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Antilla
Faute de
Distribution par les PTT ou les Points de vente,
les deux derniers numéros d’Antilla sont encore
stockés-bloqués au siège
En voici le dernier, en Pdf |
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Un mouvement
social qui ouvre un changement d'époque!
par
Gilbert Pago & Philippe Pierre-Charles.
Le
mouvement social qui se développe depuis le 5 février
est exceptionnel, dans l’histoire récente des luttes
ouvrières de notre pays. Ce côté exceptionnel lui vient
de la force qu’il dégage dans l’ampleur inusitée des
manifestations. Depuis les fortes mobilisations sociales
d’octobre 1973 à février 1974, (c’était il y a 35
ans !), une telle déferlante n’avait jamais submergé
les rues de notre capitale et de divers bourgs de nos
communes. 35 ans !, Plus de la moitié de la population
n’avait pas encore vu le jour ! Une bonne moitié qui,
par conséquent, n’avait pas partagé les expériences
passées du mouvement populaire. Le mouvement initié par
le Collectif du 5 février 2009 montre depuis une
semaine sa puissance, affiche un esprit conquérant,
libère une énergie exaltante de milliers de jeunes, de
femmes, de travailleurs et travailleuses, de chômeurs et
chômeuses. En fait la classe ouvrière de la Martinique
dans toutes ses composantes (salariés, précaires et
intérimaires, chômeurs, rmistes, employés, djobeurs,
ouvriers d’industrie), en répondant à l’appel des
syndicats pour la grève générale du 5 février a
entraîné le reste de la population dans ce mouvement
reconductible et régulièrement reconduit. La lutte se
mène d’abord sur deux fronts principaux : le coût de la
vie et les bas salaires, les médiocres retraites, les
minima sociaux misérables. Ce combat syndical placé
d’emblée sous l’impulsion des travailleurs intéresse la
majorité des couches de la population, car le coût de
la vie frappe aussi petits artisans, petits planteurs,
couches moyennes, métiers libéraux en voie de
paupérisation etc. La démonstration est ainsi faite que
c’est le mouvement ouvrier organisé et uni qui peut le
mieux poser l’ensemble des problèmes du peuple, proposer
et imposer des solutions. Imposer à qui ? Aux
profiteurs ! C'est-à-dire à ceux qui détiennent
l’import-export, ceux qui concentrent la plupart des
moyens de production, ceux qui possèdent les richesses
financières, ceux qui emploient, licencient et sous-
payent. Ceux là qui déterminent : « Salaires, Prix et
Profits » pour reprendre le titre célèbre de cet ouvrage
référence vieux de 145 ans.
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Sommes-nous
des
fantômes sur notre propre île (?)
Ce qu’est
le documentaire
On est sur
Canal +. On se croirait sur M6. Ton
alarmiste, musique dramatique et/ou
stressante. Le reportage s’intéresse aux
confins de la république. A la
république dans tout ce qu’elle a de
«bananière». «Les békés derniers maîtres
de la Martinique», forcément ils sont
maîtres de la banane et des terres, et
de l’import-export, et de la
distribution(40% du marché pour deux
entreprises différentes, et les 60% qui
restent), de nos âmes et de tout le
reste. Sont convoqués au tribunal:
Robert Parfait, un préfet représentant
de l’Etat français ( j’y
reviendrais...), Garcin Malsa. Soit un
membre du conseil d’administration du
PREMIER groupe de l’île qui n’est pas
béké, soit un élu d’une petite commune
du sud de la martinique très
revendicatif sur les questions
mémorielles( c’est faire de Vanneste le
représentant de la position française
sur les questions identitaires!) . Soit
personne. Ah si! Des grévistes qui
déclarent qu’il sont des «esclaves
modernes». Complaisamment. En souriant.
En s’énervant. En criant. Ils ont des
salaires faibles, sûrement, ils ont
droit à plus de primes, probablement,
mais des esclaves modernes? L’antillais
des villes qui ne sait plus comment
fonctionnent les exploitations se
laissera peut-être troubler, mais on
n’est plus à l’époque où les
travailleurs agricoles étaient payés
comme des chiens et se prenaient des
balles s’ils demandaient plus(et
d’ailleurs que disait le préfet de
l’Etat français à l’époque ou ils se les
prenaient les balles? Rien... Mais j’y
reviendrai...). Une exploitation
agricole c’est carré. Très carré.
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Dialogue avec les ombres
par
Dominique Aurélia
Maître de conférences UAG
Je ne suis pas créole et encore moins
métisse.
Il a fallu que Canal+ diffuse un
reportage biaisé la semaine dernière
pour que remontent en nous toute les
frustrations, détestations,
attraction/répulsion que nous avions,
pensions-nous, déjà jetés hors de
nous-mêmes puisque, disions-nous lors
des cérémonies de l’abolition de
l’esclavage « tout cela c’est loin,
je préfère aller à la plage ou à la
Galleria ou encore regarder ma télé
novela sur mon écran extra plat » ;
il a suffit qu’un béké à un
journaliste importé dise que l’esclavage
avait de bons côtés pour que soudain
nous nous sentions de pauvres nègres .
Comme si Césaire était bien mort et que
Fanon était un anonyme.
Soudain, nous sommes redevenus des
Nègres, soudain les méchants Békés nous
insupportent.
Je me souviens…Années soixante à
Petit-Bourg, deux usines bordaient
notre monde : Genipa et Usine de
Petit-Bourg. Je me souviens que la
sirène de l’Usine ponctuait l’heure de
partir pour l’école. Premier corne,
deuxième corne qu’on disait ; l’Usine
respirait dans notre sommeil, crachait
sa vidange dans la rivière pleine de
fétides lapias ; il y avait aussi des
Békés ; il y avait surtout des békés ;
des riches et des pauvres des Hayot et
des Desgrottes et des Desportes et des
Dormoys et des Roys de Belle Plaine ;
certains travaillaient comme salariés
pour d’autres, certains étaient des
békés griaves sans terre ; d’autres
avaient leur propre buste dans leur
jardin ; j’ai même vu le patriarche
Hayot dans sa berceuse avec ses
moustaches d’un autre temps , déjà.
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05 février 2009 : Va-t-on vers de
nouvelles manières de penser et de faire
?
Danielle LAPORT
Sociologue
Enseignante-chercheure
associée
La
mobilisation du 05 février me rassure
sur mon peuple. Elle me rassure sur sa
capacité de dire « non » aux abus, « non
» à la dissonance insolente qui
structure
la Martinique, « non »
aux profondes inégalités. Les décideurs
politiques et économiques semblent
découvrir l'ampleur de la question de la
pauvreté ! Dans un article que j'ai
rédigé en janvier et publié dans le
quotidien local, j'interpellais les
consciences martiniquaises sur la
pauvreté croissante des salariés et
pointais la disjonction entre un taux de
croissance, donc de valeur ajoutée,
remarquable en Martinique et un taux de
chômage et une situation de précarité
inadmissibles.
Aujourd'hui, ces questions explosent à
la face des « bien-pensants ». Nous
constatons une totale impréparation du
côté des décideurs, pourtant
la Guadeloupe avait
donné le ton depuis quelques jours. Sans
doute, les décideurs avaient-ils misé
sur l'endormissement et l'apathie des
Martiniquais ? Sans doute avaient-ils
misé sur la faiblesse supposée des
syndicats incapables, selon eux, de
mobiliser ? Certains intellectuels
n'avaient-ils pas écarté l'idée d'une
mobilisation, avançant le fait que
l'histoire de
la Martinique n'est pas
celle de
la Guadeloupe, comme
s'il était question d'histoire ? Il est
question d'un « ici et maintenant » et
d'un « demain » sur fond d'une histoire
dont on doit tirer tous les
enseignements. Qu'a-t-on fait du
potentiel de communication mis en place
autour du dialogue social du début des
années 2000 ? Où sont les accords issus
de ce dialogue social qui auraient
certainement anticipé ces questions
sociales problématiques ?
Ce
soulèvement populaire doit inviter à
revoir les schémas de pensée. Et oui,
appréhender la question sociale est
aussi noble qu'appréhender la question
économique ou la question
environnementale ! Cette approche, il va
pourtant falloir l'intégrer
définitivement !
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Entre l'imaginaire
et le réel béké : des capitalistes
«contrariés»
L'écrivain Patrick
Chamoiseau entre dans le débat.
Ce reportage
vous paraît-il refléter la réalité ?
Disons qu'il
accuse les traits les plus grossiers,
les plus archaïques, d'un système
globalement inacceptable. En tout cas,
il met en exergue tous les symptômes de
ce que l'on pourrait appeler d'un point
de vue écologique une « fin d'espèce
» .
Pensez-vous
que les Martiniquais complexent de ne
pas avoir fait exploser ce système ?
En ce qui
concerne les békés, les Martiniquais
sont dans ce que Glissant appelle
«
l'acceptation » et le « refus » ensemble.
Leur système raciste est intégré à notre
imaginaire comme une fatalité, un ordre
des choses, que nous ne voyons presque
plus, et que des visions extérieures
comme
celles-là nous rappellent délicieusement.
Mais cette « fatalité » n'annule pas
l'animosité diffuse qu'on aurait tort de
sous-estimer. Disons que dans la mesure
où nous ne nous sommes pas encore
débarrassés de nos structures archaïques
profondes, ils trouvent encore un
restant d'oxygène. Lorsque nous aurons
changé notre imaginaire et que naîtrons
véritablement au monde de manière
politique, les békés seront forcés de
changer aussi, et de rentrer dans le
réel du monde... Ils ne sont que le
symptôme de notre archaïsme
institutionnel, existentiel ou
situationnel.
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VENDREDI 6 MARS 2009
Tous debout devant la Maison des Syndicats
malgré des lacrymos, l’épaisse, âcre fumée,
la marée rouge du fier peuple de Foyal
résiste à l’arrogance de l’armée coloniale,
scandant comme on le fait un hymne
national :
"Yo armé, nou pa armé, sé pou la viktwa
nou ka alé !" Ferveur d’une seule et
même voix
en dansant tel en un vidé de carnaval…
Convaincus de leurs droits, au-delà de la
peur,
sans armes, leurs mains nues levées avec
ardeur,
ils font reculer à la force de leur chant
les gendarmes macoutes, armés, eux,
jusqu’aux dents !
Février deux mil neuf, dans toutes les
mémoires
cette image à jamais lors restera gravée
d’un peuple uni qui marche pour sa liberté,
conscient d’écrire une page de son
Histoire !
Patrick
MATHELIÉ-GUINLET (08-03-09)
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Letchimy: "Nous
voulons la République"

Propos recueillis par
Claude ASKOLOVITCH
Un moment, la foule l'a cru mort. Vendredi
après-midi, Serge Letchimy, député et maire
de Fort-de-France, voulait s'interposer
entre les forces de l'ordre et des
manifestants, sous les jets de grenades
lacrymogènes. Quand il a été pris d'un
malaise, la rumeur de sa mort a failli
embraser la ville. Rétabli, Serge Letchimy
reprenait hier les négociations pour sortir
de l'impasse.
Que vous
est-il arrivé?
Vendredi, en début d'après-midi, nous étions
à deux doigts de conclure un accord sur la
baisse des prix dans la grande
distribution... C'est alors qu'une
contremanifestation de producteurs de
bananes s'est retrouvée en face des
manifestants du Collectif du 5 février. Je
me suis rendu sur place. Des gendarmes
mobiles étaient coincés derrière des camions
renversés, et pris pour cible par une partie
de la population et des militants. Je me
suis interposé
pour éviter le pire. J'ai reçu des gaz
lacrymogènes. J'ai été évacué vers un
restaurant voisin, le temps de me remettre.
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Le fascisme et
la xénophobie
dans l'enseignement
en Martinique?
Impossible?
Pas si on
écoute les propos des syndicats croupions
minoritaires du 2nd degré qui composent
antidémocratiquement la néomascarade pseudo
révolutionnaire qu'est devenu le "collectif
du 5 février" et que sont le SE-UNSA, CSTM-CGTM!!!!!!!
"Frères humains qui après
nous vivez
n'ayez les cœurs contre nous endurcis
car si pitié de nous pôvres avez
Dieu en aura plus tost de vous mercis"
François Villon, poète et brigand français
du XV siècle.
Le Lamentin,
le 03 mars 2009
L'éviction (ou plutôt le putsch picaresque)
dont a été victime la FSU et plus
particulièrement le SNES, orchestrée par le
"collectif du 5 février" avec la complicité
malveillante du conseil régional de
Martinique à la fois me font dresser
d'horreur les poils de ma peau de métèque et
nous ramène au cœur des débats et de
polémiques d'un autre temps, pourtant pas si
loin de nous que cela, et dont le national
socialisme allemand a été le paradigme
exemplaire. En effet, avec le délire
fascisant et xénophobe du concept
d'"originaire" , avancé par les syndicats
cités plus haut et relayé par une frange du
conseil régional, se pose une question
essentielle qu'il convient de mettre en
lumière afin que de faux arguments ne
viennent l'éluder sournoisement et
démagogiquement. Cette question va au delà
des particularismes et est tout simplement
celle qui renvoie à la définition de ce
qu'est un Homme! Quels sont ses droits , et
ici donc, dans la situation qui nous
préoccupe: qui peut être qualifié d'Homme?
En effet le droit égal pour tout homme de
travailler librement où il le souhaite et en
fonction de ses compétences est inscrit à la
fois dans la déclaration universelle des
droits de l'homme et du citoyen ainsi que
dans le préambule à la constitution
française , qui reprend la déclaration de
1789. Et c'est contre ce droit ,dit naturel,
qu'une partie du "collectif du 5 février" et
certains élus du conseil régional s'élève
avec violence, fausse démagogie et perfidie.
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Nous sommes tous « racisés »…
Et par qui ?
Lettre ouverte à Jean-Michel Prêtre,
procureur de la république
Monsieur,
Je déclare
solennellement, avec sagesse et avec recul :
Swa yo ka apliké akor la , swa yo ka kité
Lagwadloup ; nou péké lésé on bann béké
rétabli
lèsklavaj.
Je vous demande donc « jantiman » de bien
vouloir me mettre en examen directement, pas
la peine de perdre votre temps avec une
information judiciaire : j’avoue, oui nous
sommes « racisés ». Si dans la logique de
votre cerveau-lent, il n’y a que cette
conclusion que vous tirez de ces propos : la
fréquentation des alizés n’arrivent pas
toujours à faire atteindre de hauts sommets,
alors « frappez frappez » Monsieur le
procureur.
Monsieur, puisque vous avez choisi la voie
de la bouffonnerie et qu’Edouard
Boulogne semble être votre muse (celui-là
vrai « humaniste » atavique
d’extrême-droite, émule de Charles Maurras
déguisé en chrétien tendance Père Labat,
expert en racisme… des autres), restons-y,
et dans ce cas, je vous demande de mettre
aussi en examen :
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Mise au
point de
Jacky Dahomay.
Le journal France Antilles a publié
en exergue, dans son édition de mardi
dernier, une supposée citation de moi dans
laquelle je traiterais les dirigeants de LKP
de « tontons macoutes ». A ma connaissance,
je n’ai donné nulle interview à ce quotidien
et j’ai l’habitude d’exprimer directement
mes points de vue, que ce soit par voie
écrite ou par voie orale dans la presse.
Cette manière de faire n’est pas correcte.
France Antilles aurait pu me demander
directement ce que je pense de la situation
actuelle, n’ayant jamais peur d’exprimer
publiquement mon point de vue. Je profite de
la présente mise au point pour clarifier ma
position sur le mouvement actuel.
Je ne crois pas que les dirigeants de LKP
soient des « tontons macoutes », car ces
derniers pour tous ceux qui connaissent un
tant soit peu Haïti, sont des criminels.
Beaucoup de dirigeants de LKP sont liées à
moi pour des raisons familiales, amicales ou
autres et je ne les tiens pas du tout pour
des criminels. Cela est le premier point.
Deuxièmement, j’ai soutenu publiquement et
concrètement la grève générale initiée par
LKP car j’y ai vu une autre manière de faire
du syndicalisme en évitant les erreurs
passées, une maîtrise du mouvement. Pour
moi, ces dirigeants ont eu le mérite de
faire émerger une véritable société civile
guadeloupéenne, ce qui est une première
depuis 1946. J’ai souligné aussi la
dimension internationaliste du conflit et
j’ai défendu la cause de ce mouvement auprès
de l’opinion publique internationale,
métropolitaine en particulier. Je me suis
abstenu aussi durant toute cette période de
critiquer les points négatifs du mouvement,
attendant une période plus constructive pour
le faire entre Guadeloupéens. La seule
réserve ou critique que j’ai exprimée
publiquement est le danger que les
dirigeants de LKP soient tentés de croire
que le pouvoir social acquis magistralement
dans la rue puisse être transformé en
pouvoir politique sur toute la société.
Il est vrai que dans le passé, j’ai critiqué
les méthodes « macoutiques » d’un certain
syndicalisme, notamment certaines tendances
de l’UGTG. Je ne confonds pas macoutique et
tontons macoutes. Pour moi, le macoutisme
est une forme d’autoritarisme propre à nos
sociétés issues de l’esclavage. La société
esclavagiste engendre dans nos sociétés un
rapport flou à la loi. Le rapport à l’autre
est souvent médiatisé par la violence. Dans
le rapport aux enfants, à la femme, aux
animaux et aussi dans la politique. On n’a
qu’à penser aux « donneurs de fraîcheur » de
Légitimus et, jusqu’à une époque récente,
aux élections violentes avec Balin à
Anse-Bertrand et encore à Marie-Galante. Je
maintiens mes critiques concernant certaines
dérives de l’UGTG même si je pense qu’après
la défection des gens de ma génération, l’UGTG
a dû continuer seule le combat syndical et
maintenir la question sociale à l’ordre du
jour et je mets quiconque au défi de me
contredire sur ce point. Dans ma vie
personnelle, j’ai eu à subir ce macoutisme
quand, avec d’autres, j’ai créé le journal
Jougwa. Je suis prêt à affronter
toute discussion publique sur cette
question. Je crois qu’effectivement, à la
fin du conflit, certains de ces vieux démons
ont réapparu et ont quelque peu affaibli
l’audience de LKP Les tontons macoutes ne
sont rien d’autre qu’une exagération
mortifère du macoutisme caraïbéen ambiant.
Par ailleurs, je suis persuadé que les
colonies françaises ont hérité de la France
une culture de la volonté, héritée de
Rousseau alors que les colonies anglaises
s’appuient d’avantage sur une culture de la
loi. Voilà pourquoi les anciennes colonies
françaises ont plus de mal à instaurer des
régimes démocratiques que les colonies
anglaises. Enfin, je souhaite que le
mouvement initié par LKP se transforme en un
véritable développement de la société civile
qui seul selon moi pourra permettre aux
Guadeloupéens, démocratiquement, de choisir
leur destin. Il y a d’autres critiques que
j’adresse à LKP mais il me semble qu’il faut
le faire dans un climat de discussion plus
serein.
Concernant Domota. Il m’est beaucoup plus
sympathique que beaucoup de dirigeants
syndicaux traditionnels. Je n’accepte pas
qu’il soit accusé de racisme et je l’ai dit
lors d’une interview à Europe I. Je suis
prêt à monter au créneau pour défendre
Domota s’il est accusé de racisme.
Toutefois, Domota a commis une faute
politique qui n’est pas dû au racisme et on
peut comprendre qu’un jeune subitement promu
dirigeant d’un mouvement à large contenu
international, puisse commettre des erreurs.
Sa faute consiste en ce que ses propos
pouvaient être interprétés de différentes
manières. Lorsqu’on est dirigeant à un tel
niveau de responsabilité, quelle que soit la
fatigue, on fait attention à ce que l’on
dit, surtout dans un pays où la question
raciale est d’une grande complexité. Domota
a donc prêté le flanc aux critiques de ceux
qui sont radicalement adversaires d’une
quelconque émancipation de la Guadeloupe.
Voilà. Pour le reste, je suis prêt à
discuter avec toute personne sur l’avenir de
la Guadeloupe, même si on me traite sur les
ondes de « chien à blanc » ce qui, tout le
monde peut le constater, n’a absolument
aucun effet sur moi.
Jacky Dahomay.
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Par Frantz Succab
La
Guadeloupe a durablement occupé l’actu dans
les pays importateurs de touristes. « Image
désastreuse ! » pensent les prometteurs
touristiques. « Enfin, le monde nous entend
tels que nous sommes ! » pensent les
habitants de l’île promise. Question de
point de vue : il y a du linge sale qui se
lave ici, en famille, ce qui défie toutes
les parentés institutionnelles, tous les
fichiers des tours operators, toutes les
cartes postales, voire même la carte du
monde de papa. La planète avait
presqu’oublié que La France était un pays
caribéen d’Europe.
Dans les grandes villes de l’Hexagone, des
foules de Français battent le pavé au vu et
au su d’une France ébahie de découvrir
certains si… foncièrement foncés. Anciens
invisibles soudainement visibles. Les
plateaux télés et les colonnes de la presse
écrite ratissent en catastrophe. Escouades
peoples, spécialistes de ceci ou cela,
toujours la foultitude des bons exemples :
les fleurons d’un républicanisme tropical,
mâtiné de parisianisme. Enfin, un peu plus
de visibilité des minorités « domiennes »,
pourvu qu’elles sachent rester
idéologiquement incolores. Montrer patte
blanche, si l’on peut dire.
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Quelques observations à
propos de l'article de M. Henry Petitjean
Roget :
"Une approche
anthropologique du contexte de la révolte"
par Huguette Emmanuel
Bellemare, martiniquaise, sociologue de
formation, enseignante du second degré
Dans
Madinin’Art du 19-2, Mr Henry Petitjean
Roget nous propose « Une
approche anthropologique du contexte de la
révolte » sous-entendu en Guadeloupe.
Cet intitulé
semble promettre une analyse scientifique,
de même que la bibliographie et les titres
universitaires déployés à la fin de
l’article. Qu’en est-il exactement ?
Examinons
d’abord les efforts de l’auteur pour
constituer la société guadeloupéenne en un
objet d’étude anthropologique.
Il commence
par énoncer péremptoirement une
particularité, selon lui, de cette société :
« les mots qu’utilisent ses membres ne
disent pas ce qu’ils veulent
exprimer. L’exprimé se situe presque à
chaque fois dans le registre du non-dit. »
Curieusement
pourtant, il prend les exemples de sa
démonstration chez les Martiniquais ! En
effet, dit-il, ceux-ci ne désignent le
serpent que par les expressions : « la bête
longue » ou « la cravate », ce qui est la
marque, « somme toute » (!) d’ « une
société précapitaliste ou traditionnelle qui
a conservé des relations étroites avec son
environnement naturel » ! Hum ! Est-ce que
l’on ne frôle pas les qualifications de
prélogiques, voire d’humanités encore
engluées dans l’animalité ?! L’auteur s’en
défendrait énergiquement ! Soit, mais
contrairement à ce qu’il semble croire, les
Antillais n’ont inventé ni la métaphore, ni
la périphrase euphémique. Les Romains ne
disaient pas : « il est mort », mais : «
il a vécu » et pour le cas où Mr Henry
Petitjean Roget estimerait « que ceux-ci
avaient gardé des relations étroites avec
leur, etc.… ». Remarquons qu’aujourd’hui les
Français disent dans la même
situation : « il est parti », leurs
journalistes ajoutant parfois : « des suites
d’une longue et douloureuse maladie », et
tout le monde comprend de quoi il s’agit !
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La grève générale en Guadeloupe,
Une brève lecture sociologique
Troisième partie
par Louis Auguste Joint , Sociologue
Depuis le 20 janvier 2009, une grève générale, animée par le collectif « Lit Kont Pwofitasyon » (LKP) composé de 49 organisations, paralyse l’ensemble des activités socioéconomiques, culturelles et politiques de la Guadeloupe. Dans la première et la deuxième parties de cette « brève lecture sociologique de la grève générale en Guadeloupe », j’ai déjà partagé avec vous certaines de mes observations et réflexions sur le déroulement de la grève. Je précise que mon propos n’est pas une lecture détaillée des différents événements qui se défilent à travers ce vaste mouvement populaire, lequel met en branle toute la société guadeloupéenne. Je propose seulement de donner un résumé de l’ensemble des événements, en relevant les faits les plus marquants à mes yeux et mes oreilles. C’est le témoignage d’un observateur qui vit de près les événements et qui les regarde avec un œil critique. La deuxième partie de notre lecture des faits s’arrêtait au 17 février. Dans cette troisième partie, je partage avec vous mes observations et réflexions sur le déroulement de la grève du 17 au 28 février 2009.
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Grève
générale
pour des
revendications
complètement
justes et
légitimes....
Mais dans
cette crise
qui agite la
Martinique,
où sont les
marcheurs en
dehors des
manifestants,
les
cyclistes?
Pas sur les
routes en
tout cas,
alors qu'en
temps
"normal"
beaucoup
d'associations
organisent
des
randonnées
pédestres,
beaucoup de
martiniquais font
partie de
clubs et
possèdent
VTT et tout
l'attirail
adéquat,
souvent
dernier cri
: maillot,
chaussures
spéciales,
lunettes,
casque,
etc.... Mais
non, on
préfère
s'agglutiner
quotidiennement
devant les
stations-service
pour se
procurer 3O
euros
d'essence
(et parfois
moins). On
ne nous fera
pas croire
qu'il n'y a
pas d'autres
alternatives
que de faire
le pied de
grue devant
ces stations
depuis 4 ou
5 h du matin
et pendant 3
à 5 h
d'attente.
Beaucoup de
voitures qui
circulent
n'ont à leur
bord qu'une
seule
personne :le
conducteur .
Quid du
co-voiturage
? Certes,
des
initiatives
solidaires
existent
mais
encore trop
insuffisantes
Ceci
augure bien mal de l'avenir. Car
si le collectif du 5 février
obtenait que les salaires et les
aides sociales augmentent (à la
limite même sans baisser les prix
des produits et des services...)
cette augmentation risque de ne
servir qu'à consommer davantage et
donc à continuer à gonfler les
poches des mêmes dont on se plaint
qu'ils exploitent et exercent une "profitasyon".
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Et la morale de l’histoire
par François Cuvillier
Les puissants qui demandent le calme pour
négocier donnent finalement raison aux
adeptes de la violence, puisqu’on ne réagit
vraiment qu’après des évènements criminels.
Malheureusement, chacun s’est conduit en
confirmant les préjugés de l’adversaire.
Parmi les responsables du conflit, combien
se targuent de prier le Seigneur, ou
s’inscrivent dans une laïcité héritière des
valeurs chrétiennes, pour bafouer impunément
ces principes par la vanité égoïste, le
mensonge cupide ? L’église est-elle une
usine à pardonner le péché (du) capital, un
pressing dominical pour l’ordure
hebdomadaire ? On ne déplore pas la bassesse
humaine pour en justifier la perpétuation,
et l’on croirait par moments régresser à
l’époque barbare de la vengeance quand on
érige en principe de justice la loi du
talion afin de légitimer les abus des uns
par la scélératesse des autres. Cette
perversion ne facilite pas la résolution du
conflit, mais en révèle une cause profonde :
notre incurie éthique, plus longue à soigner
que la plus longue des grèves, plus
difficile à isoler qu’une caste d’ennemis,
plus entremêlée qu’un lyannaj.
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Des solutions pour payer les
augmentations des bas salaires
par
André Marie-Rose
La
certitude à ce jour, c’est que de nombreux
produits vont baisser de 20 % en Martinique.
Dès lors, le sur-salaire de 40 % des
fonctionnaires n’est plus justifié. Ne
s’appelle-t-il pas « prime de vie chère » ?
Ainsi, si la vie chère diminue, il doit
baisser à due concurrence. D’autant qu’il
participe activement à la constitution des
prix compte tenu qu’il les tire vers le
haut. Ainsi, d’une pierre deux coups. En
répartissant le sur-salaire des
fonctionnaires sur les bas salaires (voilà
un geste solidaire !), on rend justice à la
baisse des prix et on évite qu’ils ne
remontent. Pourquoi les membres du collectif
ne le proposent-t-ils pas ? parce qu’ils
sont tous fonctionnaires ? Je n’ose y
croire. Par ailleurs, la demande d’égalité
avec la métropole est tout à fait justifiée.
Il y a donc lieu de supprimer aux Antilles
la 4éme année « gratuite » des
fonctionnaires pour le calcul de leur
retraite (je travaille 30 ans et la sécurité
sociale m’en paie 40). De la même manière,
toujours au nom de l’égalité mais aussi de
la dignité, il faut supprimer l’abattement
de 30% sur le montant imposable dont
bénéficie chaque contribuable aux Antilles.
Il entraîne que ¾ des résidents aux Antilles
ne participent pas au financement de la
nation. D’autant que le taux de recouvrement
est inférieur à 60%. On se rapproche donc
plutôt de 15% de contribuables aux Antilles
qui apportent leur participation aux
dépenses communes de la République. On peut
aussi supprimer le désuet et injustifié
congé bonifié de tous les fonctionnaires
originaires des Antilles qui travaillent en
métropole (Etat, collectivités territoriales
et hôpitaux, de l'ordre de la centaine de
milliers) ainsi que celui des fonctionnaires
métropolitains aux Antilles qui y ont droit
(uniquement Etat, de l'ordre de la
centaine). Beaucoup de solutions existent
donc. Elles nous obligent à la solidarité et
à l'égalité avec la métropole (qui doit
jouer dans les 2 sens). C'est le juste prix
à payer pour une vraie dignité.
André
Marie-Rose Schoelcher |
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«C’était comme retenu, ça nous a sauté à la figure»

Elie Domota, porte-parole du LKP (1), s’en amuserait presque. Nous sommes samedi soir, c’est-à-dire dimanche matin à Paris. «Vous savez, lâche-t-il, on est un peu susceptible.» Dans une pièce voisine du port autonome de Pointe-à-Pitre où s’achèvent les négociations, le préfet vient de tenir une conférence de presse, où il a déclaré avec solennité : «L’essentiel est maintenant acquis. La revendication des 200 euros, portée par le LKP, a été signée. Ce soir, les médiateurs ont fini leur travail. Au nom de l’Etat, le retour à la vie normale s’impose. Rien ne justifie la poursuite du conflit.» «Ah bon ! C’est qu’a dit le préfet… Il décide à notre place maintenant» , ironise Elie Domota, en reconnaissant peu après que le LKP devrait appeler à «la suspension du mouvement».
Elie Domota peut en tout cas sourire. Il vient de mener avec succès un mouvement de grève inédit, de près de six semaines, qui a profondément secoué cette île des Antilles d’à peine 450 000 habitants. L’homme est atypique. Il n’a rien de spectaculaire, et pourtant, il impressionne. «Il y a deux mois, très peu de personnes le connaissaient en Guadeloupe», note Michel Rodriguez, patron de la chaîne de télévision locale Canal 10, qui aura eu un rôle décisif dans ce conflit. «Maintenant, c’est simple, si je veux faire de l’audience, j’invite Domota.»
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L'outre-mer "coûte" près de sept milliards à l'État
par Cécile Crouzel
La Guadeloupe coûte déjà 2,5 milliards d'euros à l'État et la Martinique 1,8 milliard.
Avec un taux de chômage qui dépasse les 20 % et une proportion de RMistes presque quatre fois plus élevée qu'en métropole, les Antilles souffrent de nombreux handicaps économiques. Pourtant, l'État ne lésine pas sur les moyens qu'il accorde à l'outre-mer.
L'effort global programmé jusqu'à présent pour 2009 est de 16,7 milliards d'euros. Pour la Guadeloupe, la facture s'élève à 2,5 milliards, et pour la Martinique à 1,8 milliard. «Toutefois, ces chiffrages agrègent tous les coûts, y compris ceux liés aux missions régaliennes de l'État, comme l'Éducation, la Justice, la police, qui existent dans l'ensemble des départements français», nuance Éric Doligé, sénateur UMP rapporteur du budget de l'outre-mer. Or ces charges «habituelles» ne sont pas négligeables : en Guadeloupe, l'État dépense près de 700 millions d'euros pour l'enseignement scolaire. «Il est donc plus juste de se concentrer sur le coût, pour l'État, des mesures spécifiques à ces territoires», explique Jérôme Cahuzac, député socialiste, rapporteur de ce budget à l'Assemblée.
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Brèves du SNES Martinique
Dimanche 1er mars 09
25ème
jour de grève
Situation générale
Une vague accalmie, mais tout n’est pas rentré dans
l’ordre, loin s’en faut. Toutefois on note des signes de
tension, d’impatience et quoi que dise le collectif, la
mobilisation quotidienne est en baisse même si elle
n’est pas négligeable.
Pour l’administration on devrait pouvoir reprendre les
cours mercredi pour les lycées et collèges et jeudi pour
les écoles. Une majorité de collègues du premier degré
et du second degré aspire à reprendre leur travail
contrairement aux affirmations du SE. Reste à voir les
transports.
Le maire de Trinité, Manscour, appelle les non-grévistes
à venir travailler tandis que Malsa et Nadeau du Modemas
demandent aux maires de maintenir la grève.
Des nouvelles du collectif et de l’action
-
le SE fait campagne contre le SNES et la FSU, ad nominem,
en soutenant que le SNES et la FSU ont quitté le
collectif. No comment. Le courrier de Mireille Jacques à
lui seul est un tissu de contradictions. Au passage on
comprend pourquoi la plateforme était si mauvaise. Elle
datait de novembre 2007.
-
Le SNES a tenu à voir s’il était mis dehors ou si l’on
considérait que le premier syndicat des personnels du
Second Degré avait le droit de s’exprimer pour
représenter la voix de ces personnels. Il s’est donc
rendu vendredi à 15 heures à la réunion à la Région
entre la commission éducation et le recteur. En réalité
il y avait plein de beau monde et des petits fours…que
nous n’avons pas eu le droit de goûter ! Soumbo en
personne est venu informer Thierry Renard, YJH comme il
le nomme et Serge Baclet, de vider les lieux. Nous
voulions savoir quel était le degré de collusion de la
Région. Nous l’avons.
-
Le SNES écrit un courrier au recteur pour l’informer de
son intention de poursuivre l’administration devant le
TA dès lors que des décisions seraient prises, à
l’encontre des personnels notamment lors de cette
commission éducation du collectif qui ne peuvent engager
les personnels puisque l’accord, si accord il y a, ne
représenterait que des syndicats croupions dans le
Second Degré.
-
Des militants attentifs nous ont fait remarquer les
termes de l’affiche située derrière Michel Monrose lors
de son dernier passage à RFO : Avec l’Unsa,
choisissez l’autonomie … On comprend mieux le
mélange du syndicat et de la politique. Rien de
scandaleux au demeurant. Simplement tous les syndiqués
du SE le savent-ils ? Enfin l'autonomie consiste-t-elle
à rompre avec la fonction publique nationale ? Enfin,
l'autonomie s'applique-t-elle avant que les citoyens en
ont décidé ? Autrement dit l'autodétermination est-elle
oui ou non la liberté pour les peuples de décider
de leur sort, ce en quoi nous ne pouvons qu'être
d'accord.
[...]
Toutes ces informations sont ici :
http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article230
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Intention, méthode
et résultats
par François
Cuvillier
De
la vie chère au
respect, de la
justice à
l’émancipation, des
revendications au
changement de
société, le
mouvement antillais
actuel recouvre des
enjeux de plus en
plus difficiles à
circonscrire. Or,
entre les objectifs
nobles d’une
redéfinition des
valeurs et des
fonctionnements de
notre société, et la
procédure mise en
œuvre que l’on
observe
actuellement, on
trouve des paradoxes
qui méritent notre
vigilance. Selon un
adage de prudence,
l’enfer n’est-il pas
pavé de bonnes
intentions?
Méditer
L’histoire
Le lexique, les
symboles, les
références de
méthodes politiques,
la fantasmagorie de
l’héroïsme
révolutionnaire qui
émaillent les
discours actuels
évoquent une
histoire dont on
néglige les ombres
pernicieuses.
Dans ce « ils » qui
nous ont exploités,
trahis, empoisonnés,
dans cette marche du
peuple qui doit
abolir les individus
pour n’avoir plus
qu’une seule voix,
dans ces actions où
des gens se sont
autoproclamés
représentants du
peuple, parce qu’ils
sont les têtes
pensantes,
s’octroyant le droit
d’engager des
actions de force au
nom du bien commun,
(en consultant au
préalable les
citoyens, on
risquait de perdre
du temps ?) ; dans
les discours
polyphoniques où la
sagesse humaniste
masque difficilement
un ressentiment
insurrectionnel, on
éprouve des saveurs
de déjà vu, de
troublantes
similitudes.
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Non à la dictature
du collectif du 05
février
Le temps perdu
Par Habdaphaï
Je
ne crois pas à
l'expression
artistique
pluridisciplinaire
pour défendre des
revendications des
artistes
plasticiens.
Car chaque corps de
métier artistique a
des spécificités et
des demandes de
réflexions pour
chaque pôle de
création.
Surtout quand des
amateurs qui se
disent artistes,
et le manque
d'espaces et de
professionnels pour
nous seconder
tuent les
professions d'art,
et bien évidemment
la culture,
et la représentation
ici et ailleurs.
L'artiste pour moi
est là pour avoir un
regard sur toutes
les formes de
manifestations, et
après proposer une
image, une œuvre,
une analyse pour que
les revendications
puissent laisser des
traces.
Ma place à moi,
ce n'est pas de me
retrouver avec des
gens qui ont les
mêmes couleurs
politiques, qui
récupèrent le
mouvement social
pour les futures
élections,
ils se
reconnaitront.
Avec le regard et la
distance que j'ai de
ce mouvement, on
trouve qu'il ya des
lacunes de
connaissances,
des amalgames et
bien parfois des
discours du passés,
des parties
économiques, et
aussi des dossiers
traités, je donne
comme exemple ce qui
concerne l'art :
Pas de projet, pas
d'idée, pas d’action
artistique, en un
mot rien....
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TAN-AN VINI
Lève-toi, peuple
issu du viol codifié
de l’Afrique !
Il est temps pour
toi de récupérer la
terre
ensemencée par la
sueur et le sang du
Nègre,
par les ossements
blanchis de tes
ancêtres,
arrosée par les
larmes amères
versées de leurs
yeux.
Cette terre d’exil
qui désormais
t’appartient du
droit inaliénable
du sang répandu
comme un engrais
précieux,
la légitimité du
travail et de ta
misère.
Et le feu prend dans
la canne et consume
la grand-case,
purificateur et
rénovateur
et le phénix-liberté
renaît de leurs
cendres et déploie
ses ailes,
le sang coule sur
l’autel des loas
et leur force est en
toi,
soulevant ta colère
au rythme du
tam-tam !
Car voici que vient
une ère nouvelle
pour le peuple de
Cham
et l’injustice
passée doit être
réparée !
L’heure du métis a
sonné à l’horloge de
l’Histoire
afin qu’à jamais
soit effacé des
mémoires
le temps honni du
joug et de
l’esclave.
L’heure de
nous-mêmes…
Comme nous a
enseigné Aimé
Césaire,
lève-toi et marche,
debout et fier
pour regarder
demain…
Patrick
MATHELIÉ-GUINLET
(26-02-09) |
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En ces
temps
agités,
j'ai
peur....
Pour
nos
enfants,
que nous
ne
soyons
pas à la
hauteur...
Nous
vivons
un
moment
historique
pour
l'humanité,
le
premier
combat
contre
le
capitalisme
libéral
qui a
été
imposé à
tous et
que nous
ressentons
particulièrement
dans les
provinces
ultra-périphériques.
Le
premier
combat
dans
l'intensité
de la
lutte(5
semaines
pour la
Guadeloupe
et se ne
sont pas
les plus
fortunés
qui font
grève...)
et le
nombre
des
sympathisants
encore
en
lice...
La
France
n'a pas
connu de
tels
débordements
depuis
longtemps....
Des
foules
immenses
tant à
Pointe-à-Pitre
qu'à
Fort De
France,
qui, sur
le plan
de la
représentation,
battent
tout
record
Métropolitain
!!! Près
de 60
000
personnes
dans les
rues de
toute la
Guadeloupe,
plus de
30 000
personnes
à Fort
De
France
cela
correspond
à plus
de 12
millions
de
Français
dans la
rue...
En
réponse
à tout
cela,
peu de
chose,
les
journalistes
s'intéressent
enfin
aux DOM
plus de
20 jours
après le
début
des
troubles,
aucune
traduction
de "Liyannaj
Kont
pwofitasyon"
n'a été
proposé
aux
Métropolitains,
comme si
le
créole
n'avait
pas
droit de
cité...
Aucun
reportage
digne de
foi, n'a
été
diffusé
sur les
réelles
disparités
économiques...
Les
premiers
mots de
notre
premier
ministre,
après
"quelques
jours de
manifestation"(plus
de 20)
ont été
sur le
coût
"ressenti"
de la
vie
chère...
Notre
président
de la
république,
en
oubliant
que ces
excuses
concernant
les
bienfaits
de
l'esclavages
n'en
étaient
pas,
n'ouvre
sa
bouche
qu'après
avoir
négocié
avec les
syndicats
métropolitains,
en
donnant
des
miettes
d'un
plan
dont il
ne sait
toujours
pas
comment
il va le
financer
!!!!
Et notre
Ségolène,
qui nous
a
badigeonné
de ces
racines
Antillaises
durant
la
campagne,
ne se
souvient
de nous
qu'en
même
temps
que le
président,
et j'en
passe...
En
Guadeloupe
et en
Martinique,
comme
dans les
autres
provinces
ultra-périphériques
françaises,
un
laboratoire
du
capitalisme
a été
mis en
place
par les
différents
gouvernements
:
comment
se faire
plein
d'argent
en
payant
les gens
le moins
possible
et en
pratiquant
les
tarifs
les plus
prohibitifs.
Pour
pimenter
le tout,
quelques
lois de
défiscalisations
ont été
pondues,
et
boustent
l'économie
locale,
au
détriment
des gens
les plus
pauvres
et aux
richards
d'en
profiter.
A ce
propos,
combien
de
membres
du
gouvernements
et ou du
parlement
bénéficient
de cette
défiscalisation
?
Autre
question
d'importance
:
combien
les
antilles
françaises
rapportent
à l'état
français
en taxes
diverses
et
autres.
Je
crains
que les
cartes
ne
soient
tronquées...Et
en plus
on ne
les a
pas en
main....
De tout
cœur,
avec
vous....!!!!
Docteur
Benoit
Giroud,
Martiniquais
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Manifeste contre le
blocage en
Guadeloupe :
non-dits et
réalités.
Oui, il s’agit bien
d’un blocage
généralisé et
intentionnel, plus
ou moins organisé et
non d’une grève
générale illimitée
comme annoncée. Ce
fait établi, nous
conduit nous jeunes
Salariés, Cadres et
Chefs d’Entreprises
guadeloupéens
d’origines diverses,
à émettre ces
constats en quelques
points.
I - Discours et
propagande
Face à des poncifs,
à de l’intoxication
et autres
contrevérités, il
semble urgent de
rappeler quelques
éléments d’ordre
économique et
sociétal. Les
principaux agrégats
économiques de notre
département restent
peu significatifs,
voire
décourageants : taux
de chômage à deux
chiffres, taux
d’endettement qui
croît aussi vite que
le taux d’équipement
des ménages…
Rappelons également
que notre
département jouit
largement de la
générosité
européenne à travers
les dispositifs de
soutien financier,
que nos richesses
naturelles sont
quasiment
inexistantes, que
notre agriculture
est en déclin et que
le tourisme est en
sursis.
Flatté par un
discours
revendicatif et
quelque peu
agressif, notre
individualisme
exacerbé nous engage
à prendre possession
de la rue au lieu de
prendre possession
du pouvoir
économique et tenter
d’inverser la
tendance.
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Guadeloupe : les
pratiques musclées
des militants du LKP
Les chefs
du collectif «contre
la profitation»
usent de la manière
forte pour rallier à
leur cause une
population qui
redoute le
durcissement du
conflit.
L'homme
doit avoir à peu
près la
cinquantaine. Il a
les tempes
grisonnantes et
porte une casquette
de base-ball sur la
tête. Sans doute
enseignant de
profession, [sic!]*
membre de la FSU
[sic!]*,
il est l'un des
porte-parole du LKP,
le collectif «contre
la profitation» à
l'origine de la
grève générale qui
paralyse depuis
maintenant
trente-cinq longs
jours la Guadeloupe.
La scène se déroule
lundi dernier devant
l'entrée du port
autonome de
Pointe-à-Pitre.
Depuis plusieurs
heures déjà, Élie
Domota, le leader
charismatique du LKP,
lui-même
fonctionnaire auprès
de l'ANPE, est
enfermé dans une
petite salle du
bâtiment avec le
préfet et les
représentants du
patronat. Les
négociations
piétinent. Comme
depuis un mois.
Dehors, les fidèles
de Domota
s'échauffent au
rythme de la chanson
créée pour
l'occasion : «La
Gwadloup sé tan nou,
la Gwadloup sé pa ta
yo» («La Guadeloupe,
c'est à nous, la
Guadeloupe, ce n'est
pas à vous»)
*Note
de Madinin'Art
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par Jacky Dahomay,
professeur de
philosophie à la
Guadeloupe.
Ceci semble
aujourd’hui une
évidence : il
est inacceptable
que le président
de la république
ait attendu un
mois et qu’il y
ait eu un mort,
après des
semaines de
crise sociale
grave en
Guadeloupe, pour
qu’il se
prononce à ce
sujet et fasse
des
propositions. En
culture créole
cela s’appelle
du mépwi
(quand on feint
d’ignorer
l’autre ou que
l’on ne répond
pas à ses
attentes). Cela
est d’autant
plus surprenant
que Nicolas
Sarkozy
affectionne
particulièrement
une sur-présence
dans tous les
conflits qui
peuvent éclater
en France
métropolitaine
voire dans le
monde.
Toutefois,
utiliser le
terme de
« mépris » a
le désavantage
d’interpréter
une attitude
politique en
termes
d’affection et
de brouiller
ainsi l’analyse
réelle d’un tel
comportement.
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Le Manifeste des 9 :
l’utopie de l’An 01
par Michel Herland
Professeur à l'UAG
Peu après les
événements de 1968,
le dessinateur Gébé
a fait paraître une
bande dessinée,
L’An 01, qui
décrivait la société
future telle que
l’imaginaient les
plus radicaux des
révolutionnaires de
l’époque. L’argent
désormais sans
valeur, la fin de
l’aliénation par la
consommation, le
travail réduit de ce
fait à peu de
choses, ce qui
libère le temps pour
des activités plus
nobles : cultiver
son esprit,
s’exercer aux arts
ou, plus simplement,
farnienter. L’usine
n’a pas disparu mais
fonctionne désormais
sur la base de
l’autogestion, et le
peu de temps qu’on
lui consacre est
placé sous le signe
de la convivialité
et de la créativité
plutôt que de la
productivité à tout
crin.
Un tel modèle de
société est
exactement celui
préconisé par les
neuf intellectuels
antillais, auteurs
du Manifeste pour
les « produits » de
haute nécessité.
Renonçons à tous nos
démons :
surconsommation,
dépendance
économique et
financière, travail
forcé pour les uns
et recherche
effrénée du profit
pour les autres. Au
lieu de cela,
instaurons la
gratuité, la
solidarité, la
responsabilité, la
créativité, la
culture et les
beaux-arts. Il
s’agit donc
d’inventer une
« société non
économique », dont
les principales
conditions sont la
« décroissance » des
besoins et la fin de
« l’absurdité
coloniale ».
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"Allons
enfants
de la patrie
!"
par
Elodie
QUIDAL* et
Marlène
PARIZE*
UNE CRISE SOCIALE
ébranle la
Guadeloupe et se
répand comme une
traînée de poudre en
Martinique et
bientôt en Guyane et
en réunion . Les
outre-mer
s’enflamment et se
mobilisent avec un
mot d’ordre partagé,
une exigence clamée,
« l’augmentation du
pouvoir d ‘achat » ,
le pouvoir de vivre,
de se nourrir, de
s’éduquer, de se
soigner, de se
loger, de
travailler…
Face à ces exigences
et aux désordres
qu’ils entraînent le
gouvernement
représenté par le
Secrétaire d’Etat à
l’Outre-Mer Yves
JEGO explique lors
d’une interview (le
12/02/2009 sur
Europe 1) que cette
crise est « « une
crise de société, de
remise en cause du
modèle de
fonctionnement des
Antilles. » Nous
voilà face à un
Président qui
intervenant sur la
crise sociale en
France (Emission «
Face à la crise »)
ne dit pas un mot
des mouvements qui
immobilisent depuis
des semaines les
Antilles ; et un
Ministre qui nous
dévoile lors de
cette interview du
12 la stratégie du
gouvernement :
enfermer cette
mobilisation sociale
dans le contexte
créole, et présenter
l’Etat comme un
pouvoir neutre plein
de bonne volonté.
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Que voulons-nous,
Guadeloupéens?
par Jacky Dahomay
Il
est clair que la
Guadeloupe défie
constamment toute
tentative
d’interprétation
théorico-politique
et le philosophe
politique, surtout
quand une trop
grande proximité le
lie à ce pays, est
le plus souvent
désorienté. Malgré
tout, je me risque à
exprimer ici ce que
je perçois pour
l’instant de ce
puissant mouvement
social, étant
entendu que ces
analyses à chaud
seront toujours
marquées du sceau de
la contingence
historique.
Disons-le tout net :
s’il m’est arrivé
dans le passé
d’énoncer de vives
critiques concernant
certains mouvements
sociaux (critiques
que je trouve
pertinentes
aujourd’hui encore)
je constate
maintenant que la
contestation sociale
n’a pas le même sens
ni les mêmes
tournures
qu’autrefois. D’une
part, les dirigeants
syndicaux, en
évitant de
reproduire les mêmes
erreurs
traditionnelles,
font preuve d’une
plus grande maîtrise
du mouvement social.
D’autre part, par
son ampleur même, la
mobilisation en
cours jouit d’une
popularité
incontestable qui
lui donne une
certaine légitimité.
Quelles que soient
donc les erreurs ou
insuffisances qu’on
peut déceler ça et
là, je soutiens
globalement la
contestation sociale
en cours et ceci
pour deux raisons
fondamentales.
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Guadeloupe,
Martinique,
la possibilité des
îles
Yves
Jégo, le secrétaire
d'État chargéde l'Outre-Mer
commente la crise
qui secoue la
Guadeloupe et la
Martinique et
explique leur
importance dans la
République
française, notamment
sur le plan
écologique et
maritime.
La crise qui
secoue la Guadeloupe
depuis le 20 janvier
2009 est trop
sérieuse pour que
nous en restions aux
effets de manche de
ceux qui cherchent à
l'instrumentaliser à
des fins partisanes.
Ceux qui, en
métropole, tentent
de la présenter
comme le symbole
d'une contestation
dirigée contre la
politique du
gouvernement,
méprisent le message
des Guadeloupéens et
trahissent les
attentes de nos
compatriotes
ultramarins. La
vérité, c'est qu'il
ne s'agit pas d'un
mouvement de
protestation
sporadique, mais
bien d'une triple
crise. Une crise
économique qui
frappe toute la
planète et atteint
plus vite les
économies fragiles,
une crise
structurelle liée
aux dérives ultimes
mais encore
observables de
l'héritage d'une
économie « de
comptoir » et enfin,
et peut-être
surtout, une crise
existentielle, en
tout cas une crise
sociétale.
Après plus de
vingt-cinq jours de
grève générale en
Guadeloupe et dix
jours en Martinique
alors que la tension
croît, alors que les
risques de violences
se multiplient,
chacun doit admettre
qu'il est temps
qu'une vie
économique normale
reprenne son cours.
Mais ne nous
méprenons pas :
finir la grève, ce
n'est pas en finir
avec la crise. Notre
politique n'est pas
d'acheter, comme ce
fut tant de fois le
cas auparavant, une
illusoire paix
provisoire. Notre
ambition, c'est de
mobiliser toutes les
énergies pour que la
Guadeloupe sorte de
l'impasse d'une
société bloquée. Et
si la société
guadeloupéenne est
bloquée, c'est
d'abord parce que
son économie est
faussée. La fin de
la grève doit ouvrir
le temps d'une
refondation à la
fois économique et
sociale.
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Pointe-à-Pitre :
«la loi du plus
fort»

Selon Bak,
militant «radicaliste»,
ce sont des
jeunes qui ont
abattu un
syndicaliste,
mardi soir.
Les
uns sont
mobiles,
organisés et
obéissent à des
mots d’ordre.
Les autres sont
masqués, livrés
à eux-mêmes,
enclavés dans
leur quartier et
agissent à
l’instinct. Tous
sont jeunes et
ont en commun
une même
détermination.
Il était un peu
plus de minuit,
dans la nuit de
mardi à
mercredi, quand
des coups de feu
ont claqué, cité
Henri-IV, dans
le quartier
Chanzy de
Pointe-à-Pitre.
Le syndicaliste
de la CGTG
Jacques Bino
rentrait d’un
meeting au
palais de la
Mutualité, QG du
LKP, et tentait
de franchir un
barrage. Il est
mort sur le
coup. Les
secours ont mis
deux heures à
pouvoir
intervenir,
alors que la
police essuyait
d’autres tirs.
Selon le
procureur,
Jean-Michel
Prêtre, c’est la
troisième balle
tirée sur le
véhicule qui a
été mortelle.
Une version
officielle mise
en doute hier
par Jean-Marie
Nomertin,
secrétaire
général de la
CGTG et membre
du LKP.
L’émotion a
submergé
l’archipel et
Elie Domota,
chef de file du
LKP, a lancé un
appel au calme
sans pour autant
relâcher la
mobilisation.
Alors que les
barrages et
heurts violents
se poursuivaient
hier et qu’une
nouvelle nuit
chaude était
attendue, le
collectif à
l’origine de la
grève va pouvoir
mesurer s’il est
toujours écouté
par une jeunesse
hétéroclite. Il
avait su la
contenir
jusqu’au début
des
affrontements,
mais d’aucuns
lui reprochent
ici, comme à
Paris, de
l’instrumentaliser
via ses cadres
syndicaux rompus
aux violents
conflits
sociaux.
«Dangereux».Lui
s’appelle Bak.
Enfin, c’est son
surnom, sur les
barrages comme
dans la vie. Il
a 29 ans, un
métier de
technicien en
frigorisation et
travaille avec
un patron
artisan, lui
aussi en grève.
Depuis le début
du conflit, Bak
appartient à
l’un de ces
«petits groupes»
autobaptisés
«radicalistes».
Ils structurent
en sous-main la
mobilisation des
jeunes, le type
d’actions à
mener et vont au
contact des plus
incontrôlables
pour tenter de
les canaliser.
Toute la nuit de
mardi à
mercredi, Bak a
tourné avec ses
amis à vélo (le
seul moyen de
contourner les
barrages) sur
les points les
plus chauds : le
centre
commercial de
Destreland, où
des gendarmes
ont essuyé des
tirs de
chevrotine, à
Jarry pour voir
si la zone
industrielle
était pillée,
dans les
quartiers
ultrasensibles
de Chauvel et
Carénage.
«Dans ces coins,
c’est très
dangereux même
pour nous,
raconte-t-il.
Personne ne
peut contrôler
ces jeunes, ni
le LKP, ni les
grands frères.
Ici c’est la loi
du plus fort.
Ils aiment faire
la guerre,
veulent
affronter du
flic blanc et
prennent de
l’alcool et des
drogues pour ne
pas avoir peur.»
Il est persuadé
que c’est l’un
d’eux qui a tiré
sur le
syndicaliste.
«Potence».
Rencontré sous
un abribus près
du carrefour
Montebello de
Petit-Bourg, à
une vingtaine de
kilomètres de
Pointe-à-Pitre,
Bak était la
veille au
barrage de
Gosier, là où
les heurts avec
les mobiles ont
véritablement
démarré lundi.
Il se déplace en
permanence et
est venu
«sur ordre»
à Petit-Bourg,
où une trentaine
de gendarmes
tiennent ce
carrefour
stratégique,
lourdement armés
face à une
centaine de
manifestants.
«Tous les jours,
on est prévenu
par Internet ou
SMS, mais sans
se parler sur
les portables,
pour organiser
les actions.»
Plusieurs autres
jeunes sont
arrivés comme
lui, entassés
dans un 4 x 4.
L’un d’eux hache
de la ganja avec
de petits
ciseaux.
D’autres
titubent
presque. Pas
Bak. Veste de
survêtement
ceintrée, petite
boule dorée sur
chaque oreille,
il confie que ce
n’est «pas
grave de ne pas
toucher [son]
salaire».
Il évoque
«un esclavage
mental, ici,
avec d’autres
chaînes : la
consommation, la
perte
d’identité, la
soumission aux
règles des gros
capitalistes».
Fataliste, il
dit :
«On est comme
envoyé à la
potence dans ce
conflit, mais le
respect et
l’honneur que
les
Guadeloupéens
veulent
retrouver
justifient que
l’on se sacrifie
pour une cause
qui est juste.»
GUADELOUPE, envoyé
spécial
ANTOINE
GUIRAL pour
Libération 19/02/09 |
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Elie Domota, héraut
créole

Il
s’arrête, croque un
morceau de canne à
sucre bien juteux et
reprend sa place
dans le carré de
tête du défilé. Une
vingtaine de gardes
du corps en
tee-shirts siglés «LKP
sécurité» n’ont
d’yeux que pour lui.
Ce samedi, Elie
Domota est à la tête
d’une foule de 10
000 personnes venues
commémorer dans la
commune du Moule
l’assassinat de
quatre ouvriers
guadeloupéens par
les militaires lors
d’une manifestation,
le 14 février 1952.
La marche avance en
chansons, avec
toujours cette
liesse qui fait la
force du mouvement
depuis un mois. A
intervalles
réguliers, il lève
le poing, serre des
mains, mais se
montre économe de
ses mots. Concentré
sur son combat
contre la «pwofitasyon»
(l’exploitation
outrancière) qui a
fait se lever toute
la Guadeloupe, le
chef de file du
collectif LKP à la
peau claire sait que
le conflit en cours
peut désormais
dégénérer à tout
instant (lire
ci-contre).
«Pouvoir par la
rue».
Le préfet a pris
soin de ne pas
poster les forces de
l’ordre à l’entour
du cortège, mais
Elie Domota met la
pression et accuse :
«Aujourd’hui, vu
le nombre de
gendarmes qui sont
arrivés en
Guadeloupe, l’Etat
français a choisi sa
voie naturelle :
celle de tuer des
Guadeloupéens, comme
d’habitude.» Un
dérapage verbal ?
Une nouvelle
ambiguïté comme il
sait si bien les
entretenir ? Il
montre son tee-shirt
rouge sur lequel on
peut lire «mé 1802»,
date du
rétablissement de
l’esclavage par
Napoléon, et «mé 67»,
en souvenir d’une
manifestation
d’ouvriers du BTP à
Pointe-à-Pitre, où
l’armée tua plus de
cent d’entre eux…
Lire la suite |
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Au peuple mobilisé !
par Alex Lollia
Chers
Camarades, du Centre
Hospitalier de
Pointe-à-Pitre, je
vous adresse ces
paroles pour vous
rassurer sur mon
état de santé. Je
suis obligé de
rester à l’hôpital
puisque je souffre
de lésions
cervicales et de
complications
cardiaques
consécutives à la
violence des coups
qui m’ont été portés
par les forces de
police. Ma date de
sortie n’a pas
encore été indiquée
mais même si mon
corps est atteint,
mon esprit reste
parfaitement intact
et je pense que
cette épreuve a
encore augmenté ma
lucidité et ma
détermination.
J’étais comme
beaucoup d’autres
camarades en lutte
sur le terrain et
notre démarche était
pacifique : c’est
celle qui a été
définie par le L.K.P.
Lire la suite |
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De qui la Guadeloupe
est-elle l’otage ?
Par Frantz
SUCCAB
Depuis
le 16 décembre et,
particulièrement, le
20 janvier, vieux
militant
anticolonialiste, je
me suis efforcé
d’être un modeste
-presqu’anonyme-
participant aux
manifs organisées
par le LKP, autant
que je le pouvais.
Pour avoir souvent
parlé, pendant
longtemps, en temps
de paix, je me suis
fait l’auditeur
attentif des uns et
des autres, dans les
meetings, à travers
les média. Pour
avoir tout le temps
écrit quand trop de
plumes restaient
paresseuses ou
conformes, je suis
enfin devenu lecteur
assidu d’un
foisonnement
inespéré de
contributions
diverses. Côtoyer le
manifestant du rang
et le
non-manifestant
pourtant solidaire ;
observer, écouter,
lire, noter, me
nourrir de toutes
les idées, du dit et
du non-dit ; faire
des réserves pour
plus tard tout en me
laissant charrier
sans aucune
résistance critique
par le grand fleuve
de la contestation.
Tel fut mon choix,
pour mieux trouver
les mots qu’il faut
à une révolution qui
balbutie.
Aujourd’hui, un
syndicaliste est
mort. Douleur et
colère. Tous les
regards se tournent,
naturellement
accusateurs, vers
ceux qui ont joué le
pourrissement. Ce
patronat dont
l’égoïsme et le
mépris tiennent la
Guadeloupe en
otage. Mais je
sais, depuis déjà,
comme deux et deux
font quatre, que ce
n’est pas suffisant.
La vox médiatique,
qui sait si bien
orchestrer la
contagion de
l’émotion dans cette
société du
spectacle, est à
pied d’œuvre. Les
crocodiles y vont de
leurs larmes, de
Paris à Basse-Terre,
de Basse-Terre à
Nòlfòk. Les larmes
publiques ne lavent
rien, surtout pas la
faute. Les larmes
des combattants sont
une de choses qui
participent de leur
dignité. Même cela,
on veut le leur
voler. Et tout cela
pour tenter,
anbistan, de les
déposséder de leur
bon droit.
lire la suite |
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Un Historien
Allemand nous parle
de la Guadeloupe en
grève !
Comme
historien allemand,
installé ici depuis
8 ans, je vois le
moment de m’exprimer
[...]
Vous avez bien sûr
le droit de faire
votre histoire comme
nous on a fait la
notre, mais
n’oubliez pas qu’on
a payé un prix très
fort.
En comparant ce qui
se passe ici en ce
moment, on découvre
beaucoup de
similarités.
On a un mouvement à
la base national et
aussi socialiste qui
profite d’un
mécontentement d’une
grande partie de la
population.
Pour mieux agiter,
il faut un ennemi
commun,
on divise le
peuple.
Les bons ont un
ruban rouge (chez
nous les
indésirables ont eu
une étoile jaune).
On crée sa propre
police la « sécurité
LKP » (chez nous
c’était le SA).
On appelle à la
grève totale et les
gens hurlent oui.
(Goebbels nous a
fait crier et hurler
qu’on veut la guerre
totale).
On contrôle les
médias, (LKP=RFO)
On interdit de
filmer (à Jarry
hier).
On prend le
contrôle de toutes
activités. Sans
autorisation du
Comité vous ne
pouvez plus
travailler.
On fait croire que
le mouvement est
porté par une large
majorité mais quand
je parle avec des
gens je constate qu’ils
disent oui au
mouvement par peur,
on ferme les rideaux
des magasins par
peur.
Je ressens un
profond malaise,
parce que j’ai
toujours reproché à
la génération de mes
parents de ne pas
avoir réagi, d’avoir
été lâche. (On m’a
répondu qu’on ne
pouvait pas
s’imaginer que ça
irait si loin).
Et nous, les parents
d’aujourd’hui ?
On a peur de
manifester dans les
rues pour la
réouverture des
écoles
? Pour la
démocratie, pour nos
valeurs ?
C’est
malheureusement VRAI
! |
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PEP’LA SANBLÉ

Edgard
FERUS,Poète, conteur
de la troupe
Kontakaz |
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Pratique
théâtrale libre*
Salle Aimé
Césaire Lycée
Shoelcher
1-
Le premier
mercredi de chaque
mois , à 16h30
précises, un
temps de réflexion
sera consacré aux
ateliers de pratique
artistique théâtre.
Les collègues ( des
ateliers théâtre)
pourront échanger
sur les différents
aspects de leur
travail partenarial,
l'avancée du projet,
les difficultés
rencontrées, les
solutions à mettre
en œuvre, etc...
Ensuite, ils
pourront assister à
la projection sur
grand écran du DVD
d'une pièce de
théâtre, choisie
parmi les 40 œuvres
filmées dont dispose
l'ADAPACS. La
projection sera
suivie d'une
discussion. Le but
est de proposer des
mises en scènes
particulièrement
intéressantes, et
d'enrichir notre
culture théâtrale en
confrontant nos
opinions.
-2- Les autres
mercredis, seront
consacrés au jeu
théâtral sous
toutes ses formes,
depuis la gamme
infiniment riches
des exercices dits
d' "échauffement"
qui portent en germe
le geste théâtral,
jusqu'au travail sur
les situations, sur
les personnages, sur
les textes que nous
aurons décidé
d'approcher. Les
objectifs pourront
ne pas être les
mêmes pour tous:
lecture, mise en
espace, mise en
scène. Tout dépendra
du nombre des
présents, des choix
qui seront faits et
de la motivation du
groupe.
Rendez-vous, donc,
mercredi prochain,
14 janvier 2009 à
16h 20, précises,
pour que, passé le
moment convivial où
on se dit
" bonjour-comment-ça-va",
nous puissions
commencer à l'heure.
N'oubliez pas de
porter ou d'apporter
une tenue pratique
et souple.
D'ici là, pensez à
ce que vous avez
envie de faire,
apportez des textes,
des idées et des
rêves, c'est de tout
cela que le théâtre
d'aujourd'hui se
nourrit, et c'est
bon pour la santé.
Bien cordialement.
Michel Dural,
Président de l'ADAPACS
* C'est gratuit! |
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Toutes les annonces
de spectacles,
conférences,
séminaires, casting,
etc. |
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9ème Séminaire de
l'Ecole des parents
et des éducateurs
qui aura lieu les 26
et 27 Mars 2009 au
CAT de Rivière l'Or
à Saint-Joseph.
Sur le thème :
"Intimité et
sexualité des
adolescents".
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GROUPE
REVOLUTION
SOCIALISTE (GRS)
UN RENDEZ-VOUS A
NE PAS MANQUER !
MEETING
DIMANCHE 22
FEVRIER
de
9h30
à midi
au Grand Carbet
du parc floral
Aimé Césaire
de Fort de
France
Olivier
BESANCENOT
Du Nouveau Parti
Anticapitaliste
(NPA)
Alex LOLLIA
Dirigeant
de la Centrale
des travailleurs
unifiée (CTU)
et membre de
Lyannaj Kont
Pwofitasyon
Philippe
PIERRE-CHARLES
George ARNAULD
Militante
féministe
Et
la participation
de
Michel MONROSE
Président du
Collectif du 5
février
LECTURE DE
MESSAGES
En raison de la
nécessité pour
la ville de
sécuriser le
centre- ville
accueillant les
carnavaliers du
dimanche gras,
la réunion sera
impérativement
terminée à Midi.
VENEZ NOMBREUX,
NOMBREUSES
ET A L’HEURE !
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Collaborateur
Madinin'Art cherche
à louer grand
appartement (T5,
F6,...) ou maison
centre-ville, sur
Fort-de-France de
préférence. Toutes
garanties fournies.
prendre contact :
madininart@orange.fr |
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bilan de grèves
par François Cuvillier
Certes,
les voleurs en cravate qui font des profits honteux sur le
dos de leurs semblables qu’ils méprisent, méritent notre
contestation déterminée, légitime et loyale. Mais la
surenchère des revendications nous décrédibilise, ainsi que
les dérives à connotation ethnique.
Après tout, dans une planète
en crise où la plupart des hommes vivent moins bien que
nous, pouvons nous espérer obtenir des avantages qui nous
permettraient de continuer à consommer frénétiquement, dans
nos arrogants 4x4 climés, avec notre « bling bling » ?
Peut-on cracher sur ceux à
qui l’on demande l’aumône, par des paroles de division quand
nous avons besoin de solidarité, quand les comportements
voraces et prédateurs se manifestent sous toutes les
couleurs de peau ?
Finalement, nos orgueilleuses
démonstrations de force ne fatiguent que nous-mêmes, et nous
pourrions laisser les gérémiades de victimes et nous prendre
vraiment en main : n’est ce pas la société de consommation
qu’il appartient à chacun de boycotter ? en nous concentrant
sur nos besoins réels, ne serions-nous pas moins malheureux,
et riches d’une indépendance paisible ?
Ce qui a fait l’efficacité de
Césaire, c’est sa véracité ; l’impact de Gandhi, ses actes
purs, Luther King transforma le monde par des paroles
bienveillantes, Mandela eut le courage assumé du sacrifice,
tandis que le modèle populiste du poing levé, vociférant,
plonge les peuples dans les dérèglements guidés par une
colère aveugle plutôt que des valeurs fondatrices de
civilisation.
Lire la
suite |
|
Indignation sélective?
par
André Marie-Rose
En réponse
à M. Letchimy, C’est avec beaucoup
d’intérêt que j’ai pris connaissance de
l’article de M. Letchimy dans
France-Antilles du 10 février 2009
concernant les propos consternants de M.
Alain Huygues-Despointes sur Canal+ le 5
février 2009. On ne peut que souscrire à
l’analyse du maire de Fort de France et
s’associer à sa condamnation sans
réserve. Par contre, quand M. Letchimy
parle d’absence de réaction, on doit lui
rappeler que les propos de M. Alain
Huygues-Despointes font l’objet d’une
instruction par le Procureur de la
République et que les condamnations dans
la société civile sont unanimes, jusque
dans la communauté békée. Le ministre Y.
Jego les a aussi condamnés. Par
ailleurs, lorsque que le maire de Fort
de France fait le parallèle avec des
propos identiques qui auraient pu être
tenus à propos de la Shoah, on ne peut
que s’étonner de ce rapprochement qui,
une fois de plus, tente d’opposer les
mémoires. De plus, il faut rappeler que
lorsque M. Dieudonné, il y a quelques
semaines, a fait remettre par un sbire
habillé en tenue de déporté une
récompense à M. Faurisson, négationniste
célèbre, M. Letchimy n’a pas réagi. De
la même manière, M. Letchimy n’a pas
réagi à la banderole de la honte placée
en août 2008 à l’entrée de Saint Anne.
Il n’a pas réagi aux propos racistes des
dirigeants de l’Assaupamar lors de leurs
coups de force de Déser en 2007
(France-Antilles du 7 mai 2007) et
Tartane en 2005 (France-Antilles du 29
mars 2005). Il n’a pas réagi au vote
consternant du Conseil général le 30
janvier 2007 à propos de la création
d’un observatoire de l’immigration qui
assimile les métropolitains à des
immigrés en Martinique et aux paroles
stupéfiantes tenues ce jour là par les
conseillers généraux dans l'hémicycle.
Il n’a pas réagi lors des propos
antisémites de Raphael Confiant en
décembre 2006 (les innommables).
Régulièrement sur KMT ou dans "Le Naif"
sont tenus des propos racistes, il ne
réagit pas. Dénoncer le racisme chez
l’autre est fort louable. Mais pour être
crédible, il faut aussi le dénoncer chez
soi.
André
Marie-Rose Schoelcher
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Le Moule, berceau de la canne à
sucre et symbole de la
Guadeloupe en grève
Il y avait Justinien, Serdot,
Dernon, et puis une femme
enceinte, Marignan Dulac, qui se
trouvait au mauvais endroit, ce
jeudi 14 février 1952. Les CRS
avaient tiré à vue dans les rues
du Moule, faisant quatre morts
et quatorze blessés, après trois
mois et demi de grève des
ouvriers de la canne à sucre. Le
massacre de la Saint-Valentin,
disent les Guadeloupéens.
Samedi 14 février, une
manifestation organisée par le
LKP, le Collectif contre
l'exploitation, doit rassembler
plusieurs milliers de personnes
au Moule, in memoriam.
Au 25e jour de
grève en Guadeloupe, ce samedi,
la canne n'est pas coupée.
L'immense usine Gardel, près du
Moule, 16 000 m2 de
bâtiments, 32 hectares, est une
usine fantôme. C'est la seule
qui reste sur l'île, pour
traiter les 12 000 tonnes de
canne. En 1952, on en comptait
encore seize, à Petit-Bourg,
Capesterre, Comté, Beauport,
Bonne Mère... - là où la grève
avait commencé, en novembre
1951. Les ouvriers réclamaient
une augmentation du prix de la
journée de travail afin que
leurs salaires soient alignés
sur ceux des Français. Forts de
la loi du 16 mars 1946 qui
assimilait les colonies à des
départements, ils avaient cessé
le travail. Au fil des semaines,
le mouvement s'était étendu aux
petits colons et aux planteurs,
exigeant un meilleur prix de la
canne à la tonne. "Voilà la
combinaison qui avait mis le feu
dans les champs", résume
l'historien Raymond Gama.
Lire la suite
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Franchement, j'en ai marre....
par Franck Wan-Ajouhu
J'ai regardé l'émission... Franchement, j'en ai marre de ces journalistes métros qui débarquent avec leurs idées pré conçues et
tirent de grandes conclusions sur l'"Apartheid" martiniquais.
La seule chose choquante, à mon avis, ce sont les propos du père
Despointes sur la "race pure". Mais comment accorder du crédit à un
type qui nous explique, en même temps qu'il parle de race pure, de
"colons tous issus de Jacques Assier". On parle plus de consanguinité dans ces cas, non ?
Et pourquoi, notre bon petit journaliste métro dans son reportage
sur les békés ne nous parle pas du béké Roger de Jaham qui a créé
une association "Tous Créoles" ?
Ce même journaliste devrait faire un reportage sur les grandes familles "hexagonales", l'aristocratie. Je pense qu'on a le même
type de répartition : 1% de la population française doit posséder
plus de 50% du foncier et une grande partie de l'économie. Je ne
connais pas un pays ou la majorité de la population possède la majorité des richesses. Et ce quelque soit l'ancienneté de la civilisation.
Il y a eu une tentative d'inversion du cours des choses : l'URSS.
Les possédants ont été dépossédés, et les nouveaux possédants ont
tous possédés sans partager leurs nouvelles possessions. C'est une
description caricaturale certes, mais pas si loin de la réalité.
Lire la suite |
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J’ai peur !
(Lettre ouverte aux miens)
par Nicole Cage-Florentiny
Oui, je tremble de
peur ! Une peur qui me prend aux tripes et m’enlève le
sommeil, me tient collée au poste de radio quand l’absence
d’essence me garde clouée chez moi et m’empêche d’être là,
au cœur de l’action, auprès de mes camarades et de mon
peuple debout. Mon peuple debout et surpris de l’être,
surpris de sa propre force, de son propre pouvoir, de sa
propre combativité, mon peuple interloqué, étourdi,
estèbekwè de lui-même, incrédule encore : « C’est nous,
ça, ce magma, cette déferlante, marchant sans faiblir sous
le soleil ardent, avalant les kilomètres, du Boulevard
Général de Gaulle à Dillon ? C’est nous, dépassant la peur
du manque et l’angoisse par anticipation à l’idée de nos
fiches de salaire douloureusement légères ? C’est bien nous,
chaque jour, tous les jours, 10, 20000 dans les rues de
Foyal et des communes ? »
C’est nous, oui, c’est bien
nous, au mitan de ce moment historique, inédit, nous,
entrant dans l’Histoire, la nôtre bon sang !
Nous, qui n’avons pas le droit
de passer à côté de cette page d’Histoire nôtre, nous qui
n’avons pas le droit de la ternir, cette page, d’en diluer
l’encre dans nos petitesses et nos luttes intestines. Nous,
qui n’avons pas le droit de permettre aux Jego, Sarkozy et
autres békés de se gausser de ce qu’ils tentent de réduire à
un « jeu de rôles » un carnaval avant le carnaval.
Nous n’avons pas le droit de
perdre la face, nous n’avons pas droit à l’échec.
Lire la suite |
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Soyons!
par Manuel Césaire
Tant
d’années, de décennies, de siècles à
nous faire comprendre que nous n’étions
capables d’œuvrer, de bâtir, d’agir ou
de réagir !
Tant de ruses, de
stratagèmes aux allures dogmatiques pour nous faire
avaler, puis digérer notre incapacité dite naturelle à
nous construire tel un peuple, à édifier, à progresser.
Détruire tout sentiment,
voire aspiration nationaliste, car bien trop dangereux
et entretenir une docilité pigmentée de soubresauts
perclus et accommodants.
Diluer tout lien avec
l’Afrique car nous aurions pu alors nous revendiquer
d’un continent qui a fait l’Humanité.
Brouiller toute recherche
qui aurait pu nous conduire à la civilisation
éthiopienne, seule nation à avoir conservé sa
souveraineté pendant le
démembrement de l’Afrique au
XIXe siècle, ou
effacer toute trace nègre de l’histoire de la brillante
civilisation égyptienne.
Les appareils
colonisateurs ont très tôt cerné les dangers encourus de
permettre aux colonisés d’être conscients de leurs
racines, de leur histoire.
Lire la
suite |
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La
genèse de la
violence des jeunes
réside peut-être
dans cette lucidité
nouvelle (et
douloureuse dans son
impuissance à
influer sur la
réalité) de cette
génération,
largement informée
par les media des
« affaires », des
abus et exactions
commis par certains
adultes détenteurs
du pouvoir, de
l’autorité, de la
notoriété. Les
jeunes rejettent
cette morale qui est
transgressée par
ceux mêmes qui la
professent : ils
refusent de
respecter les règles
d’un jeu dont ils
savent que les dés
sont à l’avance
pipés, d être comme
leurs parents,
exploités, dominés,
spoliés, bernés, des
« laissés pour
compte » , des «
damnés de la
terre », des oubliés
sur les chemins
d’une histoire déjà
falsifiée. Ils
n’aperçoivent aucune
lueur d’espoir dans
ces sociétés
modernes sans amour
ni scrupules, ou
règnent la cupidité,
le vice et la « malpwopté »,
où comme leur tonton
DAVID le leur
martelait : « j’en
suis sûr, on nous
prend pour des cons ».
Ils croient trouver
dans l’exemple de la
réussite de certains
aînés hors-la-loi,
la clé qui changera
leur destin. Et, en
vérité, quelle
alternative leur
propose-t-on ?
Quelle compensation
à leur bonne tenue,
quelles récompenses
pour leurs mérites ?
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Guadeloupe, Martinique, des sociétés marquées du sceau du
déclassement
par André
Lucrèce
« Je crois que la douceur spirituelle et le
désintéressement
l’emporteront sur la gloutonnerie crasse
d’aujourd’hui. »
Jack London
Il
est parfois cruel, mais non moins salutaire, de dire ce
qui est au fondement du mouvement social actuel qui se
vit, aussi bien en Guadeloupe qu’en Martinique, à la
fois comme révolte et délivrance : le fait de sociétés
marquées du sceau du déclassement.
Inutile le regard sur le quotidien qui mène à
l’autoflagellation, stérile aussi la plainte qui n’a
jamais attendri les puissants, insuffisante les
solutions conçues comme uniquement techniques,
certainement plus féconde la lucidité qui débusque les
ressorts de ces sociétés traversées par les tentatives
de toutes sortes de minoration de leur peuple, de sa
créativité, voir de son génie.
En Guadeloupe comme en Martinique, voici donc ces
peuples se tenant, chacun à sa manière, au principe même
de la vie, enracinés dans leur révolte. Ils sentent
bien, à chaque passage des portiques, à l’aéroport, au
supermarché, à l’embauche dans les entreprises, jusque
dans les services publics, qu’il y a quelque chose comme
une minoration et une tentative de déclassement. Ils
flairent bien aussi que tout cela tend vers
l’inconciliable.
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Drôle de carnaval aux Antilles
par
Marie-Andrée Ciprut
En place de brûler «Vaval» cette année, les Antilles ont
enflammé barrages et voitures afin de montrer leur
mécontentement par une grève générale de plus d’un mois
pour protester contre la vie chère.
Mme
Jacqueline Marullaz
affirme que : « soutenir ces départements d’Outre-mer
est un effort très coûteux pour l’ensemble des
contribuables français ». Imagine-t-elle que les Domiens
ne paient point d’impôt ? Ignore-t-elle qu’une partie de
leurs « subventions » vont aux fonctionnaires
métropolitains et français qui y séjournent à titres
divers, dont les traitements sont ajustés au coût de la
vie locale à hauteur de 40% ? Sait-elle quelle partie de
ces « coûts » garnit les poches des descendants de
colons monopolisant l’import-export et le commerce de
détail ? A-t-elle une idée les dégâts causés à
l’agriculture vivrière, la pêche locale, et les sols
antillais par le chlordécone, la monoculture polluante
de la canne à sucre et de la banane, au seul profit de
la métropole et de ses relais commerciaux insulaires ?
Doit-on lui rappeler que les Antilles sont des
départements depuis 1946, et que l’effort financier du
gouvernement, proportionné aux besoins spécifiques de
chacun, devrait obéir aux mêmes règles que pour la
Seine, la Corse ou n’importe quel autre des 96
départements français de la Métropole, plus les 4
d’outre-mer ? Pourquoi ne voir dans ces îles que les
plages paradisiaques et le ti-punch, en oubliant leur
taux de chômage d’environ 25%, leurs salaires plus bas,
la vie plus chère (entre
fin 2007 et fin 2008, le prix du kilo de riz s'est accru
de 25% en Guadeloupe, 42% en Martinique et 30% en
Guyane, alors que le SMIC ne s'accroissait que de 3%
dans ces trois territoires) ?
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Guadeloupe : Taubira
dénonce
l'«apartheid» |
Le 20 février 2009 -
La députée de Guyane
était l'invitée de
l'émission «Parlons
Net !» sur France
Info, le premier
club de la presse
Internet dont Le
Figaro.fr est
partenaire. Elle
fustige le «mépris»
de l'Etat à
l'encontre de
l'outre-mer.
Lire la suite et
voir l'émission |
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C'est l'ère du
soupçon en
Guadeloupe.
L'île aux désespérés
Après
plus d'un mois de
crise plus personne
ne fait confiance à
personne. Ni à
Nicolas Sarkozy ni
aux élus de l'île. A
force de jouer le
pourrissement, le
gouvernement prend
le risque de libérer
une violence brute
qui a déjà fait un
mort : le
syndicaliste Jacques
Bino
C'est une mort
embarrassante, parce
qu'elle bouscule
tous les schémas
politiques, une mort
inutile après un
mois de «révolution
tranquille» qui ne
pouvait déboucher
que sur des
négociations, une
mort absurde, à
laquelle chacun
essaie désespérément
de trouver un sens.
Pour ne pas pleurer
un mort pour rien.
Il est un peu plus
de minuit ce mardi
17 février à
Pointe-à-Pitre.
Jacques Bino
raccompagne un ami
chez lui, dans la
cité Henri-IV, une
barre d'immeubles en
plein centre-ville,
ghetto social aux
limites invisibles,
à quelques mètres du
grand boulevard
Légitimus. A
l'entrée, un porche
aux allures de
poste-frontière, des
poubelles crevées,
des restes de
ferraille brûlée,
noircie, et des
appartements
construits dans les
années 1950, en
béton, gris et
décatis. Certains
sont aveugles,
barrés d'un
écriteau,
«Appartement
désactivé», en
attente de
réhabilitation.
L'endroit respire
l'abandon, la
misère, le concentré
d'exclusion. Sur le
sol traînent encore
quelques douilles de
cartouches de chasse
en plastique rouge.
Jacques Bino habite
Petit-Canal mais il
connaît bien ce
quartier. Il est
syndicaliste, membre
du LKP et adhérent
d'Akiyo, une
organisation
culturelle
guadeloupéenne.
L'homme est connu,
calme, apprécié et
il rentre d'un
meeting du LKP au
Palais de la
Mutualité, à 400
mètres à peine de la
cité. En arrivant
sous le porche, sa
voiture bute contre
un barrage tenu par
les jeunes du
quartier. Rien
d'anormal.
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Brèves du SNES
Martinique
Jeudi
26 février. 2009
27ème
jour de grève
Situation
générale
{...]
Nous avons reçu un
appel d’un collectif
estudiantin à la
recherche de
professeurs pour
aider les élèves de
collège à passer
leur brevet. Pour
l’heure ils sont en
attente de locaux et
nous vous tiendrons
au courant.
Nous avons pensé
aussi que vous ne
receviez plus de
presse nationale US
et que vous n’êtes
donc pas au courant
de ce qui se passe.
Nous tâcherons de
vous faire un
récapitulatif ce
week-end.
Des nouvelles du
collectif et de
l’action
La commission
éducation du
collectif se réunit
vendredi après midi
à la Région. Nos
camarades du SE –
sans doute gênés aux
entournures –
déclarent éhontément
que le SNES s’est
retiré du
collectif pour
justifier son
absence.
On notera aussi la
prédiction selon
laquelle les points
actés seraient remis
en cause par la
rectrice: nous
avions bien dit
dans nos
brèves SNES d’ hier
– reçues par vous ce
mercredi des cendres
–qu’ils n’avaient
rien obtenu. Pour
s’exonérer d’effets
d’annonce
fallacieux, il faut
faire un procès
d’intention. Tout
ceci est petit et
souille notre
travail pour
l’emploi, la relance
de l’économie de
l’île et le pouvoir
d’achat, alors même
que le pays souffre.
Plus grave, le
comportement
agressif – est-ce
pour mieux menacer
les autorités
rectorales que la
commission se tient
à la Région ? –
témoigne d’une
volonté de passer en
force au mépris de
toute démocratie.
Comment demain
revendiquer une
prise en compte des
urnes lorsqu’on
bafoue les urnes
quand cela vous
arrange ? C’est une
fois encore tout le
syndicalisme qui se
retrouvera affaibli
au moment où Sarkozy
cherche déjà à tuer
le paritarisme !
Face aux réactions
de nos collègues
quant aux demandes
du SE, nous
envisageons une
adresse à la presse.
Il faudra bien un
jour qu’on aborde,
au SNES, et pour
avancer en matière
de culture
syndicale, une
réflexion sur
l’action, ses
modalités, sur les
fins des mouvements
sociaux et des
grèves.
On s’organise au
SNES pour les
syndiqués, les
usagers et les
personnels
La situation ne
semblant pas
s'améliorer, le SNES
Martinique met tout
en œuvre par ses
modestes moyens et
les outils du web
disponibles pour
tenter de vous
faciliter les
choses. Ainsi il
veut tenter
l'expérience de
mettre en relation
les professeurs et
élèves. Il met
également à votre
disposition un salon
de discussion, pour
vous permettre
d'échanger les bons
plans ou les infos
de vie pratique dont
vous disposez.
Enfin, le SNES
n'oublie pas la
saignée des postes
que nous aurons à
subir et cela dans
un contexte futur
que nous savons déjà
peu propice à la
mobilisation. Nous
vous fournirons
toutes les pistes
règlementaires et
juridiques pour
empêcher le
démantèlement de vos
établissements…Nous
aurons pain sur la
planche !
.
Mettre en
relation professeurs
et élèves (http://www.martinique.snes.edu/forum/viewtopic.php?f=22&t=54)
:
Le SNES propose de
tenter l'expérience
de mettre en
relation les
professeurs
volontaires et les
élèves en cette
période de crise.
Les échanges se
feront selon les
préférences de
chacun (Courriel,
tableau blanc
partagé (skype,
centra) ou tout
autre moyen), voir à
ce sujet la page des
outils :
http://www.martinique.snes.edu/forum/viewtopic.php?f=22&t=53
Pour les
professeurs
:
Envoyer un message
sur le forum
désigné.
L'administrateur
mettra à jour le
premier message pour
regrouper les
professeurs
disponibles. Merci
de préciser les
niveaux que vous
pouvez traiter.
Pour les parents
:
Selon le niveau et
la discipline
concernée, ils
envoient un message
privé ou un mail au
professeur. Ils
attendent 24h
minimum pour
relancer ce
professeur ou un
autre professeur.
Tout abus verra le
parent écarté du
forum.
Le salon de thé du
SNEs Martinique
(http://www.martinique.snes.edu/salon/
) :
Le SNES vous propose
un salon de
discussion où l'on
peut parler en
direct de tout et de
rien, et se filer
des coups de
main....
[...] |
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«
Les Békés sont
prisonniers de cette
histoire… »
Interview de Romain
Bolzinger, réalisateur
des Derniers maîtres de
la Martinique
Qu’avez-vous
présenté aux Békés comme
projet pour qu’ils vous
ouvrent ainsi leurs
portes ?
Ça ne s’est pas passé
comme ça. On voulait
faire un reportage sur
la Martinique
d’aujourd’hui : son
économie, sa société,
ses grandes figures.
Évidemment pour bien
comprendre ce qui se
passe sur l’île en 2008,
il est nécessaire d’
appréhender ses
spécificités historiques
très fortes ! Je me suis
donc d’abord intéressé
aux grands patriarches
de la communauté béké.
Je suis allé voir Eric
de Lucy, grand patron de
la banane et directeur
général du groupe
Bernard-Hayot, et j’ai
également rencontré
Alain Huyghues-Despointes
et bien d’autres
personnalités non béké.
J’ai bien-sûr dit que
j’étais journaliste, je
leur ai dit que je
faisais un reportage sur
l’économie de la
Martinique et ses grands
acteurs. Et que je
voulais faire le
portrait de ces
personnalités qui jouent
un rôle dans l’ économie
de l’île. Ils jouent un
grand rôle et ne s’en
cachent pas. Ils
voulaient me montrer
qu’ils étaient
puissants, ils m’ont
emmené à l’Elysée, à
Bruxelles au ministère
de l’agriculture et de
l’outremer, partout où
ils défendent leurs
intérêts économiques… Je
ne suis pas venu les
voir en leur disant que
je faisais un reportage
sur la communauté Béké.
J’ai essayé de
comprendre d’abord qui
ils étaient, comment ils
fonctionnaient. Et pour
cela, il me fallait du
temps. On a établi une
relation de confiance,
ils m’ont longuement
exposé les spécificités
de leur communauté, ils
savaient donc
pertinemment que
j’allais en parler.
Lire la suite
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"La Martinique est
en train de se
transformer en
poudrière"
Depuis la
nuit du mardi 24
février, la tension
est encore montée
d'un cran en
Martinique :
pillages de
boutiques, barrages
en flammes, une
trentaine
d'interpellations
par la gendarmerie,
le carnaval annulé
par crainte de voir
la fête dégénérer...
Les Martiniquais
contactés par
LeMonde.fr ont le
sentiment que ces
violences auraient
pu être évitées,
"si on n'avait pas
laissé pourrir la
situation".
"Pas
de quoi
s'étonner",
estime Thierry
Mabouia, 37 ans,
chef
d'entreprise à
Fort-de-France.
"Tout le
monde
s'attendait à ce
que la situation
dégénère, on se
demandait
seulement quand
ça allait
arriver. Bien
sûr, tous ces
actes de
délinquance,
menés par des
petits de 14 ans
entraînés par
des plus grands,
sont condamnés
par la
population. Tout
le monde est
contre ici !"
Le jeune
Martiniquais est
néanmoins
conscient que la
situation ne
pouvait pas
évoluer
autrement, avec
le peu
d'avancées dans
le dialogue
social. "Toutes
les négociations
trainent en
longueur, les
gens ne peuvent
plus circuler à
cause des
barrages et de
la pénurie de
carburant, les
esprits
s'échauffent.
Ces jeunes sont
issus de classes
sociales très
défavorisées,
ils profitent du
climat de
désarroi pour
voler ce qu'ils
peuvent. On
n'avait jamais
vu ça, du moins
pas à ce point,
même si le
ras-le-bol
général a déjà
conduit des
jeunes à piller
des enseignes
l'année
dernière."
Pour Thierry, il
est important de
ne pas faire
d'amalgame.
"Ces jeunes sont
désœuvrés, ils
n'ont pas
d'autres options
pour survivre,
et ce n'est en
aucun cas une
violence raciale
qui est en train
de s'installer.
Il s'agit d'un
ras-le-bol
économique. Bien
sûr, certains
incitent à la
haine contre les
"békés", mais la
véritable
motivation de
tout ce combat,
même s'il
dégénère
parfois, est la
lutte contre les
profiteurs".
Lire la suite
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Brigitte
Girardin, ancienne
ministre de
l'outre-mer sous
Jacques Chirac,
reproche au
gouvernement d'avoir
diminué les
dispositifs en
faveur de l'emploi
et de
l'investissement au
début de la crise
économique.
La crise en
Guadeloupe
pouvait-elle être
anticipée ?
Brigitte
Girardin :
Bien sûr ! Lors de
mon voyage aux
Antilles en octobre,
j'avais tiré la
sonnette d'alarme
sur le risque d'une
double peine
infligée à
l'outre-mer : d'un
côté, la crise, dont
on savait qu'elle
allait frapper
beaucoup plus
violemment ces
économies, plus
fragiles, et qui est
d'abord une crise de
confiance ; de
l'autre,
l'interruption
brutale de la loi de
2003, alors qu'elle
avait été prévue
pour quinze ans, ce
qui a eu pour effet
de briser la
confiance. Cette
loi, qui n'était pas
du tout une loi
d'assistanat,
favorisait le
développement
endogène, en
soutenant
l'investissement,
l'emploi et la
production locale.
Or, le budget 2009 a
plafonné les
défiscalisations
mises en place,
pourtant ciblées et
contrôlées. Alors
que le président
parle de relance par
l'investissement
face à la crise,
j'ai le sentiment
qu'on a fait
vraiment l'inverse
en outre-mer. Le
budget a aussi
réduit de 150
millions d'euros les
exonérations de
charges sociales
pour les
entreprises. Alors
qu'on voit bien que
celles-ci sont au
cœur du blocage des
négociations
actuelles. Enfin, le
projet de loi Jégo
prévoyait de mettre
fin à la
défiscalisation sur
le logement libre et
intermédiaire, pour
la limiter au
logement social.
Tous les programmes
de BTP s'étaient
alors arrêtés aux
Antilles... On a
donc envoyé les plus
mauvais signaux au
plus mauvais moment.
J'avais prévenu que
faire des économies
sur l'outre-mer
pouvait coûter très
cher.
Malheureusement,
cela se confirme
aujourd'hui.
Le
gouvernement a-t-il
trop tardé à réagir
?
Lire la suite |
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Une approche
anthropologique du
contexte de la
révolte

par Henry Petitjean
Roget
Dpl. VI° section
Sciences Economiques
et Sociales
EHSS Paris.,Docteur
en Préhistoire
La
chanson de Jocelyne
Labille : " Je n'ai
pas demandé mes
dents blanches, mon
nez plat, mes
cheveux crépus…."
remporte en ce
moment un succès
incroyable. Cette
reprise permanente
sur les radios de
cette chanson
devrait nous amener
à nous poser des
questions sur les
causes de ce succès.
En repartant assez
loin en arrière dans
le temps, on peut
tenter de dégager
les raisons
profondes de
l'adéquation entre
une révolte
populaire en cours -
qui s'exprime par
une grève générale
dure et digne
jusqu’à maintenant -
et la chanson d'une
artiste jusque là
peu connue du grand
public. Nous savons
par expérience, et
toute personne qui
occupe des
responsabilités le
sait bien, dans le
cas de la moindre
négociation, que
nous vivons dans une
société dont les
mots qu’utilisent
ses membres ne
disent pas ce qu'ils
semblent exprimer.
L'exprimé se situe
presque à chaque
fois dans le
registre du non-dit
et pourtant du bien
compris. Les
échanges verbaux
dans un contexte
conflictuel ou de
simple opposition
hiérarchique, se
produisent de façon
croisée. On ne
répond pas à ce qui
est dit. On répond à
ce qui est supposé
avoir être signifié.
".
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MANIFESTE
pour
les “produits” de
haute nécessité
Martinique
Guadeloupe Guyane
Réunion
Ernest
BRELEUR
Patrick
CHAMOISEAU
Serge
DOMI
Gérard
DELVER
Edouard
GLISSANT
Guillaume
PIGEARD
DE
GURBERT
Olivier
PORTECOP
Olivier
PULVAR
Jean-Claude
WILLIAM
C'est
en solidarité pleine
et sans réserve
aucune que nous
saluons le profond
mouvement social qui
s'est installé en
Guadeloupe, puis en
Martinique, et qui
tend à se répandre à
la Guyane et à la
Réunion.
Aucune de nos
revendications n'est
illégitime.
Aucune n'est
irrationnelle en
soi, et surtout pas
plus démesurée que
les rouages du
système auquel elle
se confronte.
Aucune ne saurait
donc être négligée
dans ce qu'elle
représente, ni dans
ce qu'elle implique
en relation avec
l'ensemble des
autres
revendications.
Car la force de ce
mouvement est
d'avoir su organiser
sur une même base ce
qui jusqu'alors
s'était vu disjoint,
voire isolé dans la
cécité catégorielle
- à savoir les
luttes jusqu'alors
inaudibles dans les
administrations, les
hôpitaux, les
établissements
scolaires, les
entreprises, les
collectivités
territoriales, tout
le monde associatif,
toutes les
professions
artisanales ou
libérales...
MANIFESTE
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Evangéliser ce n’est
pas civiliser.
Cinq siècles de
malentendus au sujet
de l’Eglise
catholique
par
Nathalie
Zonzon–Quitman,
Professeur agrégé
d’histoire, Docteur
en Histoire
médiévale
(E.H.E.S.S-Paris).
Depuis quelques
années (2005)
circule sur Internet
et dans un certaine
presse l’idée d’un
racisme historique
de la papauté.
Genèse et
conséquences de ces
malentendus.
A lire certains
documents, il y
aurait un complot de
la papauté orchestré
spécialement contre
les Noirs. Le site
Africamaat et
plusieurs autres qui
se donnent une
couverture
historique sans
analyse réelle des
sources et de leur
contexte avancent
des propos, qui par
leur violence,
marquent les
esprits. Le titre
est le suivant:
« le jour où le
Vatican décida
d’exterminer la race
noire ! ». Les
développements
mélange
d’anachronismes et
d’incohérences
disent en
substance : « en
1454, le Vatican mit
en œuvre un plan
diabolique pour
exterminer la race
noire de la surface
de l’Afrique à
travers une bulle
papale ». Il est
aussi question
d’appel « à la
guerre sainte contre
les Nègres ». La
traduction de
l’extrait de bulle
fait dire au pape :
« Nous avions
jadis, par de
précédentes lettres,
concédé au Roi
Alphonse, entre
autres choses, la
faculté pleine et
entière d’attaquer,
de conquérir, de
vaincre, de réduire
et de soumettre tous
les sarrasins
(c.-à-d. les
Nègres : rajouté par
les auteurs du
site), païens et
autres ennemis du
Christ où qu’ils
soient (…), de
réduire leurs
personnes en
servitude
perpétuelle ».
Lire la suite |
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La
FSU, le SNES et le
SNAC rejetés de la
commission éducation
Vendredi
20 février, les
camarades du
collectif ont refusé
d'entendre les
propos de la FSU,
majoritaire dans le
monde de l'Education
et du Second degré,
notamment du SNES et
du SNAC. Il nous a
été opposé une fin
de non-recevoir, et
nous avons découvert
que tout avait été
verrouillé. Devant
les propos du
président Monrose
qui refusait de
considérer que la
FSU n'avait jamais
quitté le collectif
et qu'elle était en
droit de présenter
ses experts, devant
les demandes de
quitter la salle de
l'UNSA,
les
représentants
présents de la FSU
se sont levés et
sont partis.
Le SNES ne peut
en effet accepter
que sous couvert de
lutte contre la vie
chère le collectif
propose des
modifications
importantes qui sont
de l'ordre de
décisions
législatives
nationales
anticipant de fait
sur le vote de
l'article 74 [et
d'une prise en
charge locale de
l'Education avant
l'heure]. Le
SNES ne peut
accepter que la
lutte contre la vie
chère serve de
prétexte à une
manipulation
politique qui refuse
de s'exprimer comme
telle et qu'il en
soi complice. Il ne
peut accepter d'être
écarté alors que les
élections l'ont
maintenu très
largement
majoritaire dans la
profession et que
des organisations
syndicales
minoritaires
prétendent trancher
en une journée le
sort de tout un
secteur de la
fonction publique
nationale.
Bien entendu, une
divergence ne
signifie nullement
que la FSU et ses
syndicats ont quitté
le collectif. Tout
discours en ce sens
serait mensonger.
Enfin, la FSU entend
rester maîtresse de
ses mandats :
refuser toute
discussion ne peut
que nuire au
mouvement populaire
en cours car c'est
de l'union de nos
forces et de nos
esprits que naîtront
des propositions
proches des
préoccupations de la
population et aux
antipodes de toute
idéologie.
Sur le site, vous
trouverez :
la plateforme du
SNES (http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article228)
et celle du
collectif (http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article227)
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La grève générale en
Guadeloupe, une
brève lecture
sociologique

par Louis Auguste
Joint, Sociologue
Première partie
Depuis le 20 janvier
2009, la Guadeloupe
est bloquée par une
grève générale.
C’est l’arrêt des
activités
ordinaires. Mais en
même temps, la
Guadeloupe est en
mouvement. Une
mobilisation
populaire
extraordinaire remet
en cause le mauvais
fonctionnement de la
société et exige les
différents acteurs
décisionnels à se
concerter pour
trouver des
solutions au
problème de la vie
chère et de la
précarité que
confronte la
population. Quelles
sont les
revendications de ce
mouvement
populaire ? Comment
s’y prend-on pour y
apporter des
réponses ? Au-delà
des revendications
présentées, que nous
révèle ce mouvement
populaire ? Nous
proposons d’aborder
ces questions en
faisant une brève
lecture sociologique
du déroulement des
faits au cours de
ces trois dernières
semaines de grève en
Guadeloupe.
Quelques constats
Une grève générale,
menée par le
Collectif « Lyannaj
Kont Pwofitasyon »
(KLP, dit Alliance
Contre le système de
Profits) qui
regroupe 52
organisations
syndicales,
associatives et
politiques[i], est
déclarée en
Guadeloupe. Son
objectif principal,
c’est de lutter
contre la vie chère
et d’exiger une
baisse du prix des
produits, car le
prix d’achat des
produits en
Guadeloupe,
département français
d’Outre mer, est
trop élevé, en
comparaison avec la
métropole française.
A titre d’exemples,
une brosse à dent
peut coûter un euro
en France et 4 euros
en Guadeloupe ; une
paire de basket peut
coûter 12 euros en
France et 89 euros
en Guadeloupe. Selon
les principes
établis, le prix des
produits entre la
France et la
Guadeloupe devrait
varier de 10% au
maximum, à cause des
frais de transport;
mais en réalité, il
varie entre 30% à
100%, voire plus. Ce
sont des exemples
scandaleux qui
illustrent la
gravité de la
situation et que le
Collectif LKP
dénonce et exige une
correction.
Lire la suite et la
deuxième partie
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Les Blancs créoles
de la Martinique

Par Édith
Beaudoux-Kovats et
Jean Benoist
Parmi
les nombreuses
ruptures qui
caractérisent
l'histoire sociale
des Antilles, la fin
de l'esclavage a été
l'une des plus
radicales. Ébranlant
dans ses fondements
la société sur
laquelle
s'appuyaient la vie
économique et
l'organisation
sociale des îles,
elle a remis en
cause les relations
entre les groupes
humains qui
participaient à
cette société.
Cependant, avec un
recul d'un siècle et
demi, on est frappé
de voir combien les
conséquences de ce
remaniement sont
différentes selon
les îles. Dans
certaines, telle
Haïti, l'éclatement
s'est accompagné de
soubresauts
politiques et s'est
parachevé dans une
indépendance
politique et dans la
disparition presque
totale des
structures
antérieures, tandis
que dans d'autres, à
l'opposé, il semble
que ce grand
bouleversement ait
été en quelque sorte
amorti, voire annulé
et que, par-delà des
aménagements qui
sont plus les
corollaires des
changements
techniques que de
vrais mouvements
sociaux, la
structure ancienne
se soit remise en
place. Mais cela
s'est fait le plus
souvent par-delà une
rupture dans la
continuité des
groupes humains en
présence, et ce sont
rarement les
descendants des
anciens planteurs de
l'époque
esclavagiste qui
détiennent de nos
jours le pouvoir
économique ; la
place qu'ils avaient
perdue au XIXe
siècle a été occupée
par d'autres, venus
avec des capitaux
extérieurs devant
lesquels ils ont dû
s'incliner, tandis
que leur
main-d'œuvre, malgré
diverses contraintes
légales destinées à
la stabiliser, a
connu elle aussi un
certain
renouvellement.
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"Que
voit le
Guadeloupéen
après soixante
années de
départementalisation
?,
interroge
Patrick Karam,
le délégué
interministériel
pour l'égalité
des chances des
Français
d'outre-mer.
Des prix plus
élevés que dans
l'Hexagone, un
revenu par
habitant très
inférieur à la
moyenne
nationale, des
enfants
surdiplômés au
chômage, et des
métropolitains
qui occupent les
postes de
cadres."
Une partie des
maux de
l'outre-mer est
ainsi résumée.
Il omet
cependant d'en
analyser les
racines : ce que
le romancier
martiniquais
Patrick
Chamoiseau
appelle
"cette tutelle
coloniale qui
nous maintient
dans
l'irresponsabilité
et la
dépendance".
Pour Christiane
Taubira, députée
(divers gauche)
de la Guyane, la
situation en
Guadeloupe
"frôle
l'apartheid
social".
Elle met en
cause "une
caste qui
détient le
pouvoir
économique et en
abuse".
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La politique
Sarkozy : de
l’équité à la
panique
Par Michel Herland,
professeur à l'UAG
Le
succès de
Nicolas Sarkozy
aux dernières
élections
présidentielles
s’explique avant
tout parce qu’il
a réussi à
convaincre un
bon nombre
d’électeurs que
lui seul était
capable de
réaliser les
réformes trop
longtemps
différées à
leurs yeux :
retraites,
marché du
travail,
éducation en
particulier. Il
a ainsi réussi à
retenir un
nombre suffisant
d’électeurs
fluctuants,
déçus par les
années Chirac,
mais qui n’ont
pas pour autant
rallié Ségolène
Royal dont les
propositions
réformatrices
n’étaient pas
suffisamment
convaincantes.
Pour la même
raison, il a pu
attirer à lui
certains
électeurs
habituels de
gauche.
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Le rendez-vous
des musiques du
monde.
C'est le « peu de
conscience de la
mondialisation
culturelle et la
sous- représentation
des musiques du
monde au niveau
médiatique » qui a
poussé Ophélie
Cohen, la toute
jeune fondatrice et
directrice
d'Altermusica, à
créer, en octobre
2005, cette
web-radio
associative. Son
objectif ; valoriser
les musiques et les
cultures du monde,
idée plutôt
ingénieuse dans un
secteur aussi actif
Bilan: plus de trois
cents émissions et
des reportages photo
en ligne nourris
d'une insatiable
volonté d'ouverture
à l'autre, de
compréhension et de
connaissance.
Outre ces chaleureux
voyages musicaux
hors de nos
frontières,
Altermusica
communique des dates
de concerts et de
festivals, des
playlists, des
rediffusions de
concerts. En
parallèle, l'équipe
vient de sortir le
magazine papier Alia
(premier numéro paru
en avril dernier),
consacré à la vie
culturelle
alternative dans
toute
l'Île-de-France, et
diffusé gratuitement
à 15 000 exemplaires
par mois_
Équitable..
CAROLE ALTER pour
Télérama
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GROUPE
REVOLUTION
SOCIALISTE
(G.R.S)
DE LA GREVE
GENERALE, AU
MOUVEMENT
POPULAIRE POUR
LA
TRANSFORMATION
SOCIALE
La grève
générale lancée
le 5 février par
l’intersyndicale
a pris
immédiatement,
par son ampleur
et par sa
reconduction,
une dimension
politique de
remise en cause
de l’injustice,
de
l’exploitation,
de l’oppression
existant dans la
société.
Il faut tirer de
ce constat des
conséquences
concrètes,
pratiques.
Le GRS, dont les
militantes et
militants se
battent
quotidiennement
depuis des
décennies pour
que le peuple se
mette debout
comme il le fait
aujourd’hui,
propose trois
choses :
1-
Garder le cap
des
revendications
du mouvement
tout en les
adaptant au
rapport de
forces, au
déroulement de
la négociation,
à la situation
au 18ème
jour de la
grève.
C’est une
question
évidente de
respect des
objectifs du
mouvement :
arracher la
baisse des prix
sur le maximum
de produits
nécessaires à la
satisfaction des
besoins du plus
grand nombre,
gagner une
augmentation
significative
des revenus
(salaires,
pensions, minima
sociaux) des
masses
populaires et
d’abord des plus
défavorisés.
Cette
revendication
doit être gagnée
contre les
capitalistes et
contre l’Etat.
2-
Imposer une
nouvelle donne
politique.
Le mouvement
populaire est
une puissante
interpellation
de tous les
programmes
politiques
officiels. La
lutte doit
servir à tout
remettre à plat.
Le peuple a pris
la parole, mais
ce n’est qu’un
petit début.
Beaucoup de
plans ont été
faits « pour
lui », mais
pas par lui, ni
même avec lui.
Une nouvelle
mystification
est annoncée :
les états
généraux de
Sarkozy.
L’urgence, ce
sont les
états généraux
du peuple,
de ses
organisations
authentiques,
sans la tutelle
des forces
économiques
dominantes
(békés et
autres), sans le
parrainage
paternaliste de
quiconque.
C’est aux
organisations
ouvrières et
populaires de
mettre en œuvre
une telle
perspective, qui
ne sera que la
traduction
politique du
soulèvement
social
d’aujourd’hui.
Donner un tel
prolongement à
l’action
revendicative de
milliers et de
milliers de gens
du peuple, c’est
être fidèle à
l’esprit de ce
qui se passe en
ce moment.
3-
Poser les
bases d’un
nouveau parti
des forces
anticolonialistes,
anticapitalistes,
féministes,
écologistes,
internationalistes,
démocratiques,
qui veulent
vraiment agir
pour une
transformation
radicale de la
société.
Ce parti doit
naître de la
rencontre, de la
fusion de toutes
celles et de
tous ceux qui,
même sans avoir
les mêmes
origines et
traditions
idéologiques,
partagent de
solides valeurs
communes
(indiquées plus
haut) et sont
d’accord sur les
grandes tâches à
accomplir dans
la nouvelle
période qui
s’ouvre.
Oui, nous sommes
candidats à la
construction,
avec celles et
ceux qui le
veulent, de cet
indispensable
instrument
politique.
Direction du
Groupe
Révolution
Socialiste Fort
de France le 26
février 2009
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