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SOCIOLOGIE CULTURELLE ET POLITIQUE

"Dans le décor spectaculaire, le regard ne rencontre que les choses et leur prix. "

 

 

 
 
 
 
 
 

Non à la fusion - destruction de RFI


 

   Radio France Internationale est en péril. Menacée, jusque dans son existence, par la fusion juridique et rédactionnelle avec la chaîne de télévision France 24, voulue par le président de la République française et menée à marche forcée par les responsables actuels de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF).

Rapprocher des outils publics d’information internationale semble, de prime abord, logique. Mais fusionner une radio […] avec une télévision […] ne l’est assurément pas. Ni dans l’organisation technique ni dans les pratiques professionnelles. On se souvient que France 24 n’a pas été conçue au sein de l’audiovisuel public extérieur de la France […] mais qu’elle est la résultante d’une étrange alchimie, qui a d’abord mêlé des intérêts privés (groupe TF1) et publics (France Télévision), avant d’être abritée par la holding de l’AEF. […]

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Pourquoi ne tient-on jamais nos bonnes résolutions?


Par Tony David, publié le 01/01/2012 à 10:00 sur lexpress.fr

   Pourquoi ne tient-on jamais nos bonnes résolutions?Avoir une vie plus saine et arrêter de fumer, figurent chaque année parmi les bonnes résolutions pour le passage à la nouvelle année.

Le passage à la nouvelle année est souvent l'occasion de prendre de bonnes résolutions. Une tradition ancestrale, mais dont le résultat est souvent décevant.

Chaque année, c'est la même histoire: pour le passage au nouvel an, chacun y va de sa bonne résolution. Arrêter de fumer, perdre du poids ou faire du sport ne sont que quelques uns des objectifs qui reviennent au fil des ans.

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«Il est devenu un classique, ce qui le chagrinerait beaucoup»


InterviewCraig Calhoun, professeur de sciences sociales à New York, spécialiste du sociologue :

Par SYLVAIN BOURMEAU

   Professeur à New York University, Craig Calhoun est l’un des grands noms de la sociologie mondiale. Président depuis 1999 de l’équivalent américain du CNRS pour les sciences sociales, il s’apprête à diriger en septembre la London School of Economics.
Dix ans après sa mort, quelle place occupe Pierre Bourdieu dans les sciences sociales mondiales ?

Il demeure l’un des chercheurs en sciences sociales les plus influents au monde. Son influence s’est même étendue à la littérature, à la philosophie, à l’histoire et à d’autres domaines. Il fait désormais partie d’un panthéon théorique qui comprend Lévi-Strauss, Sartre et Merleau-Ponty ainsi que des figures de sa propre génération comme Foucault et Habermas. Ce qui veut dire qu’il est déjà devenu un «classique» - ce qui le chagrinerait sans doute beaucoup. Il aurait peur de faire partie des autorités, de ces maîtres que les élèves doivent bêtement célébrer, il préférerait rester une sorte d’enfant terrible. Si Bourdieu est aussi précieux, c’est qu’il traverse de très nombreux clivages qui opposent les chercheurs entre eux. C’est particulièrement vrai lorsqu’il invite à transcender des dualités comme subjectif et objectif, ou action et structure. Ou qu’il réunit l’intéressé et l’apparemment désintéressé, le socioculturel et l’économique, et donc l’empirique et le théorique. Il s’adresse ainsi directement aux jeunes chercheurs qui souhaitent oublier les guerres académiques des générations précédentes et davantage s’attacher à lutter intellectuellement contre les inégalités qui traversent le monde aujourd’hui

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Des étudiants étrangers diplômés de la Sorbonne. © Frederic Stevens / Sipa

  Ils sont étrangers, sont venus étudier en France, souvent avec talent, allaient créer leur entreprise, participer à la recherche française ou avaient une promesse d’embauche dans une entreprise française … et ne peuvent plus le faire. Ils rentreront chez eux, et il est peu probable que l’envie les reprenne un jour de venir voir en France s’il y fait bon vivre. La raison de ce divorce ? Une circulaire, publiée en mai dernier par notre ministre de l’Intérieur, Claude Guéant pour mettre en œuvre la politique anti-immigration de Nicolas Sarkozy.

La circulaire du 31 mai 2011 rappelle explicitement que « le nombre d’étrangers entrant en France pour motif professionnel (…) doit diminuer ». Pour cela, il ne doit plus être accordé « aucune facilité particulière dans l’examen de la procédure de délivrance d’une autorisation de travail » aux étudiants étrangers. Il est donc plus difficile pour les étrangers ayant étudié en France d’obtenir après leurs études une autorisation de travail. Il sera aussi plus difficile de venir étudier en France, et déjà des doctorants se voient refuser le renouvellement de leurs titres de séjour. Le message de la circulaire est claire : étranger, ne viens pas étudier chez nous, et n’espère pas trouver un emploi au terme de tes études. Employeur français, tu n’embaucheras pas d’étranger. Peuple de France, tes dirigeants veillent sur tes emplois ! Préférence nationale ! La France aux Français !

Nous protestons de toutes nos forces, avec le Collectif du 31 mai, pour le retrait de cette circulaire. Il est temps de rappeler que l’idée qu’elle véhicule est aussi mensongère que dangereuse. Dire que l’embauche d’un étranger prend l’emploi d’un citoyen français, c’est faux ! C’est un mensonge éhonté ! Un diplômé étranger travaillant en France, c’est quelqu’un qui paye ses impôts en France, qui consomme en France, qui achète en France, qui soutient l’emploi et la consommation en France. S’il devient chef d’entreprise, c’est quelqu’un qui embauche en France. S’il retourne dans son pays, c’est quelqu’un qui sait que la France est ouverte sur le monde et développe avec la France les échanges, le commerce. La France gagne à recevoir des étudiants étrangers. Les étudiants étrangers ne sont pas une menace pour la France, ils sont une chance. Les universités le savent très bien : la France doit recevoir plus d’étudiants étrangers. C’est aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, au Canada, en Australie et maintenant même en Chine, que les étudiants étrangers apportent leur créativité, leur savoir-faire, leur énergie, leurs découvertes et leurs dépôts de brevets.

Nous demandons l’abrogation de la circulaire Guéant, moralement méprisable, économiquement suicidaire. Nous appelons les chefs d’entreprise comme les universitaires à soutenir publiquement cette demande. Nous prenons l’engagement de soutenir les actions du collectif du 31 mai dans son combat contre des mesures dont l’absurdité le dispute à l’indignité, et de parrainer les diplômés étrangers en les aidant concrètement dans leurs démarches dans les préfectures, à les protéger, à faire tout ce qui est en notre possibilité pour qu’ils puissent rester dans notre pays et lui apporter leur richesse, car la matière grise est de toutes les couleurs.



SIGNEZ CET APPEL : http://www.universiteuniverselle.fr/
 

Fais-moi l'amour, sinon je divorce !


 par Daniel Borrillo, juriste, maître de conférences en droit privé à l'université Paris-Ouest



  La cour d'appel d'Aix-en-Provence a condamné, en mai, un homme au divorce à ses torts exclusifs au motif qu'il ne faisait pas l'amour avec sa femme. Pour Daniel Borrillo, cela n'a rien d'extraordinaire et cela fait partie des vestiges canoniques du droit civil qu'il dénonce depuis longtemps Quand le sexe est régi par le droit du mariage.


Un récent arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence condamne un homme au divorce à ses torts exclusifs et à verser 10 000 euros de dommages et intérêts à son ex-épouse au motif qu'il ne lui a pas assez fait l'amour durant leurs vingt et un ans de mariage. Mais comment, dans un Etat démocratique, en sommes-nous arrivés là ?

En France, jusqu'à la Révolution, les noces sont de la compétence exclusive de l'Eglise et si, en 1787, Louis XVI instaura, avec l'édit de tolérance, une forme embryonnaire de mariage civil, il a fallu attendre la Constitution de 1791 pour que le mariage soit considéré comme une institution laïque. Nous sommes cependant face à un paradoxe, car si, dans le texte de la loi civile, le processus de laïcisation de l'institution matrimoniale semble achevé, la jurisprudence (et une partie de la doctrine des juristes) ne fait que prolonger la tradition canonique. En effet, le mariage continue à être considéré, de nos jours, comme un remède contre les débordements sexuels et devient l'espace symbolique de la sexualité socialement reconnue.

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Quand l'abstinence sexuelle passionne les juristes


par Pascale Robert-Diard



  Le droit offre de temps à autre des gourmandises dont raffolent la communauté des juristes et autres amateurs de prose jurisprudentielle. Ainsi en est-il depuis quelques jours d'un arrêt rendu par la cour d'appel d'Aix-en-Provence qui a condamné un homme à verser 10 000 euros de dommages et intérêts à son ex-épouse au motif qu'il ne l'honorait plus sexuellement depuis plusieurs années.

L'histoire est la suivante. Dans le cadre d'une procédure de divorce, Elisabeth B. explique la dégradation de ses relations avec son époux, après vingt ans de mariage, notamment par l'absence de relations sexuelles entre eux. Le mari, Jean G., dément toute mauvaise volonté de sa part à s'abandonner dans les bras de son épouse et met en avant des "problèmes de santé et une fatigue chronique générée par ses horaires de travail" pour justifier son faible appétit conjugal. Mais le tribunal, puis la cour, lui donnent tort.

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“Le Père Noël supplicié”.

par Claude Lévi-Strauss

   Les fêtes de Noël 1951 auront été marquées, en France, par une polémique à laquelle la presse et l’opinion semblent s’être montrées fort sensibles et qui a introduit dans l’atmosphère joyeuse habituelle à cette période de l’année une note d’aigreur inusitée. Depuis plusieurs mois déjà, les autorités ecclésiastiques, par la bouche de certains prélats, avaient exprimé leur désapprobation de l’importance croissante accordée par les familles et les commerçants au personnage du Père Noël. Elles dénonçaient une « paganisation » inquiétante de la Fête de la Nativité, détournant l’esprit public du sens proprement chrétien de cette commémoration, au profit d’un mythe sans valeur religieuse. Ces attaques se sont développées à la veille de Noël; avec plus de discrétion sans doute, mais autant de fermeté, l’Église protestante a joint sa voix à celle de l’Église catholique. Déjà, des lettres de lecteurs et des articles apparaissaient dans les journaux et témoignaient, dans des sens divers mais généralement hostiles à la position ecclésiastique, de l’intérêt éveillé par cette affaire. Enfin, le point culminant fut atteint le 24 décembre, à l’occasion d’une manifestation dont le correspondant du journal France-Soir a rendu compte en ces termes :

DEVANT LES ENFANTS DES PATRONAGES
LE PÈRE NOËL A ÉTÉ BRÛLÉ SUR LE PARVIS DE LA CATHÉDRALE DE DIJON
Dijon, 24 décembre (dép. France-Soir.)

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« La dialectique à la cantonade » : Althusser devant l'art

Par Warren Montag

  Nous commencerons par l’observation suivante : la période la plus productive d’Althusser coïncide avec un intérêt renouvelé pour la peinture et la littérature contemporaines, et plus particulièrement pour le théâtre. Cela signifie, entre autres, qu’au moment où il a commencé à se distancier radicalement et publiquement des principes communistes traditionnels sur la philosophie, il a aussi commencé à se demander quelle était la théorie marxiste de l’art. Nous savons peu de choses quant à sa vision de l’art dans les années 1950 ni même s’il a vraiment accordé de l’attention à ce thème. Cependant sa correspondance avec Franca Madonia révèle qu’en 1962, il avait abandonné ce qu’elle considérait comme sa ligne orthodoxe à propos de la scène « d’avant-garde ». Cette même année, elle écrit : « je continue à lire des essais et des articles contre ce qu’on appelle le “théâtre d’avant-garde” (cela fait déjà un an, que des amis comme toi, Hélène ou Bernard [Dort] lui avez toujours manifesté votre hostilité). En effet j’ai décidé que vous avez tort et je te le dis à toi car tu me sembles plus récupérable que les autres. Certes, si dans l’art, on part du précepte orthodoxe marxiste de la xie thèse sur Feuerbach qu’il ne s’agit pas seulement d’interpréter le monde mais le transformer, il y a bien peu de choses qui tiennent la route ». Selon cette austère perspective, Madonia ajoute : « tout l’art moderne (ou une bonne partie) dans ses diverses manifestations, peinture, sculpture, poésie, musique etc., est à rejeter ».

 
 

Prostitution : punir les clients pour le bien du plus grand nombre ?


Par Rowen Ogien, Philosophe

  Après avoir été mis en œuvre en Suède il y a une dizaine d’années, le projet de pénaliser les clients des prostitué(e)s arrive en France, où il est accueilli avec un certain enthousiasme par des personnalités politiques de droite et de gauche.

Les arguments de bon sens contre le projet, avancés par le Syndicat du travail sexuel (Strass), ont été violemment balayés par les députés lors du débat à l’Assemblée nationale du 6 décembre, où une résolution reconnaissant officiellement la position abolitionniste de la France a été votée (Libération de mercredi).

Ce projet est pourtant peu cohérent, car il admet la liberté de vendre des services que personne n’aurait le droit d’acheter. Il consacre par ailleurs une forme de moralisme d’Etat difficilement acceptable dans une démocratie laïque et pluraliste, puisqu’il voudrait dicter au citoyen la meilleure façon d’avoir une relation sexuelle (gratuite, de préférence à payante).

Mais, surtout, c’est un projet d’inspiration naïvement utilitariste, peu respectueux des droits fondamentaux de la personne humaine, puisqu’il préconise l’usage de la menace et de la force contre des citoyens qui ne commettent aucun délit, au nom des conséquences jugées positives pour le plus grand nombre.

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Auschwitz-Birkenau ne peut pas mourir


par Laurent Olivier, archéologue


  Avec Ecorces (Les Editions de minuit, 2011), Georges Didi-Huberman nous offre un véritable essai de déambulation archéologique dans le site d'Auschwitz-Birkenau, à la suite de son travail "archivistique" sur les quatre photographies du processus de gazage et de crémation des corps prises par un des membres du Sonderkommando travaillant au Crématoire V. Dans Etre sans destin (Editions 10/18, 2002), Imre Kertesz dit que l'expérience des camps s'acquiert pas à pas, que c'est en mettant simplement un pied devant l'autre que l'on devient un sujet des camps.

"Il faut regarder comme regarde un archéologue", écrit aujourd'hui Georges Didi-Huberman. Faire un pas en archéologue dans Auschwitz-Birkenau c'est prendre la mesure de cette évidence, stupéfiante pour nous : si insurmontables qu'ils aient été, les événements passent ; seuls demeurent les lieux et les choses, car ce qui est inscrit dans la matière est d'abord une insistance à être là, à durer ce que dure les matériaux dont sont faites les choses. Les poutres, le béton, la ferraille, toutes ces choses industrielles.

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« Occupy Wall Street », un mouvement social inédit aux Etats-Unis

 

 Par Catherine Sauviat, de l'IRES

 

   Occupy Wall Street (OWS) n’a pas émergé n’importe où, ni à n’importe quel moment de l’histoire étasunienne, quand bien même sa portée a atteint très vite une dimension mondiale. Ce mouvement composite s’est affirmé d’abord comme une révolte de la jeunesse, à l’instar des mouvements d’indignés dans les pays arabes et en Europe. Aux Etats-Unis, cette révolte est nourrie principalement par des jeunes de la classe moyenne, menacés par le chômage et fortement endettés. OWS s’est attaqué aux principaux acteurs et symboles du capitalisme financiarisé américain et avec eux, le pouvoir concentré qu’ils représentent : les grandes banques de Wall Street d’un côté, les grandes entreprises de l’autre. Mais au-delà de cette dimension économique, OWS a une dimension proprement politique. Par son contenu (une révolte contre l’establishment, contre les oligarchies politique, économique et financière), par sa forme (un mouvement égalitariste, sans leadership affirmé ni figure tutélaire, avec un usage intensif des réseaux sociaux), OWS s’est affirmé non seulement comme un puissant mouvement de contestation des élites mais surtout comme l’expression d’un ardent désir de démocratie.

Lire le document de travail de Catherine Sauviat, publié par l'I.R.E.S.

 
Un Algérien blessé est emmené par le photographe Elie Kagan et un journaliste américain à l'hôpital de Nanterre, le 17 octobre 1961.Elie Kagan
 

    Les images sont lointaines, les impressions confuses, mais il se souvient avoir entendu son père parler, un jour, de la manifestation du 17 octobre 1961. Il vivait alors dans le bidonville de Sartrouville, et ce soir-là, son père avait évoqué à mi-voix, avec des cousins, des coups, des morts et des violences policières. "C'était dans les années 1970, je devais avoir 10 ou 12 ans. Dès qu'ils ont réalisé que j'écoutais, ils se sont tus." Aujourd'hui, M'Hamed Kaki a 50 ans, il est devenu "passeur de mémoire" et il sera aux côtés du maire de Nanterre, dimanche 16 octobre, pour inaugurer le premier boulevard de France portant le nom du 17 octobre 1961. "Cette histoire que la France a longtemps oubliée et dont les anciens ne voulaient pas nous parler pour nous protéger, j'en suis aujourd'hui très fier", sourit-il.

M'Hamed Kaki a quitté l'école à 14 ans, il a un CAP de couvreur, mais son appétit de connaissances l'a vite transformé en "braconnier du savoir" : il a suivi des cours du soir, a travaillé comme veilleur de nuit à l'université de Nanterre et a fini par devenir comédien. En sept ans, Les Oranges, l'association qu'il a créée en 2004, a organisé plus de 60 conférences sur l'histoire coloniale et sur le 17 octobre 1961. "Je travaille dans le théâtre, je suis attentif au corps et aux gestes, et j'ai l'impression que ce jour-là, les Algériens ont relevé la tête et marché debout. Pendant des décennies, le silence a tout recouvert, mais, aujourd'hui, nous retrouvons la mémoire. Ce n'est pas l'histoire des Algériens ni même celle des enfants de l'immigration, c'est notre histoire à nous tous, l'histoire de la France."

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Peuple français, tu as tout vu
Oui, tout vu de tes propres yeux.
Tu as vu notre sang couler
Tu as vu la police
Assommer les manifestants
Et les jeter dans la Seine.
La Seine rougissante
N'a pas cessé les jours suivants
De vomir à la face
Du peuple de la Commune
Ces corps martyrisés
Qui rappelaient aux Parisiens
Leurs propres révolutions
Leur propre résistance.
Peuple français, tu as tout vu,
Oui, tout vu de tes propres yeux,
Et maintenant vas-tu parler ?
Et maintenant vas-tu te taire ?

Kateb Yacine (1929-1989)

 

 

Gabriel Mouesca :
"Nous alimentons une machine folle, la prison"

 

 

Gabriel Mouesca. © Philippe Matsas / Flammarion

Retour sur dix ans de politique pénitentiaire, avec Gabriel Mouesca, chargé de mission prisons à Emmaüs.

Par Marion Cocquet

 

    Plus de 64 700 personnes incarcérées en France au 1er novembre pour 57 268 places disponibles : les prisons explosent. Qu'en pensent ceux qui l'ont vécu de l'intérieur ? Médecin à la prison de la Santé, en l'an 2000, Véronique Vasseur avait dressé l'inquiétant portrait de son quotidien à travers un livre (Médecin-chef à la Santé, Cherche Midi). Après dix-sept ans sous les verrous, Gabriel Mouesca a été successivement chargé de mission à la Croix-Rouge, directeur de l'Observatoire international des prisons, et chargé de mission sur les prisons à Emmaüs. Ensemble, ils publient un livre qui recense dix ans de politique carcérale. Le titre ? "La prison doit changer, la prison va changer", avait-il dit, est l'écho d'une déclaration de Nicolas Sarkozy en 2007. Pour Gabriel Mouesca, un constat d'échec.

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L’erreur funeste de la retraite à 60 ans : Sarkozy plombé par les archives

 

 

   Ah, l’erreur majuscule de 1981 et de la retraite à 60 ans. On a déjà entendu ce refrain, et on l’entendra encore. C’est un des sketchs dont Nicolas Sarkozy gratifie ses auditoires à chaque déplacement. Lors de son discours sur la fraude sociale, mardi, le chef de l’Etat a affecté l’air catastrophé qu’il aime à prendre quand il parle de l’incurie de ses prédécesseurs : «Deux décisions qui ont été prises ont eu des conséquences catastrophiques sur la compétitivité de la France. La première c’est celle du début des années 1980, quand on a fait croire aux Français que l’on pouvait passer l'âge de la retraite de 65 ans à 60 ans. On a menti aux Français. Tout le monde le savait et cette décision a été prise en niant les réalités.»

Comme à chaque fois qu’on entend le Président répéter que «tout le monde savait que c’était une catastrophe», on a envie de se repasser ce savoureux débat de 1993 entre Nicolas Sarkozy et DSK, où le futur Président ne dit rien de tel puisqu'il affirme d'abord que son parti, le RPR, n’a «pas l’intention, bien sûr, de remettre en cause la retraite à 60 ans» (3’55’’), mais surtout que lui personnellement, a voté pour : «J’ai voté pour le RMI et pour la retraite à 60 ans, que les choses soient claires» (5’40’’).

Ce qui est d’autant plus amusant que Sarkozy n’a été élu député qu’en... 1988, soit cinq ans après l’ordonnance du 26 mars 1982 fixant l’âge légal de la retraite à 60 ans. Et qu'il n'a donc rien voté du tout.

Source

 

 Le nouvel ordre globalitaire


Par Jean-Luc Mélenchon

   Dans la conception républicaine, le citoyen est l’acteur central du système politique. Car c’est à lui de formuler l’intérêt général qui, seul, légitime l’action publique. Dans cette approche il est demandé à chacun de dire non ce qui lui parait bon pour lui-même mais ce qui l’est pour tous. Le discernement qui est ici requis commence donc par une prise de distance avec ses propres intérêts autant qu’avec la foule des autres intérêts particuliers, les modes du moment et les préjugés de l’époque.

Cette capacité de discernement est donc politiquement essentielle. Elle est censée s’acquérir dans les apprentissages intellectuels de l’école laïque, par l’exercice d’un esprit critique, la pratique des vertus civiques et l’expérience sociale,…. entre autres choses. C’est là davantage une ligne d’horizon qu’un mode d’emploi établi une fois pour toute. Car, bien sur, sa mise en œuvre n’est pas la même selon les époques et les conditions qu’elles imposent. De plus, une telle exigence ne se présente pas de la même façon selon les appartenances sociales et culturelles. Mais surtout, l’environnement général dans lequel elle se présente est déterminant.

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Appels contre la peine de mort aux funérailles de Troy Davis

 

Des femmes attendent devant la Maison Blanche une éventuelle grâce pour le condamné Troy Davis, le 21 septembre 2011 à Washington.


   Lors de l'enterrement de Troy Davis, exécuté la semaine dernière malgré les protestations de ses soutiens, des militants anti peine de mort ont pris la parole. Et appelé à poursuivre le combat.

Des centaines de personnes ont assisté samedi en Géorgie (sud-est des Etats-Unis) aux funérailles de Troy Davis. Il a été exécuté la semaine passée pour le meurtre d'un policier.

Avant le début de la cérémonie dans l'église baptiste Jonesville de Savannah, une file de plusieurs dizaines de mètres de long s'étirait aux abords de l'édifice, certaines personnes arborant un tee-shirt bleu sur lequel était écrit "I am Troy Davis" ("Je suis Troy Davis", ndlr), selon les images des funérailles diffusées sur internet.

 


par Geoffroy de Lagasnerie, sociologue


  Depuis quelques années, une obsession s'est emparée de notre vie intellectuelle : le néolibéralisme. Reprise de livre en livre, de tribune en tribune, l'idée selon laquelle l'enjeu essentiel de notre temps serait de dénoncer l'invasion des logiques néolibérales ne cesse de s'imposer.

Le néolibéralisme, nous affirme-t-on en effet, transformerait le fonctionnement du monde contemporain. Il redéfinirait, bien sûr, les règles de l'économie. Mais plus grave, il bousculerait l'organisation traditionnelle de la société. C'est tout l'ordre social qui serait ébranlé par cette irrésistible lame de fond, et toutes les institutions sur lesquelles il repose (l'Etat, l'école, la famille, le droit, etc.) qui s'en trouveraient affectées : réfléchir sur ce qui se passe aujourd'hui, établir le diagnostic de notre présent, ce serait donc nécessairement devoir se pencher sur ces mutations, afin d'en évaluer les dangers et de forger des instruments pour leur résister.

On aurait pu espérer que tant d'attention portée à un même sujet donne naissance à une production particulièrement riche et inventive sur le plan des idées. Hélas ! Nous assistons plutôt à une uniformisation et à une limitation de la vie intellectuelle.

De la droite (Marcel Gauchet) à la gauche pseudo-révolutionnaire (Alain Badiou), de la gauche conservatrice (autour de la revue Esprit ou de la République des idées de Pierre Rosanvallon) à celle qui se présente comme radicale (autour d'Antonio Negri et de la revue Multitudes), on voit fleurir des analyses quasi superposables, qui mobilisent les mêmes perceptions, les mêmes grilles de lecture.

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 « Calen’Dia» Le style à la créole


Nadia Juste

par Christian Antourel

   Nadia vous habille quelque soit l’occasion ! Pour vos divers évènements …
Son œuvre accroche le regard par l’harmonie des formes pleines, douces et généreuses, entre tradition et modernité. Ainsi elle exprime la nostalgie des photos de nos grand-mamans, tout en se fixant dans une écriture contemporaine. Cette ambiguïté séduisante, s’inscrit dans la même veine de sentiment de rêve que dégagent ses vêtements saillants et rafraîchissants. Minutie de la couture, aisance du style, élégance sensuelle des modèles caractérisent les parures, les robes de Nadia. C’est un réduit dans sa maison qui fait office d’atelier Et malgré l’exiguïté problématique du lieu, qui lui donne du fil a retordre, rien ne gêne l’expression de douceur dans le geste de la main, le raffinement dans le rendu des vêtements aux noms colorés, parfumés, qui fleurent bon la Martinique :Caïmite, Cannelle, Carambole, Pois doux, Rose de porcelaine, Oiseau de paradis. Ceux là même qui habilleront les tapis rouges des défilés de demain. Autodidacte agissante et curieuse, Nadia a tout appris seule, par mimétisme d’abord, par études, formation académique sur le tas ensuite. Le travail et la passion ont fait le reste.

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Le shibari, jeu de cordes mortel


   À Rome, une pratique érotique extrême d'inspiration japonaise a coûté la vie à une jeune femme et sa compagne est encore dans le coma.

À jeu érotique extrême, conséquences dramatiques. Une jeune femme est morte samedi à Rome et une seconde est dans un état très grave à la suite d'une séance de shibari (qui signifie en japonais "attaché lié"), une antique technique japonaise de bondage.

Federica, 23 ans, Paola, 24 ans, et Soter, 42 ans, venaient d'un milieu aisé et n'étaient pas des débutants dans les pratiques sadomasochistes. Ils avaient suivi un cours enseignant l'art du ligotage, les secrets des liens de chanvre et les arcanes des jouissances extrêmes. Ils n'en faisaient pas mystère et affichaient leur tendance au sadomasochisme sur leur profil Facebook.

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La cuisine dénaturée par sa surmédiatisation


 par Robert Redeker, philosophe



   "Master Chef" ! "Un dîner presque parfait" ! La cuisine envahit chaque jour l'espace public. Outre ces émissions mettant en scène la préparation de repas, des centaines de blogs se consacrant à cette activité fleurissent sur le Web. Cet étrange phénomène contraint à poser deux questions : quel en est le sens ? Notre société n'accorde-t-elle pas trop de place à la cuisine ?

La télévision harponne l'art culinaire avec deux schèmes éprouvés : celui de la télé-réalité et celui du sport. La plupart des programmes combinent ces deux approches, en mettant en compétition sportive des "vrais gens". Ces émissions de cuisine d'un style nouveau prennent le relais de la télé-réalité, dont elles sont un dérivé. Qu'est-ce qui fait plus "vrais gens" que quelques congénères s'affairant aux fourneaux ?

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Dan Savage explique le sexe à l'Amérique

  Depuis vingt ans, ce militant gay tient avec succès une rubrique courrier du sexe, comme d'autres le courrier du coeur, dans plus de cinquante hebdomadaires américains. Ses positions, longtemps jugées subversives, sont désormais prisées du grand public. Par Stéphanie Chayet

Au commencement était une boutade. En 1991, Dan Savage, jeune employé ouvertement gay d'un vidéo-club du Wisconsin, bavarde avec un client qui s'apprête à partir à Seattle fonder un journal alternatif. "Il vous faut un courrier du sexe, lance-t-il. Les gens adorent ça." Son interlocuteur lui offre la rubrique. "L'idée qu'un homo donne des conseils aux hétéros nous semblait hilarante", raconte-t-il. Très vite, il se prend au jeu. Drôle, intelligente, provocante, et d'une crudité inouïe, sa rubrique hebdomadaire fait un tabac auprès des lecteurs. Les lettres affluent, d'abord par la poste, puis par courrier électronique. Aujourd'hui, Dan Savage reçoit 5 000 messages par semaine (il les lit tous). "Savage Love", qui a fêté ses vingt ans en septembre, est publiée dans plus de 50 journaux et reçoit 1,5 million de visites par mois sur Internet.

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L’humain végétalisé


Par JACQUES TESTART Directeur honoraire de recherches à lInserm, président de la fondation Sciences citoyennes


 

   «Chaque année, chaque jour, des espèces nouvelles naissaient, plus nombreuses qu’il n’en fallait à l’armée des naturalistes pour leur trouver un nom ; certaines monstrueuses, d’autres charmantes, d’autres encore inopinément utiles, comme les chênes laitiers qui poussaient dans le Casentino. Pourquoi ne pas espérer dans un progrès ? Pourquoi ne pas croire en une nouvelle sélection millénaire, en un homme nouveau qui aurait la force et la rapidité du tigre, la longévité du cèdre, la prudence de la fourmi ? (1).» Ce surhumain imaginé par Primo Levi n’a pas les raideurs instrumentales des androïdes bidouillés par nos modernes transhumanistes. Il doit son écart à la norme que nous connaissons, à une modification inouïe : celle de la levée des défenses immunitaires qui permettrait la fécondation des femmes par des entités animales ou même végétales.

 

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"Les plus faibles, ils les achevaient jusqu'à la mort"

Un Algérien blessé est emmené par le photographe Elie Kagan et un journaliste américain à l'hôpital de Nanterre, le 17 octobre 1961.Elie Kagan
 

    Les images sont lointaines, les impressions confuses, mais il se souvient avoir entendu son père parler, un jour, de la manifestation du 17 octobre 1961. Il vivait alors dans le bidonville de Sartrouville, et ce soir-là, son père avait évoqué à mi-voix, avec des cousins, des coups, des morts et des violences policières. "C'était dans les années 1970, je devais avoir 10 ou 12 ans. Dès qu'ils ont réalisé que j'écoutais, ils se sont tus." Aujourd'hui, M'Hamed Kaki a 50 ans, il est devenu "passeur de mémoire" et il sera aux côtés du maire de Nanterre, dimanche 16 octobre, pour inaugurer le premier boulevard de France portant le nom du 17 octobre 1961. "Cette histoire que la France a longtemps oubliée et dont les anciens ne voulaient pas nous parler pour nous protéger, j'en suis aujourd'hui très fier", sourit-il.

M'Hamed Kaki a quitté l'école à 14 ans, il a un CAP de couvreur, mais son appétit de connaissances l'a vite transformé en "braconnier du savoir" : il a suivi des cours du soir, a travaillé comme veilleur de nuit à l'université de Nanterre et a fini par devenir comédien. En sept ans, Les Oranges, l'association qu'il a créée en 2004, a organisé plus de 60 conférences sur l'histoire coloniale et sur le 17 octobre 1961. "Je travaille dans le théâtre, je suis attentif au corps et aux gestes, et j'ai l'impression que ce jour-là, les Algériens ont relevé la tête et marché debout. Pendant des décennies, le silence a tout recouvert, mais, aujourd'hui, nous retrouvons la mémoire. Ce n'est pas l'histoire des Algériens ni même celle des enfants de l'immigration, c'est notre histoire à nous tous, l'histoire de la France."

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Les aidants sexuels ou perpétuer la ghettoïsation

Par CLAUDINE LEGARDINIER Pour le collectif féministe Handicap, Sexualité, Dignité



  Assistant(e) sexuel(le) pour les personnes handicapées, voilà le nouvel «emploi» qui pourrait voir le jour en France si aboutit la proposition de loi portée par l’intense lobbying de l’Association des paralysés de France (APF). Présenté comme progressiste, ce projet est au contraire un piège : pour notre choix de société, pour les femmes, mais aussi pour les personnes handicapées elles-mêmes, renvoyées une nouvelle fois au ghetto et qui, pour beaucoup, s’élèvent contre ce projet.

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Pour l’assistance sexuelle des handicapés

 

  Pour changer la société, changeons les juges



Par MICHEL MARCUS Magistrat honoraire, expert en sécurité urbaine.

   «La gauche doit changer la société», préconise Pierre Rosanvallon. Premier pas du changement, la gauche devrait changer la justice. Mais réclamer son indépendance, c’est se satisfaire de peu. Ce sont les juges qu’il faut changer.

Quel est leur rôle dans la République ? «Ils sont là pour appliquer la loi», nous disent beaucoup de Français, lorsque des décisions de justice leur déplaisent. S’ils n’étaient que des servants de la loi, les juges appartiendraient au corps des fonctionnaires, soumis au pouvoir exécutif. Mais ils n’appliquent pas seulement la loi. Ils disent le droit, en prenant en considération la loi et en la confrontant à des situations humaines. Et la loi évolue en raison de cette confrontation, qui oblige parfois le législateur à la revoir.

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Sarkozysme et justice, ou les ravages d’un projet ultralibéral



Par MATTHIEU BONDUELLE Secrétaire général du Syndicat de la magistrature



    Le 12 décembre 2003, celui qui n’était alors «que» ministre de l’Intérieur déclarait aux futurs juges et procureurs de l’Ecole nationale de la magistrature : «Je ne suis pas garde des Sceaux, mais il y aurait des choses à faire dans ce secteur. Ne le répétez pas, on me prêterait des ambitions que je n’ai pas (1).» La suite a confirmé qu’il en avait un peu plus, mais cette série d’antiphrases prononcées en ces lieux éclaire rétrospectivement la domination que l’actuel chef de l’Etat a choisi d’asseoir sur l’institution judiciaire. On aurait tort, cependant, d’y voir seulement l’empreinte d’un ressentiment personnel.

Trop souvent, les poncifs de la psychologie spontanée altèrent l’analyse des relations entre le pouvoir politique et l’autorité judiciaire. Ainsi, lorsque celle-ci résiste aux tentatives de délégitimation et de domestication émanant de celui-là, il ne peut s’agir que d’une «grogne» ou d’un «mouvement d’humeur», déshistoricisé et dépolitisé, comme le traitement de «l’affaire de Pornic» l’a récemment illustré. Un double reproche contradictoire est alors adressé aux magistrats : ils font de la politique (au sens péjoratif de «politique politicienne») ; ils sont «corporatistes» (fausse analyse, vraie insulte qui sert désormais à discréditer a priori toute contestation émanant d’un secteur professionnel). On perd ainsi de vue la triple dimension sociale de la justice qui est à la fois un service, une institution et un régulateur.


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La langue maternelle est... paternelle
 

Images du film "La Guerre du feu". © Belstar Production / Stephan Films

Une étude anglaise montre que les hommes imposent leur langue là où ils s'installent, supplantant ainsi celle des femmes.

 

    Les hommes auraient eu, depuis toujours, le dernier mot. C'est ce qu'ont démontré des chercheurs de l'université de Cambridge dans une étude basée sur l'analyse de données génétiques et de flux migratoires. D'après Colin Renfrew et Peter Foster, qui ont dirigé la recherche publiée dans Science, les mutations linguistiques sont un phénomène dans lequel les hommes jouent un rôle déterminant : quand un homme arrive, c'est sa langue qui s'impose.

Pour en arriver là et reconstituer le mode de transmission de la langue, les chercheurs ont examiné des marqueurs génétiques spécifiques à chaque sexe dans de nombreuses communautés à travers le monde. L'étude s'est attachée à suivre la transmission à la descendance du chromosome Y chez les hommes et de l'ADN mitochondrial chez les femmes. Avec cette conclusion : la transmission du langage est liée au sexe.
 

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Obama ou l'honneur perdu du prix Nobel de la paix

La réélection du candidat Obama est-elle plus importante que la vie de Troy Davis ? Que l'avenir de centaines de milliers de Palestiniens ?

Par Daniel Salvatore Schiffer philosophe

 


Ce sont des millions d’hommes et de femmes, de par le monde civilisé, qui se sont sentis floués, le 21 septembre dernier, par Barack Obama : ce jour-là, un innocent, Troy Davis, était exécuté par injonction létale, l’un des pires supplices, sur ordre d’un tribunal d’Amérique, sans que le président de ce pays, Barack Obama précisément, n’ait consenti à prononcer un seul mot de compassion, quand bien même il ne dispose d’aucun pouvoir en matière de justice, envers ce malheureux.

Ainsi est-ce le puissant lobby des défenseurs du port d’armes tout autant que l’imposante frange des partisans de la peine de mort, lesquels constituent une part non négligeable de son électorat, que le futur candidat à un deuxième mandat présidentiel aura finalement écouté là, bien plus que sa propre conscience.

Trahison, s’écrieront tous ces idéalistes en mal de vérité, de liberté et de justice, qui, n’écoutant que leur cœur battre au rythme de ses promesses, auront voté pour lui : l’incommensurable déception qu’il aura engendrée chez eux se révèle inversement proportionnelle, aujourd’hui, à cet immense espoir qu’il y avait naguère suscité !

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   Le commissaire à la diversité et à l'égalité des chances, Yazid Sabeg, a récemment annoncé l'abandon du projet de rendre obligatoire l'anonymat des CV (Le Monde du 25 août). Cette décision est en partie motivée par les résultats d'une expérimentation menée par Pôle emploi, qui tend à relativiser l'efficacité d'une telle mesure.
 
Cette étude montre que les noms et les origines sociales qui leurs sont associées sont utilisés par les employeurs pour interpréter les signaux négatifs contenus dans les CV. De ce fait, lorsque le CV d'un candidat issu de l'immigration est rendu anonyme, ses probabilités de convocation à un entretien d'embauche sont plus faibles, parce qu'il subit de plein fouet les carences de son parcours professionnel.
 

 

Le shibari, jeu de cordes mortel

   À Rome, une pratique érotique extrême d'inspiration japonaise a coûté la vie à une jeune femme et sa compagne est encore dans le coma.

À jeu érotique extrême, conséquences dramatiques. Une jeune femme est morte samedi à Rome et une seconde est dans un état très grave à la suite d'une séance de shibari (qui signifie en japonais "attaché lié"), une antique technique japonaise de bondage.

Federica, 23 ans, Paola, 24 ans, et Soter, 42 ans, venaient d'un milieu aisé et n'étaient pas des débutants dans les pratiques sadomasochistes. Ils avaient suivi un cours enseignant l'art du ligotage, les secrets des liens de chanvre et les arcanes des jouissances extrêmes. Ils n'en faisaient pas mystère et affichaient leur tendance au sadomasochisme sur leur profil Facebook.

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Alors que la France commémorait dimanche le 30e anniversaire de l'abolition de la peine capitale, l'affaire Troy Davis mobilise les adversaires d'un système accusé de frapper de nombreux innocents aux États-Unis.
 
   Lors du débat télévisé des candidats républicains à la présidentielle organisé par CNN il y a quelques jours, le gouverneur du Texas, Rick Perry, s'est vanté de rester un partisan farouche de la peine de mort, expliquant que les 234 exécutions qui s'étaient déroulées dans son État depuis son arrivée à son poste ne l'empêchaient nullement de dormir. «J'ai confiance en notre système judiciaire», a-t-il dit. Un tonnerre d'applaudissements a répondu à ses paroles.
 
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«Salle d'éxécution» dans l'Ohion en 2001.

 

Eviter la concurrence des victimes

par Dominique Borne, historien, doyen honoraire de l'Inspection générale de l'éducation nationale

 
   Un parcours international autour des mots relativise le débat français. Ainsi le monde anglo-saxon, les organisations internationales et le site en anglais de Yad Vashem continuent-ils à utiliser le mot "holocauste", banni en France... "Génocide", juridiquement défini, est générique (la Shoah est un des génocides répertoriés par les organisations internationales). En France, "Shoah", utilisé dans les classes, s'impose, depuis le film de Claude Lanzmann.
 
Le mot coexiste avec des expressions qui tentent de rendre compte de la dimension historique. Naguère nous avions, dans les programmes de 1995, utilisé l'expression "extermination systématique", aujourd'hui je note l'apparition du mot "anéantissement". Il est donc nécessaire d'expliquer aux élèves comment sont nés les mots et de préciser leur contexte d'utilisation. Shoah, ce mot hébreu qui vient de la Torah, relève du registre de la mémoire, non seulement en France (Mémorial de la Shoah, Fondation pour la mémoire de la Shoah), mais aussi en Israël : Yom HaShoah est, depuis les années 1950, le jour de commémoration nationale des victimes.
 

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Nicolas Grimaldi, le phare qui éclaire l’humain

Nicolas Grimaldi chez lui, à Ciboure, en septembre 2011. (Photo Rodolphue Escher)

Par Robert Maggiori


 

   Portrait Du haut de son phare au Pays basque, où il vit depuis 1968, le philosophe lit, peint, écrit, scrutant l’éternelle insatisfaction des hommes, incapables de vivre dans le présent.
 
Il est des lieux plus propices que d’autres à la méditation. Droit devant, la mer et le ciel se confondent sous le même gris perle. La maison s’avance sur le promontoire tel un bateau échoué. A droite, par ses innombrables fenêtres, on aperçoit, comme autant de photos encadrées, Ciboure et la baie de Saint-Jean-de-Luz. A gauche, la houle s’écrase sur la corniche, qui s’étend jusqu’à Hendaye. C’est l’ancien sémaphore de Socoa, construit à l’époque de Guizot - un temps bureau télégraphique, désaffecté en 1922, puis vendu par la marine. «J’ai fait l’acquisition de ce qui était alors une ruine en 1968, quand j’ai quitté Paris. Aujourd’hui, c’est mon île, c’est là qu’habite Robinson Crusoé.»

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  Alain Badiou :

“Les gens se cramponnent aux identités... Un monde à l'opposé de la rencontre” 

On aurait tort de ne voir dans le philosophe Alain Badiou que le militant politique – il a longtemps été maoïste – ou le polémiste – son opuscule De quoi Sarkozy est-il le nom ? (éd. Lignes, 2007) l'a fait connaître du grand public. Car, philosophe, mais aussi mathématicien, romancier, dramaturge, il est évidemment avant tout homme de rencontres. La richesse de son parcours en témoigne. Elle lui a fait théoriser un bel Eloge de l'amour (éd. Flammarion, 2009), et très récemment débattre avec Alain Finkielkraut dans L'Explication (éd. Lignes, 2010). Avec Alain Badiou, rencontrer ne va pas de soi. Mais est riche de promesses...
 

 
 par Isabelle Beyneix, chercheur en droit

Depuis le premier choc pétrolier de 1973, s'est ouvert l'ère des presque "quarante désastreuses" sous la forme de récession, de dépression ou encore de décroissance économique pour l'Occident. Qu'il s'agisse de la fin d'un cycle économique ou d'un état de crise permanent, force est de constater pour une très large part l'inertie et la résignation des populations occidentales mais également des hommes politiques.

Economiquement, nos sociétés s'apprêtent au pire depuis dix ans en se blottissant dans les valeurs refuges. Depuis les années 50, nous assistons passifs à la vente d'un monde calibré, d'un rêve d'absolu consumériste. Il comble un vide profond. Il n'y a plus de croyance en un idéal théorique, théologique, ou dans un monde meilleur, et pour la majorité de nos concitoyens, la mort s'apparente désormais à une véritable fin. Tout est définitivement tragique et rien n'est véritablement sérieux. Il s'agit donc d'en profiter le plus et de payer le moins.

Du point de vue de l'éducation, le succès des émissions de téléréalité et le développement de la presse people montre que les politiques culturelles et éducatives de masse ont échoué. L'ère du vide intellectuel rassure désormais l'être humain occidental plus qu'il ne l'inquiète. Il n'y a plus de honte à ne pas savoir. Les héros médiatiques ressemblent à l'archétype de l'être humain occidental. La culture n'est plus assimilée à de l'intelligence. Vivre consiste dorénavant à oublier les horreurs dénoncées par les médias (la mort et la souffrance sont désormais des scandales) et à savourer la vie dans sa plus simple acceptation, avec facilité. Il n'est plus question de créer un autre monde mais de conserver celui-là. L'être humain occidental se contente de profiter de son existence. Cette dernière consiste économiquement à travailler "au noir" ou à gagner énormément d'argent et à trouver le moyen de payer le moins d'impôts possible. Sa seule religion est le football. Sa famille se disloque et s'agrandit au gré de ses rencontres. Pourquoi ? Sans doute car la famille est source d'embarras plus que de plaisirs, que le travail ne rapporte plus car la méritocratie n'existe plus. Il faut désormais être malin, rusé, et pouvoir investir. La culture n'apporte aucune plus-value dans ce type de système.

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A propos du 11 septembre 2001

L'esprit du terrorisme
Jean Baudrillard

   Des événements mondiaux, nous en avions eu, de la mort de Diana au Mondial de football - ou des événements violents et réels, de guerres en génocides. Mais d'événement symbolique d'envergure mondiale, c'est-à-dire non seulement de diffusion mondiale, mais qui mette en échec la mondialisation elle-même, aucun. Tout au long de cette stagnation des années 1990, c'était la "grève des événements" (selon le mot de l'écrivain argentin Macedonio Fernandez). Eh bien, la grève est terminée. Les événements ont cessé de faire grève. Nous avons même affaire, avec les attentats de New York et du World Trade Center, à l'événement absolu, la "mère" des événements, à l'événement pur qui concentre en lui tous les événements qui n'ont jamais eu lieu.

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Les indécences d'Hadopi

Par Jacques Attali,


"Il est assez piquant de voir Hadopi parler de menaces sur la littérature, alors que cette autorité n'a aucune compétence sur le sujet; et il est scandaleux de la voir, par un amalgame trompeur, inventer une menace imaginaire pour faire croire que le libre accès à Internet interdira de publier des roman."

Hadopi
Sa campagne de promotion fait d'Hadopi le sauveur de la création française. C'est exactement l'inverse pour Jacques Attali, qui rappelle que les artistes ont besoin de soutien, pas de censeurs.

Hadopi, la haute autorité chargée de lutter contre le téléchargement de musique sur Internet, rendu illégal par la loi qui l'a créée, vient de présenter une campagne publicitaire de très grande ampleur. On y voit en particulier, dans un encart pour la presse écrite, une petite fille, l'air triste parce que, selon la publicité, elle serait menacée par le piratage de ne pas pouvoir publier son premier roman, en 2032. Puis vient le slogan de la campagne, décliné de mille façons sur tous les médias: "La création de demain se défend aujourd'hui!"

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Nudité du pouvoir et pavé dans la mare.

par Jacky Dahomay
Professeur de philosophie

Comment expliquer aujourd’hui que des délits sexuels, subitement, envahissent le champ politique au point de le pervertir ? Car de tels délits ne sont pas nouveaux dans l’histoire politique et si on veut remonter aux origines on peut penser que l’Œdipe de Sophocle est bien la mise en scène de deux crimes au fond sexuels, l’inceste et le parricide, qui viennent infester la vie de la polis. Il est en vérité surprenant d’entendre certains responsables politiques affirmer que l’affaire DSK n’a rien de politique. Il y a quelque chose du sexe qui a été refoulé du politique et qui fait comme un retour inopiné. Mais quoi ?
Que certains responsables politiques abusent de leur pouvoir dans le domaine sexuel est une pratique très ancienne dans l’histoire surtout dans l’Europe catholique. Certains ont vu dans l’affaire DSK la persistance en France du vieux droit de cuissage propre aux Rois, ce qui est bien plus qu’un simple troussage de domestique. Peut-être cette piste mérite-t-elle d’être explorée. Le droit de cuissage en effet, qui est l’affirmation du pouvoir politique sur le sexe, est pourtant inséparable de la théorie des « deux corps du roi ». C’est parce que le roi avait deux corps, l’un mortel et l’autre immortel car renvoyant à une dimension symbolique transcendante, que le pouvoir sur le sexe prenait un sens dans le collectif. En France, très tôt, on a coupé le cou du roi mais est-on réellement assuré d’avoir totalement liquidé ce qui pourrait rester de théologico-politique dans l’exercice du pouvoir ?

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Méfions-nous de l'idéologie du nomadisme !


par Jean-Loup Amselle, anthropologue


L'usage métaphorique des sociétés nomades est en vogue dans les sciences sociales et la philosophie où il revêt la forme de l'errance, du vagabondage, de l'exil, de l'esprit artiste, du flux, de la pensée ou de la raison nomade, en un mot de la "nomadologie".

Il serait possible de faire la généalogie de la configuration nomade, et pointer, par exemple, le romantisme et l'orientalisme de certains auteurs du XIXe siècle comme Flaubert dont la lettre à George Sand de 1867 sur les Bohémiens a été récemment utilisée par les défenseurs des Roms. Dans cette lettre, l'auteur de L'éducation sentimentale identifie ce peuple à différentes figures : celles du Philosophe, du Poète, du Solitaire, de l'Hérétique, et enfin celle du Bédouin. Et l'on pourrait cheminer de la sorte jusqu'à la passion contemporaine pour ce qui est devenu un véritable topos, mais plutôt que de faire de l'histoire des idées, on voudrait partir de l'actuelle fascination pour ce motif afin de remonter dans le temps, vers les sources de l'imaginaire nomade.

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Monsieur Ferry, au lieu d’aller à Canal +, vous auriez dû relire Kant


Par MATHIEU POTTE-BONNEVILLE Président du Collège international de philosophie.


On ne devrait jamais cesser de lire. Luc Ferry, qui se fit d’abord connaître du grand public en commettant un pauvre pamphlet sur la pensée 68, gagna le respect des philosophes pour avoir lu d’assez près Kant, et en avoir tiré quelques bons livres. C’était une époque où l’on opposait volontiers, à l’éloge seventies du désir, le nécessaire retour d’une morale adossée au respect de la personne plus qu’aux errements du corps.

Or, si l’on peut être tenté de voir dans les déclarations récentes de l’ancien ministre comme un surgeon de ce vieux débat, comme un sursaut de moralisme dénonçant de nouveau les excès du sexe, il suffit d’ouvrir un livre de morale pour jeter sur l’affaire une lumière différente - d’ouvrir, par exemple, cet ouvrage austère qu’est la Doctrine de la vertu d’Emmanuel Kant.

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Internet n'a pas à être "civilisé"

par Patrice Lamothe,

"Au e-G8, je me sens comme un Indien ou un Africain en train de regarder les puissances coloniales s'armer pour conquérir ma terre". Ce tweet du journaliste américain Jeff Jarvis résume le clivage entre le monde de l'Internet et ceux qui cherchent à le "civiliser", au premier rang duquel figure désormais Nicolas Sarkozy. Opération de communication, l'e-G8 aura eu le mérite de souligner l'importance croissante du numérique, longtemps cantonné en France à un secrétariat d'Etat, de mettre en scène des rapports de domination et surtout de révéler le choc de conception en matière de gouvernance entre les Etats et Internet.


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La religion n’est pas un service public


Par HENRI PENA-RUIZ philosophe, écrivain, ancien membre de la commission Stasi



Apparemment notre république serait trop pauvre pour faire vivre des grands services publics communs à tous, croyants, agnostiques et athées. Asphyxie organisée de l’école publique, démantèlement des hôpitaux de proximité, privatisations en tous genres, etc. L’ultra-libéralisme fait son œuvre. La solidarité redistributive n’est plus à l’ordre du jour. En revanche la république serait assez riche pour financer des lieux de culte, qui ne concernent pourtant que les croyants pratiquants, une petite minorité. M. Sarkozy prône le supplément d’âme d’un monde sans âme. La terre vous paraît bien injuste voire invivable ? Réfugiez-vous donc dans le ciel ! Le protecteur des nantis ose dire sans ambages : «La république a besoin de croyants» (discours au palais du Latran).

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Cinq ans de prison pour un couple de végétaliens dont la fillette est décédée



Agée de 11 mois, Louise, est morte le 25 mars 2008 à leur domicile. Selon les experts, le décès serait lié au régime alimentaire des parents et à l'absence de soins médicaux traditionnels.
La cour d'assises de la Somme a condamné vendredi 1er avril à cinq ans de prison dont 30 mois ferme un couple de végétaliens dont la fillette de 11 mois était décédée en 2008 en raison d'un régime alimentaire déséquilibré et par manque de soins médicaux.

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L’idéologie sécuritaire, venue des années 1970

4 réactions

Par JEAN-PIERRE MIGNARD Docteur en droit pénal, avocat à la cour., JEAN-PIERRE MIGNARD président de Désir d’avenir

La campagne présidentielle du camp conservateur s’appuie sur le sécuritarisme et l’islamophobie, deux thématiques qui résument à elles seules la maladie sénile de la France et de l’Occident. Cet état d’urgence mental vient de loin. Dès le premier choc pétrolier de 1973 et la crise du système monétaire de Bretton Woods, les sociétés industrielles, inquiètes des mouvements de protestation dans le monde, des flux migratoires, de la crise urbaine et de la délinquance se sont dotées d’une stratégie de guerre froide intérieure. Dans The Crisis of Democracy, publié en 1975 dans le cadre de la commission trilatérale, MM. Crozier, Huntington et Watanuki critiquaient l’excès de démocratie. Il faut «surmonter la démocratie» ou en tout cas parvenir à «un plus grand degré de modération dans la démocratie», écrivaient-ils, car celle-ci favorise «un comportement irrationnel chez les individus». Il convient aussi de «protéger les politiciens des excès de la presse». Plus tard, Samuel Huntington devint le prophète du choc des civilisations, rajoutant l’islam aux dangers répertoriés.

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«L’islam, vous dis-je !» ou Sarkozy, médecin imaginaire

Par ERIC FASSIN sociologue, ’Ecole normale supérieure (ENS)


Dans le Malade imaginaire, Toinette, qui joue à caricaturer les médecins de l’époque, n’a qu’un diagnostic à la bouche : «Ce sont tous des ignorants. C’est du poumon que vous êtes malade.» Argan peut bien énumérer ses multiples symptômes : «Je sens de temps en temps des douleurs de tête. - Justement, le poumon. - Il me semble parfois que j’ai un voile devant les yeux. - Le poumon. - J’ai quelquefois des maux de cœur. - Le poumon.» Qu’importe la question ? La réponse est toujours la même.

Molière pousse encore plus loin la satire. Ne peut-on être malade à son insu ? A l’hypocondriaque, il suffit de suggérer d’autres maux, dont il ignorait encore souffrir. Le plus inquiétant, c’est de bien se porter. «Vous avez appétit à ce que vous mangez ? Vous aimez à boire un peu de vin ? Il vous prend un petit sommeil après le repas, et vous êtes bien aise de dormir ?» Il n’est nullement besoin qu’un problème existe pour lui trouver une solution. «Le poumon, le poumon, vous dis-je.»

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L’historien doit connaître et faire connaître

Par PIERRE NORA Historien

Devoir de mémoire,, devoir d’histoire: deux expressions qui n’ont rien de symétrique. La deuxième est vieille comme le monde, la première ne date que d’une trentaine d’années. Elle est née avec Primo Levi, de la volonté des rescapés de rester fidèles au souvenir des morts dans les camps. Elle s’est popularisée à partir des années1980 en réaction à l’offensive négationniste. Elle s’est, depuis, dilatée jusqu’à devenir une particularité française comme pilier d’une véritable religion civile, ou civique. Comment, pourquoi?

Il y a d’abord eu les effets de ce que Annette Wieviorka a baptisé «l’ère du témoin». La prise de parole des survivants, des victimes, des revenants de l’autre monde donnait accès à l’expérience vécue: ce que ne saura jamais atteindre l’histoire traditionnelle. Mais l’ère du témoin portait dans ses flancs un renversement bien plus grand: l’affirmation que la mémoire délivrait une vérité supérieure à celle que pouvait établir la froide reconstruction critique de ce qui s’était passé comme «sens» de l’histoire

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La mémoire n’est pas un devoir

Par CLAUDE LANZMANN Journaliste, écrivain et cinéaste


Débat «Devoir d’histoire, devoir de mémoire» est une fausse fenêtre de la dissertation à la française, qui interdit toute parole de vérité. Je n’ai, quant à moi, jamais employé l’expression «devoir de mémoire». Je la trouve révoltante et n’ai cessé de me battre contre les bureaucrates et les politiciens qui la ressassent ad nauseam.

Si la mémoire est un devoir, cela veut dire que l’oubli triomphe et que les soi-disant gardiens de la première entretiennent sciemment la panique, craignant sans doute de perdre leur raison d’être et leur gagne-pain. On agite le spectre de la tabula rasa : quand le dernier survivant aura disparu, plus rien de ce qu’on appelle désormais la Shoah ne demeurera. Comme si la guerre de 14-18 s’était abîmée dans le néant avec la mort de l’ultime poilu ! Comme si la transmission de la mémoire s’arrêtait net avec la disparition des témoins ou acteurs des événements, comme s’ils n’avaient jamais parlé à leurs enfants et petits-enfants. On peut faire aujourd’hui l’histoire de la Première Guerre mondiale, mais mémoire et histoire coexistent et se conjuguent longtemps dans la conscience des humains.

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Pourquoi il faut réapprendre à parler de la mort à nos enfants

Marie-Frédérique Bacqué, professeur de psychopathologie à l'université de Strasbourg, présidente de la Société de thanatologie


Avec les récents à-coups provoqués par la tentative de passage au Sénat de la proposition de loi sur une "assistance médicalisée permettant une mort rapide et sans souffrance", l'urgence d'un débat autour de la mort s'est à nouveau fait sentir. L'impression d'une opposition nette entre partisans des soins palliatifs adoucissant la fin de la vie jusqu'à la mort et ceux de la mort choisie demandant une euthanasie avec une assistance médicalisée ne doit pas faire écran devant le véritable débat. Il s'agit bien du débat sur la mort.

Contrairement aux animaux, qui n'ont ni rites funéraires, ni sépultures, ni culte de leurs morts, toutes les sociétés humaines procèdent depuis au moins 100 000 ans, à l'accompagnement de leurs mourants et surtout de leurs morts. Mais c'est en raison même de cette prise en charge collective, en temps de paix, de la souffrance liée à la rupture définitive du lien familial et social, que nous avons tenté de fuir notre destinée biologique.

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Une jeune femme séquestrée pour être exorcisée


   Quatre personnes ont été mises en examen après avoir séquestré une jeune fille pendant une semaine dans un appartement à Grigny pour l'exorciser.

Quatre personnes, interpellées jeudi à Grigny (Essonne) après avoir séquestré une jeune fille pendant une semaine dans un appartement pour l'exorciser, ont été mises en examen et placées en détention provisoire samedi soir, a-t-on appris dimanche auprès du parquet d'Evry. Elles sont toutes poursuivies pour séquestration avec actes de torture, précise la même source.

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L'indigne "droite sociale" de Laurent Wauquiez
 


Consternant. Tel est le mot qui vient à l'esprit en lisant les propositions de Laurent Wauquiez, d'autant que ce ministre mène une action européenne estimable. Consternante, la proposition de n'accorder aux étrangers les droits sociaux qu'au bout de cinq ans, alors que M. Wauquiez ne peut ignorer que jamais le Conseil constitutionnel n'accepterait une telle loi, lui qui rejette toute discrimination, fût-elle "positive".

Consternantes, les propositions sur le revenu de solidarité active (RSA). En 1988, François Mitterrand écrit dans sa Lettre à tous les Français pour sa campagne présidentielle : "Si je suis élu, je mettrai en oeuvre le revenu minimum proposé par Lionel Stoléru", et, effectivement, Michel Rocard me propose de venir auprès de lui créer le revenu minimum d'insertion (RMI) qui accorde, en France, le droit à tout être humain de ne pas mourir de faim.

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On peut souhaiter une équipe de football qui reflète la diversité du pays


Par Hubert Lagrange

  L'idée d'instaurer des quotas pour les "jeunes joueurs binationaux d'origine subsaharienne et maghrébine" a suscité de vives réactions. Elle intervient après un débat sur l'identité nationale, au moment où la Commission de Bruxelles précise "les conditions dans lesquelles il sera possible de rétablir temporairement les contrôles aux frontières nationales" et où les mouvements populistes agitent le spectre d'un afflux d'immigrés du Sud.

L'idée de limiter le nombre de joueurs d'origine maghrébine ou subsaharienne retourne l'argumentaire de lutte contre les discriminations dans un sens inhabituel. Alors qu'on ignorait les différences héritées comme la religion reçue ou l'origine culturelle - amalgamée avec la couleur de peau -, les urgences de la reconnaissance de la diversité et celles des politiques d'immigration semblent aujourd'hui se télescoper.

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En finir avec la «laïcité ouverte»


Par JEAN BAUBEROT Historien, sociologue


  Depuis plus de vingt ans, certains militants, intellectuels et groupements laïques affirment que la laïcité ne souffre pas d’être accompagnée d’un adjectif. Ils dénoncent ceux qui en utilisent comme des sortes de traîtres à la laïcité. Dans Libération du 23-24 avril, Henri Pena-Ruiz ravive ce conflit par ce titre : «La laïcité ouverte est insultante». Il affirme que le «principe de laïcité ouverte ou positive» a été «inventé par des théoriciens au sein de la Ligue de l’enseignement», pratiquant allègrement l’amalgame puisque c’est Sarkozy qui parle de «laïcité positive» ! Deux façons de disqualifier ceux qui n’épousent pas sa conception de la laïcité. Je voudrais proposer une piste pour dépasser cette querelle absurde qui stérilise la gauche, au moment où la droite dure et l’extrême droite s’emparent du thème de la laïcité pour masquer leurs propres desseins.

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Prison ferme pour avoir transmis le VIH à sa compagne



  Un homme séropositif a été condamné à trois ans de prison, dont deux ans fermes, pour avoir contaminé sa petite amie avec le sida.
Un rapport non-protégé et de lourdes conséquences. Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné lundi à trois ans de prison, dont un avec sursis, un homme qui avait contaminé sa compagne avec le VIH alors qu'il se savait séropositif.
Cet homme de 28 ans avait rencontré en décembre 2008 une femme de 37 ans, mère d'un enfant et récemment divorcée. Il prétendait à l'époque être "clean" et "avoir fait des tests", selon les déclarations de la victime.

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"Ce sera une sorte de télé-réalité élyséenne"

 

Carla Bruni-Sarkozy enceinte -


    L'historien Christian Delporte analyse l'arrivée d'un nouveau-né sur l'image de Nicolas Sarkozy, à un an de la présidentielle.

Historien, spécialiste de la politique et des médias, auteur d'une Histoire de la séduction en politique (Flammarion), Christian Delporte estime que la grossesse de Carla Bruni-Sarkozy va donner du chef de l'État une image plus protectrice. Idéal pour briguer un second mandat, même si l'affaire DSK fragilise un plan de communication rodé.

Le Point.fr : La grossesse de la première dame de France est désormais connue. Y a-t-il des précédents dans l'histoire ?

Christian Delporte : Aux États-Unis, oui. Durant la campagne de Kennedy, en 1960, Jackie était enceinte. Son mari ne l'a pas dit tout de suite, mais les journalistes s'inquiétant de l'absence de Jackie, il leur a appris la nouvelle lui-même et a rapidement constaté que ça marchait. Il a donc complètement exploité l'évènement. Cherie et Tony Blair, en Grande-Bretagne en 2000, ont, eux aussi, exploité l'arrivée de leur "millenium baby" dans les moindres détails, un an avant sa réélection. Et puis il y au David et Samantha Cameron, en 2010, bien sûr. En France, nous avons tout de même eu une sorte de précédent : celui du président grand-père, avec Chirac qui a exploité l'image du petit Martin, en 1996. La communication autour de son petit-fils a été organisée pour humaniser son image, même bien après sa naissance, pendant la cohabitation. Un numéro de Paris Match avait même titré "L'art d'être grand-père".

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Bébé-élection et/ou bébé-piège à cons

   Après le bébé éprouvette, le bébé médicament voici le bébé-élection. La maîtrise du processus de fécondité permet de programmer les naissances en fonction de nécessités externes au processus de la grossesse. Cette maîtrise peut servir des fins politiques.

La dernière élection présidentielle a été l'occasion pour les agences de communication de tester avec succès une technique venue des Etats-Unis le "storytelling", en bon français la communication narrative.  Le procédé en politique consiste à introduire dans la présentation du candidat une histoire à fort niveau de séduction qui s'adressera, principalement pour ne pas dire uniquement, à l'émotion et surtout pas à la raison. Les conseillers en communication du politicien ( les spin doctors) sont donc des machines à fabriquer des histoires toujours réinventées pour formater les esprits et ainsi les détourner du débat politique au risque de vider de sens toute consultation démocratique.

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Toutes les religions contre le débat sur la laïcité

Anne-Cécile Juillet

  Le ton est prudent et «sans aucun esprit polémique ou partisan», mais le message est clair. Les représentants des six grandes religions de France, réunis au sein de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF), désapprouvent la tenue du débat sur la laïcité tel qu’il est proposé à ce jour par le président de l’UMP, Jean-François Copé.

Leur déclaration commune, qui sera publiée mercredi, et dont Le Parisien-Aujourd’hui en France a eu connaissance, constitue une première pour le CRCF, fondé discrètement en novembre dernier. Pour l’heure, outre les représentants musulmans, seul le président de la Fédération protestante de France et le Grand Rabbin de France s’étaient prononcés publiquement sur le débat, prenant nettement leurs distances.

Catholiques (Mgr André Vingt-Trois), protestants (le pasteur Claude Baty), orthodoxes (le métropolite Emmanuel), juifs (le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim), musulmans (le président du CFCM, Mohammed Moussaoui) et bouddhistes (le révérend Olivier Wang-Genh) appellent d’une même voix à veiller «à ne pas dilapider ce précieux acquis» (la laïcité), et «pendant cette période pré-électorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation». «Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. (...) Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul ?»

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C'est le mythe du progrès et de la sécurité qui est en train de s'effondrer

 par Ulrich Beck, sociologue allemand


  Parler de "société du risque mondialisé", c'est parler d'une époque au sein de laquelle la face obscure du progrès détermine de plus en plus les controverses sociales. Que les plus grands dangers viennent de nous n'a d'abord été une évidence pour personne, et on l'a contesté ; or c'est un fait qui est en train de devenir la force motrice de la politique. Les dangers nucléaires, le changement climatique, la crise financière, le 11-Septembre, etc. Tout cela s'est produit conformément au scénario que je décrivais il y a vingt-cinq ans, avant même la catastrophe de Tchernobyl.

A la différence des risques industriels des époques passées, ceux d'aujourd'hui ne connaissent pas de limites, qu'elles soient géographiques, temporelles ou sociales ; aucune des règles en vigueur ne permet de les imputer à quiconque, tant en termes de causalité que de faute ou de responsabilité ; enfin ils ne peuvent être ni compensés, ni assurés. Là où les assurances privées renoncent à protéger – et c'est le cas pour l'énergie nucléaire comme pour les nouvelles technologies génétiques – la frontière entre risques calculables et dangers incalculables ne cesse d'être franchie. Produits par l'industrie, ces dangers potentiels sont en outre externalisés par l'économie, individualisés par le droit, légitimés par la technologie et minimisés par les politiques. Bref : le système de réglementation qui doit assurer le contrôle "rationnel" de ces potentiels d'autodestruction en marche vaut ce que vaut un frein de bicyclette sur un jumbo-jet.

Mais ne faut-il pas distinguer Fukushima de Tchernobyl ? Les événements qui se déroulent au Japon sont en effet issus d'une catastrophe naturelle et le potentiel de destruction qui y est à l'œuvre n'est pas la conséquence d'une décision humaine, mais d'un tremblement de terre et d'un tsunami.

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Cher Todorov...
Il y a des résistances légitimes



Par JEAN DANIEL Editorialiste au Nouvel Observateur

  Pour mettre un bémol à l’enthousiasme que les révolutions du printemps arabe ont suscité, Tzvetan Todorov affirme (Libération du 22 mars) qu’il n’y a pas de guerre juste. Je lui signale que l’enthousiasme a bien davantage accompagné la découverte d’une nouvelle dimension dans l’histoire des révoltes de l’homme arabe, que le fait de livrer une guerre quelconque, même contre Kadhafi. C’est en tout cas ainsi que j’ai réagi.

Il n’y a pas de guerre juste ? C’est un moulin qui n’a pas besoin d’eau. Et j’y apporterai même ma contribution en citant Camus : «Dès qu’un opprimé prend les armes au nom de la justice, il met un pied dans le camp de l’injustice.» C’est en effet ce que l’on vient de faire. Cela dit, s’il n’y a pas de guerre juste, il y a des résistances légitimes et des solidarités qui s’imposent. Fallait-il laisser Kadhafi massacrer les jeunes révoltés de Benghazi ? Dès le début je me suis dit que c’était inconcevable. L’intervention pourrait faire des victimes civiles ? C’est ce qu’on appelle d’ordinaire des «bavures» ou des «dommages collatéraux». Mais, comme d’autres, je ne me doutais pas que la cynique stratégie de Kadhafi consisterait à faire en sorte qu’elles soient le plus nombreuses possible. Mais s’il fallait se résigner à une option - et s’il faut toujours la maintenir ! -, il était évidemment indispensable qu’elle fût concertée avec les pays arabes et qu’elle obtînt l’accord du Conseil de sécurité.

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Il n’existe pas de guerre juste
 

Par TZVETAN TODOROV Historien et essayiste. Il a notamment publié en 2008 la Peur des barbares. Au-delà du choc des civilisations (Robert Laffont)

  L’intervention militaire en Libye a suscité en France un chœur d’approbations. On entend dire que la France vient de réussir un grand coup. Le chef ennemi n’est plus désigné que par des superlatifs, il est devenu le «dément», le «bourreau», le «tyran sanguinaire», quand il n’est pas renvoyé à ses origines de «Bédouin rusé». Les euphémismes sont de mise, on ne dit pas qu’il faut tuer sans remords, mais qu’«il faut assumer ses responsabilités» ; ni qu’on essaie de diminuer le nombre de cadavres, mais qu’on doit procéder «sans casse excessive». Des comparaisons hasardeuses justifient l’entrée en guerre : ne pas intervenir aurait été répéter les erreurs commises en Espagne en 1937, à Munich en 1938, au Rwanda en 1994… Ceux qui traînent les pieds sont stigmatisés : l’Allemagne n’a pas été à la hauteur, l’Europe a témoigné d’une étonnante frilosité - à moins que ce ne soit son habituelle pusillanimité. Les pays émergents sont coupables de ne pas vouloir courir de risques - comme si les va-t-en-guerre de la capitale française en prenaient beaucoup !

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Race, classe, football : ne pas hurler avec la meute


Par GÉRARD NOIRIEL historien, EHESS, STÉPHANE BÉAUD Sociologue, Ecole normale supérieure, auteur de "Traîtres à la nation" (La Découverte)

Une nouvelle fois le football français est l’objet d’un «scandale» déclenché cette fois non par la grève des Bleus mais par les révélations de Mediapart sur le projet de la DTN (direction technique nationale) d’imposer des «quotas» de binationaux dans le recrutement de jeunes joueurs (13 ans) dans ses propres centres de formation. Dans un premier temps, les intéressés - le sélectionneur (Laurent Blanc) et le DTN (François Blaquart) - nient en bloc. Quand la publication le lendemain du verbatim de la réunion par Mediapart apporte la preuve des allégations du premier article, la machine médiatique s’emballe : gros titres de la presse écrite, première place dans les JT, etc. Face à ces révélations, la ministre des Sports ne tarde pas à suspendre le DTN. Laurent Blanc, jusqu’alors épargné, est mis en cause : suspecté de «racisme», il se voit contraint de s’excuser («si, pour ce qui me concerne, j’ai heurté certaines sensibilités, je m’en excuse»). Les militants de la «cause noire» en France montent ensuite au créneau, réclamant la tête de tous les participants à cette réunion de travail. Dans cette nouvelle affaire, c’est la direction du football français qui est éclaboussée, la DTN apparaissant comme le siège d’un racisme institutionnel.

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Le populisme est une réponse aux angoisses collectives


par Raffaele Simone, linguiste

De toutes les vibrations sismiques qui secouent la démocratie, le populisme est l'une des plus inquiétantes parce qu'il annonce normalement une dérive à droite. Du reste, comme la démocratie n'est pas une forme politique immuable mais qu'elle est exposée à de continuelles torsions, on ne peut pas exclure que le moment présent corresponde précisément à l'une d'elles.

En effet, que toute l'Europe, à la seule exception de l'Espagne (tant que ça durera !) et de Chypre, soit dirigée par des gouvernements de droite ne peut pas être un hasard. A chaque nouvelle élection, c'est un pas supplémentaire : les récents succès de la droite en Finlande paraissent pour l'heure compléter la série. Une bonne partie de ces majorités sont populistes. Le champion est sans aucun doute Berlusconi en Italie, du fait aussi de la durée interminable de son mandat. Mais sur les autres marches du podium on trouve également Viktor Orban en Hongrie, Sarkozy ainsi que le premier ministre néerlandais Mark Rutte. D'autres viennent s'ajouter petit à petit. Aux Etats-Unis, on observe un phénomène similaire : les opposants à Obama (de Sarah Palin à Michele Bachmann) sont des populistes "durs", même s'ils ne connaissent probablement pas ce terme. D'autres leaders d'Amérique latine suivent un chemin identique.

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La TV connectée à Internet, cauchemar des chaînes


Un cauchemar hante l'esprit des dirigeants des grandes chaînes : la télévision connectée. Après avoir vu leurs audiences sévèrement rognées par la montée en puissance de la télévision numérique terrestre (TNT), les chaînes vont devoir affronter Internet. Dernière innovation en date, la télévision connectée, qui relie le téléviseur au Web, permet de surfer depuis son écran de télévision avec sa télécommande. Elle ouvre aussi au téléspectateur l'accès à une multitude de services interactifs et à tous les sites de téléchargement illégal.

Tout le ghota de la télévision avait répondu, jeudi 28 avril, à l'invitation du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour réfléchir aux conséquences de ce nouveau phénomène. Eric Besson, ministre de l'industrie, et Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication, ont annoncé le lancement d'une mission pour évaluer les enjeux économiques, industriels mais aussi réglementaires liés à la télévision connectée.

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Les "couchsurfeurs", nouveaux routards sur canapé


A Paris, à Londres, à Berlin, on ne compte plus le nombre de "surfeurs sur canapé". Etudiants, aventuriers, artistes, vagabonds, tous ont en commun l'envie de "vivre des expériences décisives, intenses, fréquentes et diversifiées", selon Casey Fenton, cofondateur de Couchsurfing.org, le parangon de tous les sites du genre.

Avec plus de 2 millions de membres (38 % ont entre 18 et 24 ans), le site est devenu "la" référence dans cet univers, même s'il existe plus d'une cinquantaine de réseaux d'hospitalité dans le monde (femmes, cyclotouristes, policiers, écolos...). A tel point que l'on parle désormais de "couchsurfing" pour résumer le concept : l'hébergement gratuit chez des particuliers pour une ou deux nuits.

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Stress des fonctionnaires: "Le gouvernement n'a rien fait"

Par Caroline Politi,


Les syndicats s'inquiètent de la hausse du taux de suicide chez les fonctionnaires. Pour Patrick Légeron, auteur d'un rapport sur les risques psycho-sociaux, le phénomène n'est pas nouveau mais totalement sous-estimé par les pouvoirs publics.


Au lendemain de la mort d'un inspecteur du travail du travail, les syndicats se sont inquiétés de la hausse des suicides chez les fonctionnaires. Or, on a l'impression que jusqu'à présent ils étaient plutôt épargnés par les risques psycho-sociaux...

Les fonctionnaires sont soumis aux mêmes risques psycho-sociaux que les salariés du secteur privé. On a longtemps pensé que leur travail n'était pas aussi stressant que dans les entreprises privées. D'autant qu'ils jouissent d'une sécurité de l'emploi. Donc pendant des années, on ne s'est pas occupé de l'humain dans le management de la fonction publique. Or, le secteur public a connu ces dernières années d'importants bouleversements: on est passé d'une culture de services à une culture du résultat. Les fonctionnaires ont du intégrer un grand nombre de réformes, de nombreux services ont été réorganisés pour améliorer les performances, comme dans le secteur privé. Ces mutations ont eu d'énormes répercussions sur le travail des salariés. Beaucoup se sont plaint que la mission qu'ils avaient en tête ne correspondait plus du tout avec ce qu'ils faisaient au quotidien. Ils ne trouvaient plus de sens à leur travail, ne retrouvaient plus l'idée "mission de service publique" qui les avait souvent poussés à choisir cette voie. Tous ces changements sont des facteurs de stress très importants et aucun service de l'état n'est épargné.

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Arts : un ministre sans signature

Par CATHERINE MILLET Ecrivaine, directrice de la rédaction d’«Art Press»

En France, il y a de bons artistes, dommage qu’on les cache. Quiconque s’intéresse un peu à l’art contemporain connaît la rengaine : les institutions françaises restent frileuses dans leur soutien aux artistes qui travaillent ici ; et les étrangers sont les premiers à s’étonner que nous ne les exposions pas plus quand, eux, ne se gênent pas pour promouvoir leurs propres artistes de façon souvent agressive. Quelques éléments expliquent cette situation : la bien connue pléthore administrative et le beaucoup moins avoué complexe d’infériorité. Démonstration à travers une affaire en cours.

Tous les Parisiens savent-ils qu’il existe dans les beaux quartiers de leur ville, avenue du Président-Wilson, une friche de 7 000 m2 ? Il s’agit de la partie inférieure de ce qui avait été le musée national d’Art moderne, inoccupée depuis le déménagement du musée au centre Pompidou ! (Cela en dit long déjà sur la négligence des ministères qui se sont succédé et qui en avaient la responsabilité). La partie supérieure, elle, est occupée par le Site de création contemporaine ouvert en 2002, et qui a pour vocation de faire découvrir les recherches artistiques les plus neuves.

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Les Français, comme les autres peuples, sont les descendants d'immigrés africains.

Nous parlons tous l'africain


Selon la revue "Sciences", plus un langage est parlé loin de l'Afrique, plus il est pauvre en phonèmes. © AFP
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Voici une étude sur le langage parue dans la revue Science : elle confirme que les Français, comme tous les autres peuples de la Terre, sont les descendants d'immigrés africains qui entamèrent leur première migration voilà seulement 60 000 ans. Après avoir étudié 504 langues actuelles, son auteur, Quentin Atkinson (université d'Aukland, Nouvelle-Zélande), a découvert que plus un langage est parlé loin d'Afrique, plus il est pauvre en phonèmes, c'est-à-dire en entités sonores distinctes.

Par exemple, les langues sud-américaines et océaniennes sont les plus monotones. Une logique derrière cela : les hommes qui se sont ainsi lancés à l'assaut de nouveaux territoires appartiennent souvent à de petits groupes qui, forcément, ne peuvent emporter avec eux toute la richesse d'une langue. Bref, au fil de sa conquête du monde, l'homme a perdu des phonèmes tout comme il a perdu de sa richesse génétique. Faut-il en conclure que l'immigration africaine actuelle est une chance pour enrichir notre langue et nos chromosomes ?

Le Point - Publié le 21/04/2011

 

Gilgamesh l'immortel

 


   Ressusciter Gilgamesh, c'était s'en prendre aux Ecritures. Au Livre saint des chrétiens et des juifs. Mardi 3 décembre 1872, un jeune assistant du British Museum plonge Londres dans "une belle excitation", écrira, quelques jours plus tard, le correspondant du New York Times dans la capitale britannique. Devant les membres de la Société d'archéologie biblique, auxquels s'est mêlée une foule huppée, George Smith, 32 ans, fait une annonce aussi stupéfiante qu'iconoclaste. Ce qu'il a lu, sur les fragments d'une tablette d'argile - qui se révélera être la 11e d'une série de 12 - exhumée quinze ans plus tôt des ruines d'un palais du Nord irakien, n'est rien de moins qu'un récit identique, trait pour trait, à celui du Déluge biblique. Un récit en forme d'épopée dont le héros, un roi du nom de Gilgamesh, a peut-être régné, voilà quarante-sept siècles, au coeur du pays de Sumer. Dans la région de Bassora, dirait-on aujourd'hui.

Oter à l'Ancien Testament le prestige de l'antériorité n'est pas mince affaire. D'autant que, graveur de formation - il exécute des gravures de coupures bancaires -, George Smith s'est initié seul aux langues de l'ancienne Mésopotamie et à l'art difficile de l'écriture cunéiforme. Mais, coupant court à toute contestation, le grand orientaliste Henry Rawlinson, qui préside la séance du 3 décembre 1872, instruit l'auditoire des qualités du jeune homme, tout récemment embauché par le grand musée de Londres. "Sir Henry a engagé sa réputation et son autorité sur la traduction de M. Smith, qu'elle soit aussi globalement parfaite que possible", écrit le correspondant du Times.

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La mort du célèbre gourou indien Sai Baba

 

Par Marie-France Calle le 24 avril 2011 7h54 | Lien permanent | Commentaires (18)


   Sri_Sathya_Sai_Baba.jpg"Sathya Sai Baba n'est plus avec nous physiquement. Il a quitté son enveloppe charnelle ce matin à 7 heures 40 en raison d'une défaillance cardiaque et respiratoire". C'est ainsi qu'un responsable du grand hôpital de Puttaparthi a annoncé la mort du plus célébre gourou de ce siècle en Inde. Les forces de l'ordre sont sur les dents, redoutant des débordements : des milliers de dévots priaient depuis plusieurs jours dans la petite ville d'Andra Pradesh, espérant encore un miracle. Samedi, Le Figaro a publié le portrait que j'avais dressé de Sai Baba, le qualifiant encore de "dieu vivant". Lire ci-dessous.

"Sai Ram ! Sai Ram ! " Ils sont des milliers, venus de tous les horizons ; d'Inde, mais aussi du reste de l'Asie, d'Europe, d'Afrique, d'Amérique. Leurs incantations déchirent l'air brûlant de Puttaparthi, petite ville de l'Andra Pradesh où se meurt Sathya Sai Baba, leur gourou, le « dieu vivant » le plus célèbre d'Inde. Et bien au-delà : il aurait jusqu'à 100 millions d'adeptes dans le monde. Ils prient pour retarder son « départ », espèrent encore, se lamentent. Celui que l'on nomme aussi « Bhagwan » n'avait-il pas prédit qu'il vivrait jusqu'à 96 ans ? Il n'en a même pas 85 ! Mais il est hospitalisé depuis le 28 mars pour défaillance cardiaque. Son souffle ne tient plus qu'à quelques électrodes.

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L’assistance sexuelle n’est pas un travail



Par ROSELYNE BACHELOT-NARQUIN Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale


   Comment aider les personnes qui souffrent d’un handicap tel que toute forme d’activité sexuelle leur est impossible ? La reconnaissance d’un droit à la sexualité, ouvrant l’accès aux services d’«aidants sexuels», est-elle la bonne réponse aux situations de détresse qu’on imagine ? L’institution de ce nouveau droit est le préalable à la légalisation d’une profession considérée pour son utilité sociale. Or, un tel «droit de créance» est sans fondement.

Dans le «désir sexuel», s’exprime toujours «un désir de reconnaissance» qui signale notre humanité. Ce qui vaut pour tout être humain, doté d’une conscience libre et d’un corps désirant, vaut également pour les personnes qui subissent un lourd handicap. Les personnes handicapées, qui auraient «droit» aux services d’un aidant sexuel, verraient leur sexualité réduite à la stricte satisfaction du besoin naturel. Elles seraient niées comme «êtres de désir». Comment donner un fondement légal à des pratiques qui, d’un côté, ne sauraient relever du «soin» sans ignorer au fond la demande d’amour qui structure la pulsion sexuelle, et qui, de l’autre, ne peuvent devenir «sexuelles» sans contrarier l’éthique du soin ? De même que le «droit à la sexualité» est une contradiction dans les termes, la notion d’aidant sexuel est un oxymore.

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Payer pour jouir, est-ce mal ?


Par PHILIPPE HUNEMAN Philosophe, chargé de recherches au CNRS et à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (IHPST)

   La proposition de loi visant à pénaliser les clients de prostituées, présentée comme un effort pour protéger les femmes, repose en réalité sur la thèse morale suivante : il est mal de monnayer la jouissance. Les prostituées comme leurs clients ignoreraient cette vérité que le pouvoir entend donc leur faire reconnaître.

Les promoteurs de la loi argumentent ainsi : les prostituées étant des victimes de réseaux criminels les forçant à vendre leur corps, la pénalisation viendra donc les protéger. Il n’y a pourtant rien là de propre à la prostitution : beaucoup d’activités industrielles sont exercées par des ouvriers dans des conditions abominables, avec des conséquences délétères sur leur santé. La mondialisation implique qu’en achetant un vêtement ou un jouet, souvent fabriqué en Asie par des enfants horriblement mal payés, je soutiens ces pratiques. De même qu’il existe des «empreintes carbone», on pourrait imaginer une «empreinte pénibilité» pour mesurer l’effet du consommateur sur le ou les producteurs du bien consommé. A cette aune, pas sûr que le client de prostituées s’avère plus nocif que l’acheteur avisé de jouets Mattel. Entre la prostitution et le commerce, la différence serait donc purement morale. Or, si elle n’est pas nécessairement fausse, cette position morale doit, comme n’importe quelle autre position morale, être discutée.

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Nuages sur le printemps arabe

par Edgar Morin, sociologue et philosophe


   Aujourd'hui que les nuages s'accumulent et qu'un regel menace, il me reste à l'esprit le salut rétrospectif d'Hegel à 1789 : "Ce fut un splendide lever de soleil." L'élan pour chasser leurs despotes, irrésistible de Tunisie, puis finalement victorieux en Egypte, la vague de fond traversant tout le monde arabe, y compris à Gaza, déferlant jusqu'en Chine, ont effectué un splendide lever de soleil.

Celui-ci a déchiré, en Europe et très largement dans le monde, bien des ténèbres mentales vouant le monde arabe à subir, soit une dictature policière-militaire plus ou moins laïcisée, soit une théocratie islamique rétrograde. Le surgissement impétueux, à partir de la jeunesse, d'une formidable revendication à la liberté et à la dignité, d'une répulsion radicale à la corruption entourant les despotes, nous a montré de façon décisive que l'aspiration démocratique n'était pas le monopole de l'Occident, mais une aspiration planétaire, déjà vérifiée en Chine, l'an 1989, avant qu'elle y fût étouffée (et qui persiste sous la surface de normalisation). D'où l'exclamation qui me vint au cours d'une inoubliable réunion pour saluer le premier élan de Tunisie et d'Egypte : "Les Arabes sont comme nous et nous sommes comme les Arabes", compte tenu évidemment de toutes différences historiques et culturelles.

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Discrimination dans le foot: Thuram dénonce «un vrai scandale» autour d'un «faux problème»



L'ancien footballeur français Lilian Thuram assiste à une conférence de presse, le 19 octobre 2010 à Paris. (© AFP Fred Dufour)


    Lilian Thuram, ex-défenseur et recordman de sélections en équipe de France (142), a estimé que l’affaire du quota révélée par le site Mediapart représentait «un vrai scandale», et que le cas des binationaux soulevé par Laurent Blanc était «un faux problème», dimanche sur la chaîne de télévision TF1.

«J’ai été d’abord un peu déstabilisé, a dit l’ancien joueur. Je me suis dit que c’était faux. J’ai passé des coups de fil, à Noël Le Graët (vice-président de la Fédération française de football) et à des membres de la DTN. Nous n’avons pas encore des preuves, mais il est clair que nous sommes au cœur d’un scandale».

Concernant la question des binationaux, considérée comme un «problème» par le sélectionneur Laurent Blanc et le directeur technique national (DTN) François Blaquart, Thuram y voit «un faux problème, parce que les meilleurs joueurs seront retenus par la France. Ceux qui partiront seront ceux qui n’ont pas été retenus».

«Ils jouent pour quel pays Karim Benzema, Samir Nasri et Yann Mvila ?, a-t-il poursuivi. Quand vous partez avec la mauvaise analyse, à la fin vous avez forcément les mauvaises propositions».

«Quand est-ce qu’on va sortir de ces préjugés sur les couleurs de peau ?, s’est-il encore interrogé. Quand est-ce qu’on va arrêter de dire que lorsque vous êtes Noir, vous courez plus vite ? Que lorsque vous êtes Noir, vous êtes moins intelligent?» François Blaquart, qui avait prôné la limitation du nombre de joueurs binationaux dans les filières de formation fédérales, a été suspendu de sa fonction de DTN samedi.

Laurent Blanc, qui s’y était dit «favorable», selon le verbatim publié par Mediapart, a «admis» samedi que certains de ses propos tenus lors de cette réunion du 8 novembre 2010 «puissent prêter à équivoque» et a déclaré que s’il a «heurté certaines sensibilités», il s’en «excuse».

(Source AFP) 

2012 : des primaires pour toute la gauche


Par SUSAN GEORGE Ecrivain, STÉPHANE HESSEL Ambassadeur de France, corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme., PIERRE KHALFA Syndicaliste, WILLY PELLETIER Sociologue, PATRICK VIVERET philosophe


   A près de 20%, nous appelons à une insurrection civique contre le Front national et ses alliés de rencontre. La situation est extraordinaire. Le microcosme politique suit son cours ordinaire réduit souvent, hélas, au choc des ambitions personnelles, des carrières, des concurrences stériles, déjà vues. Ce n’est pas à la hauteur. Nos engagements diffèrent. Certains votent socialistes, d’autres écologistes, communistes, NPA. Certains dirent «oui» au traité instituant la Communauté européenne, d’autres «non». Certains viennent de la deuxième gauche, d’autres s’y opposèrent. Le passé doit être dépassé.

Le vote FN augmentera si ne sont pas traitées ses causes : le chômage de longue durée, la réclusion en HLM délabrées, les fins de mois qu’on ne boucle plus, l’échec scolaire, l’impossibilité d’échapper à une condition plus dégradée qu’hier qui avive la guerre des pauvres contre de plus pauvres qu’eux. Rien ne se fera sans déplacer vers les salaires et les services publics la richesse produite détournée vers les profits et le privé.

Les forces de transformation écologiques, sociales, politiques doivent, avant 2012, prioritairement redonner espoir aux milieux populaires. Elles ne le feront et ne feront, par là, reculer le FN, qu’en se dépassant toutes, grâce à un dispositif inédit. Il ne s’agit pas de gommer les différences voire les vraies divergences. Il s’agit de les traiter afin qu’elles ne deviennent pas destructrices. La situation l’exige. Nous suggérons une procédure pour éviter à la gauche tout risque de ne pas figurer au second tour en 2012. Il s’agirait d’organiser après le choix de leurs candidats et programmes par les différentes familles socialiste, écologiste, communiste, alternatives… une série de débats communs destinés à cerner les objets d’accord et de désaccords. Puis d’offrir la possibilité lors de «primaires communes» sur le contenu des programmes, en décembre, à tout le peuple de gauche de hiérarchiser les propositions qui vaudraient programme d’action sur le quinquennat. Il faudrait ensuite choisir une procédure pour désigner un ou une candidat(e). Mais d’abord le programme décidé tous ensemble puis le ou la candidat(e) qui le porte !

Il y a, en même temps, ce qui dépend de nous. Directement. Sans déléguer. Pour faire reculer la peur et l’isolement qui alimentent le FN, nous allons partout en France, chaque semaine, monter des apéros «pour vivre ensemble», des banquets pour vivre ensemble, des barbecues pour vivre ensemble. C’est «cucul» ? La peur vient de l’éloignement. Quand nous sommes au plus près, partageant soucis et craintes, nous nous sentons vite semblables et s’évanouissent les fantasmes. Il s’agit banalement de «prendre un pot». Chacun de ces pots sera pour le FN, un pot de départ. 

Le visage comme trace d'une vie éphémère


 par Christian Delage, historien et réalisateur


   Naguère, avant de commencer un cours dans un établissement d'enseignement supérieur, nous disposions, au mieux, d'une liste des étudiants inscrits. Puis est venue, le plus souvent grâce à la messagerie informatique, la mise à disposition d'un trombinoscope. En général, il s'agit de photos de format et de style identitaires, qui permettent de voir les visages, et ainsi de personnaliser rapidement les étudiants, surtout quand il leur est demandé d'occuper toujours la même place en classe. Même sans cela, et y compris en amphi, les étudiants s'assoient souvent au même endroit, retrouvant ainsi la ou les personnes à côté de qui ils ont envie de se trouver.

L'enseignant sera alors attentif à scruter les regards pendant le cours, soucieux de lire les réactions que sa leçon suscite. Prennent-ils des notes, ont-ils bien compris ce qui vient d'être exposé, manifestent-ils l'envie de poser une question ? "Si je croyais, disait Michelet à ses auditeurs du collège de France, que mes paroles risquassent de geler en l'air et d'être reproduites ainsi, isolées de celui pour qui vous avez quelque bienveillance, je n'oserais plus parler."

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«Sarkozy a dérégulé la langue présidentielle»


Par ERIC AESCHIMANN, PIERRE ENCREVE Linguiste directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales (EHESS)
 


   Linguiste, ancien conseiller de Michel Rocard, Pierre Encrevé avait noté dans Libération, fin 2007, le recours de Nicolas Sarkozy à la langue du show-biz. C’était quelques mois avant le «casse-toi, pauv’con !»
En quatre ans, comment a évolué le langage présidentiel ?

Il est le seul président de la République française qui ait traité en public un citoyen de «con», le seul qui ait tutoyé un manifestant en lui proposant d’en découdre avec lui, le seul qui ait pu avoir l’idée d’utiliser sa première conférence de presse solennelle à l’Elysée pour annoncer son mariage, sous une forme particulièrement «soignée» : «Avec Carla, c’est du sérieux !» Il voulait «faire président» et il n’a guère donné l’impression de l’être. Il aurait dit en Conseil des ministres : «Je veux du gros rouge qui tache» et ce «gros rouge» a éclaboussé son costume présidentiel de taches indélébiles. Avait-il anticipé que de telles atteintes à l’image présidentielle seraient irréparables ? Dès les premiers mois, abandonnant toute distinction linguistique, il a bradé en quelques mots le capital garanti par la tradition instaurée par De Gaulle, et suivie par tous ses successeurs : une langue de président empruntant systématiquement le registre soutenu, inséparable du costume cravate sombre, d’une tenue, d’un maintien corporel constamment tendus et surveillés. Car la langue est d’abord du corps. Et si l’on reprend les termes de l’analyse des «deux corps du roi» de l’historien Kantorowicz, il paraît évident que Nicolas Sarkozy a confondu son corps «institutionnel», qu’il aurait dû habiter en effaçant ses particularités personnelles, avec son corps privé.

On a donc un hyperprésident sans langue présidentielle ?

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Le pari de la guerre hégélienne

 

par Ariel Colonomos, directeur de recherche au CNRS (Ceri)


   L'intervention en Libye, une guerre juste ? Entraînées par les révolutions tunisienne et égyptienne, la France et les Etats-Unis ont franchi le Rubicon. Jamais intervention militaire n'a-t-elle été décidée en France avec autant de célérité, tant le désir d'être aux premières lignes du combat était grand. Paradoxalement, les Etats-Unis se sont quasiment trouvés en position de suiveur, un pays sans lequel matériellement cette intervention aurait peu de chances d'aboutir. C'est un fait. La justification de la guerre libyenne pose des questions qui tranchent avec la vision classique du juste et de l'injuste avec laquelle nous sommes familiers. En témoignent les atermoiements et les nombreuses questions qui continuent d'être en suspens.

Dans les circonstances actuelles - les révolutions contre des régimes dictatoriaux du monde arabe - cette guerre est tout simplement avant tout le choix de la modernité et du futur : soutenir le mouvement hégélien des foules et arrêter un dictateur qui décide de ne pas se plier au "sens de l'Histoire". S'il fallait retenir une spécificité de l'intervention en Lybie, c'est bien celle là. De ce point de vue, le dernier discours du Président Obama était assez clair. Celui-ci le dit tout net : il ne veut pas être le témoin passif d'un dictateur qui musèle son peuple en révolte alors qu'à ses frontières des tyrannies sont tombées, alors qu'une histoire nouvelle est en train de se forger, alors que, pour reprendre ses propres termes, une nouvelle génération de dirigeants politiques arabes est née.

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INTERVIEW de Patrick Chamoiseau, écrivain, chargé de mission du « Grand Saint-Pierre » :

 « Nous allons tenter un élan d'imaginaire »

Recueillie par Rudy Rabathaly France-Antilles Martinique 18.04.2011

En marge de son plan de relance, Serge Letchimy, président de la région Martinique, a lancé le principe de deux « zones d'attractivités régionales » : Saint-Pierre et Trois-Ilets. Ces opérations se dénomment : le « Grand Saint-Pierre » et « L'embellie Trois-llets » . Patrick Chamoiseau a été désigné comme chargé de mission pour ces deux ensembles. Nous l'avons rencontré...

Que signifie cette notion de « zones d'attractivités régionales » ?

Simplement qu'il existe dans ces deux espaces des potentialités culturelles, mémorielles, patrimoniales, architecturales et touristiques d'une très haute intensité. L'idée consiste à les amplifier au maximum par un projet culturel global qui se verrait accompagné de restructurations urbaines. Il s'agit à terme d'améliorer pour les résidents, les visiteurs et les voyageurs le bien-être et le bien-vivre. Un tel projet est assez colossal et multidimensionnel.

Vous disposerez d'un budget pour cela ?

Ce projet devrait bien entendu bénéficier d'un investissement financier massif, de l'ordre de ceux que l'on accorde généralement aux grands projets européens. Car la création de telles zones, qui se feront aussi côté Atlantique, sans doute à Sainte-Marie ou Trinité, et à l'extrême Sud, Marin ou Sainte-Anne, participera au rééquilibrage culturel, économique et social de l'ensemble du pays. Ces zones vont offrir des complémentarités vivantes à la trop lourde centralité de Fort-de-France...

Pourquoi confier un tel projet à un écrivain et pas à un architecte ou à un urbaniste ?

C'est là que réside toute l'originalité et toute l'audace de cette idée. Je pense que le président a compris qu'il fallait sans doute abandonner l'idée de « développement » , à connotation étroitement économiste et sociale, pour tenter un élan d'imaginaire qui ferait de l'intention culturelle la dynamique d'un épanouissement économique, social, urbain et touristique... Cela revient à passer de l'idée de « développement » à celle d'épanouissement...

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La condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal va être réexaminée

 

Depuis vingt-neuf ans qu'il est dans le couloir de la mort, Mumia Abu-Jamal est devenu une icône de la lutte contre la peine de mort.AFP/CLARK KISSINGER


   La cour d'appel fédérale de Pennsylvanie a ordonné, mardi 26 avril, que la peine du Noir américain Mumia Abu-Jamal, le plus célèbre condamné à mort des Etats-Unis, soit réexaminée par un jury, sans pour autant que sa culpabilité soit remise en question.

"L'Etat de Pennsylvanie doit organiser de nouvelles audiences dans les cent quatre-vingts prochains jours", ordonne la cour d'appel dans son arrêt. Mumia Abu-Jamal, dans le couloir de la mort depuis près de trente ans, saura alors s'il reste condamné à mort ou si sa peine est commuée en prison à vie sans possibilité de sortie.

Envoyé dans le couloir de la mort en 1982 pour le meurtre d'un policier blanc qu'il nie avoir commis, Mumia Abu-Jamal est aujourd'hui âgé de 57 ans. Il est devenu, dans le monde entier, une icône de la lutte contre la peine de mort.

En 2008, cette même cour d'appel avait déjà suspendu sa condamnation à la peine capitale. Mais cette décision avait été très contestée et, après trois ans de procédures, la Cour suprême était intervenue en janvier 2011 pour demander à la cour d'appel de revoir son jugement.

LEMONDE.FR avec AFP | 26.04.11 |

 


par Rafik Smati, écrivain


   La place des femmes dans l'économie est un sujet au coeur du débat public. Aussi, à l'occasion de la Journée Internationale des Droits de la Femme, il parait opportun d'approfondir les enjeux liés à l'avènement d'un "capitalisme féminin". Il n'a échappé à personne que les traders des salles de marché étaient dans leur quasi-totalité des hommes. Dès lors, nous pouvons nous poser la question suivante : la crise financière que nous avons connue auraitelle eu lieu si ces mêmes traders avaient été des femmes ? Probablement pas.
D'abord, il y a les chiffres : les femmes ne représentent que 17 % des décideurs financiers de Grande- Bretagne et seulement 2,5 % des cadres dirigeants des banques et des compagnies d'assurance. Plus impressionnant encore, l'Islande, dont nous savons que l'État a récemment été en situation de faillite, ne comptait qu'une seule femme banquière, et qu'elle dut quitter son poste en 2006.

Des chercheurs de l'université de Cambridge, en Grande-Bretagne, sont allés encore plus loin. Ils expliquent la désaffection des femmes pour les métiers de la finance et les comportements irrationnels des hommes, en se référant à la testostérone, l'hormone sexuelle masculine.

 

L'intégration culturelle va-t-elle enfin s'imposer ?

par Gilles Verbunt, sociologue et essayiste

http://2.bp.blogspot.com/_4skqFpB4HMM/StbPMJFBKgI/AAAAAAAALTE/oWJcM9oavls/s400/Multiculturalisme+dites-vous.jpg   Le multiculturalisme est un échec. David Cameron vient de le déclarer dans le sillage d'Angela Merkel qui en a fait le constat en octobre 2010. L'Etat français triomphe : n'avons-nous pas eu raison de pratiquer une politique d'assimilation culturelle ? Nous risquons de rester enfermés dans l'alternative stérile et anachronique : assimilationnisme ou multiculturalisme ? N'y aurait-il pas une voie d'intégration des migrants plus adaptée à la société multiculturelle et moderne ?


Le multiculturalisme est une politique née dans la mouvance de la décolonisation. Au lieu de détruire des cultures non occidentales sous le prétexte de leur apporter le progrès, la repentance a conduit des gouvernements occidentaux à prendre des gants pour critiquer les cultures des autres. Le politiquement correct demandait que l'on laisse les groupes auparavant colonisés disposer du droit au respect de leurs cultures et communautés. Appliqués aux politiques de l'immigration, ces bons sentiments ont conduit à la constitution de minorités mal intégrées, insuffisamment respectueuses des us et coutumes des cultures majoritaires et rejetées à la marge de la société globale. David Cameron et Angela Merkel en ont tiré les conclusions que l'on connaît. Ce multiculturalisme est en échec.

 

Nationalité : à quand la carte d’identité à points?

Par FRANÇOIS SUREAU Avocat et écrivain


   Réintroduite par l’Assemblée nationale après avoir été écartée par le Sénat, la disposition législative ayant pour effet de permettre de retirer leur nationalité aux Français «de fraîche date», lorsqu’ils ont commis un crime contre une personne dépositaire de l’autorité publique, est une mesure grave qui demande à mon sens une analyse sans passion.

Elle est blâmable d’abord en ce qu’elle fait de la nationalité un élément susceptible de répression pénale, à l’instar de la liberté (par la prison) ou de la propriété (par l’amende). C’est un principe très ancien du droit des nations civilisées que la nationalité constitue une propriété de la personne, une caractéristique intrinsèque de son être social et politique. Il peut certes y être dérogé pour des raisons d’intérêt général, ce que le code civil prévoit pour les naturalisés en cas de terrorisme, de trahison ou de désertion. La mesure proposée franchit un pas supplémentaire en étendant cette possibilité.

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"On ne s’improvise pas diplomate"

 

Un groupe de diplomates français de générations différentes, certains actifs, d'autres à la retraite, et d'obédiences politiques variées, a décidé de livrer son analyse critique de la politique extérieure de la France sous Nicolas Sarkozy. En choisissant l'anonymat, ils ont imité le groupe Surcouf émanant des milieux militaires, dénonçant lui aussi certains choix du chef de l'Etat. Le pseudonyme collectif qu'ils ont choisi est "Marly" – du nom du café où ils se sont réunis la première fois. Ceci est leur premier texte public.

La manœuvre ne trompe plus personne : quand les événements sont contrArialnts pour les mises en scène présidentielles, les corps d'Etat sont alors désignés comme responsables.

Or, en matière diplomatique, que de contrariétés pour les autorités politiques ! A l'encontre des annonces claironnées depuis trois ans, l'Europe est impuissante, l'Afrique nous échappe, la Méditerranée nous boude, la Chine nous a domptés et Washington nous ignore ! Dans le même temps, nos avions Rafale et notre industrie nucléaire, loin des triomphes annoncés, restent sur l'étagère. Plus grave, la voix de la France a disparu dans le monde. Notre suivisme à l'égard des Etats-Unis déroute beaucoup de nos partenaires.

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Ces précieux sans-papiers


    Le 10 février, le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi sur l'immigration - il doit revenir en deuxième lecture à l'Assemblée nationale le 8 mars. Officiellement, il s'agit de lutter contre l'immigration clandestine en facilitant l'expulsion des sans-papiers. C'est un discours politique porteur quand on sait que 54 % des Français estiment que les pouvoirs publics ne luttent pas efficacement contre ce problème. Mais il est difficile de croire que cette politique vise réellement à son élimination.

Tout d'abord, aucune loi n'a jamais empêché des sans-papiers de franchir nos frontières.

En 2005, on estimait le flot annuel de migrants clandestins à 800 000 vers l'Union européenne et à 350 000 vers les Etats-Unis.

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Les valeurs chrétiennes sont-elles affaire d'opinion ?

    La lecture des deux pages Débats consacrées par Le Monde daté 25 décembre 2010 aux "valeurs chrétiennes" est très éclairante. Les différents points de vue, ainsi que l'analyse titrée – avec un sens audacieux du raccourci et un soupçon de grandiloquence – "Benoît XVI, de la descente aux enfers à la rédemption", donnent à réfléchir sur la situation actuelle du catholicisme. L'ampleur et la diversité des questions soulevées empêchent que l'on y réponde dans le détail. En revanche, il me paraît utile de relever quelques mots ou phrases, dans deux des textes – ceux d'Antoine Guggenheim et de Nicolas Baumard – ainsi que dans l'analyse de Stéphanie Le Bars. Etant entendu que les questions de sémantique ne sont jamais seulement des questions de sémantique, que les manières de s'exprimer ne peuvent être étrangères à ce que l'on cherche à exprimer.

 

"Reste aux (…) catholiques à sortir de leur dépression pour inventer une nouvelle communicabilité de la foi qui la rende perceptible dans le monde", explique Antoine Guggenheim. S'agit-il vraiment de cela ? Tous les jours, à chaque instant, le monde court fébrilement après ces "nouvelles communicabilités". Des experts sont nommés, dans les entreprises, les institutions, les ministères, pour les mettre au point. Une parole, pour être entendue et devenir efficace, doit se faire message : ni trop long, ni trop subtil. A l'heure où "la compétition pour l'image est devenue le ressort de l'action publique" affirme Marcel Gauchet dans le Journal du Dimanche du 2 janvier, la tâche prioritaire de l'Eglise du Christ est-elle vraiment de se rendre "perceptible" – autant dire acceptable, recevable ? Assurément non.

 

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L'astrologie s'emmêle les signes

 

   Vous vous pensiez balance, vous êtes scorpion. La faute à l'interaction gravitationnelle des astres qui a provoqué un mois de décalage dans l'alignement des étoiles. Et Madame Soleil n'avait rien vu venir.

En 3.000 ans, les mouvements célestes ont modifié la position relative du Soleil, de la Terre et des constellations. (AFP) En 3.000 ans, les mouvements célestes ont modifié la position relative du Soleil, de la Terre et des constellations. (AFP)

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Les valeurs chrétiennes sont-elles affaire d'opinion ?

 

    La lecture des deux pages Débats consacrées par Le Monde daté 25 décembre 2010 aux "valeurs chrétiennes" est très éclairante. Les différents points de vue, ainsi que l'analyse titrée – avec un sens audacieux du raccourci et un soupçon de grandiloquence – "Benoît XVI, de la descente aux enfers à la rédemption", donnent à réfléchir sur la situation actuelle du catholicisme. L'ampleur et la diversité des questions soulevées empêchent que l'on y réponde dans le détail. En revanche, il me paraît utile de relever quelques mots ou phrases, dans deux des textes – ceux d'Antoine Guggenheim et de Nicolas Baumard – ainsi que dans l'analyse de Stéphanie Le Bars. Etant entendu que les questions de sémantique ne sont jamais seulement des questions de sémantique, que les manières de s'exprimer ne peuvent être étrangères à ce que l'on cherche à exprimer.

 

"Reste aux (…) catholiques à sortir de leur dépression pour inventer une nouvelle communicabilité de la foi qui la rende perceptible dans le monde", explique Antoine Guggenheim. S'agit-il vraiment de cela ? Tous les jours, à chaque instant, le monde court fébrilement après ces "nouvelles communicabilités". Des experts sont nommés, dans les entreprises, les institutions, les ministères, pour les mettre au point. Une parole, pour être entendue et devenir efficace, doit se faire message : ni trop long, ni trop subtil. A l'heure où "la compétition pour l'image est devenue le ressort de l'action publique" affirme Marcel Gauchet dans le Journal du Dimanche du 2 janvier, la tâche prioritaire de l'Eglise du Christ est-elle vraiment de se rendre "perceptible" – autant dire acceptable, recevable ? Assurément non.

 

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Téléphonie mobile
Le téléphone portable expliqué aux parents

 

  Alors que 97% des 15-17 ans sont équipés d'un téléphone mobile, l'Afom lance un guide téléchargeable gratuitement, à l'usage des parents, pour adapter leur éducation aux outils technologiques actuels.

L'Association française des opérateurs mobiles (Afom) lance lundi 8 novembre une nouvelle édition de son guide intitulé "Votre adolescent et le téléphone mobile" conçu, à l'usage des parents, comme un outil de dialogue avec leurs enfants.

Ce guide pratique réalisé en partenariat avec l'Union nationale des associations familiales (Unaf) et avec l'appui du secrétariat d'Etat chargé de la Famille et de la Solidarité est un "concentré d'informations, de conseils, d'exemples de bonnes pratiques et de chiffres-clés", explique l'Afom.

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Police partout, sécurité nulle part !


 

  Un clic, un flic. Ainsi pourrait-on résumer le nouveau dossier de la bien nommée revue Ravages, qui s'intéresse aux brimades que les nouvelles brigades biométriques font à notre intimité physique ou numérique. Une publication trimestrielle qui enquête, dans son quatrième numéro, sur les atteintes cybernétiques à l'exercice de notre liberté civique. Caméra de surveillance au-dessus des trottoirs du métro, patrouilles militaires dans les gares, scanners corporels dans les aéroports... nous ne serions pas seulement entrés dans une société conformiste, dans un siècle policé, mais également dans un capitalisme policier.

Psychanalyste, Gérard Wajcman voit dans cette tyrannie de la transparence l'avènement de ce qu'il appelle "l'oeil absolu". Car la vidéosurveillance généralisée n'est pas seulement une menace pour notre vie privée. Elle nous fait entrer dans une nouvelle civilisation. Non pas celle de l'image, mais celle du regard qui suppose que "tout le réel est visible", explique-t-il. En un mot, aujourd'hui, il faut voir pour croire. Voir à la télévision un événement pour y croire vraiment. Voir les neurones grâce à la plus puissante machine IRM jamais construite en France - sous le nom de Neuropsin - afin d'explorer les arcanes de nos pensées, cartographier notre cerveau, mais aussi répertorier les sujets "schizo", dépister les troubles de conduites infantiles ou les futurs délinquants.

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L’islamophobie est à la source du nouveau populisme de droite

Par Enzo Traverso, philosophe





«Les mutations connues par l’extrême droite en ce début du XXIe siècle - en gros, depuis la chute du mur de Berlin - bouleversent nos catégories analytiques traditionnelles, souvent inadaptées face à un phénomène nouveau. Le premier lieu commun à réviser est celui qui identifie l’extrême droite au fascisme. Ce dernier en fut la matrice partagée pendant des décennies - au moins jusqu’à la fin des années 1980 -, mais cela est beaucoup moins évident aujourd’hui. Il reste une référence incontestable pour plusieurs mouvements nationalistes apparus en Europe centrale et orientale après la dissolution de l’Empire soviétique. Renouant avec une histoire interrompue en 1945, ils prônent un anticommunisme radical hérité des nationalismes d’avant-guerre et alimenté par quatre décennies de socialisme réel. Tantôt ils revendiquent une filiation à l’égard des dictatures des années 1930, comme Jobbik en Hongrie, qui reprend l’héritage des Croix-Fléchées et cultive la mémoire du maréchal Horthy ; tantôt ils exhument une ancienne mythologie revancharde et expansionniste, comme le Parti de la grande Roumanie ou le Parti croate du droit (HSP), continuateur du mouvement oustachi d’Ante Pavelic.
 

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Mon grand-père breton : un quasi « Africain sahélien » ! Le patriarcat sévit aussi hors des quartiers

 par Véronique LE GOAZIOU

   La mondialisation a produit ces dernières décennies un « backlash politique » et une « involution morale » lit-on en ouverture du dernier ouvrage de Hugues Lagrange. Ces deux phénomènes se déclinent, au Nord, par la montée des nationalismes, la fermeture des frontières, le développement d’une idéologie sécuritaire et le reflux de la liberté ; au Sud, par une « retraditionalisation des moeurs » dans l’arc arabo-musulman et, plus largement, dans les pays d’origine des migrants (Afrique, Asie). Dès lors, au Nord, une moindre volonté ou compétence d’accueil et de socialisation des migrants du Sud ; et, au Sud, une moindre volonté ou compétence à s’intégrer dans les pays du Nord.

Telle serait la toile de fond de « la nouvelle question sociale » qui permettrait en particulier d’expliquer les « dérives persistantes » (émeutes, délinquance, échec scolaire…) qui affectent certains quartiers populaires en France. Cette « nouvelle question », l’auteur en présente, suivant les pages et l’enjeu de sa démonstration, deux versions. A) une version modeste : audelà des conditions économiques et sociales, les dites dérives proviendraient d’un excès d’autorité à l’intérieur de certaines familles et d’un déficit d’autonomie des femmes et des adolescents. B) Une version plus ambitieuse : ce n’est pas la « désaffiliation sociale » qui ferait problème dans les quartiers, ou pas seulement, mais des formes de « suraffiliation » à des liens locaux et à des emprises familiales. En clair, au-delà du social, il y aurait aussi du « culturel ».

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La censure, au service de qui ?



   Notre société idéalise les jeunes. Ils seraient tous beaux, joyeux, énergiques, innocents. Nous créons cette illusion pour tenter de préserver égoïstement l'enfant qui est en nous. La valeur "jeune" justifie tous nos caprices, notre incapacité à penser les conséquences long terme de nos actes, notre cécité aux problèmes de la planète. Nous ne pensons plus comme des parents mais comme de jeunes enfants par pur égocentrisme.

Nos jeunes en sont les premières victimes. A eux la dette publique, le système de retraite chancelant à financer, l'équilibre naturel détraqué. Non seulement nous ne pensons pas à eux mais nous prenons bien soin de les tenir éloignés des débats et désinformés des enjeux. Ils auront comme seul héritage naïveté et dette sans bornes. Oppressés par la perfection de ce que nous projetons sur eux, ils n'ont plus le temps d'être enfants, de faire leur apprentissage, des erreurs, d'en tirer les leçons. A aucun moment nous ne les accompagnons, avertissons, guidons.

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Le déclin programmé de Facebook
Par HERVÉ FISCHER Président de la Fédération internationale des associations de multimédia


  Qui oserait nier aujourd’hui l’importance des médias sociaux. Ils nous apparaissent comme des incontournables, que la contamination virale nourrit sans cesse. Nous courons entre MySpace, YouTube, Facebook, Classmates, Twitter, etc. anxieux d’être présents partout. Le fondateur de Linkedln (70 millions d’usagers), Reid Hoffman, a pu affirmer que «MySpace c’est le bar, Facebook c’est le barbecue au fond du jardin, et Linkeldln c’est le bureau». Ces médias sociaux se sont multipliés : Flickr, Myheritage, Trombi, Last.fm, Plexo aux Etats-Unis, Viadeo en France, Xing en Allemagne, Jobssip en Espagne, Renren Xiaonei en Chine (une imitation de Facebook qui se traduit ainsi «les gens sur le campus»), et même en Afrique, sur téléphone mobile : iYam.mobi, lancé par Fritz Ekwoge.

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Gazan Youth's manifesto for change

Lire la traduction


   Fuck Hamas. Fuck Israel. Fuck Fatah. Fuck UN. Fuck UNWRA. Fuck USA! We, the youth in Gaza, are so fed up with Israel, Hamas, the occupation, the violations of human rights and the indifference of the international community! We want to scream and break this wall of silence, injustice and indifference like the Israeli F16’s breaking the wall of sound; scream with all the power in our souls in order to release this immense frustration that consumes us because of this fucking situation we live in; we are like lice between two nails living a nightmare inside a nightmare, no room for hope, no space for freedom. We are sick of being caught in this political struggle; sick of coal dark nights with airplanes circling above our homes; sick of innocent farmers getting shot in the buffer zone because they are taking care of their lands; sick of bearded guys walking around with their guns abusing their power, beating up or incarcerating young people demonstrating for what they believe in; sick of the wall of shame that separates us from the rest of our country and keeps us imprisoned in a stamp-sized piece of land; sick of being portrayed as terrorists, homemade fanatics with explosives in our pockets and evil in our eyes; sick of the indifference we meet from the international community, the so-called experts in expressing concerns and drafting resolutions but cowards in enforcing anything they agree on; we are sick and tired of living a shitty life, being kept in jail by Israel, beaten up by Hamas and completely ignored by the rest of the world.

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Non, le peuple n’est pas une masse brutale et ignorante


Par JACQUES RANCIÈRE Philosophe



Le mot «populisme» a beaucoup servi ces derniers mois. Il a été prononcé à propos des attaques contre l’islam de Marine Le Pen, de la dénonciation des élites de Jean-Luc Mélenchon, de la transformation des Roms en boucs émissaires par Nicolas Sarkozy… De quoi est donc fait ce populisme qui frappe les démocraties occidentales ? Libération a sollicité trois philosophes: Jacques Rancière (lire ci-dessous) qui critique la notion même de populisme. Enzo Traverso qui s’inquiète de la montée de l’islamophobie et Bernard Stiegler qui analyse le «populisme industriel» né du passage de la démocratie de l’écrit à la société de l’image analogique.

«Il ne se passe pas de jour où l’on n’entende dénoncer les risques du populisme. Il n’est pas pour autant facile de saisir ce que le mot désigne. Qu’est-ce qu’un populiste ? A travers tous les flottements du mot, le discours dominant semble le caractériser par trois traits essentiels : un style d’interlocution qui s’adresse directement au peuple par-delà ses représentants et ses notables ; l’affirmation que gouvernements et élites dirigeantes se soucient de leurs propres intérêts plus que de la chose publique ; une rhétorique identitaire qui exprime la crainte et le rejet des étrangers.

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L’islamophobie est à la source du nouveau populisme de droite

Par Enzo Traverso, philosophe



  Le mot «populisme» a beaucoup servi ces derniers mois. Il a été prononcé à propos des attaques contre l’islam de Marine Le Pen, de la dénonciation des élites de Jean-Luc Mélenchon, de la transformation des Roms en boucs émissaires par Nicolas Sarkozy… De quoi est donc fait ce populisme qui frappe les démocraties occidentales ? Libération a sollicité trois philosophes: Jacques Rancière qui critique la notion même de populisme. Enzo Traverso (lire ci-dessous) qui s’inquiète de la montée de l’islamophobie et Bernard Stiegler qui analyse le «populisme industriel» né du passage de la démocratie de l’écrit à la société de l’image analogique.

«Les mutations connues par l’extrême droite en ce début du XXIe siècle - en gros, depuis la chute du mur de Berlin - bouleversent nos catégories analytiques traditionnelles, souvent inadaptées face à un phénomène nouveau. Le premier lieu commun à réviser est celui qui identifie l’extrême droite au fascisme. Ce dernier en fut la matrice partagée pendant des décennies - au moins jusqu’à la fin des années 1980 -, mais cela est beaucoup moins évident aujourd’hui. Il reste une référence incontestable pour plusieurs mouvements nationalistes apparus en Europe centrale et orientale après la dissolution de l’Empire soviétique. Renouant avec une histoire interrompue en 1945, ils prônent un anticommunisme radical hérité des nationalismes d’avant-guerre et alimenté par quatre décennies de socialisme réel. Tantôt ils revendiquent une filiation à l’égard des dictatures des années 1930, comme Jobbik en Hongrie, qui reprend l’héritage des Croix-Fléchées et cultive la mémoire du maréchal Horthy ; tantôt ils exhument une ancienne mythologie revancharde et expansionniste, comme le Parti de la grande Roumanie ou le Parti croate du droit (HSP), continuateur du mouvement oustachi d’Ante Pavelic.
 

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Les médias analogiques ont engendré un nouveau populisme


Par BERNARD STIEGLER philosophe


 «Le populisme est un penchant constitutif de la démocratie. Seule une critique constante de la démocratie par elle-même peut le contenir. Lorsque la démocratie perd cette capacité à se critiquer elle-même, elle file un très mauvais coton où elle se décompose, qui la dénature, et qui tient à sa fragilité essentielle. C’est pourquoi les adversaires de la démocratie posent que le populisme, loin de dénaturer la démocratie, en révèle la véritable nature. Ainsi de Socrate et de Platon.

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En finir avec le triomphe du nihilisme et du pessimisme droitier


 par Pierre-Louis Basse, journaliste et écrivain
 

  Les champions de la fin de l'histoire pourraient être beaux joueurs : le mur atroce effondré depuis plus de vingt ans - et avec lui le communisme -, il serait peut-être grand temps d'admettre que le grand marché nous a floués. Privé d'ennemi, tranquille, le capitalisme s'imaginait fumant la pipe pour mille ans. Las, il n'aura créé qu'un immense hangar où règnent l'ennui, une prolétarisation mondialisée, l'avidité et l'uniformité des âmes. Il suffit d'avoir le nez au vent pour apercevoir le désastre. La destruction et le mépris.

L'utopie de la transgression nous manque. C'est bien connu : l'open space rend fou. Nous manque, oui, cette chose qui a partie liée avec la générosité. Parfois même, un rien nous ferait faire nos bagages. Berlin, la Grèce, l'Afrique, pour n'en plus revenir ? Et cette brutale envie de mourir qui nous prend parfois. Tant nous sommes déçus de devoir supporter chaque jour sur nos écrans ces visages déformés par la haine et le rejet de l'autre. Des damnés, encensés par le spectacle. Nous comptons sur les doigts de la main de Django Reinhardt - le guitariste manouche avait perdu deux doigts dans l'incendie de sa roulotte - quelques hommes d'honneur, qui ont su prendre date avec la nation. Ils existent. Plus que jamais, il faut les entendre.

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Le moralisme est inutile face au populisme


par Marc Weitzmann, écrivain

    Dans Le Monde du 27 décembre 2010, André Glucksmann écrit : "La campagne présidentielle commence mal." Révolté par ce qu'il nomme "la diabolisation des roulottes et des mosquées" - l'offensive anti-Roms de l'été 2010, les récentes déclarations de Marine Le Pen contre "l'Occupation" musulmane, et la plus récente encore Journée internationale contre l'immigration -, le philosophe dénonce d'un côté une "droite républicaine" tentée par la "capitulation" face aux "fixettes de l'ultra-droite", et de l'autre une "gauche démocratique" en coma intellectuel n'agitant le spectre du fascisme que pour mieux en "tirer les marrons du feu".

"Pauvre France, triste Europe", conclut-il. En d'autres termes, sans morale, point de victoire, sans dignité, point de politique. On reconnaît là les prémices de tout engagement chez l'intellectuel. Quel qu'il soit, c'est toujours, en fin de compte, au nom d'une noble conception de la politique qu'il prend la plume.

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"Cessons de diaboliser roulottes et mosquées"

 

Le philosophe André Glucksmann en 2008.

  Au sortir de la guerre froide, un officiel soviétique fit mine de plaindre ses vainqueurs : "Vous venez de perdre votre Adversaire Absolu, vous voilà bien embarrassés !" Comme si gouvernants et diplomates ne couraient depuis toujours plusieurs lièvres à la fois. Certes, pour être totales, les mobilisations totalitaires s'assignent une cible exclusive – l'impérialisme américain, le judéo-bolchévisme, le sionisme, les infidèles ou tout autre "Ennemi" supposé héréditaire.

En revanche, les mouvements démocratiques échappent à la contrainte de l'idée unique. Entre 1945 et 1989, un Occidental s'autorisait à contester simultanément les dictateurs communistes, les guerres coloniales, la corruption des privilégiés, le machisme des conservateurs, et cætera. Vingt ans après, il semble que le diagnostic soviétique l'emporte et que nous partions en quête du bouc émissaire un et indivisible.

La campagne présidentielle commence mal. En été 2010, l'Elysée ouvrit le ban par une offensive anti-Roms, expédiant gendarmes et bulldozers démolir les cahutes des bidonvilles improvisés, tandis que les caméras des télévisions s'attardaient sur les poupées écrasées, les frigidaires éventrés, la résignation triste et digne des plus démunis d'entre les démunis. Quinze mille Tziganes, nomadisant sur le sol français, mettaient la République en danger ! S'engouffrant dans la brèche morale, l'ultradroite plébiscite un enjeu décisif pour la nation : "l'occupation" de deux tronçons de rue à Paris à l'heure des prières coraniques du vendredi. Les musulmans arguent d'un manque (avéré) de lieux de culte clos.

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Exécuté pour un cheveu qui n'était pas le sien

Des tests ADN ont prouvé que l'unique élément sur lequel Claude Jones a été condamné et exécuté appartenait à la victime du braquage qu'il commettait.

  Un cheveu relance la polémique sur le risque d'erreurs dans les affaires de peine capitale aux Etats-Unis. Des tests ADN ont prouvé jeudi que le cheveu, unique élément sur lequel un Américain a été condamné en 1990 et exécuté en 2000, n'était pas le sien mais celui de la victime. Cette découverte ne peut innocenter à elle seule Claude Jones, tué par injection létale, en décembre 2000, pour avoir abattu le propriétaire du magasin qu'il braquait avec deux complices. Ce cheveu n'exclut pas sa présence sur le lieu du crime. Mais il montre que Claude Jones, 60 ans au moment de son exécution, a été condamné à la peine capitale sur une preuve fallacieuse.

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Le référendum citoyen ne doit pas rester une idée

Par CÉCILE DUFLOT Secrétaire nationale des Verts, YVES COCHET Député écologiste, NOËL MAMÈRE Député écologiste, ANNY POURSINOFF Député écologiste, FRANÇOIS DE RUGY Député écologiste, PIERRE LARROUTUROU Conseiller régional d’Ile-de-France (Europe Ecologie)

  La réforme constitutionnelle de 2008 instaurait une nouvelle voie d’initiative législative, conjointe à un cinquième des membres du Parlement et à un dixième des électeurs. L’initiative est timide : elle ne permet que la mise à l’ordre du jour parlementaire d’une proposition de loi. Un référendum n’interviendrait que si les assemblées n’avaient pas examiné, dans un certain délai, la proposition considérée. Dans la réforme, le peuple n’est donc appelé qu’à soutenir une initiative parlementaire. Nous sommes loin du référendum d’initiative populaire que nous avons toujours défendu. Il n’empêche que, même partiel, même timide, ce nouveau droit est censé exister et que toute occasion d’intégrer les citoyens au processus d’élaboration de la loi doit être saisie.

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Roman masculin et dislocation sentimentale
 

Par DIDIER LAPEYRONNIE Sociologue, professeur à Paris-Sorbonne

  Nombre de romans français publiés cet automne établissent un diagnostic étonnamment convergent et noir de notre époque. Ils décrivent une société néolibérale marquée par la rupture entre l’univers objectif de l’argent, des marchés et des langages, où tout se compte, et l’univers subjectif, personnel et pratique des objets, des idéaux et des sentiments. La possibilité même de la conviction politique et de l’engagement personnel en est détruite, réduisant les individus à la dépression et à la désolation, à une impuissance collective et personnelle.

Romans masculins, ils mettent en scène la détresse des hommes confrontés à leurs incapacités et à l’effondrement de l’amour, non dans leur désir d’aimer, mais dans le refus des femmes d’être aimées. L’argent et le cynisme, les arrivistes et les brutes dominent
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L’invention de l’«islamophobie»


Par PASCAL BRUCKNER Ecrivain


  Forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 70 pour contrer les féministes américaines, le terme d’«islamophobie», calqué sur celui de xénophobie, a pour but de faire de l’islam un objet intouchable sous peine d’être accusé de racisme. Cette création, digne des propagandes totalitaires, entretient une confusion délibérée entre une religion, système de piété spécifique, et les fidèles de toutes origines qui y adhèrent. Or une confession n’est pas une race, pas plus que ne l’est une idéologie séculière : l’islam, comme le christianisme, est révéré par des Arabes, des Africains, des Asiatiques, des Européens, de même que des hommes de tous pays sont ou ont été marxistes, libéraux, anarchistes. Jusqu’à preuve du contraire, on a le droit, dans un régime démocratique, de juger les religions mensongères et rétrogrades et de ne pas les aimer. Se méfier de l’islam comme on a pu en d’autres temps se méfier du catholicisme, juger inquiétant son prosélytisme agressif, sa prétention à la vérité unique, son penchant sacrificiel, c’est manifester un sentiment qu’on estimera légitime ou absurde, ce n’est pas faire preuve de racisme.

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Je fais mes valises



Par AIAT FAYEZ Ecrivain


   Je fais mes valises. Je range mes affaires. Je débarrasse ce qui ne servira à rien. Je vends ce qui peut se vendre. J’emporte le minimum, qui est déjà de trop. J’aurai quatre valises en tout et pour tout. Ma vie se résume à quatre valises. A 31 ans. Dix ans après avoir foulé le sol français pour faire des études de philosophie. Le thésard abdique. Il n’a pas le temps de terminer sa thèse. Des aléas ont assiégé ses projets. Des aléas presque subjectifs. Des aléas que le thésard perçoit, que je perçois (pourquoi me cacher ? Par peur de qui maintenant que je suis derrière l’ordinateur ?) un peu partout autour de moi. Il y a d’abord le sentiment que l’opinion publique se durcit jour après jour. Puis il y a la constatation que les gens dans la rue me regardent autrement. Est-ce que j’ai changé pour qu’on me regarde ainsi ? Est-ce que j’ai physiquement changé ? Un accident m’a peut-être défiguré ? Une tentative de suicide a peut-être écrabouillé une partie de ma tête ? Qu’est-ce qui a changé sur mon visage pour qu’on m’observe de cette manière dans le métro, au supermarché, en librairie ? Pourquoi personne ne me regardait comme cela il y a dix ans ? Je pouvais m’asseoir sur un banc et fumer tranquillement une cigarette devant les passants. Je pouvais garder mon anonymat et descendre les Grands Boulevards dans l’air du printemps sans penser à rien. Mais tout a changé. Aujourd’hui, il y a trop d’yeux pour me toiser, trop de mépris pour pouvoir continuer à vivre ici. Ce sont cela, les aléas. S’il fallait choisir un terme, je dirais que c’est une atmosphère. Une pression que ressent l’étranger. Il ne la voit pas, il ne la touche pas, pourtant elle est partout. Il la ressent, il en fait les frais tous les jours. Au fond, ce n’est pas la pression qui est insoutenable, mais le fait qu’elle soit invisible.

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Centres d’injection : «Rouvrez le débat, M. Fillon»

Par OLIVIER BERNARD président de Médecins du monde, BRUNO SPIRE président d’Aides

Monsieur le Premier ministre,

 Vous avez arbitré en défaveur de vos ministres de la Santé et de la Famille et contre les centres d’injection supervisés. Vous l’avez fait sur la base d’une note de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) selon laquelle «la mise en place de centres d’injection supervisés de drogue en France n’est ni utile ni souhaitable», peu visible mais très préoccupante chez les usagers de drogues. Au vu des enjeux, permettez-nous de discuter cet avis et votre décision.

La position de la Mildt se résume en trois points :

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Et si la pandémie de grippe était une maladie post-coloniale
 

Par FRÉDÉRIC KECK Chercheur en anthropologie sociale au CNRS

   Nous commençons seulement à prendre conscience du fait que notre imaginaire politique a été profondément marqué par l’aventure coloniale des deux derniers siècles. Longue est la liste de ce que nous recevons de ce cadre sans y penser : du Banania du matin à la lecture de Tintin au Congo en passant par le sentiment même d’être «Blanc» ou «Noir». C’est là un des intérêts des «études post-coloniales» : non pas dire que nous en aurions fini avec la colonisation, mais que le moment est venu d’en faire le bilan pour mieux éclairer les phénomènes contemporains.
Prenons un exemple récent : la pandémie de grippe de 2009. Voilà un événement qui frappe par son caractère résolument contemporain : une alerte des autorités sanitaires internationales sur un nouveau virus de grippe au Mexique est relayée par un emballement médiatique, une concurrence acharnée entre les industries pharmaceutiques, des politiques de vaccination différemment orchestrées par les gouvernements. Et finalement le sentiment d’un phénomène irrationnel, aussi vite passé que venu. Pourtant, un détour par l’histoire de la colonisation permet de comprendre qu’une telle alerte s’inscrit dans une rationalité plus longue.

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Faut-il être noir pour s'offusquer des propos de Jean-Paul Guerlain ?

   Pendant l'édition de 13 heures du journal télévisé de France 2 du 15 octobre, Jean-Paul Guerlain a tenu des propos qui ont suscité l'indignation d'une partie importante de la population : "Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin..."

Ayant pris acte du communiqué tardif de la société Guerlain, "condamnant avec énergie" ces propos (18 octobre), un collectif d'associations - Boycottez Guerlain, Les Indivisibles, Pluricitoyen, etc. - lui a demandé d'en tirer les conséquences dans ses relations contractuelles avec l'intéressé et a appelé à une action de boycott.

A l'opposé de cette démarche, de nombreux internautes, sur les blogs ou les réseaux sociaux, continuent à défendre Jean-Paul Guerlain, dénonçant le "politiquement correct" qui inhiberait l'expression libre.

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Foot : la puissance d’une peste émotionnelle


Par MARC PERELMAN Professeur en esthétique philosophique et architecturale

 Loin des grotesques manifestations d’accablement «populaire» et des scènes burlesques de désolation de supporters floués, redoublées par les hommes et les femmes d’Etat multipliant les palinodies et les menaces, mais tout aussi éloignés du deuil national obligatoire avec sa cérémonie des adieux à forts épanchements lacrymaux suivie des rodomontades de circonstance puis des admonestations directes, nous étions de nombreux Français à nous satisfaire du rapide retour des Bleus à la maison.

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Les disparités géographiques du divorce
 

  Un préjugé bien ancré veut que l'on divorce plus à Paris qu'en province. Épuisés par un rythme de vie trépidant, les couples parisiens ne résisteraient pas au sempiternel métro-boulot-dodo de la capitale. Tandis qu'une province plus traditionnelle, plus calme et parfois plus ensoleillée serait épargnée par le tsunami du divorce. Pourtant, qui n'a pas des cousins de Montpellier, une nièce de Toulouse ou un vieil ami de Strasbourg dont il apprend la séparation?

Selon des chiffres établis par l'Institut national d'études démographiques (Ined) que révèle Le Figaro, si Paris reste en tête et de loin des statistiques de divorce, la capitale est aujourd'hui suivie de près par de nombreux autres départements, dont ceux de la région Provence- Alpes-Côte d'Azur et Rhône-Alpes (voir carte). L'étude réalisée par France Prioux et Magali Mazuy, chercheuses à l'Ined montre que le degré d'urbanisation n'est plus le seul critère. Certes, la procédure de divorce par consentement mutuel est plus importante dans les grandes villes, où ce phénomène est entré depuis plus longtemps dans les mœurs, mais elle progresse. Un rapport du ministère de la Justice établit que le tribunal de grande instance de Paris occupe une place à part en ce qui concerne le volume des affaires traitées et qu'il est l'un des deux TGI où le taux de divorce par consentement mutuel dépasse 75%, et l'un des cinq où il dépasse 70%.

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Michel Onfray, dévot de la langue unique

 par Jean-Pierre Cavaillé,

 enseignant à l'Ecole des hautes études en sciences sociales

  Curieux athéisme, que celui qui se range sous l'autorité des Ecritures pour argumenter, y compris en des domaines qui semblaient depuis longtemps émancipés du religieux. Michel Onfray, dans la livraison du Monde du 10 juillet, fait l'éloge de l'Espéranto et des idéaux attachés à cette langue, à vocation universelle : ouverture, cosmopolitisme, etc. Cela est beau et bon. Il y voit aussi l'accomplissement de l'athéisme dans la mesure, où selon lui, les hommes, en créant une langue universelle, s'émanciperaient des dieux, deviendraient les sujets actifs et non plus passifs de l'histoire. Qu'est-ce à dire ? Ne sont-ce pas les hommes qui forgèrent aussi toutes leurs langues tout au long de leur histoire ? En fait, si l'on suit la curieuse et très indigente démonstration de notre philosophe, on peut légitimement en douter !

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De la culture du résultat à celle de l'impunité

 

 par Marc-Olivier Padis, rédacteur en chef de la revue "Esprit"
 

  Cafouillage de la défense, opportunisme de l'attaque : but ! A ce stade de la compétition la sanction est immédiate." Qui n'a déjà entendu un tel commentaire lors d'un match de la coupe du monde de football ? Mais dans quel sens le terme de "sanction" est-il utilisé ici ? Une équipe battue par un large score est "lourdement sanctionnée". Telle est la "loi du sport" : c'est le score final qui tranche la compétition et qui consacre le meilleur. S'agit-il simplement d'un usage journalistique du vocabulaire, parce qu'il faut bien varier les formules, ou ces termes n'expriment-ils pas une difficulté plus fondamentale du sport dans son rapport à la règle ? Comment, en effet, ne pas mettre en rapport cet usage du vocabulaire, où un résultat peut être "sévère", avec la difficulté croissante à imposer l'autorité de la règle et la parole de l'arbitre ? Au-delà du sport, cela pourrait nous aider à comprendre la difficulté à rendre crédible un arbitre des confrontations quand l'ampleur des enjeux tend à dépasser les acteurs.

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Un peu d’éthique en politique, est-ce trop demander ?

Par Esther Benbassa Directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études


 Le débat sur l’identité nationale avait ouvert le bal. Et ces dernières semaines, les raisons de s’alarmer ne font que s’accumuler : déclarations stigmatisantes sur les «gens du voyage», menaces de dénaturalisation des délinquants d’origine étrangère qui auraient mis en danger la vie d’un représentant des forces de l’ordre, ou, au-delà, qui pratiqueraient la polygamie ou l’excision, chasse aux Roms…

Il est évident que la France connaît des problèmes de sécurité, qui ne datent pas d’aujourd’hui. Le comportement actuel de nos dirigeants n’y apporte pourtant pas de vraie réponse, et encore moins de solution. Leur opportunisme et leur électoralisme les rendent peu crédibles. Ils n’en influent pas moins sur le regard que portent les Français sur ceux qu’ils considèrent désormais comme des citoyens ou des habitants de seconde zone, immigrés, descendants d’immigrés ou gens du voyage.

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 Eloge de l’insécurité



Par MARCEL ZANG Ecrivain, prix SACD Nouveau Talent Théâtre 2010

  Il faudrait se caler dans la tête, et une bonne fois pour toutes, que l’insécurité, c’est pire que la prostitution ; et que ça date même de bien avant la prostitution. L’insécurité est née avec l’apparition du sexe, avec la venue du rythme, de la couleur, avec le mélange, c’est-à-dire le crime capital, la Faute, le péché originel. C’est dire que l’insécurité remonte à la nuit des temps, à l’apparition du vivant. Elle est inhérente à la condition humaine. Alors faut pas rêver ! L’insécurité est une affaire de sexe, et elle disparaîtra avec le sexe, avec l’Autre, l’altérité. Perspective qui ne relève plus du rêve, par les temps clonesques qui courent : c’est pour demain, c’est-à-dire bientôt. Donc un peu de patience, et on n’entendra plus parler de l’insécurité ; encore moins de la liberté, car il n’est pas de liberté sans altérité. Autrement dit, l’insécurité est consubstantielle à la liberté.

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La lapidation, "preuve extrême de la logique de violence de l'islam"

par Abdennour Bidar, professeur de philosophie en classes préparatoires à Sophia-Antipolis


  La monstrueuse condamnation d'une femme à la lapidation par la République islamique d'Iran donne encore une fois de l'islam une image catastrophique, celle d'une religion archaïque, violente et totalitaire. N'essayons pas en effet de dédouaner la religion islamique du meurtre programmé de Sakineh Mohammadi-Ashtiani en soutenant qu'il s'agit d'une décision politique. Le pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad se fonde sur une idéologie reconnue comme celle d'un islam fondamentaliste.

En tant qu'intellectuel musulman, je dois prendre la responsabilité de dire cela haut et fort, en m'insurgeant contre cette sentence de lapidation au nom de la dignité de la personne humaine. Mais je ne saurais m'en tenir à cette indignation. Si en effet la pulsion totalitaire de la religion islamique trouve là l'une de ses expressions les plus inhumaines, il faut y voir simplement l'une des formes les plus radicales d'une logique générale qui a pris, au fil des siècles, le contrôle de la vie spirituelle des musulmans du monde. Hélas !, la religion islamique entière se nourrit de violence.

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Facebook : magasin des amis et désir de police totalitaire

 

par Jean-Jacques Delfour, professeur de philosophie


  Le nom est vraiment beau : "le livre des visages". Il pourrait séduire les amoureux des livres et ceux pour qui le visage est le lieu où l'humanité apparaît. Ce prétendu "réseau social" est en réalité une entreprise qui a pour activité principale de vendre à des industriels des contacts clients personnalisés. Les entreprises diffusent de la publicité tous azimuts, sans savoir si ceux qui la reçoivent sont susceptibles d'acheter le produit ou le service. Il y a une dépense à perte et le coût de chaque retour positif inclut celui des échecs. D'où la demande capitalistique de pouvoir trier les cibles et ainsi rationaliser la dépense publicitaire.

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Fidel Castro : "Le modèle cubain ne marche même plus pour nous"



  Le père de la révolution de 1959 répondait à une question d'un journaliste américain qui lui avait demandé si le modèle cubain était exportable.

L'ancien président cubain, 84 ans, est apparu en bonne forme. (Sipa) L'ancien président cubain, 84 ans, est apparu en bonne forme. (Sipa)

Fidel Castro pense que le modèle cubain "ne marche même plus" sur l'île communiste, selon un entretien accordé au magazine américain The Atlantic par un journaliste qui a rencontré le père de la révolution de 1959 à La Havane.

"Le modèle cubain ne marche même plus pour nous", a indiqué au journaliste américain Jeffrey Goldberg le chef historique de la révolution cubaine, dont les propos ont été retranscrits en anglais sur le site internet du mensuel.

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Une rage sécuritaire insupportable
 

par Christian Charrière-Bournazel, avocat au barreau de Paris

  Les Français se sont réjouis de la décision du Conseil constitutionnel, le 30 juillet, déclarant plusieurs articles de lois inscrits dans le code pénal contraires à notre Constitution en ce qu'ils portent atteinte aux libertés fondamentales et aux droits de la défense.

La chancellerie, qui n'avait rien fait pour rendre nos gardes à vue conformes au droit européen issu des arrêts de la Cour de Strasbourg, allant jusqu'à prétendre qu'ils ne s'appliquaient pas à la France, a osé dire publiquement que cet arrêt confirmait la pertinence de son projet de réforme de la procédure pénale. C'est faux. Le projet est pire que les lois actuellement en vigueur telles que vient de les condamner le Conseil constitutionnel !

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Le combat du monde culturel

 

S’appartenir et devenir...

Par le Kolektif Sonny Rupaire (KSR)

  Le monde artistique et culturel guadeloupéen souffre de sinistrose. Cela devient comme une addiction. Il serait presque de bon ton de se poser en victimes pour justifier le sauve-qui-peut individuel, la démerde et, trop souvent, la courtisanerie. Une telle démarche nous conduit collectivement à la pire des dépendances, celle des esprits et des coeurs à l’égard de marchands peu scrupuleux. Nous nous voyons peu à peu condamnés à tout importer jusqu’à nos contes et nos rêves


Il est vrai que les problèmes sont considérables, que les obstacles à l’existence de nos arts sont nombreux. Cependant, ils ne sont lisibles pour nous qu’à travers un objectif commun (au moins rêvé) : contribuer ensemble, dans le respect de notre propre diversité, mais aussi de notre identité commune, à l’existence et la pérennité des arts guadeloupéens...Où ? A l’intérieur des frontières de notre archipel, afin de consolider d’ici-même, le socle ou le tremplin d’un rayonnement de notre culture hors des frontières. Sans point de vue, rien n’est vraiment lisible. L’ICI devrait être la source de soi-même et des échanges avec les autres du monde, et non le réceptacle passif de LAILLEURS.

D’où une double lecture des problèmes et des obstacles : d’un côté, ceux qui relèvent de notre exigence à l’égard de nous-mêmes, de l’autre, ceux qui relèvent de la revendication. Moins nous serons exigeants dans notre travail de création, moins nous pourrons légitimement l’être à l’égard des politiques publiques, voire même des initiatives privées concernant la culture. Il faut d’abord que l’artiste existe pour prétendre vivre en tant que tel.

Il faut d’abord que l’artiste existe...

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Les juifs de France divisés



  Depuis le lancement, en mai à Bruxelles, d'un "appel à la raison" au gouvernement israélien, baptisé JCall, initié par des juifs européens, une recomposition est en cours en France. Elle s'effectue entre les pro-israéliens qui considèrent comme prioritaire la loyauté vis-à-vis d'un gouvernement israélien démocratiquement élu, et ceux qui estiment que les errements ou jugés tels de sa politique, principalement sur la question palestinienne, justifient au contraire la critique et l'intervention de la communauté internationale pour forcer une paix de plus en plus insaisissable.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) défend les positions israéliennes officielles, y compris lorsqu'elles tranchent avec celles du gouvernement français. C'est le cas notamment sur la question du partage de Jérusalem (auquel le premier ministre israélien est opposé, contrairement à Nicolas Sarkozy).

RÉACTION OFFICIELLE

A l'inverse, JCall avance que les constructions de quartiers de colonisation dans la partie orientale de la ville, conquise par la force en 1967, et où les Palestiniens veulent établir leur capitale, hypothèquent les chances de parvenir à la paix.

Alors que le CRIF fut un pionnier du dialogue judéo-arabe par le passé, son président actuel, Richard Prasquier, défend rigoureusement la ligne pro-israélienne, comme on a pu le voir à l’occasion du drame de la flottille pour Gaza.

Après une première réaction officielle de son directeur général, Haïm Musicant, déplorant "profondément" les morts, Richard Prasquier s’est ensuite attaché à mettre en cause le caractère humanitaire du convoi arraisonné par la marine israélienne, reprenant ainsi la thèse officielle développée par Tsahal, l’armée israélienn

DICHOTOMIE

De son côté, JCall, a publié un communiqué plus équilibré déplorant "une crise qui ne profite qu’aux extrémistes des deux bords". En France comme en Israël, la deuxième intifada palestinienne et la multiplication des attentats ont contribué, à partir de 2000, à l’effritement du "camp de la paix" qui s’était engagé avec les accords d’Oslo conclus en 1993, mais qui n’ont pas débouché sur la paix.

On peut noter la même dichotomie aux Etats-Unis, où réside la plus importante communauté juive en dehors d’Israël (la France vient en deuxième position). La ligne légitimiste est défendue par la majorité des organisations juives américaines, à commencer par la puissante American Israel Public Affairs Committee (Aipac), très bien implantée au Congrès. Mais celles-ci doivent compter, depuis 2008, avec un lobby à la fois pro-israélien et pacifiste, JStreet, qui a d’ailleurs inspiré JCall.

Gilles Paris
Article paru dans l'édition du Le Monde 05.06.10

 
 
 

Il faut démissionner le ministre Hortefeux
 

 par Jacky Dahomay, professeur de philosophie.

 

 Le ministre de l'intérieur Brice Hortefeux a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris pour injure raciale. Le fait, une première dans la Ve République, est particulièrement grave. D'autant plus que Brice Hortefeux avait déjà été soupçonné par d'anciens ministres issus de l'immigration comme Azouz Begag de propos douteux concernant des Français issus de l'immigration. Rachida Dati l'aurait même qualifié, selon la presse, de "gros raciste". Rappelons aussi que le ministre de l'intérieur avait choisi il y a deux ans Vichy, ville hautement symbolique, pour réunir les ministres de l'immigration des pays européens, ce qui avait surpris bien des citoyens, juifs ou non.

Il est donc tout à fait surprenant que des comportements aussi graves puissent être banalisés. Ce que fait le premier ministre, François Fillon, lorsqu'il vole au secours du ministre de l'intérieur. D'un autre côté, il en est de même pour Ségolène Royal qui s'est contentée sur France Info de juger simplement que ce n'est "pas vraiment glorieux" que le ministre de l'intérieur soit condamné pour injure raciste et a invité Brice Hortefeux à "mettre en place une politique très efficace pour lutter contre les formes de discrimination et de racisme".

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Et si l’Afrique du Sud n’était qu’un pays ordinaire

 

Juius Malema

 

Par VINCENT DARRACQ Enseignant au Centre d’études d’Afrique noire de Sciences-Po Bordeaux

  Dans deux mois, l’Afrique du Sud va accueillir un des grands événements planétaires, la Coupe du monde de football. Elle se retrouve sous le feu des projecteurs et son image n’apparaît guère flatteuse. Une criminalité galopante, des tensions raciales persistantes et des inégalités socio-économiques abyssales, autant de traits qui se donnent à voir dans l’assassinat récent d’Eugène Terre’Blanche, bien nommé leader de l’extrême droite blanche afrikaner, par deux de ses employés noirs. On peut y ajouter des élites corrompues, un président conservateur polygame bafouant les droits des femmes, un leader de la Ligue de jeunes du parti au pouvoir, l’ANC, l’inénarrable Julius Malema, qui multiplie les déclarations provocatrices, et un soutien diplomatique à des dictatures infréquentables comme le Zimbabwe. On enjoint alors à l’Afrique du Sud rien moins que de «tuer la peur», d’enterrer la hache de guerre raciale et de renouer avec le fil de la vision fondatrice de Nelson Mandela.


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31/03/2010 à 00h00
Téléphobie :une idéologie triste

3 réactions

Par GILLES ACHACHE Chercheur associé au Médialab de Sciences-Po Paris, directeur de l'Institut Scan-Research


  Cette année, le marronnier des ravages des médias électroniques sur l’esprit public a donné une belle floraison. Le bimensuel Books a ouvert la saison en posant la question de savoir si «Internet [est] contre la démocratie ?». Il a été suivi par le battage autour du documentaire de Christophe Nick et Michel Eltchaninoff diffusé sur France 2, le Jeu de la mort, pendant que Philosophie magazine se demandait avec angoisse si «la télévision nous rend […] mauvais» et Télérama si elle «donne le droit de tuer». Est-il besoin de préciser qu’à ces questions, la réponse fut à chaque fois positive. Les médias et la télévision, nous a-t-on ainsi serinés, sont une mauvaise chose qui abâtardit le goût, banalise le crime, naufrage l’esprit, réduit nos consciences à l’état de légume et nous tient en un pouvoir si contraignant qu’il peut nous transformer en parfaits salauds et tortionnaires. La dénonciation n’est pas nouvelle. La téléphobie est aujourd’hui une notion commune des conversations de comptoir, en même temps qu’un genre littéraire déjà ancien dans lequel se sont illustrés des auteurs aussi divers qu’Alain Finkielkraut, Neil Postman, Ségolène Royal, ou plus récemment le très prolifique Bernard Stiegler.

Cette thèse de la nocivité des médias et de la télévision présente cette particularité d’être à la fois fausse et dotée d’une force persuasive considérable. Elle constitue un assez bon échantillon de ce que l’on désignait naguère par le terme d’idéologie. Pour ce qui est de sa fausseté, sans entrer dans le détail d’un débat passablement rabâché, elle est régulièrement constatée, étude après étude, depuis plus d’un demi-siècle (1), par tous les travaux conduits sur ces questions qui montrent que l’influence observable des médias sur les consciences est au mieux faible ou en tout cas rigoureusement indémontrable (2).

Mais ce qui intrigue dans la téléphobie n’est pas tant qu’elle soit une opinion fausse, mais qu’elle résiste avec constance à la preuve contraire et qu’elle trouve son meilleur écho auprès du public censé être le mieux armé de sens critique. Books, Télérama et Philosophie magazine ne sont pas précisément des titres de la presse de caniveau. Leurs lecteurs se recrutent principalement, sinon uniquement, parmi ce que l’on appelle les cadres actifs et les professions intellectuelles supérieures. Ils forment ce «public cultivé» dont la fréquentation des œuvres et des lieux de la culture savante est la plus régulière.

Souvent, ce qui fait la force d’une idée fausse, c’est la gratification qu’elle procure à ceux qui en sont convaincus. A cet égard, un des principaux avantages de la téléphobie est qu’elle réintroduit un ordre hiérarchique légitime dans l’espace public démocratique en même temps qu’elle fait croire aux téléphobes qu’ils en occupent le sommet. A l’origine de l’opinion téléphobique, il y a cette idée que le pouvoir des médias s’est insidieusement substitué à ceux de la tradition ou de la religion dont nous pensions nous être politiquement débarrassés. Par suite, le téléphobe est celui qui, au sein de la modernité, a su, sous la conduite des bons maîtres, se délivrer de cet esclavage discret des médias et devenir le citoyen libre et raisonnable qu’exige de nous la République. Comment mieux marquer alors cette excellence républicaine qu’en affichant un dédain aristocratique pour les spectacles de la télévision auxquels se complaît le grand nombre. Que cette aristocratie imaginaire se vive comme une avant-garde (version Stiegler) ou comme le dernier carré des défenseurs de la civilisation (version Finkielkraut) est sans importance, tant qu’est préservé le sentiment d’être peu et menacés. La satisfaction d’appartenir ainsi à un club d’individus rares est si forte qu’elle explique pourquoi nos demi-habiles ne sont guère disposés à entendre qu’elle repose sur une erreur, voire un mensonge.

La téléphobie ne serait qu’une opinion risible si elle n’était dans le même temps le symptôme du piètre état du débat intellectuel en France. Qu’on ne s’étonne pas du provincialisme de la pensée française tant elle semble avoir perdu toute curiosité pour le mouvement du réel. Notre monde ne cesse de se transformer, les médias sont au cœur de cette transformation. Pour des intellectuels et des chercheurs, il ne devrait pas y avoir d’époque plus belle que celle qui voit émerger un monde nouveau, de nouveaux modes d’accès à la culture, de nouvelles manières de faire société, de nouvelles formes de participation à la vie politique. Et nous ne voyons dans ce monde qui s’ouvre que les menaces pour le monde ancien et aucune de ses promesses. Nous ne semblons capables que de nous replier sur nous-mêmes. Nous préférons rire ou pleurer des médias et des formes de culture auxquelles ils donnent lieu plutôt que de se donner la peine de les comprendre.

La téléphobie n’est qu’une pensée fausse qui se déguise en pensée triste pour faire sérieux. Elle ne démontre rien d’autre que la frilosité de courants importants de l’intelligentsia française à penser la réalité effective des choses, et à y reconnaître ce qu’elle renferme de nouveau, de digne d’intérêt, et, pourquoi pas, de joyeux.

Depuis les travaux de Lazarsfeld, dans les années 40. Lire aussi David Gauntlett, «Moving Experiences, Media Effects and Beyond», Londres, 2005.

Jean-Louis Missika, dans «Philosophie magazine», rappelle utilement ce que nous savons et ce que nous ne savons pas sur les effets des médias.

Dernier ouvrage paru : «le Complexe d’Arlequin, Eloge de notre inconstance», Grasset.

 

 Cuba : la journaliste d’opposition Dania García libérée dans l’attente de son procès en appel

  "Nous sommes bien évidemment heureux de savoir Dania Virgen García hors de prison, mais personne ne saurait se contenter de cette libération. Il faut désormais garantir à cette journaliste d’opposition un procès en appel sérieux et indépendant, qui ne soit ni politisé ni a priori à charge contre elle. S’agissant de Cuba, la bonne nouvelle d’une libération est souvent l’arbre qui cache la forêt. Nous réitérons notre appel en faveur de la libération des vingt-cinq autres journalistes qui croupissent dans les geôles cubaines", a déclaré Reporters sans frontières.

Dania Virgen García, journaliste indépendante collaborant pour les sites Internet d’opposition Primavera Digital et CubaNet, qui tient également un blog (daniavirgengarcia.blogspot.com) lié à un groupe anticastriste radical de Miami aux Etats-Unis, a été libérée le 7 mai 2010 dans l’attente de son procès en appel. Elle avait été condamnée, le 23 avril dernier, à un an et huit mois de prison, officiellement pour une dispute familiale. Les autorités l’accusent "d’abus d’autorité" pour avoir mis sa fille de 23 ans à la porte.

Il s’agit d’un procès à "caractère politique", a-t-elle déclaré au lendemain de sa libération. "Personne n’avait jamais été condamné à Cuba pour ce motif". D’après la journaliste, son procès en appel devrait se tenir le 10 ou le 11 mai.

Source : http://fr.rsf.org/
 

Rwanda, le 13 mai 1994

par Serge Farnel

  Les résultats de l'enquête que j'ai menée au Rwanda depuis avril 2009 ont été partiellement révélés, en février dernier, à l'occasion d'une pleine page publiée dans le Wall Street Journal. De nombreux témoignages, aussi bien de rescapés que d'anciens génocidaires, y attestent de la participation directe de ce qui apparaît être des soldats français au génocide de dizaines de milliers de civils tutsis le 13 mai 1994 à Bisesero, dans l'ouest du Rwanda. Les deux dates des 13 mai et 14 mai 1994 correspondent probablement aux deux plus importantes journées de massacres génocidaires ayant eu lieu dans le pays des mille collines au printemps 1994. On estime que 40 000 civils tutsis auraient été génocidés au cours de ces deux jours à Bisesero, la plus grande partie d'entre eux l'ayant été le 13 mai. Deux jours d'intenses massacres qui ont emboîté le pas à la journée du 12 mai dédiée, elle, à leur préparation.

La connaissance du fait que ces deux jours furent consacrés à de grands massacres génocidaires n'est pas nouvelle en ce que cela avait déjà été consigné dans le rapport de l'ONG londonienne African Rights, avant d'être documenté par nombre de témoignages portés devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Ce qui est nouveau en revanche, et qui résulte de cette enquête menée à l'occasion de deux voyages au Rwanda - l'un en avril 2009 (soixante-dix heures d'interview filmées), le suivant en février 2010 (trente heures de tournage de reconstitutions sur le terrain) -, est le fait que des Français en uniforme militaire, armés de mitraillettes, mortiers et/ou de lance-roquettes y ont non seulement activement participé aux côtés des milices interahamwe, de la population hutu et des gendarmes, policiers et soldats rwandais, mais qu'ils ont également été aux premières loges de son organisation. Voici un résumé de ce que cette enquête permet notamment d'affirmer.

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Le corps en guise de politique
Par Eric Fassin sociologue, Ecole normale supérieure
La vie sentimentale supposée d’un président fait la une des journaux, après le «faciès» d’un de ses ministres - ou plutôt, c’est la controverse sur leur exposition publique qui occupe politiques et médias. Pourquoi l’intimité, dans sa réalité corporelle, est-elle devenue en France un tel enjeu ?

 

Un autre portrait d'Alain Badiou

Par Marie-Claire Boons-Grafé


La psychanalyste Marie-Claire Boons-Grafé, qui a autrefois milité au côté d'Alain Badiou à l'UCFml, n'a guère apprécié d'être citée comme témoin à charge dans un article peu amène récemment consacré par l'hebdomadaire « Marianne » à l'auteur de « l'Hypothèse communiste », « Logiques des mondes » et « De quoi Sarkozy est-il le nom ? ». La lettre qu'elle avait adressée à nos confrères est restée sans réponse. La voici

Au début du mois de mars, le journal « Marianne » a octroyé à Eric Conan pas moins de huit pages pour dresser un prétendu « portrait » d'Alain Badiou. En vérité il s'agit d'une tentative symbolique d'assassinat : le penseur radical de notre époque en devenir, encensé depuis quelques mois par les médias, devient soudain l'homme à abattre. Contre lui et sa pensée, il faut à tout prix provoquer la haine, en empêchant surtout le lecteur de penser.

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La pétition du jour...

Par Grégoire Leménager

C'est une tribune musclée dont on n'a guère entendu parler, dans un pays où, pourtant, on ne déteste pas se balancer des anathèmes sous prétexte d'encourager la guerre en philosophie. Il est vrai qu'elle a été publiée dans « l'Huma » (le 16 mars dernier), et sous un titre comme on n'en fait plus tellement ailleurs : « Nous ne renoncerons jamais à l'idée du communisme !» Ses auteurs s'appellent Fabien Tarby (spécialiste ès Alain Badiou), et Slavoj Žižek (vedette internationale de la philo marxiste).

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Les Infiltrés : comment des journalistes peuvent enquêter sur la pédophilie sans devenir auxiliaires de police,

par Christophe Ruaults
 

Voilà une belle polémique qui aura couru pendant une semaine. Son objet, le magazine d'information Les Infiltrés, diffusé mardi 6 avril sur France 2 et consacré ce soir-là aux réseaux pédophiles. Fidèle au principe de l'émission, le journaliste Laurent Richard a mené son enquête in vivo, se faisant passer sur Internet pour une jeune fille de douze ans avant d'aller rencontrer ces hommes qui pensaient avoir affaire à une adolescente. Etonnamment, plusieurs d'entre eux ont alors accepté de répondre aux questions du journaliste – visage flouté –, lequel journaliste, une fois son reportage achevé, a signalé leurs agissements à la police.

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Menaces sur la Maison des civilisations




Par FRANÇOISE VERGES Politologue, chargée de mission pour la MCUR depuis 2003


Une menace pèse sur la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (MCUR). Ses objectifs, sa philosophie, sa programmation sont au cœur des débats qui mobilisent la France depuis plusieurs années : la diversité, le multiculturalisme, la République postraciale, les guerres de mémoires, l’écriture de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation, les nouvelles pratiques culturelles, les nouvelles muséographies.

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«La culture n’est pas un luxe, mais une nécessité»


Interview

Najat Belkacem, adjointe PS chargée des grands événements à Lyon, souligne l’importance sociale de l’accès à l’art.


Par OLIVIER BERTRAND Lyon, de notre correspondant.

  Najat Belkacem, porte-parole de Ségolène Royal, est adjointe au maire de Lyon, chargée des grands événements, de la vie associative et de la jeunesse. Ancienne vice-présidente chargée de la culture à la région Rhône-Alpes, elle est depuis 2008 conseillère générale du Rhône.
Constatez-vous aujourd’hui les premiers effets du désengagement de l’Etat et des collectivités locales vis-à-vis de la culture ?

Mes craintes ne sont pas pour le court terme. Les politiques au rabais risquent surtout de se faire sentir dans la durée si l’on investit moins aujourd’hui pour la création et les grands projets. Les collectivités parent au plus pressé, compensent. Mais on peut déjà être inquiet pour les investissements en direction de ce que l’on appelle les «publics empêchés», en zone rurale, dans les cités, en prison…

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Baisse des budgets, les artistes déshabillés

Le monde de la culture et des élus locaux redoutent que les financements à la création, déjà entamés par la crise, fondent encore avec la réforme territoriale à venir.

Par RENÉ SOLIS, OLIVIER BERTRAND (à Lyon), ANNE-CAROLINE JAMBAUD (à Lyon), PIERRE-HENRI ALLAIN (à Rennes)


Alex Broutard, directeur de la Passerelle, la scène nationale de Saint-Brieuc, est aux abois. Lundi une baisse de 30% de la subvention (200 000 euros) allouée à son théâtre devrait être votée par le conseil général des Côtes-d’Armor. «Une telle décision, en cours d’exercice, aura un impact énorme, redoute-t-il. Cela signifie des spectacles annulés et une rentrée retardée.» La soirée «Prisunic» de juin qui associe différentes disciplines pour un tarif de 5 euros sera supprimée. Tout comme le service d’autocars entre Lannion et Saint-Brieuc qui permet aux publics des deux villes de profiter de leurs salles respectives. Finis également les ateliers théâtre et danse en milieu scolaire.

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A Cuba, trois grèves de la faim pour obtenir la libération de prisonniers politiques

Guillermo Farinas a pris le relais d'un détenu mort après 85 jours de jeûne. Deux autres opposants l'ont suivi


 

Darsi Ferrer. ALEJANDRO ERNESTO/EPA

Le dissident Guillermo Farinas n'est plus le seul à Cuba à faire une grève de la faim pour réclamer la libération des prisonniers politiques. Il a été rejoint par deux opposants, dont un se trouve emprisonné à La Havane. C'est ce qu'a annoncé la Commission cubaine pour les droits de l'homme et la réconciliation nationale (non reconnue par les autorités), mardi 30 mars.

Ancien combattant du contingent cubain en Angola, psychologue et journaliste indépendant, Guillermo " Coco " Farinas avait pris le relais d'Orlando Zapata, mort dans un hôpital pénitentiaire, le 23 février, après 85 jours de grève de la faim.

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Je doute, donc je suis… moderne


Par PHILIPPE CORCUFF sociologue



  Shutter Island, le film de Martin Scorsese et surtout le magistral roman noir de Dennis Lehane, nous entraîne dans les méandres extrêmes des incertitudes humaines, aux confins de la paranoïa, là où les théories du complot prospèrent. 11 Septembre 2001, grippe A… les conspirationnismes les plus extravagants font florès sur Internet.

Le doute participe bien de la constitution de la figure de l’individu occidental moderne. En témoigne un des premiers «préceptes» énoncé par Descartes : «Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie [...] que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute.» (1) Or ce doute est susceptible de révéler des pouvoirs envahissants, voire autodévorants. Où poser la limite suggérée par Descartes mettant en garde contre les sceptiques, «qui ne doutent que pour douter» ? Où se déploie la légitime mise en doute des préjugés dominants et où commence le délire paranoïaque ? Les cheminements narratifs ciselés par Lehane épousent tout d’abord ces interrogations : «Si on vous juge dément, alors tous les actes qui devraient prouver le contraire sont interprétés comme ceux d’un dément. Vos saines protestations constituent un déni. Vos craintes légitimes deviennent de la paranoïa. Votre instinct de survie est qualifié de mécanisme de défense.»

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La douleur comme expérience de soi


Par David Le Breton Sociologue

 L’expérience de la douleur reste une épreuve redoutable pour ceux qui la vivent. Elle rappelle que nous ne sommes pas un corps associé à un esprit mais une personne tout entière. Elle n’est pas seulement sensation, mais aussi émotion et perception, c’est-à-dire activité de déchiffrement sur soi. Elle ne traduit pas dans la conscience une effraction organique, elle est pour l’individu la confrontation d’un événement corporel à un univers de sens et de valeur. Elle est liée à une série de données biologiques, sociales, culturelles, relationnelles, contextuelles et surtout à ce que l’individu en fait à travers son histoire de vie.

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Dans Newsweek : "En arrière, en arrière"

Désireux d’un retour en arrière, les conservateurs au sein de l’église catholiques avaient un champion en la personne du pape Benoit XVI. C’est peut-être aujourd’hui la fin de leurs espoirs. > Cet article est paru sur le site internet de Newsweek le 30 mars.

Les scandales de pédophilie dans le clergé catholique — et l’apparente stratégie mondiale de dissimulation qui semble avoir impliqué le Cardinal Joseph Ratzinger avant qu’il accède à la papauté — provoquent l’embarras dans l’église catholique et chez des paroissiens furieux. Les pressions ne risquent pas d’entraîner une démission du pape Benoît XVI, ce n’est pas son style et surtout, personne ne peut l’y contraindre. Ce qui ne signifie pas que le scandale va disparaître de lui-même. Benoît XVI est porteur d’un projet clairement conservateur sur le plan de la morale, et a entrepris peu à peu de le mettre en œuvre. Or, tant qu’il n’aura pas mis tout ce qu’il savait sur la table — et qu’il n’aura pas congédié les évêques coupables d’avoir mal géré les affaires d’abus sexuels — les réformes qu’il cherche à mener risquent d’être bloquées, ou d’échouer purement et simplement.

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Shabnam, 7 ans, esclave à domicile

Au Pakistan, les enfants exploités par des particuliers sont légion. «Libération» a rencontré l’une d’entre eux.


Par Célia MERCIER, envoyée spéciale à Karachi
Shbnam, 7 ans, et son frère Salman, 10 ans, ont été recueillis par une ONG à Karachi.

  Elle a claqué la porte de la maison. Puis elle a pris ses jambes à son cou. Avec son frère Salman, la petite a couru loin de la maison de «Madame». Un passant a retrouvé les deux enfants hagards, épuisés, errant dans les rues de Karachi, au Pakistan. Il les a emmenés dans le foyer d’une ONG, la fondation Edhi. C’est ici que Shabnam, 7 ans, est hébergée depuis quelques mois avec Salman, 10 ans. La fillette malingre, aux grands yeux en amande, raconte qu’elle vivait depuis deux ans avec son frère chez «Madame», la mère de famille qui les employait comme domestiques.

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Sida: «Il faut dépister plus et mieux»


Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherche sur le Sida et les hépatites, dresse l'état des lieux de la maladie en France et des recherches en cours.

RECUEILLI PAR MARGAUX COLLET
Jean-Fraçois Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherche sur le Sida

   Education sexuelle, vaccin préventif, test rapide, ... à l'occasion de la 16e édition du Sidaction qui débute vendredi et se poursuivra jusqu'au 28 mars, le directeur de l'Agence nationale de recherche sur le Sida et les hépatites (ANRS), Jean-François Delfraissy, fait le point sur une maladie qui continue de tuer en France.

Alors que commence la 16e édition du Sidaction, quel état des lieux peut-on dresser du Sida en France? Continue-t-il à tuer ?

Oui cette maladie continue à tuer, notamment des personnes dépistées trop tard. Même si le nombre de décès a considérablement baissé, ce sont toujours 1500 personnes qui en meurent chaque année.

Quels chiffres clés pourraient sensibiliser l'opinion ?

L'infection continue à faire entre 7000 et 8000 nouvelles contaminations chaque année. On estime entre 130.000 et 140.000 personnes séropositives en France et à 40.000 ceux qui ne sont pas au courant de leur maladie.

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Paludisme : l'espoir du vaccin volant et piquant

  On savait que le moustique était responsable de la transmission du paludisme, il pourrait bientôt en devenir le remède. Des chercheurs de l'université médicale japonaise de Jichi ont modifié génétiquement un moustique afin que sa salive contienne une protéine servant de vaccin contre la Leishmania, une fièvre à phlébotome potentiellement mortelle, selon les conclusions de leurs recherches publiées dans Insect Molecular Biology sous le titre : "Le vaccinateur volant : un moustique transgénique inocule un vaccin contre la Leishmania par voie sanguine".

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Une nouvelle espèce de dinosaure découverte

 

Deux paléontologues américains ont trouvé dans l'Utah un ancêtre du Diplodocus vieux de plus de 185 millions d'années : le Seitaad Ruessi.

   Il a un long cou et une longue queue, mesure environ un mètre de haut et trois de long. Il est vieux de plus de 185 millions d'années et n'a plus toute sa tête. Ce fossile incomplet (il manque le crâne, des morceaux de cou et la queue) a été découvert dans l'Utah en 2004 par deux paléontologues américains, Joseph Sertich et Mark Loewen. Les deux chercheurs ont dévoilé mercredi, dans une étude publiée dans la revue scientifique Plos One, qu'il s'agissait d'une nouvelle espèce, ancêtre du fameux Diplodocus dont le règne allait démarrer près de 40 millions d'années plus tard.

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La dignité de Sisyphe ou qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?


Par YVES MICHAUD philosophe

  Quand l’homme est impuissant face à son sort et qu’il en a, sinon la certitude, du moins un fort soupçon, il a le bonheur et le malheur que le destin, les dieux, la chance, le hasard, la fatalité, que sais-je encore, veulent bien lui donner. Il peut au mieux jouir avec précaution de son bonheur, sans se vanter, de peur d’éveiller la colère des puissances qui le dépassent.

S’il est malheureux ou misérable, il lui reste à implorer compassion et pitié de la part des autres humains qui, embarqués sur le même bateau, les lui accordent volontiers parce qu’ils pourraient être dans le même cas, parce qu’ils seront à leur tour dans le même cas. Chacun vit dans le sentiment d’être un rescapé ou en sursis - et finalement tel est peut-être notre lot commun.

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Pédophilie : le droit canon est désormais inadapté
La distance entre l'Eglise et la société se creuse


   Le premier évêque condamné par un tribunal, depuis la Révolution française, fut Mgr Pierre Pican, en septembre 2001. Motif : non-dénonciation des violences sexuelles perpétrées sur mineurs par un de ses curés. Bilan : trois mois de prison avec sursis pour l'évêque et dix-huit ans de réclusion criminelle pour son collaborateur.

Depuis, des scandales du même genre ont éclaté dans un nombre croissant de pays. Aux Etats-Unis, trois mille prêtres ont été inquiétés par la justice. Le pays en compte à peine quinze fois plus. Résultat : des milliers d'enfants détruits, des millions de fidèles désarçonnés, 2 milliards de dollars d'indemnisation aux victimes, sept diocèses en faillite. Ces scandales sont des conséquences, non pas du célibat des prêtres, mais de l'omerta qui les a protégés. Ces turpitudes ne pouvaient être ni dénoncées ni avouées. Sensibles entre toutes, ces affaires devaient se régler en interne et en silence.

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Les indulgences de l'Eglise de France

  Au début des années 2000, l'épiscopat a pris la mesure des cas de pédophilie et d'" agressions sexuelles sur mineurs " mettant en cause des membres du clergé

Début mars, un prêtre montpelliérain a été suspendu de ses fonctions et placé dans une communauté religieuse après avoir reconnu détenir des images à caractère pédophile. En décembre 2009, le chanoine de la cathédrale de Sens avait été interpellé et mis en examen pour agression sexuelle sur mineur de 16 ans ; les derniers faits qui lui sont reprochés se seraient déroulés le jour de Noël. Six mois plus tôt, en juillet, le vicaire général de la cathédrale d'Angoulême avait, lui aussi, été mis en examen pour agressions sexuelles sur deux mineures de moins de 15 ans.

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Pédophilie : le pape au cœur du scandale


 

  Le scandale des abus sexuels éclabousse toujours davantage le sommet de l'Eglise. Le New York Times a révélé, preuves à l'appui, que Joseph Ratzinger, alors qu'il était en charge de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), n'a pas relevé de ses fonctions un prêtre américain qui avait commis des abus sexuels sur au moins 200 enfants malentendants. Et cela bien qu'un évêque ait personnellement adressé au futur pape un courrier en 1996 présentant la gravité des faits. Courrier auquel Joseph Ratzinger n'aurait jamais répondu. En revanche, il a été sensible à une lettre du prêtre abuseur, qui l'implorait de le laisser en paix. Le New York Times a eu accès à des documents confidentiels grâce à deux avocats, Jeff Anderson et Mike Finnegan, représentant cinq hommes qui ont intenté quatre actions en justice contre l'archidiocèse de Milwaukee, où se sont déroulés les abus. Ces documents comprennent la correspondance entre différents évêques et le Vatican, les déclarations sous serment des victimes, les notes écrites d'un expert des troubles sexuels ayant examiné le prêtre abuseur, ainsi que les notes d'une rencontre finale au Vatican concernant ce cas.

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Les détecteurs de radars dans le viseur des gendarmes


  Les détecteurs de radars permettent aux automobilistes de déjouer les contrôles de vitesse fixes et mobiles.

Depuis le début du mois, quelque 600 détenteurs de détécteurs illégaux de radars routiers ont déjà été identifiés par des cybergendarmes. Ils encourent 1.500 euros d'amende et un retrait de deux points.

«Ce matin-là, les gendarmes sont venus frapper à ma porte à 7h30. Cueilli au saut du lit, ils m'ont demandé de leur remettre le détecteur que j'avais acheté sur le web.» Réveil musclé pour Nicolas S., détenteur d'un détecteur de radars illégal, qui témoigne dans les colonnes de l'hebdomadaire Auto Plus. Forcé de remettre son appareil de détection, il a été entendu par les gendarmes et attend désormais «que la sanction tombe» : selon le code de la route, il risque 1500€ d'amende, un retrait de deux points et une éventuelle suspension de permis.

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L'utilisation des systèmes de détection de radars explose


Par Cyrille Louis


  Un motard équipé d'un détecteur de radar sur le bras. Autorisés dans la plupart des pays européens, Coyote et ses concurrents ne sont à ce jour prohibés qu'en Suisse, en Autriche et en Allemagne.
Un motard équipé d'un détecteur de radar sur le bras. Autorisés dans la plupart des pays européens, Coyote et ses concurrents ne sont à ce jour prohibés qu'en Suisse, en Autriche et en Allemagne.
L'engouement des automobilistes pour ces dispositifs capables de signaler la présence de radars inquiète les pouvoirs publics.

Ils se prénomment Coyote, Avertinoo, Snooper - et leur succès fulgurant est désormais scruté de près par les pouvoirs publics. Pour l'heure, ces équipements électroniques capables de détecter des radars fixes aussi bien que mobiles sur le bord des routes sont certes parfaitement autorisés en France. Depuis peu, cependant, plusieurs associations de lutte contre l'insécurité routière en demandent l'interdiction. Policiers et gendarmes spécialisés dans la surveillance des routes s'inquiètent de leur multiplication. Signe d'une relative effervescence, enfin, le secrétaire d'État aux Transports, Dominique Bussereau, a récemment averti, du bout des lèvres, au micro d'Europe 1 : «C'est un moyen qui, pour l'instant, est légal. S'il venait à gêner la lutte contre la sécurité routière, nous serions amenés, naturellement, à étudier ce cas-là.»

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Pour 24% des Républicains, Obama est l'Antéchrist

Par Charlotte Menegaux

Un sondage fait état d'opinions pour le moins extrêmes sur le président américain. Ainsi, 45% des Républicains interrogés le voient comme un «ennemi de l'intérieur».

   La diabolisation de Barack Obama continue. Un an après la prise de fonction du président américain, l'Institut de sondages Harris * est allé voir du côté des Républicains ce qu'ils pensaient du président démocrate. Les résultats sont édifiants : 67% d'entre eux le voient comme un «socialiste» (qualificatif peu élogieux Outre-Atlantique), 57% comme un musulman, et 42% comme un raciste.

Des résultats qui en deviennent presque inquiétants pour Obama, au fur et à mesure du sondage : 38% des Républicains interrogés pensent qu'il «agit comme l'avait fait Hitler», et 24% voient en lui l'Antéchrist, cette figure d'imposteur maléfique de l'eschatologie chrétienne, qui ramène invariablement la fin du monde. On se souvient qu'un spot de campagne de John McCain avait déjà joué sur cette comparaison, avant l'élection de Barack Obama.

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Du monde au chevet d’Haïti


par Gustavo Torres*
pour la section Martinique de la Ligue des Droits de l’Homme
22 mars 2010



"Les peuples vont leur pas, Majesté ; leur pas secret."
in la tragédie du roi christophe
acte III scène 6
Aimé Césaire. 1963.
 

  Il y a des pays qui sont tellement plus que des pays qu’ils cessent d’être des lieux concrets et deviennent des mythes.

Il y a des pays qui ne sont plus des pays mais des légendes et qui font davantage par leur rayonnement à l’extérieur que pour leur propre peuple.

Haïti est de ceux-là…

L’ursss fut ainsi, durant des décennies, davantage l’épouvantail qui permit aux syndicats occidentaux de remporter les grands combats pour le droit du travail de ce coté-ci du rideau de fer que la grande aventure sociale qu’on voulait bien croire, et elle préserva ainsi paradoxalement le système capitaliste libéral…

Cuba est encore aujourd’hui davantage un modèle pour les débats de café-de-commerce des intellectuels latino-américains que la réalité d’un peuple fatigué qui crut pouvoir bâtir seul une voie différente de celle imposée par l’hégémonie américaine de l’après Monroe…

Haïti est lui aussi victime de cette distorsion pénible qui en fait un mythe (la première République nègre) et empêche de voir sous les lustres des vernis décrépis, la réalité d’un peuple laminé par des siècles d’irrespect…

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Cosmétiques : attention à la potion chimique

  Les cosmétiques "sans parabens", naturels, bio sont un marché florissant, qui croît à un rythme de 40 % par an en France. Cet engouement répond à une mode qui tend vers le rejet du tout chimique, à un besoin d'être rassuré sur l'innocuité des produits d'usage courant.

Mais, dans la vie quotidienne, "il est difficile pour le consommateur d'identifier les substances à éviter dans les produits de beauté, tant le nombre de composants possibles est élevé et leur nature parfois pour le moins surprenante", explique Annie Sasco, directrice de recherche à l'Inserm de Bordeaux, responsable de l'équipe épidémiologie pour la prévention du cancer. "Pourtant, la directive européenne qui réglemente les cosmétiques devient de plus en plus contraignante. Elle recense pas moins de 1 328 produits interdits", poursuit le docteur Sasco.

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«Ce pays où l'on doit choisir entre se loger et se soigner»

Par Adèle Smith
TÉMOIGNAGES - Les exemples de malades ruinés ou non traités car dépourvus d'assurance-maladie abondent.



À New York

 Mary McDonnell ne s'intéresse pas à la politique mais, dimanche, elle a allumé une bougie pour la réforme de la santé, à quelques heures du vote de la Chambre des représentants. «Je prie pour Obama en ce jour historique, je prie pour que l'Amérique ne soit plus ce pays où l'on doit choisir entre perdre sa maison ou sa santé, où l'on meurt parce qu'on n'a pas d'assurance», lance la septuagénaire sur les marches de la petite église catholique Santa Monica à Manhattan. Mary bénéficie de Medicare, l'assurance créée en 1965 pour les personnes âgées, mais sa fille qui vit dans l'Ohio a perdu son emploi et l'assurance qui allait avec. Elle n'a pas les moyens de rembourser ses factures d'hôpital, qui atteignent des dizaines de milliers de dollars en raison de complications liées à une opération à l'abdomen. Son cas n'est pas rare. Les Américains dépourvus d'assurance-maladie à un moment ou à un autre sont estimés à 46 millions. Si la réforme passe, 31 millions seront couverts.

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Sans visage, pas de contrat social

Par MICHEL SERRES Philosophe


Il était une fois un berger qui avait perdu un agneau. Parti à sa recherche, il pénétra dans une anfractuosité de rocher, où il découvrit, dans l’ombre, un tombeau ancien contenant un gisant qui portait à un doigt une bague. Comme nul ne le voyait, le berger déroba le bijou. Retrouva-t-il sa bête, nous ne le saurons jamais. Plus tard, au cours d’une réunion, alors qu’il jouait négligemment avec son nouvel anneau, surprise, quand le chaton passait sous son annulaire, il devenait invisible. Il comprit les avantages de la situation, pénétra chez les voisins, les cambriola, s’enrichit, visita le palais du roi, assassina le souverain, prit sa place et la reine, jamais repérable pour répondre de ses exactions, impuni. Nul ne pouvait deviner qui avait volé, violé, tué. Invisible, il voyait sans être vu. La visibilité oblige à répondre personnellement de ses actes : première assurance de sécurité publique ? Fondement du droit ?

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Réforme de la santé américaine : une victoire historique à l'avenir incertain


 Oui, ils ont fait l'histoire", titre le Washington Post. Après des mois d'âpres négociations au Congrès, Barack Obama a remporté, dimanche 21 mars, une victoire législative majeure avec l'adoption d'une réforme historique de l'assurance maladie. En portant personnellement cette réforme, M. Obama "a démontré qu'un président qui a un but, adopte un plan de bataille et s'y tient, n'est pas facile à mettre en défaut", souligne le Los Angeles Times.

La Chambre des représentants a approuvé par 219 voix contre 212 le texte adopté en décembre par le Sénat, alors qu'une majorité de 216 voix était nécessaire. "En bien des manières, cette bataille est la continuation des débats passionnés de la campagne de 2008", souligne Mother Jones. Le Wall Street Journal, pour sa part, ne décolère pas du ralliement de l'élu du Michigan, Bart Stupak, connu pour ses positions anti-avortement, et qui aurait "vendu son âme à un exécutif édenté". Au total, 34 démocrates ont voté contre le projet de loi avec 178 républicains, dont pas un n'a voté pour la réforme.

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L'affect révolutionnaire, c’est l’enthousiasme pour l’événement
 Peut-on encore croire aux lendemains qui chantent ?

Par ALAIN BADIOU philosophe


  Les «lendemains qui chantent» n’ont jamais été qu’une mythologie, plus employée, à vrai dire, par les ennemis de la pensée révolutionnaire ou communiste que par ses amis ou ses militants. Cette mythologie soutenait qu’on allait demander aux ouvriers et gens du peuple des sacrifices innombrables, au nom d’un futur nébuleux dont la réalisation serait constamment différée. C’était une des variantes de la propagande encore la plus active aujourd’hui : «Ce que vous avez n’est pas grand-chose, mais c’est réel, et ce que la politique d’émancipation vous promet est formidable, mais n’existe pas». Mais est-ce au nom d’une promesse fumeuse que des millions de gens se sont ralliés, et, n’en doutons pas, se rallieront, à des actions et des pensées politiques totalement étrangères au capitalo-parlementarisme qui prétend incarner la «réalité» ? Je n’en crois rien.

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Lettre sur les suicides à l’usage des vivants

Par Jean-Jacques Delfour

  Lecteur, je le sais, toi aussi tu as éprouvé le désir d’en finir. Ce désir, aujourd’hui tu le maudis ; mais tu crains peut-être que, demain, il agite à nouveau ton cœur et te séduise encore. Ou bien tu couves ce désir de mourir comme une braise sous la cendre, comme un trésor caché et inavouable, un ultime recours. Ou encore, ce désir ne t’est jamais venu à l’esprit, sauf dans des moments de crise extrême, où, soudain, il a surgi, terrifiant de réalité, presque invincible ; et tu t’es empressé de l’oublier, lui et son vertige, son attraction qui t’a semblé quasi irrésistible. Ou, encore, il a peut-être vogué vaguement à l’horizon de tes pensées, comme une rêverie lointaine et bénigne, qui concerne surtout les autres, ceux qui manquent de force, ceux qui n’ont pas, comme toi, une énergie capable de braver le danger, crois-tu. Si tu es dans ce cas, ne t’imagines pas étranger à cette tentation : si tu l’attribues à autrui, c’est peut-être afin de t’en défendre, de l’exorciser, la conjurer de rester éloignée de toi. Un jour, peut-être, elle t’assaillira.

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Réponds ou j'appuie sur le bouton: Biais de sélection et autorité télévisuelle,

par Philippe Delacote

  L'émission "Le jeu de la mort" (reportage diffusé sur France 2 le 17 mars) entend reproduire l'expérience de Milgram afin de prouver l'autorité qu'a aujourd'hui la télévision sur la population, et donc la soumission potentielle des individus à la télévision.

Le principe est simple : des participants à un jeu télévisé doivent infliger des décharges électriques de plus en plus fortes à un candidat lorsque celui-ci répond mal aux questions posées. A l'insu des participants, les décharges sont fausses et le candidat est un acteur. Il apparaît alors que 81 % des participants à ce jeu vont jusqu'à infliger la décharge électrique maximale (contre 62 % chez Milgram), malgré les cris et les demandes répétées du faux candidat de cesser le jeu.

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Face au Jeu de la Mort, le choix de la vie,

 par Jacques Lecomte

  "Le Jeu de la mort" est arrivé sur nos écrans, précédé d'une couverture médiatique exceptionnelle. Sous prétexte de critiquer les dérapages de la téléréalité, les réalisateurs nous ont offert une expérience de téléréalité dont le titre racoleur et le contenu n'ont rien à envier à celui des émissions qu'ils dénoncent.

La télévision nous habitue de plus en plus à la violence chez l'être humain, et cette émission n'échappe pas à cette tendance. Or les médias ne font pas que décrire le monde, ils façonnent également notre représentation du monde. Ainsi, cette émission risque fort de conduire le téléspectateur à croire que la soumission et la violence meurtrière constituent des composantes majeures de l'être humain.

Or il ne s'agit là que d'une face de la médaille. Car l'être humain a autant de potentialités vers l'empathie que vers la violence, vers l'altruisme que vers l'égoïsme. Rappelons donc d'autres réalités mises en évidence par les sciences humaines.

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Mon dernier voyage à Buchenwald

  Dans un texte superbe, Catherine Herszberg a évoqué récemment  une visite à Auschwitz, à l'occasion du 65e anniversaire de la découverte du camp par l'Armée rouge. Elle y accompagnait une vieille parente, ancienne déportée. Et son récit - ironie décapante, précision du regard, émotion maîtrisée - confirme avec éclat l'idée qui est la mienne depuis des années : il n'y a que l'écriture, il n'y a que les écrivains qui soient capables de maintenir vivante la mémoire de la mort. Sinon, si les écrivains ne s'approprient pas cette mémoire concentrationnaire, s'ils ne la font pas revivre et survivre par leur imagination créatrice, elle va s'éteindre avec les derniers témoins, elle cessera d'être une mémoire charnelle du vécu de la mort.

Le texte de Catherine Herszberg avait pour titre précisément, prémonitoirement, "Les funérailles de la mémoire".

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Pour en finir avec l’hypocrisie de la garde à vue
 

Par ALAIN MIKOWSKI Président de la commission «Libertés et droits de l’homme» du Conseil national des barreaux, CLARISSE TARON Présidente du Syndicat de la magistrature

La soudaine centralité médiatique de la question du placement en garde à vue aura sans doute réjoui tous ceux qui, un jour soumis à cette mesure, en ont conservé intact le souvenir traumatisant et s’étonnaient légitimement du consensus apparent qui en entourait l’utilisation massive. Elle aura aussi ravi tous les professionnels du droit, policiers, avocats, magistrats qui se sont inquiétés, ces dernières années, de la généralisation de cette pratique et ont espéré une prise de conscience de leurs concitoyens à ce sujet.

Le gouvernement, en revanche, a visiblement été pris au dépourvu. Le ministre de l’Intérieur qui se félicitait encore quelques semaines auparavant de l’explosion du nombre de gardes à vue, a été contraint d’admettre qu’une réforme s’imposait, sans toutefois se risquer à en proposer une. Tout à ses stratégies répressives, Hortefeux n’a pas hésité à invoquer le risque d’une «victoire des avocats et des juges sur les policiers», feignant d’oublier que le droit doit être pensé à l’unique profit des citoyens, dont plusieurs centaines de milliers se retrouvent chaque année confrontés à des gardes à vue souvent inutiles.

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L'Amérique latine célèbre ses premiers mariages gays

Par Marion Brunet
 

 Une cérémonie collective a été organisée jeudi dans l'Hôtel de ville de Mexico pour l'union de quatre couples gays. Crédits photo : AFP
Quatre couples homosexuels ont prêtés serment jeudi à Mexico. La capitale mexicaine avait légalisé en décembre dernier le mariage homosexuel.

La scène est inédite. Deux femmes sont devenues jeudi à Mexico les premières homosexuelles à se marier en Amérique latine. Une union rendue possible par la légalisation du mariage gay, votée en décembre dernier dans la capitale mexicaine.

Un autre couple féminin et deux masculins se sont unis quelques minutes plus tard, lors d'une cérémonie collective organisée dans l'Hôtel de ville de la capitale et retransmise à la télévision. Ils avaient pris pour témoin le maire de Mexico, Marcelo Ebrard, une des principales figures de la gauche. Un parti minoritaire dans ce pays administré par le président conservateur Felipe Calderon.

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La jupe, une histoire décousue
 

 Elle a longtemps balayé les trottoirs, cachant des jambes que la décence recommandait de soustraire aux regards avant de remonter dans un vent de liberté au ras des fesses. Elle a des lustres durant nourri les fantasmes d’hommes dont les pupilles se dilataient à l’idée de voir dessous, avant que quelques mâles ne se mettent à revendiquer de la porter aussi…

Droite, parapluie, plissée ou portefeuille, la jupe est bien plus qu’un petit bout de tissu frivole. C’est un symbole dans lequel défile l’histoire des femmes, de leur soumission à un ordre masculin, puis de leur libération avant un XXIe siècle chahuté par des débats sur les identités de genre et les interdits vestimentaires.

Ce que soulève la jupe(identités, transgressions, résistances) (1), c’est ce qu’explore l’historienne au regard féministe Christine Bard dans cet ouvrage paru ce matin. Exercice de détricotage avec ce professeure d’histoire contemporaine à l’université d’Angers, plus portée sur le confort d’un pantalon large que sur la minijupe…

 
Le jour où la police gardera la paix des ménages



Par PHILIPPE HUNEMAN Philosophe, chargé de recherches au CNRS et à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (IHPST)


  Un «mariage gris», la dernière trouvaille sémantique du ministre de l’Immigration, est évidemment, un demi-mariage blanc. Alors que ce dernier découle du consentement des deux parties à souscrire à une fausse union afin que l’une d’elles obtienne des papiers, il y a mariage gris lorsqu’une seule des parties est informée de ce but du mariage et, ses papiers en poche, quitte l’union avec quelques bénéfices collatéraux - une demi-maison, par exemple.

L’absurdité du concept consiste en ceci que très généralement tout couple inclut la possibilité que l’un des deux s’unisse à l’autre pour une autre raison que celle qu’il donne, laquelle est en général quelque chose comme l’amour. Combien de couples où un homme épouse une femme pour son argent ou ses honneurs et la quitte lorsqu’il a tout pris (ou parfois même l’inverse) ? Le mariage gris tombe évidemment sous le concept qui définit aussi bien tous ces cas pathétiquement banals, sauf qu’au lieu d’argent, de beauté ou d’appartement à Douarnenez, il s’agit de carte de séjour. Criminaliser cela impliquerait donc de criminaliser une bonne partie des unions célébrées.

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Pour en finir avec le piège de l'identité nationale

 

par Yves-Charles Zarka

 Le débat sur "l'identité nationale" est un piège, plusieurs l'ont dit à juste titre. Pour ne pas y tomber, je pensais qu'il ne fallait pas y participer.

Un facteur m'a fait changé d'avis et m'incite aujourd'hui à prendre position : si chacun voit bien le piège, tant il est grossier, il ne me semble pas que ses ressorts aient été adéquatement analysés. J'irai même plus loin, Eric Besson savait parfaitement ce qu'il faisait en mettant en place son épouvantail, mais il serait sans doute bien en peine d'en décrire les ressorts.

Pour démonter le piège du débat sur l'identité nationale, il faut faire un peu de philosophie. La notion d'identité n'est pas simple, elle est double. Il y a deux types d'identité fondamentalement distincts. Il y a d'abord l'identité permanence. L'identité se définit alors par le maintien, la préservation d'un élément essentiel qui demeure le même dans le temps et nous permet de reconnaître une chose comme la même, idem en latin. Traduisant le mot anglais sameness, Paul Ricœur parlait de "mêmeté", ou d'une "identité mêmeté", qui repose sur la permanence. Si une chose change dans toutes ses dimensions, si rien ne demeure, on dit alors qu'elle n'est plus la même chose, qu'elle a perdu son identité. Mais, il y a aussi un autre concept de l'identité, c'est le rapport à soi, l'ipséité, terme qui vient du latin ipse, et qui signifie le soi, le rapport à soi, en anglais le self.

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Les Martiniquaises à travers les âges
Compte-rendu par Michel Herland

Femmes de la Martinique : quelle histoire ? Archives départementales, Fort-de-France, 2009, 98 p., 14 €. Alexandre Cadet-Petit, La Femme – un roman de plus de 69 pages, Desnel, Fort-de-France, 2008, 287 p., 20 €.

   La femme est-elle vraiment l’avenir de l’homme ? La confrontation des deux ouvrages consacrés récemment à la femme martiniquaise ne permet pas d’aboutir là-dessus à une réponse bien tranchée. lire la suite par Michel Herland

 


 

 
 

La question raciale, si explosive

L'élection de M. Obama a eu un grand impact, mais elle est loin d'avoir fait disparaître une réalité qui imprègne le moindre aspect de la vie américaine

 

par Randall Kennedy

  Un an après l'élection historique du premier Noir à la présidence des Etats-Unis, le mécontentement qui monte contre lui est-il lié à la couleur de sa peau ?

Sans hésitation, oui. Je ne prétends pas que quiconque critique Barack Obama est raciste. Mais ce dont je suis certain, c'est que la question raciale imprègne le moindre aspect de la vie américaine. Certains Blancs ne reconnaissent pas la légitimité d'un Noir à la tête des Etats-Unis. D'autres font seulement mine de l'admettre. Une partie de l'opposition est clairement nourrie par des préjugés raciaux. Il faut se rappeler qu'Obama n'a rassemblé que 43 % des votes des Blancs. Si les Blancs avaient été les seuls à voter, John McCain serait le président des Etats-Unis.

De quelle façon cette hostilité raciale s'exprime-t-elle ?

Au sein de la droite américaine, les préjugés raciaux sont utilisés pour mobiliser des sentiments anti-Obama. Dans certaines réunions, les tea parties, circulent des dessins humoristiques figurant le président sous les traits d'un singe, avec des légendes qui affirment qu'il n'est pas américain, autrement dit pas blanc, et disent : " Retourne en Afrique ! " La droite utilise au maximum la question raciale pour " noircir " Obama. Rush Limbaugh - animateur de radio ultraconservateur très populaire - adore rappeler qu'il est noir. Il s'agit pour les détracteurs du président d'affaiblir le soutien populaire en l'accusant d'être anti-Blancs, de vouloir privilégier les Noirs.

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La hargne de Sarkozy envers Obama

   C'est plus fort que lui : quand on lui parle de ses échecs, Nicolas Sarkozy renvoie vers ceux de Barack Obama. Interrogé, lundi dernier sur TF1, sur sa méthode consistant à multiplier les réformes tous azimuts, il a répondu par une pique cinglante : "J'ai vu que M. Obama, pour lequel j'ai de l'estime et même de l'amitié, [a tout misé sur sa réforme de la santé]. Je n'ai pas vu que ça rendait les choses plus simples."

LES REMARQUES D'ALAIN MINC

Le président français n'en est pas à son coup d'essai. Début novembre, il avait déjà énoncé cet argument devant quelques journalistes – mieux vaut faire beaucoup de réformes qu'une seule –, assorti d'un commentaire peu amène : "Obama est au pouvoir depuis un an et il a déjà perdu trois élections partielles. Moi, j'ai gagné deux législatives et les européennes. Qu'est-ce qu'on aurait dit si j'avais perdu ?" Loin d'être anecdotique, la mauvaise humeur envers son homologue américain est devenue quasiment structurelle chez Nicolas Sarkozy. "Chaque fois qu'il peut le critiquer, il le fait, que ce soit en Conseil des ministres ou devant des visiteurs", indique, sous le couvert de l'anonymat, un bon connaisseur de la diplomatie française.

"Il n'arrive pas à avoir des rapports normaux avec Obama, ajoute cette source. Il dit toujours : 'Si j'avais fait la même chose que lui, qu'est-ce qu'on m'aurait dit ?' C'est une relation malsaine. On a l'impression qu'il tire prétexte des difficultés d'Obama à chaque fois qu'il peut. Son comportement est infantile, indigne d'un président."

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Les journalistes Caribéens créent le B.I.C

Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) - Samedi 5 décembre 2009 - (BIC)

   A l’issue d’un colloque sur le thème « Médias outils d’intégration et de développement dans la Caraïbe » organisé les 4 et 5 décembre 2009 au Lamentin (Guadeloupe) par l’hebdomadaire guadeloupéen « Nouvelle Etincelles » (organe du PCG) qui célébrait son 65e anniversaire, des journalistes venus de plusieurs pays de la Caraïbeont décidé de la création du Bureau d’Information de la Caraïbe, ou BIC.
Cette structure, la première du genre dans cette région du monde, s’est fixée pour missions de : développer la coopération entre les journalistes caribéens, dans le but de faciliter à la fois, les rapports transversaux entre journalistes et médias du bassin caribéen et la circulation de l’information.

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Les hommes font taches de ménage

Un enfant de plus dans le couple : plus de tâches domestiques pour la mère

Une enquête montre qu'une naissance accroît les inégalités entre hommes et femmes

  La naissance d'un enfant modifie-t-elle la répartition des tâches au sein du couple ? C'est ce qu'a tenté de savoir Arnaud Régnier-Loilier, démographe à l'Institut national d'études démographiques (INED) et spécialiste de la famille. Ses conclusions sont sans ambiguïté. " L'arrivée d'un enfant accentue le déséquilibre du partage des tâches domestiques entre hommes et femmes, écrit-il dans le bulletin de l'INED Population & Sociétés. Ce sont elles qui s'éloignent du marché de l'emploi, elles aussi qui prennent davantage en charge les tâches domestiques. "

Arnaud Régnier-Loilier s'est appuyé sur une enquête internationale qui a permis, en France, d'interroger plus de 2 000 couples. Hommes et femmes ont été invités à deux reprises, en 2005 et 2008, à mesurer leur participation à sept tâches ménagères : la préparation des repas, la vaisselle, les courses alimentaires, le repassage, l'aspirateur, la tenue des comptes et l'organisation de la vie sociale de la famille. Parmi les couples interrogés, un quart a eu un enfant entre les deux enquêtes.

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«Il ne faut pas que l’âme de Haïti disparaisse sous l’aide internationale»

 

par Gustavo Torres,

 pour la section Martinique de la Ligue des Droits de l’homme

 

  Il faut donner de l’argent pour Haïti, beaucoup d’argent, et il faut continuer à donner mais sans que cela nous disculpe, sans que ce geste si simple et facile pour nous qui vivons du coté de l’opulence ne nous dédouane…

Et il faut donner du temps pour Haïti, et il faut continuer à donner de soi – ce qui est déjà un peu plus embarrassant – pour continuer à s’investir personnellement et aider Haïti à se reconstruire…

Mais essentiellement il faut aussi de la « vigilance » pour aider Haïti. Pour que personne ne profite de ce que le géant a un genou à terre pour lui tordre le cou… pour que personne ne vienne lui donner des leçons, lui faire la morale ni lui imposer un modèle de société.

La section Martinique de la Ligue des Droits de l’Homme appelle à votre générosité pour continuer à collecter de l’argent dans le public (indispensable et d’autant plus nécessaire qu’il vient des poches citoyennes qui ne monnayent pas la solidarité), et pour continuer à donner de votre temps (si précieux) et surtout pour que en vous sentant responsable de Haïti vous veilliez à ce que personne ne touche à son âme…
Car la machine qui s’est déjà mis en route est redoutable, toute habillée de bonnes intentions…

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Tunisie : la scandaleuse condamnation de Taoufik Ben Brik

par William Bourdon, Hélène Flautre, François Gèze...

 L'accord d'association entre l'Union européenne et la Tunisie doit être suspendu.

L'atroce comédie en quatre actes se déroule sous nos yeux, mais, en haut lieu, personne ne bouge.

Acte I : le 25 octobre 2009, le général Zine el-Abidine Ben Ali est "réélu" pour un cinquième mandat à la tête de la Tunisie avec 89,62 % de suffrages exprimés, s'attirant aussitôt les "sincères" félicitations du président français, Nicolas Sarkozy.

Acte II : le même jour, à 16 h 45, le journaliste Taoufik Ben Brik, infernal trublion depuis plus de dix ans – et qui depuis des semaines distillait ses billets assassins contre le régime tunisien sur de nombreux sites Web –, fait l'objet d'une provocation, qu'il dénonce immédiatement par des posts aux sites Web français : alors qu'il va chercher sa fille de dix ans à l'école, il est violemment pris à partie par une automobiliste, qui l'accuse contre toute évidence d'avoir heurté son véhicule et de l'avoir agressée.

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Éloge de la métamorphose

 

par Edgar Morin



 Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre ou alors il est capable de susciter un meta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose. Le système Terre est incapable de s'organiser pour traiter ses problèmes vitaux : périls nucléaires qui s'aggravent avec la dissémination et peut-être la privatisation de l'arme atomique ; dégradation de la biosphère ; économie mondiale sans vraie régulation ; retour des famines ; conflits ethno-politico-religieux tendant à se développer en guerres de civilisation.

L'amplification et l'accélération de tous ces processus peuvent être considérées comme le déchaînement d'un formidable feed-back négatif, processus par lequel se désintègre irrémédiablement un système.

Le probable est la désintégration. L'improbable mais possible est la métamorphose. Qu'est-ce qu'une métamorphose ? Nous en voyons d'innombrables exemples dans le règne animal. La chenille qui s'enferme dans une chrysalide commence alors un processus à la fois d'autodestruction et d'autoreconstruction, selon une organisation et une forme de papillon, autre que la chenille, tout en demeurant le même. La naissance de la vie peut être conçue comme la métamorphose d'une organisation physico-chimique, qui, arrivée à un point de saturation, a créé la méta-organisation vivante, laquelle, tout en comportant les mêmes constituants physico-chimiques, a produit des qualités nouvelles.

 

Du mal fondé de la question de l’identité nationale

par Olivier LARIZZA

  Il existe en rhétorique une figure que l’on illustre souvent, quand on est amené à l’enseigner aux étudiants de littérature, par la fameuse formule de Racine, « obscure clarté ». C’est aussi le « soleil noir de la mélancolie » de Gérard de Nerval. Cette figure est l’oxymore, qui désigne une impossibilité de sens, une contradiction dans les termes. De là qu’elle peut susciter, quand on s’attache à la démêler, des pages d’explications.
« Identité nationale » est un oxymore.
La nation est, par définition, collective. Elle est une donnée administrative liée à un territoire géographiquement et politiquement défini ; d’ailleurs la carte nationale d’identité (qui n’est pas, précisément, la carte d’identité nationale) informe sagement sur des éléments qui ne sont ni culturels, ni religieux, ni symboliques, comme votre date et lieu de naissance.
L’identité, à l’inverse, relève de l’intime ; Voltaire y décelait « la conscience de la persistance du moi ». Et c’est une vue de l’esprit, ou une prise de position partisane, c’est-à-dire idéologique, que d’amalgamer le processus historique ayant abouti à la création de la nation (lequel est toujours susceptible de se poursuivre) avec la construction d’une identité collective. Cet amalgame est contemporain et il convoque l’irrationnel. Mais on conçoit qu’il s’accorde avec les ambitions d’un pouvoir centralisateur, jacobiniste.

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Nous exigeons la suppression du ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration


 



  Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d’un ministère chargé de l'Immigration et de "l'Identité nationale" a introduit dans notre pays un risque d'enfermement identitaire et d'exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et stigmatisent l'étranger – et par ricochet, quiconque a l'air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d'Afrique, et leurs descendants, sont séparés d'un «nous» national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique.

Qu'a fait naître ce ministère ? De nouveaux objectifs d'expulsion d'étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l'enfermement d'enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l'expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d'asile, la multiplication des contrôles d'identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d'égalité...

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Jonathan Littell :

 «L'idéologie indépendantiste tchétchène est morte»


Jonathan Littell. (Dessin : Dobritz)

Propos recueillis par Isabelle Lasserre
 

Jonathan Littell. (Dessin : Dobritz) INTERVIEW - Jonathan Littell, auteur des Bienveillantes (Goncourt 2006) publie un essai sur la Tchétchénie*, fruit d'un reportage effectué en avril dernier.


Dans son dernier livre, Jonathan Littell brosse un tableau inquiétant d'un pays où il a séjourné à plusieurs reprises, dans le cadre de missions humanitaires.

LE FIGARO. - Comment vit-on en Tchétchénie à l'heure de Vladimir Poutine et de Dmitri Medvedev ?

Jonathan LITTELL. - La Tchétchénie est une République assez irréelle, avec un énorme décalage entre les apparences et la réalité. Grozny, la capitale, a été entièrement reconstruite depuis la seconde guerre. Tout à l'air normal. Dans le centre-ville, il y a maintenant des restaurants de sushis, des grands supermarchés qui vendent des DVD, des magasins d'électronique. Et en même temps, des gens disparaissent, même le jour. La répression s'était calmée en 2007. Lorsqu'il est arrivé au pouvoir cette année-là, avec la bénédiction du Kremlin, (pour succéder à son père, Akhmad, tué dans un attentat en 2004), le président tchétchène Ramzan Kadyrov a calmé le jeu pour asseoir sa légitimité. Les disparitions et les actes de torture ont diminué. Mais en 2008, la situation a recommencé à se détériorer. Elle s'est franchement dégradée en 2009. Les enlèvements (de civils soupçonnés de liens avec la rébellion) sont de plus en plus fréquents. Certains ne reviennent jamais, d'autres reviennent après avoir été torturés.

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L'Appel de Mediapart: «Nous ne débattrons pas»

  • Mediapart lance avec plusieurs dizaines de personnalités un appel à refuser le «grand débat sur l'identité nationale» organisé par le pouvoir. Nous souhaitons que cet appel soit à l'origine d'une grande pétition citoyenne qui suscite un vaste rassemblement. Vous pouvez, ci-dessous, en bas de page, le signer en ligne.

    Nous ne débattrons pas

    Par principe, nous sommes favorables au débat. A sa liberté, à sa pluralité, à son utilité. C'est pourquoi nous refusons le « grand débat sur l'identité nationale » organisé par le pouvoir : parce qu'il n'est ni libre, ni pluraliste, ni utile.


    Il n'est pas libre car c'est le gouvernement qui le met en scène, qui pose les questions et qui contrôle les réponses. Il n'est pas pluraliste car sa formulation réduit d'emblée notre diversité nationale à une identité unique. Il n'est pas utile car cette manœuvre de diversion est une machine de division entre les Français et de stigmatisation envers les étrangers.


    Affaire publique, la nation ne relève pas de l'identité, affaire privée. Accepter que l'Etat entende définir à notre place ce qui nous appartient, dans la variété de nos itinéraires, de nos expériences et de nos appartenances, c'est ouvrir la porte à l'arbitraire, à l'autoritarisme et à la soumission.


    La République n'a pas d'identité assignée, figée et fermée, mais des principes politiques, vivants et ouverts. C'est parce que nous entendons les défendre que nous refusons un débat qui les discrédite. Nous ne tomberons pas dans ce piège tant nous avons mieux à faire : promouvoir une France de la liberté des opinions, de l'égalité des droits et de la fraternité des peuples. 

     

    La liste des premiers signataires de l'Appel

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    Que reste-t-il de l’universel européen ?

    Par MAX ARMANET


    Edgar Morin Sociologue, philosophe.

    Paul Thibaud Philosophe, essayiste, ancien directeur de la revue Esprit.

     En 1989, le Mur chute, l’Europe triomphe. Elle vient de mettre fin à son dernier schisme. Au nom de valeurs universelles, sa civilisation s’est mondialisée. Paradoxe : depuis 1989, l’Europe semble plus préoccupée par l’organisation de sa monnaie et de son marché que du rayonnement de son humanisme héritier de Rome, Athènes et Jérusalem. Que reste-t-il de l’universel européen ?

    Paul Thibaud : 1989 a été une victoire par forfait. Après quarante ans, les deux adversaires n’étaient pas en forme. Pierre Hassner disait qu’entre communismes et démocraties c’était une course à qui se décomposerait le premier. On a vu ! Mais cette victoire a été comme la réalisation d’une utopie résignée, celle du «rien de mieux à proposer» que ce que connaissait un Occident en marasme politique, apathie civique, panne d’idées, pour réformer ou relancer son modèle socio-économique de l’après-guerre. C’est donc dans un marché que l’Europe de l’Est a été reçue. Le monde que nous connaissons a pris forme à ce moment-là, c’est celui qui a congédié la politique et vit une mondialité quasi mécanique dont l’Occident est le foyer, même (là est la différence) s’il ne la maîtrise plus.

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    La pauvreté en plus du handicap ?

    Par JEAN-MARIE BARBIER Président de l’Association des paralysés de France

      Aujourd’hui, des dizaines de milliers de personnes vivent sous le seuil de pauvreté et sont confrontées à des mesures sociales pour le moins «antisociales» quant à leur impact ! S’il n’est pas question de nier le contexte économique défavorable, doit-on faire payer ce contexte à ceux qui le subissent de plein fouet ? La politique actuelle est en total décalage avec la réalité des personnes ayant un handicap ou malades ! Exemples.


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    Dans Newsweek :
     
    "Le Viagra pour les femmes n’existe pas"
       La flibansérine ne sera pas disponible avant un certain temps (AFP)

      Quand le Viagra n’existait pas, on disait qu’un homme était impuissant. Aujourd’hui, un type qui a un problème mécanique est réputé souffrir de troubles de l’érection ("Dysfonction Érectile" abrégé en D.E. dans ces publicités qui tournent en boucle à la télévision), une belle réussite en terme de travestissement de la part des labos. Mais on refuse aux femmes un similaire relooking de leurs problèmes sexuels, car personne n’a encore réussi à comprendre pourquoi chez certaines c’est tout le temps, et chez d’autres presque jamais. Si on est trop fatiguée, on est "frigide", un point c’est tout.

    Cela pourrait changer, avec l’annonce cette semaine de la sortie d’une pilule qui semble capable de stimuler le désir sexuel chez les femmes dont la libido est faible. Ce potentiel blockbuster, développé par le laboratoire allemand Boehringer Ingelheim, se nomme flibansérine. Au départ testée comme antidépresseur, la flibansérine semblait vouée à l’échec. Elle n’a pas d’effet positif sur l’humeur, mais les chercheurs se sont aperçus qu’elle possède une déroutante qualité : elle avive l’appétit sexuel des animaux de laboratoire et des humains.

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    Hominisation, humanisation et lois bioéthiques


    Par MIREILLE DELMAS-MARTY Professeure au Collège de France. «Les Forces imaginantes du droit» (3 vol. Seuil 2004-07), «Libertés et sûreté dans un monde dangereux» (Seuil 2010).

      Le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin, celui de la Philosophie zoologique de Lamarck et les cent cinquante ans de l’Origine des espèces sont l’occasion de rappeler que la théorie de l’évolution est elle-même évolutive.

    Hominisation et humanisation

    Alors que l’évolution biologique, résulte de l’émergence d’une seule espèce humaine (hominisation), l’évolution sociale et culturelle, plus tardive, s’est faite par la diversification des cultures et l’émergence d’une normativité propre à chaque groupe humain (humanisation). La tension est peu visible car les deux processus, étudiés séparément, ne relèvent ni de la même échelle de temps, graduée d’un côté en millions d’années et de l’autre en milliers, ni des mêmes valeurs (vie de l’espèce-promotion de la dignité de chaque être humain). Pourtant Darwin lui-même, évoquant le rôle des facultés sociales et morales, constatait déjà qu’elles limitent chez l’homme l’influence de la sélection naturelle. Et nous entrons dans une phase où les connaissances scientifiques permettraient sans doute de changer le mode de reproduction et/ou les caractéristiques de l’espèce humaine, voire de fabriquer des hybrides, homme-animal, ou homme-machine. Ainsi l’humanisation pourrait à son tour modifier le cours de l’hominisation par diversification de l’espèce humaine.

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    Identité nationale : refusons un débat posé en termes xénophobes !


      Le lancement du débat sur l'identité nationale est-il un acte politique ou seulement politicien ? Dans le contexte de la campagne pour les élections régionales de 2010 et de l'accumulation de sondages d'opinion qui lui sont défavorables, chacun devine que le gouvernement cherche à exploiter les peurs des Français en reliant les thèmes de l'étranger et de la sécurité, de même que ceux du communautarisme et de la condition des femmes. Mais n'y aurait-il pas, par ailleurs, un débat politique de fond qu'on ne saurait refuser par principe ? Beaucoup le pensent. Toutefois ils risquent de le regretter quand ils découvriront la façon dont ce débat aura été organisé concrètement.

    Pour le comprendre, il faut lire la circulaire envoyée aux préfets le 2 novembre par le ministre de l'immigration, de l'intégration et de l'identité nationale, Eric Besson, leur demandant "d'organiser et de présider" partout en France des débats locaux sur l'identité nationale, et dont la synthèse sera ensuite imposée par le gouvernement comme le résultat de cette vaste consultation des Français.

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    La lente invention des identités nationales

    par Anne-Marie Thiesse [*]

      A coups d’arguments historiques, qui remontent parfois à l’Antiquité ou au Moyen Age, nationalistes serbes et albanais se disputent la « propriété » du Kosovo. Tous semblent oublier que la nation est une création vieille d’à peine deux siècles qu’il fallut, au sens propre, « inventer » et ensuite consolider autour de mythes fondateurs et, souvent, à coup d’épurations ethniques.

    Le regain récent des nationalismes en Europe reflète avant tout le retard du politique et la difficulté à forger de nouvelles identités collectives associées à un vrai projet politique.

    « Les nations ne sont pas quelque chose d’éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera. »  [1] La prédiction de Renan, vieille de plus d’un siècle, serait sur le point de se réaliser si la situation politique du Vieux Continent, en cette fin de siècle, n’apparaissait comme contradictoire. Alors que l’Union européenne, entrant dans sa phase de maturité, inaugure le dépassement de l’Etat-nation, les revendications nationalistes se multiplient, non seulement dans l’ex-Europe communiste mais aussi à l’Ouest, comme en Espagne, en Belgique ou au Royaume-Uni.

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    Identité nationale : le puzzle antillais

    par Michel Herland(°)

      Soulever aujourd’hui la question de l’identité nationale, comme vient de le faire le Président de la République, ne peut correspondre qu’à une manœuvre politicienne : il espère ainsi ressouder la droite autour de ses valeurs traditionnelles tout en mettant dans l’embarras une partie de la gauche qui reste attachée aux valeurs de la République et à ses symboles. Au-delà de l’emballement médiatique, il y a fort à parier que le débat actuel n’inversera pas la tendance inéluctable au dépérissement de l’identité nationale. Car il n’est plus temps de parler d’une nation française. Celle-ci, en effet, à l’instar de l’Etat-nation dont elle est l’une des béquilles, a perdu toute légitimité en raison des atrocités commises en son nom pendant les deux guerres mondiales. Les Français ne veulent plus se battre, désormais, faute de bien voir au nom de quoi ils devraient le faire. Ainsi la colonisation a-t-elle correspondu à un moment où la France était fière de ses valeurs au point de vouloir les imposer à d’autres peuples. La décolonisation, au contraire, fut comme l’aveu que la France n’avait plus rien à apporter à quiconque.

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    Les bénéfices des édulcorants en question

     

    Crédit photo : Amyvdh

    Une nouvelle molécule «sucrante» relance la polémique sur les risques de ces produits.

    Crédit photo : Amyvdh Les édulcorants sont-ils utiles pour lutter contre le surpoids et le diabète ? Certains sont-ils dangereux pour la santé ? Alors qu'un nouvel édulcorant issu d'une plante d'Amérique du Sud, la stevia, vient d'être autorisé en France, deux associations reconnues s'inquiètent de la désinformation sur ce sujet. «La guerre des édulcorants. Noir : Aspartam. Blanc : Stevia ? Est-ce bien vrai ?», s'insurge l'Association française des diabétiques (AFD). De son côté, l'Association française des diététiciens-nutritionnistes (AFDN) met en garde contre «la consommation excessive de produits dits light ou allégés». Cette polémique relance en tout cas le débat sur l'intérêt de ces produits sucrants, tant pour les personnes obèses que pour celles souffrant de diabète.

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    Un module anti-Hadopi pour Firefox ?

    Une équipe de spécialistes en sécurité informatique développent un module permettant de se protéger contre toute "écoute" lors d'échange de fichiers.

    Une équipe de spécialistes en sécurité informatique développent un module pour le logiciel de navigation Firefox qui permettrait aux internautes de télécharger sur les réseaux de peer-to-peer sans être repérés par la future Hadopi, rapporte, jeudi 29 octobre, le blog SecuriteOff.
    Baptisé "Perseus", ce module a été développé par Eddy Deligne et Eric Filiol, du département de la recherche de l’Ecole Supérieure d’Informatique Electronique Automatique (ESIEA). Concrètement, une fois installé, "Perseus" permettrait à deux internautes d’échanger librement des fichiers en étant protégés contre toute surveillance.

     

    Thunderbird 3 : Mozilla affûte ses armes contre Outlook

    Samuel Laurent et Benjamin Ferran (lefigaro.fr)
    28/10/2009

     

    Le moteur de recherche affiche les résultats dans un graphique.
    Le moteur de recherche affiche les résultats dans un graphique.

      Mozilla s'apprête à lancer la troisième version de l'application de courrier électronique Thunderbird, inspiré de Firefox. Et réfléchit aux prochaines évolutions de la messagerie sur Internet, face à Outlook et à Google Wave.

    Mozilla aimerait doubler la mise. Après avoir convaincu le quart des Français d'utiliser son navigateur Firefox plutôt qu'Internet Explorer, la Fondation relance l'offensive dans la messagerie électronique. Son arme : Thunderbird 3, le logiciel de courrier électronique, testé depuis plus d'un an et dont une version définitive doit être mise en ligne d'ici à la fin de l'année.

    Le chantier est de taille. D'abord accolé au navigateur Internet dans la suite Mozilla, puis détaché lorsque Firefox est devenu un navigateur indépendant, Thunderbird est toujours passé au second plan des préoccupations. Ainsi, la dernière révision majeure, la version 2, remonte à plus de deux ans. Depuis, une structure a été créée autour de la messagerie, Mozilla Communication, pour coordonner et accélérer les développements.

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    «Ils sont traités comme des clandestins, pas comme des enfants»

    L'ONG Human rights watch interpelle sur la situation des mineurs étrangers arrivant seuls en France, et retenus dans la zone d'attente de l'aéroport, sans réelle protection.

    Par Marie Piquemal  

      «Perdus en zone d'attente». Dans un rapport publié ce jeudi (télécharger en pdf ici), l'ONG Human Rights Watch (HRW) alerte sur la situation des mineurs étrangers qui débarquent seuls à l'aéroport de Roissy à Paris et qui se voient refuser l'entrée en France.
    Ils se retrouvent alors dans ce qu'on appelle la zone d'attente, enfermés au milieu d'adultes, sans protection particulière. «Ils sont traités comme n'importe quel immigré clandestin, et non comme des enfants. Ils peuvent être renvoyés dans leur pays d'origine ou dans un pays de transit n'importe quand», explique Simone Troller, auteure de cette étude.
    Elle s'insurge contre l'existence même de ces zones d'attente, «fiction juridique permettant à la France de traiter des personnes qui se trouvent physiquement sur son territoire comme si elles étaient à l'extérieur du pays.» Autrement dit, les mineurs isolés qui se retrouvent dans ces zones d'attente aéroportuaires sont soumis à un régime judiciaire très différent (bien moins protecteur) de celui des enfants étrangers qui sont «sur le territoire français».

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     Un visa pour Nanette Alanhi Bangofa !

     

     

      Répondant au Parti socialiste qui avait protesté contre le retour au Congo (Brazzaville) d’une lycéenne de 19 ans, Nanette ALANHI-BANGOFA, sans même que sa mère en soit informée, le ministre de l’identité nationale « dément l’existence d’une quelconque mesure de reconduite forcée dans le pays d’origine prise contre cette personne »… C’est faire peu de cas du fait qu’en moins d’un mois, cette jeune fille a reçu un refus d’asile et une Obligation de quitter le territoire français (du 3 septembre) qui se concluait par « Mademoiselle Nanette-Florence ALANHI-BANGOFA est obligée de quitter le territoire français dans le délai d’un mois ». Une formule qui ne laisse pas de place à l’ambiguïté !
    Selon le ministre Besson, Nanette aurait déposé une demande d’aide au retour volontaire accompagnée d’une indemnité royale de 300 € et elle serait montée volontairement dans l’avion.
    Pourtant, « Nanette, jointe par téléphone a maintenu sa version des faits, à savoir l’arrestation et l’expulsion, à sa mère, à ses enseignants, à ses camarades.
    Nous sommes devant deux versions totalement contradictoires. Nous pouvons nous interroger, si la version de la préfecture de police se vérifie, sur le fait que les autorités françaises aient pu obtenir d’une jeune fille méconnaissant ses droits, son accord pour un « retour volontaire » pour la somme dérisoire de 300 euros.
    » écrivions-nous le 23 octobre à 18h, deux heures après avoir découvert, en compagnie de la mère de Nanette, les documents publiés par la préfecture de police.

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    Pourquoi Lévi- Strauss?

    «Mieux que les autres, il a conceptualisé l'altérité, la différence, la comparaison, l'accouchement du Moi par l'Autre»

    Pourquoi Lévi- Strauss ? - Par Jean Daniel
     

      Pourquoi Lévi-Strauss? Sans tomber dans le travers dune dévotion aveugle, on peut constater le sort réservé à ce penseur de 95 ans. Dans toutes les institutions culturelles de la République, il est respecté, idolâtré et déjà statufié. Que lui prête-t-on? Peut-être un chef-d'œuvre littéraire, «Tristes Tropiques» (1955), qui a failli avoir le prix Goncourt tant la magie de l'écriture faisait oublier que ce n'était pas une ?œuvre de fiction. Un livre qui commence par une phrase aussi célèbre que le début des romans de Proust ou de Camus: «Je hais les voyages et les explorateurs.» On sait qu'il fut professeur au Collège de France, qu'il est académicien et que ce grand savant a étudié de près, sur le terrain, les mœurs des civilisations qualifiées autrefois de primitives. On retient un titre: «la Pensée sauvage» (1962), qui a servi, précisément, de fil conducteur au prochain hors-série du «Nouvel Observateur».
    Pour la société intellectuelle, il est l'homme qui a trouvé dans Montaigne, Rousseau, Bergson et Mauss toutes les bases du concept d'«Anthropologie structurale» (1958), concept que certains disciples peuvent aujourd'hui juger moins opérationnel mais qui a renouvelé en profondeur toute l'anthropologie française. Lévi-Strauss est un maître tout à la fois dépassé et irremplacé. Les réfutations de ses thèses sont toujours accompagnées dune reconnaissance de dette. Au coe?ur des urgences les plus stimulantes, sa pensée demeure une référence. Mieux que les autres, probablement, il a conceptualisé l'altérité, la différence, la comparaison, l'accouchement du Moi par l'Autre.

     

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    Quand Lévi-Strauss dénonçait l'utilisation politique de l'identité nationale
     

    par Philippe Descola, professeur au Collège de France

      En 2005, Claude Lévi-Strauss prononçait un discours mettant en garde contre les dérives de politiques étatiques se fondant sur des principes d'identité nationale. "J'ai connu une époque où l'identité nationale était le seul principe concevable des relations entre les Etats. On sait quels désastres en résultèrent", disait-il. Pour Philippe Descola, professeur au Collège de France et qui a succédé à Claude Lévi-Strauss à la tête du laboratoire d'anthropologie sociale, "c'est la double expérience, personnelle et politique d'un côté et d'ethnologue de l'autre, qui a conduit Lévi-Strauss à récuser et vivement critiquer l'accaparement, par des Etats, de l'identité nationale".

    En quoi la pensée de Lévi-Strauss éclaire-t-elle l'actuel débat sur l'identité nationale ? 

    Philippe Descola : Lévi-Strauss a été très marqué dans sa vie personnelle par l'échec des démocraties européennes à contenir le fascisme. Alors qu'il avait été tenté par une carrière politique – il était un des espoirs de la SFIO (Section française de l'internationale ouvrière) lorsqu'il était étudiant et avait tenté de mener une campagne électorale dans les années 1930, interrompue par un accident de voiture –, il a expliqué par la suite qu'il s'était senti disqualifié pour toute entreprise politique pour n'avoir pas su comprendre le danger des idéologies totalitaires pour les démocraties européennes. Il a également été contraint à l'exil par les lois raciales de Vichy, donc il a pu mesurer, dans sa vie et dans sa personne, ce que signifiait l'adoption par des Etats de politiques d'identité nationale.
     

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    Claude Lévi-Strauss, un penseur dans le siècle

    Un siècle passé à observer les sociétés et les hommes pour en comprendre les différences, en saisir l'essence et appeler à en préserver les trésors. A travers une œuvre à la croisée de la philosophie, de l'anthropologie et de la littérature, le fondateur de l'anthropologie structurale nous propose, selon Wiktor Stoczkowski, sa propre vision du monde. Rencontre.

     

    Comment caractériser l'oeuvre de Lévi-Strauss?
    Cette oeuvre comporte deux aspects. Tout d'abord, il y a le structuralisme, qui propose une méthode nouvelle d'analyse, conçue pour interpréter les faits culturels. La méthode structurale est un outil extrêmement technique, réservé plutôt aux spécialistes. Cette méthode est extrêmement intéressante, mais ce n'est qu'une partie de l'immense édifice conceptuel échafaudé par Lévi-Strauss. Dans mon livre, j'ai fait le pari d'élucider les idées de Lévi-Strauss non seulement comme celles de l'inventeur d'une méthode anthropologique, mais surtout comme celles d'un penseur qui propose, en deçà d'un système théorique, une vision du monde. Réfractant la plupart des drames devenus tristement emblématiques du siècle passé, la pensée de Lévi-Strauss est irriguée par la réflexion sur le problème des imperfections du monde humain, telles que les tragédies du XXe siècle nous ont permis de les contempler. Lévi-Strauss cherche à établir un diagnostic de ces maux, afin de pouvoir proposer des remèdes nécessaires pour épargner à l'humanité les périls extrêmes qui continuent à nous menacer. Il parle des problèmes du présent et du futur proche: la croissance de la population, la globalisation, l'uniformisation culturelle, les ravages infligés à notre milieu naturel, la disparition des espèces vivantes, le racisme...

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    L'ethnologue Claude Lévi-Strauss est mort

     Peu de savants se sont aventurés aussi loin que Claude Lévi-Strauss dans l'exploration des mécanismes cachés de la culture. Par des voies diverses et convergentes, il s'est efforcé de comprendre cette grande machine symbolique qui rassemble tous les plans de la vie humaine, de la famille aux croyances religieuses, des œuvres d'art aux manières de table. Le paradoxe des très grandes œuvres, celles qui sont vraiment décisives et novatrices, est de pouvoir se caractériser en peu de mots.

    Ainsi pourrait-on dire qu'il déchiffra le solfège de l'esprit. A tout le moins, il s'en approcha, et de fort près, à force de rigueur et d'invention conceptuelle. Parler d'un solfège de l'esprit n'est pas seulement le prolongement de cette métaphore musicale toujours présente dans l'œuvre de l'anthropologue. Or il faut entendre cette formule littéralement. Même si nous chantions, quotidiennement, les ritournelles de la vie en société, même si nous connaissions par cœur les mélodies des mythes ou des mariages, nous ne savions pas ce qui organisait ces systèmes. Notre conscience ne nous révèle rien, spontanément, des processus qui sont à l'œuvre dans le vaste domaine de la symbolique sociale. C'est pourquoi nous ignorions leurs règles de fonctionnement, les lois de leurs combinaisons. Il nous manquait un solfège.

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    M6 censure une enquête de « Zone interdite »

    par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos

      Selon nos informations, on ne verra pas, dimanche dans Zone interdite sur M6, l’enquête de 40 minutes menée par Tony Comiti Productions sur les failles de la restauration rapide. « Censure », disent les journalistes de la chaîne qui protestent dans une pétition adressée à leur direction. « Juridiquement, le sujet n’était pas valide », avance une porte-parole de la chaîne.

     

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       Pour éviter d'être confrontée aux mêmes difficultés financières qu'en 2009, la présidence vénézuélienne va voir son budget 2010 amplement augmenté : +638 %, pour atteindre 3,3 milliards de bolivars (un peu plus d'un milliard d'euros). Cette année, le budget annuel de 139 millions d'euros alloué à la présidence a été dépensé dès le premier semestre. Pour faire face à l'urgence, l'Assemblée nationale a dû approuver, en septembre et en octobre, trois crédits additionnels de 13,85 millions d'euros.

    La loi de finances 2010, approuvée en fin de semaine dernière par l'Assemblée nationale, devrait permettre au palais de Miraflores d'éviter de se retrouver dans l'embarras financier. 

     

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    " Trop de mémoire tue l'histoire "

     Dans son livre " Mémoire année zéro ", Emmanuel Hoog, le PDG de l'Institut national de l'audiovisuel, plaide pour la mise en oeuvre d'une politique de la mémoire face à ce qu'il nomme une " inflation mémorielle " incarnée par Internet

    Emmanuel Hoog, 47 ans, est président-directeur général de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) depuis 2001. Il vient de publier Mémoire année zéro (Seuil, 210 p., 18 euros).

    " L'histoire est scientifique, la mémoire est politique, le souvenir est privé ", écrivez-vous, pour constater qu'il y a aujourd'hui une confusion. D'où vient-elle ?

    Notre demande de mémoire a grandi plus vite que notre capacité à produire de l'histoire. Voilà ce que j'appelle l'" inflation mémorielle ". Trop de mémoire tue l'histoire. Paradoxalement, faute de repères historiques clairs, nous nous réfugions dans la nostalgie, aggravée aujourd'hui par le phénomène d'Internet, qui fait mémoire de tout. Désormais, le concept s'est privatisé : on ne se contente plus du quart d'heure de célébrité promis à chacun par Andy Warhol, tout le monde veut sa part de mémoire, à travers lui-même, à travers le numérique.

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       Répondant à la volonté affichée par la ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie, d'ouvrir le débat sur la castration physique des délinquants sexuels, le Syndicat de la magistrature a ironiquement prôné, vendredi 23 octobre, l'amputation des mains des voleurs, de la langue pour les escrocs et du foie pour les conducteurs surpris en état d'ivresse, ainsi que la lapidation des casseurs.

    Qualifiant cette idée d'"hommage au Moyen Age", le syndicat propose d'élargir la réflexion. Il propose aussi "le supplice dit du 'croc de boucher' pour les auteurs de dénonciations calomnieuses". "S'agissant des infractions économiques et financières, un simple retrait des boutons de manchette en place publique devrait suffire", ajoute le Syndicat de la magistrature.

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    Pauvres classes dominantes


     par Axel Honneth

    Tout un milieu intellectuel crie depuis vingt ans haro sur l'Etat-providence. Il a trouvé son prophète avec Peter Sloterdijk, en France et en Allemagne

      La popularité de l'essayisme philosophique de Peter Sloterdijk a, depuis le début, partie liée avec la montée en puissance d'un milieu social qui professe pour tous les phénomènes relevant de l'Etat-providence capitaliste le plus grand mépris, sans proposer pour autant la moindre alternative. Au cours de leurs études universitaires, pour l'essentiel contemporaines de la chute du mur de Berlin et de l'effondrement de l'Union soviétique, les tenants de cette nouvelle élite nourris de Michel Foucault ont, grâce à leur état d'esprit sans attache, élastique et prêt à tous les sauts théoriques possibles et imaginables, rapidement conquis l'ensemble des positions de pouvoir.

    Désormais bien installés, ceux-ci n'attendaient plus qu'une idée directrice ou une parole propre à servir de signature à notre époque. Dans ce milieu journalistique, dans les officines où s'écrivent les pages culturelles et littéraires des journaux, dans les couloirs des banques, dans les agences d'architecture ou de pub, tout le monde était d'accord : la mentalité d'assistés typique de l'ère social-démocrate était vouée à disparaître. Avec des masses trop assistées et dépendantes de la main ouverte de l'Etat, pensait-on, comment engendrer une pensée ou un style de vie énergiques ?

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    La cohabitation parents-profs est de plus en plus difficile


    Les professeurs se trouvent souvent confrontés aux revendications et récriminations de parents d'élèves omniprésents. Crédits photo : Le Figaro

    par Natacha Polony 

    Les professeurs se trouvent souvent confrontés aux revendications et récriminations de parents d'élèves omniprésents.Depuis que leur statut a été consacré en 1989, certains parents multiplient les pressions sur les enseignants. Quitte à déstabiliser une institution dont ils attendent tout.

      Vendredi 6 février 2009, dans l'école maternelle Saint-Louis-Sainte-Clothilde, à Saint Denis (93). L'après-midi consacré à un jeu de cow-boys et d'Indiens voit quelques bambins s'échauffer, malgré les avertissements de l'institutrice. Excédée, celle-ci fait glisser le bandeau d'Indien sur la bouche des petits perturbateurs. Quelques jours plus tard, les parents desdits gamins portent plainte. Et l'inspection de Seine-Saint-Denis de parler de «dérapage» de la part d'une institutrice compétente qui a été «sérieusement mise en garde». Ce cas rappelle celui de ce professeur traîné en justice pour avoir giflé un gamin de sixième qui l'avait traité de «connard». Le père, gendarme, avait lui aussi porté plainte. Parents laxistes et intrusifs, prenant systématiquement la défense de leur enfant, parents consuméristes, rappelant que «ce sont mes impôts qui vous payent»… Si les enseignants n'ont pas toujours bonne presse dans l'opinion, les parents d'élève , eux, sont une des cibles préférées de professeurs souvent confrontés à leurs revendications et récriminations. Et la question fatidique se pose : ces parents qui contestent l'autorité des enseignants, les dénoncent parfois à l'administration et, dans certains cas à la justice, ne sont-ils pas le vrai fléau qui mine l'école et la condamne à n'être qu'une vaste garderie ?

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    Dieudonné condamné à 10.000 euros d’amende pour «injures» antisémites

    Il était poursuivi pour ses propos tenus au Zénith en présence de l’historien révisionniste Robert Faurisson.

      Dieudonné a été condamné mardi à 10.000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Paris pour des propos sur la scène du Zénith lors de la remise du «prix de l’infréquentabilité» à l’historien révisionniste Robert Faurisson par une personne déguisée en déporté juif.

    Un an de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende avaient été requis à son encontre le 22 septembre. A l’audience, il avait qualifié son geste d’«attentat humoristique» tout en tentant d’en relativiser la portée et en invoquant sa «liberté d’expression».

    Le tribunal a par ailleurs condamné Dieudonné M’Bala M’Bala à verser un euro au titre de dommages et intérêts à huit associations qui s’étaient portées partie civile et un total de 10.000 euros pour frais de justice à l’ensemble de ces associations.

    Dans son jugement, le tribunal a estimé que Dieudonné s’était bien rendu coupable d’«injure publique» envers des personnes d’origine ou de confession juive.

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    "Expulsion express" d'une lycéenne à Paris

    La jeune fille, âgée de 19 ans et d'origine congolaise, s'est faite contrôlée sur le chemin du lycée. Elle a été expulsée vers Brazzaville en moins de 24 heures sans que personne dans son entourage n'en ait été informé.

      Mercredi 21 octobre, Nanette Alanhi Bangofa s'est faite contrôlée Gare du Nord à Paris, alors qu'elle se rendait en cours. Quelques heures plus tard, elle était expulsée vers Brazzaville, au Congo, sans que personne dans son entourage n'en soit informé. La jeune fille est majeure.
    C'est sa mère qui, sans nouvelles d'elle depuis la veille, a prévenu jeudi matin la direction du lycée Jules Siegfried dans le 10ème arrondissement de Paris, où la jeune fille, âgée de 19 ans et de nationalité congolaise, étudie depuis févier 2008.
    "Nous savions que Nanette n'était pas venue en cours mercredi matin, mais nous ne pouvions imaginer ce qu'il s'était passé", explique Hélène Tarragon, proviseure du lycée, jointe par nouvelobs.com. "Cela fait trois ans qu'elle étudie en France. Elle vient d'avoir son Bac et a été reçue en BTS [comptabilité, ndlr] par admission nationale"

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    « L’HABITAT INSALUBRE et INDIGNE dans les DEPARTEMENTS ET REGIONS D’OUTRE-MER : UN DEFI A RELEVER »

    par Serge Letchimy

     L’habitat insalubre dans les quatre DOM, ce sont quelques 50 000 logements insalubres abritant plus de 150 000 personnes et cet habitat, tel qu’il est estimé, ne recouvre que l’habitat informel, les autres formes d’insalubrité n’étant que peu repérées.

    Plus qu’ailleurs en France il y a la ville et la « non-ville » : les quartiers d’habitat informel, souvent insalubres, lieux de relégation et de pauvreté et les quartiers « réguliers ».

    La résorption de l’habitat indigne n’est pas dans les DOM à la mesure des besoins et des enjeux, ni dans ses objectifs, ni dans ses modes opératoires, ni dans ses résultats.

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    JADIN*

      Le jardin créole, on en parle de plus en plus autour de nous. Il est vrai que cette période de remise en cause de notre mode de consommation est propice à la redécouverte des vertus du jardin traditionnel. Sur ce terrain depuis plus de 10 ans, le sociolinguiste Serge Harpin nous introduit dans cet univers cultural, culturel et linguistique avec un extrait de son « Dictionnaire Encyclopédique des technologies Créoles 2 (Créole – Français) : le jardin créole (Dominique, Guadeloupe, Martinique, Sainte Lucie) », à paraître. Cet ouvrage fait suite à « La pêche à la Martinique » (1995) où l’auteur nous conviait déjà à une réappropriation des savoirs et savoirs faire traditionnels, et, tout aussi important, à un dialogue entre langue créole et langue française, entre savoirs populaires et savoirs savants.

    JADIN, n, du fr. jardin, mot d’origine francique « gard » ou « gardo » angl., creole garden fr., jardin créole Guad., tr. cour., GT/ BT Sainte-L., tr. cour., N/S Domin., cour., S/ Mart., tr. cour., N/S Le terme renvoyait au début de la colonisation à toute parcelle de culture à base alimentaire. Il réfère aujourd’hui, dans un sens plus restreint, à un système traditionnel d’association de cultures, à base vivrière, orienté vers l’autoconsommation ; le surplus étant réservé au marché intérieur.

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    Virilisme : la dérive des cités


     par Daniel Welzer-Lang
    Maitre de conférence de l'université Toulouse-Le Mirail

    Notre société évolue très vite, notamment en ce qui concerne les rapports hommes-femmes – ce que dans notre jargon sociologique nous appelons « rapports sociaux de sexe ». Accès à la contraception et à l’avortement, reconnaissance des contraintes du travail domestique, réalisé encore majoritairement par les femmes, conditions du travail salarié, reconnaissance et lutte contre les violences domestiques, etc., sont autant de balises qui marquent la marche vers l’égalité. Si les femmes féministes se sont penchées sur la domination que subissaient les femmes, peu de sociologues se sont intéressés à ce que vivaient les hommes, les dominants, dans leurs rapports aux femmes et dans leurs rapports aux hommes.

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    Affaire Mitterrand : et si on inculpait Léon Blum ?
     

    Par BERNARD-HENRI LEVY écrivain, directeur de la revue La Règle du jeu

    Marine Le Pen n’y suffisait pas : il a fallu que la jeune garde socialiste, Benoît Hamon en chef de file, vole au secours du nouvel ordre moral qui, depuis quinze jours, semble tourner des têtes que l’on croyait immunisées contre le moralement correct cher à nos Pères et Mères la Pudeur, type Christine Boutin ou Philippe de Villiers.
    Et voici donc un événement considérable, et qui semblait impensable à ceux qui, comme moi, avaient mis leur espoir dans ce groupe de quadras - Benoît Hamon donc, mais aussi Manuel Valls, Arnaud Montebourg... - qui portaient, avec d’autres, les couleurs de la rénovation à gauche : l’alliance folle, profondément contre-nature, suicidaire, entre des héritiers de Jaurès et le parti d’un homme qui, jadis, à Alger, partit faire du tourisme parachutiste autrement plus olé olé que celui dont Frédéric Mitterrand a fait lui-même, il y a quelques années, dans un livre unanimement salué par la critique, l’aveu public et désolé.
    Une fois de plus, et comme dans l’affaire Polanski dont cette affaire-ci est, hélas, la suite à la fois logique et délirante, il ne s’agit pas d’excuser des pratiques que leur auteur a eu la franchise de révéler en son temps, et à son entier détriment.

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    Protestants français : les évangélistes à l’offensive

    Une véritable secousse. Les murs de la très respectée Fédération protestante de France, rue de Clichy, tremblent : un pasteur évangélique vient d’être nommé président, un titre depuis longtemps réservé aux protestants réformés. En Ile-de-France, un ouragan venu d’Amérique attise les ardeurs des fidèles, les salles font le plein, les églises fleurissent, charriant avec elles des pratiques parfois inquiétantes. Louise Couvelaire a plongé dans la galaxie complexe d’une religion en plein essor. Enquête inspirée.

    Elle hurle, se contorsionne, tombe à terre. Lui, costume clair et mine imprégnée, les yeux rivés sur sa Bible, pose fermement la main sur sa tête. Les fidèles ânonnent, en appellent à Jésus. Un pasteur qui libère une femme de Satan... Le tout ressemble à une séance d’exorcisme, le genre fiction sur grand écran. La scène se déroule à Saint-Denis (93) au Centre du Réveil Chrétien et figure même sur le clip promotionnel de l’Eglise. Autre podium : au Palais des Congrès de Montreuil, le prédicateur américain T. L. Osborn, perruque châtain et lunettes fumées rouges, appelle infirmes, aveugles et autres handicapés à la guérison. En public, il a rendu la vue à une vieille dame tremblante, rien qu’en l’effleurant ! Fin août 2006, ce globe-trotter de 84 ans a réuni chaque soir et pendant une semaine entre 3 000 et 6 000 fidèles. A Paris (3e), le pasteur White de l’Eglise Hillsong promet à ses ouailles que Dieu plantera en elles la " graine de la prospérité " à condition de se montrer généreux. Quelques minutes plus tard, des seaux circulent dans les rangs pour récupérer les " contributions ". Vaste fumisterie ou véritables miracles ? C’est en tout cas le fonds de commerce des Eglises évangéliques les plus offensives. Celles qui cartonnent aujourd’hui en Ile-de-France.

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    Des gendarmes accusent leur hiérarchie de racisme
     

    Six gendarmes mobiles basés à Satory, qui disent avoir été traités de «bougnoule» et de «nègre» par certains de leurs collègues, vont saisir la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité.

    De mauvaises notes administratives, le sobriquet de «bougnoule» ou de «nègre» qui fuse. Autant d'attitudes de leur hiérarchie et collègues que six gendarmes mobiles basés à Satory près de Versailles, ne supportent plus. Se disant les cibles de propos racistes et de discriminations de la part de collègues, ces agents d'origine africaine et magrébine ont décidé de saisir la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), a annoncé leur avocat Me Joseph Cohen-Sabban vendredi.

    Ces six gendarmes, qui appartiennent à l'un des huit escadrons du groupement blindé de la gendarmerie mobile (GBGM) de Satory, ont «depuis leur arrivée été régulièrement victimes de propos racistes tout comme ils font l'objet de discriminations», affirment-ils dans leur saisine. «Les blagues racistes sont coutumes à l'escadron, il ne faut pas les prendre mal, il faudra faire avec», leur confie le capitaine dès leur premier jour. Un de ces gendarmes assure avoir été «maintes fois» appelé «bougnoule» par ce commandant, selon l'avis de saisine. Ce commandant lui aurait également rappelé qu' «il était le quota du secrétariat».

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    L’Amérique raciste se réveille

    Au moment où la popularité de Barack Obama s’effrite, les attaques sur ses origines et sa couleur se font de plus en plus précises.

    Par LORRAINE MILLOT correspondante à Washington

    Obama en sorcier africain, un os en travers du nez, Obama en fourrure de singe, mangeant une banane… Dans les manifestations de ces derniers mois contre le président américain et sa réforme de la santé, les attaques racistes ont fait un retour en force. Dans les talk-shows à la télévision ou la radio, les plus exaltés se moquent presque ouvertement de la couleur du président. Ainsi Rush Limbaugh, le plus célèbre des porte-voix de l’ultra-droite, montait en épingle la semaine dernière des images filmées dans un bus, montrant un enfant blanc rossé par un noir. Son commentaire : «Voilà l’Amérique d’Obama, des enfants blancs maintenant battus dans les bus scolaires.» Pour Limbaugh, Obama est «un Noir qui cherche la bagarre». Pour Glenn Beck, un autre de ces enragés, animateur sur la chaîne de télévision Fox, Obama est «un type qui a une haine profonde pour les Blancs ou pour la culture blanche». «Je pense que ce type est un raciste», a lancé Glenn Beck cet été.»

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    L'affaire Polanski, trente ans après


     

     par Olivier Delcroix

    Le film de Marina Zenovich met en évidence l'emballement médiatique, l'acharnement à l'encontre de Roman Polanski et les failles du système judiciaire américain.Le film de Marina Zenovich met en évidence l'emballement médiatique, l'acharnement à l'encontre de Roman Polanski et les failles du système judiciaire américain. Crédits photo : Rue des Archives / The Granger C

    Tandis qu'à 75 ans le cinéaste s'apprête à tourner un nouveau film, « The Ghost », le passionnant documentaire de Marina Zenovich revient sur l'affaire de mœurs qui l'a obligé à fuir les États-Unis en 1977.

    «Roman Polanski : Wanted and Desired» Documentaire de Marina Zenovich. Durée : 1 h 39.

     

    «Technologies de l'orgasme», une histoire du vibromasseur

    Gode sauve les femmes

     

    Par Pascal Bruckner

     

      En légalisant, vers 1900, la masturbation féminine dans tous les foyers américains, ce sex toy a remis en cause la suprématie masculine. Médecine ou pornographie ?

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    Bernard-Henri Lévy, la morale et la gauche

    Par MANUEL VALLS maire d’Evry (Essonne) et député (PS)

      A l’heure où le flottement sarkoziste sur les valeurs est à son comble, je n’envisage pas d’abandonner la morale politique aux griffes des extrêmes ou des souverainistes.

    Au fond, voilà la question qui agite le débat public depuis plusieurs jours. Et les tempêtes médiatiques - si elles interdisent souvent de faire émerger une réalité toujours complexe - ont un mérite commun avec les disputes : leurs grands coups d’éclat font apparaître en plein jour les oppositions enfouies et les réflexes ataviques. A ce titre, l’affaire Polanski qui s’est aussitôt muée en affaire Mitterrand est très instructive des tabous de ma famille politique. Les explications nécessaires, les Français les ont obtenues et c’est bien là l’essentiel. Mais ceux qui, à gauche comme moi, en ont été les échos ont été très vite la cible d’un flot ininterrompu de quolibets et d’excommunications.

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    Chavez veut éradiquer le golf au Venezuela

    Le président vénézuélien veut en finir avec ce sport «petit-bourgeois» et faire pousser du maïs sur les terrains de golf.

    par Patrick Bèle


       Afin de montrer que rien n'échappera à la révolution bolivarienne, Hugo Chavez a trouvé une nouvelle cible : le golf. Dans une de ses désormais traditionnelles allocutions télévisées du dimanche, «Alo presidente», il a fustigé cette activité, déclarant : «Je respecte tous les sports, mais il y a sport et sport… Seul un petit-bourgeois peut jouer au golf, c'est un sport de bourgeois.» Il a, en direct, expliqué à l'un de ses partisans en chemise rouge, qui venait d'avouer, très gêné, qu'il pratiquait ce sport, que les terres occupées pour le terrain de golf seraient bien mieux utilisées à faire pousser du maïs pour les gens qui ont faim.

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    Retour sur le fiasco égyptien à l’Unesco

     

    Par ELISABETH SCHEMLA

      Encore, toujours, la même antienne en Egypte et dans d’autres pays arabes ou musulmans : ce sont les juifs qui ont fait échouer la candidature de Farouk Hosni à la tête de l’Unesco. Lui-même, débarrassé des exigences de sa campagne électorale, enfin ouvertement fidèle à ses vraies antipathies plutôt qu’à sa fausse repentance, clame urbi et orbi, aussitôt défait, que ce complot sioniste s’est «mijoté» à Washington. Servi notamment par trois grands noms de la vie intellectuelle occidentale : Claude Lanzmann, Elie Wiesel et surtout Bernard-Henri Lévy, qui n’ont pas ménagé leurs efforts, il est vrai, pour alerter sur cette candidature. Sauf qu’ils se sont ainsi démultipliés et démenés précisément parce qu’ils avaient le sentiment de prêcher dans le désert.

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    Les contrastes de l'intégration à la française

    Une vaste étude, réalisée pour la première fois sur les enfants d'immigrés, montre leur ascension sociale par les études.

     L'intégration finit par rattraper tous les enfants d'immigrés. Qu'ils soient d'origine italienne ou portugaise, maghrébine ou africaine. À rebours du pessimisme ambiant, la sociologue Claudine Attias-Donfut et l'économiste François-Charles Wolff publient cette semaine* les résultats d'une vaste enquête conduite auprès d'un échantillon représentatif de 6 000 immigrés et 20 000 de leurs descendants. Sans se focaliser sur les cités ghettos, puisque seulement 20 % des immigrés y vivent. Ni chercher à démontrer que tout va bien. Le tableau d'ensemble est touffu, trop sans doute, pour livrer un message simple. Mais globalement, les chercheurs affirment que «l'intégration marche».

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    Un site propose de vérifier le travail des députés

     

      Lancé le jour de la rentrée parlementaire, Nosdeputes.fr propose de regrouper des informations publiques sur les membres de l'Assemblée. Au programme : présence, temps de parole et travaux parlementaires.

    La participation et la productivité des députés français à l'Assemblée nationale n'est pas facilement perceptible pour le grand public. Un site internet, www.Nosdeputes.fr, a décidé de faciliter l'accès à ces informations. Mis en ligne lundi 14 septembre, ce site, crée par le collectif RegardsCitoyens, propose un tri des informations mis à disposition par l'Assemblée nationale.


    Indépendant et bénévole

    On y trouve pas exemple des graphiques représentant la répartition du travail parlementaire entre les différents groupes, le nombre d'interventions en séances de chaque député ainsi que ses questions orales, écrites… une véritable mine d'information.
    "Toutes les données relatives à l'activité parlementaire présentées sur ce site sont issues du site de l'Assemblée Nationale ou du Journal Officiel. Il s'agit donc d'informations intégralement publiques", explique la FAQ de Nosdeputes.fr. Les fondateurs du site précisent que "Les activités du collectif RegardsCitoyens.org et du site NosDeputes.fr sont totalement indépendantes de tout parti politique", ajoutant que le travail a été réalisé par des bénévoles.

     

    Dans Newsweek :

    "Sarkozy et le complexe Obama"

     

      L'illusion d'un front uni des deux présidents n'est que la version officielle. Officieusement, Nicolas Sarkozy veut être le chef et veut agir.
    > Cet article est issu du magazine Newsweek du 5 octobre

    La semaine dernière à Pittsburgh, le président français Nicolas Sarkozy, le président Barack Obama et le premier ministre britannique Gordon Brown ont présenté l’image d’un front uni dans leur détermination face à l’Iran. C’était la version officielle.
    Tous trois ont produit des déclarations en parfait accord, dénonçant la construction par la République Islamique d’une usine nucléaire secrète. Au sein de ce bel étalage de solidarité, le langage des corps faisait passer un message contradictoire. Si Obama et Brown étaient effectivement côte à côte, Sarkozy était à l’écart, un peu comme l’homme à qui l’on a demandé d’être le témoin de mariage d’un inconnu.

    Dans son for intérieur, peut être pensait-il qu’il aurait dû être la vedette du spectacle – ou du moins, Obama et lui. Le G20 auquel ils participaient est un forum dont Sarkozy a l’an dernier incité la création. Et le gouvernement de Sarkozy a été le premier à confronter l’Iran sur le sujet de ses intentions nucléaires.

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    Lire la version américaine sur le site de Newsweek

     

    L'incroyable chimie des bulles de champagne


    Les scientifiques ont analysé les composés aromatiques largués à la surface de la coupe, lors de l'explosion des bulles en milliers de gouttelettes.Les scientifiques ont analysé les composés aromatiques largués à la surface de la coupe, lors de l'explosion des bulles en milliers de gouttelettes. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

    par Yves Miserey

    En éclatant à la surface, les bulles dispersent un brouillard de composés aromatiques.

    amateurs. Il a aussi ses scientifiques attitrés. Gérard Liger-Belair, de l'université de Reims, en fait partie. Il y figure même en bonne place. En effet, depuis une dizaine d'années de recherches sur le plus célèbre vin effervescent de la planète, il multiplie les découvertes. C'est grâce à lui, par exemple, que l'on sait comment les bulles se forment dans les coupes. Gérard Liger-Belair et ses collègues s'intéressent également aux milliers de gouttelettes qui explosent chaque seconde à la surface, juste après qu'on ait versé le champagne dans les coupes. Ils publient leurs résultats dans les Comptes rendus de l'académie des sciences américaine (Pnas, 29 septembre 2009). Le 15 octobre prochain, ressort en librairie chez Odile Jacob une nouvelle édition de son ouvrage intitulé sobrement Le Champagne.

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    Le défenseur des enfants et la CNDS sur le grill
     

      Deux projets de loi doivent supprimer ces institutions en instituant un "défenseur des droits" dont les prérogatives engloberaient la défense du droit des enfants et la Commission nationale de déontologie et de sécurité. Associations et syndicats s'insurgent.

    Deux projets de loi examinés le 9 septembre en Conseil des ministres doivent supprimer le poste de défenseur des enfants, créé par la loi du 6 mars 2000 en tant qu'autorité indépendante chargée de défendre et de promouvoir les droits des enfants. Le projet de création d'un "Défenseur des droits" dont les prérogatives devraient englober la défense du droit des enfants. La Commission nationale de déontologie et de Sécurité (CNDS) serait également supprimée dans ce cadre. Mardi 15 septembre, Dominique Versini, actuelle défenseure des enfants, s'est insurgée contre une telle suppression et affirme n'avoir été "à aucun moment ni consultée ni auditionnée". Elle "exprime son total désaccord sur le fait qu'ait été décidé arbitrairement et sans aucune concertation de dissoudre certaines autorités indépendantes et d'aménager une simple articulation avec d'autres", ce qui à ses yeux "marque un recul".
    Elle rappelle qu'ont été traitées depuis la création de sa fonction en 2000 "les réclamations concernant près de 20.000 enfants".
    L'annonce de la suppression du défenseur des enfants a également vivement fait réagir plusieurs associations et syndicats.
     

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    Castration chimique: l'état des lieux


      Après le meurtre de la joggeuse, le débat politique se cristallise autour de la castration chimique, présentée par certains comme le remède miracle aux agressions sexuelles. Qu'en est-il en réalité ?

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    Contre le mythe de l'égoïsme

    L'anthropologue américain Marshall Sahlins réfute le dualisme occidental entre nature et culture

    Marshall Sahlins

     Jusque récemment, les étudiants de premier cycle des universités américaines devaient suivre des cours de civilisation occidentale, qui sont un peu l'équivalent, dans leur formation, des enseignements de philosophie de nos lycées. L'anthropologue américain Marshall Sahlins en propose une version abrégée et hérétique afin d'en contester les fondements et d'en accélérer le déclin, dans un petit ouvrage qui inaugure une nouvelle collection d'essais dirigée par Alexandre Laumonier aux éditions de l'Eclat.

    Le propre de la civilisation occidentale, selon Sahlins, est d'être " hantée par le spectre de notre propre nature ". Célèbre pour avoir réfuté le postulat, central pour la science économique, de la rareté des richesses qui aurait dominé dans les sociétés précapitalistes, Sahlins s'en prend ici, en dix courtes leçons, à ce qu'il considère comme un autre " mythe originel " de la culture occidentale et de la " pensée capitaliste " : celui de l'égoïsme " naturel " de l'homme. Cette conception a déterminé nos cosmogonies, nos représentations du corps et avant tout notre pensée politique.

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    Berlusconi, l’homme qui a mis le spectacle à la place de la politique

    Par MARTIN RUEFF poète, critique, professeur de littérature et de philosophie à Paris et à Bologne

      Tu nous manques Pasolini, parce que nous manquent ta capacité de diagnostic et de dénonciation, ton sens des continuités et des discontinuités, ta force de frappe et ton génie poétique. Tu nous manques parce que nous manque ton indignation, que l’Italie va mal et qu’on ne s’indigne pas assez.

    S’il est vrai que la société capitaliste contemporaine fonctionne bien plus à la séduction qu’à la répression et que la société du spectacle représente la vérité accomplie du libéralisme réellement existant, Silvio Berlusconi incarne à n’en pas douter la pointe extrême de ce libéralisme, cette pointe où la séduction vire rapidement à la répression comme au bon vieux temps du fascisme. «Fascisme» ? Le mot importe moins sans doute que les périls qu’il dénonce, et il ne doit certes pas nous rendre indifférent à ses avatars modernes. Berlusconi est la figure de ce règne autocratique de l’économie marchande qui a accédé à un statut de souveraineté irresponsable et a pu plier un pays tout entier par la domination spectaculaire. Il gouverne le spectacle et le spectacle gouverne l’Italie.

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    Hommage à Pierre Pinalie
    Ligue des Droits de l'Homme
    section Fort-de-France
    créée en 1903

      C’est avec une tristesse infinie que les membres de la section Martinique de la Ligue des Droits de l’Homme ont appris la nouvelle de la disparition de Pierre Pinalie.

    Avant de tracer un portrait du militant des droits de l’homme je voudrais me rappeler des deux premières fois où j’ai vu Pierre Pinalie.

    La première fois fut à l’occasion de la présentation d’un ouvrage de Georges Mauvois. La présentation se fit en créole
    J’étais au fond de la salle et il me semblait que l’homme que je distinguais ne pouvait être qu’un béké par sa maitrise du créole. Je compris plus tard ma méprise ethnocentrique.

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    Pierre PINALIE : un bien triste hommage

    par Serge Harpin


    Nul n’ignore que les cinq dernières années de la vie de Pierre PINALIE furent consacrées au combat pour les Droits de l’Homme. Les réunions de la section Martinique se tenaient d’ailleurs à son domicile. Il avait perçu une détérioration de la situation : les discours d’intolérance, jusque-là marginaux, s’imposaient de plus en plus dans l’espace public sans que grand monde ne s’en émeuve. Il en avait conclu, comme quelques autres, qu’il y avait désormais une plus grande réceptivité des Martiniquais à la rhétorique du ressentiment et de l’exclusion. Ce qui laissait aussi supposer de solides appuis ou relais stratégiques. Voilà pourquoi Pierre PINALIE a jeté ses dernières forces dans cette bataille avant de s’éteindre, ultime contribution à cette terre qu’il aimait tant… Et les manœuvres d’arrière-garde du « gourou » en personne de la créolité, assuré par ailleurs de la complaisante neutralité des « frères » et du soutien d’un média aux ordres, ne changeront rien à cette vérité du parcours d’un homme profondément intègre.

    Deux projets dans son domaine jusque-là de prédilection, la créolistique, lui tenaient encore à cœur pendant les dernières années de sa vie : l’édition de sa traduction en créole de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948 qui confirme sa forte implication sur ce terrain, et la réédition de son « Dictionnaire Elémentaire Français-Créole ». Ceux qui le connaissaient auront remarqué sa volonté de mener cette seconde entreprise à bonne distance de ses anciens amis. Et c’est pour bien marquer ce nouveau positionnement qu’il proposa la quatrième page de couverture de cet ouvrage à la signature de celui qui symbolisait le mieux, à ses yeux, l’opposition aux « fous du créole » de l’Université des Antilles et de la Guyane. La Faculté de Lettres de la Martinique portera longtemps encore les stigmates de l’hégémonie de ces extrémistes et aura du mal à s’en relever.

    Le combat le plus éprouvant de Pierre PINALIE sur ce nouveau front des Droits de l’Homme fut sans doute sa rupture avec ces « talibans du créole », ceux qu’il avait cru un temps être ses amis, ceux qu’il pensait pouvoir changer. La rupture fut radicale puisqu’il se porta témoin à charge contre un des principaux dignitaires de la secte mit en examen pour diffamation. Une diffamation d’autant plus lâche et vile que l’intéressé agissait à l’abri d’une identité d’emprunt. Le « respectable gourou » était présent au procès pour soutenir son homme de confiance et peut-être aussi pour intimider le témoin. Pierre PINALIE a tenu bon. L’homme de confiance a été condamné…

    Cela n’a pas suffi pour lui faire entendre raison puisque, comme on le sait, il n’a pas tardé à récidiver par des provocations à caractère antisémite et xénophobe que « le petit blanc » à « pat krochi » (boiteux) », comme il se plaisait à le qualifier, n’eut de cesse de dénoncer. Cela donna lieu à l’affaire Dieudonné et des « Innommables ». Le gourou se tenait coi, prêt à faire jouer le réseau en cas de besoin. On comprend mal le silence des politiques, et surtout des autorités universitaires.

    Ce furent les derniers combats de Pierre PINALIE, des combats qu’il mena dans un relatif isolement. D’où l’incompréhension légitime de ses vrais amis lors de l’hommage qui lui était rendu quand le « très  respectable  gourou » prit, sans pudeur aucune, la parole. Ce fut un triste, un bien triste hommage…

    Serge HARPIN

     Raymond mon ami,
     par Manuel Norvat


    Je ne voulais pas te parler triste. La joie de vivre, c’était plutôt le mode d’emploi de notre existence où la blague amicale le disputait à notre amour féroce de la beauté : les gens que nous aimons, la musique partagée, les livres échangées, les bizarreries grammaticales du Français de France et du créole d’ici-là, les milans les plus incroyables et aussi toutes ces blagues pour conjurer la mort. Mais, lorsque celle-ci survient tout à coup — même si tu me disais souvent « anba latè pa ni chouval bwa ! » — qu’il ne fallait donc pas hésiter à prendre toutes les doucines de manège possibles de la vie et toutes ces bonnes choses qu’ignorent les savants austères — nous constatons que le sacré, on a beau dire, ça ne rigole pas.

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    Les dreadlocks.

      Bonjour, je me permets de vous envoyer ce morceau de mon nouvel album sur les dreadlocks
    Ainsi que ce témoignage de deux dreadlockseuses de la seine st denis:

    Je me disais que témoigner de locks ayant été autorisée pourrait peut-être aider à se sentir plus fort face à l'adversité. Je démarre avec mon propre témoignage, je suis artiste conteuse et chanteuse dubpoet, mes locks n'ont jamais posé de soucis dans le chant et la dubpoetry. Dans le conte, j'ai eu quelquefois à expliquer , à "dépréjugiser" (je sais pas si ce mot existe lol) le port des locks et ses a priori mais j'avoue avoir toujours reçu un bon accueil malgré la surprise du début quelquefois. Mes locks ne sont pas vu comme exclusivement rasta mais tout simplement comme une coiffure des temps anciens, ce qui m'arrange car je n'aime pas être étiqueter dans une seule catégorie et même si j'aime le reggae et respecte et honore Haile Selassie (ce qui en soi ne regarde pas mes collègues de travail ni le public venant m'écouter), je raconte tellement de cultures différentes et ai constaté la coiffure locks dans tellement de cultures différentes également que je ne voudrais pas que les locks soient limitées aux rastas. Et j'avoue que quand nous avons une certaine notoriété dans un art quelqu'il soit, nous avons un avantage, celui d'être vu comme un artiste et d'être donc autorisé aux excentricités. J'essaie au maximum de porter les locks avec dignité pour qu'elles ne soient pus mal vues mais juste acceptées comme un choix de coiffure .après à chacun et chacune ses raisons de les porter.

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    de Philippe Descola
      Philippe Descola est bien l’héritier de Claude Lévi-Strauss : il amène l’ethnologie à dépasser son propre ethnocentrisme et à se laisser enfin conquérir par son objet – les pensées pré-modernes – comme par quelque chose qui nous est intérieur. Au moment où les deux pans bien hermétiques de « l’édifice dualiste » de la maison occidentale moderne du savoir (« lois de la nature » et « conventions de la culture ») commencent à s’infiltrer mutuellement, on peut commencer à concevoir l’épure d’une nouvelle maison commune. Et c’est bien là l’enjeu fondamental du monde à venir, une refonte de la maison du savoir à travers une réunification des sciences de l’homme et du monde. Or un tel chantier passe nécessairement par l’élaboration d’une nouvelle éthique et la réévaluation d’une « nature » à laquelle nous ne savons aujourd’hui comment penser notre pleine appartenance. En plaçant en exergue de son ouvrage majeur un propos de Montaigne, Descola lie cet enjeu à une invitation vers une autre modernité : « Qui controllera de pres ce que nous voyons ordinairement des animaux qui vivent parmy nous, il y a dequoy y trouver des effects autant admirables que ceux qu’on va recueillant ès pays et siecles estrangers. C’est une mesme nature qui roule son cours. » Aux yeux du moniste, les émerveillements de la zoologie et de l’éthologie, en effet, n’ont pas moins de valeur que ceux de l’histoire et de l’ethnologie.

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    Suicide des personnes âgées : les professionnels dénoncent l'indifférence

      Les personnes âgées se suicident en moyenne beaucoup plus que le reste de la population, surtout après 85 ans, chez elles ou en maison de retraite, souvent en raison de dépressions non diagnostiquées, dans une indifférence générale que déplorent les professionnels.
    En France, comme "dans plusieurs pays, les taux de suicide les plus élevés se retrouvent chez les aînés, spécialement chez ceux qui ont 85 ans et plus", constate l'Association internationale pour la prévention du suicide (AIPS), qui parraine la Journée mondiale de prévention du suicide le 10 septembre.

     

    Jérusalem, Ville éternelle coupée en trois

      Entre ignorance mutuelle et sourde détestation, Palestiniens, Juifs ultraorthodoxes et Israéliens laïques ont toujours eu des relations complexes.

    Le vendredi matin, les ruelles étroites du quartier musulman de la Vieille Ville de Jérusalem se remplissent de policiers israéliens. Par groupes compacts, vigilants, ils filtrent les accès à l'esplanade des Mosquées, vaste quadrilatère clos de murs et planté d'arbres au centre duquel la coupole dorée du Dôme du Rocher scintille au soleil. À l'autre bout de cette esplanade, la mosquée d'al-Aqsa surplombe le mur des Lamentations, dernier vestige du Temple bâti par Hérode et détruit par les Romains, que les juifs appellent le «mur occidental».

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    Rallumons les téléphones mobiles dans les classes !

      Et si à l’école, on arrêtait de considérer les téléphones mobiles comme des outils de distraction, et qu’on les utilisait enfin comme des machines pour apprendre ? Et si on arrêtait de penser qu’ils sont une arme de guerre entre élèves et professeurs, entre la vie sociale et les cours ?

    Bien qu’ils soient devenus de véritables ordinateurs personnels, le bannissement des téléphones mobiles à l’école ne cesse de s’étendre, parce que “leur utilisation dérange les cours, parce qu’ils distraient les élèves, parce qu’ils peuvent être utilisés pour tricher et qu’ils n’apportent aucune valeur éducative”… rapporte Juliette LaMontagne pour le Design Observer Group.

     

     

    «Notre souci : préserver la démocratie»

     

      «Nous, politiques, syndicalistes, chercheurs, médecins, associatifs, tous signataires de l’appel, demandons aux pouvoirs publics d’ouvrir au plus vite le débat.

    «La lutte contre la pandémie de grippe A ne pourra se résumer à une seule réponse technique, agrémentée de choix individuels. Elle doit être une réponse collective. L’histoire a tranché. Une pandémie n’a jamais été vaincue par une seule riposte technico-médicale aussi fine soit-elle. C’est aussi la solidarité, l’aide, le souci de l’autre qui permettent d’éviter les emballements, les dérapages, les exclusions en tout genre.

    «Quelle que soit la force de la pandémie, ce sont les plus démunis, les plus isolés, les plus fragiles qui se retrouveront sans défense face à ce virus. Les pandémies ont toujours agi comme un reflet des trous noirs d’une société. Des enjeux éthiques importants peuvent se poser brutalement, mettant en danger les libertés de chacun. Des mesures dérogatoires pourront être prises.

    «Se pose cruellement la question de la solidarité internationale, en termes d’accès aux traitements et bien sûr d’accès au vaccin. Alors que l’on évoque l’accès universel à la santé, aucune initiative internationale n’a été à ce jour réellement lancée pour relever ce défi.

    «Au-delà des questions nécessaires du vaccin, des stocks d’antiviraux, des gestes barrières, il y a urgence à mobiliser la société autour de ses valeurs. Les décisions ne doivent pas être prises dans un cénacle d’experts. Le débat doit s’ouvrir sur les enjeux humains et sociétaux des stratégies de lutte contre la pandémie. Avec un souci : préserver les règles de la démocratie dans la gestion de cette crise.

    «Face au risque, encore hypothétique, de l’arrivée massive de ce virus, nous appelons à sortir de nos réponses toutes faites, à casser les barrières, à ouvrir les initiatives, à mobiliser l’énorme tissu associatif. Nous appelons, chacun et les pouvoirs publics en premier chef, à en débattre. Et à mettre au premier plan de la riposte collective, la solidarité.»

    Cet appel a été déjà été signé par des médecins et chercheurs  :

    Françoise BARRE-SINOUSSI, prix Nobel de Médecine, Willy ROZENBAUM, Gilles PIALOUX, Jean-Philippe DERENNE, André GRIMALDI, René FRYDMAN, Bernard HOUSSET, François AUBART, Bernard REGNIER, Didier TABUTEAU, Elisabeth SLEDZIEWSKI, Corinne PELUCHON, Roland SCHAER, Didier SICARD, Véronique FOURNIER, Emmanuel HIRSCH, Marie de HENNEZEL.

    Par des politiques et des syndicalistes : Martine AUBRY, Noël MAMÈRE, Cécile DUFLOT, Michèle RIVASI, Marie-George BUFFET, Olivier BESANCENOT, Jean-Marie LE GUEN, Delphine BATHO, Manuel VALLS, Aurélie FILIPPETTI, Jean-Paul HUCHON, Marisol TOURAINE, Arnaud MONTEBOURG, Jean-Louis BORIE (Syndicat des avocats de France), Emmanuel PERREUX (Syndicat de la magistrature, Antoine LAZARUS (Groupe information-prison), François CHÉRÈQUE (CFDT), Alain OLIVE (Unsa), Annick COUPÉ (Solidaires), Gérard ASCHIERI (FSU).

    Par des responsables d’ONG et d’associations : Olivier BERNARD (Médecins du Monde), Marie-Pierre ALLIÉ (Médecins sans frontières), Rony BRAUMAN, Stefania PARIGI (Samu social), Patrick DOUTRELIGNE (Fondation Abbé-Pierre), Bruno SPIRE (AIDES), Christian SAOUT (Collectif des usagers de la santé), Christophe DELTOMB (Emmaüs), Claude RAMBAUD (le Lien), Elsa COHEN (Confédération des familles), Arnaud de BROCA (Association des accidentés de la vie), Claude Finkelstein ( Association de patients et ex-patients en psychiatrie)…

     

    La controverse

     

    Hommage à Raymond Relouzat

      Raymond Relouzat est parti comme il a toujours vécu : dans la discrétion et la dignité. Homme de culture immense, il a traversé la tragi-comédie du siècle passé avec le regard curieux et malicieux d’un petit Trinitéen parvenu aux plus hauts sommets du savoir académique, sans jamais perdre le sens de sa trajectoire intérieure. Sans jamais laisser sa magnifique érudition l’isoler dans l’arrogance des esprits forts ou le renoncement des compétences ignorées. Il laissera sur nos mémoires d’étudiants blasés l’empreinte tenace d’un chercheur opiniâtre et rigoureux, qui savait –en dépit d’un charisme peu habile à nos modes médiatiques- susciter l’intérêt sur des sujets essentiels que nous n’abordions, avant lui, que sous le mode de la vulgate pseudo-scientifique héritée des superficialités de l’assimilation. Il fut sans conteste un des meilleurs « spécialistes » que nous ayons eu quant à la compréhension intime de la naissance et du mode de fonctionnement de l’imaginaire créole de la Caraïbe. Ses présentations nous ouvraient un champ d’analyses qui combinait une totale maîtrise de l’histoire, de la géographie, des langues, cultures et techniques qui ont contribué à la mondialisation coloniale de l’espace caribéen depuis la traversée de Christophe Colomb.

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    À Pierre Pinalie



     Lors de nos derniers échanges, au cours du mois précédant ton départ à Paris, ce fut le dernier, nous en étions arrivés à la conclusion que l’ennemi absolu c’était bien « la bêtise ». Et particulièrement, en ces temps de confusion, la bêtise se voulant savante, informée, argumentée. Telle celle de cette illuminée, paraît-il sociologue, jetant haineuse au visage d’une invitée assez jeune pour être sa fille : « la nationalité martiniquaise ne se brade pas ». Elle avait osé, la « zorèy », exprimer en toute innocence, au plus fort du « Mouvement du 05 février 2009 », son bonheur de se sentir bien chez nous, avec nous. « Matnik sé ta nou, sé pa ta yo » disait le slogan… Et je me souviens que tu t’en inquiétais. La bêtise à prétention savante c’est celle aussi de ce notable du créole, enseignant à l’UAG, te traitant avec mépris, de « Petit blanc », dans l’indifférence affligeante de bon nombre de ses pairs et de sa hiérarchie.

    Ces deux exemples disent simplement que le danger dont il est question aujourd’hui, celui que nous avons perçu, c’est le purisme identitaire.

    Nous avions remarqué aussi que ce purisme était d’abord le fait des élites, un discours pour masquer ce qui est depuis une vingtaine d’années en jeu : l’ambition de conquête de position de pouvoir de nouveaux groupes de martiniquais économiquement émergents. Nous étions là au cœur du problème : la revendication identitaire porte de moins en moins les valeurs de dignité et de justice sociale. On l’a dépolitisée. C’est pour cela qu’elle ne constitue plus un élément de clivage entre partis. Il n’y a donc plus que des « martiniquais » face à des « étrangers », d’où qu’ils viennent ; étrangers perçus comme des rivaux réels ou potentiels. Nos amis et compatriotes haïtiens en savent déjà quelque chose. Le national est l’essentiel, la justice sociale, on verra après, proclame sur un des nombreux sites qu’il contrôle notre cacique du créole, celui-là même qui te traitait de « petit blanc ».

    C’est pour tout cela et parce qu’ils persistaient dans leur dérive sectaire et xénophobe, que tu t’es écarté ces dernières années de ceux que tu avais cru être pendant longtemps tes amis. À vrai dire, ils avaient des années durant fait de toi leur « nègre », dans toutes les acceptions du terme, en exploitant avec cynisme ta passion de la langue et de la culture créoles. Ils te devaient ainsi d’avoir contribué dans l’ombre à leur propre succès et aussi par ton esprit d’ouverture et ton sens didactique, de les avoir sortis un temps de la marginalité dans laquelle les avait condamnés leur excès ou plus simplement leur bêtise. Tu ne te le pardonnais pas.

    C’est que tu avais choisi d’être un des nôtres mais dans le respect de la personne humaine. Tu l’as été, crois-moi, jusqu’au bout et dignement. Mèsi pou sa Misié PINALIE…


    Serge HARPIN

    Lire aussi l'article de France-Antilles et le dernier entretien accordé à Madinin'Art 

     
    Santé : la mère de toutes les batailles pour Obama

    Par LAURENT BOUVET professeur de science politique à l’université de Nice Sophia-Antipolis.


     Ces dernières semaines ont été particulièrement difficiles pour Barack Obama. Sa cote de popularité a subi un net fléchissement. Selon la dernière enquête du 18 août, le niveau d’approbation de sa politique aurait chuté de dix points depuis avril (51 % contre 61 %). La raison principale tient au projet-phare de son mandat : la réforme du système de santé.

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      Ils évitent les stades, les stations de métro, les boîtes de nuit et les parcs. A Moscou, où ils seraient plus de 10 000, beaucoup d'Africains vivent dans la crainte. D'après un rapport récent de la Moscow Protestant Chaplaincy (MPC, aumônerie protestante) réalisé auprès de 209 personnes, près de 60 % d'entre eux ont été la cible d'agressions racistes en 2009. Un quart précise avoir été attaqué plus d'une fois.

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    Julien Coupat : " La prolongation de ma détention est une petite vengeance "

    Entretien avec le principal suspect dans l'affaire des sabotages contre la SNCF

     Voici les réponses aux questions que nous avons posées par écrit à Julien Coupat. Mis en examen le 15 novembre 2008 pour " terrorisme " avec huit autres personnes interpellées à Tarnac (Corrèze) et à Paris, il est soupçonné d'avoir saboté des caténaires SNCF. Il est le dernier à être toujours incarcéré. Pour des raisons de place, Le Monde a coupé une question et sa réponse dans la version imprimée, mais publie l'intégralité de l'entretien sur lemonde.fr. M. Coupat a demandé à ce que certains mots soient en italiques.

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    L’aventure théorique de Julien Coupat

    Julien Coupat est aussi un jeune intellectuel qui, de 1999 à 2001, fut l’un des six animateurs d’une aventure aussi brève qu’intense : celle de la revue Tiqqun

    POUR MÉMOIRE

    Philosophie. Le dernier des détenus de Tarnac fut, de 1999 à 2001, un des animateurs de la revue Tiqqun.

     par Eric Aeschimann

     Emprisonné depuis près de six mois dans le cadre de l’enquête sur les sabotages de TGV, Julien Coupat est aussi un jeune intellectuel qui, de 1999 à 2001, fut l’un des six animateurs d’une aventure aussi brève qu’intense : celle de la revue Tiqqun. Deux numéros seulement sont parus (1) qui, par leur style et leur contenu, annoncent l’Insurrection qui vient, le fameux manifeste «anarcho-autonome» dont la police attribue la rédaction à Julien Coupat. Durant cette brève aventure, Tiqqun avait noué un dialogue étroit avec le philosophe italien Giorgio Agamben. Dimanche soir, c’est ce dernier qui, dans une salle du XVIIIe arrondissement de Paris, est venu présenter Contribution à la guerre en cours (2), reprise de plusieurs articles de Tiqqun.

     
     

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    A consulter:

    Affaire Confiant Dieudonné