (par ordre chronologique, et non d’importance) de ces deux dernières années n’est pas négligeable .

 

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Réforme de l’hôpital : les médecins font bloc

Santé . A Paris, les professeurs s’unissent contre la loi qui les écarte de la gouvernance des établissements.

 par Eric Favereau

Ce fut un moment peu banal. Mercredi soir, dans un amphi de la fac de médecine à Paris, une bonne partie des grands noms de la médecine hospitalière parisienne se sont retrouvés pour dénoncer la nouvelle loi sur l’hôpital, en particulier le volet sur la gouvernance. Il y avait là l’élégant professeur Olivier Lyon-Caen, neurologue à la Pitié, Loïc Capron ou André Grimaldi, le très habile Pierre Coriat, voire le militant Jean-Claude Rougeon, bien d’autres encore. Plus de 200 médecins au total.

Leur malaise est, en tout cas, inédit. Et massif devant cette réforme qui donne «tout pouvoir au directeur». Tous se retrouvent pour défendre le maintien du service «comme lieu central de l’hôpital». Mais pour le reste ? L’organisateur en chef, Bernard Granger, psychiatre à Cochin, tient des propos brutaux : «Nous ne sommes plus à l’époque de la négociation, mais de la confrontation. C’est un système dictatorial.» Le professeur Lyon-Caen tente de prendre de la hauteur : «Ce mouvement de contestation ne peut que se concevoir s’il reste centré sur l’hôpital. Il faut que tout le personnel de l’hôpital s’y retrouve, et il faut éviter de mettre en scène notre propre corporatisme.» Juste avant, un représentant du syndicat des chefs de clinique avait montré l’hétérogénéité du mouvement, en insistant sur l’importance du secteur 2 (1) pour les futurs spécialistes. Le professeur André Grimaldi, qui fut à l’origine de nombreuses pétitions, recentre alors l’AG. «Il faut se préparer à un rapport de forces difficile.» Puis : «Nous devons choisir nos mots… Le pouvoir du directeur est légitime, le nôtre aussi. On ne va pas passer de l’époque du mandarin à celui du PDG, voilà ce qu’il nous faut combattre. Pour cela, il faut que l’on soit capable de manifester, médecins et non-médecins.»

Le professeur Pierre Coriat - personnage clé, car il préside la Commission médicale de toute l’Assistance publique de Paris - hésite. Au début, il avait soutenu la loi, mais il a eu le sentiment de s’être fait gruger. Là, il se montre virulent : «Nous sommes opposés à la nouvelle gouvernance.» D’autres veulent aller plus loin. Evoquent une démission tous les «chefs de pôle». Une manifestation ? «Attention à ne pas se retrouver à quelques centaines…» Un autre, encore : «La seule chose qu’il faut faire, c’est une journée de grève totale. Le reste est incompréhensible.» S’en suit une longue discussion sur les actions à venir.

(1) Le secteur conventionné à honoraires libres.

Libé du 27/03/09

 

La Ligue arabe dénonce une "occupation française" de Mayotte

Les dirigeants de la Ligue arabe proclament leur "rejet de l'occupation française" après le référendum à Mayotte et appellent la France à garantir le retour de Mayotte sous la souveraineté des Comores.

Les représentants de la Ligue arabe (Reuters)
 

Les représentants de la Ligue arabe (Reuters) Après le référendum de dimanche à Mayotte, qui fait de cette île de l'océan indien un département français, les dirigeants des 22 membres de la Ligue arabe, dont les îles Comores, ont rejeté "l'occupation française" de Mayotte, selon leur document final rendu public mardi 31 mars.

"Poursuivre le dialogue"

Les dirigeants arabes proclament leur "rejet de l'occupation française et demandent à la France de poursuivre le dialogue avec le gouvernement comorien pour parvenir à un règlement qui garantit le retour de l'île Mayotte sous la souveraineté des Comores".
Cette position est exprimée dans le texte des résolutions finales adoptées par le 21e sommet arabe tenu lundi à Doha.

NOUVELOBS.COM | 31.03.2009 | 13:21

 

Mayotte sera le 101e département français

Dans un bureau de vote à Sada à Mayotte, ce dimanche. (AFP)

Le «oui» à la départementalisation de Mayotte l'emporterait avec 95,5% des suffrages, selon les résultats partiels du référendum de ce dimanche, portant sur 25 des 133 bureaux de vote de l'île.

Ils ont dit «oui». Les habitants de Mayotte ont voté ce dimanche pour décider si leur île, qui jusqu'ici est une collectivité départementale, devait devenir un département français. Selon les résultats partiels du référendum de dimanche, portant sur 25 des 133 bureaux de vote de l'île, communiqués par la préfecture de Mayotte, le «oui» à la départementalisation de Mayotte l'emporterait avec 95,5% des suffrages. Un référendum gagnant qui devrait arrimer un peu plus à la France ce territoire à 95% musulman, au grand dam de ses voisins de l'archipel comorien.

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Les futurs sans-papiers de Mayotte

Dans son bureau du tribunal de Mtsapere, une maison située au cœur du quartier populaire de Kavani sur les hauteurs de Mamoudzou, Ali Ben Younoussa, l'un des 22 cadis de l'archipel de Mayotte, tente, ce matin-là, d'apaiser un différend bruyant entre deux voisines agitées. Cette fonction de médiation sociale, dévolue aux juges musulmans, paraît convenir à ce personnage avenant, tout en rondeur, au propos rassurant. Nommé par le préfet, mais payé par le conseil général, le cadi du secteur le plus peuplé de l'île, secrétaire général adjoint du Parti radical de Jean-Louis Borloo, ouvre sans nostalgie les anciens registres de l'état civil pour les Mahorais, calligraphiés en français et en arabe.

Depuis l'an 2000, les cadis ont perdu tout pouvoir et toute responsabilité sur les actes d'état civil et notariés de la population mahoraise en majorité musulmane. Un vestige de la colonisation, concédé dès 1850 par le protectorat et confirmé en 1939 pour les seuls "indigènes". Ils n'en détiennent pas moins des pièces essentielles de toute une histoire, que l'Etat s'est décidé à intégrer dans le patrimoine commun lors d'une vaste régularisation administrative de plus de 100 000 Mahorais. 

 

La révision en cours de l'état civil est une opération hautement symbolique de la transition du droit local fondé sur les préceptes de la religion musulmane vers le droit commun. "Tant qu'on n'était pas un département, la citoyenneté et l'identité ne peuvent qu'être approximatives. En intégrant le droit national, on devient un citoyen à part entière", assure Ibrahim Aboubacar, conseiller général (PS).

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Les Comores sont entrées comme Etat membre des Nations Unies en 1975. La population de Mayotte, qui a vote démocratiquement et en majorité contre l'indépendance en 1975, n'a depuis jamais accepte le principe de la conservation de l'intégrité territoriale des anciennes colonies suite a l'indépendance. C'est pourquoi la France a soutenu l'ile et sa population dans son désir de souveraineté et dans ses besoins, depuis cette date. La population, et le gouvernement de Mayotte ont fait fi des résolutions de l'Assemblée Générale des Nations Unies depuis 1975. La présence Française, incluant en particulier, la présence militaire Française a Mayotte, est maintenue depuis plus de trente ans a la requête expresse du gouvernement de l'ile.
 
[1] Avant de mettre mes propos en exergue, je tiens a vous rappeler quelques références historiques importantes:
 
Il existe certaines sources, non vérifiées, et d'ailleurs contradictoires, qui indiquent que la France ait été impliquée dans le (voire même ait été le commanditaire du) coup d'état contre le Président Ahmed Abdallah, suite a la déclaration de l'indépendance des Comores le 6 Juillet 1975. La vérité est que c'est Ali Soilih, le 3 Aout 1975, et non pas le mercenaire Bob Denard "sur ordre de Jacques Foccart"  qui a mené le coup d'état aux Comores suite a l'indépendance. Ali Soilih fut assassine le 29 Mai 1978, et Ahmed Abdallah fut, et ceci est par contre vrai, remis au pouvoir avec le soutien des mercenaires diriges par Denard, et la bénédiction (et le soutien logistique quoique indirect) de la France.

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COMMUNIQUÉ LKP A PROPOS DE

L’EXTENSION PAR AMPUTATION DE L’ACCORD BINO


 L’extension de l’Accord BINO amputée de son article V ne nous surprend guère. C’est une décision de complaisance à l’égard du MEDEF alors que la quasi-totalité des grandes entreprises et fédérations adhérentes au MEDEF Guadeloupe ont signé l’Accord BINO « Initial » prévoyant la prise en charge des augmentations de salaires par les employeurs au-delà des aides des collectivités (12 mois) et de l’Etat (36 mois).

L’argument présenté par Mme Alliot-Marie et M Hortefeux laissant entendre que " Personne ne peut préjuger de la situation économique dans trois ans : on ne peut ainsi imposer à l'avance une augmentation salariale importante à la charge de l'ensemble des entreprises sans s'assurer auparavant qu'elles en auront la capacité " est fort légère quand l’on se rappelle la hausse de 20% sans aide de l’Etat du SMIC Guadeloupe décidée au 01 Janvier 1996 pour rattraper le SMIC France ; alors que l’accord BINO prévoit moult avantages et accompagnements en faveur des entreprises.

Aujourd’hui, grâce à la mobilisation et à la négociation, ce sont 50 000 salariés sur 80 000 qui sont couverts par les avancées sociales de l’Accord BINO Initial garantissant le maintien des augmentations de salaires au-delà de 3 ans.

La décision du Gouvernement instaure une disparité salariale et donc une injustice sociale « légale » au détriment des 30 000 travailleurs concernés par l’extension, amputée de l’article V.

L’arrêté gouvernemental légalise donc la perte de 50 euros (aides des collectivités) dès 2010 pour les salariés des entreprises de moins de 100 salariés et la suppression de toutes augmentations de salaires à compter de 2012 (fin des aides de l’Etat).

Cela est inacceptable. Nous appelons l’ensemble des Travailleurs de Guadeloupe à refuser l’injustice, à se syndiquer et à se mobiliser pour exiger une pleine et entière égalité salariale en Guadeloupe.

L’Etat crèe par cette par cette décision discriminatoire les conditions pour la persistance de tensions sociales en péyi Gwadloup.

En outre, nous prenons acte que le Gouvernement ne remet pas en cause le contenu du préambule confirmant ainsi que la situation économique et sociale actuelle existant en Guadeloupe résulte bien de la pérennisation du modèle de l’économie de plantation comme l’avait d’ailleurs reconnu Nicolas SARKOZY lui-même dans son allocution du 19 Février dernier.


Pour les Organisations Syndicales

Pour le LKP

Elie DOMOTA

Pointe-à-Pitre, le 10 Avril 2009

 

Guadeloupe : le gouvernement pourrait amoindrir la portée de l'accord salarial


  L'accord signé après près de six semaines de grève générale en Guadeloupe entre syndicats et patronat, sous l'égide du gouvernement, pourrait être amoindri dans les prochaines semaines. Selon plusieurs sources syndicales citées par l'AFP, le gouvernement, qui garantit une partie de l'augmentation salariale de 200 euros, s'apprêterait à limiter l'extension de cet accord en retirant la clause stipulant que la hausse sera à la charge des employeurs d'ici trois ans.

L'information a filtré après une réunion de la Commission nationale de la négociation collective (CNNC), qui doit être consultée sur cet accord négocié de haute lutte en début d'année. "Nous avons eu confirmation sur le fait qu'il y ait non-extension des points qui nous préoccupaient. C'est essentiel pour nous et vaut indirectement engagement du ministre", a affirmé  Jean-François Veysset de la CGPME.

Le document prévoit, comme l'avait demandé le collectif LKP, une augmentation de 200 euros par mois aux salariés gagnant entre 1 et 1,4 smic. Cette hausse se divise en une augmentation immédiate de 50 euros, une aide de l'Etat (100 euros pendant trente-six mois) et des collectivités locales (50 euros pendant douze mois). Au moment de sa signature, la portée de l'accord se limitait aux organisations patronales signataires (minoritaires) et aux entreprises acceptant de le signer. Il a été rejeté par une coalition patronale du Medef et de la FNSEA.

DOMOTA PROMET "DES GRÈVES DANS TOUTES LES ENTREPRISES"

Or, les 150 euros assurés par l'Etat et les collectivités devaient être pris en charge par les entreprises d'ici trois ans, si l'accord était intégralement étendu, comme le demande le LKP. La nouvelle mouture de l'accord, qui doit être arbitré dans les prochains jours par le ministre du travail, Brice Hortefeux, serait dont amputée de l'article 5, qui oblige les employeurs à assurer les 200 euros d'augmentation de salaire au bout de trois ans.

"Il reste quand même les dispositions qui s'appliquent immédiatement, mais pas celles qui préjugent des futures négociations de branche ou d'entreprise, ni de ce que sera le dispositif d'aide dans trois ans", constate Marie-Pierre Iturrioz (CGT). "L'accord est vidé de sa substance", regrette pour sa part Marie-Alice Medeuf-Andrieu de FO. le porte-parole du LKP, Elie Domota, a réagi en promettant "des grèves dans toutes les entreprises" en cas d'accord modifié.

"L'Etat, sous les ordres du Medef, a fait le choix d'installer durablement des troubles sociaux en Guadeloupe, a-t-il encore déclaré. Nous ne pourrons pas admettre que les salariés perdent 50 euros dans un an et 200 euros dans trois ans (...) Autrement, ce serait accepter une Guadeloupe a deux vitesses". 

 

LEMONDE.FR avec AFP | 03.04.09 |

 

La crise dans les Dom : d'abord une crise de la relation

par Pierre Pastel

Sociologue ( martiniquais)

  On peut comparer la vague de protestation qu’ont connu, dans le premier trimestre de 2009, les départements français de la Caraïbe (la Martinique et la Guadeloupe) à un cyclone qui, en un rien de temps, met tout à nu et nous oblige tous à la réflexion et à la réaction. Ici, c’est l’ensemble de la conscience collective française qui reçoit en pleine face la poussée du vent… de la contestation. Nous savons que, face à ce type de tourmente climatique, nul ne peut prétendre ne pas être affecté par ce qui se passe. De manière tout azimut, tous, et surtout les « spécialistes », de quelque niche qu’ils se réclament ou s’auto-proclament, cherchent, non sans une certaine frénésie, l’explication, la solution.

Le déni séculaire

Là où est contestée une pratique séculaire de la « profitation/exploitation », de la discrimination à l’embauche, là où est pointé du doigt un chômage endémique, un mal développement économique systémique, là où est fustigé un mode, presque congénital, de partage inégal des richesses, on veut encore y voir une crise économique et financière conjoncturelle.

Là où des milliers de consciences individuelles se lèvent comme un seul homme pour dire de concert, haut et fort, à elles-mêmes et à l’adresse de la Nation française si ce n’est à l’adresse du monde tout court, STOP à la falsification de notre dignité humaine, NON au déni de notre état d’égal citoyen, on veut encore y voir des hommes et des femmes qui se cherchent, des non-matures en crise d’identité.

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La filière économique
à nouveau sur la sellette

 

par Aude Sérès

Les propos de Nicolas Sarkozy à l'encontre de cette série déclenchent la colère des professeurs d'économie.

  C'est l'un des chantiers de la réforme du lycée : revaloriser la filière économique. Richard Descoings, directeur de Sciences Po, le sait bien, qui mène tambour battant dans les lycées la consultation sur cette réforme que lui a confiée Nicolas Sarkozy en janvier dernier. La semaine dernière à Reims, il se rend cette semaine à Créteil et à Bobigny pour dialoguer avec les lycéens.

Les propos la semaine dernière de Nicolas Sarkozy ont remis le sujet à deux reprises sur le devant de la scène. En marge d'un déplacement à Châteauroux, fin janvier, le président de la République aurait lancé : «Mettez vos enfants dans la filière économique ES, et vous verrez, ils ne pourront pas se permettre de se présenter dans les meilleures écoles économiques. Qu'est-ce que cela veut dire ? On dit à ton gosse, fais la filière économique, tu pourras faire de l'économie et à l'arrivée il ne peut pas se présenter aux concours des grandes écoles. Ce n'est pas admissible», a poursuivi Nicolas Sarkozy. Et d'insister : «Je ne peux plus accepter qu'au lycée, on aille dans la filière prestigieuse S pour des mauvaises raisons.»

Quelques jours plus tard, c'est très publiquement lors de son intervention télévisée que Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il voulait mettre fin à la «tyrannie» de la section S, «où on va pour de très mauvaises raisons». Et a une nouvelle fois évoqué la section ES, qui ne permet pas selon lui «d'accéder aux grandes écoles de commerce».

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Comment l'alcool à l'écran incite à boire

 par Anne Jouan


Un article publié mercredi dans la revue britannique Alcohol and Alcoholism révèle que voir des boissons consommées, dans des films (ici Pierce Brosnan dans «Meurs un autre jour») ou des publicités, majore les consommations des spectateurs. Crédits photo : Rue des Archives/BCA

Est-ce que le fait de voir à l'écran des acteurs en train de se verser des verres de whisky ou de «descendre» des bouteilles de bière accroît le désir de boire ?Des chercheurs hollandais et canadiens ont étudié le comportement de jeunes face à des films et à des publicités mettant en scène des boissons alcoolisées.

On savait déjà que les films où les héros fument cigarette sur cigarette incitent les jeunes à fumer à leur tour. Est-ce que le fait de voir à l'écran des acteurs en train de se verser des verres de whisky ou de «descendre» des bouteilles de bière accroît le désir de boire ? Oui, répond une étude publiée mercredi dans la revue britannique Alcohol and Alcoholism. Selon cette enquête, les boissons alcoolisées consommées dans les films ou les publicités majorent les consommations. Dans le projet de loi hôpital, patients, santé, territoire, actuellement débattu à l'Assemblée nationale, la ministre de la Santé propose d'interdire toute vente d'alcool aux mineurs.

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Un site qui fait les devoirs
à la place des élèves

 par Charlotte Menegaux


 

faismesdevoirs.com A partir de demain, le site internet Faismesdevoirs.com propose aux élèves de faire leur boulot à partir de 5 euros. Un «bon coup de pub» pour son fondateur. Un «scandale» rétorquent les syndicats de parents d'élèves.

«Tu n'y arrives pas? Nous sommes là». C'est le slogan un brin provocateur du nouveau site qui crée la polémique : après Note2be, qui incitait les élèves à noter leur professeur, Faismesdevoirs.com vient perturber la Toile. Comme son nom l'indique, ce site Internet, qui ouvre le jeudi 5 mars, a été conçu pour que les élèves de la sixième à la terminale fassent faire leurs devoirs, moyennant rétribution. 5 € le problème de maths, 10 € le plan détaillé de dissertation d'histoire, et jusqu'à 80 € l'exposé complexe comprenant une dizaine de pages.

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La photographie,
matière à «Controverses»


LA MORT EN DIRECT - Le visage digne, poignant, presque de marbre, de la si jeune Omayra Sánchez reste le symbole du drame d'Armero (Colombie) en 1985 où l'éruption du volcan Nevado del Ruiz provoqua une coulée de boue qui tua 24 000 personnes. L'enfant, blessée à la hanche par des barres de métal et les jambes coincées, est morte en direct le 16 novembre, après deux jours et trois nuits de calvaire, horrible suspense suivi par les télévisions et les journaux du monde entier. Frank Fournier fit son portrait entre la vie et la mort qui lui valut le World Press Photo 1986, l'opprobre et un océan de doutes. Que faire face au drame ? Témoigner ou non ? (Frank Fournier/Contact Press Images/Actes Sud/Musée de l'Elysée)  LA MORT EN DIRECT - Le visage digne, poignant, presque de marbre, de la si jeune Omayra Sánchez reste le symbole du drame d'Armero (Colombie) en 1985 où l'éruption du volcan Nevado del Ruiz provoqua une coulée de boue qui tua 24 000 personnes. L'enfant, blessée à la hanche par des barres de métal et les jambes coincées, est morte en direct le 16 novembre, après deux jours et trois nuits de calvaire, horrible suspense suivi par les télévisions et les journaux du monde entier. Frank Fournier fit son portrait entre la vie et la mort qui lui valut le World Press Photo 1986, l'opprobre et un océan de doutes. Que faire face au drame ? Témoigner ou non ? (Frank Fournier/Contact Press Images/Actes Sud/Musée de l'Elysée)

Avec «Controverses, photographies à histoires», la BNF invite à réfléchir en 75 clichés sur le pouvoir et les aléas de l'image.

La réalité ou sa représentation, quel est le plus terrible à soutenir du regard ? Peut-on tout montrer, l'homme et ses fantasmes les plus crus, la violence et ses injustices les plus obscènes, l'innocence et sa vulnérabilité la plus extrême, devant un objectif par définition distant, et donc jugé froid, voire complice ? La photographie dit-elle toute la vérité, rien que la vérité ? Ce médium, somme toute encore jeune, est-il une bonne source historique ou le meilleur support de la propagande insidieuse ? «Controverses» en vue !

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Aedes Dix-neuf morts et près de 34 000 personnes affectées depuis le début de l'année : le bilan des victimes de la dengue ne cesse d'augmenter en Bolivie. "Cette épidémie est l'une des plus graves qu'ait jamais connues le pays", estime Eddy Martinez, directeur de l'unité d'épidémiologie du ministère bolivien de la santé.
Eradiquée de Bolivie dans les années 1940, cette maladie transmise à l'homme par des piqûres de moustiques Aedes est réapparue dans les années 1980. "Depuis, elle a toujours été présente en zone tropicale mais le nombre de cas recensés n'avait jamais dépassé les 8 000", précise le médecin tropicaliste. Depuis janvier, quatre fois plus de personnes ont contracté la dengue "classique", qui provoque de fortes fièvres, et 90 cas de dengue "hémorragique", qui peut être mortelle, ont été détectés. 

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Israël-Palestine : l’urgence d’un new deal

Appel (*).

  Après Gaza : comment rompre l’engrenage et relancer la négociation ?

Les drames qui se sont abattus sur Gaza ne peuvent être considérés comme un simple épisode d’une guerre sans fin, annonçant fatalement la dévastation suivante. L’exigence d’en poursuivre les responsables est nécessaire, de même que l’action diplomatique pour mettre un terme aux « tas de gravats et de cadavres » qui s’y sont accumulés. Mais une priorité s’impose : le retour au politique, par la négociation entre partenaires antagoniques.

Car il n’existe aucune solution militaire à ces affrontements où le voisin est montré du doigt comme agresseur permanent d’un État qui serait ainsi acculé à la « légitime défense », quand c’est la logique coloniale agressive, de dépossession, d’exil, de ghettoïsation et de répression brutale, qui en rend compte. En aucun cas, l’escalade de la violence n’assurera la sécurité et le droit à la vie ni des Israéliens ni des Palestiniens, voués à cohabiter, à vivre ensemble ; tout au contraire, elle ne cessera d’approfondir entre eux le fossé, plus dangereusement encore.

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Dieudonné condamné à payer 75 000$ à Patrick Bruel

 par Christiane Desjardins
La Presse

  Pour avoir tenu des propos injurieux contre Patrick Bruel en le traitant de «menteur» et de «militaire israélien» lors d'une émission des Francs-tireurs, à Télé-Québec, l'humoriste Dieudonné est condamné à payer 75 000 $ au chanteur-acteur.

Dieudonné n'a jamais répliqué à cette poursuite en diffamation intentée au Québec en 2007, et il n'a jamais mandaté d'avocat pour le représenter. Il a été condamné par défaut cette semaine par Me Danièle Besner, greffière spéciale de la Cour supérieure à Montréal. La requête visait essentiellement à obtenir des dommages moraux et exemplaires. Elle avait été déposée par Patrick Bruel Benguigui (de son nom véritable), contre Dieudonné M'Bala M'Bala (de son vrai nom aussi), et se chiffrait au départ à 175 000$. M. Bruel soulignait le «caractère répétitif» des agissements de Dieudonné ainsi que sa «mauvaise foi».

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La grève générale en Guadeloupe,

Une brève lecture sociologique

Troisième partie

 par Louis Auguste Joint , Sociologue
 

  Depuis le 20 janvier 2009, une grève générale, animée par le collectif « Lit Kont Pwofitasyon » (LKP) composé de 49 organisations, paralyse l’ensemble des activités socioéconomiques, culturelles et politiques de la Guadeloupe. Dans la première et la deuxième parties de cette « brève lecture sociologique de la grève générale en Guadeloupe », j’ai déjà partagé avec vous certaines de mes observations et réflexions sur le déroulement de la grève. Je précise que mon propos n’est pas une lecture détaillée des différents événements qui se défilent à travers ce vaste mouvement populaire, lequel met en branle toute la société guadeloupéenne. Je propose seulement de donner un résumé de l’ensemble des événements, en relevant les faits les plus marquants à mes yeux et mes oreilles. C’est le témoignage d’un observateur qui vit de près les événements et qui les regarde avec un œil critique. La deuxième partie de notre lecture des faits s’arrêtait au 17 février. Dans cette troisième partie, je partage avec vous mes observations et réflexions sur le déroulement de la grève du 17 au 28 février 2009.

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Vers un changement des mentalités, une révolution culturelle ?

par George Huyghes des Etages, psychologue  

 Grève générale pour des revendications complètement justes et légitimes....
Mais dans cette crise qui agite la Martinique,  où sont les marcheurs en dehors des manifestants, les cyclistes? Pas sur les routes en tout cas, alors qu'en temps "normal" beaucoup d'associations organisent des randonnées pédestres,  beaucoup de martiniquais font partie de clubs et possèdent VTT et tout l'attirail adéquat, souvent dernier cri : maillot, chaussures spéciales,  lunettes, casque, etc.... Mais non, on préfère s'agglutiner quotidiennement devant les stations-service pour se procurer 3O euros d'essence (et parfois moins). On ne nous fera pas croire qu'il n'y a pas d'autres alternatives que de faire le pied de grue devant ces stations depuis 4 ou 5 h du matin et pendant 3 à 5 h d'attente. Beaucoup de voitures qui circulent n'ont à leur bord qu'une seule personne :le conducteur . Quid du co-voiturage ? Certes, des initiatives solidaires existent mais encore trop insuffisantes
 
Ceci augure bien mal de l'avenir. Car si le collectif du  5 février obtenait que les salaires et les aides sociales augmentent (à la limite même sans baisser les prix des produits et des services...) cette augmentation risque de ne servir qu'à consommer davantage et donc à continuer à gonfler les poches  des mêmes dont on se plaint qu'ils exploitent et exercent une "profitasyon".

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Et la morale de l’histoire 

 

par François Cuvillier

  Les puissants qui demandent le calme pour négocier donnent finalement raison aux adeptes de la violence, puisqu’on ne réagit vraiment qu’après des évènements criminels. Malheureusement, chacun s’est conduit en confirmant les préjugés de l’adversaire. Parmi les responsables du conflit, combien se targuent de prier le Seigneur, ou s’inscrivent dans une laïcité héritière des valeurs chrétiennes, pour bafouer impunément ces principes par la vanité égoïste, le mensonge cupide ? L’église est-elle une usine à pardonner le péché (du) capital, un pressing dominical pour l’ordure hebdomadaire ? On ne déplore pas la bassesse humaine pour en justifier la perpétuation, et l’on croirait par moments régresser à l’époque barbare de la vengeance quand on érige en principe de justice la loi du talion afin de légitimer les abus des uns par la scélératesse des autres. Cette perversion ne facilite pas la résolution du conflit, mais en révèle une cause profonde : notre incurie éthique, plus longue à soigner que la plus longue des grèves, plus difficile à isoler qu’une caste d’ennemis, plus entremêlée qu’un lyannaj.

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Des solutions pour payer les augmentations des bas salaires


par André Marie-Rose

 La certitude à ce jour, c’est que de nombreux produits vont baisser de 20 % en Martinique. Dès lors, le sur-salaire de 40 % des fonctionnaires n’est plus justifié. Ne s’appelle-t-il pas « prime de vie chère » ? Ainsi, si la vie chère diminue, il doit baisser à due concurrence. D’autant qu’il participe activement à la constitution des prix compte tenu qu’il les tire vers le haut. Ainsi, d’une pierre deux coups. En répartissant le sur-salaire des fonctionnaires sur les bas salaires (voilà un geste solidaire !), on rend justice à la baisse des prix et on évite qu’ils ne remontent. Pourquoi les membres du collectif ne le proposent-t-ils pas ? parce qu’ils sont tous fonctionnaires ? Je n’ose y croire. Par ailleurs, la demande d’égalité avec la métropole est tout à fait justifiée. Il y a donc lieu de supprimer aux Antilles la 4éme année « gratuite » des fonctionnaires pour le calcul de leur retraite (je travaille 30 ans et la sécurité sociale m’en paie 40). De la même manière, toujours au nom de l’égalité mais aussi de la dignité, il faut supprimer l’abattement de 30% sur le montant imposable dont bénéficie chaque contribuable aux Antilles. Il entraîne que ¾ des résidents aux Antilles ne participent pas au financement de la nation. D’autant que le taux de recouvrement est inférieur à 60%. On se rapproche donc plutôt de 15% de contribuables aux Antilles qui apportent leur participation aux dépenses communes de la République. On peut aussi supprimer le désuet et injustifié congé bonifié de tous les fonctionnaires originaires des Antilles qui travaillent en métropole (Etat, collectivités territoriales et hôpitaux, de l'ordre de la centaine de milliers) ainsi que celui des fonctionnaires métropolitains aux Antilles qui y ont droit (uniquement Etat, de l'ordre de la centaine). Beaucoup de solutions existent donc. Elles nous obligent à la solidarité et à l'égalité avec la métropole (qui doit jouer dans les 2 sens). C'est le juste prix à payer pour une vraie dignité.  

André Marie-Rose Schoelcher

 

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«C’était comme retenu, ça nous a sauté à la figure»

  Elie Domota, porte-parole du LKP (1), s’en amuserait presque. Nous sommes samedi soir, c’est-à-dire dimanche matin à Paris. «Vous savez, lâche-t-il, on est un peu susceptible.» Dans une pièce voisine du port autonome de Pointe-à-Pitre où s’achèvent les négociations, le préfet vient de tenir une conférence de presse, où il a déclaré avec solennité : «L’essentiel est maintenant acquis. La revendication des 200 euros, portée par le LKP, a été signée. Ce soir, les médiateurs ont fini leur travail. Au nom de l’Etat, le retour à la vie normale s’impose. Rien ne justifie la poursuite du conflit.» «Ah bon ! C’est qu’a dit le préfet… Il décide à notre place maintenant» , ironise Elie Domota, en reconnaissant peu après que le LKP devrait appeler à «la suspension du mouvement».

Elie Domota peut en tout cas sourire. Il vient de mener avec succès un mouvement de grève inédit, de près de six semaines, qui a profondément secoué cette île des Antilles d’à peine 450 000 habitants. L’homme est atypique. Il n’a rien de spectaculaire, et pourtant, il impressionne. «Il y a deux mois, très peu de personnes le connaissaient en Guadeloupe», note Michel Rodriguez, patron de la chaîne de télévision locale Canal 10, qui aura eu un rôle décisif dans ce conflit. «Maintenant, c’est simple, si je veux faire de l’audience, j’invite Domota.»

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La Guadeloupe est-elle assez entrée dans l’Histoire ?
par Frantz Succab journaliste guadeloupéen indépendant et auteur de théâtre.
 

  Nicolas Sarkozy dit comprendre le mal guadeloupéen : «les handicaps structurels que sont l’insularité, l’éloignement de la métropole et l’étroitesse du marché». Tout est dit. Pourquoi la Guadeloupe a-t-elle eu cette mauvaise idée de ne pas être un continent ? Et pourquoi la Guyane française est-elle une sorte d’îlot politique dans le continent américain ? Les DOM ne sont pas plus insulaires que de nombreux Etats dans le monde. S’ils sont «ultrapériphériques», c’est parce que la France est le centre imposé par leur statut politique. A force de nier l’histoire et la géographie, un jour elles se vengent.
C’est une négation très ancienne, contenue dans un discours d’Etat où le colonial fut posé comme prolongement du national et condition de sa puissance : coloniser signifiant «rendre français». Ainsi, commence une funeste méprise : en devenant citoyen français, l’indigène deviendra l’Homme tel qu’il doit être. Cette idée traverse sans partage la Guadeloupe jusqu’à la départementalisation de 1946 et la décennie d’après. La République française a l’exclusivité pour plus de liberté, d’égalité et de fraternité.

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Quelques observations à propos de l'article de M. Henry Petitjean Roget :
"Une approche anthropologique du contexte de la révolte
"

par Huguette Emmanuel Bellemare,
martiniquaise, sociologue de formation,
enseignante du second degré

  Dans Madinin’Art du 19-2, Mr Henry Petitjean Roget nous propose « Une approche anthropologique du contexte de la révolte » sous-entendu en Guadeloupe.

Cet intitulé semble promettre une analyse scientifique, de même que la bibliographie et les titres universitaires déployés à la fin de l’article. Qu’en est-il exactement ?

Examinons d’abord les efforts de l’auteur pour constituer la société guadeloupéenne en un objet d’étude anthropologique.

Il commence par énoncer péremptoirement une particularité, selon lui, de cette société : « les mots qu’utilisent ses membres ne disent pas ce qu’ils veulent exprimer. L’exprimé se situe presque à chaque fois dans le registre du non-dit. »

Curieusement pourtant, il prend les exemples de sa démonstration chez les Martiniquais ! En effet, dit-il, ceux-ci ne désignent le serpent que par les expressions : « la bête longue » ou « la cravate », ce qui est la marque,  «  somme toute » (!) d’ « une société précapitaliste ou traditionnelle qui a conservé des relations étroites avec son environnement naturel » ! Hum ! Est-ce que l’on ne frôle pas les qualifications de prélogiques, voire d’humanités encore engluées dans l’animalité ?! L’auteur s’en défendrait énergiquement ! Soit, mais contrairement à ce qu’il semble croire, les Antillais n’ont inventé ni la métaphore, ni la périphrase euphémique. Les Romains ne disaient pas : «  il est mort », mais : «  il a vécu » et pour le cas où Mr Henry Petitjean Roget estimerait « que ceux-ci avaient gardé des relations étroites avec leur, etc.… ». Remarquons qu’aujourd’hui les Français disent dans la même situation : « il est parti », leurs journalistes ajoutant parfois : « des suites d’une longue et douloureuse maladie », et tout le monde comprend de quoi il s’agit !

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Alain Huygues Despointes (image extraite du documentaire) - Canal+

On vous parlait récemment des remous provoqués par la diffusion sur Canal+ des Derniers Maîtres de la Martinique, un reportage sur le pouvoir des Békés sur l'île. Le préfet avait notamment dû déménager fissa de la demeure qu'il occupait, propriété d'un riche entrepreneur local, un certain Alain Huygues-Despointes. Celui-là même qui, face caméra, se fendait de propos racistes. Il disait particulièrement regretter le métissage, évoquait le « côté positif » de l'esclavage et expliquait son souci de « préserver la race ».
L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais la justice en a décidé autrement. Le 10 février, le parquet de Fort-de-France a ouvert une information judiciaire pour « apologie de crime contre l'humanité et incitation à la haine raciale ». Dernier rebondissement le lundi 2 mars, quand le juge d'instruction Bruno Lavielle, venu spécialement de Martinique, a procédé à une perquisition à Boulogne-Billancourt, dans les bureaux de TAC, la société qui a produit l'enquête de Romain Boltzinger

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Derrière mon caddie, mon 4X4 et mes... Ray Ban

  Ciel  bleu clair avec nuages et pluies intermittentes;  le paysage martiniquais passe comme d’habitude par toutes les nuances  du polychrome de ses dérèglements avec, et c'est l’actualité de ces derniers jours qui nous le révèle, des poussées de tension et des accès de fièvre que tout un chacun devrait confesser n’avoir honnêtement pressenti en fait…que dans la plus stricte intimité de son alcôve intérieure.

Pierres et gazs lacrymogènes en bonus;  et pourtant que de signes auraient dû nous alerter : notre « consumérisme compulsif » outrancier datant de bien avant que la liberté des prix (1987) ne soit une règle à laquelle nous nous sommes empressés de souscrire et que nous avons sciemment appliquée ; l’affadissement de notre réactivité aux menaces sur nos consciences et notre civisme et notre sens des responsabilités ; la persistance de l’ancrage de l’essence même de notre devenir autour de schémas de pensée que nous avons refusé de passer au tamis de l’expertise et de la critique constructive.

 Quelle surprise alors que cette foule bigarrée, joyeuse, revendicative dans les rues de ma Ville en ce début de février ; chantant les couleurs de la victoire, dénonçant (tous) les profiteurs du système, affirmant sa volonté reconduite chaque jour de ne pas « mollir an may ». Quel bonheur de voir tous ces jeunes, et vieux et déçus et aigris et pleins d’espoir et pleins de rêves,  croire encore, dans le soleil de manifestations ondoyantes, à de grands soirs et  à des lendemains qui chantent…

Notre Martinique s’est alors trouvée contrainte de se regarder dans une série de miroirs qui lui ont renvoyé des d’images où il s’agissait de tout redéfinir : des priorités pratiques au quotidien, des discours idéologiques confrontés à des réalités économiques de terrain, le difficile exercice d'une démocratie à revitaliser, la gestion de pulsions, surtout mauvaises hélas, qui sont remontées de l’abîme de notre inconscient à la vitesse de notre vie moderne.

Et le Balancier a repris son mouvement mécanique que notre histoire connaît si bien puisque nos plaies ont été insuffisamment cautérisées,  nos  douleurs insuffisamment soulagées, la terrible ambigüité de nos phobies insuffisamment prises en compte. Où donc verrait-on une désespérance si bruyamment exposée et avec tant de résolution dans les rues pour une telle indifférence de traitement au plus haut niveau de l'état ? Que dire de cette violence que nous ne  connaissons que trop bien et qui nous jette l’un contre l’autre, casseurs de nos propres quartiers, vandales de nos pauvres matérialités, assassins de nos amours dérisoires ?

Ciel gris et bas d’un futur qui ne recèle pour le moment (et je ne parle que de ma seule et petite perspective) pas beaucoup d'éléments optimistes mais auquel il conviendra de s’atteler puisque le paradis se doit d’être envisagé sur terre, à hauteur humaine, dans une meilleure répartition des richesses économiques (et pour ça, retour aux idéologies ?) et dans un repositionnement de notre fonctionnement où les progrès techniques indéniables de notre « évolution » (assistés d’une réflexion critique permanente indispensable) n’ont pour l’instant que des traductions chiffrées qui n’ aident pas  à se dépêtrer du carcan de l’objet-désir, de l’attraction mortifère du produit imposé-hypnotique,  de  la séduction de l’argent-valeur-fondamentale de nos références.

Obligation de réfléchir donc pour tout mettre à plat. Nous devrions alors pouvoir repartir à la conquête de demain pour redécouvrir la poésie de la vie, le sel des mots et des images, la mélodie de corps allant à la rencontre les uns des autres et ainsi suivre, dans la plus fantasmagoriques des utopies mais à quoi serviraient ces dernières si elles ne tutoyaient pas le rêve, la trace du Vieux :  Je ne suis pas de ceux qui croient qu’une ville ne doit pas s’élever jusqu’à la catastrophe encore un tour de rein de cou d’étage ce sera le déclic du promontoire je ne suis pas de ceux qui luttent contre la propagation du taudis encore une tache de merde ce sera le marais vrai. Vrai la puissance d’une cité n’est pas en raison inverse de la saleté de ses ménagères pour moi  je sais bien le panier où ne roulera jamais plus ma tête. [la forêt vierge] A. Césaire

                                                                                           Marius GOTTIN

 

Entre l'outre-mer et la France, trop de non-dits

par Christiane Taubira

Un immense malentendu. Une équation sommaire : outre-mer, assistanat. Un remède aussi lapidaire : besoin d'amour. Pardon, mais il n'est question ni d'affection ni de compassion, seulement du respect de nos droits et de la fin de la tolérance envers les pratiques hors la loi qui prospèrent dans nos territoires.

L'actualité a révélé qui capte la grande masse des flux financiers déversés par exonération de charges, subventions, avances non remboursées. Désormais, nul n'ignore que la solidarité sociale y est inférieure. Qu'une économie de prédation y accumule d'arrogantes opulences. Et que lorsque l'Etat amorce un acte économique, il se retient aussitôt. Ainsi, les décrets d'application, nécessaires à la loi Paul de décembre 2000 pour rendre effectif le transfert de compétences entre l'Etat et la région sur l'attribution de titres miniers en mer, ne furent publiés ni par la gauche ni par les gouvernements suivants. 

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Lire Le journal

 

Un ancien haut fonctionnaire publie une charge contre la rue de Valois

Longtemps, l’ancien adjoint à la culture et au patrimoine de la Ville de Lyon (2001-2008) Patrice Béghain eut du mal à se départir de la prudente réserve et de l’onctuosité verbale du haut fonctionnaire de la Culture qu’il fut depuis 1981 (1). Propulsé dans l’arène politique, théâtre de petites phrases assassines, de rapports de force et de coups d’éclats médiatiques, il resta mesuré dans ses engagements, subtil dans son expression, légitimiste vis-à-vis de ses chefs – et surtout de son maire, Gérard Collomb, même quand celui-ci faisait peu de cas de lui. Libéré de toute fonction officielle, l'ancien adjoint bine et débine. Il se fait acide et direct. Depuis son petit village du Lot, où il coule une studieuse retraite vouée à la lecture, l’écriture et la botanique, il vient d'écrire une « Lettre au successeur d’André Malraux », à paraître en mars (2) mais déjà en ligne sur son blog. Un sévère réquisitoire contre les « défaillances », la « banqueroute » et le « discrédit » qui frappent le ministère de la Culture depuis quelques années...

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MANIFESTE

pour les “produits” de haute nécessité

Martinique Guadeloupe Guyane Réunion

Ernest BRELEUR

Patrick CHAMOISEAU

Serge DOMI

Gérard DELVER

Edouard GLISSANT

Guillaume PIGEARD DE GURBERT

Olivier PORTECOP

Olivier PULVAR

Jean-Claude WILLIAM

C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion.

Aucune de nos revendications n'est illégitime.

Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte.

Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications.

Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle - à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

MANIFESTE

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Brèves de Martinique 

Le SNES FSU opposé au collectif, n’appelle pas à  la grève.

Le  représentant SNES  de la FSU Martinique au collectif, dont il vient de se faire éjecter, était ce matin l’invité de l’émission Politics de RFO. Il a maladroitement tenté de défendre l’indéfendable : pourquoi la direction du  SNES refuse le blocage des postes pour les non titulaires martiniquais, pourquoi elle refuse l’intégration à part entière de l’enseignement du créole et de la culture dite créole dans les enseignements scolaires obligatoires. A la question « serez vous dans la rue avec le collectif » , il a répondu que le droit de grève n’enlève pas celui de ne pas gréver. Mais Il a dû admettre  qu’il ne représentait pas entièrement la FSU, le SNUIPP FSU étant demeuré dans le collectif.

La représentante du SE UNSA, pour sa part, avait résolument appelé à la poursuite de la grève, sous l’argument que les enseignants sont  partie intégrante du peuple martiniquais toujours  dans la rue pour ses revendications.

« Le SNES écrit un courrier au recteur pour l’informer de son intention de poursuivre l’administration devant le TA ( Tribunal Administratif) dès lors que des décisions seraient prises, à l’encontre des personnels notamment lors de cette commission éducation du collectif qui ne peuvent engager les personnels puisque l’accord, si accord il y a, ne représenterait que des syndicats croupions dans le Second Degré. » ( Extrait d’un document signé du secrétaire du SNES Martinique). Cette division déplorable repose sur la position de fond de l’actuelle direction du SNES FSU qui refuse de reconnaître la réalité du  peuple martiniquais et son droit  à l’autodétermination.  Les réactions de militants se multiplient : non renouvellement de cartes, départs, ou recherche d’une alternative à l’intérieur du syndicat.


 [...]

Toutes ces informations sont ici : http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article230

 

Drôle de carnaval aux Antilles

par Marie-Andrée Ciprut

  En place de brûler «Vaval» cette année, les Antilles ont enflammé barrages et voitures afin de montrer leur mécontentement par une grève générale de plus d’un mois pour protester contre la vie chère.

Mme Jacqueline Marullaz1 affirme que : « soutenir ces départements d’Outre-mer est un effort très coûteux pour l’ensemble des contribuables français ». Imagine-t-elle que les Domiens ne paient point d’impôt ? Ignore-t-elle qu’une partie de leurs « subventions » vont aux fonctionnaires métropolitains et français qui y séjournent à titres divers, dont les traitements sont ajustés au coût de la vie locale à hauteur de 40% ? Sait-elle quelle partie de ces « coûts » garnit les poches des descendants de colons monopolisant l’import-export et le commerce de détail ? A-t-elle une idée les dégâts causés à l’agriculture vivrière, la pêche locale, et les sols antillais par le chlordécone, la monoculture polluante de la canne à sucre et de la banane, au seul profit de la métropole et de ses relais commerciaux insulaires ? Doit-on lui rappeler que les Antilles sont des départements depuis 1946, et que l’effort financier du gouvernement, proportionné aux besoins spécifiques de chacun, devrait obéir aux mêmes règles que pour la Seine, la Corse ou n’importe quel autre des 96 départements français de la Métropole, plus les 4 d’outre-mer ? Pourquoi ne voir dans ces îles que les plages paradisiaques et le ti-punch, en oubliant leur taux de chômage d’environ 25%, leurs salaires plus bas, la vie plus chère (entre fin 2007 et fin 2008, le prix du kilo de riz s'est accru de 25% en Guadeloupe, 42% en Martinique et 30% en Guyane, alors que le SMIC ne s'accroissait que de 3% dans ces trois territoires)2 ?

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Intention, méthode et résultats 

par François Cuvillier

 

 De la vie chère au respect, de la justice à l’émancipation, des revendications au changement de société, le mouvement antillais actuel recouvre des enjeux de plus en plus difficiles à circonscrire. Or, entre les objectifs nobles d’une redéfinition des valeurs et des fonctionnements de notre société, et la procédure mise en œuvre que l’on observe actuellement, on trouve des paradoxes qui méritent notre vigilance. Selon un adage de prudence, l’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions?

 

Méditer L’histoire

Le lexique, les symboles, les références de méthodes politiques, la fantasmagorie de l’héroïsme révolutionnaire qui émaillent les discours actuels évoquent une histoire dont on néglige les ombres pernicieuses.

Dans ce « ils » qui nous ont exploités, trahis, empoisonnés, dans cette marche du peuple qui doit abolir les individus pour n’avoir plus qu’une seule voix, dans ces actions où des gens se sont autoproclamés représentants du peuple, parce qu’ils sont les têtes pensantes, s’octroyant le droit d’engager des actions de force au nom du bien commun, (en consultant au préalable les citoyens, on risquait de perdre du temps ?) ; dans les discours polyphoniques où la sagesse humaniste masque difficilement un ressentiment insurrectionnel, on éprouve des saveurs de déjà vu, de troublantes similitudes.

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Non à la dictature du collectif du 05 février

Le temps perdu

Par Habdaphaï

  Je ne crois pas à l'expression artistique pluridisciplinaire pour défendre des revendications des artistes plasticiens. Car chaque corps de métier artistique a des spécificités et des demandes de réflexions pour chaque pôle de création. Surtout quand des amateurs qui se disent artistes, et le manque d'espaces et de professionnels pour nous seconder tuent les professions d'art, et bien évidemment la culture, et la représentation ici et ailleurs.

L'artiste pour moi est là pour avoir un regard sur toutes les formes de manifestations, et après proposer une image, une œuvre, une analyse pour que les revendications puissent laisser des traces.

Ma place à moi, ce n'est pas de me retrouver avec des gens qui ont les mêmes couleurs politiques, qui récupèrent le mouvement social pour les futures élections, ils se reconnaitront.

Avec le regard et la distance que j'ai de ce mouvement, on trouve qu'il ya des lacunes de connaissances, des amalgames et bien parfois des discours du passés, des parties économiques, et aussi des dossiers traités, je donne comme exemple ce qui concerne l'art : Pas de projet, pas d'idée, pas d’action artistique, en un mot rien....

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TAN-AN VINI

 
Lève-toi, peuple issu du viol codifié de l’Afrique !
Il est temps pour toi de récupérer la terre
ensemencée par la sueur et le sang du Nègre,
par les ossements blanchis de tes ancêtres,
arrosée par les larmes amères versées de leurs yeux.
Cette terre d’exil qui désormais t’appartient du droit inaliénable
du sang répandu comme un engrais précieux,
la légitimité du travail et de ta misère.
Et le feu prend dans la canne et consume la grand-case,
purificateur et rénovateur
et le phénix-liberté renaît de leurs cendres et déploie ses ailes,
le sang coule sur l’autel des loas
et leur force est en toi,
soulevant ta colère au rythme du tam-tam !
Car voici que vient une ère nouvelle pour le peuple de Cham
et l’injustice passée doit être réparée !
L’heure du métis a sonné à l’horloge de l’Histoire
afin qu’à jamais soit effacé des mémoires
le temps honni du joug et de l’esclave.
L’heure de nous-mêmes…
Comme nous a enseigné Aimé Césaire,
lève-toi et marche, debout et fier
pour regarder demain…

 Patrick MATHELIÉ-GUINLET  (26-02-09)

  
En ces temps agités, j'ai peur....

   Pour nos enfants, que nous ne soyons pas à la hauteur...

Nous vivons un moment historique pour l'humanité, le premier combat contre le capitalisme libéral qui a été imposé à tous et que nous ressentons particulièrement dans les provinces ultra-périphériques. Le premier combat dans l'intensité de la lutte(5 semaines pour la Guadeloupe et se ne sont pas les plus fortunés qui font grève...) et le nombre des sympathisants encore en lice...

La France n'a pas connu de tels débordements depuis longtemps.... Des foules immenses tant à Pointe-à-Pitre qu'à Fort De France, qui, sur le plan de la représentation, battent tout record Métropolitain !!! Près de 60 000 personnes dans les rues de toute la Guadeloupe, plus de 30 000 personnes à Fort De France cela correspond à plus de 12 millions de Français dans la rue...

En réponse à tout cela, peu de chose, les journalistes s'intéressent enfin aux DOM plus de 20 jours après le début des troubles, aucune traduction de "Liyannaj Kont pwofitasyon" n'a été proposé aux Métropolitains, comme si le créole n'avait pas droit de cité... Aucun reportage digne de foi, n'a  été diffusé sur les réelles disparités économiques...

Les premiers mots de notre premier ministre, après "quelques jours de manifestation"(plus de 20) ont été sur le coût "ressenti" de la vie chère... Notre président de la république, en oubliant que ces excuses concernant les bienfaits de l'esclavages n'en étaient pas, n'ouvre sa bouche qu'après avoir négocié avec les syndicats métropolitains, en donnant des miettes d'un plan dont il ne sait toujours pas comment il va le financer !!!!
Et notre Ségolène, qui nous a badigeonné de ces racines Antillaises durant la campagne, ne se souvient de nous qu'en même temps que le président, et j'en passe...

En Guadeloupe et en Martinique, comme dans les autres provinces ultra-périphériques françaises, un laboratoire du capitalisme a été mis en place par les différents gouvernements : comment se faire plein d'argent en payant les gens le moins possible et en pratiquant les tarifs les plus prohibitifs.
Pour pimenter le tout, quelques lois de défiscalisations ont été pondues, et boustent l'économie locale, au détriment des gens les plus pauvres et aux richards d'en profiter. A ce propos, combien de membres du gouvernements et ou du parlement bénéficient de cette défiscalisation ?

Autre question d'importance : combien les antilles françaises rapportent à l'état français en taxes diverses et autres.

Je crains que les cartes ne soient tronquées...Et en plus on ne les a pas en main....

De tout cœur, avec vous....!!!!

 
Docteur Benoit Giroud, Martiniquais
  

Manifeste contre le blocage en Guadeloupe : non-dits et réalités.

 

Oui, il s’agit bien d’un blocage généralisé et intentionnel, plus ou moins organisé et non d’une grève générale illimitée comme annoncée. Ce fait établi, nous conduit nous jeunes Salariés, Cadres et Chefs d’Entreprises guadeloupéens d’origines diverses, à émettre ces constats en quelques points.

I - Discours et propagande

Face à des poncifs, à de l’intoxication et autres contrevérités, il semble urgent de rappeler quelques éléments d’ordre économique et sociétal. Les principaux agrégats économiques de notre département restent peu significatifs, voire décourageants : taux de chômage à deux chiffres, taux d’endettement qui croît aussi vite que le taux d’équipement des ménages…

Rappelons également que notre département jouit largement de la générosité européenne à travers les dispositifs de soutien financier, que nos richesses naturelles sont quasiment inexistantes, que notre agriculture est en déclin et que le tourisme est en sursis.

Flatté par un discours revendicatif et quelque peu agressif, notre individualisme exacerbé nous engage à prendre possession de la rue au lieu de prendre possession du pouvoir économique et tenter d’inverser la tendance.

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   Guadeloupe : les pratiques musclées des militants du LKP
Les chefs du collectif «contre la profitation» usent de la manière forte pour rallier à leur cause une population qui redoute le durcissement du conflit.

   L'homme doit avoir à peu près la cinquantaine. Il a les tempes grisonnantes et porte une casquette de base-ball sur la tête. Sans doute enseignant de profession, [sic!]* membre de la FSU [sic!]*, il est l'un des porte-parole du LKP, le collectif «contre la profitation» à l'origine de la grève générale qui paralyse depuis maintenant trente-cinq longs jours la Guadeloupe. La scène se déroule lundi dernier devant l'entrée du port autonome de Pointe-à-Pitre. Depuis plusieurs heures déjà, Élie Domota, le leader charismatique du LKP, lui-même fonctionnaire auprès de l'ANPE, est enfermé dans une petite salle du bâtiment avec le préfet et les représentants du patronat. Les négociations piétinent. Comme depuis un mois. Dehors, les fidèles de Domota s'échauffent au rythme de la chanson créée pour l'occasion : «La Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup sé pa ta yo» («La Guadeloupe, c'est à nous, la Guadeloupe, ce n'est pas à vous»)

*Note de Madinin'Art

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par Jacky Dahomay, professeur de philosophie à la Guadeloupe.

     Ceci semble aujourd’hui une évidence : il est inacceptable que le président de la république ait attendu un mois et qu’il y ait eu un mort, après des semaines de crise sociale grave en Guadeloupe, pour qu’il se prononce à ce sujet et fasse des propositions. En culture créole cela s’appelle du mépwi (quand on feint d’ignorer l’autre ou que l’on ne répond pas à ses attentes). Cela est d’autant plus surprenant que Nicolas Sarkozy affectionne particulièrement une sur-présence dans tous les conflits qui peuvent éclater en France métropolitaine voire dans le monde. Toutefois, utiliser le terme de  « mépris »  a le désavantage d’interpréter une attitude politique en termes d’affection et de brouiller ainsi l’analyse réelle d’un tel comportement.

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Le Manifeste des 9 : l’utopie de l’An 01

par Michel Herland

Professeur à l'UAG

   Peu après les événements de 1968, le dessinateur Gébé a fait paraître une bande dessinée, L’An 01, qui décrivait la société future telle que l’imaginaient les plus radicaux des révolutionnaires de l’époque. L’argent désormais sans valeur, la fin de l’aliénation par la consommation, le travail réduit de ce fait à peu de choses, ce qui libère le temps pour des activités plus nobles : cultiver son esprit, s’exercer aux arts ou, plus simplement, farnienter. L’usine n’a pas disparu mais fonctionne désormais sur la base de l’autogestion, et le peu de temps qu’on lui consacre est placé sous le signe de la convivialité et de la créativité plutôt que de la productivité à tout crin.

Un tel modèle de société est exactement celui préconisé par les neuf intellectuels antillais, auteurs du Manifeste pour les « produits » de haute nécessité. Renonçons à tous nos démons : surconsommation, dépendance économique et financière, travail forcé pour les uns et recherche effrénée du profit pour les autres. Au lieu de cela, instaurons la gratuité, la solidarité, la responsabilité, la créativité, la culture et les beaux-arts. Il s’agit donc d’inventer une « société non économique », dont les principales conditions sont la « décroissance » des besoins et la fin de « l’absurdité coloniale ».

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"Allons enfants de la patrie !"

 par Elodie QUIDAL* et Marlène PARIZE*
 

   UNE CRISE SOCIALE ébranle la Guadeloupe et se répand comme une traînée de poudre en Martinique et bientôt en Guyane et en réunion . Les outre-mer s’enflamment et se mobilisent avec un mot d’ordre partagé, une exigence clamée, « l’augmentation du pouvoir d ‘achat » , le pouvoir de vivre, de se nourrir, de s’éduquer, de se soigner, de se loger, de travailler…

Face à ces exigences et aux désordres qu’ils entraînent le gouvernement représenté par le Secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer Yves JEGO explique lors d’une interview (le 12/02/2009 sur Europe 1) que cette crise est « « une crise de société, de remise en cause du modèle de fonctionnement des Antilles. » Nous voilà face à un Président qui intervenant sur la crise sociale en France (Emission « Face à la crise ») ne dit pas un mot des mouvements qui immobilisent depuis des semaines les Antilles ; et un Ministre qui nous dévoile lors de cette interview du 12 la stratégie du gouvernement : enfermer cette mobilisation sociale dans le contexte créole, et présenter l’Etat comme un pouvoir neutre plein de bonne volonté.

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Que voulons-nous, Guadeloupéens?

par Jacky Dahomay


  Il est clair que la Guadeloupe défie constamment toute tentative d’interprétation théorico-politique et le philosophe politique, surtout quand une trop grande proximité le lie à ce pays, est le plus souvent désorienté. Malgré tout, je me risque à exprimer ici ce que je perçois pour l’instant de ce puissant mouvement social, étant entendu que ces analyses à chaud seront toujours marquées du sceau de la contingence historique.

Disons-le tout net : s’il m’est arrivé dans le passé d’énoncer de vives critiques concernant certains mouvements sociaux (critiques que je trouve pertinentes aujourd’hui encore) je constate maintenant que la contestation sociale n’a pas le même sens ni les mêmes tournures qu’autrefois. D’une part, les dirigeants syndicaux, en évitant de reproduire les mêmes erreurs traditionnelles, font preuve d’une plus grande maîtrise du mouvement social. D’autre part, par son ampleur même, la mobilisation en cours jouit d’une popularité incontestable qui lui donne une certaine légitimité. Quelles que soient donc les erreurs ou insuffisances qu’on peut déceler ça et là, je soutiens globalement la contestation sociale en cours et ceci pour deux raisons fondamentales.

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Guadeloupe, Martinique,
la possibilité des îles

Yves Jégo, le secrétaire d'État chargéde l'Outre-Mer commente la crise qui secoue la Guadeloupe et la Martinique et explique leur importance dans la République française, notamment sur le plan écologique et maritime.

   La crise qui secoue la Guadeloupe depuis le 20 janvier 2009 est trop sérieuse pour que nous en restions aux effets de manche de ceux qui cherchent à l'instrumentaliser à des fins partisanes. Ceux qui, en métropole, tentent de la présenter comme le symbole d'une contestation dirigée contre la politique du gouvernement, méprisent le message des Guadeloupéens et trahissent les attentes de nos compatriotes ultramarins. La vérité, c'est qu'il ne s'agit pas d'un mouvement de protestation sporadique, mais bien d'une triple crise. Une crise économique qui frappe toute la planète et atteint plus vite les économies fragiles, une crise structurelle liée aux dérives ultimes mais encore observables de l'héritage d'une économie « de comptoir » et enfin, et peut-être surtout, une crise existentielle, en tout cas une crise sociétale.

Après plus de vingt-cinq jours de grève générale en Guadeloupe et dix jours en Martinique alors que la tension croît, alors que les risques de violences se multiplient, chacun doit admettre qu'il est temps qu'une vie économique normale reprenne son cours. Mais ne nous méprenons pas : finir la grève, ce n'est pas en finir avec la crise. Notre politique n'est pas d'acheter, comme ce fut tant de fois le cas auparavant, une illusoire paix provisoire. Notre ambition, c'est de mobiliser toutes les énergies pour que la Guadeloupe sorte de l'impasse d'une société bloquée. Et si la société guadeloupéenne est bloquée, c'est d'abord parce que son économie est faussée. La fin de la grève doit ouvrir le temps d'une refondation à la fois économique et sociale.

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Pointe-à-Pitre : «la loi du plus fort»

Selon Bak, militant «radicaliste», ce sont des jeunes qui ont abattu un syndicaliste, mardi soir.

Les uns sont mobiles, organisés et obéissent à des mots d’ordre. Les autres sont masqués, livrés à eux-mêmes, enclavés dans leur quartier et agissent à l’instinct. Tous sont jeunes et ont en commun une même détermination. Il était un peu plus de minuit, dans la nuit de mardi à mercredi, quand des coups de feu ont claqué, cité Henri-IV, dans le quartier Chanzy de Pointe-à-Pitre. Le syndicaliste de la CGTG Jacques Bino rentrait d’un meeting au palais de la Mutualité, QG du LKP, et tentait de franchir un barrage. Il est mort sur le coup. Les secours ont mis deux heures à pouvoir intervenir, alors que la police essuyait d’autres tirs. Selon le procureur, Jean-Michel Prêtre, c’est la troisième balle tirée sur le véhicule qui a été mortelle. Une version officielle mise en doute hier par Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de la CGTG et membre du LKP.

L’émotion a submergé l’archipel et Elie Domota, chef de file du LKP, a lancé un appel au calme sans pour autant relâcher la mobilisation. Alors que les barrages et heurts violents se poursuivaient hier et qu’une nouvelle nuit chaude était attendue, le collectif à l’origine de la grève va pouvoir mesurer s’il est toujours écouté par une jeunesse hétéroclite. Il avait su la contenir jusqu’au début des affrontements, mais d’aucuns lui reprochent ici, comme à Paris, de l’instrumentaliser via ses cadres syndicaux rompus aux violents conflits sociaux.

«Dangereux».Lui s’appelle Bak. Enfin, c’est son surnom, sur les barrages comme dans la vie. Il a 29 ans, un métier de technicien en frigorisation et travaille avec un patron artisan, lui aussi en grève. Depuis le début du conflit, Bak appartient à l’un de ces «petits groupes» autobaptisés «radicalistes». Ils structurent en sous-main la mobilisation des jeunes, le type d’actions à mener et vont au contact des plus incontrôlables pour tenter de les canaliser. Toute la nuit de mardi à mercredi, Bak a tourné avec ses amis à vélo (le seul moyen de contourner les barrages) sur les points les plus chauds : le centre commercial de Destreland, où des gendarmes ont essuyé des tirs de chevrotine, à Jarry pour voir si la zone industrielle était pillée, dans les quartiers ultrasensibles de Chauvel et Carénage. «Dans ces coins, c’est très dangereux même pour nous, raconte-t-il. Personne ne peut contrôler ces jeunes, ni le LKP, ni les grands frères. Ici c’est la loi du plus fort. Ils aiment faire la guerre, veulent affronter du flic blanc et prennent de l’alcool et des drogues pour ne pas avoir peur.» Il est persuadé que c’est l’un d’eux qui a tiré sur le syndicaliste.

«Potence». Rencontré sous un abribus près du carrefour Montebello de Petit-Bourg, à une vingtaine de kilomètres de Pointe-à-Pitre, Bak était la veille au barrage de Gosier, là où les heurts avec les mobiles ont véritablement démarré lundi. Il se déplace en permanence et est venu «sur ordre» à Petit-Bourg, où une trentaine de gendarmes tiennent ce carrefour stratégique, lourdement armés face à une centaine de manifestants. «Tous les jours, on est prévenu par Internet ou SMS, mais sans se parler sur les portables, pour organiser les actions.»

Plusieurs autres jeunes sont arrivés comme lui, entassés dans un 4 x 4. L’un d’eux hache de la ganja avec de petits ciseaux. D’autres titubent presque. Pas Bak. Veste de survêtement ceintrée, petite boule dorée sur chaque oreille, il confie que ce n’est «pas grave de ne pas toucher [son] salaire». Il évoque «un esclavage mental, ici, avec d’autres chaînes : la consommation, la perte d’identité, la soumission aux règles des gros capitalistes». Fataliste, il dit : «On est comme envoyé à la potence dans ce conflit, mais le respect et l’honneur que les Guadeloupéens veulent retrouver justifient que l’on se sacrifie pour une cause qui est juste.»

 

GUADELOUPE, envoyé spécial ANTOINE GUIRAL pour Libération 19/02/09

  

Elie Domota, héraut créole

Elie Domota

  Il s’arrête, croque un morceau de canne à sucre bien juteux et reprend sa place dans le carré de tête du défilé. Une vingtaine de gardes du corps en tee-shirts siglés «LKP sécurité» n’ont d’yeux que pour lui. Ce samedi, Elie Domota est à la tête d’une foule de 10 000 personnes venues commémorer dans la commune du Moule l’assassinat de quatre ouvriers guadeloupéens par les militaires lors d’une manifestation, le 14 février 1952.

La marche avance en chansons, avec toujours cette liesse qui fait la force du mouvement depuis un mois. A intervalles réguliers, il lève le poing, serre des mains, mais se montre économe de ses mots. Concentré sur son combat contre la «pwofitasyon» (l’exploitation outrancière) qui a fait se lever toute la Guadeloupe, le chef de file du collectif LKP à la peau claire sait que le conflit en cours peut désormais dégénérer à tout instant (lire ci-contre).

«Pouvoir par la rue». Le préfet a pris soin de ne pas poster les forces de l’ordre à l’entour du cortège, mais Elie Domota met la pression et accuse : «Aujourd’hui, vu le nombre de gendarmes qui sont arrivés en Guadeloupe, l’Etat français a choisi sa voie naturelle : celle de tuer des Guadeloupéens, comme d’habitude.» Un dérapage verbal ? Une nouvelle ambiguïté comme il sait si bien les entretenir ? Il montre son tee-shirt rouge sur lequel on peut lire «mé 1802», date du rétablissement de l’esclavage par Napoléon, et «mé 67», en souvenir d’une manifestation d’ouvriers du BTP à Pointe-à-Pitre, où l’armée tua plus de cent d’entre eux…

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Au peuple mobilisé !

par Alex Lollia

 Chers Camarades, du Centre Hospitalier de Pointe-à-Pitre, je vous adresse ces paroles pour vous rassurer sur mon état de santé. Je suis obligé de rester à l’hôpital puisque je souffre de lésions cervicales et de complications cardiaques consécutives à la violence des coups qui m’ont été portés par les forces de police. Ma date de sortie n’a pas encore été indiquée mais même si mon corps est atteint, mon esprit reste parfaitement intact et je pense que cette épreuve a encore augmenté ma lucidité et ma détermination.

J’étais comme beaucoup d’autres camarades en lutte sur le terrain et notre démarche était pacifique : c’est celle qui a été définie par le L.K.P.

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De qui la Guadeloupe est-elle l’otage ?

Par Frantz SUCCAB

 Depuis le 16 décembre et, particulièrement, le 20 janvier, vieux militant anticolonialiste, je me suis efforcé d’être un modeste -presqu’anonyme-  participant aux manifs organisées par le LKP, autant que je le pouvais.  Pour avoir souvent parlé, pendant longtemps, en temps de paix,  je me suis fait l’auditeur attentif des uns et des autres, dans les meetings, à travers les média.  Pour avoir tout le temps écrit quand trop de plumes restaient paresseuses ou conformes, je suis enfin devenu lecteur assidu d’un foisonnement inespéré de contributions diverses. Côtoyer le manifestant du rang et le non-manifestant pourtant solidaire ; observer, écouter, lire, noter, me nourrir de toutes les idées, du dit et du non-dit ; faire des réserves pour plus tard tout en me laissant charrier sans aucune résistance critique par le grand fleuve de la contestation. Tel fut mon choix, pour mieux trouver les mots qu’il faut à une révolution qui balbutie.

Aujourd’hui, un syndicaliste est mort. Douleur et colère. Tous les regards se tournent, naturellement accusateurs, vers ceux qui ont joué le pourrissement. Ce patronat dont l’égoïsme et le mépris tiennent la Guadeloupe en otage.  Mais je sais, depuis déjà, comme deux et deux font quatre,  que ce n’est pas suffisant. La vox médiatique, qui sait si bien orchestrer la contagion de l’émotion dans cette société du spectacle, est  à pied d’œuvre. Les crocodiles y vont de leurs larmes, de Paris à Basse-Terre, de Basse-Terre à Nòlfòk. Les larmes publiques ne lavent rien, surtout pas la faute. Les larmes des combattants sont une de choses qui participent de leur dignité. Même cela, on veut le leur voler. Et tout cela pour tenter, anbistan, de les déposséder de leur bon droit.

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   Un Historien Allemand nous parle de la Guadeloupe en grève !

 Comme historien allemand, installé ici depuis 8 ans, je vois le moment de m’exprimer [...]

Vous avez bien sûr le droit de faire votre histoire comme nous on a fait la notre, mais n’oubliez pas qu’on a payé un prix très fort.

En comparant ce qui se passe ici en ce moment, on découvre beaucoup de similarités.

On a un mouvement à la base national et aussi socialiste qui profite d’un mécontentement d’une grande partie de la population.

Pour mieux agiter, il faut un ennemi commun, on divise le peuple.

 Les bons ont un ruban rouge (chez nous les indésirables ont eu une étoile jaune). On crée sa propre police la « sécurité LKP » (chez nous c’était le SA).

 On appelle à la grève totale et les gens hurlent oui.

 (Goebbels nous a fait crier et hurler qu’on veut la guerre totale).

On contrôle les médias, (LKP=RFO)

 On interdit de filmer (à Jarry hier).

 On prend le contrôle de toutes activités. Sans autorisation du Comité vous ne pouvez plus travailler.

On fait croire que le mouvement est porté par une large majorité mais quand je parle avec des gens je constate qu’ils disent oui au mouvement par peur, on ferme les rideaux des magasins par peur.

Je ressens un profond malaise, parce que j’ai toujours reproché à la génération de mes parents de ne pas avoir réagi, d’avoir été lâche. (On m’a répondu qu’on ne pouvait pas s’imaginer que ça irait si loin).

Et nous, les parents d’aujourd’hui ? On a peur de manifester dans les rues pour la réouverture des écoles ? Pour la démocratie, pour nos valeurs ?

C’est malheureusement VRAI !

 
 
 
 
 
 
 

 

Guadeloupe, Martinique, des sociétés marquées du sceau du déclassement

par André Lucrèce

« Je crois que la douceur spirituelle et le désintéressement

l’emporteront sur la gloutonnerie crasse d’aujourd’hui. »

Jack London

  Il est parfois cruel, mais non moins salutaire, de dire ce qui est au fondement du mouvement social actuel qui se vit, aussi bien en Guadeloupe qu’en Martinique, à la fois comme révolte et délivrance : le fait de sociétés marquées du sceau du déclassement.

Inutile le regard sur le quotidien qui mène à l’autoflagellation, stérile aussi la plainte qui n’a jamais attendri les puissants, insuffisante les solutions conçues comme uniquement techniques, certainement plus féconde la lucidité qui débusque les ressorts de ces sociétés traversées par les tentatives de toutes sortes de minoration de leur peuple, de sa créativité, voir de son génie.

En Guadeloupe comme en Martinique, voici donc ces peuples se tenant, chacun à sa manière, au principe même de la vie, enracinés dans leur révolte. Ils sentent bien, à chaque passage des portiques, à l’aéroport, au supermarché, à l’embauche dans les entreprises, jusque dans les services publics, qu’il y a quelque chose comme une minoration et une tentative de déclassement. Ils flairent bien aussi que tout cela tend vers l’inconciliable.

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Békés : Une affaire d'héritage

 

  Assis sous un élégant carbet, dans le souffle de l'alizé, Roger de Jaham, 60 ans, laisse flâner son accent créole pour raconter le camouflet qu'il a récemment subi : "Pour la première fois de ma vie, un homme que je saluais m'a dit : "Je ne serre pas la main d'un béké."" L'homme a encaissé l'humiliation, retiré sa main.

Il ne se voile pas la face, sait bien le lourd passif historique qui oppose les 3 000 békés aux 400 000 autres Martiniquais. Son ancêtre est arrivé dans l'île en 1635, comme capitaine de la milice. Il s'est enrichi sur la misère des esclaves. Un autre aïeul, Octave, a même été jugé pour les mauvais traitements qu'il infligeait à ses serviteurs. Le descendant a déniché récemment les minutes du procès dans des archives. "On ne parlait pas de l'esclavage à la maison. Pour nous aussi, c'était un poids." 

 

Mais aujourd'hui, c'est comme si rien n'avait changé. Exploiteur, affameur, raciste, endogame : Roger de Jaham ne comprend pas l'opprobre que subit actuellement sa communauté aux Antilles, hurle à "une sacrée cabale". "Nous sommes des boucs émissaires, estime-t-il. Les grévistes, les médias et jusqu'au président de la République ont pris pour cible les békés." A ses côtés, son frère Claude, 65 ans, veut croire qu'il ne s'agit que d'un sale moment à passer : "Je pense que ça va s'apaiser mais dans la douleur, dans le ressentiment. Ça va laisser des cicatrices."

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Guadeloupe : Taubira dénonce l'«apartheid»

Le 20 février 2009 - La députée de Guyane était l'invitée de l'émission «Parlons Net !» sur France Info, le premier club de la presse Internet dont Le Figaro.fr est partenaire. Elle fustige le «mépris» de l'Etat à l'encontre de l'outre-mer.

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C'est l'ère du soupçon en Guadeloupe.
L'île aux désespérés


 Après plus d'un mois de crise plus personne ne fait confiance à personne. Ni à Nicolas Sarkozy ni aux élus de l'île. A force de jouer le pourrissement, le gouvernement prend le risque de libérer une violence brute qui a déjà fait un mort : le syndicaliste Jacques Bino

C'est une mort embarrassante, parce qu'elle bouscule tous les schémas politiques, une mort inutile après un mois de «révolution tranquille» qui ne pouvait déboucher que sur des négociations, une mort absurde, à laquelle chacun essaie désespérément de trouver un sens. Pour ne pas pleurer un mort pour rien. Il est un peu plus de minuit ce mardi 17 février à Pointe-à-Pitre. Jacques Bino raccompagne un ami chez lui, dans la cité Henri-IV, une barre d'immeubles en plein centre-ville, ghetto social aux limites invisibles, à quelques mètres du grand boulevard Légitimus. A l'entrée, un porche aux allures de poste-frontière, des poubelles crevées, des restes de ferraille brûlée, noircie, et des appartements construits dans les années 1950, en béton, gris et décatis. Certains sont aveugles, barrés d'un écriteau, «Appartement désactivé», en attente de réhabilitation. L'endroit respire l'abandon, la misère, le concentré d'exclusion. Sur le sol traînent encore quelques douilles de cartouches de chasse en plastique rouge. Jacques Bino habite Petit-Canal mais il connaît bien ce quartier. Il est syndicaliste, membre du LKP et adhérent d'Akiyo, une organisation culturelle guadeloupéenne. L'homme est connu, calme, apprécié et il rentre d'un meeting du LKP au Palais de la Mutualité, à 400 mètres à peine de la cité. En arrivant sous le porche, sa voiture bute contre un barrage tenu par les jeunes du quartier. Rien d'anormal.

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"La Martinique est en train de se transformer en poudrière"

  Depuis la nuit du mardi 24 février, la tension est encore montée d'un cran en Martinique : pillages de boutiques, barrages en flammes, une trentaine d'interpellations par la gendarmerie, le carnaval annulé par crainte de voir la fête dégénérer... Les Martiniquais contactés par LeMonde.fr ont le sentiment que ces violences auraient pu être évitées, "si on n'avait pas laissé pourrir la situation".

"Pas de quoi s'étonner", estime Thierry Mabouia, 37 ans, chef d'entreprise à Fort-de-France. "Tout le monde s'attendait à ce que la situation dégénère, on se demandait seulement quand ça allait arriver. Bien sûr, tous ces actes de délinquance, menés par des petits de 14 ans entraînés par des plus grands, sont condamnés par la population. Tout le monde est contre ici !" Le jeune Martiniquais est néanmoins conscient que la situation ne pouvait pas évoluer autrement, avec le peu d'avancées dans le dialogue social. "Toutes les négociations trainent en longueur, les gens ne peuvent plus circuler à cause des barrages et de la pénurie de carburant, les esprits s'échauffent. Ces jeunes sont issus de classes sociales très défavorisées, ils profitent du climat de désarroi pour voler ce qu'ils peuvent. On n'avait jamais vu ça, du moins pas à ce point, même si le ras-le-bol général a déjà conduit des jeunes à piller des enseignes l'année dernière." Pour Thierry, il est important de ne pas faire d'amalgame. "Ces jeunes sont désœuvrés, ils n'ont pas d'autres options pour survivre, et ce n'est en aucun cas une violence raciale qui est en train de s'installer. Il s'agit d'un ras-le-bol économique. Bien sûr, certains incitent à la haine contre les "békés", mais la véritable motivation de tout ce combat, même s'il dégénère parfois, est la lutte contre les profiteurs".

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   Brigitte Girardin, ancienne ministre de l'outre-mer sous Jacques Chirac, reproche au gouvernement d'avoir diminué les dispositifs en faveur de l'emploi et de l'investissement au début de la crise économique.

La crise en Guadeloupe pouvait-elle être anticipée ?

Brigitte Girardin : Bien sûr ! Lors de mon voyage aux Antilles en octobre, j'avais tiré la sonnette d'alarme sur le risque d'une double peine infligée à l'outre-mer : d'un côté, la crise, dont on savait qu'elle allait frapper beaucoup plus violemment ces économies, plus fragiles, et qui est d'abord une crise de confiance ; de l'autre, l'interruption brutale de la loi de 2003, alors qu'elle avait été prévue pour quinze ans, ce qui a eu pour effet de briser la confiance. Cette loi, qui n'était pas du tout une loi d'assistanat, favorisait le développement endogène, en soutenant l'investissement, l'emploi et la production locale. 

 

Or, le budget 2009 a plafonné les défiscalisations mises en place, pourtant ciblées et contrôlées. Alors que le président parle de relance par l'investissement face à la crise, j'ai le sentiment qu'on a fait vraiment l'inverse en outre-mer. Le budget a aussi réduit de 150 millions d'euros les exonérations de charges sociales pour les entreprises. Alors qu'on voit bien que celles-ci sont au cœur du blocage des négociations actuelles. Enfin, le projet de loi Jégo prévoyait de mettre fin à la défiscalisation sur le logement libre et intermédiaire, pour la limiter au logement social. Tous les programmes de BTP s'étaient alors arrêtés aux Antilles... On a donc envoyé les plus mauvais signaux au plus mauvais moment. J'avais prévenu que faire des économies sur l'outre-mer pouvait coûter très cher. Malheureusement, cela se confirme aujourd'hui.

Le gouvernement a-t-il trop tardé à réagir ?

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Une approche anthropologique du contexte de la révolte

 par Henry Petitjean Roget 

Dpl. VI° section Sciences Economiques et Sociales
 EHSS Paris.,Docteur en Préhistoire

 

 La chanson de Jocelyne Labille : " Je n'ai pas demandé mes dents blanches, mon nez plat, mes cheveux crépus…." remporte en ce moment un succès incroyable. Cette reprise permanente sur les radios de cette chanson devrait nous amener à nous poser des questions sur les causes de ce succès.

En repartant assez loin en arrière dans le temps, on peut tenter de dégager les raisons profondes de l'adéquation entre une révolte populaire en cours - qui s'exprime par une grève générale dure et digne jusqu’à maintenant - et la chanson d'une artiste jusque là peu connue du grand public. Nous savons par expérience, et toute personne qui occupe des responsabilités le sait bien, dans le cas de la moindre négociation, que nous vivons dans une société dont les mots qu’utilisent ses membres ne disent pas ce qu'ils semblent exprimer.

L'exprimé se situe presque à chaque fois dans le registre du non-dit et pourtant du bien compris. Les échanges verbaux dans un contexte conflictuel ou de simple opposition hiérarchique, se produisent de façon croisée. On ne répond pas à ce qui est dit. On répond à ce qui est supposé avoir être signifié. ".

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Evangéliser ce n’est pas civiliser.

Cinq siècles de malentendus au sujet de l’Eglise catholique

 par Nathalie Zonzon–Quitman, Professeur agrégé d’histoire, Docteur en Histoire médiévale (E.H.E.S.S-Paris).

   Depuis quelques années (2005) circule sur Internet et dans un certaine presse l’idée d’un racisme historique de la papauté. Genèse et conséquences de ces malentendus.

A lire certains documents, il y aurait un complot de la papauté orchestré spécialement contre les Noirs. Le site Africamaat et plusieurs autres qui se donnent une couverture historique sans analyse réelle des sources et de leur contexte avancent des propos, qui par leur violence, marquent les esprits. Le titre est le suivant: « le jour où le Vatican décida d’exterminer la race noire ! ». Les développements mélange d’anachronismes et d’incohérences disent en substance : « en 1454, le Vatican mit en œuvre un plan diabolique pour exterminer la race noire de la surface de l’Afrique à travers une bulle papale ». Il est aussi question d’appel « à la guerre sainte contre les Nègres ». La traduction de l’extrait de bulle fait dire au pape : « Nous avions jadis, par de précédentes lettres, concédé au Roi Alphonse, entre autres choses, la faculté pleine et entière d’attaquer, de conquérir, de vaincre, de réduire et de soumettre tous les sarrasins (c.-à-d. les Nègres : rajouté par les auteurs du site), païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient (…), de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle ».

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La FSU, le SNES et le SNAC rejetés de la commission éducation

 

  Vendredi 20 février, les camarades du collectif ont refusé d'entendre les propos de la FSU, majoritaire dans le monde de l'Education et du Second degré, notamment du SNES et du SNAC. Il nous a été opposé une fin de non-recevoir, et nous avons découvert que tout avait été verrouillé. Devant les propos du président Monrose qui refusait de considérer que la FSU n'avait jamais quitté le collectif et qu'elle était en droit de présenter ses experts, devant les demandes de quitter la salle de l'UNSA,  les représentants présents de la FSU se sont levés et sont partis.

Le SNES ne peut en effet accepter que sous couvert de lutte contre la vie chère le collectif propose des modifications importantes qui sont de l'ordre de décisions législatives nationales anticipant de fait sur le vote de l'article 74 [et d'une prise en charge locale de l'Education avant l'heure]. Le SNES ne peut accepter que la lutte contre la vie chère serve de prétexte à une manipulation politique qui refuse de s'exprimer comme telle et qu'il en soi complice. Il ne peut accepter d'être écarté alors que les élections l'ont maintenu très largement majoritaire dans la profession et que des organisations syndicales minoritaires prétendent trancher en une journée le sort de tout un secteur de la fonction publique nationale.
 

Bien entendu, une divergence ne signifie nullement que la FSU et ses syndicats ont quitté le collectif. Tout discours en ce sens serait mensonger. Enfin, la FSU entend rester maîtresse de ses mandats : refuser toute discussion ne peut que nuire au mouvement populaire en cours car c'est de l'union de nos forces et de nos esprits que naîtront des propositions proches des préoccupations de la population et aux antipodes de toute idéologie.

Sur le site, vous trouverez :

la plateforme du SNES (http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article228) 

et celle du collectif (http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article227) .

 

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La grève générale en Guadeloupe, une brève lecture sociologique

 par Louis Auguste Joint, Sociologue

Première partie

  Depuis le 20 janvier 2009, la Guadeloupe est bloquée par une grève générale. C’est l’arrêt des activités ordinaires. Mais en même temps, la Guadeloupe est en mouvement. Une mobilisation populaire extraordinaire remet en cause le mauvais fonctionnement de la société et exige les différents acteurs décisionnels à se concerter pour trouver des solutions au problème de la vie chère et de la précarité que confronte la population. Quelles sont les revendications de ce mouvement populaire ? Comment s’y prend-on pour y apporter des réponses ? Au-delà des revendications présentées, que nous révèle ce mouvement populaire ? Nous proposons d’aborder ces questions en faisant une brève lecture sociologique du déroulement des faits au cours de ces trois dernières semaines de grève en Guadeloupe.
Quelques constats
Une grève générale, menée par le Collectif « Lyannaj Kont Pwofitasyon » (KLP, dit Alliance Contre le système de Profits) qui regroupe 52 organisations syndicales, associatives et politiques[i], est déclarée en Guadeloupe. Son objectif principal, c’est de lutter contre la vie chère et d’exiger une baisse du prix des produits, car le prix d’achat des produits en Guadeloupe, département français d’Outre mer,  est trop élevé, en comparaison avec la métropole française. A titre d’exemples, une brosse à dent peut coûter un euro en France et 4 euros en Guadeloupe ; une paire de basket peut coûter 12 euros en France et 89 euros en Guadeloupe. Selon les principes établis, le prix des produits entre la France et la Guadeloupe devrait varier de 10% au maximum, à cause des frais de transport; mais en réalité, il varie entre 30% à 100%, voire plus. Ce sont des exemples scandaleux qui illustrent la gravité de la situation et que le Collectif LKP dénonce et exige une correction.

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Les Blancs créoles de la Martinique

Par Édith Beaudoux-Kovats et Jean Benoist
 


 Parmi les nombreuses ruptures qui caractérisent l'histoire sociale des Antilles, la fin de l'esclavage a été l'une des plus radicales. Ébranlant dans ses fondements la société sur laquelle s'appuyaient la vie économique et l'organisation sociale des îles, elle a remis en cause les relations entre les groupes humains qui participaient à cette société. Cependant, avec un recul d'un siècle et demi, on est frappé de voir combien les conséquences de ce remaniement sont différentes selon les îles. Dans certaines, telle Haïti, l'éclatement s'est accompagné de soubresauts politiques et s'est parachevé dans une indépendance politique et dans la disparition presque totale des structures antérieures, tandis que dans d'autres, à l'opposé, il semble que ce grand bouleversement ait été en quelque sorte amorti, voire annulé et que, par-delà des aménagements qui sont plus les corollaires des changements techniques que de vrais mouvements sociaux, la structure ancienne se soit remise en place. Mais cela s'est fait le plus souvent par-delà une rupture dans la continuité des groupes humains en présence, et ce sont rarement les descendants des anciens planteurs de l'époque esclavagiste qui détiennent de nos jours le pouvoir économique ; la place qu'ils avaient perdue au XIXe siècle a été occupée par d'autres, venus avec des capitaux extérieurs devant lesquels ils ont dû s'incliner, tandis que leur main-d'œuvre, malgré diverses contraintes légales destinées à la stabiliser, a connu elle aussi un certain renouvellement.
 

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« Les Békés sont prisonniers de cette histoire… »

Interview de Romain Bolzinger, réalisateur des Derniers maîtres de la Martinique


 Qu’avez-vous présenté aux Békés comme projet pour qu’ils vous ouvrent ainsi leurs portes ?
Ça ne s’est pas passé comme ça. On voulait faire un reportage sur la Martinique d’aujourd’hui : son économie, sa société, ses grandes figures. Évidemment pour bien comprendre ce qui se passe sur l’île en 2008, il est nécessaire d’ appréhender ses spécificités historiques très fortes ! Je me suis donc d’abord intéressé aux grands patriarches de la communauté béké. Je suis allé voir Eric de Lucy, grand patron de la banane et directeur général du groupe Bernard-Hayot, et j’ai également rencontré Alain Huyghues-Despointes et bien d’autres personnalités non béké. J’ai bien-sûr dit que j’étais journaliste, je leur ai dit que je faisais un reportage sur l’économie de la Martinique et ses grands acteurs. Et que je voulais faire le portrait de ces personnalités qui jouent un rôle dans l’ économie de l’île. Ils jouent un grand rôle et ne s’en cachent pas. Ils voulaient me montrer qu’ils étaient puissants, ils m’ont emmené à l’Elysée, à Bruxelles au ministère de l’agriculture et de l’outremer, partout où ils défendent leurs intérêts économiques… Je ne suis pas venu les voir en leur disant que je faisais un reportage sur la communauté Béké. J’ai essayé de comprendre d’abord qui ils étaient, comment ils fonctionnaient. Et pour cela, il me fallait du temps. On a établi une relation de confiance, ils m’ont longuement exposé les spécificités de leur communauté, ils savaient donc pertinemment que j’allais en parler.

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Guadeloupe, Martinique : l’art de faire grève…

par Joëlle Ferly  et Jocelyn Valton     

En ce début d’année 2009 la Guadeloupe et la Martinique font parler d’elles à coup de grèves !

Différente des revendications syndicalistes qui concernaient autrefois des secteurs spécifiques, la grève générale commencée en Guadeloupe le 20 Janvier dernier par le collectif Liyannaj Kont Pwofitasyon (LKP [1] ) est en passe de devenir, par l’ampleur de la contestation, un phénomène historique ! A l’inverse de ce qui a pu être publié dans certains journaux nationaux dépêchés sur place tardivement, ces mouvements de grèves sont parfaitement organisés et rassemblent de nombreux syndicats (plus d’une quarantaine), tous unis pour dénoncer une situation peu connue des Français de l’hexagone, à savoir l’existence d’une majorité de la population guadeloupéenne exploitée économiquement et maintenue dans la précarité par un système de privilèges. Privilèges dont bénéficie une petite minorité blanche qui compte des descendants d’esclavagistes et détenant les rênes de l’économie des îles françaises de la Caraïbe.

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La tension est vive mardi 17 février en Guadeloupe, après un mois de grève générale. Une dizaine de barrages ainsi qu'un magasin de fournitures de bateaux ont été incendiés, dans la nuit de lundi à mardi, à Pointe-à-Pitre. La ville balnéaire du Gosier, à 5 km de Pointe-à-Pitre, a été quasiment encerclée par plusieurs groupes de jeunes après des interpellations de protestataires qui avaient installé des barrages à l'appel du collectif contre la vie chère et les surprofits (LKP). Le procureur de Pointe-à-Pitre, Jean-Michel Prêtre, dont la voiture a été caillassée, a estimé sur Radio Caraïbes internationale que "les moyens ne sont pas suffisants face aux manifestants". "Je suis dans l'attente et l'angoisse que rien de grave ne se passe", a-t-il dit.

Sur France Info, le président du conseil régional de Guadeloupe, Victorin Lurel, a estimé que l'île était désormais "au bord de la sédition". "Il y a déjà un embrasement. Ce soir [lundi] il y avait des incendies dans certains quartiers. Il y a un face-à-face tendu entre les forces de l'ordre et des manifestants", a-t-il déclaré. Pour l'élu socialiste, l'Etat et le patronat guadeloupéen sont responsables de la détérioration de la situation. "Les tensions sont montées d'un cran parce que l'Etat n'a pas respecté sa parole, parce qu'il y a un reniement de l'Etat [...], parce que le patronat n'a pas fait de propositions alléchantes, sérieuses", a-t-il accusé. "On a l'impression qu'il y a un abandon, qu'il y a une indifférence organisée" après quatre semaines de conflit, a déploré le président du conseil régional.

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Propositions de l'État et contre-propositions du collectif du 5 février

Nous comptons sur vous pour relayer l’information à ceux qui étaient bloqués faute de carburant….
Les négociations aujourd’hui n’ont rien donné. Le collectif a du laisser la table des négociations faute de réponse claire sur les familles de produits. Ce point est capital. Nous ne pouvons accepter n’importe quoi. Il y a de toute évidence la volonté de pourrir le conflit. Le collectif a donc décidé de prouver la détermination de la population. Une manifestation avec défilé est prévue ce lundi 16 février. Le rassemblement est prévu à 9h30 à la maison des syndicats. Nous devons être encore plus nombreux que d’habitude..Nous t’attendons, toi AUSSI avec tous les amis que tu pourras ramener pour bien montrer la détermination de tous. Informe le plus que possible autour de toi enseignants ou non afin que cette fois nous soyons plus de 30 000 dans les rues. Voici les 39 propositions amendées par le collectif.

Guadeloupe : un syndicaliste tué par balle

Agé d'une cinquantaine d'années, il aurait été atteint par une balle tirée par de jeunes émeutiers, dans la nuit de mardi à mercredi à Pointe-à-Pitre. Une nuit marquée par une escalade dans la violence avec des tirs contres les forces de l'ordre. Le LKP et le gouvernement ont lancé un appel au calme.

La violence franchit un nouveau cap en Guadeloupe. Alors que plusieurs membres des forces de l'ordre ont été blessés dans la nuit de mardi à mercredi, la cellule de crise installée à la préfecture du département a annoncé qu'un homme d'une cinquantaine d'années a été tué par balle. Il a été visé par un tir provenant d'un barrage tenu par des jeunes ou des immeubles de la cité Henri IV, à Pointe-à-Pitre.

La victime, Jacques Bino, était «un syndicaliste de la Confédération générale du travail de la Guadeloupe (CGTG). Il revenait d'un meeting» et a été tué alors qu'il se trouvait à bord d'une voiture, dans la cité, une zone sensible du quartier Chanzy à Pointe-à-Pitre. «Ce n'est pas un mort lié aux forces de l'ordre», a assuré la même source. Une personne qui accompagnait la victime est actuellement auditionnée par la police judiciaire. Il a expliqué qu'ils avaient été victimes de plusieurs tirs en provenance d'un barrage de jeunes ou de la cité.

 

Propositions de l'État et contre-propositions du collectif du 5 février

Nous comptons sur vous pour relayer l’information à ceux qui étaient bloqués faute de carburant….
Les négociations aujourd’hui n’ont rien donné. Le collectif a du laisser la table des négociations faute de réponse claire sur les familles de produits. Ce point est capital. Nous ne pouvons accepter n’importe quoi. Il y a de toute évidence la volonté de pourrir le conflit. Le collectif a donc décidé de prouver la détermination de la population. Une manifestation avec défilé est prévue ce lundi 16 février. Le rassemblement est prévu à 9h30 à la maison des syndicats. Nous devons être encore plus nombreux que d’habitude..Nous t’attendons, toi AUSSI avec tous les amis que tu pourras ramener pour bien montrer la détermination de tous. Informe le plus que possible autour de toi enseignants ou non afin que cette fois nous soyons plus de 30 000 dans les rues. Voici les 39 propositions amendées par le collectif.

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par Patrice Louis


 

De mémoire de Martiniquais, jamais le carnaval de Fort-de-France n'a été annulé. Or, les conditions ne sont pas réunies pour que la foule fasse la fête. Le carnaval doit débuter à la fin de cette semaine. Tous les ans, les Martiniquais se déchaînent du samedi gras au mercredi des Cendres. Avec la crise, les parades et "vidés" (défilés) sont menacés. Si le rendez-vous est raté, les Martiniquais ne pourront que redoubler de morosité.

Ce week-end, ils sont passés d'une file d'attente à l'autre. Maîtresse du jeu, l'intersyndicale met les nerfs à rude épreuve en décidant d'ouvrir ou non les vannes de la consommation. Les grilles des supers et hypermarchés restent baissées, mais les supérettes et les "débits de la Régie" (petits commerces traditionnels alimentaires) ont pu entrebâiller leurs portes. Au prix d'heures de patience, les acheteurs ont pu, par petits groupes, acheter de la nourriture qui commence à faire défaut. "Ce n'est ni une concession ni un aveu de faiblesse. Nous faisons cela pour la population", a prévenu Michel Monrose, président du Collectif du 5 février, qui rassemble une douzaine de syndicats et d'associations à l'origine mouvement.

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« Les Békés sont prisonniers de cette histoire… »

Interview de Romain Bolzinger, réalisateur des Derniers maîtres de la Martinique


 Qu’avez-vous présenté aux Békés comme projet pour qu’ils vous ouvrent ainsi leurs portes ?
Ça ne s’est pas passé comme ça. On voulait faire un reportage sur la Martinique d’aujourd’hui : son économie, sa société, ses grandes figures. Évidemment pour bien comprendre ce qui se passe sur l’île en 2008, il est nécessaire d’ appréhender ses spécificités historiques très fortes ! Je me suis donc d’abord intéressé aux grands patriarches de la communauté béké. Je suis allé voir Eric de Lucy, grand patron de la banane et directeur général du groupe Bernard-Hayot, et j’ai également rencontré Alain Huyghues-Despointes et bien d’autres personnalités non béké. J’ai bien-sûr dit que j’étais journaliste, je leur ai dit que je faisais un reportage sur l’économie de la Martinique et ses grands acteurs. Et que je voulais faire le portrait de ces personnalités qui jouent un rôle dans l’ économie de l’île. Ils jouent un grand rôle et ne s’en cachent pas. Ils voulaient me montrer qu’ils étaient puissants, ils m’ont emmené à l’Elysée, à Bruxelles au ministère de l’agriculture et de l’outremer, partout où ils défendent leurs intérêts économiques… Je ne suis pas venu les voir en leur disant que je faisais un reportage sur la communauté Béké. J’ai essayé de comprendre d’abord qui ils étaient, comment ils fonctionnaient. Et pour cela, il me fallait du temps. On a établi une relation de confiance, ils m’ont longuement exposé les spécificités de leur communauté, ils savaient donc pertinemment que j’allais en parler.

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Pour que naisse une société humaine

par Ninoska Espinola, Mylène Polomack, Thierry Eliazord

 L’histoire moderne nous le démontre celui qui prêche le rassemblement est celui qui triomphe.

 Obama a privilégié le rassemblement du peuple américain contre la division raciale.

Martin Luther King a rêvé que les enfants noirs et blancs grandiraient ensembles avec les mêmes droits.

Nelson Mandela par sa détermination a posé les fondations d’une nation arc-en-ciel

Gandhi a obtenu l’indépendance de l’Inde en prêchant la non-violence.

Le Dalaï Lama n’a jamais prôné la haine malgré le massacre de son peuple par les Chinois.

Qui sommes-nous ? Où sommes-nous ? Où voulons-nous aller ? Comment ? Et pourquoi faire ?

Autant de questions qui ont mené le peuple Martiniquais à se soulever par un mouvement spontané dans un cri qui rejoint celui de nos frères Guadeloupéens, suivit des guyanais et réunionnais… pour se libérer de l’oppression devenue invivable.

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Soyons!

par Manuel Césaire
 

 Tant d’années, de décennies, de siècles à nous faire comprendre que nous n’étions capables d’œuvrer, de bâtir, d’agir ou de réagir !

Tant de ruses, de stratagèmes aux allures dogmatiques pour nous faire avaler, puis digérer notre incapacité dite naturelle à nous construire tel un peuple, à édifier, à progresser.

Détruire tout sentiment, voire aspiration nationaliste, car bien trop dangereux et entretenir une docilité pigmentée de soubresauts perclus et accommodants.

Diluer tout lien avec l’Afrique car nous aurions pu alors nous revendiquer d’un continent qui a fait l’Humanité.

Brouiller toute recherche qui aurait pu nous conduire à la civilisation éthiopienne, seule nation à avoir conservé sa souveraineté pendant le démembrement de l’Afrique au XIXe siècle, ou effacer toute trace nègre de l’histoire de la brillante civilisation égyptienne.

Les appareils colonisateurs ont très tôt cerné les dangers encourus de permettre aux colonisés d’être conscients de leurs racines, de leur histoire.

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J’ai peur !

(Lettre ouverte aux miens)

par Nicole Cage-Florentiny

    Oui, je tremble de peur ! Une peur qui me prend aux tripes et m’enlève le sommeil, me tient collée au poste de radio quand l’absence d’essence me garde clouée chez moi et m’empêche d’être là, au cœur de l’action, auprès de mes camarades et de mon peuple debout. Mon peuple debout et surpris de l’être, surpris de sa propre force, de son propre pouvoir, de sa propre combativité, mon peuple interloqué, étourdi, estèbekwè de lui-même, incrédule encore : « C’est nous, ça, ce magma, cette déferlante, marchant sans faiblir sous le soleil ardent, avalant les kilomètres, du Boulevard Général de Gaulle à Dillon ? C’est nous, dépassant la peur du manque et l’angoisse par anticipation à l’idée de nos fiches de salaire douloureusement légères ? C’est bien nous, chaque jour, tous les jours, 10, 20000 dans les rues de Foyal et des communes ? »

C’est nous, oui, c’est bien nous, au mitan de ce moment historique, inédit, nous, entrant dans l’Histoire, la nôtre bon sang !

Nous, qui n’avons pas le droit de passer à côté de cette page d’Histoire nôtre, nous qui n’avons pas le droit de la ternir, cette page, d’en diluer l’encre dans nos petitesses et nos luttes intestines. Nous, qui n’avons pas le droit de permettre aux Jego, Sarkozy et autres békés de se gausser de ce qu’ils tentent de réduire à un « jeu de rôles » un carnaval avant le carnaval.

Nous n’avons pas le droit de perdre la face, nous n’avons pas droit à l’échec.

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Franchement, j'en ai marre....

par  Franck Wan-Ajouhu

   J'ai regardé l'émission... Franchement, j'en ai marre de ces    journalistes métros qui débarquent avec leurs idées pré conçues et    tirent de grandes conclusions sur l'"Apartheid" martiniquais.

     La seule chose choquante, à mon avis, ce sont les propos du père    Despointes sur la "race pure". Mais comment accorder du crédit à un    type qui nous explique, en même temps qu'il parle de race pure, de    "colons tous issus de Jacques Assier". On parle plus de    consanguinité dans ces cas, non ?

   Et pourquoi, notre bon petit journaliste métro dans son reportage    sur les békés ne nous parle pas du béké Roger de Jaham qui a créé    une association "Tous Créoles" ?

     Ce même journaliste devrait faire un reportage sur les grandes    familles "hexagonales", l'aristocratie. Je pense qu'on a le même    type de répartition : 1% de la population française doit posséder    plus de 50% du foncier et une grande partie de l'économie. Je ne    connais pas un pays ou la majorité de la population possède la    majorité des richesses. Et ce quelque soit l'ancienneté de la    civilisation.

   Il y a eu une tentative d'inversion du cours des choses : l'URSS.    Les possédants ont été dépossédés, et les nouveaux possédants ont    tous possédés sans partager leurs nouvelles possessions. C'est une    description caricaturale certes, mais pas si loin de la réalité.

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Entre l'imaginaire et le réel béké : des capitalistes «contrariés»

L'écrivain Patrick Chamoiseau entre dans le débat.

  Ce reportage vous paraît-il refléter la réalité ?

 Disons qu'il accuse les traits les plus grossiers, les plus archaïques, d'un système globalement inacceptable. En tout cas, il met en exergue tous les symptômes de ce que l'on pourrait appeler d'un point de vue écologique une « fin d'espèce » .

 Pensez-vous que les Martiniquais complexent de ne pas avoir fait exploser ce système ?

 En ce qui concerne les békés, les Martiniquais sont dans ce que Glissant appelle « l'acceptation » et le « refus » ensemble. Leur système raciste est intégré à notre imaginaire comme une fatalité, un ordre des choses, que nous ne voyons presque plus, et que des visions extérieures comme celles-là nous rappellent délicieusement. Mais cette « fatalité » n'annule pas l'animosité diffuse qu'on aurait tort de sous-estimer. Disons que dans la mesure où nous ne nous sommes pas encore débarrassés de nos structures archaïques profondes, ils trouvent encore un restant d'oxygène. Lorsque nous aurons changé notre imaginaire et que naîtrons véritablement au monde de manière politique, les békés seront forcés de changer aussi, et de rentrer dans le réel du monde... Ils ne sont que le symptôme de notre archaïsme institutionnel, existentiel ou situationnel.

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05 février 2009 : Va-t-on vers de nouvelles manières de penser et de faire ?

Danielle LAPORT

Sociologue

Enseignante-chercheure associée


  La mobilisation du 05 février me rassure sur mon peuple. Elle me rassure sur sa capacité de dire « non » aux abus, « non » à la dissonance insolente qui structure la Martinique, « non » aux profondes inégalités. Les décideurs politiques et économiques semblent découvrir l'ampleur de la question de la pauvreté ! Dans un article que j'ai rédigé en janvier et publié dans le quotidien local, j'interpellais les consciences martiniquaises sur la pauvreté croissante des salariés et pointais la disjonction entre un taux de croissance, donc de valeur ajoutée, remarquable en Martinique et un taux de chômage et une situation de précarité inadmissibles.

Aujourd'hui, ces questions explosent à la face des « bien-pensants ». Nous constatons une totale impréparation du côté des décideurs, pourtant la Guadeloupe avait donné le ton depuis quelques jours. Sans doute, les décideurs avaient-ils misé sur l'endormissement et l'apathie des Martiniquais ? Sans doute avaient-ils misé sur la faiblesse supposée des syndicats incapables, selon eux, de mobiliser ? Certains intellectuels n'avaient-ils pas écarté l'idée d'une mobilisation, avançant le fait que l'histoire de la Martinique n'est pas celle de la Guadeloupe, comme s'il était question d'histoire ? Il est question d'un « ici et maintenant » et d'un « demain » sur fond d'une histoire dont on doit tirer tous les enseignements. Qu'a-t-on fait du potentiel de communication mis en place autour du dialogue social du début des années 2000 ? Où sont les accords issus de ce dialogue social qui auraient certainement anticipé ces questions sociales problématiques ?

Ce soulèvement populaire doit inviter à revoir les schémas de pensée. Et oui, appréhender la question sociale est aussi noble qu'appréhender la question économique ou la question environnementale ! Cette approche, il va pourtant falloir l'intégrer définitivement !

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Dialogue avec les ombres

 par Dominique Aurélia

Maître de conférences UAG

 Je ne suis pas créole et encore moins métisse. 

Il a fallu que Canal+ diffuse un reportage biaisé la semaine dernière pour que remontent en nous toute les frustrations, détestations, attraction/répulsion que nous avions, pensions-nous, déjà  jetés hors de nous-mêmes puisque, disions-nous lors des cérémonies de l’abolition de l’esclavage  « tout cela c’est loin, je préfère aller à la plage ou à la Galleria ou encore regarder ma télé novela sur mon écran extra plat » ; il a suffit qu’un  béké  à un journaliste importé dise que l’esclavage avait de bons côtés pour que soudain nous nous sentions de pauvres nègres . Comme si Césaire était bien mort et que Fanon était un anonyme.

 Soudain, nous sommes redevenus des  Nègres, soudain les méchants Békés nous insupportent.

Je me souviens…Années soixante à Petit-Bourg,  deux usines bordaient notre monde : Genipa et  Usine de Petit-Bourg. Je me souviens que la sirène de l’Usine ponctuait l’heure de partir pour l’école. Premier corne, deuxième corne qu’on disait ; l’Usine respirait dans notre sommeil, crachait sa vidange dans la rivière pleine de fétides lapias ; il y avait aussi des Békés ; il y avait surtout des békés ; des riches et des pauvres des Hayot et des Desgrottes et des Desportes et des Dormoys et des Roys de Belle Plaine ; certains travaillaient comme salariés pour d’autres, certains étaient des békés griaves sans terre ; d’autres avaient leur propre buste dans leur jardin ; j’ai même vu le patriarche Hayot dans sa berceuse avec ses moustaches d’un autre temps , déjà.

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Sommes-nous des fantômes sur notre propre île (?)


  Ce qu’est le documentaire

On est sur Canal +. On se croirait sur M6. Ton alarmiste, musique dramatique et/ou stressante. Le reportage s’intéresse aux confins de la république. A la république dans tout ce qu’elle a de «bananière». «Les békés derniers maîtres de la Martinique», forcément ils sont maîtres de la banane et des terres, et de l’import-export, et de la distribution(40% du marché pour deux entreprises différentes, et les 60% qui restent), de nos âmes et de tout le reste. Sont convoqués au tribunal: Robert Parfait, un préfet représentant de l’Etat français ( j’y reviendrais...), Garcin Malsa. Soit un membre du conseil d’administration du PREMIER groupe de l’île qui n’est pas béké, soit un élu d’une petite commune du sud de la martinique très revendicatif sur les questions mémorielles( c’est faire de Vanneste le représentant de la position française sur les questions identitaires!) . Soit personne. Ah si! Des grévistes qui déclarent qu’il sont des «esclaves modernes». Complaisamment. En souriant. En s’énervant. En criant. Ils ont des salaires faibles, sûrement, ils ont droit à plus de primes, probablement, mais des esclaves modernes? L’antillais des villes qui ne sait plus comment fonctionnent les exploitations se laissera peut-être troubler, mais on n’est plus à l’époque où les travailleurs agricoles étaient payés comme des chiens et se prenaient des balles s’ils demandaient plus(et d’ailleurs que disait le préfet de l’Etat français à l’époque ou ils se les prenaient les balles? Rien... Mais j’y reviendrai...). Une exploitation agricole c’est carré. Très carré.

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bilan de grèves

par François Cuvillier

 Certes, les voleurs en cravate qui font des profits honteux sur le dos de leurs semblables qu’ils méprisent, méritent notre contestation déterminée, légitime et loyale. Mais la surenchère des revendications nous décrédibilise, ainsi que les dérives à connotation ethnique.

 Après tout, dans une planète en crise où la plupart des hommes vivent moins bien que nous, pouvons nous espérer obtenir des avantages qui nous permettraient de continuer à consommer frénétiquement, dans nos arrogants 4x4 climés, avec notre « bling bling » ?

 Peut-on cracher sur ceux à qui l’on demande l’aumône, par des paroles de division quand nous avons besoin de solidarité, quand les comportements voraces et prédateurs se manifestent sous toutes les couleurs de peau ?

 Finalement, nos orgueilleuses démonstrations de force ne fatiguent que nous-mêmes, et nous pourrions laisser les gérémiades de victimes et nous prendre vraiment en main : n’est ce pas la société de consommation qu’il appartient à chacun de boycotter ? en nous concentrant sur nos besoins réels, ne serions-nous pas moins malheureux, et riches d’une indépendance paisible ?

 Ce qui a fait l’efficacité de Césaire, c’est sa véracité ; l’impact de Gandhi, ses actes purs, Luther King transforma le monde par des paroles bienveillantes, Mandela eut le courage assumé du sacrifice, tandis que le modèle populiste du poing levé, vociférant, plonge les peuples dans les dérèglements guidés par une colère aveugle plutôt que des valeurs fondatrices de civilisation.

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Difficile d‘être quelqu’un… sans être de quelque part ????

 
On se rend compte ici plus qu’ailleurs, que nos origines semblent nécessaires pour vivre… je ne le crois pas tant que ça… Etre fils de, originaire de… est-ce que cela nous oblige à nous cloisonner ou au contraire à nous ouvrir à de nouvelles choses ?  en cas de conflit (même avec son voisin, ou pendant un match de foot !), les vieux ressentiments ressortent…
 Ici ou ailleurs, les origines nous enclavent si on se laisse faire : arrière petite fille d’esclave ou arrière petite fille d’un violeur allemand ? Tous nous souffrons des mauvaises périodes de nos aïeuls, pourquoi plutôt ne pas profiter de leurs bonnes expériences ?
Ici ou ailleurs la vie est difficile : j’entendais  il y a quelques jours un artiste se plaindre que les contrats ici étaient donnés à d’autres d’ailleurs… parce que nul n’est prophète en son pays, je sais d’expérience que l’on est plus apprécié en tant qu’artiste ailleurs qu’à l’endroit ou l ‘on vit, que ce soit sur une île ou pas… les hommes sont ingrats et ne voient pas ce que l’on a de bien à portée de main, toujours ce besoin de croire que c’est mieux chez le voisin. Cela ne facilite pas la vie car dans ce cas il faut bouger, et c’est plus facile ailleurs que sur une île entourée d’eau… c’est plus facile de bouger mais pas d’être adopté, car là ou ailleurs, la question « tu es d’où ? », te seras posée…. « D’ici et là, et de là encore… » mais quand je regarde les résultats de sport ou les infos, je me sens solidaire « d’ici et là, et de là encore », parce que j’y ai vécu, travaillé, souffert et aimé… Me voilà « ici maintenant », et me voilà solidaire d’ « ici maintenant »  parce que j’y vis, j’y souffre et j’y aime, parce que je me sens comme et parmi ceux qui y vivent… parce que partout où l’on va, passé les premiers moments d’adaptation, on peut s’y sentir bien, on peut y trouver des relations durables, on peut se sentir  adopté, on peut y apporter sa pierre…. Jusqu’à un nouveau conflit, où on me dira : « toi t’es pas d’ici… » et là je me demande « mais alors, je suis d’où ? » Est-ce si important ? Je me sens pourtant « d’ici », mais c’est vrai seulement depuis quelques mois ou années, et il semble que je ne puisse pas faire le poids face à ceux « d’ici » de quelques siècles ? Pourtant quand je partirai, d’ici ou d’ailleurs, -on part tous un jour-, je laisserai bien une trace, au moins dans les souvenirs de certains, même de certains "d'ici" ? Et mes arrières petits enfants qui seront "d’ici ou d’ailleurs", seront-ils un jour, « d’ici et de là », « d’ici  maintenant » et heureux d’y être ? je leur souhaite, je vous le souhaite… car chaque moment passé "ici ou ailleurs" est riche de rencontres, de  petits bonheurs de ces mélanges de personnalité… merci à ceux qui « ici ou là » et « ici maintenant » m’ont accueilli, à mon tour maintenant… car rien ne se fait sans partage : tu m’accueilles dans ton jardin, je t’accueille dans ma maison, ou l’inverse ! et là commence une nouvelle belle histoire, « ici ou là »…. Mais « ici maintenant »…

Cotho

 

Indignation sélective?

par André Marie-Rose

  En réponse à M. Letchimy, C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai pris connaissance de l’article de M. Letchimy dans France-Antilles du 10 février 2009 concernant les propos consternants de M. Alain Huygues-Despointes sur Canal+ le 5 février 2009. On ne peut que souscrire à l’analyse du maire de Fort de France et s’associer à sa condamnation sans réserve. Par contre, quand M. Letchimy parle d’absence de réaction, on doit lui rappeler que les propos de M. Alain Huygues-Despointes font l’objet d’une instruction par le Procureur de la République et que les condamnations dans la société civile sont unanimes, jusque dans la communauté békée. Le ministre Y. Jego les a aussi condamnés. Par ailleurs, lorsque que le maire de Fort de France fait le parallèle avec des propos identiques qui auraient pu être tenus à propos de la Shoah, on ne peut que s’étonner de ce rapprochement qui, une fois de plus, tente d’opposer les mémoires. De plus, il faut rappeler que lorsque M. Dieudonné, il y a quelques semaines, a fait remettre par un sbire habillé en tenue de déporté une récompense à M. Faurisson, négationniste célèbre, M. Letchimy n’a pas réagi. De la même manière, M. Letchimy n’a pas réagi à la banderole de la honte placée en août 2008 à l’entrée de Saint Anne. Il n’a pas réagi aux propos racistes des dirigeants de l’Assaupamar lors de leurs coups de force de Déser en 2007 (France-Antilles du 7 mai 2007) et Tartane en 2005 (France-Antilles du 29 mars 2005). Il n’a pas réagi au vote consternant du Conseil général le 30 janvier 2007 à propos de la création d’un observatoire de l’immigration qui assimile les métropolitains à des immigrés en Martinique et aux paroles stupéfiantes tenues ce jour là par les conseillers généraux dans l'hémicycle. Il n’a pas réagi lors des propos antisémites de Raphael Confiant en décembre 2006 (les innommables). Régulièrement sur KMT ou dans "Le Naif" sont tenus des propos racistes, il ne réagit pas. Dénoncer le racisme chez l’autre est fort louable. Mais pour être crédible, il faut aussi le dénoncer chez soi.

 André Marie-Rose Schoelcher

 

Un mouvement social qui ouvre un changement d'époque!

par Gilbert Pago & Philippe Pierre-Charles.

  Le mouvement social qui se développe depuis le 5 février est exceptionnel, dans l’histoire récente des luttes ouvrières de notre pays. Ce côté exceptionnel lui vient de la force qu’il dégage dans l’ampleur inusitée des manifestations. Depuis les fortes mobilisations sociales d’octobre 1973 à février 1974, (c’était il y a 35 ans !), une telle déferlante n’avait jamais submergé les   rues de notre capitale et de divers bourgs de nos communes. 35 ans !,  Plus de la moitié de la population n’avait pas encore vu le jour ! Une bonne moitié qui, par conséquent, n’avait pas partagé les expériences passées du mouvement populaire. Le mouvement initié par le Collectif du  5 février 2009  montre depuis une semaine sa  puissance, affiche un esprit conquérant, libère une énergie exaltante de milliers de jeunes,