SOCIOLOGIE
CULTURELLE
ET POLITIQUE
"Dans le décor spectaculaire, le
regard ne rencontre que les choses et leur prix. "


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Non à la fusion - destruction de RFI
 Radio France Internationale est en péril. Menacée,
jusque dans son existence, par la fusion juridique et rédactionnelle
avec la chaîne de télévision
France 24, voulue par le président
de la République
française
et
menée
à
marche
forcée
par les responsables actuels de l’Audiovisuel extérieur
de la France (AEF).
Rapprocher des outils publics d’information internationale semble, de prime abord, logique. Mais fusionner une radio […] avec une télévision
[…] ne l’est assurément
pas. Ni dans l’organisation technique ni dans les pratiques professionnelles.
On se souvient que France 24 n’a pas été
conçue au sein de l’audiovisuel public extérieur de la France […] mais qu’elle est la résultante
d’une
étrange
alchimie, qui a d’abord mêlé
des
intérêts
privés
(groupe TF1) et publics (France Télévision),
avant
d’être
abritée
par la holding de l’AEF. […]
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Pourquoi
ne tient-on jamais nos bonnes résolutions? Par Tony David, publié le 01/01/2012 à 10:00 sur lexpress.fr
 Pourquoi
ne tient-on jamais nos bonnes résolutions?Avoir
une vie plus saine et arrêter de fumer, figurent chaque année parmi les bonnes résolutions
pour le passage à la nouvelle année.
Le passage à la nouvelle année est souvent l'occasion de prendre de bonnes résolutions.
Une tradition ancestrale, mais dont le résultat est souvent décevant.
Chaque année, c'est la même histoire: pour le passage au nouvel an, chacun y va de sa bonne résolution.
Arrêter de fumer, perdre du poids ou faire du sport ne sont que quelques uns des objectifs qui reviennent au fil des ans.
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«Il
est devenu un classique, ce qui le chagrinerait beaucoup» InterviewCraig Calhoun, professeur de sciences sociales à New York, spécialiste
du sociologue :
Par SYLVAIN BOURMEAU
 Professeur
à New York University, Craig Calhoun est l’un des grands noms de la sociologie mondiale. Président depuis 1999 de l’équivalent
américain
du CNRS pour les sciences sociales, il s’apprête à diriger en septembre la London School of Economics. Dix ans après sa mort, quelle place occupe Pierre Bourdieu dans les sciences sociales mondiales ?
Il demeure l’un des chercheurs en sciences sociales les plus influents au monde. Son influence s’est même étendue à la littérature,
à la philosophie, à l’histoire et à d’autres domaines. Il fait désormais partie d’un panthéon théorique qui comprend Lévi-Strauss,
Sartre et Merleau-Ponty ainsi que des figures de sa propre génération
comme Foucault et Habermas. Ce qui veut dire qu’il est déjà
devenu un «classique»
- ce qui le chagrinerait sans doute beaucoup. Il aurait peur de faire partie des autorités,
de ces maîtres que les élèves
doivent
bêtement
célébrer,
il
préférerait
rester une sorte d’enfant terrible. Si Bourdieu est aussi précieux, c’est qu’il traverse de très nombreux clivages qui opposent les chercheurs entre eux. C’est particulièrement
vrai lorsqu’il invite à transcender des dualités comme subjectif et objectif, ou action et structure. Ou qu’il réunit l’intéressé
et l’apparemment désintéressé,
le socioculturel et l’économique,
et donc l’empirique et le théorique.
Il s’adresse ainsi directement aux jeunes chercheurs qui souhaitent oublier les guerres académiques
des
générations
précédentes
et davantage s’attacher à lutter intellectuellement
contre les inégalités
qui traversent le monde aujourd’hui
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Des étudiants
étrangers
diplômés de la
Sorbonne. ©
Frederic Stevens
/ Sipa
Ils sont étrangers, sont venus étudier en France, souvent avec talent, allaient créer leur entreprise, participer à la recherche française ou avaient une promesse d’embauche dans une entreprise française … et ne peuvent plus le faire. Ils rentreront chez eux, et il est peu probable que l’envie les reprenne un jour de venir voir en France s’il y fait bon vivre. La raison de ce divorce ? Une circulaire, publiée en mai dernier par notre ministre de l’Intérieur, Claude Guéant pour mettre en œuvre la politique anti-immigration de Nicolas Sarkozy.
La circulaire du 31 mai 2011 rappelle explicitement que « le nombre d’étrangers entrant en France pour motif professionnel (…) doit diminuer ». Pour cela, il ne doit plus être accordé « aucune facilité particulière dans l’examen de la procédure de délivrance d’une autorisation de travail » aux étudiants étrangers. Il est donc plus difficile pour les étrangers ayant étudié en France d’obtenir après leurs études une autorisation de travail. Il sera aussi plus difficile de venir étudier en France, et déjà des doctorants se voient refuser le renouvellement de leurs titres de séjour. Le message de la circulaire est claire : étranger, ne viens pas étudier chez nous, et n’espère pas trouver un emploi au terme de tes études. Employeur français, tu n’embaucheras pas d’étranger. Peuple de France, tes dirigeants veillent sur tes emplois ! Préférence nationale ! La France aux Français !
Nous protestons de toutes nos forces, avec le Collectif du 31 mai, pour le retrait de cette circulaire. Il est temps de rappeler que l’idée qu’elle véhicule est aussi mensongère que dangereuse. Dire que l’embauche d’un étranger prend l’emploi d’un citoyen français, c’est faux ! C’est un mensonge éhonté ! Un diplômé étranger travaillant en France, c’est quelqu’un qui paye ses impôts en France, qui consomme en France, qui achète en France, qui soutient l’emploi et la consommation en France. S’il devient chef d’entreprise, c’est quelqu’un qui embauche en France. S’il retourne dans son pays, c’est quelqu’un qui sait que la France est ouverte sur le monde et développe avec la France les échanges, le commerce. La France gagne à recevoir des étudiants étrangers. Les étudiants étrangers ne sont pas une menace pour la France, ils sont une chance. Les universités le savent très bien : la France doit recevoir plus d’étudiants étrangers. C’est aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, au Canada, en Australie et maintenant même en Chine, que les étudiants étrangers apportent leur créativité, leur savoir-faire, leur énergie, leurs découvertes et leurs dépôts de brevets.
Nous demandons l’abrogation de la circulaire Guéant, moralement méprisable, économiquement suicidaire. Nous appelons les chefs d’entreprise comme les universitaires à soutenir publiquement cette demande. Nous prenons l’engagement de soutenir les actions du collectif du 31 mai dans son combat contre des mesures dont l’absurdité le dispute à l’indignité, et de parrainer les diplômés étrangers en les aidant concrètement dans leurs démarches dans les préfectures, à les protéger, à faire tout ce qui est en notre possibilité pour qu’ils puissent rester dans notre pays et lui apporter leur richesse, car la matière grise est de toutes les couleurs.
SIGNEZ CET APPEL : http://www.universiteuniverselle.fr/ |
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Fais-moi l'amour, sinon je divorce ! par Daniel Borrillo, juriste, maître de conférences en droit privé à l'université Paris-Ouest
 La cour d'appel d'Aix-en-Provence a condamné, en mai, un homme au divorce à ses torts exclusifs au motif qu'il ne faisait pas l'amour avec sa femme. Pour Daniel Borrillo, cela n'a rien d'extraordinaire et cela fait partie des vestiges canoniques du droit civil qu'il dénonce depuis longtemps Quand le sexe est régi par le droit du mariage.
Un récent arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence condamne un homme au divorce à ses torts exclusifs et à verser 10 000 euros de dommages et intérêts à son ex-épouse au motif qu'il ne lui a pas assez fait l'amour durant leurs vingt et un ans de mariage. Mais comment, dans un Etat démocratique, en sommes-nous arrivés là ?
En France, jusqu'à la Révolution, les noces sont de la compétence exclusive de l'Eglise et si, en 1787, Louis XVI instaura, avec l'édit de tolérance, une forme embryonnaire de mariage civil, il a fallu attendre la Constitution de 1791 pour que le mariage soit considéré comme une institution laïque. Nous sommes cependant face à un paradoxe, car si, dans le texte de la loi civile, le processus de laïcisation de l'institution matrimoniale semble achevé, la jurisprudence (et une partie de la doctrine des juristes) ne fait que prolonger la tradition canonique. En effet, le mariage continue à être considéré, de nos jours, comme un remède contre les débordements sexuels et devient l'espace symbolique de la sexualité socialement reconnue.
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Quand l'abstinence sexuelle passionne les juristes
par Pascale Robert-Diard
 Le droit offre de temps à autre des gourmandises dont raffolent la communauté des juristes et autres amateurs de prose jurisprudentielle. Ainsi en est-il depuis quelques jours d'un arrêt rendu par la cour d'appel d'Aix-en-Provence qui a condamné un homme à verser 10 000 euros de dommages et intérêts à son ex-épouse au motif qu'il ne l'honorait plus sexuellement depuis plusieurs années.
L'histoire est la suivante. Dans le cadre d'une procédure de divorce, Elisabeth B. explique la dégradation de ses relations avec son époux, après vingt ans de mariage, notamment par l'absence de relations sexuelles entre eux. Le mari, Jean G., dément toute mauvaise volonté de sa part à s'abandonner dans les bras de son épouse et met en avant des "problèmes de santé et une fatigue chronique générée par ses horaires de travail" pour justifier son faible appétit conjugal. Mais le tribunal, puis la cour, lui donnent tort.
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“Le Père Noël supplicié”.
par Claude Lévi-Strauss
 Les fêtes de Noël 1951 auront été marquées, en France, par une polémique à laquelle la presse et l’opinion semblent s’être montrées fort sensibles et qui a introduit dans l’atmosphère joyeuse habituelle à cette période de l’année une note d’aigreur inusitée. Depuis plusieurs mois déjà, les autorités ecclésiastiques, par la bouche de certains prélats, avaient exprimé leur désapprobation de l’importance croissante accordée par les familles et les commerçants au personnage du Père Noël. Elles dénonçaient une « paganisation » inquiétante de la Fête de la Nativité, détournant l’esprit public du sens proprement chrétien de cette commémoration, au profit d’un mythe sans valeur religieuse. Ces attaques se sont développées à la veille de Noël; avec plus de discrétion sans doute, mais autant de fermeté, l’Église protestante a joint sa voix à celle de l’Église catholique. Déjà, des lettres de lecteurs et des articles apparaissaient dans les journaux et témoignaient, dans des sens divers mais généralement hostiles à la position ecclésiastique, de l’intérêt éveillé par cette affaire. Enfin, le point culminant fut atteint le 24 décembre, à l’occasion d’une manifestation dont le correspondant du journal France-Soir a rendu compte en ces termes :
DEVANT LES ENFANTS DES PATRONAGES
LE PÈRE NOËL A ÉTÉ BRÛLÉ SUR LE PARVIS DE LA CATHÉDRALE DE DIJON
Dijon, 24 décembre (dép. France-Soir.)
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« La dialectique à la cantonade » : Althusser devant l'art
Par Warren Montag
 Nous commencerons par l’observation suivante : la période la plus productive d’Althusser coïncide avec un intérêt renouvelé pour la peinture et la littérature contemporaines, et plus particulièrement pour le théâtre. Cela signifie, entre autres, qu’au moment où il a commencé à se distancier radicalement et publiquement des principes communistes traditionnels sur la philosophie, il a aussi commencé à se demander quelle était la théorie marxiste de l’art. Nous savons peu de choses quant à sa vision de l’art dans les années 1950 ni même s’il a vraiment accordé de l’attention à ce thème. Cependant sa correspondance avec Franca Madonia révèle qu’en 1962, il avait abandonné ce qu’elle considérait comme sa ligne orthodoxe à propos de la scène « d’avant-garde ». Cette même année, elle écrit : « je continue à lire des essais et des articles contre ce qu’on appelle le “théâtre d’avant-garde” (cela fait déjà un an, que des amis comme toi, Hélène ou Bernard [Dort] lui avez toujours manifesté votre hostilité). En effet j’ai décidé que vous avez tort et je te le dis à toi car tu me sembles plus récupérable que les autres. Certes, si dans l’art, on part du précepte orthodoxe marxiste de la xie thèse sur Feuerbach qu’il ne s’agit pas seulement d’interpréter le monde mais le transformer, il y a bien peu de choses qui tiennent la route ». Selon cette austère perspective, Madonia ajoute : « tout l’art moderne (ou une bonne partie) dans ses diverses manifestations, peinture, sculpture, poésie, musique etc., est à rejeter ».
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Prostitution : punir les clients pour le bien du plus grand nombre ?
Par Rowen Ogien, Philosophe
 Après avoir été mis en œuvre en Suède il y a une dizaine d’années, le projet de pénaliser les clients des prostitué(e)s arrive en France, où il est accueilli avec un certain enthousiasme par des personnalités politiques de droite et de gauche.
Les arguments de bon sens contre le projet, avancés par le Syndicat du travail sexuel (Strass), ont été violemment balayés par les députés lors du débat à l’Assemblée nationale du 6 décembre, où une résolution reconnaissant officiellement la position abolitionniste de la France a été votée (Libération de mercredi).
Ce projet est pourtant peu cohérent, car il admet la liberté de vendre des services que personne n’aurait le droit d’acheter. Il consacre par ailleurs une forme de moralisme d’Etat difficilement acceptable dans une démocratie laïque et pluraliste, puisqu’il voudrait dicter au citoyen la meilleure façon d’avoir une relation sexuelle (gratuite, de préférence à payante).
Mais, surtout, c’est un projet d’inspiration naïvement utilitariste, peu respectueux des droits fondamentaux de la personne humaine, puisqu’il préconise l’usage de la menace et de la force contre des citoyens qui ne commettent aucun délit, au nom des conséquences jugées positives pour le plus grand nombre.
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Auschwitz-Birkenau ne peut pas mourir
par Laurent Olivier, archéologue
 Avec Ecorces (Les Editions de minuit, 2011), Georges Didi-Huberman nous offre un véritable essai de déambulation archéologique dans le site d'Auschwitz-Birkenau, à la suite de son travail "archivistique" sur les quatre photographies du processus de gazage et de crémation des corps prises par un des membres du Sonderkommando travaillant au Crématoire V. Dans Etre sans destin (Editions 10/18, 2002), Imre Kertesz dit que l'expérience des camps s'acquiert pas à pas, que c'est en mettant simplement un pied devant l'autre que l'on devient un sujet des camps.
"Il faut regarder comme regarde un archéologue", écrit aujourd'hui Georges Didi-Huberman. Faire un pas en archéologue dans Auschwitz-Birkenau c'est prendre la mesure de cette évidence, stupéfiante pour nous : si insurmontables qu'ils aient été, les événements passent ; seuls demeurent les lieux et les choses, car ce qui est inscrit dans la matière est d'abord une insistance à être là, à durer ce que dure les matériaux dont sont faites les choses. Les poutres, le béton, la ferraille, toutes ces choses industrielles.
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« Occupy Wall Street », un mouvement social inédit aux Etats-Unis
Par
Catherine Sauviat, de l'IRES

Occupy Wall Street (OWS) n’a pas émergé n’importe où, ni à n’importe quel
moment de l’histoire étasunienne, quand bien même sa portée a atteint très vite une
dimension mondiale. Ce mouvement composite s’est affirmé d’abord comme une révolte de la jeunesse, à
l’instar des mouvements d’indignés dans les pays arabes et en Europe. Aux Etats-Unis,
cette révolte est nourrie principalement par des jeunes de la classe moyenne, menacés par le
chômage et fortement endettés. OWS s’est attaqué aux principaux acteurs et symboles du
capitalisme financiarisé américain et avec eux, le pouvoir concentré qu’ils représentent :
les grandes banques de Wall Street d’un côté, les grandes entreprises de l’autre. Mais
au-delà de cette dimension économique, OWS a une dimension proprement politique. Par son contenu
(une révolte contre l’establishment, contre les oligarchies politique, économique et
financière), par sa forme (un mouvement égalitariste, sans leadership affirmé ni figure
tutélaire, avec un usage intensif des réseaux sociaux), OWS s’est affirmé non seulement comme un puissant mouvement de contestation des élites mais surtout comme l’expression d’un ardent
désir de démocratie.
Lire le document de travail de Catherine Sauviat, publié par l'I.R.E.S.
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Un Algérien blessé est emmené par
le photographe Elie Kagan et un journaliste
américain à l'hôpital de Nanterre, le 17
octobre 1961.Elie Kagan

Les images sont lointaines, les impressions
confuses, mais il se souvient avoir entendu son
père parler, un jour, de la manifestation du 17
octobre 1961. Il vivait alors dans le bidonville
de Sartrouville, et ce soir-là, son père avait
évoqué à mi-voix, avec des cousins, des coups,
des morts et des violences policières. "C'était
dans les années 1970, je devais avoir 10 ou 12
ans. Dès qu'ils ont réalisé que j'écoutais, ils
se sont tus." Aujourd'hui, M'Hamed Kaki a 50
ans, il est devenu "passeur de mémoire" et il
sera aux côtés du maire de Nanterre, dimanche 16
octobre, pour inaugurer le premier boulevard de
France portant le nom du 17 octobre 1961. "Cette
histoire que la France a longtemps oubliée et
dont les anciens ne voulaient pas nous parler
pour nous protéger, j'en suis aujourd'hui très
fier", sourit-il.
M'Hamed Kaki a
quitté l'école à 14 ans, il a un CAP de
couvreur, mais son appétit de connaissances
l'a vite transformé en "braconnier du
savoir" : il a suivi des cours du soir, a
travaillé comme veilleur de nuit à
l'université de Nanterre et a fini par
devenir comédien. En sept ans, Les Oranges,
l'association qu'il a créée en 2004, a
organisé plus de 60 conférences sur
l'histoire coloniale et sur le 17 octobre
1961. "Je travaille dans le théâtre, je suis
attentif au corps et aux gestes, et j'ai
l'impression que ce jour-là, les Algériens
ont relevé la tête et marché debout. Pendant
des décennies, le silence a tout recouvert,
mais, aujourd'hui, nous retrouvons la
mémoire. Ce n'est pas l'histoire des
Algériens ni même celle des enfants de
l'immigration, c'est notre histoire à nous
tous, l'histoire de la France."
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Peuple français, tu as tout vu
Oui, tout vu de tes propres yeux.
Tu as vu notre sang couler
Tu as vu la police
Assommer les manifestants
Et les jeter dans la Seine.
La Seine rougissante
N'a pas cessé les jours suivants
De vomir à la face
Du peuple de la Commune
Ces corps martyrisés
Qui rappelaient aux Parisiens
Leurs propres révolutions
Leur propre résistance.
Peuple français, tu as tout vu,
Oui, tout vu de tes propres yeux,
Et maintenant vas-tu parler ?
Et maintenant vas-tu te taire ?
Kateb Yacine
(1929-1989)
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Gabriel Mouesca :
"Nous alimentons une machine
folle, la prison"

Gabriel Mouesca. © Philippe
Matsas / Flammarion
Retour sur dix ans de
politique pénitentiaire,
avec Gabriel Mouesca, chargé
de mission prisons à Emmaüs.
Par Marion Cocquet
Plus de 64 700
personnes incarcérées en
France au 1er novembre
pour 57 268 places
disponibles : les
prisons explosent. Qu'en
pensent ceux qui l'ont
vécu de l'intérieur ?
Médecin à la prison de
la Santé, en l'an 2000,
Véronique Vasseur avait
dressé l'inquiétant
portrait de son
quotidien à travers un
livre (Médecin-chef à la
Santé, Cherche Midi).
Après dix-sept ans sous
les verrous, Gabriel
Mouesca a été
successivement chargé de
mission à la
Croix-Rouge, directeur
de l'Observatoire
international des
prisons, et chargé de
mission sur les prisons
à Emmaüs. Ensemble, ils
publient un livre qui
recense dix ans de
politique carcérale. Le
titre ? "La prison doit
changer, la prison va
changer", avait-il dit,
est l'écho d'une
déclaration de Nicolas
Sarkozy en 2007. Pour
Gabriel Mouesca, un
constat d'échec.
Lire l'entretien
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L’erreur funeste de la
retraite à 60 ans : Sarkozy
plombé par les archives

Ah, l’erreur
majuscule de 1981 et de
la retraite à 60 ans. On
a déjà entendu ce
refrain, et on
l’entendra encore. C’est
un des sketchs dont
Nicolas Sarkozy gratifie
ses auditoires à chaque
déplacement. Lors de son
discours sur la fraude
sociale, mardi, le chef
de l’Etat a affecté
l’air catastrophé qu’il
aime à prendre quand il
parle de l’incurie de
ses prédécesseurs : « Deux
décisions qui ont été
prises ont eu des
conséquences
catastrophiques sur la
compétitivité de la
France. La première
c’est celle du début des
années 1980, quand on a
fait croire aux Français
que l’on pouvait passer
l'âge de la retraite de
65 ans à 60 ans. On a
menti aux Français. Tout
le monde le savait et
cette décision a été
prise en niant les
réalités.»
Comme à chaque fois
qu’on entend le
Président répéter que « tout
le monde savait que
c’était une catastrophe»,
on a envie de se
repasser ce savoureux
débat de 1993 entre
Nicolas Sarkozy et DSK,
où le futur Président ne
dit rien de tel
puisqu'il affirme
d'abord que son parti,
le RPR, n’a «pas
l’intention, bien sûr,
de remettre en cause la
retraite à 60 ans»
(3’55’’), mais surtout
que lui personnellement,
a voté pour : « J’ai
voté pour le RMI et pour
la retraite à 60 ans,
que les choses soient
claires» (5’40’’).
Ce qui est d’autant plus
amusant que Sarkozy n’a
été élu député qu’en...
1988, soit cinq ans
après l’ordonnance du 26
mars 1982 fixant l’âge
légal de la retraite à
60 ans. Et qu'il n'a
donc rien voté du tout.
Source
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Le
nouvel ordre globalitaire
Par Jean-Luc
Mélenchon

Dans la conception
républicaine, le citoyen est
l’acteur central du système
politique. Car c’est à lui
de formuler l’intérêt
général qui, seul, légitime
l’action publique. Dans
cette approche il est
demandé à chacun de dire non
ce qui lui parait bon pour
lui-même mais ce qui l’est
pour tous. Le discernement
qui est ici requis commence
donc par une prise de
distance avec ses propres
intérêts autant qu’avec la
foule des autres intérêts
particuliers, les modes du
moment et les préjugés de
l’époque.
Cette capacité de
discernement est donc
politiquement essentielle.
Elle est censée s’acquérir
dans les apprentissages
intellectuels de l’école
laïque, par l’exercice d’un
esprit critique, la pratique
des vertus civiques et
l’expérience sociale,….
entre autres choses. C’est
là davantage une ligne
d’horizon qu’un mode
d’emploi établi une fois
pour toute. Car, bien sur,
sa mise en œuvre n’est pas
la même selon les époques et
les conditions qu’elles
imposent. De plus, une telle
exigence ne se présente pas
de la même façon selon les
appartenances sociales et
culturelles. Mais surtout,
l’environnement général dans
lequel elle se présente est
déterminant.
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Lors
de
l'enterrement
de Troy Davis,
exécuté
la semaine
dernière
malgré
les
protestations
de ses
soutiens, des
militants anti
peine de mort
ont pris la
parole. Et
appelé
à
poursuivre le
combat.
Des centaines
de personnes
ont
assisté
samedi en
Géorgie
(sud-est des
Etats-Unis)
aux
funérailles
de Troy Davis.
Il a
été
exécuté
la semaine
passée
pour le
meurtre d'un
policier.
Avant le
début
de la
cérémonie
dans
l'église
baptiste
Jonesville de
Savannah, une
file de
plusieurs
dizaines de
mètres
de long
s'étirait
aux abords de
l'édifice,
certaines
personnes
arborant un
tee-shirt bleu
sur lequel
était
écrit
"I am Troy
Davis" ("Je
suis Troy
Davis", ndlr),
selon les
images des
funérailles
diffusées
sur internet.
|
par Geoffroy
de Lagasnerie,
sociologue

Depuis
quelques
années,
une obsession
s'est
emparée
de notre vie
intellectuelle
: le
néolibéralisme.
Reprise de
livre en
livre, de
tribune en
tribune,
l'idée
selon laquelle
l'enjeu
essentiel de
notre temps
serait de
dénoncer
l'invasion des
logiques
néolibérales
ne cesse de
s'imposer.
Le
néolibéralisme,
nous
affirme-t-on
en effet,
transformerait
le
fonctionnement
du monde
contemporain.
Il
redéfinirait,
bien
sûr, les
règles
de
l'économie.
Mais plus
grave, il
bousculerait
l'organisation
traditionnelle
de la
société.
C'est tout
l'ordre social
qui serait
ébranlé
par cette
irrésistible
lame de fond,
et toutes les
institutions
sur lesquelles
il repose
(l'Etat,
l'école,
la famille, le
droit, etc.)
qui s'en
trouveraient
affectées
:
réfléchir
sur ce qui se
passe
aujourd'hui,
établir
le diagnostic
de notre
présent,
ce serait donc
nécessairement
devoir se
pencher sur
ces mutations,
afin d'en
évaluer
les dangers et
de forger des
instruments
pour leur
résister.
On aurait pu
espérer
que tant
d'attention
portée
à un
même
sujet donne
naissance
à une
production
particulièrement
riche et
inventive sur
le plan des
idées.
Hélas !
Nous assistons
plutôt
à une
uniformisation
et à
une limitation
de la vie
intellectuelle.
De la droite
(Marcel
Gauchet)
à la
gauche
pseudo-révolutionnaire
(Alain
Badiou), de la
gauche
conservatrice
(autour de la
revue Esprit
ou de la
République
des
idées
de Pierre
Rosanvallon)
à celle
qui se
présente
comme radicale
(autour
d'Antonio
Negri et de la
revue
Multitudes),
on voit
fleurir des
analyses quasi
superposables,
qui mobilisent
les
mêmes
perceptions,
les
mêmes
grilles de
lecture.
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«
Calen’Dia»
Le style
à la
créole
Nadia Juste
par
Christian
Antourel

Nadia
vous habille
quelque soit
l’occasion !
Pour vos
divers
évènements
…
Son œuvre
accroche le
regard par
l’harmonie des
formes
pleines,
douces et
généreuses,
entre
tradition et
modernité.
Ainsi elle
exprime la
nostalgie des
photos de nos
grand-mamans,
tout en se
fixant dans
une
écriture
contemporaine.
Cette
ambiguïté
séduisante,
s’inscrit dans
la même
veine de
sentiment de
rêve que
dégagent
ses
vêtements
saillants et
rafraîchissants.
Minutie de la
couture,
aisance du
style,
élégance
sensuelle des
modèles
caractérisent
les parures,
les robes de
Nadia. C’est
un
réduit
dans sa maison
qui fait
office
d’atelier Et
malgré
l’exiguïté
problématique
du lieu, qui
lui donne du
fil a
retordre, rien
ne gêne
l’expression
de douceur
dans le geste
de la main, le
raffinement
dans le rendu
des
vêtements
aux noms
colorés,
parfumés,
qui fleurent
bon la
Martinique :Caïmite,
Cannelle,
Carambole,
Pois doux,
Rose de
porcelaine,
Oiseau de
paradis. Ceux
là
même qui
habilleront
les tapis
rouges des
défilés
de demain.
Autodidacte
agissante et
curieuse,
Nadia a tout
appris seule,
par
mimétisme
d’abord, par
études,
formation
académique
sur le tas
ensuite. Le
travail et la
passion ont
fait le reste.
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Le
shibari, jeu
de cordes
mortel

À Rome,
une pratique
érotique
extrême
d'inspiration
japonaise a
coûté
la vie
à une
jeune femme et
sa compagne
est encore
dans le coma.
À jeu
érotique
extrême,
conséquences
dramatiques.
Une jeune
femme est
morte samedi
à Rome
et une seconde
est dans un
état
très
grave à
la suite d'une
séance
de shibari
(qui signifie
en japonais
"attaché
lié"),
une antique
technique
japonaise de
bondage.
Federica, 23
ans, Paola, 24
ans, et Soter,
42 ans,
venaient d'un
milieu
aisé et
n'étaient
pas des
débutants
dans les
pratiques
sadomasochistes.
Ils avaient
suivi un cours
enseignant
l'art du
ligotage, les
secrets des
liens de
chanvre et les
arcanes des
jouissances
extrêmes.
Ils n'en
faisaient pas
mystère
et affichaient
leur tendance
au
sadomasochisme
sur leur
profil
Facebook.
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La
cuisine
dénaturée
par sa
surmédiatisation
par
Robert
Redeker,
philosophe

"Master Chef"
! "Un
dîner
presque
parfait" ! La
cuisine
envahit chaque
jour l'espace
public. Outre
ces
émissions
mettant en
scène
la
préparation
de repas, des
centaines de
blogs se
consacrant
à cette
activité
fleurissent
sur le Web.
Cet
étrange
phénomène
contraint
à poser
deux questions
: quel en est
le sens ?
Notre
société
n'accorde-t-elle
pas trop de
place à
la cuisine ?
La
télévision
harponne l'art
culinaire avec
deux
schèmes
éprouvés
: celui de la
télé-réalité
et celui du
sport. La
plupart des
programmes
combinent ces
deux
approches, en
mettant en
compétition
sportive des
"vrais gens".
Ces
émissions
de cuisine
d'un style
nouveau
prennent le
relais de la
télé-réalité,
dont elles
sont un
dérivé.
Qu'est-ce qui
fait plus
"vrais gens"
que quelques
congénères
s'affairant
aux fourneaux
?
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Dan Savage explique le
sexe à l'Amérique

Depuis
vingt ans, ce militant gay
tient avec succès une
rubrique courrier du sexe,
comme d'autres le courrier
du coeur, dans plus de
cinquante hebdomadaires
américains. Ses positions,
longtemps jugées
subversives, sont désormais
prisées du grand public. Par
Stéphanie Chayet
Au commencement était une
boutade. En 1991, Dan
Savage, jeune employé
ouvertement gay d'un
vidéo-club du Wisconsin,
bavarde avec un client qui
s'apprête à partir à Seattle
fonder un journal
alternatif. "Il vous faut un
courrier du sexe,
lance-t-il. Les gens adorent
ça." Son interlocuteur lui
offre la rubrique. "L'idée
qu'un homo donne des
conseils aux hétéros nous
semblait hilarante",
raconte-t-il. Très vite, il
se prend au jeu. Drôle,
intelligente, provocante, et
d'une crudité inouïe, sa
rubrique hebdomadaire fait
un tabac auprès des
lecteurs. Les lettres
affluent, d'abord par la
poste, puis par courrier
électronique. Aujourd'hui,
Dan Savage reçoit 5 000
messages par semaine (il les
lit tous). "Savage Love",
qui a fêté ses vingt ans en
septembre, est publiée dans
plus de 50 journaux et
reçoit 1,5 million de
visites par mois sur
Internet.
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L’humain végétalisé
Par JACQUES TESTART
Directeur honoraire de
recherches à lInserm,
président de la fondation
Sciences citoyennes
 «Chaque année, chaque jour, des espèces
nouvelles naissaient,
plus nombreuses qu’il
n’en fallait à l’armée
des naturalistes pour
leur trouver un nom ;
certaines monstrueuses,
d’autres charmantes,
d’autres encore
inopinément utiles,
comme les chênes
laitiers qui poussaient
dans le Casentino.
Pourquoi ne pas espérer
dans un progrès ?
Pourquoi ne pas croire
en une nouvelle
sélection millénaire, en
un homme nouveau qui
aurait la force et la
rapidité du tigre, la
longévité du cèdre, la
prudence de la fourmi ?
(1).» Ce surhumain
imaginé par Primo Levi
n’a pas les raideurs
instrumentales des
androïdes bidouillés par
nos modernes
transhumanistes. Il doit
son écart à la norme que
nous connaissons, à une
modification inouïe :
celle de la levée des
défenses immunitaires
qui permettrait la
fécondation des femmes
par des entités animales
ou même végétales.
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"Les plus faibles, ils les achevaient jusqu'à la mort"
Un Algérien blessé est emmené par
le photographe Elie Kagan et
un journaliste américain à
l'hôpital de Nanterre, le 17
octobre 1961.Elie Kagan

Les images sont
lointaines, les impressions
confuses, mais il se
souvient avoir entendu son
père parler, un jour, de la
manifestation du 17 octobre
1961. Il vivait alors dans
le bidonville de
Sartrouville, et ce soir-là,
son père avait évoqué à
mi-voix, avec des cousins,
des coups, des morts et des
violences policières.
"C'était dans les années
1970, je devais avoir 10 ou
12 ans. Dès qu'ils ont
réalisé que j'écoutais, ils
se sont tus." Aujourd'hui,
M'Hamed Kaki a 50 ans, il
est devenu "passeur de
mémoire" et il sera aux
côtés du maire de Nanterre,
dimanche 16 octobre, pour
inaugurer le premier
boulevard de France portant
le nom du 17 octobre 1961.
"Cette histoire que la
France a longtemps oubliée
et dont les anciens ne
voulaient pas nous parler
pour nous protéger, j'en
suis aujourd'hui très fier",
sourit-il.
M'Hamed Kaki a quitté l'école à 14 ans,
il a un CAP de couvreur,
mais son appétit de
connaissances l'a vite
transformé en
"braconnier du savoir" :
il a suivi des cours du
soir, a travaillé comme
veilleur de nuit à
l'université de Nanterre
et a fini par devenir
comédien. En sept ans,
Les Oranges,
l'association qu'il a
créée en 2004, a
organisé plus de 60
conférences sur
l'histoire coloniale et
sur le 17 octobre 1961.
"Je travaille dans le
théâtre, je suis
attentif au corps et aux
gestes, et j'ai
l'impression que ce
jour-là, les Algériens
ont relevé la tête et
marché debout. Pendant
des décennies, le
silence a tout
recouvert, mais,
aujourd'hui, nous
retrouvons la mémoire.
Ce n'est pas l'histoire
des Algériens ni même
celle des enfants de
l'immigration, c'est
notre histoire à nous
tous, l'histoire de la
France."
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Les aidants sexuels ou
perpétuer la ghettoïsation

Par CLAUDINE LEGARDINIER
Pour le collectif féministe
Handicap, Sexualité, Dignité
Assistant(e)
sexuel(le) pour les
personnes handicapées, voilà
le nouvel «emploi» qui
pourrait voir le jour en
France si aboutit la
proposition de loi portée
par l’intense lobbying de
l’Association des paralysés
de France (APF). Présenté
comme progressiste, ce
projet est au contraire un
piège : pour notre choix de
société, pour les femmes,
mais aussi pour les
personnes handicapées
elles-mêmes, renvoyées une
nouvelle fois au ghetto et
qui, pour beaucoup,
s’élèvent contre ce projet.
Lire aussi
Pour l’assistance sexuelle
des handicapés
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Pour changer la société,
changeons les juges
Par MICHEL MARCUS Magistrat
honoraire, expert en
sécurité urbaine.

«La gauche doit
changer la société»,
préconise Pierre Rosanvallon.
Premier pas du changement,
la gauche devrait changer la
justice. Mais réclamer son
indépendance, c’est se
satisfaire de peu. Ce sont
les juges qu’il faut
changer.
Quel est leur rôle dans la
République ? «Ils sont là
pour appliquer la loi», nous
disent beaucoup de Français,
lorsque des décisions de
justice leur déplaisent.
S’ils n’étaient que des
servants de la loi, les
juges appartiendraient au
corps des fonctionnaires,
soumis au pouvoir exécutif.
Mais ils n’appliquent pas
seulement la loi. Ils disent
le droit, en prenant en
considération la loi et en
la confrontant à des
situations humaines. Et la
loi évolue en raison de
cette confrontation, qui
oblige parfois le
législateur à la revoir.
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Sarkozysme et justice, ou
les ravages d’un projet
ultralibéral
Par MATTHIEU BONDUELLE
Secrétaire général du
Syndicat de la magistrature

Le 12 décembre 2003,
celui qui n’était alors
«que» ministre de
l’Intérieur déclarait aux
futurs juges et procureurs
de l’Ecole nationale de la
magistrature : «Je ne suis
pas garde des Sceaux, mais
il y aurait des choses à
faire dans ce secteur. Ne le
répétez pas, on me prêterait
des ambitions que je n’ai
pas (1).» La suite a
confirmé qu’il en avait un
peu plus, mais cette série
d’antiphrases prononcées en
ces lieux éclaire
rétrospectivement la
domination que l’actuel chef
de l’Etat a choisi d’asseoir
sur l’institution
judiciaire. On aurait tort,
cependant, d’y voir
seulement l’empreinte d’un
ressentiment personnel.
Trop souvent, les poncifs de
la psychologie spontanée
altèrent l’analyse des
relations entre le pouvoir
politique et l’autorité
judiciaire. Ainsi, lorsque
celle-ci résiste aux
tentatives de délégitimation
et de domestication émanant
de celui-là, il ne peut
s’agir que d’une «grogne» ou
d’un «mouvement d’humeur»,
déshistoricisé et
dépolitisé, comme le
traitement de «l’affaire de
Pornic» l’a récemment
illustré. Un double reproche
contradictoire est alors
adressé aux magistrats : ils
font de la politique (au
sens péjoratif de «politique
politicienne») ; ils sont
«corporatistes» (fausse
analyse, vraie insulte qui
sert désormais à discréditer
a priori toute contestation
émanant d’un secteur
professionnel). On perd
ainsi de vue la triple
dimension sociale de la
justice qui est à la fois un
service, une institution et
un régulateur.
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La langue maternelle est...
paternelle
Images du film "La Guerre du
feu". © Belstar Production /
Stephan Films
Une étude anglaise montre
que les hommes imposent leur
langue là où ils
s'installent, supplantant
ainsi celle des femmes.

Les hommes auraient eu,
depuis toujours, le dernier
mot. C'est ce qu'ont
démontré des chercheurs de
l'université de Cambridge
dans une étude basée sur
l'analyse de données
génétiques et de flux
migratoires. D'après Colin
Renfrew et Peter Foster, qui
ont dirigé la recherche
publiée dans Science, les
mutations linguistiques sont
un phénomène dans lequel les
hommes jouent un rôle
déterminant : quand un homme
arrive, c'est sa langue qui
s'impose.
Pour en arriver là et
reconstituer le mode de
transmission de la langue,
les chercheurs ont examiné
des marqueurs génétiques
spécifiques à chaque sexe
dans de nombreuses
communautés à travers le
monde. L'étude s'est
attachée à suivre la
transmission à la
descendance du chromosome Y
chez les hommes et de l'ADN
mitochondrial chez les
femmes. Avec cette
conclusion : la transmission
du langage est liée au sexe.
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Obama ou l'honneur perdu du
prix Nobel de la paix
La réélection du candidat
Obama est-elle plus
importante que la vie de
Troy Davis ? Que l'avenir de
centaines de milliers de
Palestiniens ?
Par Daniel Salvatore
Schiffer philosophe

Ce sont des millions
d’hommes et de femmes, de
par le monde civilisé, qui
se sont sentis floués, le 21
septembre dernier, par
Barack Obama : ce jour-là,
un innocent, Troy Davis,
était exécuté par injonction
létale, l’un des pires
supplices, sur ordre d’un
tribunal d’Amérique, sans
que le président de ce pays,
Barack Obama précisément,
n’ait consenti à prononcer
un seul mot de compassion,
quand bien même il ne
dispose d’aucun pouvoir en
matière de justice, envers
ce malheureux.
Ainsi est-ce le puissant
lobby des défenseurs du port
d’armes tout autant que
l’imposante frange des
partisans de la peine de
mort, lesquels constituent
une part non négligeable de
son électorat, que le futur
candidat à un deuxième
mandat présidentiel aura
finalement écouté là, bien
plus que sa propre
conscience.
Trahison, s’écrieront tous
ces idéalistes en mal de
vérité, de liberté et de
justice, qui, n’écoutant que
leur cœur battre au rythme
de ses promesses, auront
voté pour lui :
l’incommensurable déception
qu’il aura engendrée chez
eux se révèle inversement
proportionnelle,
aujourd’hui, à cet immense
espoir qu’il y avait naguère
suscité !
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Le commissaire à la
diversité et à l'égalité
des chances, Yazid Sabeg,
a récemment annoncé
l'abandon du projet de
rendre obligatoire
l'anonymat des CV (Le
Monde du 25 août). Cette
décision est en partie
motivée par les
résultats d'une
expérimentation menée
par Pôle emploi, qui
tend à relativiser
l'efficacité d'une telle
mesure.
Cette étude montre que
les noms et les origines
sociales qui leurs sont
associées sont utilisés
par les employeurs pour
interpréter les signaux
négatifs contenus dans
les CV. De ce fait,
lorsque le CV d'un
candidat issu de
l'immigration est rendu
anonyme, ses
probabilités de
convocation à un
entretien d'embauche
sont plus faibles, parce
qu'il subit de plein
fouet les carences de
son parcours
professionnel.
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Le shibari, jeu de cordes
mortel

À Rome, une pratique
érotique extrême
d'inspiration japonaise
a coûté la vie à une
jeune femme et sa
compagne est encore dans
le coma.
À jeu érotique extrême,
conséquences
dramatiques. Une jeune
femme est morte samedi à
Rome et une seconde est
dans un état très grave
à la suite d'une séance
de shibari (qui signifie
en japonais "attaché
lié"), une antique
technique japonaise de
bondage.
Federica, 23 ans, Paola,
24 ans, et Soter, 42
ans, venaient d'un
milieu aisé et n'étaient
pas des débutants dans
les pratiques
sadomasochistes. Ils
avaient suivi un cours
enseignant l'art du
ligotage, les secrets
des liens de chanvre et
les arcanes des
jouissances extrêmes.
Ils n'en faisaient pas
mystère et affichaient
leur tendance au
sadomasochisme sur leur
profil Facebook.
Lire la suite
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Alors que la France
commémorait dimanche le
30e anniversaire de
l'abolition de la peine
capitale, l'affaire Troy
Davis mobilise les
adversaires d'un système
accusé de frapper de
nombreux innocents aux
États-Unis.

Lors du débat télévisé
des candidats
républicains à la
présidentielle organisé
par CNN il y a quelques
jours, le gouverneur du
Texas, Rick Perry, s'est
vanté de rester un
partisan farouche de la
peine de mort,
expliquant que les 234
exécutions qui s'étaient
déroulées dans son État
depuis son arrivée à son
poste ne l'empêchaient
nullement de dormir.
«J'ai confiance en notre
système judiciaire»,
a-t-il dit. Un tonnerre
d'applaudissements a
répondu à ses paroles.
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Eviter la concurrence des
victimes
par Dominique Borne,
historien, doyen
honoraire de
l'Inspection générale de
l'éducation nationale
 
Un parcours
international autour des
mots relativise le débat
français. Ainsi le monde
anglo-saxon, les
organisations
internationales et le
site en anglais de Yad
Vashem continuent-ils à
utiliser le mot
"holocauste", banni en
France... "Génocide",
juridiquement défini,
est générique (la Shoah
est un des génocides
répertoriés par les
organisations
internationales). En
France, "Shoah", utilisé
dans les classes,
s'impose, depuis le film
de Claude Lanzmann.
Le mot coexiste avec des
expressions qui tentent
de rendre compte de la
dimension historique.
Naguère nous avions,
dans les programmes de
1995, utilisé
l'expression
"extermination
systématique",
aujourd'hui je note
l'apparition du mot
"anéantissement". Il est
donc nécessaire
d'expliquer aux élèves
comment sont nés les
mots et de préciser leur
contexte d'utilisation.
Shoah, ce mot hébreu qui
vient de la Torah,
relève du registre de la
mémoire, non seulement
en France (Mémorial de
la Shoah, Fondation pour
la mémoire de la Shoah),
mais aussi en Israël :
Yom HaShoah est, depuis
les années 1950, le jour
de commémoration
nationale des victimes.
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Nicolas Grimaldi, le phare
qui éclaire l’humain
Nicolas Grimaldi chez lui, à
Ciboure, en septembre 2011.
(Photo Rodolphue Escher)
Par Robert Maggiori
 
Portrait Du haut de son
phare au Pays basque, où
il vit depuis 1968, le
philosophe lit, peint,
écrit, scrutant
l’éternelle
insatisfaction des
hommes, incapables de
vivre dans le présent.
Il est des lieux plus
propices que d’autres à
la méditation. Droit
devant, la mer et le
ciel se confondent sous
le même gris perle. La
maison s’avance sur le
promontoire tel un
bateau échoué. A droite,
par ses innombrables
fenêtres, on aperçoit,
comme autant de photos
encadrées, Ciboure et la
baie de
Saint-Jean-de-Luz. A
gauche, la houle
s’écrase sur la
corniche, qui s’étend
jusqu’à Hendaye. C’est
l’ancien sémaphore de
Socoa, construit à
l’époque de Guizot - un
temps bureau
télégraphique,
désaffecté en 1922, puis
vendu par la marine.
«J’ai fait l’acquisition
de ce qui était alors
une ruine en 1968, quand
j’ai quitté Paris.
Aujourd’hui, c’est mon
île, c’est là qu’habite
Robinson Crusoé.»
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|
Alain Badiou :
“Les gens se
cramponnent aux identités...
Un monde à l'opposé de la
rencontre”
|

On aurait tort de ne
voir dans le
philosophe Alain
Badiou que le
militant politique –
il a longtemps été
maoïste – ou le
polémiste – son
opuscule De quoi
Sarkozy est-il le
nom ? (éd.
Lignes, 2007) l'a
fait connaître du
grand public. Car,
philosophe, mais
aussi mathématicien,
romancier,
dramaturge, il est
évidemment avant
tout homme de
rencontres. La
richesse de son
parcours en
témoigne. Elle lui a
fait théoriser un
bel Eloge de
l'amour (éd.
Flammarion, 2009),
et très récemment
débattre avec Alain
Finkielkraut dans
L'Explication
(éd. Lignes, 2010).
Avec Alain Badiou,
rencontrer ne va pas
de soi. Mais est
riche de
promesses...
|
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par Isabelle
Beyneix, chercheur en droit
Depuis le
premier choc
pétrolier de 1973,
s'est ouvert l'ère
des presque
"quarante
désastreuses" sous
la forme de
récession, de
dépression ou encore
de décroissance
économique pour
l'Occident. Qu'il
s'agisse de la fin
d'un cycle
économique ou d'un
état de crise
permanent, force est
de constater pour
une très large part
l'inertie et la
résignation des
populations
occidentales mais
également des hommes
politiques.
Economiquement, nos
sociétés s'apprêtent
au pire depuis dix
ans en se
blottissant dans les
valeurs refuges.
Depuis les années
50, nous assistons
passifs à la vente
d'un monde calibré,
d'un rêve d'absolu
consumériste. Il
comble un vide
profond. Il n'y a
plus de croyance en
un idéal théorique,
théologique, ou dans
un monde meilleur,
et pour la majorité
de nos concitoyens,
la mort s'apparente
désormais à une
véritable fin. Tout
est définitivement
tragique et rien
n'est véritablement
sérieux. Il s'agit
donc d'en profiter
le plus et de payer
le moins.
Du point de vue de
l'éducation, le
succès des émissions
de téléréalité et le
développement de la
presse people montre
que les politiques
culturelles et
éducatives de masse
ont échoué. L'ère du
vide intellectuel
rassure désormais
l'être humain
occidental plus
qu'il ne l'inquiète.
Il n'y a plus de
honte à ne pas
savoir. Les héros
médiatiques
ressemblent à
l'archétype de
l'être humain
occidental. La
culture n'est plus
assimilée à de
l'intelligence.
Vivre consiste
dorénavant à oublier
les horreurs
dénoncées par les
médias (la mort et
la souffrance sont
désormais des
scandales) et à
savourer la vie dans
sa plus simple
acceptation, avec
facilité. Il n'est
plus question de
créer un autre monde
mais de conserver
celui-là. L'être
humain occidental se
contente de profiter
de son existence.
Cette dernière
consiste
économiquement à
travailler "au noir"
ou à gagner
énormément d'argent
et à trouver le
moyen de payer le
moins d'impôts
possible. Sa seule
religion est le
football. Sa famille
se disloque et
s'agrandit au gré de
ses rencontres.
Pourquoi ? Sans
doute car la famille
est source
d'embarras plus que
de plaisirs, que le
travail ne rapporte
plus car la
méritocratie
n'existe plus. Il
faut désormais être
malin, rusé, et
pouvoir investir. La
culture n'apporte
aucune plus-value
dans ce type de
système.
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A propos
du 11 septembre 2001
L'esprit du
terrorisme
Jean
Baudrillard

Des
événements mondiaux,
nous en avions eu,
de la mort de Diana
au Mondial de
football - ou des
événements violents
et réels, de guerres
en génocides. Mais
d'événement
symbolique
d'envergure
mondiale,
c'est-à-dire non
seulement de
diffusion mondiale,
mais qui mette en
échec la
mondialisation
elle-même, aucun.
Tout au long de
cette stagnation des
années 1990, c'était
la "grève des
événements" (selon
le mot de l'écrivain
argentin Macedonio
Fernandez). Eh bien,
la grève est
terminée. Les
événements ont cessé
de faire grève. Nous
avons même affaire,
avec les attentats
de New York et du
World Trade Center,
à l'événement
absolu, la "mère"
des événements, à
l'événement pur qui
concentre en lui
tous les événements
qui n'ont jamais eu
lieu.
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Les indécences
d'Hadopi
Par Jacques Attali,
 "Il
est assez piquant de voir Hadopi
parler de menaces sur la littérature,
alors que cette autorité n'a
aucune compétence sur le sujet;
et il est scandaleux de la voir,
par un amalgame trompeur, inventer
une menace imaginaire pour faire
croire que le libre accès à
Internet interdira de publier
des roman."
Hadopi
Sa campagne de promotion fait
d'Hadopi le sauveur de la création
française. C'est exactement
l'inverse pour Jacques Attali,
qui rappelle que les artistes
ont besoin de soutien, pas de
censeurs.
Hadopi, la haute autorité chargée
de lutter contre le téléchargement
de musique sur Internet, rendu
illégal par la loi qui l'a créée,
vient de présenter une campagne
publicitaire de très grande
ampleur. On y voit en particulier,
dans un encart pour la presse
écrite, une petite fille, l'air
triste parce que, selon la publicité,
elle serait menacée par le piratage
de ne pas pouvoir publier son
premier roman, en 2032. Puis
vient le slogan de la campagne,
décliné de mille façons sur
tous les médias: "La création
de demain se défend aujourd'hui!"
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Nudité
du pouvoir et
pavé dans la mare.
par Jacky Dahomay
Professeur de philosophie

Comment expliquer aujourd’hui
que des délits sexuels, subitement,
envahissent le champ politique
au point de le pervertir ? Car
de tels délits ne sont pas nouveaux
dans l’histoire politique et
si on veut remonter aux origines
on peut penser que l’Œdipe de
Sophocle est bien la mise en
scène de deux crimes au fond
sexuels, l’inceste et le parricide,
qui viennent infester la vie
de la polis. Il est en vérité
surprenant d’entendre certains
responsables politiques affirmer
que l’affaire DSK n’a rien de
politique. Il y a quelque chose
du sexe qui a été refoulé du
politique et qui fait comme
un retour inopiné. Mais quoi
?
Que certains responsables politiques
abusent de leur pouvoir dans
le domaine sexuel est une pratique
très ancienne dans l’histoire
surtout dans l’Europe catholique.
Certains ont vu dans l’affaire
DSK la persistance en France
du vieux droit de cuissage propre
aux Rois, ce qui est bien plus
qu’un simple troussage de domestique.
Peut-être cette piste mérite-t-elle
d’être explorée. Le droit de
cuissage en effet, qui est l’affirmation
du pouvoir politique sur le
sexe, est pourtant inséparable
de la théorie des « deux corps
du roi ». C’est parce que le
roi avait deux corps, l’un mortel
et l’autre immortel car renvoyant
à une dimension symbolique transcendante,
que le pouvoir sur le sexe prenait
un sens dans le collectif. En
France, très tôt, on a coupé
le cou du roi mais est-on réellement
assuré d’avoir totalement liquidé
ce qui pourrait rester de théologico-politique
dans l’exercice du pouvoir ?
Lire
la suite
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Méfions-nous de l'idéologie
du nomadisme !
par Jean-Loup Amselle,
anthropologue
 L'usage métaphorique des
sociétés nomades est en vogue
dans les sciences sociales et la
philosophie où il revêt la forme
de l'errance, du vagabondage, de
l'exil, de l'esprit artiste, du
flux, de la pensée ou de la
raison nomade, en un mot de la "nomadologie".
Il serait possible de faire la
généalogie de la configuration
nomade, et pointer, par exemple,
le romantisme et l'orientalisme
de certains auteurs du XIXe
siècle comme Flaubert dont la
lettre à George Sand de 1867 sur
les Bohémiens a été récemment
utilisée par les défenseurs des
Roms. Dans cette lettre,
l'auteur de L'éducation
sentimentale identifie ce peuple
à différentes figures : celles
du Philosophe, du Poète, du
Solitaire, de l'Hérétique, et
enfin celle du Bédouin. Et l'on
pourrait cheminer de la sorte
jusqu'à la passion contemporaine
pour ce qui est devenu un
véritable topos, mais plutôt que
de faire de l'histoire des
idées, on voudrait partir de
l'actuelle fascination pour ce
motif afin de remonter dans le
temps, vers les sources de
l'imaginaire nomade.
Lire la suite |
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Monsieur Ferry, au lieu d’aller à Canal +,
vous auriez dû relire Kant
Par MATHIEU POTTE-BONNEVILLE Président du Collège international de
philosophie.
 On ne devrait jamais cesser de lire. Luc Ferry, qui se fit d’abord
connaître du grand public en commettant un pauvre pamphlet sur la
pensée 68, gagna le respect des philosophes pour avoir lu d’assez près
Kant, et en avoir tiré quelques bons livres. C’était une époque où l’on
opposait volontiers, à l’éloge seventies du désir, le nécessaire retour
d’une morale adossée au respect de la personne plus qu’aux errements du
corps.
Or, si l’on peut être tenté de voir dans les déclarations récentes de
l’ancien ministre comme un surgeon de ce vieux débat, comme un sursaut
de moralisme dénonçant de nouveau les excès du sexe, il suffit d’ouvrir
un livre de morale pour jeter sur l’affaire une lumière différente -
d’ouvrir, par exemple, cet ouvrage austère qu’est la Doctrine de la
vertu d’Emmanuel Kant.
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Internet
n'a pas à être "civilisé"
par
Patrice Lamothe,
 "Au e-G8, je me sens
comme un Indien ou un Africain en train de regarder les puissances
coloniales s'armer pour conquérir ma terre". Ce tweet du journaliste
américain Jeff Jarvis résume le clivage entre le monde de l'Internet et
ceux qui cherchent à le "civiliser", au premier rang duquel figure
désormais Nicolas Sarkozy. Opération de communication, l'e-G8 aura eu
le mérite de souligner l'importance croissante du numérique, longtemps
cantonné en France à un secrétariat d'Etat, de mettre en scène des
rapports de domination et surtout de révéler le choc de conception en
matière de gouvernance entre les Etats et Internet.
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La religion n’est pas un service public Par HENRI PENA-RUIZ philosophe, écrivain, ancien membre de la commission Stasi
 Apparemment notre république serait trop pauvre pour faire vivre des grands services publics communs à tous, croyants, agnostiques et athées. Asphyxie organisée de l’école publique, démantèlement des hôpitaux de proximité, privatisations en tous genres, etc. L’ultra-libéralisme fait son œuvre. La solidarité redistributive n’est plus à l’ordre du jour. En revanche la république serait assez riche pour financer des lieux de culte, qui ne concernent pourtant que les croyants pratiquants, une petite minorité. M. Sarkozy prône le supplément d’âme d’un monde sans âme. La terre vous paraît bien injuste voire invivable ? Réfugiez-vous donc dans le ciel ! Le protecteur des nantis ose dire sans ambages : «La république a besoin de croyants» (discours au palais du Latran).
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Cinq ans de prison pour un couple de végétaliens dont la fillette est décédée

Agée de 11 mois, Louise, est morte le 25 mars 2008 à leur domicile. Selon les experts, le décès serait lié au régime alimentaire des parents et à l'absence de soins médicaux traditionnels. La cour d'assises de la Somme a condamné vendredi 1er avril à cinq ans de prison dont 30 mois ferme un couple de végétaliens dont la fillette de 11 mois était décédée en 2008 en raison d'un régime alimentaire déséquilibré et par manque de soins médicaux.
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L’idéologie sécuritaire, venue des années 1970 4 réactions Par JEAN-PIERRE MIGNARD Docteur en droit pénal, avocat à la cour., JEAN-PIERRE MIGNARD président de Désir d’avenir
 La campagne présidentielle du camp conservateur s’appuie sur le sécuritarisme et l’islamophobie, deux thématiques qui résument à elles seules la maladie sénile de la France et de l’Occident. Cet état d’urgence mental vient de loin. Dès le premier choc pétrolier de 1973 et la crise du système monétaire de Bretton Woods, les sociétés industrielles, inquiètes des mouvements de protestation dans le monde, des flux migratoires, de la crise urbaine et de la délinquance se sont dotées d’une stratégie de guerre froide intérieure. Dans The Crisis of Democracy, publié en 1975 dans le cadre de la commission trilatérale, MM. Crozier, Huntington et Watanuki critiquaient l’excès de démocratie. Il faut «surmonter la démocratie» ou en tout cas parvenir à «un plus grand degré de modération dans la démocratie», écrivaient-ils, car celle-ci favorise «un comportement irrationnel chez les individus». Il convient aussi de «protéger les politiciens des excès de la presse». Plus tard, Samuel Huntington devint le prophète du choc des civilisations, rajoutant l’islam aux dangers répertoriés.
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«L’islam, vous dis-je !» ou Sarkozy, médecin imaginaire Par ERIC FASSIN sociologue, ’Ecole normale supérieure (ENS)
 Dans le Malade imaginaire, Toinette, qui joue à caricaturer les médecins de l’époque, n’a qu’un diagnostic à la bouche : «Ce sont tous des ignorants. C’est du poumon que vous êtes malade.» Argan peut bien énumérer ses multiples symptômes : «Je sens de temps en temps des douleurs de tête. - Justement, le poumon. - Il me semble parfois que j’ai un voile devant les yeux. - Le poumon. - J’ai quelquefois des maux de cœur. - Le poumon.» Qu’importe la question ? La réponse est toujours la même. Molière pousse encore plus loin la satire. Ne peut-on être malade à son insu ? A l’hypocondriaque, il suffit de suggérer d’autres maux, dont il ignorait encore souffrir. Le plus inquiétant, c’est de bien se porter. «Vous avez appétit à ce que vous mangez ? Vous aimez à boire un peu de vin ? Il vous prend un petit sommeil après le repas, et vous êtes bien aise de dormir ?» Il n’est nullement besoin qu’un problème existe pour lui trouver une solution. «Le poumon, le poumon, vous dis-je.»
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L’historien doit connaître et faire connaître
Par PIERRE NORA Historien
 Devoir de mémoire,, devoir d’histoire: deux expressions qui n’ont rien de symétrique. La deuxième est vieille comme le monde, la première ne date que d’une trentaine d’années. Elle est née avec Primo Levi, de la volonté des rescapés de rester fidèles au souvenir des morts dans les camps. Elle s’est popularisée à partir des années1980 en réaction à l’offensive négationniste. Elle s’est, depuis, dilatée jusqu’à devenir une particularité française comme pilier d’une véritable religion civile, ou civique. Comment, pourquoi? Il y a d’abord eu les effets de ce que Annette Wieviorka a baptisé «l’ère du témoin». La prise de parole des survivants, des victimes, des revenants de l’autre monde donnait accès à l’expérience vécue: ce que ne saura jamais atteindre l’histoire traditionnelle. Mais l’ère du témoin portait dans ses flancs un renversement bien plus grand: l’affirmation que la mémoire délivrait une vérité supérieure à celle que pouvait établir la froide reconstruction critique de ce qui s’était passé comme «sens» de l’histoire
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La mémoire n’est pas un devoir Par CLAUDE LANZMANN Journaliste, écrivain et cinéaste
 Débat «Devoir d’histoire, devoir de mémoire» est une fausse fenêtre de la dissertation à la française, qui interdit toute parole de vérité. Je n’ai, quant à moi, jamais employé l’expression «devoir de mémoire». Je la trouve révoltante et n’ai cessé de me battre contre les bureaucrates et les politiciens qui la ressassent ad nauseam. Si la mémoire est un devoir, cela veut dire que l’oubli triomphe et que les soi-disant gardiens de la première entretiennent sciemment la panique, craignant sans doute de perdre leur raison d’être et leur gagne-pain. On agite le spectre de la tabula rasa : quand le dernier survivant aura disparu, plus rien de ce qu’on appelle désormais la Shoah ne demeurera. Comme si la guerre de 14-18 s’était abîmée dans le néant avec la mort de l’ultime poilu ! Comme si la transmission de la mémoire s’arrêtait net avec la disparition des témoins ou acteurs des événements, comme s’ils n’avaient jamais parlé à leurs enfants et petits-enfants. On peut faire aujourd’hui l’histoire de la Première Guerre mondiale, mais mémoire et histoire coexistent et se conjuguent longtemps dans la conscience des humains.
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Pourquoi il faut réapprendre à parler de la mort à nos enfants
Marie-Frédérique Bacqué, professeur de psychopathologie à l'université de Strasbourg, présidente de la Société de thanatologie
 Avec les récents à-coups provoqués par la tentative de passage au Sénat de la proposition de loi sur une "assistance médicalisée permettant une mort rapide et sans souffrance", l'urgence d'un débat autour de la mort s'est à nouveau fait sentir. L'impression d'une opposition nette entre partisans des soins palliatifs adoucissant la fin de la vie jusqu'à la mort et ceux de la mort choisie demandant une euthanasie avec une assistance médicalisée ne doit pas faire écran devant le véritable débat. Il s'agit bien du débat sur la mort. Contrairement aux animaux, qui n'ont ni rites funéraires, ni sépultures, ni culte de leurs morts, toutes les sociétés humaines procèdent depuis au moins 100 000 ans, à l'accompagnement de leurs mourants et surtout de leurs morts. Mais c'est en raison même de cette prise en charge collective, en temps de paix, de la souffrance liée à la rupture définitive du lien familial et social, que nous avons tenté de fuir notre destinée biologique.
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Une jeune femme
séquestrée pour être exorcisée
 Quatre personnes ont été mises en examen après avoir
séquestré une jeune fille pendant une semaine dans
un appartement à Grigny pour l'exorciser.
Quatre personnes, interpellées jeudi à Grigny
(Essonne) après avoir séquestré une jeune fille
pendant une semaine dans un appartement pour
l'exorciser, ont été mises en examen et placées en
détention provisoire samedi soir, a-t-on appris
dimanche auprès du parquet d'Evry. Elles sont toutes
poursuivies pour séquestration avec actes de
torture, précise la même source.
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L'indigne
"droite sociale" de Laurent Wauquiez
Consternant. Tel est le mot qui vient à l'esprit en
lisant les propositions de Laurent Wauquiez,
d'autant que ce ministre mène une action européenne
estimable. Consternante, la proposition de
n'accorder aux étrangers les droits sociaux qu'au
bout de cinq ans, alors que M. Wauquiez ne peut
ignorer que jamais le Conseil constitutionnel
n'accepterait une telle loi, lui qui rejette toute
discrimination, fût-elle "positive".
Consternantes, les propositions sur le revenu de
solidarité active (RSA). En 1988, François
Mitterrand écrit dans sa Lettre à tous les Français
pour sa campagne présidentielle : "Si je suis élu,
je mettrai en oeuvre le revenu minimum proposé par
Lionel Stoléru", et, effectivement, Michel Rocard me
propose de venir auprès de lui créer le revenu
minimum d'insertion (RMI) qui accorde, en France, le
droit à tout être humain de ne pas mourir de faim.
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On peut
souhaiter une équipe de football qui reflète la
diversité du pays
Par Hubert Lagrange
 L'idée d'instaurer des quotas pour les "jeunes
joueurs binationaux d'origine subsaharienne et
maghrébine" a suscité de vives réactions. Elle
intervient après un débat sur l'identité nationale,
au moment où la Commission de Bruxelles précise "les
conditions dans lesquelles il sera possible de
rétablir temporairement les contrôles aux frontières
nationales" et où les mouvements populistes agitent
le spectre d'un afflux d'immigrés du Sud.
L'idée de limiter le nombre de joueurs d'origine
maghrébine ou subsaharienne retourne l'argumentaire
de lutte contre les discriminations dans un sens
inhabituel. Alors qu'on ignorait les différences
héritées comme la religion reçue ou l'origine
culturelle - amalgamée avec la couleur de peau -,
les urgences de la reconnaissance de la diversité et
celles des politiques d'immigration semblent
aujourd'hui se télescoper.
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En finir avec la «laïcité ouverte»
Par JEAN BAUBEROT Historien, sociologue
 Depuis plus de vingt ans, certains militants,
intellectuels et groupements laïques affirment que
la laïcité ne souffre pas d’être accompagnée d’un
adjectif. Ils dénoncent ceux qui en utilisent comme
des sortes de traîtres à la laïcité. Dans Libération
du 23-24 avril, Henri Pena-Ruiz ravive ce conflit
par ce titre : «La laïcité ouverte est insultante».
Il affirme que le «principe de laïcité ouverte ou
positive» a été «inventé par des théoriciens au sein
de la Ligue de l’enseignement», pratiquant
allègrement l’amalgame puisque c’est Sarkozy qui
parle de «laïcité positive» ! Deux façons de
disqualifier ceux qui n’épousent pas sa conception
de la laïcité. Je voudrais proposer une piste pour
dépasser cette querelle absurde qui stérilise la
gauche, au moment où la droite dure et l’extrême
droite s’emparent du thème de la laïcité pour
masquer leurs propres desseins.
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Prison ferme
pour avoir transmis le VIH à sa compagne
 Un homme séropositif a été condamné à trois ans de
prison, dont deux ans fermes, pour avoir contaminé
sa petite amie avec le sida.
Un rapport non-protégé et de lourdes conséquences.
Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné lundi
à trois ans de prison, dont un avec sursis, un homme
qui avait contaminé sa compagne avec le VIH alors
qu'il se savait séropositif.
Cet homme de 28 ans avait rencontré en décembre 2008
une femme de 37 ans, mère d'un enfant et récemment
divorcée. Il prétendait à l'époque être "clean" et
"avoir fait des tests", selon les déclarations de la
victime.
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"Ce sera une
sorte de télé-réalité élyséenne"
Carla Bruni-Sarkozy enceinte -
 L'historien Christian Delporte analyse l'arrivée
d'un nouveau-né sur l'image de Nicolas Sarkozy, à un
an de la présidentielle.
Historien, spécialiste de la politique et des
médias, auteur d'une Histoire de la séduction en
politique (Flammarion), Christian Delporte estime
que la grossesse de Carla Bruni-Sarkozy va donner du
chef de l'État une image plus protectrice. Idéal
pour briguer un second mandat, même si l'affaire DSK
fragilise un plan de communication rodé.
Le Point.fr : La grossesse de la première dame de
France est désormais connue. Y a-t-il des précédents
dans l'histoire ?
Christian Delporte : Aux États-Unis, oui. Durant la
campagne de Kennedy, en 1960, Jackie était enceinte.
Son mari ne l'a pas dit tout de suite, mais les
journalistes s'inquiétant de l'absence de Jackie, il
leur a appris la nouvelle lui-même et a rapidement
constaté que ça marchait. Il a donc complètement
exploité l'évènement. Cherie et Tony Blair, en
Grande-Bretagne en 2000, ont, eux aussi, exploité
l'arrivée de leur "millenium baby" dans les moindres
détails, un an avant sa réélection. Et puis il y au
David et Samantha Cameron, en 2010, bien sûr. En
France, nous avons tout de même eu une sorte de
précédent : celui du président grand-père, avec
Chirac qui a exploité l'image du petit Martin, en
1996. La communication autour de son petit-fils a
été organisée pour humaniser son image, même bien
après sa naissance, pendant la cohabitation. Un
numéro de Paris Match avait même titré "L'art d'être
grand-père".
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Bébé-élection
et/ou bébé-piège à cons

Après le bébé éprouvette, le bébé médicament voici
le bébé-élection. La maîtrise du processus de
fécondité permet de programmer les naissances en
fonction de nécessités externes au processus de la
grossesse. Cette maîtrise peut servir des fins
politiques.
La dernière élection
présidentielle a été l'occasion pour les agences de
communication de tester avec succès une technique
venue des Etats-Unis le "storytelling", en bon
français la communication narrative. Le
procédé en politique consiste à introduire dans la
présentation du candidat une histoire à fort niveau
de séduction qui s'adressera, principalement pour ne
pas dire uniquement, à l'émotion et surtout pas à la
raison. Les conseillers en communication du
politicien ( les spin doctors) sont donc des
machines à fabriquer des histoires toujours
réinventées pour formater les esprits et ainsi les
détourner du débat politique au risque de vider de
sens toute consultation démocratique.
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Toutes les
religions contre le débat
sur la laïcité

Anne-Cécile Juillet
Le ton est prudent et «sans
aucun esprit polémique ou
partisan», mais le message
est clair. Les représentants
des six grandes religions de
France, réunis au sein de la
Conférence des responsables
de culte en France (CRCF),
désapprouvent la tenue du
débat sur la laïcité tel
qu’il est proposé à ce jour
par le président de l’UMP,
Jean-François Copé.
Leur déclaration commune,
qui sera publiée mercredi,
et dont Le
Parisien-Aujourd’hui en
France a eu connaissance,
constitue une première pour
le CRCF, fondé discrètement
en novembre dernier. Pour
l’heure, outre les
représentants musulmans,
seul le président de la
Fédération protestante de
France et le Grand Rabbin de
France s’étaient prononcés
publiquement sur le débat,
prenant nettement leurs
distances.
Catholiques (Mgr André
Vingt-Trois), protestants
(le pasteur Claude Baty),
orthodoxes (le métropolite
Emmanuel), juifs (le Grand
Rabbin de France Gilles
Bernheim), musulmans (le
président du CFCM, Mohammed
Moussaoui) et bouddhistes
(le révérend Olivier Wang-Genh)
appellent d’une même voix à
veiller «à ne pas dilapider
ce précieux acquis» (la
laïcité), et «pendant cette
période pré-électorale, de
bien garder sereinement le
cap en évitant amalgames et
risques de stigmatisation».
«Le débat est toujours signe
de santé et de vitalité.
(...) Mais un parti
politique, fût-il
majoritaire, est-il la bonne
instance pour le conduire
seul ?»
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C'est le
mythe du progrès et de la
sécurité qui est en train de
s'effondrer
par
Ulrich Beck, sociologue
allemand
 Parler de "société du risque
mondialisé", c'est parler
d'une époque au sein de
laquelle la face obscure du
progrès détermine de plus en
plus les controverses
sociales. Que les plus
grands dangers viennent de
nous n'a d'abord été une
évidence pour personne, et
on l'a contesté ; or c'est
un fait qui est en train de
devenir la force motrice de
la politique. Les dangers
nucléaires, le changement
climatique, la crise
financière, le 11-Septembre,
etc. Tout cela s'est produit
conformément au scénario que
je décrivais il y a
vingt-cinq ans, avant même
la catastrophe de
Tchernobyl.
A la différence des risques
industriels des époques
passées, ceux d'aujourd'hui
ne connaissent pas de
limites, qu'elles soient
géographiques, temporelles
ou sociales ; aucune des
règles en vigueur ne permet
de les imputer à quiconque,
tant en termes de causalité
que de faute ou de
responsabilité ; enfin ils
ne peuvent être ni
compensés, ni assurés. Là où
les assurances privées
renoncent à protéger – et
c'est le cas pour l'énergie
nucléaire comme pour les
nouvelles technologies
génétiques – la frontière
entre risques calculables et
dangers incalculables ne
cesse d'être franchie.
Produits par l'industrie,
ces dangers potentiels sont
en outre externalisés par
l'économie, individualisés
par le droit, légitimés par
la technologie et minimisés
par les politiques. Bref :
le système de réglementation
qui doit assurer le contrôle
"rationnel" de ces
potentiels d'autodestruction
en marche vaut ce que vaut
un frein de bicyclette sur
un jumbo-jet.
Mais ne faut-il pas
distinguer Fukushima de
Tchernobyl ? Les événements
qui se déroulent au Japon
sont en effet issus d'une
catastrophe naturelle et le
potentiel de destruction qui
y est à l'œuvre n'est pas la
conséquence d'une décision
humaine, mais d'un
tremblement de terre et d'un
tsunami.
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Cher
Todorov... Il y a
des résistances
légitimes
Par JEAN DANIEL
Editorialiste au Nouvel
Observateur

Pour mettre un bémol à
l’enthousiasme que les
révolutions du printemps
arabe ont suscité,
Tzvetan Todorov affirme
(Libération du 22 mars)
qu’il n’y a pas de
guerre juste. Je lui
signale que
l’enthousiasme a bien
davantage accompagné la
découverte d’une
nouvelle dimension dans
l’histoire des révoltes
de l’homme arabe, que le
fait de livrer une
guerre quelconque, même
contre Kadhafi. C’est en
tout cas ainsi que j’ai
réagi.
Il n’y a pas de guerre
juste ? C’est un moulin
qui n’a pas besoin
d’eau. Et j’y apporterai
même ma contribution en
citant Camus : «Dès
qu’un opprimé prend les
armes au nom de la
justice, il met un pied
dans le camp de
l’injustice.» C’est en
effet ce que l’on vient
de faire. Cela dit, s’il
n’y a pas de guerre
juste, il y a des
résistances légitimes et
des solidarités qui
s’imposent. Fallait-il
laisser Kadhafi
massacrer les jeunes
révoltés de Benghazi ?
Dès le début je me suis
dit que c’était
inconcevable.
L’intervention pourrait
faire des victimes
civiles ? C’est ce qu’on
appelle d’ordinaire des
«bavures» ou des
«dommages collatéraux».
Mais, comme d’autres, je
ne me doutais pas que la
cynique stratégie de
Kadhafi consisterait à
faire en sorte qu’elles
soient le plus
nombreuses possible.
Mais s’il fallait se
résigner à une option -
et s’il faut toujours la
maintenir ! -, il était
évidemment indispensable
qu’elle fût concertée
avec les pays arabes et
qu’elle obtînt l’accord
du Conseil de sécurité.
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Il
n’existe pas de guerre
juste
Par TZVETAN TODOROV
Historien et essayiste.
Il a notamment publié en
2008 la Peur des
barbares. Au-delà du
choc des civilisations
(Robert Laffont)
 L’intervention militaire
en Libye a suscité en
France un chœur
d’approbations. On
entend dire que la
France vient de réussir
un grand coup. Le chef
ennemi n’est plus
désigné que par des
superlatifs, il est
devenu le «dément», le
«bourreau», le «tyran
sanguinaire», quand il
n’est pas renvoyé à ses
origines de «Bédouin
rusé». Les euphémismes
sont de mise, on ne dit
pas qu’il faut tuer sans
remords, mais qu’«il
faut assumer ses
responsabilités» ; ni
qu’on essaie de diminuer
le nombre de cadavres,
mais qu’on doit procéder
«sans casse excessive».
Des comparaisons
hasardeuses justifient
l’entrée en guerre : ne
pas intervenir aurait
été répéter les erreurs
commises en Espagne en
1937, à Munich en 1938,
au Rwanda en 1994… Ceux
qui traînent les pieds
sont stigmatisés :
l’Allemagne n’a pas été
à la hauteur, l’Europe a
témoigné d’une étonnante
frilosité - à moins que
ce ne soit son
habituelle
pusillanimité. Les pays
émergents sont coupables
de ne pas vouloir courir
de risques - comme si
les va-t-en-guerre de la
capitale française en
prenaient beaucoup !
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Race, classe, football : ne pas hurler avec la meute
Par GÉRARD NOIRIEL historien, EHESS, STÉPHANE BÉAUD Sociologue, Ecole normale supérieure, auteur de "Traîtres à la nation" (La Découverte)
 Une nouvelle fois le football français est l’objet d’un «scandale» déclenché cette fois non par la grève des Bleus mais par les révélations de Mediapart sur le projet de la DTN (direction technique nationale) d’imposer des «quotas» de binationaux dans le recrutement de jeunes joueurs (13 ans) dans ses propres centres de formation. Dans un premier temps, les intéressés - le sélectionneur (Laurent Blanc) et le DTN (François Blaquart) - nient en bloc. Quand la publication le lendemain du verbatim de la réunion par Mediapart apporte la preuve des allégations du premier article, la machine médiatique s’emballe : gros titres de la presse écrite, première place dans les JT, etc. Face à ces révélations, la ministre des Sports ne tarde pas à suspendre le DTN. Laurent Blanc, jusqu’alors épargné, est mis en cause : suspecté de «racisme», il se voit contraint de s’excuser («si, pour ce qui me concerne, j’ai heurté certaines sensibilités, je m’en excuse»). Les militants de la «cause noire» en France montent ensuite au créneau, réclamant la tête de tous les participants à cette réunion de travail. Dans cette nouvelle affaire, c’est la direction du football français qui est éclaboussée, la DTN apparaissant comme le siège d’un racisme institutionnel.
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Le populisme est une réponse aux angoisses collectives
par Raffaele Simone, linguiste
 De toutes les vibrations sismiques qui secouent la démocratie, le populisme est l'une des plus inquiétantes parce qu'il annonce normalement une dérive à droite. Du reste, comme la démocratie n'est pas une forme politique immuable mais qu'elle est exposée à de continuelles torsions, on ne peut pas exclure que le moment présent corresponde précisément à l'une d'elles. En effet, que toute l'Europe, à la seule exception de l'Espagne (tant que ça durera !) et de Chypre, soit dirigée par des gouvernements de droite ne peut pas être un hasard. A chaque nouvelle élection, c'est un pas supplémentaire : les récents succès de la droite en Finlande paraissent pour l'heure compléter la série. Une bonne partie de ces majorités sont populistes. Le champion est sans aucun doute Berlusconi en Italie, du fait aussi de la durée interminable de son mandat. Mais sur les autres marches du podium on trouve également Viktor Orban en Hongrie, Sarkozy ainsi que le premier ministre néerlandais Mark Rutte. D'autres viennent s'ajouter petit à petit. Aux Etats-Unis, on observe un phénomène similaire : les opposants à Obama (de Sarah Palin à Michele Bachmann) sont des populistes "durs", même s'ils ne connaissent probablement pas ce terme. D'autres leaders d'Amérique latine suivent un chemin identique.
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La TV connectée à Internet, cauchemar des chaînes
 Un cauchemar hante l'esprit des dirigeants des grandes chaînes : la télévision connectée. Après avoir vu leurs audiences sévèrement rognées par la montée en puissance de la télévision numérique terrestre (TNT), les chaînes vont devoir affronter Internet. Dernière innovation en date, la télévision connectée, qui relie le téléviseur au Web, permet de surfer depuis son écran de télévision avec sa télécommande. Elle ouvre aussi au téléspectateur l'accès à une multitude de services interactifs et à tous les sites de téléchargement illégal. Tout le ghota de la télévision avait répondu, jeudi 28 avril, à l'invitation du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour réfléchir aux conséquences de ce nouveau phénomène. Eric Besson, ministre de l'industrie, et Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication, ont annoncé le lancement d'une mission pour évaluer les enjeux économiques, industriels mais aussi réglementaires liés à la télévision connectée.
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Les "couchsurfeurs", nouveaux routards sur canapé
 A Paris, à Londres, à Berlin, on ne compte plus le nombre de "surfeurs sur canapé". Etudiants, aventuriers, artistes, vagabonds, tous ont en commun l'envie de "vivre des expériences décisives, intenses, fréquentes et diversifiées", selon Casey Fenton, cofondateur de Couchsurfing.org, le parangon de tous les sites du genre. Avec plus de 2 millions de membres (38 % ont entre 18 et 24 ans), le site est devenu "la" référence dans cet univers, même s'il existe plus d'une cinquantaine de réseaux d'hospitalité dans le monde (femmes, cyclotouristes, policiers, écolos...). A tel point que l'on parle désormais de "couchsurfing" pour résumer le concept : l'hébergement gratuit chez des particuliers pour une ou deux nuits.
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Stress des fonctionnaires: "Le gouvernement n'a rien fait" Par Caroline Politi,
 Les syndicats s'inquiètent de la hausse du taux de suicide chez les fonctionnaires. Pour Patrick Légeron, auteur d'un rapport sur les risques psycho-sociaux, le phénomène n'est pas nouveau mais totalement sous-estimé par les pouvoirs publics. Au lendemain de la mort d'un inspecteur du travail du travail, les syndicats se sont inquiétés de la hausse des suicides chez les fonctionnaires. Or, on a l'impression que jusqu'à présent ils étaient plutôt épargnés par les risques psycho-sociaux... Les fonctionnaires sont soumis aux mêmes risques psycho-sociaux que les salariés du secteur privé. On a longtemps pensé que leur travail n'était pas aussi stressant que dans les entreprises privées. D'autant qu'ils jouissent d'une sécurité de l'emploi. Donc pendant des années, on ne s'est pas occupé de l'humain dans le management de la fonction publique. Or, le secteur public a connu ces dernières années d'importants bouleversements: on est passé d'une culture de services à une culture du résultat. Les fonctionnaires ont du intégrer un grand nombre de réformes, de nombreux services ont été réorganisés pour améliorer les performances, comme dans le secteur privé. Ces mutations ont eu d'énormes répercussions sur le travail des salariés. Beaucoup se sont plaint que la mission qu'ils avaient en tête ne correspondait plus du tout avec ce qu'ils faisaient au quotidien. Ils ne trouvaient plus de sens à leur travail, ne retrouvaient plus l'idée "mission de service publique" qui les avait souvent poussés à choisir cette voie. Tous ces changements sont des facteurs de stress très importants et aucun service de l'état n'est épargné.
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Arts : un ministre sans signature Par CATHERINE MILLET Ecrivaine, directrice de la rédaction d’«Art Press»
 En France, il y a de bons artistes, dommage qu’on les cache. Quiconque s’intéresse un peu à l’art contemporain connaît la rengaine : les institutions françaises restent frileuses dans leur soutien aux artistes qui travaillent ici ; et les étrangers sont les premiers à s’étonner que nous ne les exposions pas plus quand, eux, ne se gênent pas pour promouvoir leurs propres artistes de façon souvent agressive. Quelques éléments expliquent cette situation : la bien connue pléthore administrative et le beaucoup moins avoué complexe d’infériorité. Démonstration à travers une affaire en cours. Tous les Parisiens savent-ils qu’il existe dans les beaux quartiers de leur ville, avenue du Président-Wilson, une friche de 7 000 m2 ? Il s’agit de la partie inférieure de ce qui avait été le musée national d’Art moderne, inoccupée depuis le déménagement du musée au centre Pompidou ! (Cela en dit long déjà sur la négligence des ministères qui se sont succédé et qui en avaient la responsabilité). La partie supérieure, elle, est occupée par le Site de création contemporaine ouvert en 2002, et qui a pour vocation de faire découvrir les recherches artistiques les plus neuves.
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Les Français, comme les autres peuples, sont les descendants d'immigrés africains. Nous parlons tous l'africain
 Selon la revue "Sciences", plus un langage est parlé loin de l'Afrique, plus il est pauvre en phonèmes. © AFP À ne pas manquer Voici une étude sur le langage parue dans la revue Science : elle confirme que les Français, comme tous les autres peuples de la Terre, sont les descendants d'immigrés africains qui entamèrent leur première migration voilà seulement 60 000 ans. Après avoir étudié 504 langues actuelles, son auteur, Quentin Atkinson (université d'Aukland, Nouvelle-Zélande), a découvert que plus un langage est parlé loin d'Afrique, plus il est pauvre en phonèmes, c'est-à-dire en entités sonores distinctes. Par exemple, les langues sud-américaines et océaniennes sont les plus monotones. Une logique derrière cela : les hommes qui se sont ainsi lancés à l'assaut de nouveaux territoires appartiennent souvent à de petits groupes qui, forcément, ne peuvent emporter avec eux toute la richesse d'une langue. Bref, au fil de sa conquête du monde, l'homme a perdu des phonèmes tout comme il a perdu de sa richesse génétique. Faut-il en conclure que l'immigration africaine actuelle est une chance pour enrichir notre langue et nos chromosomes ?
Le Point - Publié le 21/04/2011
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Gilgamesh l'immortel
 Ressusciter Gilgamesh, c'était
s'en prendre aux Ecritures. Au Livre saint
des chrétiens et des juifs. Mardi 3 décembre
1872, un jeune assistant du British Museum
plonge Londres dans "une belle excitation",
écrira, quelques jours plus tard, le correspondant
du New York Times dans la capitale britannique.
Devant les membres de la Société d'archéologie
biblique, auxquels s'est mêlée une foule
huppée, George Smith, 32 ans, fait une annonce
aussi stupéfiante qu'iconoclaste. Ce qu'il
a lu, sur les fragments d'une tablette d'argile
- qui se révélera être la 11e d'une série
de 12 - exhumée quinze ans plus tôt des
ruines d'un palais du Nord irakien, n'est
rien de moins qu'un récit identique, trait
pour trait, à celui du Déluge biblique.
Un récit en forme d'épopée dont le héros,
un roi du nom de Gilgamesh, a peut-être
régné, voilà quarante-sept siècles, au coeur
du pays de Sumer. Dans la région de Bassora,
dirait-on aujourd'hui.
Oter à l'Ancien Testament le prestige de
l'antériorité n'est pas mince affaire. D'autant
que, graveur de formation - il exécute des
gravures de coupures bancaires -, George
Smith s'est initié seul aux langues de l'ancienne
Mésopotamie et à l'art difficile de l'écriture
cunéiforme. Mais, coupant court à toute
contestation, le grand orientaliste Henry
Rawlinson, qui préside la séance du 3 décembre
1872, instruit l'auditoire des qualités
du jeune homme, tout récemment embauché
par le grand musée de Londres. "Sir
Henry a engagé sa réputation et son autorité
sur la traduction de M. Smith, qu'elle soit
aussi globalement parfaite que possible",
écrit le correspondant du Times.
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La
mort du célèbre gourou indien Sai Baba
Par
Marie-France Calle le 24 avril 2011
7h54 | Lien permanent | Commentaires (18)
 Sri_Sathya_Sai_Baba.jpg"Sathya
Sai Baba n'est plus avec nous physiquement.
Il a quitté son enveloppe charnelle ce matin
à 7 heures 40 en raison d'une défaillance
cardiaque et respiratoire". C'est ainsi
qu'un responsable du grand hôpital de Puttaparthi
a annoncé la mort du plus célébre gourou
de ce siècle en Inde. Les forces de l'ordre
sont sur les dents, redoutant des débordements
: des milliers de dévots priaient depuis
plusieurs jours dans la petite ville d'Andra
Pradesh, espérant encore un miracle. Samedi,
Le Figaro a publié le portrait que j'avais
dressé de Sai Baba, le qualifiant encore
de "dieu vivant". Lire ci-dessous.
"Sai Ram ! Sai Ram ! " Ils sont
des milliers, venus de tous les horizons
; d'Inde, mais aussi du reste de l'Asie,
d'Europe, d'Afrique, d'Amérique. Leurs incantations
déchirent l'air brûlant de Puttaparthi,
petite ville de l'Andra Pradesh où se meurt
Sathya Sai Baba, leur gourou, le « dieu
vivant » le plus célèbre d'Inde. Et bien
au-delà : il aurait jusqu'à 100 millions
d'adeptes dans le monde. Ils prient pour
retarder son « départ », espèrent encore,
se lamentent. Celui que l'on nomme aussi
« Bhagwan » n'avait-il pas prédit qu'il
vivrait jusqu'à 96 ans ? Il n'en a même
pas 85 ! Mais il est hospitalisé depuis
le 28 mars pour défaillance cardiaque. Son
souffle ne tient plus qu'à quelques électrodes.
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L’assistance sexuelle n’est pas un travail
Par ROSELYNE BACHELOT-NARQUIN Ministre des
Solidarités et de la Cohésion sociale
 Comment aider les personnes
qui souffrent d’un handicap tel que toute
forme d’activité sexuelle leur est impossible
? La reconnaissance d’un droit à la sexualité,
ouvrant l’accès aux services d’«aidants
sexuels», est-elle la bonne réponse aux
situations de détresse qu’on imagine ? L’institution
de ce nouveau droit est le préalable à la
légalisation d’une profession considérée
pour son utilité sociale. Or, un tel «droit
de créance» est sans fondement.
Dans le «désir sexuel», s’exprime toujours
«un désir de reconnaissance» qui signale
notre humanité. Ce qui vaut pour tout être
humain, doté d’une conscience libre et d’un
corps désirant, vaut également pour les
personnes qui subissent un lourd handicap.
Les personnes handicapées, qui auraient
«droit» aux services d’un aidant sexuel,
verraient leur sexualité réduite à la stricte
satisfaction du besoin naturel. Elles seraient
niées comme «êtres de désir». Comment donner
un fondement légal à des pratiques qui,
d’un côté, ne sauraient relever du «soin»
sans ignorer au fond la demande d’amour
qui structure la pulsion sexuelle, et qui,
de l’autre, ne peuvent devenir «sexuelles»
sans contrarier l’éthique du soin ? De même
que le «droit à la sexualité» est une contradiction
dans les termes, la notion d’aidant sexuel
est un oxymore.
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Payer pour jouir, est-ce mal ?
Par PHILIPPE HUNEMAN Philosophe, chargé
de recherches au CNRS et à l’Institut d’histoire
et de philosophie des sciences et des techniques
(IHPST)
 La proposition de loi visant
à pénaliser les clients de prostituées,
présentée comme un effort pour protéger
les femmes, repose en réalité sur la thèse
morale suivante : il est mal de monnayer
la jouissance. Les prostituées comme leurs
clients ignoreraient cette vérité que le
pouvoir entend donc leur faire reconnaître.
Les promoteurs de la loi argumentent ainsi
: les prostituées étant des victimes de
réseaux criminels les forçant à vendre leur
corps, la pénalisation viendra donc les
protéger. Il n’y a pourtant rien là de propre
à la prostitution : beaucoup d’activités
industrielles sont exercées par des ouvriers
dans des conditions abominables, avec des
conséquences délétères sur leur santé. La
mondialisation implique qu’en achetant un
vêtement ou un jouet, souvent fabriqué en
Asie par des enfants horriblement mal payés,
je soutiens ces pratiques. De même qu’il
existe des «empreintes carbone», on pourrait
imaginer une «empreinte pénibilité» pour
mesurer l’effet du consommateur sur le ou
les producteurs du bien consommé. A cette
aune, pas sûr que le client de prostituées
s’avère plus nocif que l’acheteur avisé
de jouets Mattel. Entre la prostitution
et le commerce, la différence serait donc
purement morale. Or, si elle n’est pas nécessairement
fausse, cette position morale doit, comme
n’importe quelle autre position morale,
être discutée.
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Nuages sur
le printemps arabe
par Edgar Morin, sociologue
et philosophe
 Aujourd'hui que les nuages
s'accumulent et qu'un regel menace, il me
reste à l'esprit le salut rétrospectif d'Hegel
à 1789 : "Ce fut un splendide lever
de soleil." L'élan pour chasser leurs
despotes, irrésistible de Tunisie, puis
finalement victorieux en Egypte, la vague
de fond traversant tout le monde arabe,
y compris à Gaza, déferlant jusqu'en Chine,
ont effectué un splendide lever de soleil.
Celui-ci a déchiré, en Europe et très largement
dans le monde, bien des ténèbres mentales
vouant le monde arabe à subir, soit une
dictature policière-militaire plus ou moins
laïcisée, soit une théocratie islamique
rétrograde. Le surgissement impétueux, à
partir de la jeunesse, d'une formidable
revendication à la liberté et à la dignité,
d'une répulsion radicale à la corruption
entourant les despotes, nous a montré de
façon décisive que l'aspiration démocratique
n'était pas le monopole de l'Occident, mais
une aspiration planétaire, déjà vérifiée
en Chine, l'an 1989, avant qu'elle y fût
étouffée (et qui persiste sous la surface
de normalisation). D'où l'exclamation qui
me vint au cours d'une inoubliable réunion
pour saluer le premier élan de Tunisie et
d'Egypte : "Les Arabes sont comme nous
et nous sommes comme les Arabes", compte
tenu évidemment de toutes différences historiques
et culturelles.
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Discrimination dans le foot: Thuram dénonce
«un vrai scandale» autour d'un «faux
problème»
L'ancien footballeur français Lilian Thuram
assiste à une conférence de presse, le 19
octobre 2010 à Paris. (© AFP Fred Dufour)
 Lilian Thuram,
ex-défenseur et recordman de sélections en
équipe de France (142), a estimé que
l’affaire du quota révélée par le site
Mediapart représentait «un vrai scandale»,
et que le cas des binationaux soulevé par
Laurent Blanc était «un faux problème»,
dimanche sur la chaîne de télévision TF1.
«J’ai été d’abord un peu déstabilisé, a dit
l’ancien joueur. Je me suis dit que c’était
faux. J’ai passé des coups de fil, à Noël Le
Graët (vice-président de la Fédération
française de football) et à des membres de
la DTN. Nous n’avons pas encore des preuves,
mais il est clair que nous sommes au cœur
d’un scandale».
Concernant la question des binationaux,
considérée comme un «problème» par le
sélectionneur Laurent Blanc et le directeur
technique national (DTN) François Blaquart,
Thuram y voit «un faux problème, parce que
les meilleurs joueurs seront retenus par la
France. Ceux qui partiront seront ceux qui
n’ont pas été retenus».
«Ils jouent pour quel pays Karim Benzema,
Samir Nasri et Yann Mvila ?, a-t-il
poursuivi. Quand vous partez avec la
mauvaise analyse, à la fin vous avez
forcément les mauvaises propositions».
«Quand est-ce qu’on va sortir de ces
préjugés sur les couleurs de peau ?,
s’est-il encore interrogé. Quand est-ce
qu’on va arrêter de dire que lorsque vous
êtes Noir, vous courez plus vite ? Que
lorsque vous êtes Noir, vous êtes moins
intelligent?» François Blaquart, qui avait
prôné la limitation du nombre de joueurs
binationaux dans les filières de formation
fédérales, a été suspendu de sa fonction de
DTN samedi.
Laurent Blanc, qui s’y était dit
«favorable», selon le verbatim publié par
Mediapart, a «admis» samedi que certains de
ses propos tenus lors de cette réunion du 8
novembre 2010 «puissent prêter à équivoque»
et a déclaré que s’il a «heurté certaines
sensibilités», il s’en «excuse».
(Source AFP) |
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2012
: des primaires pour toute la gauche
Par SUSAN GEORGE Ecrivain, STÉPHANE HESSEL
Ambassadeur de France, corédacteur de la Déclaration
universelle des droits de l’homme., PIERRE
KHALFA Syndicaliste, WILLY PELLETIER Sociologue,
PATRICK VIVERET philosophe
 A près de 20%, nous appelons
à une insurrection civique contre le Front
national et ses alliés de rencontre. La situation
est extraordinaire. Le microcosme politique
suit son cours ordinaire réduit souvent, hélas,
au choc des ambitions personnelles, des carrières,
des concurrences stériles, déjà vues. Ce n’est
pas à la hauteur. Nos engagements diffèrent.
Certains votent socialistes, d’autres écologistes,
communistes, NPA. Certains dirent «oui» au
traité instituant la Communauté européenne,
d’autres «non». Certains viennent de la deuxième
gauche, d’autres s’y opposèrent. Le passé
doit être dépassé.
Le vote FN augmentera si ne sont pas traitées
ses causes : le chômage de longue durée, la
réclusion en HLM délabrées, les fins de mois
qu’on ne boucle plus, l’échec scolaire, l’impossibilité
d’échapper à une condition plus dégradée qu’hier
qui avive la guerre des pauvres contre de
plus pauvres qu’eux. Rien ne se fera sans
déplacer vers les salaires et les services
publics la richesse produite détournée vers
les profits et le privé.
Les forces de transformation écologiques,
sociales, politiques doivent, avant 2012,
prioritairement redonner espoir aux milieux
populaires. Elles ne le feront et ne feront,
par là, reculer le FN, qu’en se dépassant
toutes, grâce à un dispositif inédit. Il ne
s’agit pas de gommer les différences voire
les vraies divergences. Il s’agit de les traiter
afin qu’elles ne deviennent pas destructrices.
La situation l’exige. Nous suggérons une procédure
pour éviter à la gauche tout risque de ne
pas figurer au second tour en 2012. Il s’agirait
d’organiser après le choix de leurs candidats
et programmes par les différentes familles
socialiste, écologiste, communiste, alternatives…
une série de débats communs destinés à cerner
les objets d’accord et de désaccords. Puis
d’offrir la possibilité lors de «primaires
communes» sur le contenu des programmes, en
décembre, à tout le peuple de gauche de hiérarchiser
les propositions qui vaudraient programme
d’action sur le quinquennat. Il faudrait ensuite
choisir une procédure pour désigner un ou
une candidat(e). Mais d’abord le programme
décidé tous ensemble puis le ou la candidat(e)
qui le porte !
Il y a, en même temps, ce qui dépend de nous.
Directement. Sans déléguer. Pour faire reculer
la peur et l’isolement qui alimentent le FN,
nous allons partout en France, chaque semaine,
monter des apéros «pour vivre ensemble», des
banquets pour vivre ensemble, des barbecues
pour vivre ensemble. C’est «cucul» ? La peur
vient de l’éloignement. Quand nous sommes
au plus près, partageant soucis et craintes,
nous nous sentons vite semblables et s’évanouissent
les fantasmes. Il s’agit banalement de «prendre
un pot». Chacun de ces pots sera pour le FN,
un pot de départ. |
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Le
visage comme trace d'une vie éphémère
par Christian Delage, historien
et réalisateur
 Naguère, avant de commencer
un cours dans un établissement d'enseignement
supérieur, nous disposions, au mieux, d'une
liste des étudiants inscrits. Puis est venue,
le plus souvent grâce à la messagerie informatique,
la mise à disposition d'un trombinoscope.
En général, il s'agit de photos de format
et de style identitaires, qui permettent de
voir les visages, et ainsi de personnaliser
rapidement les étudiants, surtout quand il
leur est demandé d'occuper toujours la même
place en classe. Même sans cela, et y compris
en amphi, les étudiants s'assoient souvent
au même endroit, retrouvant ainsi la ou les
personnes à côté de qui ils ont envie de se
trouver.
L'enseignant sera alors attentif à scruter
les regards pendant le cours, soucieux de
lire les réactions que sa leçon suscite. Prennent-ils
des notes, ont-ils bien compris ce qui vient
d'être exposé, manifestent-ils l'envie de
poser une question ? "Si je croyais,
disait Michelet à ses auditeurs du collège
de France, que mes paroles risquassent de
geler en l'air et d'être reproduites ainsi,
isolées de celui pour qui vous avez quelque
bienveillance, je n'oserais plus parler."
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«Sarkozy a dérégulé la langue
présidentielle»
Par ERIC AESCHIMANN, PIERRE ENCREVE Linguiste
directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes
en sciences sociales (EHESS)
 Linguiste, ancien conseiller
de Michel Rocard, Pierre Encrevé avait noté
dans Libération, fin 2007, le recours de Nicolas
Sarkozy à la langue du show-biz. C’était quelques
mois avant le «casse-toi, pauv’con !»
En quatre ans, comment a évolué le langage
présidentiel ?
Il est le seul président de la République
française qui ait traité en public un citoyen
de «con», le seul qui ait tutoyé un manifestant
en lui proposant d’en découdre avec lui, le
seul qui ait pu avoir l’idée d’utiliser sa
première conférence de presse solennelle à
l’Elysée pour annoncer son mariage, sous une
forme particulièrement «soignée» : «Avec Carla,
c’est du sérieux !» Il voulait «faire président»
et il n’a guère donné l’impression de l’être.
Il aurait dit en Conseil des ministres : «Je
veux du gros rouge qui tache» et ce «gros
rouge» a éclaboussé son costume présidentiel
de taches indélébiles. Avait-il anticipé que
de telles atteintes à l’image présidentielle
seraient irréparables ? Dès les premiers mois,
abandonnant toute distinction linguistique,
il a bradé en quelques mots le capital garanti
par la tradition instaurée par De Gaulle,
et suivie par tous ses successeurs : une langue
de président empruntant systématiquement le
registre soutenu, inséparable du costume cravate
sombre, d’une tenue, d’un maintien corporel
constamment tendus et surveillés. Car la langue
est d’abord du corps. Et si l’on reprend les
termes de l’analyse des «deux corps du roi»
de l’historien Kantorowicz, il paraît évident
que Nicolas Sarkozy a confondu son corps «institutionnel»,
qu’il aurait dû habiter en effaçant ses particularités
personnelles, avec son corps privé.
On a donc un hyperprésident
sans langue présidentielle ?
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Le
pari de la guerre hégélienne
par Ariel Colonomos, directeur
de recherche au CNRS (Ceri)
 L'intervention en Libye,
une guerre juste ? Entraînées par les révolutions
tunisienne et égyptienne, la France et les
Etats-Unis ont franchi le Rubicon. Jamais
intervention militaire n'a-t-elle été décidée
en France avec autant de célérité, tant le
désir d'être aux premières lignes du combat
était grand. Paradoxalement, les Etats-Unis
se sont quasiment trouvés en position de suiveur,
un pays sans lequel matériellement cette intervention
aurait peu de chances d'aboutir. C'est un
fait. La justification de la guerre libyenne
pose des questions qui tranchent avec la vision
classique du juste et de l'injuste avec laquelle
nous sommes familiers. En témoignent les atermoiements
et les nombreuses questions qui continuent
d'être en suspens.
Dans les circonstances actuelles - les révolutions
contre des régimes dictatoriaux du monde arabe
- cette guerre est tout simplement avant tout
le choix de la modernité et du futur : soutenir
le mouvement hégélien des foules et arrêter
un dictateur qui décide de ne pas se plier
au "sens de l'Histoire". S'il fallait
retenir une spécificité de l'intervention
en Lybie, c'est bien celle là. De ce point
de vue, le dernier discours du Président Obama
était assez clair. Celui-ci le dit tout net
: il ne veut pas être le témoin passif d'un
dictateur qui musèle son peuple en révolte
alors qu'à ses frontières des tyrannies sont
tombées, alors qu'une histoire nouvelle est
en train de se forger, alors que, pour reprendre
ses propres termes, une nouvelle génération
de dirigeants politiques arabes est née.
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INTERVIEW de Patrick Chamoiseau, écrivain,
chargé de mission du « Grand Saint-Pierre » :
«
Nous allons tenter un élan d'imaginaire »
Recueillie par Rudy
Rabathaly France-Antilles Martinique 18.04.2011
En marge de son plan de relance,
Serge Letchimy, président de la région Martinique,
a lancé le principe de deux « zones d'attractivités
régionales » : Saint-Pierre et Trois-Ilets. Ces
opérations se dénomment : le « Grand Saint-Pierre
» et « L'embellie Trois-llets » . Patrick Chamoiseau
a été désigné comme chargé de mission pour ces deux
ensembles. Nous l'avons rencontré...
Que signifie cette notion de
« zones d'attractivités régionales » ?
Simplement qu'il existe dans ces
deux espaces des potentialités culturelles, mémorielles,
patrimoniales, architecturales et touristiques d'une
très haute intensité. L'idée consiste à les amplifier
au maximum par un projet culturel global qui se
verrait accompagné de restructurations urbaines.
Il s'agit à terme d'améliorer pour les résidents,
les visiteurs et les voyageurs le bien-être et le
bien-vivre. Un tel projet est assez colossal et
multidimensionnel.
Vous disposerez d'un budget
pour cela ?
Ce projet devrait bien entendu
bénéficier d'un investissement financier massif,
de l'ordre de ceux que l'on accorde généralement
aux grands projets européens. Car la création de
telles zones, qui se feront aussi côté Atlantique,
sans doute à Sainte-Marie ou Trinité, et à l'extrême
Sud, Marin ou Sainte-Anne, participera au rééquilibrage
culturel, économique et social de l'ensemble du
pays. Ces zones vont offrir des complémentarités
vivantes à la trop lourde centralité de Fort-de-France...
Pourquoi confier un tel projet
à un écrivain et pas à un architecte ou à un urbaniste
?
C'est là que réside toute l'originalité
et toute l'audace de cette idée. Je pense que le
président a compris qu'il fallait sans doute abandonner
l'idée de « développement » , à connotation étroitement
économiste et sociale, pour tenter un élan d'imaginaire
qui ferait de l'intention culturelle la dynamique
d'un épanouissement économique, social, urbain et
touristique... Cela revient à passer de l'idée de
« développement » à celle d'épanouissement...
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La
condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal va
être réexaminée
Depuis vingt-neuf
ans qu'il est dans le couloir de la mort,
Mumia Abu-Jamal est devenu une icône de la
lutte contre la peine de mort.AFP/CLARK KISSINGER
 La cour d'appel fédérale de
Pennsylvanie a ordonné, mardi 26 avril, que
la peine du Noir américain Mumia Abu-Jamal,
le plus célèbre condamné à mort des Etats-Unis,
soit réexaminée par un jury, sans pour autant
que sa culpabilité soit remise en question.
"L'Etat de Pennsylvanie doit organiser
de nouvelles audiences dans les cent quatre-vingts
prochains jours", ordonne la cour d'appel
dans son arrêt. Mumia Abu-Jamal, dans le couloir
de la mort depuis près de trente ans, saura
alors s'il reste condamné à mort ou si sa
peine est commuée en prison à vie sans possibilité
de sortie.
Envoyé dans le couloir de la mort en 1982
pour le meurtre d'un policier blanc qu'il
nie avoir commis, Mumia Abu-Jamal est aujourd'hui
âgé de 57 ans. Il est devenu, dans le monde
entier, une icône de la lutte contre la peine
de mort.
En 2008, cette même cour d'appel avait déjà
suspendu sa condamnation à la peine capitale.
Mais cette décision avait été très contestée
et, après trois ans de procédures, la Cour
suprême était intervenue en janvier 2011 pour
demander à la cour d'appel de revoir son jugement.
LEMONDE.FR avec AFP | 26.04.11
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par Rafik Smati, écrivain
 La
place
des femmes dans l'économie est un sujet au coeur du débat public.
Aussi, à l'occasion de la Journée Internationale des Droits de la
Femme, il parait opportun d'approfondir les enjeux liés à l'avènement
d'un "capitalisme féminin". Il n'a échappé à personne que les traders
des salles de marché étaient dans leur quasi-totalité des hommes. Dès
lors, nous pouvons nous poser la question suivante : la crise
financière que nous avons connue auraitelle eu lieu si ces mêmes
traders avaient été des femmes ? Probablement pas.
D'abord, il y a les chiffres : les femmes ne représentent que 17 % des
décideurs financiers de Grande- Bretagne et seulement 2,5 % des cadres
dirigeants des banques et des compagnies d'assurance. Plus
impressionnant encore, l'Islande, dont nous savons que l'État a
récemment été en situation de faillite, ne comptait qu'une seule femme
banquière, et qu'elle dut quitter son poste en 2006.
Des chercheurs de l'université de Cambridge, en Grande-Bretagne, sont
allés encore plus loin. Ils expliquent la désaffection des femmes pour
les métiers de la finance et les comportements irrationnels des hommes,
en se référant à la testostérone, l'hormone sexuelle masculine.
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L'intégration
culturelle va-t-elle enfin s'imposer ?
par
Gilles Verbunt, sociologue et essayiste
 Le
multiculturalisme est un échec. David Cameron vient de le déclarer dans
le sillage d'Angela Merkel qui en a fait le constat en octobre 2010.
L'Etat français triomphe : n'avons-nous pas eu raison de pratiquer une
politique d'assimilation culturelle ? Nous risquons de rester enfermés
dans l'alternative stérile et anachronique : assimilationnisme ou
multiculturalisme ? N'y aurait-il pas une voie d'intégration des
migrants plus adaptée à la société multiculturelle et moderne ?
Le multiculturalisme est une politique née dans la mouvance de la
décolonisation. Au lieu de détruire des cultures non occidentales sous
le prétexte de leur apporter le progrès, la repentance a conduit des
gouvernements occidentaux à prendre des gants pour critiquer les
cultures des autres. Le politiquement correct demandait que l'on laisse
les groupes auparavant colonisés disposer du droit au respect de leurs
cultures et communautés. Appliqués aux politiques de l'immigration, ces
bons sentiments ont conduit à la constitution de minorités mal
intégrées, insuffisamment respectueuses des us et coutumes des cultures
majoritaires et rejetées à la marge de la société globale. David
Cameron et Angela Merkel en ont tiré les conclusions que l'on connaît.
Ce multiculturalisme est en échec.
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Nationalité :
à quand la carte
d’identité à points?
Par FRANÇOIS SUREAU Avocat et écrivain
 Réintroduite par l’Assemblée nationale après avoir été écartée par le Sénat, la disposition législative ayant pour effet de permettre de retirer leur nationalité aux Français «de fraîche date», lorsqu’ils ont commis un crime contre une personne dépositaire de l’autorité publique, est une mesure grave qui demande à mon sens une analyse sans passion.
Elle est blâmable d’abord en ce qu’elle fait de la nationalité un élément susceptible de répression pénale, à l’instar de la liberté (par la prison) ou de la propriété (par l’amende). C’est un principe très ancien du droit des nations civilisées que la nationalité constitue une propriété de la personne, une caractéristique intrinsèque de son être social et politique. Il peut certes y être dérogé pour des raisons d’intérêt général, ce que le code civil prévoit pour les naturalisés en cas de terrorisme, de trahison ou de désertion. La mesure proposée franchit un pas supplémentaire en étendant cette possibilité.
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"On ne
s’improvise pas diplomate"
Un groupe de diplomates français de générations
différentes, certains actifs, d'autres à la retraite, et d'obédiences
politiques variées, a décidé de livrer son analyse critique de la
politique extérieure de la France sous Nicolas Sarkozy. En choisissant
l'anonymat, ils ont imité le groupe Surcouf émanant des milieux
militaires, dénonçant lui aussi certains choix du chef de l'Etat. Le
pseudonyme collectif qu'ils ont choisi est "Marly" – du nom du café où
ils se sont réunis la première fois. Ceci est leur premier texte public.
La manœuvre ne trompe plus personne : quand les événements sont
contrArialnts pour les mises en scène présidentielles, les corps d'Etat
sont alors désignés comme responsables.
Or, en matière diplomatique, que de contrariétés pour les autorités
politiques ! A l'encontre des annonces claironnées depuis trois ans,
l'Europe est impuissante, l'Afrique nous échappe, la Méditerranée nous
boude, la Chine nous a domptés et Washington nous ignore ! Dans le même
temps, nos avions Rafale et notre industrie nucléaire, loin des
triomphes annoncés, restent sur l'étagère. Plus grave, la voix de la
France a disparu dans le monde. Notre suivisme à l'égard des Etats-Unis
déroute beaucoup de nos partenaires.
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suite
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Ces précieux
sans-papiers

Le 10
février, le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi sur
l'immigration - il doit revenir en deuxième lecture à l'Assemblée
nationale le 8 mars. Officiellement, il s'agit de lutter contre
l'immigration clandestine en facilitant l'expulsion des sans-papiers.
C'est un discours politique porteur quand on sait que 54 % des Français
estiment que les pouvoirs publics ne luttent pas efficacement contre ce
problème. Mais il est difficile de croire que cette politique vise
réellement à son élimination.
Tout d'abord, aucune loi n'a jamais empêché des sans-papiers de
franchir nos frontières.
En 2005, on estimait le flot annuel de migrants clandestins à 800 000
vers l'Union européenne et à 350 000 vers les Etats-Unis.
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suite
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 La lecture des deux pages Débats consacrées par
Le Monde daté 25 décembre 2010 aux "valeurs chrétiennes" est très
éclairante. Les différents points de vue, ainsi que l'analyse titrée –
avec un sens audacieux du raccourci et un soupçon de grandiloquence – "Benoît
XVI, de la descente aux enfers à la rédemption", donnent à
réfléchir sur la situation actuelle du catholicisme. L'ampleur et la
diversité des questions soulevées empêchent que l'on y réponde dans le
détail. En revanche, il me paraît utile de relever quelques mots ou
phrases, dans deux des textes – ceux d'Antoine Guggenheim et de Nicolas Baumard – ainsi que dans l'analyse de Stéphanie Le Bars.
Etant entendu que les questions de sémantique ne sont jamais seulement
des questions de sémantique, que les manières de s'exprimer ne peuvent
être étrangères à ce que l'on cherche à exprimer.
"Reste
aux (…) catholiques à sortir de leur dépression pour inventer une
nouvelle communicabilité de la foi qui la rende perceptible dans le
monde", explique Antoine Guggenheim. S'agit-il vraiment de
cela ? Tous les jours, à chaque instant, le monde court
fébrilement après ces "nouvelles communicabilités". Des
experts sont nommés, dans les entreprises, les institutions, les
ministères, pour les mettre au point. Une parole, pour être entendue et
devenir efficace, doit se faire message : ni trop long, ni trop
subtil. A l'heure où "la compétition pour l'image est devenue le
ressort de l'action publique" affirme Marcel Gauchet dans le Journal
du Dimanche du 2 janvier, la tâche prioritaire de l'Eglise du
Christ est-elle vraiment de se rendre "perceptible" – autant dire
acceptable, recevable ? Assurément non.
Lire la suite
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L'astrologie s'emmêle les signes

Vous vous pensiez balance,
vous êtes scorpion. La faute à l'interaction gravitationnelle des
astres qui a provoqué un mois de décalage dans l'alignement des
étoiles. Et Madame Soleil n'avait rien vu venir.
En 3.000 ans, les mouvements célestes ont modifié la position relative
du Soleil, de la Terre et des constellations. (AFP) En 3.000 ans, les
mouvements célestes ont modifié la position relative du Soleil, de la
Terre et des constellations. (AFP)
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La lecture des deux pages Débats consacrées par
Le Monde daté 25 décembre 2010 aux "valeurs chrétiennes" est très
éclairante. Les différents points de vue, ainsi que l'analyse titrée –
avec un sens audacieux du raccourci et un soupçon de grandiloquence – "Benoît
XVI,
de
la
descente aux enfers à la rédemption", donnent à
réfléchir sur la situation actuelle du catholicisme. L'ampleur et la
diversité des questions soulevées empêchent que l'on y réponde dans le
détail. En revanche, il me paraît utile de relever quelques mots ou
phrases, dans deux des textes – ceux d'Antoine Guggenheim et de Nicolas Baumard – ainsi que dans l'analyse de Stéphanie Le Bars.
Etant entendu que les questions de sémantique ne sont jamais seulement
des questions de sémantique, que les manières de s'exprimer ne peuvent
être étrangères à ce que l'on cherche à exprimer.
"Reste
aux
(…)
catholiques
à sortir de leur dépression pour inventer une
nouvelle communicabilité de la foi qui la rende perceptible dans le
monde", explique Antoine Guggenheim. S'agit-il vraiment de
cela ? Tous les jours, à chaque instant, le monde court
fébrilement après ces "nouvelles communicabilités". Des
experts sont nommés, dans les entreprises, les institutions, les
ministères, pour les mettre au point. Une parole, pour être entendue et
devenir efficace, doit se faire message : ni trop long, ni trop
subtil. A l'heure où "la compétition pour l'image est devenue le
ressort de l'action publique" affirme Marcel Gauchet dans le Journal
du
Dimanche du 2 janvier, la tâche prioritaire de l'Eglise du
Christ est-elle vraiment de se rendre "perceptible" – autant dire
acceptable, recevable ? Assurément non.
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Téléphonie
mobile
Le téléphone
portable expliqué aux parents
 Alors
que
97%
des 15-17 ans sont équipés d'un téléphone mobile, l'Afom lance
un guide téléchargeable gratuitement, à l'usage des parents, pour
adapter leur éducation aux outils technologiques actuels.
L'Association française des opérateurs mobiles (Afom) lance lundi 8
novembre une nouvelle édition de son guide intitulé "Votre adolescent
et le téléphone mobile" conçu, à l'usage des parents, comme un outil de
dialogue avec leurs enfants.
Ce guide pratique réalisé en partenariat avec l'Union nationale des
associations familiales (Unaf) et avec l'appui du secrétariat d'Etat
chargé de la Famille et de la Solidarité est un "concentré
d'informations, de conseils, d'exemples de bonnes pratiques et de
chiffres-clés", explique l'Afom.
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Police partout,
sécurité nulle part !
 Un clic, un flic.
Ainsi pourrait-on résumer le nouveau dossier de la bien nommée revue
Ravages, qui s'intéresse aux brimades que les nouvelles brigades
biométriques font à notre intimité physique ou numérique. Une
publication trimestrielle qui enquête, dans son quatrième numéro, sur
les atteintes cybernétiques à l'exercice de notre liberté civique.
Caméra de surveillance au-dessus des trottoirs du métro, patrouilles
militaires dans les gares, scanners corporels dans les aéroports...
nous ne serions pas seulement entrés dans une société conformiste, dans
un siècle policé, mais également dans un capitalisme policier.
Psychanalyste, Gérard Wajcman voit dans cette tyrannie de la
transparence l'avènement de ce qu'il appelle "l'oeil absolu". Car la
vidéosurveillance généralisée n'est pas seulement une menace pour notre
vie privée. Elle nous fait entrer dans une nouvelle civilisation. Non
pas celle de l'image, mais celle du regard qui suppose que "tout le
réel est visible", explique-t-il. En un mot, aujourd'hui, il faut voir
pour croire. Voir à la télévision un événement pour y croire vraiment.
Voir les neurones grâce à la plus puissante machine IRM jamais
construite en France - sous le nom de Neuropsin - afin d'explorer les
arcanes de nos pensées, cartographier notre cerveau, mais aussi
répertorier les sujets "schizo", dépister les troubles de conduites
infantiles ou les futurs délinquants.
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L’islamophobie est à la
source du nouveau populisme de droite
Par Enzo Traverso, philosophe

«Les mutations connues par l’extrême droite en ce début du XXIe siècle
- en gros, depuis la chute du mur de Berlin - bouleversent nos
catégories analytiques traditionnelles, souvent inadaptées face à un
phénomène nouveau. Le premier lieu commun à réviser est celui qui
identifie l’extrême droite au fascisme. Ce dernier en fut la matrice
partagée pendant des décennies - au moins jusqu’à la fin des années
1980 -, mais cela est beaucoup moins évident aujourd’hui. Il reste une
référence incontestable pour plusieurs mouvements nationalistes apparus
en Europe centrale et orientale après la dissolution de l’Empire
soviétique. Renouant avec une histoire interrompue en 1945, ils prônent
un anticommunisme radical hérité des nationalismes d’avant-guerre et
alimenté par quatre décennies de socialisme réel. Tantôt ils
revendiquent une filiation à l’égard des dictatures des années 1930,
comme Jobbik en Hongrie, qui reprend l’héritage des Croix-Fléchées et
cultive la mémoire du maréchal Horthy ; tantôt ils exhument une
ancienne mythologie revancharde et expansionniste, comme le Parti de la
grande Roumanie ou le Parti croate du droit (HSP), continuateur du
mouvement oustachi d’Ante Pavelic.
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Mon grand-père breton : un quasi « Africain sahélien »
! Le patriarcat sévit aussi hors des quartiers
par
Véronique
LE
GOAZIOU
 La mondialisation a produit ces dernières décennies un «
backlash politique » et une « involution morale » lit-on en ouverture du dernier ouvrage de Hugues Lagrange.
Ces deux phénomènes se déclinent, au Nord, par la montée des
nationalismes, la fermeture des frontières, le développement d’une
idéologie sécuritaire et le reflux de la liberté ; au Sud, par une «
retraditionalisation des moeurs » dans l’arc arabo-musulman et, plus
largement, dans les pays d’origine des migrants (Afrique, Asie). Dès
lors, au Nord, une moindre volonté ou compétence d’accueil et de
socialisation des migrants du Sud ; et, au Sud, une moindre volonté ou
compétence à s’intégrer dans les pays du Nord.
Telle serait la toile de fond de « la nouvelle question sociale » qui
permettrait en particulier d’expliquer les « dérives persistantes »
(émeutes, délinquance, échec scolaire…) qui affectent certains
quartiers populaires en France. Cette « nouvelle question », l’auteur
en présente, suivant les pages et l’enjeu de sa démonstration, deux
versions. A) une version modeste : audelà des conditions économiques et
sociales, les dites dérives proviendraient d’un excès d’autorité à
l’intérieur de certaines familles et d’un déficit d’autonomie des
femmes et des adolescents. B) Une version plus ambitieuse : ce n’est
pas la « désaffiliation sociale » qui ferait problème dans les
quartiers, ou pas seulement, mais des formes de « suraffiliation » à
des liens locaux et à des emprises familiales. En clair, au-delà du
social, il y aurait aussi du « culturel ».
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La censure, au service de qui ?
 Notre société idéalise les jeunes. Ils seraient tous
beaux, joyeux, énergiques, innocents. Nous créons cette illusion pour
tenter de préserver égoïstement l'enfant qui est en nous. La valeur
"jeune" justifie tous nos caprices, notre incapacité à penser les
conséquences long terme de nos actes, notre cécité aux problèmes de la
planète. Nous ne pensons plus comme des parents mais comme de jeunes
enfants par pur égocentrisme.
Nos jeunes en sont les premières victimes. A eux la dette publique, le
système de retraite chancelant à financer, l'équilibre naturel
détraqué. Non seulement nous ne pensons pas à eux mais nous prenons
bien soin de les tenir éloignés des débats et désinformés des enjeux.
Ils auront comme seul héritage naïveté et dette sans bornes. Oppressés
par la perfection de ce que nous projetons sur eux, ils n'ont plus le
temps d'être enfants, de faire leur apprentissage, des erreurs, d'en
tirer les leçons. A aucun moment nous ne les accompagnons, avertissons,
guidons.
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Le déclin programmé de Facebook
Par HERVÉ FISCHER Président de la
Fédération internationale des associations de multimédia
Qui oserait nier
aujourd’hui l’importance des médias sociaux. Ils nous apparaissent
comme des incontournables, que la contamination virale nourrit sans
cesse. Nous courons entre MySpace, YouTube, Facebook, Classmates,
Twitter, etc. anxieux d’être présents partout. Le fondateur de Linkedln
(70 millions d’usagers), Reid Hoffman, a pu affirmer que «MySpace c’est
le bar, Facebook c’est le barbecue au fond du jardin, et Linkeldln
c’est le bureau». Ces médias sociaux se sont multipliés : Flickr,
Myheritage, Trombi, Last.fm, Plexo aux Etats-Unis, Viadeo en France,
Xing en Allemagne, Jobssip en Espagne, Renren Xiaonei en Chine (une
imitation de Facebook qui se traduit ainsi «les gens sur le campus»),
et même en Afrique, sur téléphone mobile : iYam.mobi, lancé par Fritz
Ekwoge.
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| Gazan Youth's
manifesto for change
Lire
la
traduction
Fuck Hamas. Fuck Israel.
Fuck Fatah. Fuck UN. Fuck UNWRA. Fuck USA! We, the youth in Gaza, are
so fed up with Israel, Hamas, the occupation, the violations of human
rights and the indifference of the international community! We want to
scream and break this wall of silence, injustice and indifference like
the Israeli F16’s breaking the wall of sound; scream with all the power
in our souls in order to release this immense frustration that consumes
us because of this fucking situation we live in; we are like lice
between two nails living a nightmare inside a nightmare, no room for
hope, no space for freedom. We are sick of being caught in this
political struggle; sick of coal dark nights with airplanes circling
above our homes; sick of innocent farmers getting shot in the buffer
zone because they are taking care of their lands; sick of bearded guys
walking around with their guns abusing their power, beating up or
incarcerating young people demonstrating for what they believe in; sick
of the wall of shame that separates us from the rest of our country and
keeps us imprisoned in a stamp-sized piece of land; sick of being
portrayed as terrorists, homemade fanatics with explosives in our
pockets and evil in our eyes; sick of the indifference we meet from the
international community, the so-called experts in expressing concerns
and drafting resolutions but cowards in enforcing anything they agree
on; we are sick and tired of living a shitty life, being kept in jail
by Israel, beaten up by Hamas and completely ignored by the rest of the
world.
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Non, le peuple
n’est pas une masse brutale et ignorante
Par JACQUES RANCIÈRE Philosophe
Le mot «populisme» a beaucoup servi ces derniers mois.
Il a été prononcé à propos des attaques contre l’islam de Marine Le
Pen, de la dénonciation des élites de Jean-Luc Mélenchon, de la
transformation des Roms en boucs émissaires par Nicolas Sarkozy… De
quoi est donc fait ce populisme qui frappe les démocraties occidentales
? Libération a sollicité trois philosophes: Jacques Rancière (lire
ci-dessous) qui critique la notion même de populisme. Enzo Traverso qui
s’inquiète de la montée de l’islamophobie et Bernard Stiegler qui
analyse le «populisme industriel» né du passage de la démocratie de
l’écrit à la société de l’image analogique.
«Il ne se passe pas de jour où l’on n’entende dénoncer les risques du
populisme. Il n’est pas pour autant facile de saisir ce que le mot
désigne. Qu’est-ce qu’un populiste ? A travers tous les flottements du
mot, le discours dominant semble le caractériser par trois traits
essentiels : un style d’interlocution qui s’adresse directement au
peuple par-delà ses représentants et ses notables ; l’affirmation que
gouvernements et élites dirigeantes se soucient de leurs propres
intérêts plus que de la chose publique ; une rhétorique identitaire qui
exprime la crainte et le rejet des étrangers.
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L’islamophobie est à la
source du nouveau populisme de droite
Par Enzo Traverso, philosophe
 Le mot «populisme» a beaucoup
servi ces derniers mois. Il a été prononcé à propos des attaques contre
l’islam de Marine Le Pen, de la dénonciation des élites de Jean-Luc
Mélenchon, de la transformation des Roms en boucs émissaires par
Nicolas Sarkozy… De quoi est donc fait ce populisme qui frappe les
démocraties occidentales ? Libération a sollicité trois philosophes:
Jacques Rancière qui critique la notion même de populisme. Enzo
Traverso (lire ci-dessous) qui s’inquiète de la montée de
l’islamophobie et Bernard Stiegler qui analyse le «populisme
industriel» né du passage de la démocratie de l’écrit à la société de
l’image analogique.
«Les mutations connues par l’extrême droite en ce début du XXIe siècle
- en gros, depuis la chute du mur de Berlin - bouleversent nos
catégories analytiques traditionnelles, souvent inadaptées face à un
phénomène nouveau. Le premier lieu commun à réviser est celui qui
identifie l’extrême droite au fascisme. Ce dernier en fut la matrice
partagée pendant des décennies - au moins jusqu’à la fin des années
1980 -, mais cela est beaucoup moins évident aujourd’hui. Il reste une
référence incontestable pour plusieurs mouvements nationalistes apparus
en Europe centrale et orientale après la dissolution de l’Empire
soviétique. Renouant avec une histoire interrompue en 1945, ils prônent
un anticommunisme radical hérité des nationalismes d’avant-guerre et
alimenté par quatre décennies de socialisme réel. Tantôt ils
revendiquent une filiation à l’égard des dictatures des années 1930,
comme Jobbik en Hongrie, qui reprend l’héritage des Croix-Fléchées et
cultive la mémoire du maréchal Horthy ; tantôt ils exhument une
ancienne mythologie revancharde et expansionniste, comme le Parti de la
grande Roumanie ou le Parti croate du droit (HSP), continuateur du
mouvement oustachi d’Ante Pavelic.
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Les médias analogiques
ont engendré un nouveau populisme
Par BERNARD STIEGLER philosophe
 «Le populisme est un penchant
constitutif de la démocratie. Seule une critique constante de la
démocratie par elle-même peut le contenir. Lorsque la démocratie perd
cette capacité à se critiquer elle-même, elle file un très mauvais
coton où elle se décompose, qui la dénature, et qui tient à sa
fragilité essentielle. C’est pourquoi les adversaires de la démocratie
posent que le populisme, loin de dénaturer la démocratie, en révèle la
véritable nature. Ainsi de Socrate et de Platon.
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| En finir avec
le triomphe du nihilisme et du pessimisme droitier
par
Pierre-Louis Basse, journaliste et écrivain
 Les champions de la fin de
l'histoire pourraient être beaux joueurs : le mur atroce effondré
depuis plus de vingt ans - et avec lui le communisme -, il serait
peut-être grand temps d'admettre que le grand marché nous a floués.
Privé d'ennemi, tranquille, le capitalisme s'imaginait fumant la pipe
pour mille ans. Las, il n'aura créé qu'un immense hangar où règnent
l'ennui, une prolétarisation mondialisée, l'avidité et l'uniformité des
âmes. Il suffit d'avoir le nez au vent pour apercevoir le désastre. La
destruction et le mépris.
L'utopie de la transgression nous manque. C'est bien connu : l'open
space rend fou. Nous manque, oui, cette chose qui a partie liée avec la
générosité. Parfois même, un rien nous ferait faire nos bagages.
Berlin, la Grèce, l'Afrique, pour n'en plus revenir ? Et cette brutale
envie de mourir qui nous prend parfois. Tant nous sommes déçus de
devoir supporter chaque jour sur nos écrans ces visages déformés par la
haine et le rejet de l'autre. Des damnés, encensés par le spectacle.
Nous comptons sur les doigts de la main de Django Reinhardt - le
guitariste manouche avait perdu deux doigts dans l'incendie de sa
roulotte - quelques hommes d'honneur, qui ont su prendre date avec la
nation. Ils existent. Plus que jamais, il faut les entendre.
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| Le moralisme est inutile face au populisme
par Marc
Weitzmann, écrivain
 Dans Le Monde du 27
décembre 2010, André Glucksmann écrit : "La campagne présidentielle
commence mal." Révolté par ce qu'il nomme "la diabolisation des
roulottes et des mosquées" - l'offensive anti-Roms de l'été 2010, les
récentes déclarations de Marine Le Pen contre "l'Occupation" musulmane,
et la plus récente encore Journée internationale contre l'immigration
-, le philosophe dénonce d'un côté une "droite républicaine" tentée par
la "capitulation" face aux "fixettes de l'ultra-droite", et de l'autre
une "gauche démocratique" en coma intellectuel n'agitant le spectre du
fascisme que pour mieux en "tirer les marrons du feu".
"Pauvre France, triste Europe", conclut-il. En d'autres termes, sans
morale, point de victoire, sans dignité, point de politique. On
reconnaît là les prémices de tout engagement chez l'intellectuel. Quel
qu'il soit, c'est toujours, en fin de compte, au nom d'une noble
conception de la politique qu'il prend la plume.
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"Cessons de
diaboliser roulottes et mosquées"
Le philosophe André Glucksmann en 2008.
 Au sortir de la guerre froide,
un officiel soviétique fit mine de plaindre ses vainqueurs : "Vous
venez de perdre votre Adversaire Absolu, vous voilà bien embarrassés !"
Comme si gouvernants et diplomates ne couraient depuis toujours
plusieurs lièvres à la fois. Certes, pour être totales, les
mobilisations totalitaires s'assignent une cible exclusive –
l'impérialisme américain, le judéo-bolchévisme, le sionisme, les
infidèles ou tout autre "Ennemi" supposé héréditaire.
En revanche, les mouvements démocratiques échappent à la contrainte de
l'idée unique. Entre 1945 et 1989, un Occidental s'autorisait à
contester simultanément les dictateurs communistes, les guerres
coloniales, la corruption des privilégiés, le machisme des
conservateurs, et cætera. Vingt ans après, il semble que le diagnostic
soviétique l'emporte et que nous partions en quête du bouc émissaire un
et indivisible.
La campagne présidentielle commence mal. En été 2010, l'Elysée ouvrit
le ban par une offensive anti-Roms, expédiant gendarmes et bulldozers
démolir les cahutes des bidonvilles improvisés, tandis que les caméras
des télévisions s'attardaient sur les poupées écrasées, les frigidaires
éventrés, la résignation triste et digne des plus démunis d'entre les
démunis. Quinze mille Tziganes, nomadisant sur le sol français,
mettaient la République en danger ! S'engouffrant dans la brèche
morale, l'ultradroite plébiscite un enjeu décisif pour la nation :
"l'occupation" de deux tronçons de rue à Paris à l'heure des prières
coraniques du vendredi. Les musulmans arguent d'un manque (avéré) de
lieux de culte clos.
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Exécuté pour un cheveu
qui
n'était pas le sien

Des tests ADN ont prouvé que l'unique élément sur lequel Claude Jones a
été condamné et exécuté appartenait à la victime du braquage qu'il
commettait.
Un cheveu relance la
polémique sur le risque d'erreurs dans les affaires de peine capitale
aux Etats-Unis. Des tests ADN ont prouvé jeudi que le cheveu, unique
élément sur lequel un Américain a été condamné en 1990 et exécuté en
2000, n'était pas le sien mais celui de la victime. Cette découverte ne
peut innocenter à elle seule Claude Jones, tué par injection létale, en
décembre 2000, pour avoir abattu le propriétaire du magasin qu'il
braquait avec deux complices. Ce cheveu n'exclut pas sa présence sur le
lieu du crime. Mais il montre que Claude Jones, 60 ans au moment de son
exécution, a été condamné à la peine capitale sur une preuve
fallacieuse.
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Le
référendum citoyen ne doit pas rester une idée
Par CÉCILE DUFLOT Secrétaire nationale des Verts, YVES COCHET Député
écologiste, NOËL MAMÈRE Député écologiste, ANNY POURSINOFF Député
écologiste, FRANÇOIS DE RUGY Député écologiste, PIERRE LARROUTUROU
Conseiller régional d’Ile-de-France (Europe Ecologie)
 La réforme
constitutionnelle de 2008 instaurait une nouvelle voie d’initiative
législative, conjointe à un cinquième des membres du Parlement et à un
dixième des électeurs. L’initiative est timide : elle ne permet que la
mise à l’ordre du jour parlementaire d’une proposition de loi. Un
référendum n’interviendrait que si les assemblées n’avaient pas
examiné, dans un certain délai, la proposition considérée. Dans la
réforme, le peuple n’est donc appelé qu’à soutenir une initiative
parlementaire. Nous sommes loin du référendum d’initiative populaire
que nous avons toujours défendu. Il n’empêche que, même partiel, même
timide, ce nouveau droit est censé exister et que toute occasion
d’intégrer les citoyens au processus d’élaboration de la loi doit être
saisie.
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Roman
masculin
et
dislocation
sentimentale
Par
DIDIER LAPEYRONNIE Sociologue, professeur à
Paris-Sorbonne
 Nombre de romans
français publiés cet automne établissent un diagnostic étonnamment
convergent et noir de notre époque. Ils décrivent une société
néolibérale marquée par la rupture entre l’univers objectif de
l’argent, des marchés et des langages, où tout se compte, et l’univers
subjectif, personnel et pratique des objets, des idéaux et des
sentiments. La possibilité même de la conviction politique et de
l’engagement personnel en est détruite, réduisant les individus à la
dépression et à la désolation, à une impuissance collective et
personnelle.
Romans masculins, ils mettent en scène la détresse des hommes
confrontés à leurs incapacités et à l’effondrement de l’amour, non dans
leur désir d’aimer, mais dans le refus des femmes d’être aimées.
L’argent et le cynisme, les arrivistes et les brutes dominent.
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L’invention de l’«islamophobie»
Par PASCAL BRUCKNER Ecrivain
Forgé par
les intégristes iraniens à la fin des années 70 pour contrer les
féministes américaines, le terme d’«islamophobie», calqué sur celui de
xénophobie, a pour but de faire de l’islam un objet intouchable sous
peine d’être accusé de racisme. Cette création, digne des propagandes
totalitaires, entretient une confusion délibérée entre une religion,
système de piété spécifique, et les fidèles de toutes origines qui y
adhèrent. Or une confession n’est pas une race, pas plus que ne l’est
une idéologie séculière : l’islam, comme le christianisme, est révéré
par des Arabes, des Africains, des Asiatiques, des Européens, de même
que des hommes de tous pays sont ou ont été marxistes, libéraux,
anarchistes. Jusqu’à preuve du contraire, on a le droit, dans un régime
démocratique, de juger les religions mensongères et rétrogrades et de
ne pas les aimer. Se méfier de l’islam comme on a pu en d’autres temps
se méfier du catholicisme, juger inquiétant son prosélytisme agressif,
sa prétention à la vérité unique, son penchant sacrificiel, c’est
manifester un sentiment qu’on estimera légitime ou absurde, ce n’est
pas faire preuve de racisme.
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Je fais mes valises
Par AIAT
FAYEZ Ecrivain
 Je fais mes valises. Je range mes affaires. Je débarrasse
ce qui ne servira à rien. Je vends ce qui peut se vendre. J’emporte le
minimum, qui est déjà de trop. J’aurai quatre valises en tout et pour
tout. Ma vie se résume à quatre valises. A 31 ans. Dix ans après avoir
foulé le sol français pour faire des études de philosophie. Le thésard
abdique. Il n’a pas le temps de terminer sa thèse. Des aléas ont
assiégé ses projets. Des aléas presque subjectifs. Des aléas que le
thésard perçoit, que je perçois (pourquoi me cacher ? Par peur de qui
maintenant que je suis derrière l’ordinateur ?) un peu partout autour
de moi. Il y a d’abord le sentiment que l’opinion publique se durcit
jour après jour. Puis il y a la constatation que les gens dans la rue
me regardent autrement. Est-ce que j’ai changé pour qu’on me regarde
ainsi ? Est-ce que j’ai physiquement changé ? Un accident m’a peut-être
défiguré ? Une tentative de suicide a peut-être écrabouillé une partie
de ma tête ? Qu’est-ce qui a changé sur mon visage pour qu’on m’observe
de cette manière dans le métro, au supermarché, en librairie ? Pourquoi
personne ne me regardait comme cela il y a dix ans ? Je pouvais
m’asseoir sur un banc et fumer tranquillement une cigarette devant les
passants. Je pouvais garder mon anonymat et descendre les Grands
Boulevards dans l’air du printemps sans penser à rien. Mais tout a
changé. Aujourd’hui, il y a trop d’yeux pour me toiser, trop de mépris
pour pouvoir continuer à vivre ici. Ce sont cela, les aléas. S’il
fallait choisir un terme, je dirais que c’est une atmosphère. Une
pression que ressent l’étranger. Il ne la voit pas, il ne la touche
pas, pourtant elle est partout. Il la ressent, il en fait les frais
tous les jours. Au fond, ce n’est pas la pression qui est insoutenable,
mais le fait qu’elle soit invisible.
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Centres
d’injection : «Rouvrez le débat, M. Fillon»
Par OLIVIER BERNARD président de Médecins du monde, BRUNO SPIRE
président d’Aides
Monsieur
le
Premier ministre,
Vous
avez
arbitré
en défaveur de vos ministres de la Santé et de la Famille
et contre les centres d’injection supervisés. Vous l’avez fait sur la
base d’une note de la Mission interministérielle de lutte contre la
drogue et la toxicomanie (Mildt) selon laquelle «la mise en place de
centres d’injection supervisés de drogue en France n’est ni utile ni
souhaitable», peu visible mais très préoccupante chez les usagers de
drogues. Au vu des enjeux, permettez-nous de discuter cet avis et votre
décision.
La position de la Mildt se résume en trois points :
Lire
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Et si la pandémie de
grippe était une maladie post-coloniale
Par FRÉDÉRIC KECK Chercheur en
anthropologie sociale au CNRS
 Nous commençons
seulement à prendre conscience du fait que notre imaginaire politique a
été profondément marqué par l’aventure coloniale des deux derniers
siècles. Longue est la liste de ce que nous recevons de ce cadre sans y
penser : du Banania du matin à la lecture de Tintin au Congo en passant
par le sentiment même d’être «Blanc» ou «Noir». C’est là un des
intérêts des «études post-coloniales» : non pas dire que nous en
aurions fini avec la colonisation, mais que le moment est venu d’en
faire le bilan pour mieux éclairer les phénomènes contemporains.
Prenons un exemple récent : la pandémie de grippe de 2009. Voilà un
événement qui frappe par son caractère résolument contemporain : une
alerte des autorités sanitaires internationales sur un nouveau virus de
grippe au Mexique est relayée par un emballement médiatique, une
concurrence acharnée entre les industries pharmaceutiques, des
politiques de vaccination différemment orchestrées par les
gouvernements. Et finalement le sentiment d’un phénomène irrationnel,
aussi vite passé que venu. Pourtant, un détour par l’histoire de la
colonisation permet de comprendre qu’une telle alerte s’inscrit dans
une rationalité plus longue.
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la
suite
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Faut-il
être
noir pour s'offusquer des propos de Jean-Paul Guerlain ?
Pendant
l'édition
de
13 heures du journal télévisé de France 2 du 15 octobre,
Jean-Paul Guerlain a tenu des propos qui ont suscité l'indignation
d'une partie importante de la population : "Pour une fois, je me suis
mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont
toujours tellement travaillé, mais enfin..."
Ayant pris acte du communiqué tardif de la société Guerlain,
"condamnant avec énergie" ces propos (18 octobre), un collectif
d'associations - Boycottez Guerlain, Les Indivisibles, Pluricitoyen,
etc. - lui a demandé d'en tirer les conséquences dans ses relations
contractuelles avec l'intéressé et a appelé à une action de boycott.
A l'opposé de cette démarche, de nombreux internautes, sur les blogs ou
les réseaux sociaux, continuent à défendre Jean-Paul Guerlain,
dénonçant le "politiquement correct" qui inhiberait l'expression libre.
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Foot : la
puissance d’une peste émotionnelle

Par
MARC PERELMAN Professeur en esthétique philosophique et architecturale
Loin des grotesques manifestations d’accablement
«populaire» et des scènes burlesques de désolation de supporters
floués, redoublées par les hommes et les femmes d’Etat multipliant les
palinodies et les menaces, mais tout aussi éloignés du deuil national
obligatoire avec sa cérémonie des adieux à forts épanchements lacrymaux
suivie des rodomontades de circonstance puis des admonestations
directes, nous étions de nombreux Français à nous satisfaire du rapide
retour des Bleus à la maison.
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Les disparités
géographiques du divorce
 Un préjugé bien ancré veut que l'on divorce plus à Paris
qu'en province. Épuisés par un rythme de vie trépidant, les couples
parisiens ne résisteraient pas au sempiternel métro-boulot-dodo de la
capitale. Tandis qu'une province plus traditionnelle, plus calme et
parfois plus ensoleillée serait épargnée par le tsunami du divorce.
Pourtant, qui n'a pas des cousins de Montpellier, une nièce de Toulouse
ou un vieil ami de Strasbourg dont il apprend la séparation?
Selon des
chiffres établis par l'Institut national d'études démographiques (Ined)
que révèle Le Figaro, si Paris reste en tête et de loin des
statistiques de divorce, la capitale est aujourd'hui suivie de près par
de nombreux autres départements, dont ceux de la région Provence-
Alpes-Côte d'Azur et Rhône-Alpes (voir carte). L'étude réalisée par
France Prioux et Magali Mazuy, chercheuses à l'Ined montre que le degré
d'urbanisation n'est plus le seul critère. Certes, la procédure de
divorce par consentement mutuel est plus importante dans les grandes
villes, où ce phénomène est entré depuis plus longtemps dans les mœurs,
mais elle progresse. Un rapport du ministère de la Justice établit que
le tribunal de grande instance de Paris occupe une place à part en ce
qui concerne le volume des affaires traitées et qu'il est l'un des deux
TGI où le taux de divorce par consentement mutuel dépasse 75%, et l'un
des cinq où il dépasse 70%.
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Michel Onfray, dévot de la langue unique
par Jean-Pierre Cavaillé,
enseignant à l'Ecole des
hautes études en sciences sociales
Curieux athéisme, que celui qui
se range sous l'autorité des Ecritures pour argumenter, y compris en
des domaines qui semblaient depuis longtemps émancipés du religieux.
Michel Onfray, dans la livraison du Monde du 10 juillet, fait l'éloge
de l'Espéranto et des idéaux attachés à cette langue, à vocation
universelle : ouverture, cosmopolitisme, etc. Cela est beau et bon. Il
y voit aussi l'accomplissement de l'athéisme dans la mesure, où selon
lui, les hommes, en créant une langue universelle, s'émanciperaient des
dieux, deviendraient les sujets actifs et non plus passifs de
l'histoire. Qu'est-ce à dire ? Ne sont-ce pas les hommes qui forgèrent
aussi toutes leurs langues tout au long de leur histoire ? En fait, si
l'on suit la curieuse et très indigente démonstration de notre
philosophe, on peut légitimement en douter !
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| De la culture du
résultat à celle de l'impunité
par Marc-Olivier Padis, rédacteur en
chef de la revue "Esprit"
 Cafouillage de la défense,
opportunisme de l'attaque : but ! A ce stade de la compétition la
sanction est immédiate." Qui n'a déjà entendu un tel commentaire lors
d'un match de la coupe du monde de football ? Mais dans quel sens le
terme de "sanction" est-il utilisé ici ? Une équipe battue par un large
score est "lourdement sanctionnée". Telle est la "loi du sport" : c'est
le score final qui tranche la compétition et qui consacre le meilleur.
S'agit-il simplement d'un usage journalistique du vocabulaire, parce
qu'il faut bien varier les formules, ou ces termes n'expriment-ils pas
une difficulté plus fondamentale du sport dans son rapport à la règle ?
Comment, en effet, ne pas mettre en rapport cet usage du vocabulaire,
où un résultat peut être "sévère", avec la difficulté croissante à
imposer l'autorité de la règle et la parole de l'arbitre ? Au-delà du
sport, cela pourrait nous aider à comprendre la difficulté à rendre
crédible un arbitre des confrontations quand l'ampleur des enjeux tend
à dépasser les acteurs.
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Un peu d’éthique en politique, est-ce trop demander ?
Par Esther
Benbassa Directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études
 Le
débat
sur
l’identité nationale avait ouvert le bal. Et ces dernières
semaines, les raisons de s’alarmer ne font que s’accumuler :
déclarations stigmatisantes sur les «gens du voyage», menaces de
dénaturalisation des délinquants d’origine étrangère qui auraient mis
en danger la vie d’un représentant des forces de l’ordre, ou, au-delà,
qui pratiqueraient la polygamie ou l’excision, chasse aux Roms…
Il est évident que la France connaît des problèmes de sécurité, qui ne
datent pas d’aujourd’hui. Le comportement actuel de nos dirigeants n’y
apporte pourtant pas de vraie réponse, et encore moins de solution.
Leur opportunisme et leur électoralisme les rendent peu crédibles. Ils
n’en influent pas moins sur le regard que portent les Français sur ceux
qu’ils considèrent désormais comme des citoyens ou des habitants de
seconde zone, immigrés, descendants d’immigrés ou gens du voyage.
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Eloge
de l’insécurité
Par MARCEL
ZANG Ecrivain, prix SACD Nouveau Talent Théâtre 2010
 Il
faudrait
se
caler dans la tête, et une bonne fois pour toutes, que
l’insécurité, c’est pire que la prostitution ; et que ça date même de
bien avant la prostitution. L’insécurité est née avec l’apparition du
sexe, avec la venue du rythme, de la couleur, avec le mélange,
c’est-à-dire le crime capital, la Faute, le péché originel. C’est dire
que l’insécurité remonte à la nuit des temps, à l’apparition du vivant.
Elle est inhérente à la condition humaine. Alors faut pas rêver !
L’insécurité est une affaire de sexe, et elle disparaîtra avec le sexe,
avec l’Autre, l’altérité. Perspective qui ne relève plus du rêve, par
les temps clonesques qui courent : c’est pour demain, c’est-à-dire
bientôt. Donc un peu de patience, et on n’entendra plus parler de
l’insécurité ; encore moins de la liberté, car il n’est pas de liberté
sans altérité. Autrement dit, l’insécurité est consubstantielle à la
liberté.
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La lapidation, "preuve
extrême de la logique de violence de l'islam"
par Abdennour
Bidar, professeur de philosophie en classes préparatoires à
Sophia-Antipolis
 La
monstrueuse
condamnation
d'une femme à la lapidation par la République
islamique d'Iran donne encore une fois de l'islam une image
catastrophique, celle d'une religion archaïque, violente et
totalitaire. N'essayons pas en effet de dédouaner la religion islamique
du meurtre programmé de Sakineh Mohammadi-Ashtiani en soutenant qu'il
s'agit d'une décision politique. Le pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad se
fonde sur une idéologie reconnue comme celle d'un islam fondamentaliste.
En tant qu'intellectuel musulman, je dois prendre la responsabilité de
dire cela haut et fort, en m'insurgeant contre cette sentence de
lapidation au nom de la dignité de la personne humaine. Mais je ne
saurais m'en tenir à cette indignation. Si en effet la pulsion
totalitaire de la religion islamique trouve là l'une de ses expressions
les plus inhumaines, il faut y voir simplement l'une des formes les
plus radicales d'une logique générale qui a pris, au fil des siècles,
le contrôle de la vie spirituelle des musulmans du monde. Hélas !, la
religion islamique entière se nourrit de violence.
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Facebook : magasin des
amis et désir de police totalitaire
par
Jean-Jacques Delfour, professeur de philosophie
 Le
nom
est
vraiment beau : "le livre des visages". Il pourrait séduire les
amoureux des livres et ceux pour qui le visage est le lieu où
l'humanité apparaît. Ce prétendu "réseau social" est en réalité une
entreprise qui a pour activité principale de vendre à des industriels
des contacts clients personnalisés. Les entreprises diffusent de la
publicité tous azimuts, sans savoir si ceux qui la reçoivent sont
susceptibles d'acheter le produit ou le service. Il y a une dépense à
perte et le coût de chaque retour positif inclut celui des échecs. D'où
la demande capitalistique de pouvoir trier les cibles et ainsi
rationaliser la dépense publicitaire.
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Fidel Castro : "Le modèle
cubain ne marche même plus pour nous"
Le
père
de
la révolution de 1959 répondait à une question d'un journaliste
américain qui lui avait demandé si le modèle cubain était exportable.
L'ancien président cubain, 84 ans, est apparu en bonne forme. (Sipa)
L'ancien président cubain, 84 ans, est apparu en bonne forme. (Sipa)
Fidel Castro pense que le modèle cubain "ne marche même plus" sur l'île
communiste, selon un entretien accordé au magazine américain The
Atlantic par un journaliste qui a rencontré le père de la révolution de
1959 à La Havane.
"Le modèle cubain ne marche même plus pour nous", a indiqué au
journaliste américain Jeffrey Goldberg le chef historique de la
révolution cubaine, dont les propos ont été retranscrits en anglais sur
le site internet du mensuel.
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Une rage sécuritaire
insupportable
par
Christian Charrière-Bournazel, avocat au barreau de Paris
 Les
Français
se
sont réjouis de la décision du Conseil constitutionnel, le
30 juillet, déclarant plusieurs articles de lois inscrits dans le code
pénal contraires à notre Constitution en ce qu'ils portent atteinte aux
libertés fondamentales et aux droits de la défense.
La chancellerie, qui n'avait rien fait pour rendre nos gardes à vue
conformes au droit européen issu des arrêts de la Cour de Strasbourg,
allant jusqu'à prétendre qu'ils ne s'appliquaient pas à la France, a
osé dire publiquement que cet arrêt confirmait la pertinence de son
projet de réforme de la procédure pénale. C'est faux. Le projet est
pire que les lois actuellement en vigueur telles que vient de les
condamner le Conseil constitutionnel !
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Le combat du
monde culturel
S’appartenir et devenir...
Par le Kolektif Sonny Rupaire (KSR)
 Le monde
artistique et culturel guadeloupéen souffre de sinistrose. Cela devient
comme une addiction. Il serait presque de bon ton de se poser en
victimes pour justifier le sauve-qui-peut individuel, la démerde et,
trop souvent, la courtisanerie. Une telle démarche nous conduit
collectivement à la pire des dépendances, celle des esprits et des
coeurs à l’égard de marchands peu scrupuleux. Nous nous voyons peu à
peu condamnés à tout importer jusqu’à nos contes et nos rêves
Il est vrai que les
problèmes sont considérables, que les obstacles à l’existence de nos
arts sont nombreux. Cependant, ils ne sont lisibles pour nous
qu’à travers un objectif commun (au moins rêvé) : contribuer ensemble,
dans
le respect de notre propre diversité, mais aussi de notre identité
commune, à l’existence et la pérennité des arts guadeloupéens...Où ? A
l’intérieur des frontières de notre archipel, afin de consolider
d’ici-même, le socle ou le tremplin d’un rayonnement de notre culture
hors des frontières. Sans point de vue, rien n’est vraiment lisible. L’ICI devrait être la
source de soi-même et des échanges avec les autres du monde, et non le
réceptacle passif de L’AILLEURS.
D’où une double
lecture des problèmes et des obstacles : d’un côté, ceux qui relèvent
de notre exigence à l’égard de nous-mêmes, de l’autre, ceux qui
relèvent de la revendication. Moins nous serons exigeants dans notre
travail de création, moins nous pourrons légitimement l’être à l’égard
des politiques publiques, voire même des initiatives privées concernant
la culture. Il faut
d’abord que l’artiste existe pour prétendre vivre en tant que tel.
Il faut
d’abord que l’artiste existe...
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Les juifs de France divisés
 Depuis le lancement, en
mai à Bruxelles, d'un "appel à la raison" au gouvernement israélien,
baptisé JCall, initié par des juifs européens, une recomposition est en
cours en France. Elle s'effectue entre les pro-israéliens qui
considèrent comme prioritaire la loyauté vis-à-vis d'un gouvernement
israélien démocratiquement élu, et ceux qui estiment que les errements
ou jugés tels de sa politique, principalement sur la question
palestinienne, justifient au contraire la critique et l'intervention de
la communauté internationale pour forcer une paix de plus en plus
insaisissable.
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF)
défend les positions israéliennes officielles, y compris lorsqu'elles
tranchent avec celles du gouvernement français. C'est le cas notamment
sur la question du partage de Jérusalem (auquel le premier ministre
israélien est opposé, contrairement à Nicolas Sarkozy).
RÉACTION OFFICIELLE
A l'inverse, JCall avance que les constructions de quartiers de
colonisation dans la partie orientale de la ville, conquise par la
force en 1967, et où les Palestiniens veulent établir leur capitale,
hypothèquent les chances de parvenir à la paix.
Alors que le CRIF fut un pionnier du dialogue judéo-arabe par le passé,
son président actuel, Richard Prasquier, défend rigoureusement la ligne
pro-israélienne, comme on a pu le voir à l’occasion du drame de la
flottille pour Gaza.
Après une première réaction officielle de son directeur général, Haïm
Musicant, déplorant "profondément" les morts, Richard Prasquier s’est
ensuite attaché à mettre en cause le caractère humanitaire du convoi
arraisonné par la marine israélienne, reprenant ainsi la thèse
officielle développée par Tsahal, l’armée israélienn
DICHOTOMIE
De son côté, JCall, a publié un communiqué plus équilibré déplorant
"une crise qui ne profite qu’aux extrémistes des deux bords". En France
comme en Israël, la deuxième intifada palestinienne et la
multiplication des attentats ont contribué, à partir de 2000, à
l’effritement du "camp de la paix" qui s’était engagé avec les accords
d’Oslo conclus en 1993, mais qui n’ont pas débouché sur la paix.
On peut noter la même dichotomie aux Etats-Unis, où réside la plus
importante communauté juive en dehors d’Israël (la France vient en
deuxième position). La ligne légitimiste est défendue par la majorité
des organisations juives américaines, à commencer par la puissante
American Israel Public Affairs Committee (Aipac), très bien implantée
au Congrès. Mais celles-ci doivent compter, depuis 2008, avec un lobby
à la fois pro-israélien et pacifiste, JStreet, qui a d’ailleurs inspiré
JCall.
Gilles Paris
Article paru dans
l'édition du Le Monde 05.06.10
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Il faut démissionner le ministre Hortefeux
par Jacky
Dahomay, professeur de philosophie.
 Le ministre de
l'intérieur Brice Hortefeux a été condamné par le tribunal
correctionnel de Paris pour injure raciale. Le fait, une première dans
la Ve République, est particulièrement grave. D'autant plus que Brice
Hortefeux avait déjà été soupçonné par d'anciens ministres issus de
l'immigration comme Azouz Begag de propos douteux concernant des
Français issus de l'immigration. Rachida Dati l'aurait même qualifié,
selon la presse, de "gros raciste". Rappelons aussi que le ministre de
l'intérieur avait choisi il y a deux ans Vichy, ville hautement
symbolique, pour réunir les ministres de l'immigration des pays
européens, ce qui avait surpris bien des citoyens, juifs ou non.
Il est donc tout à fait surprenant que des comportements aussi graves
puissent être banalisés. Ce que fait le premier ministre, François
Fillon, lorsqu'il vole au secours du ministre de l'intérieur. D'un
autre côté, il en est de même pour Ségolène Royal qui s'est contentée
sur France Info de juger simplement que ce n'est "pas vraiment
glorieux" que le ministre de l'intérieur soit condamné pour injure
raciste et a invité Brice Hortefeux à "mettre en place une politique
très efficace pour lutter contre les formes de discrimination et de
racisme".
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Et si
l’Afrique du Sud n’était qu’un pays ordinaire
Juius Malema
Par VINCENT DARRACQ
Enseignant au Centre d’études d’Afrique noire de Sciences-Po Bordeaux
 Dans deux mois,
l’Afrique du Sud va accueillir un des grands événements planétaires, la
Coupe du monde de football. Elle se retrouve sous le feu des
projecteurs et son image n’apparaît guère flatteuse. Une criminalité
galopante, des tensions raciales persistantes et des inégalités
socio-économiques abyssales, autant de traits qui se donnent à voir
dans l’assassinat récent d’Eugène Terre’Blanche, bien nommé leader de
l’extrême droite blanche afrikaner, par deux de ses employés noirs. On
peut y ajouter des élites corrompues, un président conservateur
polygame bafouant les droits des femmes, un leader de la Ligue de
jeunes du parti au pouvoir, l’ANC, l’inénarrable Julius Malema, qui
multiplie les déclarations provocatrices, et un soutien diplomatique à
des dictatures infréquentables comme le Zimbabwe. On enjoint alors à
l’Afrique du Sud rien moins que de «tuer la peur», d’enterrer la hache
de guerre raciale et de renouer avec le fil de la vision fondatrice de
Nelson Mandela.
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31/03/2010
à
00h00
Téléphobie :une idéologie
triste
3 réactions
Par GILLES ACHACHE
Chercheur associé au Médialab de Sciences-Po Paris, directeur de
l'Institut Scan-Research

Cette année, le marronnier des ravages des médias électroniques sur
l’esprit public a donné une belle floraison. Le bimensuel Books a
ouvert la saison en posant la question de savoir si «Internet [est]
contre la démocratie ?». Il a été suivi par le battage autour du
documentaire de Christophe Nick et Michel Eltchaninoff diffusé sur
France 2, le Jeu de la mort, pendant que Philosophie magazine se
demandait avec angoisse si «la télévision nous rend […] mauvais» et
Télérama si elle «donne le droit de tuer». Est-il besoin de préciser
qu’à ces questions, la réponse fut à chaque fois positive. Les médias
et la télévision, nous a-t-on ainsi serinés, sont une mauvaise chose
qui abâtardit le goût, banalise le crime, naufrage l’esprit, réduit nos
consciences à l’état de légume et nous tient en un pouvoir si
contraignant qu’il peut nous transformer en parfaits salauds et
tortionnaires. La dénonciation n’est pas nouvelle. La téléphobie est
aujourd’hui une notion commune des conversations de comptoir, en même
temps qu’un genre littéraire déjà ancien dans lequel se sont illustrés
des auteurs aussi divers qu’Alain Finkielkraut, Neil Postman, Ségolène
Royal, ou plus récemment le très prolifique Bernard Stiegler.
Cette thèse de la nocivité des médias et de la télévision présente
cette particularité d’être à la fois fausse et dotée d’une force
persuasive considérable. Elle constitue un assez bon échantillon de ce
que l’on désignait naguère par le terme d’idéologie. Pour ce qui est de
sa fausseté, sans entrer dans le détail d’un débat passablement
rabâché, elle est régulièrement constatée, étude après étude, depuis
plus d’un demi-siècle (1), par tous les travaux conduits sur ces
questions qui montrent que l’influence observable des médias sur les
consciences est au mieux faible ou en tout cas rigoureusement
indémontrable (2).
Mais ce qui intrigue dans la téléphobie n’est pas tant qu’elle soit une
opinion fausse, mais qu’elle résiste avec constance à la preuve
contraire et qu’elle trouve son meilleur écho auprès du public censé
être le mieux armé de sens critique. Books, Télérama et Philosophie
magazine ne sont pas précisément des titres de la presse de caniveau.
Leurs lecteurs se recrutent principalement, sinon uniquement, parmi ce
que l’on appelle les cadres actifs et les professions intellectuelles
supérieures. Ils forment ce «public cultivé» dont la fréquentation des
œuvres et des lieux de la culture savante est la plus régulière.
Souvent, ce qui fait la force d’une idée fausse, c’est la gratification
qu’elle procure à ceux qui en sont convaincus. A cet égard, un des
principaux avantages de la téléphobie est qu’elle réintroduit un ordre
hiérarchique légitime dans l’espace public démocratique en même temps
qu’elle fait croire aux téléphobes qu’ils en occupent le sommet. A
l’origine de l’opinion téléphobique, il y a cette idée que le pouvoir
des médias s’est insidieusement substitué à ceux de la tradition ou de
la religion dont nous pensions nous être politiquement débarrassés. Par
suite, le téléphobe est celui qui, au sein de la modernité, a su, sous
la conduite des bons maîtres, se délivrer de cet esclavage discret des
médias et devenir le citoyen libre et raisonnable qu’exige de nous la
République. Comment mieux marquer alors cette excellence républicaine
qu’en affichant un dédain aristocratique pour les spectacles de la
télévision auxquels se complaît le grand nombre. Que cette aristocratie
imaginaire se vive comme une avant-garde (version Stiegler) ou comme le
dernier carré des défenseurs de la civilisation (version Finkielkraut)
est sans importance, tant qu’est préservé le sentiment d’être peu et
menacés. La satisfaction d’appartenir ainsi à un club d’individus rares
est si forte qu’elle explique pourquoi nos demi-habiles ne sont guère
disposés à entendre qu’elle repose sur une erreur, voire un mensonge.
La téléphobie ne serait qu’une opinion risible si elle n’était dans le
même temps le symptôme du piètre état du débat intellectuel en France.
Qu’on ne s’étonne pas du provincialisme de la pensée française tant
elle semble avoir perdu toute curiosité pour le mouvement du réel.
Notre monde ne cesse de se transformer, les médias sont au cœur de
cette transformation. Pour des intellectuels et des chercheurs, il ne
devrait pas y avoir d’époque plus belle que celle qui voit émerger un
monde nouveau, de nouveaux modes d’accès à la culture, de nouvelles
manières de faire société, de nouvelles formes de participation à la
vie politique. Et nous ne voyons dans ce monde qui s’ouvre que les
menaces pour le monde ancien et aucune de ses promesses. Nous ne
semblons capables que de nous replier sur nous-mêmes. Nous préférons
rire ou pleurer des médias et des formes de culture auxquelles ils
donnent lieu plutôt que de se donner la peine de les comprendre.
La téléphobie n’est qu’une pensée fausse qui se déguise en pensée
triste pour faire sérieux. Elle ne démontre rien d’autre que la
frilosité de courants importants de l’intelligentsia française à penser
la réalité effective des choses, et à y reconnaître ce qu’elle renferme
de nouveau, de digne d’intérêt, et, pourquoi pas, de joyeux.
Depuis les travaux de Lazarsfeld, dans les années 40. Lire aussi David
Gauntlett, «Moving Experiences, Media Effects and Beyond», Londres,
2005.
Jean-Louis Missika, dans «Philosophie magazine», rappelle utilement ce
que nous savons et ce que nous ne savons pas sur les effets des médias.
Dernier ouvrage paru : «le Complexe d’Arlequin, Eloge de notre
inconstance», Grasset.
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Cuba : la
journaliste d’opposition Dania García libérée dans l’attente de son
procès en appel
"Nous sommes bien évidemment heureux de savoir Dania
Virgen García hors de prison, mais personne ne saurait se contenter de
cette libération. Il faut désormais garantir à cette journaliste
d’opposition un procès en appel sérieux et indépendant, qui ne soit ni
politisé ni a priori à charge contre elle. S’agissant de Cuba, la bonne
nouvelle d’une libération est souvent l’arbre qui cache la forêt. Nous
réitérons notre appel en faveur de la libération des vingt-cinq autres
journalistes qui croupissent dans les geôles cubaines", a déclaré
Reporters sans frontières.
Dania Virgen García, journaliste indépendante collaborant pour les
sites Internet d’opposition Primavera Digital et CubaNet, qui tient
également un blog (daniavirgengarcia.blogspot.com) lié à un groupe
anticastriste radical de Miami aux Etats-Unis, a été libérée le 7 mai
2010 dans l’attente de son procès en appel. Elle avait été condamnée,
le 23 avril dernier, à un an et huit mois de prison, officiellement
pour une dispute familiale. Les autorités l’accusent "d’abus
d’autorité" pour avoir mis sa fille de 23 ans à la porte.
Il s’agit d’un procès à "caractère politique", a-t-elle déclaré au
lendemain de sa libération. "Personne n’avait jamais été condamné à
Cuba pour ce motif". D’après la journaliste, son procès en appel
devrait se tenir le 10 ou le 11 mai.
Source : http://fr.rsf.org/
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Rwanda, le 13 mai 1994
par
Serge Farnel
 Les
résultats de l'enquête que j'ai menée au Rwanda depuis avril 2009 ont
été partiellement révélés, en février dernier, à l'occasion d'une
pleine page publiée dans le Wall Street Journal. De nombreux
témoignages, aussi bien de rescapés que d'anciens génocidaires, y
attestent de la participation directe de ce qui apparaît être des
soldats français au génocide de dizaines de milliers de civils tutsis
le 13 mai 1994 à Bisesero, dans l'ouest du Rwanda. Les deux dates des
13 mai et 14 mai 1994 correspondent probablement aux deux plus
importantes journées de massacres génocidaires ayant eu lieu dans le
pays des mille collines au printemps 1994. On estime que 40 000 civils
tutsis auraient été génocidés au cours de ces deux jours à Bisesero, la
plus grande partie d'entre eux l'ayant été le 13 mai. Deux jours
d'intenses massacres qui ont emboîté le pas à la journée du 12 mai
dédiée, elle, à leur préparation.
La connaissance du fait que ces deux
jours furent consacrés à de grands massacres génocidaires n'est pas
nouvelle en ce que cela avait déjà été consigné dans le rapport de
l'ONG londonienne African Rights, avant d'être documenté par nombre de
témoignages portés devant le Tribunal pénal international pour le
Rwanda (TPIR). Ce qui est nouveau en revanche, et qui résulte de cette
enquête menée à l'occasion de deux voyages au Rwanda - l'un en avril
2009 (soixante-dix heures d'interview filmées), le suivant en février
2010 (trente heures de tournage de reconstitutions sur le terrain) -,
est le fait que des Français en uniforme militaire, armés de
mitraillettes, mortiers et/ou de lance-roquettes y ont non seulement
activement participé aux côtés des milices interahamwe, de la
population hutu et des gendarmes, policiers et soldats rwandais, mais
qu'ils ont également été aux premières loges de son organisation. Voici
un résumé de ce que cette enquête permet notamment d'affirmer.
lire la
suite |
Le
corps en guise de politique
Par Eric Fassin sociologue, Ecole
normale supérieure
La vie sentimentale supposée d’un président fait la une des journaux,
après le «faciès» d’un de ses ministres - ou plutôt, c’est la
controverse sur leur exposition publique qui occupe politiques et
médias. Pourquoi l’intimité, dans sa réalité corporelle, est-elle
devenue en France un tel enjeu ?
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Un
autre
portrait d'Alain Badiou
Par Marie-Claire Boons-Grafé
 La psychanalyste
Marie-Claire Boons-Grafé, qui a autrefois milité au côté d'Alain Badiou
à l'UCFml, n'a guère apprécié d'être citée comme témoin à charge dans
un article peu amène récemment consacré par l'hebdomadaire « Marianne »
à l'auteur de « l'Hypothèse communiste », « Logiques des mondes » et «
De quoi Sarkozy est-il le nom ? ». La lettre qu'elle avait adressée à
nos confrères est restée sans réponse. La voici
Au début du mois de mars, le journal « Marianne » a octroyé à Eric
Conan pas moins de huit pages pour dresser un prétendu « portrait »
d'Alain Badiou. En vérité il s'agit d'une tentative symbolique
d'assassinat : le penseur radical de notre époque en devenir, encensé
depuis quelques mois par les médias, devient soudain l'homme à abattre.
Contre lui et sa pensée, il faut à tout prix provoquer la haine, en
empêchant surtout le lecteur de penser.
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la
suite
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Home » Essais
La pétition du jour...
Par Grégoire Leménager
 C'est une tribune
musclée dont on n'a guère entendu parler, dans un pays où, pourtant, on
ne déteste pas se balancer des anathèmes sous prétexte d'encourager la
guerre en philosophie. Il est vrai qu'elle a été publiée dans « l'Huma
» (le 16 mars dernier), et sous un titre comme on n'en fait plus
tellement ailleurs : « Nous ne renoncerons jamais à l'idée du
communisme !» Ses auteurs s'appellent Fabien Tarby (spécialiste ès
Alain Badiou), et Slavoj Žižek (vedette internationale de la philo
marxiste).
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Les Infiltrés : comment des journalistes peuvent enquêter sur
la pédophilie sans devenir auxiliaires de police,

par Christophe Ruaults
Voilà une belle
polémique qui aura couru pendant une semaine. Son objet, le magazine
d'information Les Infiltrés, diffusé mardi 6 avril sur France 2 et
consacré ce soir-là aux réseaux pédophiles. Fidèle au principe de
l'émission, le journaliste Laurent Richard a mené son enquête in vivo,
se faisant passer sur Internet pour une jeune fille de douze ans avant
d'aller rencontrer ces hommes qui pensaient avoir affaire à une
adolescente. Etonnamment, plusieurs d'entre eux ont alors accepté de
répondre aux questions du journaliste – visage flouté –, lequel
journaliste, une fois son reportage achevé, a signalé leurs agissements
à la police.
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Menaces sur la Maison des
civilisations
Par FRANÇOISE VERGES Politologue,
chargée de mission pour la MCUR depuis 2003
 Une menace pèse sur la
Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (MCUR). Ses
objectifs, sa philosophie, sa programmation sont au cœur des débats qui
mobilisent la France depuis plusieurs années : la diversité, le
multiculturalisme, la République postraciale, les guerres de mémoires,
l’écriture de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation, les
nouvelles pratiques culturelles, les nouvelles muséographies.
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«La culture n’est pas un
luxe, mais une nécessité»
Interview
Najat Belkacem, adjointe PS chargée des grands événements à Lyon,
souligne l’importance sociale de l’accès à l’art.
Par OLIVIER BERTRAND Lyon, de notre correspondant.
 Najat Belkacem,
porte-parole de Ségolène Royal, est adjointe au maire de Lyon, chargée
des grands événements, de la vie associative et de la jeunesse.
Ancienne vice-présidente chargée de la culture à la région Rhône-Alpes,
elle est depuis 2008 conseillère générale du Rhône.
Constatez-vous aujourd’hui les premiers effets du désengagement de
l’Etat et des collectivités locales vis-à-vis de la culture ?
Mes craintes ne sont pas pour le court terme. Les politiques au rabais
risquent surtout de se faire sentir dans la durée si l’on investit
moins aujourd’hui pour la création et les grands projets. Les
collectivités parent au plus pressé, compensent. Mais on peut déjà être
inquiet pour les investissements en direction de ce que l’on appelle
les «publics empêchés», en zone rurale, dans les cités, en prison…
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Baisse des budgets, les
artistes déshabillés
Le monde de la culture et des élus
locaux redoutent que les financements à la création, déjà entamés par
la crise, fondent encore avec la réforme territoriale à venir.
Par RENÉ SOLIS, OLIVIER
BERTRAND (à Lyon), ANNE-CAROLINE JAMBAUD (à Lyon), PIERRE-HENRI ALLAIN
(à Rennes)
 Alex Broutard, directeur
de la Passerelle, la scène nationale de Saint-Brieuc, est aux abois.
Lundi une baisse de 30% de la subvention (200 000 euros) allouée à son
théâtre devrait être votée par le conseil général des Côtes-d’Armor.
«Une telle décision, en cours d’exercice, aura un impact énorme,
redoute-t-il. Cela signifie des spectacles annulés et une rentrée
retardée.» La soirée «Prisunic» de juin qui associe différentes
disciplines pour un tarif de 5 euros sera supprimée. Tout comme le
service d’autocars entre Lannion et Saint-Brieuc qui permet aux publics
des deux villes de profiter de leurs salles respectives. Finis
également les ateliers théâtre et danse en milieu scolaire.
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A Cuba, trois
grèves de la faim pour obtenir la libération de prisonniers politiques
Guillermo
Farinas a pris le relais d'un détenu mort après 85 jours de jeûne. Deux
autres opposants l'ont suivi
Darsi
Ferrer. ALEJANDRO ERNESTO/EPA
Le dissident
Guillermo Farinas n'est plus le seul à Cuba à faire une grève de la
faim pour réclamer la libération des prisonniers politiques. Il a été
rejoint par deux opposants, dont un se trouve emprisonné à La Havane.
C'est ce qu'a annoncé la Commission cubaine pour les droits de l'homme
et la réconciliation nationale (non reconnue par les autorités), mardi
30 mars.
Ancien combattant du contingent cubain en Angola, psychologue et
journaliste indépendant, Guillermo " Coco " Farinas avait pris le
relais d'Orlando Zapata, mort dans un hôpital pénitentiaire, le 23
février, après 85 jours de grève de la faim.
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Je doute, donc
je suis… moderne
Par PHILIPPE CORCUFF sociologue
 Shutter Island, le film de Martin Scorsese et surtout le
magistral roman noir de Dennis Lehane, nous entraîne dans les méandres
extrêmes des incertitudes humaines, aux confins de la paranoïa, là où
les théories du complot prospèrent. 11 Septembre 2001, grippe A… les
conspirationnismes les plus extravagants font florès sur Internet.
Le doute participe bien de la constitution de la figure de l’individu
occidental moderne. En témoigne un des premiers «préceptes» énoncé par
Descartes : «Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie [...] que je
n’eusse aucune occasion de le mettre en doute.» (1) Or ce doute est
susceptible de révéler des pouvoirs envahissants, voire autodévorants.
Où poser la limite suggérée par Descartes mettant en garde contre les
sceptiques, «qui ne doutent que pour douter» ? Où se déploie la
légitime mise en doute des préjugés dominants et où commence le délire
paranoïaque ? Les cheminements narratifs ciselés par Lehane épousent
tout d’abord ces interrogations : «Si on vous juge dément, alors tous
les actes qui devraient prouver le contraire sont interprétés comme
ceux d’un dément. Vos saines protestations constituent un déni. Vos
craintes légitimes deviennent de la paranoïa. Votre instinct de survie
est qualifié de mécanisme de défense.»
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La douleur
comme expérience de soi
Par David Le Breton
Sociologue
 L’expérience
de
la
douleur reste une épreuve redoutable pour ceux qui la vivent.
Elle rappelle que nous ne sommes pas un corps associé à un esprit mais
une personne tout entière. Elle n’est pas seulement sensation, mais
aussi émotion et perception, c’est-à-dire activité de déchiffrement sur
soi. Elle ne traduit pas dans la conscience une effraction organique,
elle est pour l’individu la confrontation d’un événement corporel à un
univers de sens et de valeur. Elle est liée à une série de données
biologiques, sociales, culturelles, relationnelles, contextuelles et
surtout à ce que l’individu en fait à travers son histoire de vie.
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Dans Newsweek :
"En arrière, en arrière"

Désireux
d’un retour en arrière, les conservateurs au sein de l’église
catholiques avaient un champion en la personne du pape Benoit XVI.
C’est peut-être aujourd’hui la fin de leurs espoirs. > Cet article
est paru sur le site internet de Newsweek le 30 mars.
Les scandales de pédophilie dans le clergé catholique — et l’apparente
stratégie mondiale de dissimulation qui semble avoir impliqué le
Cardinal Joseph Ratzinger avant qu’il accède à la papauté — provoquent
l’embarras dans l’église catholique et chez des paroissiens furieux.
Les pressions ne risquent pas d’entraîner une démission du pape Benoît
XVI, ce n’est pas son style et surtout, personne ne peut l’y
contraindre. Ce qui ne signifie pas que le scandale va disparaître de
lui-même. Benoît XVI est porteur d’un projet clairement conservateur
sur le plan de la morale, et a entrepris peu à peu de le mettre en
œuvre. Or, tant qu’il n’aura pas mis tout ce qu’il savait sur la table
— et qu’il n’aura pas congédié les évêques coupables d’avoir mal géré
les affaires d’abus sexuels — les réformes qu’il cherche à mener
risquent d’être bloquées, ou d’échouer purement et simplement.
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Shabnam, 7 ans, esclave à domicile

Au Pakistan,
les enfants exploités par des particuliers sont légion. «Libération» a
rencontré l’une d’entre eux.
Par Célia MERCIER, envoyée spéciale à Karachi
Shbnam, 7 ans, et son frère Salman, 10 ans, ont été recueillis par une
ONG à Karachi.
Elle
a
claqué
la porte de la maison. Puis elle a pris ses jambes à son cou.
Avec son frère Salman, la petite a couru loin de la maison de «Madame».
Un passant a retrouvé les deux enfants hagards, épuisés, errant dans
les rues de Karachi, au Pakistan. Il les a emmenés dans le foyer d’une
ONG, la fondation Edhi. C’est ici que Shabnam, 7 ans, est hébergée
depuis quelques mois avec Salman, 10 ans. La fillette malingre, aux
grands yeux en amande, raconte qu’elle vivait depuis deux ans avec son
frère chez «Madame», la mère de famille qui les employait comme
domestiques.
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| Sida: «Il faut dépister plus et mieux»
Jean-François
Delfraissy,
directeur
de l'Agence nationale de recherche sur le Sida et
les hépatites, dresse l'état des lieux de la maladie en France et des
recherches en cours.
RECUEILLI PAR MARGAUX COLLET
Jean-Fraçois Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherche
sur le Sida
Education sexuelle, vaccin préventif, test rapide, ... à
l'occasion de la 16e édition du Sidaction qui débute vendredi et se
poursuivra jusqu'au 28 mars, le directeur de l'Agence nationale de
recherche sur le Sida et les hépatites (ANRS), Jean-François
Delfraissy, fait le point sur une maladie qui continue de tuer en
France.
Alors que commence la 16e édition du
Sidaction, quel état des lieux peut-on dresser du Sida en France?
Continue-t-il à tuer ?
Oui cette maladie continue à tuer, notamment des personnes dépistées
trop tard. Même si le nombre de décès a considérablement baissé, ce
sont toujours 1500 personnes qui en meurent chaque année.
Quels chiffres clés pourraient sensibiliser
l'opinion ?
L'infection continue à faire entre 7000 et 8000 nouvelles
contaminations chaque année. On estime entre 130.000 et 140.000
personnes séropositives en France et à 40.000 ceux qui ne sont pas au
courant de leur maladie.
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| Paludisme : l'espoir du vaccin volant
et piquant

On savait que le
moustique était responsable de la transmission du paludisme, il
pourrait bientôt en devenir le remède. Des chercheurs de l'université
médicale japonaise de Jichi ont modifié génétiquement un moustique afin
que sa salive contienne une protéine servant de vaccin contre la
Leishmania, une fièvre à phlébotome potentiellement mortelle, selon les
conclusions de leurs recherches publiées dans Insect Molecular Biology
sous le titre : "Le vaccinateur volant : un moustique transgénique
inocule un vaccin contre la Leishmania par voie sanguine".
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Une nouvelle
espèce de dinosaure découverte
Deux
paléontologues américains ont trouvé dans l'Utah un ancêtre du
Diplodocus vieux de plus de 185 millions d'années : le Seitaad Ruessi.
Il a un long cou
et une longue queue, mesure environ un mètre de haut et trois de long.
Il est vieux de plus de 185 millions d'années et n'a plus toute sa
tête. Ce fossile incomplet (il manque le crâne, des morceaux de cou et
la queue) a été découvert dans l'Utah en 2004 par deux paléontologues
américains, Joseph Sertich et Mark Loewen. Les deux chercheurs ont
dévoilé mercredi, dans une étude publiée dans la revue scientifique
Plos One, qu'il s'agissait d'une nouvelle espèce, ancêtre du fameux
Diplodocus dont le règne allait démarrer près de 40 millions d'années
plus tard.
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La dignité de Sisyphe ou
qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?

Par YVES MICHAUD philosophe
Quand l’homme est
impuissant face à son sort et qu’il en a, sinon la certitude, du moins
un fort soupçon, il a le bonheur et le malheur que le destin, les
dieux, la chance, le hasard, la fatalité, que sais-je encore, veulent
bien lui donner. Il peut au mieux jouir avec précaution de son bonheur,
sans se vanter, de peur d’éveiller la colère des puissances qui le
dépassent.
S’il est malheureux ou misérable, il lui reste à implorer compassion et
pitié de la part des autres humains qui, embarqués sur le même bateau,
les lui accordent volontiers parce qu’ils pourraient être dans le même
cas, parce qu’ils seront à leur tour dans le même cas. Chacun vit dans
le sentiment d’être un rescapé ou en sursis - et finalement tel est
peut-être notre lot commun.
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Pédophilie : le droit
canon est désormais inadapté
La distance entre l'Eglise et la société se creuse
Le premier
évêque condamné par un tribunal, depuis la Révolution française, fut
Mgr Pierre Pican, en septembre 2001. Motif : non-dénonciation des
violences sexuelles perpétrées sur mineurs par un de ses curés. Bilan :
trois mois de prison avec sursis pour l'évêque et dix-huit ans de
réclusion criminelle pour son collaborateur.
Depuis, des scandales du même genre ont éclaté dans un nombre croissant
de pays. Aux Etats-Unis, trois mille prêtres ont été inquiétés par la
justice. Le pays en compte à peine quinze fois plus. Résultat : des
milliers d'enfants détruits, des millions de fidèles désarçonnés, 2
milliards de dollars d'indemnisation aux victimes, sept diocèses en
faillite. Ces scandales sont des conséquences, non pas du célibat des
prêtres, mais de l'omerta qui les a protégés. Ces turpitudes ne
pouvaient être ni dénoncées ni avouées. Sensibles entre toutes, ces
affaires devaient se régler en interne et en silence.
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Les indulgences de
l'Eglise de France

Au début des années
2000, l'épiscopat a pris la mesure des cas de pédophilie et d'"
agressions sexuelles sur mineurs " mettant en cause des membres du
clergé
Début mars, un prêtre montpelliérain a été suspendu de ses fonctions et
placé dans une communauté religieuse après avoir reconnu détenir des
images à caractère pédophile. En décembre 2009, le chanoine de la
cathédrale de Sens avait été interpellé et mis en examen pour agression
sexuelle sur mineur de 16 ans ; les derniers faits qui lui sont
reprochés se seraient déroulés le jour de Noël. Six mois plus tôt, en
juillet, le vicaire général de la cathédrale d'Angoulême avait, lui
aussi, été mis en examen pour agressions sexuelles sur deux mineures de
moins de 15 ans.
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Pédophilie : le
pape au cœur du scandale
 Le scandale des abus
sexuels éclabousse toujours davantage le sommet de l'Eglise. Le New
York Times a révélé, preuves à l'appui, que Joseph Ratzinger, alors
qu'il était en charge de la Congrégation pour la doctrine de la foi
(CDF), n'a pas relevé de ses fonctions un prêtre américain qui avait
commis des abus sexuels sur au moins 200 enfants malentendants. Et cela
bien qu'un évêque ait personnellement adressé au futur pape un courrier
en 1996 présentant la gravité des faits. Courrier auquel Joseph
Ratzinger n'aurait jamais répondu. En revanche, il a été sensible à une
lettre du prêtre abuseur, qui l'implorait de le laisser en paix. Le New
York Times a eu accès à des documents confidentiels grâce à deux
avocats, Jeff Anderson et Mike Finnegan, représentant cinq hommes qui
ont intenté quatre actions en justice contre l'archidiocèse de
Milwaukee, où se sont déroulés les abus. Ces documents comprennent la
correspondance entre différents évêques et le Vatican, les déclarations
sous serment des victimes, les notes écrites d'un expert des troubles
sexuels ayant examiné le prêtre abuseur, ainsi que les notes d'une
rencontre finale au Vatican concernant ce cas.
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Les détecteurs
de radars dans le viseur des gendarmes
Les détecteurs de
radars permettent aux automobilistes de déjouer les contrôles de
vitesse fixes et mobiles.
Depuis le début du mois, quelque 600 détenteurs de détécteurs illégaux
de radars routiers ont déjà été identifiés par des cybergendarmes. Ils
encourent 1.500 euros d'amende et un retrait de deux points.
«Ce matin-là, les gendarmes sont venus frapper à ma porte à 7h30.
Cueilli au saut du lit, ils m'ont demandé de leur remettre le détecteur
que j'avais acheté sur le web.» Réveil musclé pour Nicolas S.,
détenteur d'un détecteur de radars illégal, qui témoigne dans les
colonnes de l'hebdomadaire Auto Plus. Forcé de remettre son appareil de
détection, il a été entendu par les gendarmes et attend désormais «que
la sanction tombe» : selon le code de la route, il risque 1500€
d'amende, un retrait de deux points et une éventuelle suspension de
permis.
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L'utilisation
des systèmes de détection de radars explose
Par Cyrille Louis
 Un motard équipé d'un
détecteur de radar sur le bras. Autorisés dans la plupart des pays
européens, Coyote et ses concurrents ne sont à ce jour prohibés qu'en
Suisse, en Autriche et en Allemagne.
Un motard équipé d'un détecteur de radar sur le bras. Autorisés dans la
plupart des pays européens, Coyote et ses concurrents ne sont à ce jour
prohibés qu'en Suisse, en Autriche et en Allemagne.
L'engouement des automobilistes pour ces dispositifs capables de
signaler la présence de radars inquiète les pouvoirs publics.
Ils se prénomment Coyote, Avertinoo, Snooper - et leur succès fulgurant
est désormais scruté de près par les pouvoirs publics. Pour l'heure,
ces équipements électroniques capables de détecter des radars fixes
aussi bien que mobiles sur le bord des routes sont certes parfaitement
autorisés en France. Depuis peu, cependant, plusieurs associations de
lutte contre l'insécurité routière en demandent l'interdiction.
Policiers et gendarmes spécialisés dans la surveillance des routes
s'inquiètent de leur multiplication. Signe d'une relative
effervescence, enfin, le secrétaire d'État aux Transports, Dominique
Bussereau, a récemment averti, du bout des lèvres, au micro d'Europe 1
: «C'est un moyen qui, pour l'instant, est légal. S'il venait à gêner
la lutte contre la sécurité routière, nous serions amenés,
naturellement, à étudier ce cas-là.»
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Pour 24% des
Républicains, Obama est l'Antéchrist

Par Charlotte Menegaux
Un sondage fait état
d'opinions pour le moins extrêmes sur le président américain. Ainsi,
45% des Républicains interrogés le voient comme un «ennemi de
l'intérieur».
La diabolisation
de Barack Obama continue. Un an après la prise de fonction du président
américain, l'Institut de sondages Harris * est allé voir du côté des
Républicains ce qu'ils pensaient du président démocrate. Les résultats
sont édifiants : 67% d'entre eux le voient comme un «socialiste»
(qualificatif peu élogieux Outre-Atlantique), 57% comme un musulman, et
42% comme un raciste.
Des résultats qui en deviennent presque inquiétants pour Obama, au fur
et à mesure du sondage : 38% des Républicains interrogés pensent qu'il
«agit comme l'avait fait Hitler», et 24% voient en lui l'Antéchrist,
cette figure d'imposteur maléfique de l'eschatologie chrétienne, qui
ramène invariablement la fin du monde. On se souvient qu'un spot de
campagne de John McCain avait déjà joué sur cette comparaison, avant
l'élection de Barack Obama.
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Du monde au chevet d’Haïti
par Gustavo Torres*
pour la section Martinique de la Ligue
des Droits de l’Homme
22 mars 2010
"Les peuples vont leur pas, Majesté ;
leur pas secret."
in la tragédie du roi christophe
acte III scène 6
Aimé Césaire. 1963.
 Il y a des pays qui sont
tellement plus que des pays qu’ils cessent d’être des lieux concrets et
deviennent des mythes.
Il y a des pays qui ne sont plus des pays mais des légendes et qui font
davantage par leur rayonnement à l’extérieur que pour leur propre
peuple.
Haïti est de ceux-là…
L’ursss fut ainsi, durant des décennies, davantage l’épouvantail qui
permit aux syndicats occidentaux de remporter les grands combats pour
le droit du travail de ce coté-ci du rideau de fer que la grande
aventure sociale qu’on voulait bien croire, et elle préserva ainsi
paradoxalement le système capitaliste libéral…
Cuba est encore aujourd’hui davantage un modèle pour les débats de
café-de-commerce des intellectuels latino-américains que la réalité
d’un peuple fatigué qui crut pouvoir bâtir seul une voie différente de
celle imposée par l’hégémonie américaine de l’après Monroe…
Haïti est lui aussi victime de cette distorsion pénible qui en fait un
mythe (la première République nègre) et empêche de voir sous les
lustres des vernis décrépis, la réalité d’un peuple laminé par des
siècles d’irrespect…
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Cosmétiques : attention à
la potion chimique

Les cosmétiques "sans parabens", naturels, bio sont un marché
florissant, qui croît à un rythme de 40 % par an en France. Cet
engouement répond à une mode qui tend vers le rejet du tout chimique, à
un besoin d'être rassuré sur l'innocuité des produits d'usage courant.
Mais, dans la vie quotidienne, "il est difficile pour le consommateur
d'identifier les substances à éviter dans les produits de beauté, tant
le nombre de composants possibles est élevé et leur nature parfois pour
le moins surprenante", explique Annie Sasco, directrice de recherche à
l'Inserm de Bordeaux, responsable de l'équipe épidémiologie pour la
prévention du cancer. "Pourtant, la directive européenne qui réglemente
les cosmétiques devient de plus en plus contraignante. Elle recense pas
moins de 1 328 produits interdits", poursuit le docteur Sasco.
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«Ce pays où l'on doit
choisir entre se loger et se soigner»
Par Adèle Smith
TÉMOIGNAGES - Les exemples de malades ruinés ou non traités car
dépourvus d'assurance-maladie abondent.
À New York
Mary McDonnell ne
s'intéresse pas à la politique mais, dimanche, elle a allumé une bougie
pour la réforme de la santé, à quelques heures du vote de la Chambre
des représentants. «Je prie pour Obama en ce jour historique, je prie
pour que l'Amérique ne soit plus ce pays où l'on doit choisir entre
perdre sa maison ou sa santé, où l'on meurt parce qu'on n'a pas
d'assurance», lance la septuagénaire sur les marches de la petite
église catholique Santa Monica à Manhattan. Mary bénéficie de Medicare,
l'assurance créée en 1965 pour les personnes âgées, mais sa fille qui
vit dans l'Ohio a perdu son emploi et l'assurance qui allait avec. Elle
n'a pas les moyens de rembourser ses factures d'hôpital, qui atteignent
des dizaines de milliers de dollars en raison de complications liées à
une opération à l'abdomen. Son cas n'est pas rare. Les Américains
dépourvus d'assurance-maladie à un moment ou à un autre sont estimés à
46 millions. Si la réforme passe, 31 millions seront couverts.
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Sans visage, pas de
contrat social
Par MICHEL SERRES Philosophe
Il
était
une
fois un berger qui avait perdu un agneau. Parti à sa
recherche, il pénétra dans une anfractuosité de rocher, où il
découvrit, dans l’ombre, un tombeau ancien contenant un gisant qui
portait à un doigt une bague. Comme nul ne le voyait, le berger déroba
le bijou. Retrouva-t-il sa bête, nous ne le saurons jamais. Plus tard,
au cours d’une réunion, alors qu’il jouait négligemment avec son nouvel
anneau, surprise, quand le chaton passait sous son annulaire, il
devenait invisible. Il comprit les avantages de la situation, pénétra
chez les voisins, les cambriola, s’enrichit, visita le palais du roi,
assassina le souverain, prit sa place et la reine, jamais repérable
pour répondre de ses exactions, impuni. Nul ne pouvait deviner qui
avait volé, violé, tué. Invisible, il voyait sans être vu. La
visibilité oblige à répondre personnellement de ses actes : première
assurance de sécurité publique ? Fondement du droit ?
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Réforme de la santé
américaine : une victoire historique à l'avenir incertain
Oui, ils ont fait
l'histoire", titre le Washington Post. Après des mois d'âpres
négociations au Congrès, Barack Obama a remporté, dimanche 21 mars, une
victoire législative majeure avec l'adoption d'une réforme historique
de l'assurance maladie. En portant personnellement cette réforme, M.
Obama "a démontré qu'un président qui a un but, adopte un plan de
bataille et s'y tient, n'est pas facile à mettre en défaut", souligne
le Los Angeles Times.
La Chambre des représentants a approuvé par 219 voix contre 212 le
texte adopté en décembre par le Sénat, alors qu'une majorité de 216
voix était nécessaire. "En bien des manières, cette bataille est la
continuation des débats passionnés de la campagne de 2008", souligne
Mother Jones. Le Wall Street Journal, pour sa part, ne décolère pas du
ralliement de l'élu du Michigan, Bart Stupak, connu pour ses positions
anti-avortement, et qui aurait "vendu son âme à un exécutif édenté". Au
total, 34 démocrates ont voté contre le projet de loi avec 178
républicains, dont pas un n'a voté pour la réforme.
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L'affect révolutionnaire,
c’est l’enthousiasme pour l’événement
Peut-on encore croire aux lendemains qui chantent ?
Par ALAIN BADIOU philosophe
 Les «lendemains
qui chantent» n’ont jamais été qu’une mythologie, plus employée, à vrai
dire, par les ennemis de la pensée révolutionnaire ou communiste que
par ses amis ou ses militants. Cette mythologie soutenait qu’on allait
demander aux ouvriers et gens du peuple des sacrifices innombrables, au
nom d’un futur nébuleux dont la réalisation serait constamment
différée. C’était une des variantes de la propagande encore la plus
active aujourd’hui : «Ce que vous avez n’est pas grand-chose, mais
c’est réel, et ce que la politique d’émancipation vous promet est
formidable, mais n’existe pas». Mais est-ce au nom d’une promesse
fumeuse que des millions de gens se sont ralliés, et, n’en doutons pas,
se rallieront, à des actions et des pensées politiques totalement
étrangères au capitalo-parlementarisme qui prétend incarner la
«réalité» ? Je n’en crois rien.
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Lettre sur les suicides à
l’usage des vivants
Par Jean-Jacques Delfour
 Lecteur, je le sais, toi
aussi tu as éprouvé le désir d’en finir. Ce désir, aujourd’hui tu le
maudis ; mais tu crains peut-être que, demain, il agite à nouveau
ton cœur et te séduise encore. Ou bien tu couves ce désir de mourir
comme une braise sous la cendre, comme un trésor caché et inavouable,
un ultime recours. Ou encore, ce désir ne t’est jamais venu à l’esprit,
sauf dans des moments de crise extrême, où, soudain, il a surgi,
terrifiant de réalité, presque invincible ; et tu t’es empressé de
l’oublier, lui et son vertige, son attraction qui t’a semblé quasi
irrésistible. Ou, encore, il a peut-être vogué vaguement à l’horizon de
tes pensées, comme une rêverie lointaine et bénigne, qui concerne
surtout les autres, ceux qui manquent de force, ceux qui n’ont pas,
comme toi, une énergie capable de braver le danger, crois-tu. Si tu es
dans ce cas, ne t’imagines pas étranger à cette tentation : si tu
l’attribues à autrui, c’est peut-être afin de t’en défendre, de
l’exorciser, la conjurer de rester éloignée de toi. Un jour, peut-être,
elle t’assaillira.
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Réponds ou j'appuie sur
le bouton: Biais de sélection et autorité télévisuelle,
par Philippe Delacote
 L'émission "Le
jeu de la mort" (reportage diffusé sur France 2 le 17 mars) entend
reproduire l'expérience de Milgram afin de prouver l'autorité qu'a
aujourd'hui la télévision sur la population, et donc la soumission
potentielle des individus à la télévision.
Le principe est simple : des participants à un jeu télévisé doivent
infliger des décharges électriques de plus en plus fortes à un candidat
lorsque celui-ci répond mal aux questions posées. A l'insu des
participants, les décharges sont fausses et le candidat est un acteur.
Il apparaît alors que 81 % des participants à ce jeu vont jusqu'à
infliger la décharge électrique maximale (contre 62 % chez Milgram),
malgré les cris et les demandes répétées du faux candidat de cesser le
jeu.
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Face au Jeu de la Mort, le choix de la
vie,
par Jacques Lecomte
 "Le Jeu de la mort"
est arrivé sur nos écrans, précédé d'une couverture médiatique
exceptionnelle. Sous prétexte de critiquer les dérapages de la
téléréalité, les réalisateurs nous ont offert une expérience de
téléréalité dont le titre racoleur et le contenu n'ont rien à envier à
celui des émissions qu'ils dénoncent.
La télévision nous habitue de plus en plus à la violence chez l'être
humain, et cette émission n'échappe pas à cette tendance. Or les médias
ne font pas que décrire le monde, ils façonnent également notre
représentation du monde. Ainsi, cette émission risque fort de conduire
le téléspectateur à croire que la soumission et la violence meurtrière
constituent des composantes majeures de l'être humain.
Or il ne s'agit là que d'une face de la médaille. Car l'être humain a
autant de potentialités vers l'empathie que vers la violence, vers
l'altruisme que vers l'égoïsme. Rappelons donc d'autres réalités mises
en évidence par les sciences humaines.
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Mon dernier voyage à
Buchenwald

Dans
un
texte superbe, Catherine Herszberg a évoqué récemment
une visite à Auschwitz, à l'occasion du 65e anniversaire de la
découverte du camp par l'Armée rouge. Elle y accompagnait une vieille
parente, ancienne déportée. Et son récit - ironie décapante, précision
du regard, émotion maîtrisée - confirme avec éclat l'idée qui est la
mienne depuis des années : il n'y a que l'écriture, il n'y a que les
écrivains qui soient capables de maintenir vivante la mémoire de la
mort. Sinon, si les écrivains ne s'approprient pas cette mémoire
concentrationnaire, s'ils ne la font pas revivre et survivre par leur
imagination créatrice, elle va s'éteindre avec les derniers témoins,
elle cessera d'être une mémoire charnelle du vécu de la mort.
Le texte de Catherine Herszberg avait pour titre précisément,
prémonitoirement, "Les funérailles de la mémoire".
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Pour en finir avec
l’hypocrisie de la garde à vue
Par ALAIN MIKOWSKI Président de la
commission «Libertés et droits de l’homme» du Conseil national des
barreaux, CLARISSE TARON Présidente du Syndicat de la magistrature
 La soudaine centralité médiatique de la
question du placement en garde à vue aura sans doute réjoui tous ceux
qui, un jour soumis à cette mesure, en ont conservé intact le souvenir
traumatisant et s’étonnaient légitimement du consensus apparent qui en
entourait l’utilisation massive. Elle aura aussi ravi tous les
professionnels du droit, policiers, avocats, magistrats qui se sont
inquiétés, ces dernières années, de la généralisation de cette pratique
et ont espéré une prise de conscience de leurs concitoyens à ce sujet.
Le gouvernement, en revanche, a visiblement été pris au dépourvu. Le
ministre de l’Intérieur qui se félicitait encore quelques semaines
auparavant de l’explosion du nombre de gardes à vue, a été contraint
d’admettre qu’une réforme s’imposait, sans toutefois se risquer à en
proposer une. Tout à ses stratégies répressives, Hortefeux n’a pas
hésité à invoquer le risque d’une «victoire des avocats et des juges
sur les policiers», feignant d’oublier que le droit doit être pensé à
l’unique profit des citoyens, dont plusieurs centaines de milliers se
retrouvent chaque année confrontés à des gardes à vue souvent inutiles.
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L'Amérique latine
célèbre ses premiers mariages gays

Par Marion Brunet
Une cérémonie collective a été
organisée jeudi dans l'Hôtel de ville de Mexico pour l'union de quatre
couples gays. Crédits photo : AFP
Quatre couples homosexuels ont prêtés serment jeudi à Mexico. La
capitale mexicaine avait légalisé en décembre dernier le mariage
homosexuel.
La scène est inédite. Deux femmes sont devenues jeudi à Mexico les
premières homosexuelles à se marier en Amérique latine. Une union
rendue possible par la légalisation du mariage gay, votée en décembre
dernier dans la capitale mexicaine.
Un autre couple féminin et deux masculins se sont unis quelques minutes
plus tard, lors d'une cérémonie collective organisée dans l'Hôtel de
ville de la capitale et retransmise à la télévision. Ils avaient pris
pour témoin le maire de Mexico, Marcelo Ebrard, une des principales
figures de la gauche. Un parti minoritaire dans ce pays administré par
le président conservateur Felipe Calderon.
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La jupe, une histoire
décousue
 Elle a longtemps balayé les
trottoirs, cachant des jambes que la décence recommandait de soustraire
aux regards avant de remonter dans un vent de liberté au ras des
fesses. Elle a des lustres durant nourri les fantasmes d’hommes dont
les pupilles se dilataient à l’idée de voir dessous, avant que quelques
mâles ne se mettent à revendiquer de la porter aussi…
Droite, parapluie, plissée ou portefeuille, la jupe est bien plus qu’un
petit bout de tissu frivole. C’est un symbole dans lequel défile
l’histoire des femmes, de leur soumission à un ordre masculin, puis de
leur libération avant un XXIe siècle chahuté par des débats sur les
identités de genre et les interdits vestimentaires.
Ce que soulève la jupe(identités, transgressions, résistances) (1),
c’est ce qu’explore l’historienne au regard féministe Christine Bard
dans cet ouvrage paru ce matin. Exercice de détricotage avec ce
professeure d’histoire contemporaine à l’université d’Angers, plus
portée sur le confort d’un pantalon large que sur la minijupe…
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| Le jour où la
police gardera la paix des ménages
Par PHILIPPE HUNEMAN Philosophe, chargé
de recherches au CNRS et à l’Institut d’histoire et de philosophie des
sciences et des techniques (IHPST)

Un «mariage gris», la dernière
trouvaille sémantique du ministre de l’Immigration, est évidemment, un
demi-mariage blanc. Alors que ce dernier découle du consentement des
deux parties à souscrire à une fausse union afin que l’une d’elles
obtienne des papiers, il y a mariage gris lorsqu’une seule des parties
est informée de ce but du mariage et, ses papiers en poche, quitte
l’union avec quelques bénéfices collatéraux - une demi-maison, par
exemple.
L’absurdité du concept consiste en ceci que très généralement tout
couple inclut la possibilité que l’un des deux s’unisse à l’autre pour
une autre raison que celle qu’il donne, laquelle est en général quelque
chose comme l’amour. Combien de couples où un homme épouse une femme
pour son argent ou ses honneurs et la quitte lorsqu’il a tout pris (ou
parfois même l’inverse) ? Le mariage gris tombe évidemment sous le
concept qui définit aussi bien tous ces cas pathétiquement banals, sauf
qu’au lieu d’argent, de beauté ou d’appartement à Douarnenez, il s’agit
de carte de séjour. Criminaliser cela impliquerait donc de criminaliser
une bonne partie des unions célébrées.
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| Pour en finir
avec le piège de l'identité nationale
par Yves-Charles
Zarka
 Le débat
sur "l'identité nationale" est un piège, plusieurs l'ont dit à juste
titre. Pour ne pas y tomber, je pensais qu'il ne fallait pas y
participer.
Un facteur m'a fait changé d'avis et m'incite aujourd'hui à prendre
position : si chacun voit bien le piège, tant il est grossier, il ne me
semble pas que ses ressorts aient été adéquatement analysés. J'irai
même plus loin, Eric Besson savait parfaitement ce qu'il faisait en
mettant en place son épouvantail, mais il serait sans doute bien en
peine d'en décrire les ressorts.
Pour démonter le piège du débat sur l'identité nationale, il faut faire
un peu de philosophie. La notion d'identité n'est pas simple, elle est
double. Il y a deux types d'identité fondamentalement distincts. Il y a
d'abord l'identité permanence. L'identité se définit alors par le
maintien, la préservation d'un élément essentiel qui demeure le même
dans le temps et nous permet de reconnaître une chose comme la même,
idem en latin. Traduisant le mot anglais sameness, Paul Ricœur parlait
de "mêmeté", ou d'une "identité mêmeté", qui repose sur la permanence.
Si une chose change dans toutes ses dimensions, si rien ne demeure, on
dit alors qu'elle n'est plus la même chose, qu'elle a perdu son
identité. Mais, il y a aussi un autre concept de l'identité, c'est le
rapport à soi, l'ipséité, terme qui vient du latin ipse, et qui
signifie le soi, le rapport à soi, en anglais le self.
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Les
Martiniquaises
à
travers les âges
Compte-rendu par Michel Herland
Femmes de la Martinique : quelle histoire ? Archives
départementales, Fort-de-France, 2009, 98 p., 14 €.
Alexandre Cadet-Petit, La Femme – un roman de plus de 69
pages, Desnel, Fort-de-France, 2008, 287 p., 20 €.
La femme est-elle vraiment
l’avenir de l’homme ? La confrontation des
deux ouvrages consacrés récemment à la
femme martiniquaise ne permet pas d’aboutir
là-dessus à une réponse bien
tranchée.
lire la suite par Michel Herland

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La question
raciale, si explosive

L'élection de
M. Obama a eu un grand impact, mais elle est loin d'avoir fait
disparaître une réalité qui imprègne le moindre aspect de la vie
américaine
par Randall Kennedy
Un an après
l'élection historique du premier Noir à la présidence des Etats-Unis,
le mécontentement qui monte contre lui est-il lié à la couleur de sa
peau ?
Sans hésitation, oui. Je ne prétends pas que quiconque critique Barack
Obama est raciste. Mais ce dont je suis certain, c'est que la question
raciale imprègne le moindre aspect de la vie américaine. Certains
Blancs ne reconnaissent pas la légitimité d'un Noir à la tête des
Etats-Unis. D'autres font seulement mine de l'admettre. Une partie de
l'opposition est clairement nourrie par des préjugés raciaux. Il faut
se rappeler qu'Obama n'a rassemblé que 43 % des votes des Blancs. Si
les Blancs avaient été les seuls à voter, John McCain serait le
président des Etats-Unis.
De quelle façon cette hostilité raciale
s'exprime-t-elle ?
Au sein de la droite américaine, les préjugés raciaux sont utilisés
pour mobiliser des sentiments anti-Obama. Dans certaines réunions, les
tea parties, circulent des dessins humoristiques figurant le président
sous les traits d'un singe, avec des légendes qui affirment qu'il n'est
pas américain, autrement dit pas blanc, et disent : " Retourne en
Afrique ! " La droite utilise au maximum la question raciale pour "
noircir " Obama. Rush Limbaugh - animateur de radio ultraconservateur
très populaire - adore rappeler qu'il est noir. Il s'agit pour les
détracteurs du président d'affaiblir le soutien populaire en l'accusant
d'être anti-Blancs, de vouloir privilégier les Noirs.
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La hargne de
Sarkozy envers Obama

C'est plus fort
que lui : quand on lui parle de ses échecs, Nicolas Sarkozy renvoie
vers ceux de Barack Obama. Interrogé, lundi dernier sur TF1, sur sa
méthode consistant à multiplier les réformes tous azimuts, il a répondu
par une pique cinglante : "J'ai vu que M. Obama, pour lequel j'ai de
l'estime et même de l'amitié, [a tout misé sur sa réforme de la santé].
Je n'ai pas vu que ça rendait les choses plus simples."
LES REMARQUES D'ALAIN MINC
Le président français n'en est pas à son coup d'essai. Début novembre,
il avait déjà énoncé cet argument devant quelques journalistes – mieux
vaut faire beaucoup de réformes qu'une seule –, assorti d'un
commentaire peu amène : "Obama est au pouvoir depuis un an et il a déjà
perdu trois élections partielles. Moi, j'ai gagné deux législatives et
les européennes. Qu'est-ce qu'on aurait dit si j'avais perdu ?" Loin
d'être anecdotique, la mauvaise humeur envers son homologue américain
est devenue quasiment structurelle chez Nicolas Sarkozy. "Chaque fois
qu'il peut le critiquer, il le fait, que ce soit en Conseil des
ministres ou devant des visiteurs", indique, sous le couvert de
l'anonymat, un bon connaisseur de la diplomatie française.
"Il n'arrive pas à avoir des rapports normaux avec Obama, ajoute cette
source. Il dit toujours : 'Si j'avais fait la même chose que lui,
qu'est-ce qu'on m'aurait dit ?' C'est une relation malsaine. On a
l'impression qu'il tire prétexte des difficultés d'Obama à chaque fois
qu'il peut. Son comportement est infantile, indigne d'un président."
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Les journalistes Caribéens créent le
B.I.C
Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) - Samedi 5 décembre 2009 - (BIC)
A
l’issue
d’un
colloque sur le thème « Médias outils d’intégration et de
développement dans la Caraïbe » organisé les 4 et 5 décembre 2009 au
Lamentin (Guadeloupe) par l’hebdomadaire guadeloupéen « Nouvelle
Etincelles » (organe du PCG) qui célébrait son 65e anniversaire,
des journalistes venus de plusieurs pays de la Caraïbeont décidé de la
création du Bureau d’Information de la Caraïbe, ou BIC.
Cette structure, la première du genre dans cette région du monde, s’est
fixée pour missions de : développer la coopération entre les
journalistes caribéens, dans le but de faciliter à la fois, les
rapports transversaux entre journalistes et médias du bassin caribéen
et la circulation de l’information.
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Les hommes font taches de
ménage
Un enfant de
plus dans le couple : plus de tâches domestiques pour la mère
Une enquête montre qu'une
naissance accroît les inégalités entre hommes et femmes
 La naissance d'un enfant
modifie-t-elle la répartition des tâches au sein du couple ? C'est ce
qu'a tenté de savoir Arnaud Régnier-Loilier, démographe à l'Institut
national d'études démographiques (INED) et spécialiste de la famille.
Ses conclusions sont sans ambiguïté. " L'arrivée d'un enfant accentue
le déséquilibre du partage des tâches domestiques entre hommes et
femmes, écrit-il dans le bulletin de l'INED Population & Sociétés.
Ce sont elles qui s'éloignent du marché de l'emploi, elles aussi qui
prennent davantage en charge les tâches domestiques. "
Arnaud Régnier-Loilier s'est appuyé sur une enquête internationale qui
a permis, en France, d'interroger plus de 2 000 couples. Hommes et
femmes ont été invités à deux reprises, en 2005 et 2008, à mesurer leur
participation à sept tâches ménagères : la préparation des repas, la
vaisselle, les courses alimentaires, le repassage, l'aspirateur, la
tenue des comptes et l'organisation de la vie sociale de la famille.
Parmi les couples interrogés, un quart a eu un enfant entre les deux
enquêtes.
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«Il ne faut pas que l’âme de Haïti
disparaisse sous l’aide internationale»
par Gustavo Torres,
pour la section
Martinique de la Ligue des Droits de l’homme
 Il faut donner de
l’argent pour Haïti, beaucoup d’argent, et il faut continuer à donner
mais sans que cela nous disculpe, sans que ce geste si simple et facile
pour nous qui vivons du coté de l’opulence ne nous dédouane…
Et il faut donner du temps
pour Haïti, et il faut continuer à donner de soi – ce qui est déjà un
peu plus embarrassant – pour continuer à s’investir personnellement et
aider Haïti à se reconstruire…
Mais essentiellement il faut
aussi de la « vigilance » pour aider Haïti. Pour que personne
ne profite de ce que le géant a un genou à terre pour lui tordre le
cou… pour que personne ne vienne lui donner des leçons, lui faire la
morale ni lui imposer un modèle de société.
La section Martinique de la Ligue des Droits de l’Homme appelle à votre
générosité pour continuer à collecter de l’argent dans le public
(indispensable et d’autant plus nécessaire qu’il vient des poches
citoyennes qui ne monnayent pas la solidarité), et pour continuer à
donner de votre temps (si précieux) et surtout pour que en vous sentant
responsable de Haïti vous veilliez à ce que personne ne touche à son
âme…
Car la machine qui s’est déjà mis en route est redoutable, toute
habillée de bonnes intentions…
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| Tunisie : la
scandaleuse condamnation de Taoufik Ben Brik
par William Bourdon, Hélène Flautre,
François Gèze...
 L'accord d'association
entre l'Union européenne et la Tunisie doit être suspendu.
L'atroce comédie en quatre actes se déroule sous nos yeux, mais, en
haut lieu, personne ne bouge.
Acte I : le 25 octobre 2009, le général Zine el-Abidine Ben Ali est
"réélu" pour un cinquième mandat à la tête de la Tunisie avec 89,62 %
de suffrages exprimés, s'attirant aussitôt les "sincères" félicitations
du président français, Nicolas Sarkozy.
Acte II : le même jour, à 16 h 45, le journaliste Taoufik Ben Brik,
infernal trublion depuis plus de dix ans – et qui depuis des semaines
distillait ses billets assassins contre le régime tunisien sur de
nombreux sites Web –, fait l'objet d'une provocation, qu'il dénonce
immédiatement par des posts aux sites Web français : alors qu'il va
chercher sa fille de dix ans à l'école, il est violemment pris à partie
par une automobiliste, qui l'accuse contre toute évidence d'avoir
heurté son véhicule et de l'avoir agressée.
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Éloge de la
métamorphose
par Edgar Morin
 Quand un système est incapable de traiter ses
problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre ou alors il est capable
de susciter un meta-système à même de traiter ses problèmes : il se
métamorphose. Le système Terre est incapable de s'organiser pour
traiter ses problèmes vitaux : périls nucléaires qui s'aggravent avec
la dissémination et peut-être la privatisation de l'arme atomique ;
dégradation de la biosphère ; économie mondiale sans vraie régulation ;
retour des famines ; conflits ethno-politico-religieux tendant à se
développer en guerres de civilisation.
L'amplification et l'accélération de tous ces processus peuvent être
considérées comme le déchaînement d'un formidable feed-back négatif,
processus par lequel se désintègre irrémédiablement un système.
Le probable est la désintégration. L'improbable mais possible est la
métamorphose. Qu'est-ce qu'une métamorphose ? Nous en voyons
d'innombrables exemples dans le règne animal. La chenille qui s'enferme
dans une chrysalide commence alors un processus à la fois
d'autodestruction et d'autoreconstruction, selon une organisation et
une forme de papillon, autre que la chenille, tout en demeurant le
même. La naissance de la vie peut être conçue comme la métamorphose
d'une organisation physico-chimique, qui, arrivée à un point de
saturation, a créé la méta-organisation vivante, laquelle, tout en
comportant les mêmes constituants physico-chimiques, a produit des
qualités nouvelles.
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Du mal fondé de
la question de l’identité nationale
par Olivier LARIZZA
Il existe en rhétorique une
figure que l’on illustre souvent, quand on est amené à l’enseigner aux
étudiants de littérature, par la fameuse formule de Racine,
« obscure clarté ». C’est aussi le « soleil noir de la
mélancolie » de Gérard de Nerval. Cette figure est l’oxymore, qui
désigne une impossibilité de sens, une contradiction dans les termes.
De là qu’elle peut susciter, quand on s’attache à la démêler, des pages
d’explications.
« Identité nationale » est un oxymore.
La nation est, par définition, collective. Elle est une donnée
administrative liée à un territoire géographiquement et politiquement
défini ; d’ailleurs la carte nationale d’identité (qui n’est pas,
précisément, la carte d’identité nationale) informe sagement sur des
éléments qui ne sont ni culturels, ni religieux, ni symboliques, comme
votre date et lieu de naissance.
L’identité, à l’inverse, relève de l’intime ; Voltaire y décelait
« la conscience de la persistance du moi ». Et c’est une vue
de l’esprit, ou une prise de position partisane, c’est-à-dire
idéologique, que d’amalgamer le processus historique ayant abouti à la
création de la nation (lequel est toujours susceptible de se
poursuivre) avec la construction d’une identité collective. Cet
amalgame est contemporain et il convoque l’irrationnel. Mais on conçoit
qu’il s’accorde avec les ambitions d’un pouvoir centralisateur,
jacobiniste.
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Nous exigeons la suppression du
ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration
Promesse électorale de Nicolas
Sarkozy, la création d’un ministère chargé de l'Immigration et de
"l'Identité nationale" a introduit dans notre pays un risque
d'enfermement identitaire et d'exclusion dont on mesure, chaque jour
depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des
mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et
stigmatisent l'étranger – et par ricochet, quiconque a l'air étranger.
Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et
d'Afrique, et leurs descendants, sont séparés d'un «nous» national pas
seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les
plans matériel, administratif et idéologique.
Qu'a fait naître ce ministère ? De nouveaux objectifs d'expulsion
d'étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l'enfermement
d'enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité,
l'expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit
d'asile, la multiplication des contrôles d'identité au faciès, enfin la
naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le
principe d'égalité...
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Jonathan
Littell :
«L'idéologie
indépendantiste tchétchène est morte»
Jonathan Littell. (Dessin :
Dobritz)
Propos
recueillis par Isabelle Lasserre
 INTERVIEW - Jonathan Littell, auteur des Bienveillantes
(Goncourt 2006) publie un essai sur la Tchétchénie*, fruit d'un
reportage effectué en avril dernier.
Dans son dernier livre, Jonathan Littell brosse un tableau inquiétant
d'un pays où il a séjourné à plusieurs reprises, dans le cadre de
missions humanitaires.
LE FIGARO. - Comment vit-on en Tchétchénie à
l'heure de Vladimir Poutine et de Dmitri Medvedev ?
Jonathan LITTELL. - La Tchétchénie est une République assez irréelle,
avec un énorme décalage entre les apparences et la réalité. Grozny, la
capitale, a été entièrement reconstruite depuis la seconde guerre. Tout
à l'air normal. Dans le centre-ville, il y a maintenant des restaurants
de sushis, des grands supermarchés qui vendent des DVD, des magasins
d'électronique. Et en même temps, des gens disparaissent, même le jour.
La répression s'était calmée en 2007. Lorsqu'il est arrivé au pouvoir
cette année-là, avec la bénédiction du Kremlin, (pour succéder à son
père, Akhmad, tué dans un attentat en 2004), le président tchétchène
Ramzan Kadyrov a calmé le jeu pour asseoir sa légitimité. Les
disparitions et les actes de torture ont diminué. Mais en 2008, la
situation a recommencé à se détériorer. Elle s'est franchement dégradée
en 2009. Les enlèvements (de civils soupçonnés de liens avec la
rébellion) sont de plus en plus fréquents. Certains ne reviennent
jamais, d'autres reviennent après avoir été torturés.
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L'Appel
de
Mediapart: «Nous ne débattrons pas»
Mediapart
lance avec plusieurs dizaines de personnalités un appel à refuser le
«grand débat sur l'identité nationale» organisé par le pouvoir. Nous
souhaitons que cet appel soit à l'origine d'une grande pétition
citoyenne qui suscite un vaste rassemblement. Vous pouvez, ci-dessous,
en bas de page, le signer en ligne.
Nous ne débattrons pas
Par
principe, nous sommes favorables au débat. A sa liberté, à sa
pluralité, à son utilité. C'est pourquoi nous refusons le « grand
débat sur l'identité nationale » organisé par le pouvoir :
parce qu'il n'est ni libre, ni pluraliste, ni utile.
Il n'est pas libre car c'est le gouvernement qui le met en scène, qui
pose les questions et qui contrôle les réponses. Il n'est
pas pluraliste car sa formulation réduit d'emblée notre diversité
nationale à une identité unique. Il n'est pas utile car cette manœuvre
de diversion est une machine de division entre les Français et de
stigmatisation envers les étrangers.
Affaire publique, la nation ne relève pas de l'identité, affaire
privée. Accepter que l'Etat entende définir à notre place ce qui nous
appartient, dans la variété de nos itinéraires, de nos expériences et
de nos appartenances, c'est ouvrir la porte à l'arbitraire, à
l'autoritarisme et à la soumission.
La République n'a pas d'identité assignée, figée et fermée, mais des
principes politiques, vivants et ouverts. C'est parce que nous
entendons les défendre que nous refusons un débat qui les discrédite.
Nous ne tomberons pas dans ce piège tant nous avons mieux à faire :
promouvoir une France de la liberté des opinions, de l'égalité des
droits et de la fraternité des peuples.
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Que
reste-t-il
de l’universel européen ?
Par MAX ARMANET
Edgar Morin Sociologue, philosophe.
Paul Thibaud Philosophe, essayiste, ancien directeur de la revue Esprit.
En
1989,
le
Mur chute, l’Europe triomphe. Elle vient de mettre fin à son
dernier schisme. Au nom de valeurs universelles, sa civilisation s’est
mondialisée. Paradoxe : depuis 1989, l’Europe semble plus préoccupée
par l’organisation de sa monnaie et de son marché que du rayonnement de
son humanisme héritier de Rome, Athènes et Jérusalem. Que reste-t-il de
l’universel européen ?
Paul Thibaud : 1989 a été une victoire
par forfait. Après quarante ans, les deux adversaires n’étaient pas en
forme. Pierre Hassner disait qu’entre communismes et démocraties
c’était une course à qui se décomposerait le premier. On a vu ! Mais
cette victoire a été comme la réalisation d’une utopie résignée, celle
du «rien de mieux à proposer» que ce que connaissait un Occident en
marasme politique, apathie civique, panne d’idées, pour réformer ou
relancer son modèle socio-économique de l’après-guerre. C’est donc dans
un marché que l’Europe de l’Est a été reçue. Le monde que nous
connaissons a pris forme à ce moment-là, c’est celui qui a congédié la
politique et vit une mondialité quasi mécanique dont l’Occident est le
foyer, même (là est la différence) s’il ne la maîtrise plus.
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La pauvreté en plus du handicap ?

Par JEAN-MARIE BARBIER Président de l’Association des paralysés de
France
Aujourd’hui, des dizaines de milliers de personnes vivent sous le seuil
de pauvreté et sont confrontées à des mesures sociales pour le moins
«antisociales» quant à leur impact ! S’il n’est pas question de nier le
contexte économique défavorable, doit-on faire payer ce contexte à ceux
qui le subissent de plein fouet ? La politique actuelle est en total
décalage avec la réalité des personnes ayant un handicap ou malades !
Exemples.
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Dans Newsweek :
"Le Viagra pour les femmes n’existe pas" 
Quand le Viagra n’existait pas,
on disait qu’un homme était impuissant. Aujourd’hui, un type qui a un
problème mécanique est réputé souffrir de troubles de l’érection
("Dysfonction Érectile" abrégé en D.E. dans ces publicités qui tournent
en boucle à la télévision), une belle réussite en terme de
travestissement de la part des labos. Mais on refuse aux femmes un
similaire relooking de leurs problèmes sexuels, car personne n’a encore
réussi à comprendre pourquoi chez certaines c’est tout le temps, et
chez d’autres presque jamais. Si on est trop fatiguée, on est
"frigide", un point c’est tout.
Cela pourrait changer, avec l’annonce cette semaine de la sortie d’une
pilule qui semble capable de stimuler le désir sexuel chez les femmes
dont la libido est faible. Ce potentiel blockbuster, développé par le
laboratoire allemand Boehringer Ingelheim, se nomme flibansérine. Au
départ testée comme antidépresseur, la flibansérine semblait vouée à
l’échec. Elle n’a pas d’effet positif sur l’humeur, mais les chercheurs
se sont aperçus qu’elle possède une déroutante qualité : elle avive
l’appétit sexuel des animaux de laboratoire et des humains.
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Hominisation,
humanisation et lois bioéthiques
Par MIREILLE DELMAS-MARTY Professeure au Collège de France. «Les Forces
imaginantes du droit» (3 vol. Seuil 2004-07), «Libertés et sûreté dans
un monde dangereux» (Seuil 2010).
 Le bicentenaire de la naissance
de Charles Darwin, celui de la Philosophie zoologique de Lamarck et les
cent cinquante ans de l’Origine des espèces sont l’occasion de rappeler
que la théorie de l’évolution est elle-même évolutive.
Hominisation et humanisation
Alors que l’évolution biologique, résulte de l’émergence d’une seule
espèce humaine (hominisation), l’évolution sociale et culturelle, plus
tardive, s’est faite par la diversification des cultures et l’émergence
d’une normativité propre à chaque groupe humain (humanisation). La
tension est peu visible car les deux processus, étudiés séparément, ne
relèvent ni de la même échelle de temps, graduée d’un côté en millions
d’années et de l’autre en milliers, ni des mêmes valeurs (vie de
l’espèce-promotion de la dignité de chaque être humain). Pourtant
Darwin lui-même, évoquant le rôle des facultés sociales et morales,
constatait déjà qu’elles limitent chez l’homme l’influence de la
sélection naturelle. Et nous entrons dans une phase où les
connaissances scientifiques permettraient sans doute de changer le mode
de reproduction et/ou les caractéristiques de l’espèce humaine, voire
de fabriquer des hybrides, homme-animal, ou homme-machine. Ainsi
l’humanisation pourrait à son tour modifier le cours de l’hominisation
par diversification de l’espèce humaine.
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Identité nationale :
refusons un débat posé en termes xénophobes !
 Le lancement du débat sur
l'identité nationale est-il un acte politique ou seulement politicien ?
Dans le contexte de la campagne pour les élections régionales de 2010
et de l'accumulation de sondages d'opinion qui lui sont défavorables,
chacun devine que le gouvernement cherche à exploiter les peurs des
Français en reliant les thèmes de l'étranger et de la sécurité, de même
que ceux du communautarisme et de la condition des femmes. Mais n'y
aurait-il pas, par ailleurs, un débat politique de fond qu'on ne
saurait refuser par principe ? Beaucoup le pensent. Toutefois ils
risquent de le regretter quand ils découvriront la façon dont ce débat
aura été organisé concrètement.
Pour le comprendre, il faut lire la circulaire envoyée aux préfets le 2
novembre par le ministre de l'immigration, de l'intégration et de
l'identité nationale, Eric Besson, leur demandant "d'organiser et de
présider" partout en France des débats locaux sur l'identité nationale,
et dont la synthèse sera ensuite imposée par le gouvernement comme le
résultat de cette vaste consultation des Français.
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par
Anne-Marie Thiesse [*]
A coups d’arguments historiques, qui
remontent parfois à l’Antiquité ou au Moyen Age, nationalistes serbes
et albanais se disputent la « propriété » du Kosovo. Tous
semblent oublier que la nation est une création vieille d’à peine deux
siècles qu’il fallut, au sens propre, « inventer » et ensuite
consolider autour de mythes fondateurs et, souvent, à coup d’épurations
ethniques.
Le regain récent des
nationalismes en Europe reflète avant tout le retard du politique et la
difficulté à forger de nouvelles identités collectives associées à un
vrai projet politique.
« Les nations ne
sont pas quelque chose d’éternel. Elles ont commencé, elles finiront.
La confédération européenne, probablement, les remplacera. »
[1] La
prédiction de Renan, vieille de plus d’un siècle, serait sur le point
de se réaliser si la situation politique du Vieux Continent, en cette
fin de siècle, n’apparaissait comme contradictoire. Alors que l’Union
européenne, entrant dans sa phase de maturité, inaugure le dépassement
de l’Etat-nation, les revendications nationalistes se multiplient, non
seulement dans l’ex-Europe communiste mais aussi à l’Ouest, comme en
Espagne, en Belgique ou au Royaume-Uni.
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Identité
nationale :
le puzzle antillais
par Michel
Herland(°)
Soulever aujourd’hui la question
de l’identité nationale, comme vient de le faire le Président de la
République, ne peut correspondre qu’à une manœuvre politicienne :
il espère ainsi ressouder la droite autour de ses valeurs
traditionnelles tout en mettant dans l’embarras une partie de la gauche
qui reste attachée aux valeurs de la République et à ses symboles.
Au-delà de l’emballement médiatique, il y a fort à parier que le débat
actuel n’inversera pas la tendance inéluctable au dépérissement de
l’identité nationale. Car il n’est plus temps de parler d’une nation
française. Celle-ci, en effet, à l’instar de l’Etat-nation dont elle
est l’une des béquilles, a perdu toute légitimité en raison des
atrocités commises en son nom pendant les deux guerres mondiales. Les
Français ne veulent plus se battre, désormais, faute de bien voir au
nom de quoi ils devraient le faire. Ainsi la colonisation a-t-elle
correspondu à un moment où la France était fière de ses valeurs au
point de vouloir les imposer à d’autres peuples. La décolonisation, au
contraire, fut comme l’aveu que la France n’avait plus rien à apporter
à quiconque.
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Crédit photo : Amyvdh
Une nouvelle molécule
«sucrante» relance la polémique sur les risques de ces produits.
 Les édulcorants sont-ils utiles pour
lutter contre le surpoids et le diabète ? Certains sont-ils
dangereux pour la santé ? Alors qu'un nouvel édulcorant issu d'une
plante d'Amérique du Sud, la stevia, vient d'être autorisé en France,
deux associations reconnues s'inquiètent de la désinformation sur ce
sujet. «La guerre des édulcorants. Noir : Aspartam. Blanc :
Stevia ? Est-ce bien vrai ?», s'insurge l'Association française des diabétiques (AFD).
De
son
côté, l'Association
française des diététiciens-nutritionnistes (AFDN) met en garde
contre «la consommation excessive de produits dits light ou allégés».
Cette polémique relance en tout cas le débat sur l'intérêt de ces
produits sucrants, tant pour les personnes obèses que pour celles
souffrant de diabète.
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Une équipe de spécialistes
en sécurité informatique développent un module permettant de se
protéger contre toute "écoute" lors d'échange de fichiers.
Une équipe de
spécialistes en sécurité informatique développent un module pour le
logiciel de navigation Firefox qui permettrait aux
internautes de télécharger sur les réseaux de peer-to-peer sans être
repérés par la future Hadopi, rapporte, jeudi 29
octobre,
le blog SecuriteOff.
Baptisé "Perseus", ce module a été développé par
Eddy Deligne et Eric Filiol, du département de la recherche de l’Ecole
Supérieure d’Informatique Electronique Automatique (ESIEA).
Concrètement, une fois installé, "Perseus" permettrait à deux
internautes d’échanger librement des fichiers en étant
protégés contre toute surveillance.
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Samuel
Laurent et Benjamin Ferran (lefigaro.fr)
28/10/2009
Le moteur de recherche
affiche les résultats dans un graphique.
Mozilla s'apprête à
lancer la troisième version de l'application de courrier électronique
Thunderbird, inspiré de Firefox. Et réfléchit aux prochaines évolutions
de la messagerie sur Internet, face à Outlook et à Google Wave.
Mozilla aimerait doubler la
mise. Après avoir convaincu le quart des Français d'utiliser son
navigateur Firefox plutôt qu'Internet Explorer, la Fondation relance
l'offensive dans la messagerie électronique. Son arme :
Thunderbird 3, le logiciel de courrier électronique, testé depuis
plus d'un an et dont une version définitive doit être mise en ligne
d'ici à la fin de l'année.
Le chantier est de taille.
D'abord accolé au navigateur Internet dans la suite Mozilla, puis
détaché lorsque Firefox est devenu un navigateur indépendant,
Thunderbird est toujours passé au second plan des préoccupations.
Ainsi, la dernière révision majeure, la version 2, remonte à plus de
deux ans. Depuis, une structure a été créée autour de la messagerie,
Mozilla Communication, pour coordonner et accélérer les développements.
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L'ONG Human rights watch
interpelle sur la situation des mineurs étrangers arrivant seuls en
France, et retenus dans la zone d'attente de l'aéroport, sans réelle
protection.
Par Marie Piquemal
«Perdus en zone d'attente». Dans un rapport publié ce jeudi
(télécharger en pdf ici), l'ONG Human Rights Watch (HRW) alerte sur la
situation des mineurs étrangers qui débarquent seuls à l'aéroport de
Roissy à Paris et qui se voient refuser l'entrée en France.
Ils se retrouvent alors dans ce qu'on appelle la zone d'attente,
enfermés au milieu d'adultes, sans protection particulière. «Ils sont
traités comme n'importe quel immigré clandestin, et non comme des
enfants. Ils peuvent être renvoyés dans leur pays d'origine ou dans un
pays de transit n'importe quand», explique Simone Troller, auteure de
cette étude.
Elle s'insurge contre l'existence même de ces zones d'attente, «fiction
juridique permettant à la France de traiter des personnes qui se
trouvent physiquement sur son territoire comme si elles étaient à
l'extérieur du pays.» Autrement dit, les mineurs isolés qui se
retrouvent dans ces zones d'attente aéroportuaires sont soumis à un
régime judiciaire très différent (bien moins protecteur) de celui des
enfants étrangers qui sont «sur le territoire français».
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Un visa pour Nanette
Alanhi Bangofa !

Répondant au Parti socialiste
qui avait protesté contre le retour au Congo (Brazzaville) d’une
lycéenne de 19 ans, Nanette ALANHI-BANGOFA, sans même que sa mère en
soit informée, le ministre de l’identité nationale « dément
l’existence d’une quelconque mesure de reconduite forcée dans le pays
d’origine prise contre cette personne »… C’est faire peu de cas du
fait qu’en moins d’un mois, cette jeune fille a reçu un refus d’asile
et une Obligation de quitter le territoire français (du 3 septembre)
qui se concluait par « Mademoiselle Nanette-Florence
ALANHI-BANGOFA est obligée de quitter le territoire français dans le
délai d’un mois ». Une formule qui ne laisse pas de place à
l’ambiguïté !
Selon le ministre Besson, Nanette aurait déposé une demande d’aide au
retour volontaire accompagnée d’une indemnité royale de 300 € et elle
serait montée volontairement dans l’avion.
Pourtant, « Nanette, jointe par téléphone a maintenu sa version
des faits, à savoir l’arrestation et l’expulsion, à sa mère, à ses
enseignants, à ses camarades.
Nous sommes devant deux versions totalement contradictoires. Nous
pouvons nous interroger, si la version de la préfecture de police se
vérifie, sur le fait que les autorités françaises aient pu obtenir
d’une jeune fille méconnaissant ses droits, son accord pour un « retour
volontaire » pour la somme dérisoire de 300 euros. »
écrivions-nous le 23 octobre à 18h, deux heures après avoir découvert,
en compagnie de la mère de Nanette, les documents publiés par la
préfecture de police.
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Pourquoi Lévi- Strauss?

«Mieux que les autres, il a conceptualisé
l'altérité, la différence, la comparaison, l'accouchement du Moi par
l'Autre»
Pourquoi Lévi- Strauss ? - Par Jean Daniel
Pourquoi Lévi-Strauss?
Sans tomber dans le travers dune dévotion aveugle, on peut constater le
sort réservé à ce penseur de 95 ans. Dans toutes les institutions
culturelles de la République, il est respecté, idolâtré et déjà
statufié. Que lui prête-t-on? Peut-être un chef-d'œuvre littéraire,
«Tristes Tropiques» (1955), qui a failli avoir le prix Goncourt tant la
magie de l'écriture faisait oublier que ce n'était pas une ?œuvre de
fiction. Un livre qui commence par une phrase aussi célèbre que le
début des romans de Proust ou de Camus: «Je hais les voyages et les
explorateurs.» On sait qu'il fut professeur au Collège de France, qu'il
est académicien et que ce grand savant a étudié de près, sur le
terrain, les mœurs des civilisations qualifiées autrefois de
primitives. On retient un titre: «la Pensée sauvage» (1962), qui a
servi, précisément, de fil conducteur au prochain hors-série du «Nouvel
Observateur».
Pour la société intellectuelle, il est l'homme qui a trouvé dans
Montaigne, Rousseau, Bergson et Mauss toutes les bases du concept
d'«Anthropologie structurale» (1958), concept que certains disciples
peuvent aujourd'hui juger moins opérationnel mais qui a renouvelé en
profondeur toute l'anthropologie française. Lévi-Strauss est un maître
tout à la fois dépassé et irremplacé. Les réfutations de ses thèses
sont toujours accompagnées dune reconnaissance de dette. Au coe?ur des
urgences les plus stimulantes, sa pensée demeure une référence. Mieux
que les autres, probablement, il a conceptualisé l'altérité, la
différence, la comparaison, l'accouchement du Moi par l'Autre.
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Quand Lévi-Strauss
dénonçait l'utilisation politique de l'identité nationale
par Philippe Descola,
professeur au Collège de France
En 2005, Claude Lévi-Strauss prononçait
un discours mettant en garde contre les dérives de politiques étatiques
se fondant sur des principes d'identité nationale. "J'ai connu une
époque où l'identité nationale était le seul principe concevable des
relations entre les Etats. On sait quels désastres en résultèrent",
disait-il. Pour Philippe Descola, professeur au Collège de France et
qui a succédé à Claude Lévi-Strauss à la tête du laboratoire
d'anthropologie sociale, "c'est la double expérience, personnelle et
politique d'un côté et d'ethnologue de l'autre, qui a conduit
Lévi-Strauss à récuser et vivement critiquer l'accaparement, par des
Etats, de l'identité nationale".
En quoi la pensée de Lévi-Strauss
éclaire-t-elle l'actuel débat sur l'identité nationale ?
Philippe Descola : Lévi-Strauss a été très marqué dans sa vie
personnelle par l'échec des démocraties européennes à contenir le
fascisme. Alors qu'il avait été tenté par une carrière politique – il
était un des espoirs de la SFIO (Section française de l'internationale
ouvrière) lorsqu'il était étudiant et avait tenté de mener une campagne
électorale dans les années 1930, interrompue par un accident de voiture
–, il a expliqué par la suite qu'il s'était senti disqualifié pour
toute entreprise politique pour n'avoir pas su comprendre le danger des
idéologies totalitaires pour les démocraties européennes. Il a
également été contraint à l'exil par les lois raciales de Vichy, donc
il a pu mesurer, dans sa vie et dans sa personne, ce que signifiait
l'adoption par des Etats de politiques d'identité nationale.
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Un siècle passé à observer
les sociétés et les hommes pour en comprendre les différences, en
saisir l'essence et appeler à en préserver les trésors. A travers une
œuvre à la croisée de la philosophie, de l'anthropologie et de la
littérature, le fondateur de l'anthropologie structurale nous propose,
selon Wiktor Stoczkowski, sa propre vision du monde. Rencontre.
Comment caractériser
l'oeuvre de Lévi-Strauss?
Cette oeuvre comporte deux aspects. Tout d'abord, il y a le
structuralisme, qui propose une méthode nouvelle d'analyse, conçue pour
interpréter les faits culturels. La méthode structurale est un outil
extrêmement technique, réservé plutôt aux spécialistes. Cette méthode
est extrêmement intéressante, mais ce n'est qu'une partie de l'immense
édifice conceptuel échafaudé par Lévi-Strauss. Dans mon livre, j'ai
fait le pari d'élucider les idées de Lévi-Strauss non seulement comme
celles de l'inventeur d'une méthode anthropologique, mais surtout comme
celles d'un penseur qui propose, en deçà d'un système théorique, une
vision du monde. Réfractant la plupart des drames devenus tristement
emblématiques du siècle passé, la pensée de Lévi-Strauss est irriguée
par la réflexion sur le problème des imperfections du monde humain,
telles que les tragédies du XXe siècle nous ont permis de les
contempler. Lévi-Strauss cherche à établir un diagnostic de ces maux,
afin de pouvoir proposer des remèdes nécessaires pour épargner à
l'humanité les périls extrêmes qui continuent à nous menacer. Il parle
des problèmes du présent et du futur proche: la croissance de la
population, la globalisation, l'uniformisation culturelle, les ravages
infligés à notre milieu naturel, la disparition des espèces vivantes,
le racisme...
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L'ethnologue Claude
Lévi-Strauss est mort

Peu de savants se sont aventurés aussi loin que Claude
Lévi-Strauss dans l'exploration des mécanismes cachés de la culture.
Par des voies diverses et convergentes, il s'est efforcé de comprendre
cette grande machine symbolique qui rassemble tous les plans de la vie
humaine, de la famille aux croyances religieuses, des œuvres d'art aux
manières de table. Le paradoxe des très grandes œuvres, celles qui sont
vraiment décisives et novatrices, est de pouvoir se caractériser en peu
de mots.
Ainsi pourrait-on dire qu'il déchiffra le solfège de l'esprit. A tout
le moins, il s'en approcha, et de fort près, à force de rigueur et
d'invention conceptuelle. Parler d'un solfège de l'esprit n'est pas
seulement le prolongement de cette métaphore musicale toujours présente
dans l'œuvre de l'anthropologue. Or il faut entendre cette formule
littéralement. Même si nous chantions, quotidiennement, les
ritournelles de la vie en société, même si nous connaissions par cœur
les mélodies des mythes ou des mariages, nous ne savions pas ce qui
organisait ces systèmes. Notre conscience ne nous révèle rien,
spontanément, des processus qui sont à l'œuvre dans le vaste domaine de
la symbolique sociale. C'est pourquoi nous ignorions leurs règles de
fonctionnement, les lois de leurs combinaisons. Il nous manquait un
solfège.
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M6 censure une enquête de
« Zone interdite »
par Isabelle Roberts,
Raphaël Garrigos
Selon
nos
informations,
on ne verra pas, dimanche dans Zone
interdite sur M6, l’enquête de 40 minutes menée par Tony Comiti
Productions sur les failles de la restauration rapide. « Censure »,
disent
les
journalistes de la chaîne qui protestent dans une pétition
adressée à leur direction. « Juridiquement, le
sujet n’était pas valide », avance une porte-parole de la
chaîne.
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Pour éviter d'être
confrontée aux mêmes difficultés financières qu'en 2009, la présidence
vénézuélienne va voir son budget 2010 amplement augmenté : +638 %,
pour atteindre
3,3 milliards de bolivars (un peu plus d'un milliard
d'euros). Cette année, le budget annuel de 139 millions d'euros
alloué à la présidence a été dépensé dès le premier semestre. Pour
faire face à l'urgence, l'Assemblée nationale a dû approuver, en
septembre et en octobre, trois crédits additionnels de
13,85 millions d'euros.
La loi de finances 2010,
approuvée en fin de semaine dernière par l'Assemblée nationale, devrait
permettre au palais de Miraflores d'éviter de se retrouver dans
l'embarras financier.
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Dans son livre " Mémoire année
zéro ", Emmanuel Hoog, le PDG de l'Institut national de l'audiovisuel,
plaide pour la mise en oeuvre d'une politique de la mémoire face à ce
qu'il nomme une " inflation mémorielle " incarnée par Internet
Emmanuel Hoog, 47 ans, est président-directeur
général de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) depuis 2001. Il
vient de publier Mémoire année zéro (Seuil, 210 p., 18
euros).
" L'histoire est
scientifique, la mémoire est politique, le souvenir est privé ",
écrivez-vous, pour constater qu'il y a aujourd'hui une confusion. D'où
vient-elle ?
Notre demande de mémoire a grandi plus vite que notre capacité à
produire de l'histoire. Voilà ce que j'appelle l'" inflation mémorielle
". Trop de mémoire tue l'histoire. Paradoxalement, faute de repères
historiques clairs, nous nous réfugions dans la nostalgie, aggravée
aujourd'hui par le phénomène d'Internet, qui fait mémoire de tout.
Désormais, le concept s'est privatisé : on ne se contente plus du quart
d'heure de célébrité promis à chacun par Andy Warhol, tout le monde
veut sa part de mémoire, à travers lui-même, à travers le numérique.
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 Répondant à la volonté
affichée par la ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie, d'ouvrir
le débat sur la
castration physique des délinquants sexuels, le Syndicat de la
magistrature a ironiquement prôné, vendredi 23 octobre, l'amputation
des mains des voleurs, de la langue pour les escrocs et du foie pour
les conducteurs surpris en état d'ivresse, ainsi que la lapidation des
casseurs.
Qualifiant cette idée d'"hommage au Moyen Age", le syndicat
propose d'élargir la réflexion. Il propose aussi "le supplice dit
du 'croc de boucher' pour les auteurs de dénonciations calomnieuses".
"S'agissant des infractions économiques et
financières, un simple retrait des boutons de manchette en place
publique devrait suffire", ajoute le Syndicat de la magistrature.
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par Axel Honneth
Tout un
milieu intellectuel crie depuis vingt ans haro sur l'Etat-providence.
Il a trouvé son prophète avec Peter Sloterdijk, en France et en
Allemagne
 La popularité de l'essayisme
philosophique de Peter Sloterdijk a, depuis le début, partie liée avec
la montée en puissance d'un milieu social qui professe pour tous les
phénomènes relevant de l'Etat-providence capitaliste le plus grand
mépris, sans proposer pour autant la moindre alternative. Au cours de
leurs études universitaires, pour l'essentiel contemporaines de la
chute du mur de Berlin et de l'effondrement de l'Union soviétique, les
tenants de cette nouvelle élite nourris de Michel Foucault ont, grâce à
leur état d'esprit sans attache, élastique et prêt à tous les sauts
théoriques possibles et imaginables, rapidement conquis l'ensemble des
positions de pouvoir.
Désormais bien
installés, ceux-ci n'attendaient plus qu'une idée directrice ou une
parole propre à servir de signature à notre époque. Dans ce milieu
journalistique, dans les officines où s'écrivent les pages culturelles
et littéraires des journaux, dans les couloirs des banques, dans les
agences d'architecture ou de pub, tout le monde était d'accord : la
mentalité d'assistés typique de l'ère social-démocrate était vouée à
disparaître. Avec des masses trop assistées et dépendantes de la main
ouverte de l'Etat, pensait-on, comment engendrer une pensée ou un style
de vie énergiques ?
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Les professeurs se trouvent
souvent confrontés aux revendications et récriminations de parents
d'élèves omniprésents. Crédits photo : Le
Figaro
par Natacha
Polony
Depuis que leur statut a été consacré en 1989, certains
parents multiplient les pressions sur les enseignants. Quitte à
déstabiliser une institution dont ils attendent tout.
Vendredi 6 février 2009,
dans l'école maternelle Saint-Louis-Sainte-Clothilde, à Saint Denis
(93). L'après-midi consacré à un jeu de cow-boys et d'Indiens voit
quelques bambins s'échauffer, malgré les avertissements de
l'institutrice. Excédée, celle-ci fait glisser le bandeau d'Indien sur
la bouche des petits perturbateurs. Quelques jours plus tard, les
parents desdits gamins portent plainte. Et l'inspection de
Seine-Saint-Denis de parler de «dérapage» de la part d'une institutrice
compétente qui a été «sérieusement mise en garde». Ce cas rappelle
celui de ce professeur traîné en justice pour avoir giflé un gamin de
sixième qui l'avait traité de «connard». Le père, gendarme, avait lui
aussi porté plainte. Parents laxistes et intrusifs, prenant
systématiquement la défense de leur enfant, parents consuméristes,
rappelant que «ce sont mes impôts qui vous payent»… Si les enseignants
n'ont pas toujours bonne presse dans l'opinion, les parents
d'élève , eux, sont une des cibles préférées de professeurs souvent
confrontés à leurs revendications et récriminations. Et la question
fatidique se pose : ces parents qui contestent l'autorité des
enseignants, les dénoncent parfois à l'administration et, dans certains
cas à la justice, ne sont-ils pas le vrai fléau qui mine l'école et la
condamne à n'être qu'une vaste garderie ?
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Il était poursuivi pour ses propos tenus
au Zénith en présence de l’historien révisionniste Robert Faurisson.
Dieudonné a été condamné mardi à
10.000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Paris pour des
propos sur la scène du Zénith
lors de la remise du «prix de l’infréquentabilité» à l’historien
révisionniste Robert Faurisson par une personne déguisée en déporté
juif.
Un an de prison avec sursis
et 10.000 euros d’amende avaient été requis à son encontre le 22
septembre. A l’audience, il avait qualifié son geste d’«attentat
humoristique» tout en tentant d’en relativiser la portée et en
invoquant sa «liberté d’expression».
Le tribunal a par ailleurs
condamné Dieudonné M’Bala M’Bala à verser un euro au titre de dommages
et intérêts à huit associations qui s’étaient portées partie civile et
un total de 10.000 euros pour frais de justice à l’ensemble de ces
associations.
Dans son jugement, le
tribunal a estimé que Dieudonné s’était bien rendu coupable d’«injure
publique» envers des personnes d’origine ou de confession juive.
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"Expulsion express"
d'une lycéenne à Paris

La jeune fille, âgée de 19
ans et d'origine congolaise, s'est faite contrôlée sur le chemin du
lycée. Elle a été expulsée vers Brazzaville en moins de 24 heures sans
que personne dans son entourage n'en ait été informé.
Mercredi
21
octobre,
Nanette Alanhi Bangofa
s'est faite
contrôlée Gare du Nord à Paris, alors qu'elle se rendait en cours.
Quelques heures plus tard, elle était expulsée vers Brazzaville, au
Congo, sans que personne dans son entourage n'en soit informé. La jeune
fille est majeure.
C'est sa mère qui, sans nouvelles d'elle depuis la veille, a prévenu
jeudi matin la direction du lycée Jules Siegfried dans le 10ème
arrondissement de Paris, où la jeune fille, âgée de 19 ans et de
nationalité congolaise, étudie depuis févier 2008.
"Nous savions que Nanette n'était pas venue en cours mercredi matin,
mais nous ne pouvions imaginer ce qu'il s'était passé", explique Hélène
Tarragon, proviseure du lycée, jointe par nouvelobs.com. "Cela fait
trois ans qu'elle étudie en France. Elle vient d'avoir son Bac et a été
reçue en BTS [comptabilité, ndlr] par admission nationale"
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«
L’HABITAT INSALUBRE et INDIGNE dans les DEPARTEMENTS ET REGIONS
D’OUTRE-MER : UN DEFI A RELEVER »

par Serge Letchimy
L’habitat insalubre dans les
quatre DOM, ce sont quelques 50 000 logements insalubres abritant plus
de 150 000 personnes et cet habitat, tel qu’il est estimé, ne recouvre
que l’habitat informel, les autres formes d’insalubrité n’étant que peu
repérées.
Plus qu’ailleurs en France
il y a la ville et la « non-ville » : les quartiers d’habitat informel,
souvent insalubres, lieux de relégation et de pauvreté et les quartiers
« réguliers ».
La résorption de l’habitat
indigne n’est pas dans les DOM à la mesure des besoins et des enjeux,
ni dans ses objectifs, ni dans ses modes opératoires, ni dans ses
résultats.
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JADIN*

Le
jardin créole, on en parle de plus en plus autour de nous. Il est vrai
que cette période de remise en cause de notre mode de consommation est
propice à la redécouverte des vertus du jardin traditionnel. Sur ce
terrain depuis plus de 10 ans, le sociolinguiste Serge Harpin nous
introduit dans cet univers cultural, culturel et linguistique avec
un
extrait
de son « Dictionnaire Encyclopédique des
technologies Créoles 2 (Créole – Français) : le jardin créole
(Dominique, Guadeloupe, Martinique, Sainte Lucie) »,
à paraître. Cet ouvrage fait suite à « La pêche à la Martinique »
(1995)
où
l’auteur nous conviait déjà à une réappropriation des savoirs
et savoirs faire traditionnels, et, tout aussi important, à un dialogue
entre langue créole et langue française, entre savoirs populaires et
savoirs savants.
JADIN, n, du fr. jardin, mot d’origine francique
« gard » ou « gardo » angl., creole
garden fr., jardin créole Guad., tr. cour., GT/ BT
Sainte-L., tr. cour., N/S Domin., cour., S/ Mart., tr. cour., N/S
Le terme renvoyait au début de la colonisation à toute parcelle de
culture à base alimentaire. Il réfère aujourd’hui, dans un sens plus
restreint, à un système traditionnel d’association de cultures, à base
vivrière, orienté vers l’autoconsommation ; le surplus étant
réservé au marché intérieur.
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Virilisme : la
dérive des cités
par
Daniel Welzer-Lang
Maitre de conférence de l'université Toulouse-Le Mirail
 Notre société évolue très
vite, notamment en ce qui concerne les rapports hommes-femmes – ce que
dans notre jargon sociologique nous appelons « rapports sociaux de
sexe ». Accès à la contraception et à l’avortement, reconnaissance
des contraintes du travail domestique, réalisé encore majoritairement
par les femmes, conditions du travail salarié, reconnaissance et lutte
contre les violences domestiques, etc., sont autant de balises qui
marquent la marche vers l’égalité. Si les femmes féministes se sont
penchées sur la domination que subissaient les femmes, peu de
sociologues se sont intéressés à ce que vivaient les hommes, les
dominants, dans leurs rapports aux femmes et dans leurs rapports aux
hommes.
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Affaire Mitterrand :
et si on inculpait Léon Blum ?
Par BERNARD-HENRI LEVY écrivain, directeur
de la revue La Règle du jeu
 Marine
Le Pen n’y suffisait pas : il a fallu que la jeune garde
socialiste, Benoît Hamon en chef de file, vole au secours du nouvel
ordre moral qui, depuis quinze jours, semble tourner des têtes que l’on
croyait immunisées contre le moralement correct cher à nos Pères et
Mères la Pudeur, type Christine Boutin ou Philippe de Villiers.
Et voici donc un événement considérable, et qui semblait impensable à
ceux qui, comme moi, avaient mis leur espoir dans ce groupe de quadras
- Benoît Hamon donc, mais aussi Manuel Valls, Arnaud Montebourg... -
qui portaient, avec d’autres, les couleurs de la rénovation à
gauche : l’alliance folle, profondément contre-nature, suicidaire,
entre des héritiers de Jaurès et le parti d’un homme qui, jadis, à
Alger, partit faire du tourisme parachutiste autrement plus olé olé que
celui dont Frédéric Mitterrand a fait lui-même, il y a quelques années,
dans un livre unanimement salué par la critique, l’aveu public et
désolé.
Une fois de plus, et comme dans l’affaire Polanski dont cette
affaire-ci est, hélas, la suite à la fois logique et délirante, il ne
s’agit pas d’excuser des pratiques que leur auteur a eu la franchise de
révéler en son temps, et à son entier détriment.
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Une
véritable secousse. Les murs de la très respectée Fédération
protestante de France, rue de Clichy, tremblent : un pasteur
évangélique vient d’être nommé président, un titre depuis longtemps
réservé aux protestants réformés. En Ile-de-France, un ouragan venu
d’Amérique attise les ardeurs des fidèles, les salles font le plein,
les églises fleurissent, charriant avec elles des pratiques parfois
inquiétantes. Louise Couvelaire a plongé dans la galaxie complexe d’une
religion en plein essor. Enquête inspirée.
Elle hurle, se contorsionne,
tombe à terre. Lui, costume clair et mine imprégnée, les yeux rivés sur
sa Bible, pose fermement la main sur sa tête. Les fidèles ânonnent, en
appellent à Jésus. Un pasteur qui libère une femme de Satan... Le tout
ressemble à une séance d’exorcisme, le genre fiction sur grand écran.
La scène se déroule à Saint-Denis (93) au Centre du Réveil Chrétien et
figure même sur le clip promotionnel de l’Eglise. Autre podium :
au Palais des Congrès de Montreuil, le prédicateur américain T. L.
Osborn, perruque châtain et lunettes fumées rouges, appelle infirmes,
aveugles et autres handicapés à la guérison. En public, il a rendu la
vue à une vieille dame tremblante, rien qu’en l’effleurant ! Fin
août 2006, ce globe-trotter de 84 ans a réuni chaque soir et pendant
une semaine entre 3 000 et 6 000 fidèles. A Paris (3e), le pasteur
White de l’Eglise Hillsong promet à ses ouailles que Dieu plantera en
elles la " graine de la prospérité " à condition de se montrer
généreux. Quelques minutes plus tard, des seaux circulent dans les
rangs pour récupérer les " contributions ". Vaste fumisterie ou
véritables miracles ? C’est en tout cas le fonds de commerce des
Eglises évangéliques les plus offensives. Celles qui cartonnent
aujourd’hui en Ile-de-France.
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Des gendarmes
accusent leur hiérarchie de racisme
Six
gendarmes
mobiles
basés à Satory, qui disent avoir été traités de
«bougnoule» et de «nègre» par certains de leurs collègues, vont saisir
la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité.
De mauvaises notes
administratives, le sobriquet de «bougnoule» ou de «nègre» qui fuse.
Autant d'attitudes de leur hiérarchie et
collègues que six gendarmes mobiles basés à Satory près de Versailles,
ne supportent plus. Se disant les cibles de propos racistes et de
discriminations de la part de collègues, ces agents d'origine africaine
et magrébine ont décidé de saisir la Haute autorité de lutte contre les
discriminations et pour l'égalité (Halde), a annoncé leur avocat Me
Joseph Cohen-Sabban vendredi.
Ces six gendarmes, qui
appartiennent à l'un des huit escadrons du groupement blindé de la
gendarmerie mobile (GBGM) de Satory, ont «depuis leur arrivée été
régulièrement victimes de propos racistes tout comme ils font l'objet
de discriminations», affirment-ils dans leur saisine. «Les blagues
racistes sont coutumes à l'escadron, il ne faut pas les prendre mal, il
faudra faire avec», leur confie le capitaine dès leur premier jour. Un
de ces gendarmes assure avoir été «maintes fois» appelé «bougnoule» par
ce commandant, selon l'avis de saisine. Ce commandant lui aurait
également rappelé qu' «il était le quota du secrétariat».
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Au moment où la popularité de
Barack Obama s’effrite, les attaques sur ses origines et sa couleur se
font de plus en plus précises.
Par LORRAINE MILLOT
correspondante à Washington
Obama en sorcier africain,
un os en travers du nez, Obama en fourrure de singe, mangeant une
banane… Dans les manifestations de ces derniers mois contre le
président américain et sa réforme de la santé, les attaques racistes
ont fait un retour en force. Dans les talk-shows à la télévision ou la
radio, les plus exaltés se moquent presque ouvertement de la couleur du
président. Ainsi Rush Limbaugh, le plus célèbre des porte-voix de
l’ultra-droite, montait en épingle la semaine dernière des images
filmées dans un bus, montrant un enfant blanc rossé par un noir. Son
commentaire : «Voilà l’Amérique d’Obama, des enfants blancs
maintenant battus dans les bus scolaires.» Pour Limbaugh, Obama
est «un Noir qui cherche la bagarre». Pour Glenn Beck, un
autre de ces enragés, animateur sur la chaîne de télévision Fox, Obama
est «un type qui a une haine profonde pour les Blancs ou pour la
culture blanche». «Je pense que ce type est un raciste»,
a lancé Glenn Beck cet été.»
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L'affaire
Polanski, trente ans après
par
Olivier
Delcroix
Le film de Marina Zenovich met en
évidence l'emballement médiatique, l'acharnement à l'encontre de Roman
Polanski et les failles du système judiciaire américain. Crédits photo : Rue des Archives / The Granger C
Tandis qu'à 75 ans le
cinéaste s'apprête à tourner un nouveau film, « The Ghost »,
le passionnant documentaire de Marina Zenovich revient sur l'affaire de
mœurs qui l'a obligé à fuir les États-Unis en 1977.
«Roman Polanski : Wanted and Desired» Documentaire de Marina
Zenovich. Durée : 1 h 39.
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«Technologies de l'orgasme», une histoire du
vibromasseur
En
légalisant, vers 1900, la masturbation féminine dans tous les foyers
américains, ce sex toy a remis en cause la suprématie masculine.
Médecine ou pornographie ?
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Bernard-Henri
Lévy, la morale et la gauche

Par MANUEL VALLS maire
d’Evry
(Essonne)
et député (PS)
A l’heure
où le flottement sarkoziste sur les valeurs est à son comble, je
n’envisage pas d’abandonner la morale politique aux griffes des
extrêmes ou des souverainistes.
Au fond, voilà
la question qui agite le débat public depuis plusieurs jours. Et
les tempêtes médiatiques - si elles interdisent souvent de faire
émerger une réalité toujours complexe - ont un mérite commun avec les
disputes : leurs grands coups d’éclat font apparaître en plein
jour les oppositions enfouies et les réflexes ataviques. A ce titre,
l’affaire Polanski qui s’est aussitôt muée en affaire Mitterrand est
très instructive des tabous de ma famille politique. Les explications
nécessaires, les Français les ont obtenues et c’est bien là
l’essentiel. Mais ceux qui, à gauche comme moi, en ont été les échos
ont été très vite la cible d’un flot ininterrompu de quolibets et
d’excommunications.
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Chavez veut éradiquer le
golf au Venezuela
Le président vénézuélien veut en finir avec
ce sport «petit-bourgeois» et faire pousser du maïs sur les terrains de
golf.
par Patrick Bèle

Afin de montrer que rien n'échappera à la révolution
bolivarienne, Hugo Chavez a trouvé une nouvelle cible : le golf.
Dans une de ses désormais traditionnelles allocutions télévisées du
dimanche, «Alo presidente», il a fustigé cette activité,
déclarant : «Je respecte tous les sports, mais il y a sport et
sport… Seul un petit-bourgeois peut jouer au golf, c'est un sport de
bourgeois.» Il a, en direct, expliqué à l'un de ses partisans en
chemise rouge, qui venait d'avouer, très gêné, qu'il pratiquait ce
sport, que les terres occupées pour le terrain de golf seraient bien
mieux utilisées à faire pousser du maïs pour les gens qui ont faim.
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Par ELISABETH SCHEMLA
 Encore,
toujours, la même antienne en Egypte et dans d’autres pays arabes ou
musulmans : ce sont les juifs qui ont fait échouer la
candidature de Farouk Hosni à la tête de l’Unesco. Lui-même,
débarrassé des exigences de sa campagne électorale, enfin ouvertement
fidèle à ses vraies antipathies plutôt qu’à sa fausse repentance, clame
urbi et orbi, aussitôt défait, que ce
complot sioniste s’est «mijoté» à Washington. Servi
notamment par trois grands noms de la vie intellectuelle
occidentale : Claude Lanzmann, Elie Wiesel et surtout
Bernard-Henri Lévy, qui n’ont pas ménagé leurs efforts, il est vrai,
pour alerter sur cette candidature. Sauf qu’ils se sont ainsi
démultipliés et démenés précisément parce qu’ils avaient le sentiment
de prêcher dans le désert.
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Les
contrastes de l'intégration à la française
Une vaste étude, réalisée pour la première fois sur
les enfants d'immigrés, montre leur ascension sociale par les études.
L'intégration
finit par rattraper tous les enfants d'immigrés. Qu'ils soient
d'origine italienne ou portugaise, maghrébine ou africaine. À rebours
du pessimisme ambiant, la sociologue Claudine Attias-Donfut et
l'économiste François-Charles Wolff publient cette semaine* les
résultats d'une vaste enquête conduite auprès d'un échantillon
représentatif de 6 000 immigrés et 20 000 de leurs
descendants. Sans se focaliser sur les cités ghettos, puisque seulement
20 % des immigrés y vivent. Ni chercher à démontrer que tout va
bien. Le tableau d'ensemble est touffu, trop sans doute, pour livrer un
message simple. Mais globalement, les chercheurs affirment que
«l'intégration marche».
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Lancé le jour de la rentrée parlementaire, Nosdeputes.fr
propose de regrouper des informations publiques sur les membres de
l'Assemblée. Au programme : présence, temps de parole et travaux
parlementaires.
La participation et la
productivité des députés français à l'Assemblée nationale n'est pas
facilement perceptible pour le grand public. Un site internet,
www.Nosdeputes.fr, a décidé de faciliter l'accès à ces informations.
Mis en ligne lundi 14 septembre, ce site, crée par le collectif
RegardsCitoyens, propose un tri des informations mis à disposition par
l'Assemblée nationale.
Indépendant et bénévole
On y trouve pas exemple des graphiques représentant la répartition du
travail parlementaire entre les différents groupes, le nombre
d'interventions en séances de chaque député ainsi que ses questions
orales, écrites… une véritable mine d'information.
"Toutes les données relatives à l'activité parlementaire présentées sur
ce site sont issues du site de l'Assemblée Nationale ou du Journal
Officiel. Il s'agit donc d'informations intégralement publiques",
explique la FAQ de Nosdeputes.fr. Les fondateurs du site précisent que
"Les activités du collectif RegardsCitoyens.org et du site
NosDeputes.fr sont totalement indépendantes de tout parti politique",
ajoutant que le travail a été réalisé par des bénévoles.
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Dans Newsweek
:
L'illusion d'un front uni des deux présidents n'est que la version
officielle. Officieusement, Nicolas Sarkozy veut être le chef et veut
agir.
> Cet article est issu du magazine Newsweek du 5 octobre
La semaine
dernière à Pittsburgh, le président français Nicolas Sarkozy, le
président Barack Obama et le premier ministre britannique Gordon Brown
ont présenté l’image d’un front uni dans leur détermination face à
l’Iran. C’était la version officielle.
Tous trois ont produit des déclarations en parfait accord, dénonçant la
construction par la République Islamique d’une usine nucléaire secrète.
Au sein de ce bel étalage de solidarité, le langage des corps faisait
passer un message contradictoire. Si Obama et Brown étaient
effectivement côte à côte, Sarkozy était à l’écart, un peu comme
l’homme à qui l’on a demandé d’être le témoin de mariage d’un inconnu.
Dans son for intérieur, peut être pensait-il qu’il aurait dû être la
vedette du spectacle – ou du moins, Obama et lui. Le G20 auquel ils
participaient est un forum dont Sarkozy a l’an dernier incité la
création. Et le gouvernement de Sarkozy a été le premier à confronter
l’Iran sur le sujet de ses intentions nucléaires.
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version
américaine sur le site de Newsweek
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Les scientifiques ont analysé les
composés aromatiques largués à la surface de la coupe, lors de
l'explosion des bulles en milliers de gouttelettes. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS
par Yves Miserey
En
éclatant à la surface, les bulles dispersent un brouillard de composés
aromatiques.
amateurs. Il a aussi ses
scientifiques attitrés. Gérard Liger-Belair, de l'université de Reims,
en fait partie. Il y figure même en bonne place. En effet, depuis une
dizaine d'années de recherches sur le plus célèbre vin effervescent de
la planète, il multiplie les découvertes. C'est grâce à lui, par
exemple, que l'on sait comment les bulles se forment dans les coupes.
Gérard Liger-Belair et ses collègues s'intéressent également aux
milliers de gouttelettes qui explosent chaque seconde à la surface,
juste après qu'on ait versé le champagne dans les coupes. Ils publient
leurs résultats dans les Comptes rendus de l'académie des sciences
américaine (Pnas, 29 septembre 2009). Le 15 octobre prochain,
ressort en librairie chez Odile Jacob une nouvelle édition de son
ouvrage intitulé sobrement Le Champagne.
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Le défenseur des enfants
et la CNDS sur le grill
 Deux projets
de loi doivent supprimer ces institutions en instituant un "défenseur
des droits" dont les prérogatives engloberaient la défense du droit des
enfants et la Commission nationale de déontologie et de sécurité.
Associations et syndicats s'insurgent.
Deux
projets
de
loi examinés le 9 septembre en Conseil des ministres doivent
supprimer le poste de défenseur
des
enfants, créé par la loi du 6 mars 2000 en
tant qu'autorité indépendante chargée de défendre et de promouvoir les
droits des enfants. Le
projet de création
d'un "Défenseur des droits" dont les prérogatives
devraient englober la défense du droit des enfants. La Commission
nationale
de
déontologie et de Sécurité (CNDS)
serait également supprimée dans ce cadre. Mardi 15 septembre, Dominique
Versini, actuelle défenseure des enfants, s'est insurgée contre une
telle suppression et affirme n'avoir été "à aucun moment ni consultée
ni auditionnée". Elle "exprime son total désaccord sur le fait qu'ait
été décidé arbitrairement et sans aucune concertation de dissoudre
certaines autorités indépendantes et d'aménager une simple articulation
avec d'autres", ce qui à ses yeux "marque un recul".
Elle rappelle qu'ont été traitées depuis la création de sa fonction en
2000 "les réclamations concernant près de 20.000 enfants".
L'annonce de la suppression du défenseur des enfants a également
vivement fait réagir plusieurs associations et syndicats.
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suite et les diverses réactions
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Castration
chimique:
l'état
des lieux
Après le meurtre de la
joggeuse, le débat politique se cristallise autour de la castration
chimique, présentée par certains comme le remède miracle aux agressions
sexuelles. Qu'en est-il en réalité ?
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Contre le mythe de
l'égoïsme
L'anthropologue
américain
Marshall Sahlins réfute le dualisme
occidental entre nature et culture

Jusque
récemment, les étudiants de premier cycle des universités américaines
devaient suivre des cours de civilisation occidentale, qui sont un peu
l'équivalent, dans leur formation, des enseignements de philosophie de
nos lycées. L'anthropologue américain Marshall Sahlins en propose une
version abrégée et hérétique afin d'en contester les fondements et d'en
accélérer le déclin, dans un petit ouvrage qui inaugure une nouvelle
collection d'essais dirigée par Alexandre Laumonier aux éditions de
l'Eclat.
Le
propre de la civilisation occidentale, selon Sahlins, est d'être "
hantée par le spectre de notre propre nature ". Célèbre pour avoir
réfuté le postulat, central pour la science économique, de la rareté
des richesses qui aurait dominé dans les sociétés précapitalistes,
Sahlins s'en prend ici, en dix courtes leçons, à ce qu'il considère
comme un autre " mythe originel " de la culture occidentale et
de la " pensée capitaliste " : celui de l'égoïsme " naturel "
de l'homme. Cette conception a déterminé nos cosmogonies, nos
représentations du corps et avant tout notre pensée politique.
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Berlusconi, l’homme qui a mis le spectacle à la place
de la politique

Par MARTIN
RUEFF poète, critique, professeur de littérature et de
philosophie à Paris et à Bologne
Tu
nous manques Pasolini, parce que nous manquent ta capacité de
diagnostic et de dénonciation, ton sens des continuités et des
discontinuités, ta force de frappe et ton génie poétique. Tu nous
manques parce que nous manque ton indignation, que l’Italie va mal et
qu’on ne s’indigne pas assez.
S’il
est vrai que la société capitaliste contemporaine fonctionne bien plus
à la séduction qu’à la répression et que la société du spectacle
représente la vérité accomplie du libéralisme réellement existant,
Silvio Berlusconi incarne à n’en pas douter la pointe extrême de ce
libéralisme, cette pointe où la séduction vire rapidement à la
répression comme au bon vieux temps du fascisme. «Fascisme» ? Le
mot importe moins sans doute que les périls qu’il dénonce, et il ne
doit certes pas nous rendre indifférent à ses avatars modernes.
Berlusconi est la figure de ce règne autocratique de l’économie
marchande qui a accédé à un statut de souveraineté irresponsable et a
pu plier un pays tout entier par la domination spectaculaire. Il
gouverne le spectacle et le spectacle gouverne l’Italie.
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Hommage à
Pierre Pinalie
Ligue des Droits de
l'Homme
section Fort-de-France
créée en 1903
C’est avec
une tristesse infinie que les membres de la section Martinique de la
Ligue des Droits de l’Homme ont appris la nouvelle de la disparition de
Pierre Pinalie.
Avant de tracer un portrait du militant des droits de l’homme je
voudrais me rappeler des deux premières fois où j’ai vu Pierre Pinalie.
La première fois fut à l’occasion de la présentation d’un ouvrage de
Georges Mauvois. La présentation se fit en créole
J’étais au fond de la salle et il me semblait que l’homme que je
distinguais ne pouvait être qu’un béké par sa maitrise du créole. Je
compris plus tard ma méprise ethnocentrique.
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Pierre PINALIE : un bien triste hommage
par Serge Harpin
Nul
n’ignore
que
les cinq dernières années de la vie de Pierre PINALIE
furent consacrées au combat pour les Droits de l’Homme. Les réunions de
la section Martinique se tenaient d’ailleurs à son domicile. Il avait
perçu une détérioration de la situation : les discours
d’intolérance, jusque-là marginaux, s’imposaient de plus en plus dans
l’espace public sans que grand monde ne s’en émeuve. Il en avait
conclu, comme quelques autres, qu’il y avait désormais une plus grande
réceptivité des Martiniquais à la rhétorique du ressentiment et de
l’exclusion. Ce qui laissait aussi supposer de solides appuis ou relais
stratégiques. Voilà pourquoi Pierre PINALIE a jeté ses dernières forces
dans cette bataille avant de s’éteindre, ultime contribution à cette
terre qu’il aimait tant… Et les manœuvres d’arrière-garde du
« gourou » en personne de la créolité, assuré par ailleurs de
la complaisante neutralité des « frères » et du soutien d’un
média aux ordres, ne changeront rien à cette vérité du parcours d’un
homme profondément intègre.
Deux projets dans son
domaine jusque-là de prédilection, la créolistique, lui tenaient encore
à cœur pendant les dernières années de sa vie : l’édition de sa
traduction en créole de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948
qui confirme sa forte implication sur ce terrain, et la réédition de
son « Dictionnaire Elémentaire Français-Créole ». Ceux qui le
connaissaient auront remarqué sa volonté de mener cette seconde
entreprise à bonne distance de ses anciens amis. Et c’est pour bien
marquer ce nouveau positionnement qu’il proposa la quatrième page de
couverture de cet ouvrage à la signature de celui qui symbolisait le
mieux, à ses yeux, l’opposition aux « fous du créole » de
l’Université des Antilles et de la Guyane. La Faculté de Lettres de la
Martinique portera longtemps encore les stigmates de l’hégémonie de ces
extrémistes et aura du mal à s’en relever.
Le combat le plus éprouvant
de Pierre PINALIE sur ce nouveau front des Droits de l’Homme fut sans
doute sa rupture avec ces « talibans du créole », ceux qu’il
avait cru un temps être ses amis, ceux qu’il pensait pouvoir changer.
La rupture fut radicale puisqu’il se porta témoin à charge contre un
des principaux dignitaires de la secte mit en examen pour diffamation.
Une diffamation d’autant plus lâche et vile que l’intéressé agissait à
l’abri d’une identité d’emprunt. Le « respectable gourou »
était présent au procès pour soutenir son homme de confiance et
peut-être aussi pour intimider le témoin. Pierre PINALIE a tenu bon.
L’homme de confiance a été condamné…
Cela
n’a
pas suffi pour lui faire entendre raison puisque, comme on le
sait, il n’a pas tardé à récidiver par des provocations à caractère
antisémite et xénophobe que « le petit blanc » à « pat
krochi » (boiteux) », comme il se plaisait à le
qualifier, n’eut de cesse de dénoncer. Cela donna lieu à l’affaire
Dieudonné et des « Innommables ». Le gourou se tenait coi,
prêt à faire jouer le réseau en cas de besoin. On comprend mal le
silence des politiques, et surtout des autorités universitaires.
Ce furent les derniers
combats de Pierre PINALIE, des combats qu’il mena dans un relatif
isolement. D’où l’incompréhension légitime de ses vrais amis lors de
l’hommage qui lui était rendu quand le « très
respectable gourou » prit, sans pudeur aucune, la
parole. Ce fut un triste, un bien triste hommage…
Serge HARPIN
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Raymond mon ami,
par Manuel Norvat
Je ne voulais pas te
parler triste. La joie de vivre, c’était plutôt le mode d’emploi de
notre existence où la blague amicale le disputait à notre amour féroce
de la beauté : les gens que nous aimons, la musique partagée, les
livres échangées, les bizarreries grammaticales du Français de France
et du créole d’ici-là, les milans les plus incroyables et aussi toutes
ces blagues pour conjurer la mort. Mais, lorsque celle-ci survient tout
à coup — même si tu me disais souvent « anba latè pa ni chouval
bwa ! » — qu’il ne fallait donc pas hésiter à prendre toutes les
doucines de manège possibles de la vie et toutes ces bonnes choses
qu’ignorent les savants austères — nous constatons que le sacré, on a
beau dire, ça ne rigole pas.
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Les dreadlocks.

Bonjour, je me permets de vous envoyer ce
morceau de mon nouvel album sur les dreadlocks
Ainsi que ce témoignage de deux dreadlockseuses de la seine st denis:
Je me disais que témoigner de locks ayant été autorisée pourrait
peut-être aider à se sentir plus fort face à l'adversité. Je démarre
avec mon propre témoignage, je suis artiste conteuse et chanteuse
dubpoet, mes locks n'ont jamais posé de soucis dans le chant et la
dubpoetry. Dans le conte, j'ai eu quelquefois à expliquer , à
"dépréjugiser" (je sais pas si ce mot existe lol) le port des locks et
ses a priori mais j'avoue avoir toujours reçu un bon accueil
malgré la surprise du début quelquefois. Mes locks ne sont pas vu comme
exclusivement rasta mais tout simplement comme une coiffure des temps
anciens, ce qui m'arrange car je n'aime pas être étiqueter dans une
seule catégorie et même si j'aime le reggae et respecte et honore Haile
Selassie (ce qui en soi ne regarde pas mes collègues de travail ni le
public venant m'écouter), je raconte tellement de cultures différentes
et ai constaté la coiffure locks dans tellement de cultures différentes
également que je ne voudrais pas que les locks soient limitées aux
rastas. Et j'avoue que quand nous avons une certaine notoriété dans un
art quelqu'il soit, nous avons un avantage, celui d'être vu comme un
artiste et d'être donc autorisé aux excentricités. J'essaie au maximum
de porter les locks avec dignité pour qu'elles ne soient pus mal vues
mais juste acceptées comme un choix de coiffure .après à chacun et
chacune ses raisons de les porter.
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de Philippe Descola

Philippe Descola est bien
l’héritier de Claude Lévi-Strauss : il amène l’ethnologie à
dépasser son propre ethnocentrisme et à se laisser enfin conquérir par
son objet – les pensées pré-modernes – comme par quelque chose qui nous
est intérieur. Au moment où les deux pans bien hermétiques de
« l’édifice dualiste » de la maison occidentale moderne du
savoir (« lois de la nature » et « conventions de la
culture ») commencent à s’infiltrer mutuellement, on peut
commencer à concevoir l’épure d’une nouvelle maison commune. Et c’est
bien là l’enjeu fondamental du monde à venir, une refonte de la maison
du savoir à travers une réunification des sciences de l’homme et du
monde. Or un tel chantier passe nécessairement par l’élaboration d’une
nouvelle éthique et la réévaluation d’une « nature » à
laquelle nous ne savons aujourd’hui comment penser notre pleine
appartenance. En plaçant en exergue de son ouvrage majeur un propos de
Montaigne, Descola lie cet enjeu à une invitation vers une autre
modernité : « Qui controllera de pres ce que nous voyons
ordinairement des animaux qui vivent parmy nous, il y a dequoy y
trouver des effects autant admirables que ceux qu’on va recueillant ès
pays et siecles estrangers. C’est une mesme nature qui roule son
cours. » Aux yeux du moniste, les émerveillements de la zoologie
et de l’éthologie, en effet, n’ont pas moins de valeur que ceux de
l’histoire et de l’ethnologie.
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Suicide des personnes
âgées : les professionnels dénoncent l'indifférence
Les personnes âgées
se suicident en moyenne beaucoup plus que le reste de
la population, surtout après 85 ans, chez elles ou en
maison de retraite, souvent en raison de dépressions non
diagnostiquées, dans une indifférence générale que déplorent les
professionnels.
En France, comme "dans plusieurs pays, les taux de suicide les plus
élevés se retrouvent chez les aînés, spécialement chez ceux qui ont 85
ans et plus", constate l'Association internationale pour la prévention
du suicide (AIPS), qui parraine la Journée mondiale de prévention du
suicide le 10 septembre.
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Jérusalem,
Ville
éternelle coupée en trois
 Entre
ignorance mutuelle et sourde détestation, Palestiniens, Juifs
ultraorthodoxes et Israéliens laïques ont toujours eu des relations
complexes.
Le vendredi matin, les ruelles étroites du
quartier musulman de la Vieille Ville de Jérusalem se remplissent de
policiers israéliens. Par groupes compacts, vigilants, ils filtrent les
accès à l'esplanade des Mosquées, vaste quadrilatère clos de murs et
planté d'arbres au centre duquel la coupole dorée du Dôme du Rocher
scintille au soleil. À l'autre bout de cette esplanade, la mosquée
d'al-Aqsa surplombe le mur des Lamentations, dernier vestige du Temple
bâti par Hérode et détruit par les Romains, que les juifs appellent le
«mur occidental».
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Rallumons les téléphones
mobiles dans les classes !

Et
si à l’école, on arrêtait de considérer les téléphones mobiles comme
des outils de distraction, et qu’on les utilisait enfin comme des
machines pour apprendre ? Et si on arrêtait de penser qu’ils sont une
arme de guerre entre élèves et professeurs, entre la vie sociale et les
cours ?
Bien qu’ils soient devenus
de véritables ordinateurs personnels, le bannissement des téléphones
mobiles à l’école ne cesse de s’étendre, parce que “leur
utilisation dérange les cours, parce qu’ils distraient les élèves,
parce qu’ils peuvent être utilisés pour tricher et qu’ils n’apportent
aucune valeur éducative”… rapporte Juliette LaMontagne pour le
Design Observer Group.
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«Notre souci : préserver la démocratie»
 «Nous, politiques, syndicalistes, chercheurs,
médecins, associatifs, tous signataires de l’appel, demandons aux
pouvoirs publics d’ouvrir au plus vite le débat.
«La
lutte contre la pandémie de grippe A ne pourra se résumer à une seule
réponse technique, agrémentée de choix individuels. Elle doit être une
réponse collective. L’histoire a tranché. Une pandémie n’a jamais été
vaincue par une seule riposte technico-médicale aussi fine soit-elle.
C’est aussi la solidarité, l’aide, le souci de l’autre qui permettent
d’éviter les emballements, les dérapages, les exclusions en tout genre.
«Quelle
que
soit la force de la pandémie, ce sont les plus démunis, les
plus isolés, les plus fragiles qui se retrouveront sans défense face à
ce virus. Les pandémies ont toujours agi comme un reflet des trous
noirs d’une société. Des enjeux éthiques importants peuvent se poser
brutalement, mettant en danger les libertés de chacun. Des mesures
dérogatoires pourront être prises.
«Se
pose cruellement la question de la solidarité internationale, en termes
d’accès aux traitements et bien sûr d’accès au vaccin. Alors que l’on
évoque l’accès universel à la santé, aucune initiative internationale
n’a été à ce jour réellement lancée pour relever ce défi.
«Au-delà
des
questions nécessaires du vaccin, des stocks d’antiviraux,
des gestes barrières, il y a urgence à mobiliser la société autour de
ses valeurs. Les décisions ne doivent pas être prises dans un cénacle
d’experts. Le débat doit s’ouvrir sur les enjeux humains et sociétaux
des stratégies de lutte contre la pandémie. Avec un souci :
préserver les règles de la démocratie dans la gestion de cette crise.
«Face
au
risque,
encore hypothétique, de l’arrivée massive de ce virus, nous
appelons à sortir de nos réponses toutes faites, à casser les
barrières, à ouvrir les initiatives, à mobiliser l’énorme tissu
associatif. Nous appelons, chacun et les pouvoirs publics en premier
chef, à en débattre. Et à mettre au premier plan de la riposte
collective, la solidarité.»
Cet
appel a été déjà été signé par des médecins et chercheurs :
Françoise
BARRE-SINOUSSI,
prix Nobel de Médecine, Willy ROZENBAUM,
Gilles PIALOUX, Jean-Philippe DERENNE, André GRIMALDI, René FRYDMAN,
Bernard HOUSSET, François AUBART, Bernard REGNIER, Didier TABUTEAU,
Elisabeth SLEDZIEWSKI, Corinne PELUCHON, Roland SCHAER, Didier SICARD,
Véronique FOURNIER, Emmanuel HIRSCH, Marie de HENNEZEL.
Par
des politiques et des syndicalistes : Martine AUBRY, Noël MAMÈRE,
Cécile DUFLOT, Michèle RIVASI, Marie-George BUFFET, Olivier BESANCENOT,
Jean-Marie LE GUEN, Delphine BATHO, Manuel VALLS, Aurélie FILIPPETTI,
Jean-Paul HUCHON, Marisol TOURAINE, Arnaud MONTEBOURG, Jean-Louis BORIE
(Syndicat des avocats de France), Emmanuel PERREUX (Syndicat de la
magistrature, Antoine LAZARUS (Groupe information-prison), François
CHÉRÈQUE (CFDT), Alain OLIVE (Unsa), Annick COUPÉ (Solidaires), Gérard
ASCHIERI (FSU).
Par
des responsables d’ONG et d’associations : Olivier BERNARD
(Médecins du Monde), Marie-Pierre ALLIÉ (Médecins sans frontières),
Rony BRAUMAN, Stefania PARIGI (Samu social), Patrick DOUTRELIGNE
(Fondation Abbé-Pierre), Bruno SPIRE (AIDES), Christian SAOUT
(Collectif des usagers de la santé), Christophe DELTOMB (Emmaüs),
Claude RAMBAUD (le Lien), Elsa COHEN (Confédération des familles),
Arnaud de BROCA (Association des accidentés de la vie), Claude
Finkelstein ( Association de patients et ex-patients en psychiatrie)…
La
controverse
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Hommage à Raymond Relouzat

Raymond Relouzat est parti comme il a toujours
vécu : dans la discrétion et la dignité. Homme de culture immense,
il a traversé la tragi-comédie du siècle passé avec le regard curieux
et malicieux d’un petit Trinitéen parvenu aux plus hauts sommets du
savoir académique, sans jamais perdre le sens de sa trajectoire
intérieure. Sans jamais laisser sa magnifique érudition l’isoler dans
l’arrogance des esprits forts ou le renoncement des compétences
ignorées. Il laissera sur nos mémoires d’étudiants blasés l’empreinte
tenace d’un chercheur opiniâtre et rigoureux, qui savait –en dépit d’un
charisme peu habile à nos modes médiatiques- susciter l’intérêt sur des
sujets essentiels que nous n’abordions, avant lui, que sous le mode de
la vulgate pseudo-scientifique héritée des superficialités de
l’assimilation. Il fut sans conteste un des meilleurs
« spécialistes » que nous ayons eu quant à la compréhension
intime de la naissance et du mode de fonctionnement de l’imaginaire
créole de la Caraïbe. Ses présentations nous ouvraient un champ
d’analyses qui combinait une totale maîtrise de l’histoire, de la
géographie, des langues, cultures et techniques qui ont contribué à la
mondialisation coloniale de l’espace caribéen depuis la traversée de
Christophe Colomb.
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À Pierre
Pinalie

Lors de nos
derniers échanges, au cours du mois précédant ton départ à Paris, ce
fut le dernier, nous en étions arrivés à la conclusion que l’ennemi
absolu c’était bien « la bêtise ». Et particulièrement, en
ces temps de confusion, la bêtise se voulant savante, informée,
argumentée. Telle celle de cette illuminée, paraît-il sociologue,
jetant haineuse au visage d’une invitée assez jeune pour être sa
fille : « la nationalité martiniquaise ne se brade
pas ». Elle avait osé, la « zorèy », exprimer en toute
innocence, au plus fort du « Mouvement du 05 février 2009 »,
son bonheur de se sentir bien chez nous, avec nous. « Matnik sé ta
nou, sé pa ta yo » disait le slogan… Et je me souviens que tu t’en
inquiétais.
La bêtise à prétention savante c’est celle aussi de ce notable du
créole, enseignant à l’UAG, te traitant avec mépris, de « Petit
blanc », dans l’indifférence affligeante de bon nombre de ses
pairs et de sa hiérarchie.
Ces deux exemples disent simplement que le danger dont il est question
aujourd’hui, celui que nous avons perçu, c’est le purisme identitaire.
Nous avions remarqué aussi que ce purisme était d’abord le fait des
élites, un discours pour masquer ce qui est depuis une vingtaine
d’années en jeu : l’ambition de conquête de position de pouvoir de
nouveaux groupes de martiniquais économiquement émergents. Nous étions
là au cœur du problème : la revendication identitaire porte de
moins en moins les valeurs de dignité et de justice sociale. On l’a
dépolitisée. C’est pour cela qu’elle ne constitue plus un élément de
clivage entre partis. Il n’y a donc plus que des
« martiniquais » face à des « étrangers », d’où
qu’ils viennent ; étrangers perçus comme des rivaux réels ou
potentiels. Nos amis et compatriotes haïtiens en savent déjà quelque
chose. Le national est l’essentiel, la justice sociale, on verra après,
proclame sur un des nombreux sites qu’il contrôle notre cacique du
créole, celui-là même qui te traitait de « petit blanc ».
C’est pour tout cela et parce qu’ils persistaient dans
leur dérive sectaire et xénophobe, que tu t’es écarté ces dernières
années de ceux que tu avais cru être pendant longtemps tes amis. À vrai
dire, ils avaient des années durant fait de toi leur
« nègre », dans toutes les acceptions du terme, en exploitant
avec cynisme ta passion de la langue et de la culture créoles. Ils te
devaient ainsi d’avoir contribué dans l’ombre à leur propre succès et
aussi par ton esprit d’ouverture et ton sens didactique, de les avoir
sortis un temps de la marginalité dans laquelle les avait condamnés
leur excès ou plus simplement leur bêtise. Tu ne te le pardonnais pas.
C’est que tu avais choisi d’être un des nôtres mais dans le respect de
la personne humaine. Tu l’as été, crois-moi, jusqu’au bout et
dignement. Mèsi pou sa Misié PINALIE…
Serge HARPIN
Lire
aussi
l'article de France-Antilles et le dernier entretien accordé
à Madinin'Art
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Santé
:
la mère de toutes les batailles pour Obama

Par LAURENT BOUVET professeur de science politique à l’université de
Nice Sophia-Antipolis.
Ces dernières
semaines ont été particulièrement difficiles pour Barack Obama. Sa cote
de popularité a subi un net fléchissement. Selon la dernière enquête du
18 août, le niveau d’approbation de sa politique aurait chuté de dix
points depuis avril (51 % contre 61 %). La raison principale tient au
projet-phare de son mandat : la réforme du système de santé.
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Ils évitent
les stades, les stations de métro, les boîtes de nuit et les parcs. A
Moscou, où ils seraient plus de 10 000, beaucoup d'Africains vivent
dans la crainte. D'après un rapport récent de la
Moscow Protestant Chaplaincy (MPC, aumônerie protestante) réalisé
auprès de 209 personnes, près de 60 % d'entre eux ont été la cible
d'agressions racistes en 2009. Un quart précise avoir été attaqué plus
d'une fois.
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Julien Coupat :
" La prolongation de ma détention est une petite vengeance "
Entretien
avec le principal suspect dans l'affaire des sabotages contre la SNCF
Voici les réponses aux questions
que nous avons posées par écrit à Julien Coupat. Mis en examen le 15
novembre 2008 pour " terrorisme " avec huit autres personnes
interpellées à Tarnac (Corrèze) et à Paris, il est soupçonné d'avoir
saboté des caténaires SNCF. Il est le dernier à être toujours
incarcéré. Pour des raisons de place, Le Monde a coupé une
question et sa réponse dans la version imprimée, mais publie
l'intégralité de l'entretien sur lemonde.fr. M. Coupat a demandé à ce
que certains mots soient en italiques.
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