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Gwadaloupe / Madinina

Février 2009

 

 

 
 
 

Antilla

Faute de Distribution par les PTT ou les Points de vente,
les deux derniers numéros d’Antilla sont encore stockés-bloqués au siège
En voici le dernier, en Pdf

 

Un mouvement social qui ouvre un changement d'époque!

par Gilbert Pago & Philippe Pierre-Charles.

  Le mouvement social qui se développe depuis le 5 février est exceptionnel, dans l’histoire récente des luttes ouvrières de notre pays. Ce côté exceptionnel lui vient de la force qu’il dégage dans l’ampleur inusitée des manifestations. Depuis les fortes mobilisations sociales d’octobre 1973 à février 1974, (c’était il y a 35 ans !), une telle déferlante n’avait jamais submergé les   rues de notre capitale et de divers bourgs de nos communes. 35 ans !,  Plus de la moitié de la population n’avait pas encore vu le jour ! Une bonne moitié qui, par conséquent, n’avait pas partagé les expériences passées du mouvement populaire. Le mouvement initié par le Collectif du  5 février 2009  montre depuis une semaine sa  puissance, affiche un esprit conquérant, libère une énergie exaltante de milliers de jeunes, de femmes, de travailleurs et travailleuses, de chômeurs et chômeuses. En fait la classe ouvrière de la Martinique dans toutes ses composantes (salariés,  précaires et intérimaires,  chômeurs, rmistes, employés, djobeurs,  ouvriers d’industrie), en répondant à l’appel des syndicats  pour la grève générale du 5 février  a entraîné le reste de la population dans ce mouvement reconductible et régulièrement reconduit. La lutte se mène d’abord sur deux fronts principaux : le coût de la vie et les bas salaires, les médiocres retraites, les minima sociaux misérables. Ce combat syndical  placé d’emblée sous l’impulsion des travailleurs intéresse la majorité des couches de la  population, car le coût de la vie frappe aussi petits artisans, petits planteurs, couches moyennes, métiers libéraux en voie de paupérisation etc. La démonstration est ainsi faite que c’est le mouvement ouvrier organisé et uni qui peut le mieux poser l’ensemble des problèmes du peuple, proposer et imposer des solutions. Imposer à qui ? Aux profiteurs ! C'est-à-dire à ceux qui détiennent l’import-export, ceux qui concentrent la plupart des moyens de production, ceux qui possèdent les richesses financières, ceux qui emploient, licencient et sous- payent. Ceux là qui déterminent : «  Salaires, Prix et Profits » pour reprendre le titre célèbre de cet ouvrage référence vieux de 145 ans.

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Sommes-nous des fantômes sur notre propre île (?)


  Ce qu’est le documentaire

On est sur Canal +. On se croirait sur M6. Ton alarmiste, musique dramatique et/ou stressante. Le reportage s’intéresse aux confins de la république. A la république dans tout ce qu’elle a de «bananière». «Les békés derniers maîtres de la Martinique», forcément ils sont maîtres de la banane et des terres, et de l’import-export, et de la distribution(40% du marché pour deux entreprises différentes, et les 60% qui restent), de nos âmes et de tout le reste. Sont convoqués au tribunal: Robert Parfait, un préfet représentant de l’Etat français ( j’y reviendrais...), Garcin Malsa. Soit un membre du conseil d’administration du PREMIER groupe de l’île qui n’est pas béké, soit un élu d’une petite commune du sud de la martinique très revendicatif sur les questions mémorielles( c’est faire de Vanneste le représentant de la position française sur les questions identitaires!) . Soit personne. Ah si! Des grévistes qui déclarent qu’il sont des «esclaves modernes». Complaisamment. En souriant. En s’énervant. En criant. Ils ont des salaires faibles, sûrement, ils ont droit à plus de primes, probablement, mais des esclaves modernes? L’antillais des villes qui ne sait plus comment fonctionnent les exploitations se laissera peut-être troubler, mais on n’est plus à l’époque où les travailleurs agricoles étaient payés comme des chiens et se prenaient des balles s’ils demandaient plus(et d’ailleurs que disait le préfet de l’Etat français à l’époque ou ils se les prenaient les balles? Rien... Mais j’y reviendrai...). Une exploitation agricole c’est carré. Très carré.

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Dialogue avec les ombres

 par Dominique Aurélia

Maître de conférences UAG

 Je ne suis pas créole et encore moins métisse. 

Il a fallu que Canal+ diffuse un reportage biaisé la semaine dernière pour que remontent en nous toute les frustrations, détestations, attraction/répulsion que nous avions, pensions-nous, déjà  jetés hors de nous-mêmes puisque, disions-nous lors des cérémonies de l’abolition de l’esclavage  « tout cela c’est loin, je préfère aller à la plage ou à la Galleria ou encore regarder ma télé novela sur mon écran extra plat » ; il a suffit qu’un  béké  à un journaliste importé dise que l’esclavage avait de bons côtés pour que soudain nous nous sentions de pauvres nègres . Comme si Césaire était bien mort et que Fanon était un anonyme.

 Soudain, nous sommes redevenus des  Nègres, soudain les méchants Békés nous insupportent.

Je me souviens…Années soixante à Petit-Bourg,  deux usines bordaient notre monde : Genipa et  Usine de Petit-Bourg. Je me souviens que la sirène de l’Usine ponctuait l’heure de partir pour l’école. Premier corne, deuxième corne qu’on disait ; l’Usine respirait dans notre sommeil, crachait sa vidange dans la rivière pleine de fétides lapias ; il y avait aussi des Békés ; il y avait surtout des békés ; des riches et des pauvres des Hayot et des Desgrottes et des Desportes et des Dormoys et des Roys de Belle Plaine ; certains travaillaient comme salariés pour d’autres, certains étaient des békés griaves sans terre ; d’autres avaient leur propre buste dans leur jardin ; j’ai même vu le patriarche Hayot dans sa berceuse avec ses moustaches d’un autre temps , déjà.

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05 février 2009 : Va-t-on vers de nouvelles manières de penser et de faire ?

Danielle LAPORT

Sociologue

Enseignante-chercheure associée


  La mobilisation du 05 février me rassure sur mon peuple. Elle me rassure sur sa capacité de dire « non » aux abus, « non » à la dissonance insolente qui structure la Martinique, « non » aux profondes inégalités. Les décideurs politiques et économiques semblent découvrir l'ampleur de la question de la pauvreté ! Dans un article que j'ai rédigé en janvier et publié dans le quotidien local, j'interpellais les consciences martiniquaises sur la pauvreté croissante des salariés et pointais la disjonction entre un taux de croissance, donc de valeur ajoutée, remarquable en Martinique et un taux de chômage et une situation de précarité inadmissibles.

Aujourd'hui, ces questions explosent à la face des « bien-pensants ». Nous constatons une totale impréparation du côté des décideurs, pourtant la Guadeloupe avait donné le ton depuis quelques jours. Sans doute, les décideurs avaient-ils misé sur l'endormissement et l'apathie des Martiniquais ? Sans doute avaient-ils misé sur la faiblesse supposée des syndicats incapables, selon eux, de mobiliser ? Certains intellectuels n'avaient-ils pas écarté l'idée d'une mobilisation, avançant le fait que l'histoire de la Martinique n'est pas celle de la Guadeloupe, comme s'il était question d'histoire ? Il est question d'un « ici et maintenant » et d'un « demain » sur fond d'une histoire dont on doit tirer tous les enseignements. Qu'a-t-on fait du potentiel de communication mis en place autour du dialogue social du début des années 2000 ? Où sont les accords issus de ce dialogue social qui auraient certainement anticipé ces questions sociales problématiques ?

Ce soulèvement populaire doit inviter à revoir les schémas de pensée. Et oui, appréhender la question sociale est aussi noble qu'appréhender la question économique ou la question environnementale ! Cette approche, il va pourtant falloir l'intégrer définitivement !

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Entre l'imaginaire et le réel béké : des capitalistes «contrariés»

L'écrivain Patrick Chamoiseau entre dans le débat.

  Ce reportage vous paraît-il refléter la réalité ?

 Disons qu'il accuse les traits les plus grossiers, les plus archaïques, d'un système globalement inacceptable. En tout cas, il met en exergue tous les symptômes de ce que l'on pourrait appeler d'un point de vue écologique une « fin d'espèce » .

 Pensez-vous que les Martiniquais complexent de ne pas avoir fait exploser ce système ?

 En ce qui concerne les békés, les Martiniquais sont dans ce que Glissant appelle « l'acceptation » et le « refus » ensemble. Leur système raciste est intégré à notre imaginaire comme une fatalité, un ordre des choses, que nous ne voyons presque plus, et que des visions extérieures comme celles-là nous rappellent délicieusement. Mais cette « fatalité » n'annule pas l'animosité diffuse qu'on aurait tort de sous-estimer. Disons que dans la mesure où nous ne nous sommes pas encore débarrassés de nos structures archaïques profondes, ils trouvent encore un restant d'oxygène. Lorsque nous aurons changé notre imaginaire et que naîtrons véritablement au monde de manière politique, les békés seront forcés de changer aussi, et de rentrer dans le réel du monde... Ils ne sont que le symptôme de notre archaïsme institutionnel, existentiel ou situationnel.

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VENDREDI 6 MARS 2009 

Tous debout devant la Maison des Syndicats
malgré des lacrymos, l’épaisse, âcre fumée,
la marée rouge du fier peuple de Foyal
résiste à l’arrogance de l’armée coloniale,

scandant comme on le fait un hymne national :
"Yo armé, nou pa armé, sé pou la viktwa
nou ka alé 
!" Ferveur d’une seule et même voix
en dansant tel en un vidé de carnaval…

Convaincus de leurs droits, au-delà de la peur,
sans armes, leurs mains nues levées avec ardeur,
ils font reculer à la force de leur chant
les gendarmes macoutes, armés, eux, jusqu’aux dents !

Février deux mil neuf, dans toutes les mémoires
cette image à jamais lors restera gravée
d’un peuple uni qui marche pour sa liberté,
conscient d’écrire une page de son Histoire !


Patrick MATHELIÉ-GUINLET (08-03-09)

 

 

Letchimy: "Nous voulons la République"

Serge Letchimy, député et maire de Fort-de-France

Propos recueillis par Claude ASKOLOVITCH
 

  Un moment, la foule l'a cru mort. Vendredi après-midi, Serge Letchimy, député et maire de Fort-de-France, voulait s'interposer entre les forces de l'ordre et des manifestants, sous les jets de grenades lacrymogènes. Quand il a été pris d'un malaise, la rumeur de sa mort a failli embraser la ville. Rétabli, Serge Letchimy reprenait hier les négociations pour sortir de l'impasse.

Que vous est-il arrivé?
Vendredi, en début d'après-midi, nous étions à deux doigts de conclure un accord sur la baisse des prix dans la grande distribution... C'est alors qu'une contremanifestation de producteurs de bananes s'est retrouvée en face des manifestants du Collectif du 5 février. Je me suis rendu sur place. Des gendarmes mobiles étaient coincés derrière des camions renversés, et pris pour cible par une partie de la population et des militants. Je me suis interposé
pour éviter le pire. J'ai reçu des gaz lacrymogènes. J'ai été évacué vers un restaurant voisin, le temps de me remettre.

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Le fascisme et la xénophobie dans l'enseignement en Martinique? Impossible?

  Pas si on écoute les propos des syndicats croupions minoritaires du 2nd degré qui composent antidémocratiquement la néomascarade pseudo révolutionnaire qu'est devenu le "collectif du 5 février" et que sont le SE-UNSA, CSTM-CGTM!!!!!!!


"Frères humains qui après nous vivez
n'ayez les cœurs contre nous endurcis
car si pitié de nous pôvres avez
Dieu en aura plus tost de vous mercis"

François Villon, poète et brigand français du XV siècle.

Le Lamentin, le 03 mars 2009


L'éviction (ou plutôt le putsch picaresque) dont a été victime la FSU et plus particulièrement le SNES, orchestrée par le "collectif du 5 février" avec la complicité malveillante du conseil régional de Martinique à la fois me font dresser d'horreur les poils de ma peau de métèque et nous ramène au cœur des débats et de polémiques d'un autre temps, pourtant pas si loin de nous que cela, et dont le national socialisme allemand a été le paradigme exemplaire. En effet, avec le délire fascisant et xénophobe du concept d'"originaire" , avancé par les syndicats cités plus haut et relayé par une frange du conseil régional, se pose une question essentielle qu'il convient de mettre en lumière afin que de faux arguments ne viennent l'éluder sournoisement et démagogiquement. Cette question va au delà des particularismes et est tout simplement celle qui renvoie à la définition de ce qu'est un Homme! Quels sont ses droits , et ici donc, dans la situation qui nous préoccupe: qui peut être qualifié d'Homme? En effet le droit égal pour tout homme de travailler librement où il le souhaite et en fonction de ses compétences est inscrit à la fois dans la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen ainsi que dans le préambule à la constitution française , qui reprend la déclaration de 1789. Et c'est contre ce droit ,dit naturel, qu'une partie du "collectif du 5 février" et certains élus du conseil régional s'élève avec violence, fausse démagogie et perfidie.

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Nous sommes tous « racisés »… Et par qui ?

Lettre ouverte à Jean-Michel Prêtre, procureur de la république

Monsieur,

Je déclare solennellement, avec sagesse et avec recul : Swa yo ka apliké akor la , swa yo ka kité Lagwadloup ; nou péké lésé on bann béké rétabli lèsklavaj.

Je vous demande donc « jantiman » de bien vouloir me mettre en examen directement, pas la peine de perdre votre temps avec une information judiciaire : j’avoue, oui nous sommes « racisés ». Si dans la logique de votre cerveau-lent, il n’y a que cette conclusion que vous tirez de ces propos : la fréquentation des alizés n’arrivent pas toujours à faire atteindre de hauts sommets, alors « frappez frappez » Monsieur le procureur.

Monsieur, puisque vous avez choisi la voie de la bouffonnerie et qu’Edouard Boulogne semble être votre muse (celui-là vrai « humaniste » atavique d’extrême-droite, émule de Charles Maurras déguisé en chrétien tendance Père Labat, expert en racisme… des autres), restons-y, et dans ce cas, je vous demande de mettre aussi en examen :

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Mise au point de Jacky Dahomay.


Le journal France Antilles a publié en exergue, dans son édition de mardi dernier, une supposée citation de moi dans laquelle je traiterais les dirigeants de LKP de « tontons macoutes ». A ma connaissance, je n’ai donné nulle interview à ce quotidien et j’ai l’habitude d’exprimer directement mes points de vue, que ce soit par voie écrite ou par voie orale dans la presse.

Cette manière de faire n’est pas correcte. France Antilles aurait pu me demander directement ce que je pense de la situation actuelle, n’ayant jamais peur d’exprimer publiquement mon point de vue. Je profite de la présente mise au point pour clarifier ma position sur le mouvement actuel.

Je ne crois pas que les dirigeants de LKP soient des « tontons macoutes », car ces derniers pour tous ceux qui connaissent un tant soit peu Haïti, sont des criminels. Beaucoup de dirigeants de LKP sont liées à moi pour des raisons familiales, amicales ou autres et je ne les tiens pas du tout pour des criminels. Cela est le premier point.

Deuxièmement, j’ai soutenu publiquement et concrètement la grève générale initiée par LKP car j’y ai vu une autre manière de faire du syndicalisme en évitant les erreurs passées, une maîtrise du mouvement. Pour moi, ces dirigeants ont eu le mérite de faire émerger une véritable société civile guadeloupéenne, ce qui est une première depuis 1946. J’ai souligné aussi la dimension internationaliste du conflit et j’ai défendu la cause de ce mouvement auprès de l’opinion publique internationale, métropolitaine en particulier. Je me suis abstenu aussi durant toute cette période de critiquer les points négatifs du mouvement, attendant une période plus constructive pour le faire entre Guadeloupéens. La seule réserve ou critique que j’ai exprimée publiquement est le danger que les dirigeants de LKP soient tentés de croire que le pouvoir social acquis magistralement dans la rue puisse être transformé en pouvoir politique sur toute la société.

Il est vrai que dans le passé, j’ai critiqué les méthodes « macoutiques » d’un certain syndicalisme, notamment certaines tendances de l’UGTG. Je ne confonds pas macoutique et tontons macoutes. Pour moi, le macoutisme est une forme d’autoritarisme propre à nos sociétés issues de l’esclavage. La société esclavagiste engendre dans nos sociétés un rapport flou à la loi. Le rapport à l’autre est souvent médiatisé par la violence. Dans le rapport aux enfants, à la femme, aux animaux et aussi dans la politique. On n’a qu’à penser aux « donneurs de fraîcheur » de Légitimus et, jusqu’à une époque récente, aux élections violentes avec Balin à Anse-Bertrand et encore à Marie-Galante. Je maintiens mes critiques concernant certaines dérives de l’UGTG même si je pense qu’après la défection des gens de ma génération, l’UGTG a dû continuer seule le combat syndical et maintenir la question sociale à l’ordre du jour et je mets quiconque au défi de me contredire sur ce point. Dans ma vie personnelle, j’ai eu à subir ce macoutisme quand, avec d’autres, j’ai créé le journal Jougwa. Je suis prêt à affronter toute discussion publique sur cette question. Je crois qu’effectivement, à la fin du conflit, certains de ces vieux démons ont réapparu et ont quelque peu affaibli l’audience de LKP Les tontons macoutes ne sont rien d’autre qu’une exagération mortifère du macoutisme caraïbéen ambiant. Par ailleurs, je suis persuadé que les colonies françaises ont hérité de la France une culture de la volonté, héritée de Rousseau alors que les colonies anglaises s’appuient d’avantage sur une culture de la loi. Voilà pourquoi les anciennes colonies françaises ont plus de mal à instaurer des régimes démocratiques que les colonies anglaises. Enfin, je souhaite que le mouvement initié par LKP se transforme en un véritable développement de la société civile qui seul selon moi pourra permettre aux Guadeloupéens, démocratiquement, de choisir leur destin. Il y a d’autres critiques que j’adresse à LKP mais il me semble qu’il faut le faire dans un climat de discussion plus serein.

Concernant Domota. Il m’est beaucoup plus sympathique que beaucoup de dirigeants syndicaux traditionnels. Je n’accepte pas qu’il soit accusé de racisme et je l’ai dit lors d’une interview à Europe I. Je suis prêt à monter au créneau pour défendre Domota s’il est accusé de racisme. Toutefois, Domota a commis une faute politique qui n’est pas dû au racisme et on peut comprendre qu’un jeune subitement promu dirigeant d’un mouvement à large contenu international, puisse commettre des erreurs. Sa faute consiste en ce que ses propos pouvaient être interprétés de différentes manières. Lorsqu’on est dirigeant à un tel niveau de responsabilité, quelle que soit la fatigue, on fait attention à ce que l’on dit, surtout dans un pays où la question raciale est d’une grande complexité. Domota a donc prêté le flanc aux critiques de ceux qui sont radicalement adversaires d’une quelconque émancipation de la Guadeloupe.

Voilà. Pour le reste, je suis prêt à discuter avec toute personne sur l’avenir de la Guadeloupe, même si on me traite sur les ondes de « chien à blanc » ce qui, tout le monde peut le constater, n’a absolument aucun effet sur moi.

Jacky Dahomay.

 

Masquemiroir
Par Frantz Succab

 La Guadeloupe a durablement occupé l’actu dans les pays importateurs de touristes. « Image désastreuse ! » pensent les prometteurs touristiques. « Enfin, le monde nous entend tels que nous sommes ! » pensent les habitants de l’île promise. Question de point de vue : il y a du linge sale qui se lave ici, en famille, ce qui défie toutes les parentés institutionnelles, tous les fichiers des tours operators, toutes les cartes postales, voire même la carte du monde de papa. La planète avait presqu’oublié que La France était un pays caribéen d’Europe.
Dans les grandes villes de l’Hexagone, des foules de Français battent le pavé au vu et au su d’une France ébahie de découvrir certains si… foncièrement foncés. Anciens invisibles soudainement visibles. Les plateaux télés et les colonnes de la presse écrite ratissent en catastrophe. Escouades peoples, spécialistes de ceci ou cela, toujours la foultitude des bons exemples : les fleurons d’un républicanisme tropical, mâtiné de parisianisme. Enfin, un peu plus de visibilité des minorités « domiennes », pourvu qu’elles sachent rester idéologiquement incolores. Montrer patte blanche, si l’on peut dire.

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Quelques observations à propos de l'article de M. Henry Petitjean Roget :
"Une approche anthropologique du contexte de la révolte
"

par Huguette Emmanuel Bellemare,
martiniquaise, sociologue de formation,
enseignante du second degré

  Dans Madinin’Art du 19-2, Mr Henry Petitjean Roget nous propose « Une approche anthropologique du contexte de la révolte » sous-entendu en Guadeloupe.

Cet intitulé semble promettre une analyse scientifique, de même que la bibliographie et les titres universitaires déployés à la fin de l’article. Qu’en est-il exactement ?

Examinons d’abord les efforts de l’auteur pour constituer la société guadeloupéenne en un objet d’étude anthropologique.

Il commence par énoncer péremptoirement une particularité, selon lui, de cette société : « les mots qu’utilisent ses membres ne disent pas ce qu’ils veulent exprimer. L’exprimé se situe presque à chaque fois dans le registre du non-dit. »

Curieusement pourtant, il prend les exemples de sa démonstration chez les Martiniquais ! En effet, dit-il, ceux-ci ne désignent le serpent que par les expressions : « la bête longue » ou « la cravate », ce qui est la marque,  «  somme toute » (!) d’ « une société précapitaliste ou traditionnelle qui a conservé des relations étroites avec son environnement naturel » ! Hum ! Est-ce que l’on ne frôle pas les qualifications de prélogiques, voire d’humanités encore engluées dans l’animalité ?! L’auteur s’en défendrait énergiquement ! Soit, mais contrairement à ce qu’il semble croire, les Antillais n’ont inventé ni la métaphore, ni la périphrase euphémique. Les Romains ne disaient pas : «  il est mort », mais : «  il a vécu » et pour le cas où Mr Henry Petitjean Roget estimerait « que ceux-ci avaient gardé des relations étroites avec leur, etc.… ». Remarquons qu’aujourd’hui les Français disent dans la même situation : « il est parti », leurs journalistes ajoutant parfois : « des suites d’une longue et douloureuse maladie », et tout le monde comprend de quoi il s’agit !

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La grève générale en Guadeloupe,

Une brève lecture sociologique

Troisième partie

 par Louis Auguste Joint , Sociologue
 

  Depuis le 20 janvier 2009, une grève générale, animée par le collectif « Lit Kont Pwofitasyon » (LKP) composé de 49 organisations, paralyse l’ensemble des activités socioéconomiques, culturelles et politiques de la Guadeloupe. Dans la première et la deuxième parties de cette « brève lecture sociologique de la grève générale en Guadeloupe », j’ai déjà partagé avec vous certaines de mes observations et réflexions sur le déroulement de la grève. Je précise que mon propos n’est pas une lecture détaillée des différents événements qui se défilent à travers ce vaste mouvement populaire, lequel met en branle toute la société guadeloupéenne. Je propose seulement de donner un résumé de l’ensemble des événements, en relevant les faits les plus marquants à mes yeux et mes oreilles. C’est le témoignage d’un observateur qui vit de près les événements et qui les regarde avec un œil critique. La deuxième partie de notre lecture des faits s’arrêtait au 17 février. Dans cette troisième partie, je partage avec vous mes observations et réflexions sur le déroulement de la grève du 17 au 28 février 2009.

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Vers un changement des mentalités, une révolution culturelle ?

par George Huyghes des Etages, psychologue  

 Grève générale pour des revendications complètement justes et légitimes....
Mais dans cette crise qui agite la Martinique,  où sont les marcheurs en dehors des manifestants, les cyclistes? Pas sur les routes en tout cas, alors qu'en temps "normal" beaucoup d'associations organisent des randonnées pédestres,  beaucoup de martiniquais font partie de clubs et possèdent VTT et tout l'attirail adéquat, souvent dernier cri : maillot, chaussures spéciales,  lunettes, casque, etc.... Mais non, on préfère s'agglutiner quotidiennement devant les stations-service pour se procurer 3O euros d'essence (et parfois moins). On ne nous fera pas croire qu'il n'y a pas d'autres alternatives que de faire le pied de grue devant ces stations depuis 4 ou 5 h du matin et pendant 3 à 5 h d'attente. Beaucoup de voitures qui circulent n'ont à leur bord qu'une seule personne :le conducteur . Quid du co-voiturage ? Certes, des initiatives solidaires existent mais encore trop insuffisantes
 
Ceci augure bien mal de l'avenir. Car si le collectif du  5 février obtenait que les salaires et les aides sociales augmentent (à la limite même sans baisser les prix des produits et des services...) cette augmentation risque de ne servir qu'à consommer davantage et donc à continuer à gonfler les poches  des mêmes dont on se plaint qu'ils exploitent et exercent une "profitasyon".

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Et la morale de l’histoire 

par François Cuvillier

  Les puissants qui demandent le calme pour négocier donnent finalement raison aux adeptes de la violence, puisqu’on ne réagit vraiment qu’après des évènements criminels. Malheureusement, chacun s’est conduit en confirmant les préjugés de l’adversaire. Parmi les responsables du conflit, combien se targuent de prier le Seigneur, ou s’inscrivent dans une laïcité héritière des valeurs chrétiennes, pour bafouer impunément ces principes par la vanité égoïste, le mensonge cupide ? L’église est-elle une usine à pardonner le péché (du) capital, un pressing dominical pour l’ordure hebdomadaire ? On ne déplore pas la bassesse humaine pour en justifier la perpétuation, et l’on croirait par moments régresser à l’époque barbare de la vengeance quand on érige en principe de justice la loi du talion afin de légitimer les abus des uns par la scélératesse des autres. Cette perversion ne facilite pas la résolution du conflit, mais en révèle une cause profonde : notre incurie éthique, plus longue à soigner que la plus longue des grèves, plus difficile à isoler qu’une caste d’ennemis, plus entremêlée qu’un lyannaj.

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Des solutions pour payer les augmentations des bas salaires


par André Marie-Rose

 La certitude à ce jour, c’est que de nombreux produits vont baisser de 20 % en Martinique. Dès lors, le sur-salaire de 40 % des fonctionnaires n’est plus justifié. Ne s’appelle-t-il pas « prime de vie chère » ? Ainsi, si la vie chère diminue, il doit baisser à due concurrence. D’autant qu’il participe activement à la constitution des prix compte tenu qu’il les tire vers le haut. Ainsi, d’une pierre deux coups. En répartissant le sur-salaire des fonctionnaires sur les bas salaires (voilà un geste solidaire !), on rend justice à la baisse des prix et on évite qu’ils ne remontent. Pourquoi les membres du collectif ne le proposent-t-ils pas ? parce qu’ils sont tous fonctionnaires ? Je n’ose y croire. Par ailleurs, la demande d’égalité avec la métropole est tout à fait justifiée. Il y a donc lieu de supprimer aux Antilles la 4éme année « gratuite » des fonctionnaires pour le calcul de leur retraite (je travaille 30 ans et la sécurité sociale m’en paie 40). De la même manière, toujours au nom de l’égalité mais aussi de la dignité, il faut supprimer l’abattement de 30% sur le montant imposable dont bénéficie chaque contribuable aux Antilles. Il entraîne que ¾ des résidents aux Antilles ne participent pas au financement de la nation. D’autant que le taux de recouvrement est inférieur à 60%. On se rapproche donc plutôt de 15% de contribuables aux Antilles qui apportent leur participation aux dépenses communes de la République. On peut aussi supprimer le désuet et injustifié congé bonifié de tous les fonctionnaires originaires des Antilles qui travaillent en métropole (Etat, collectivités territoriales et hôpitaux, de l'ordre de la centaine de milliers) ainsi que celui des fonctionnaires métropolitains aux Antilles qui y ont droit (uniquement Etat, de l'ordre de la centaine). Beaucoup de solutions existent donc. Elles nous obligent à la solidarité et à l'égalité avec la métropole (qui doit jouer dans les 2 sens). C'est le juste prix à payer pour une vraie dignité.  

André Marie-Rose Schoelcher

 

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«C’était comme retenu, ça nous a sauté à la figure»

  Elie Domota, porte-parole du LKP (1), s’en amuserait presque. Nous sommes samedi soir, c’est-à-dire dimanche matin à Paris. «Vous savez, lâche-t-il, on est un peu susceptible.» Dans une pièce voisine du port autonome de Pointe-à-Pitre où s’achèvent les négociations, le préfet vient de tenir une conférence de presse, où il a déclaré avec solennité : «L’essentiel est maintenant acquis. La revendication des 200 euros, portée par le LKP, a été signée. Ce soir, les médiateurs ont fini leur travail. Au nom de l’Etat, le retour à la vie normale s’impose. Rien ne justifie la poursuite du conflit.» «Ah bon ! C’est qu’a dit le préfet… Il décide à notre place maintenant» , ironise Elie Domota, en reconnaissant peu après que le LKP devrait appeler à «la suspension du mouvement».

Elie Domota peut en tout cas sourire. Il vient de mener avec succès un mouvement de grève inédit, de près de six semaines, qui a profondément secoué cette île des Antilles d’à peine 450 000 habitants. L’homme est atypique. Il n’a rien de spectaculaire, et pourtant, il impressionne. «Il y a deux mois, très peu de personnes le connaissaient en Guadeloupe», note Michel Rodriguez, patron de la chaîne de télévision locale Canal 10, qui aura eu un rôle décisif dans ce conflit. «Maintenant, c’est simple, si je veux faire de l’audience, j’invite Domota.»

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Economie politique

  L'outre-mer "coûte" près
de sept milliards à l'État

 

par Cécile Crouzel
 

La Guadeloupe coûte déjà 2,5 milliards d'euros à l'État et la Martinique 1,8 milliard.

  Avec un taux de chômage qui dépasse les 20 %  et une proportion de RMistes presque quatre fois plus élevée qu'en métropole, les Antilles souffrent de nombreux handicaps économiques. Pourtant, l'État ne lésine pas sur les moyens qu'il accorde à l'outre-mer. 

L'effort global programmé jusqu'à présent pour 2009 est de 16,7 milliards d'euros. Pour la Guadeloupe, la facture s'élève à 2,5 milliards, et pour la Martinique à 1,8 milliard. «Toutefois, ces chiffrages agrègent tous les coûts, y compris ceux liés aux missions régaliennes de l'État, comme l'Éducation, la Justice, la police, qui existent dans l'ensemble des départements français», nuance Éric Doligé, sénateur UMP rapporteur du budget de l'outre-mer. Or ces charges «habituelles» ne sont pas négligeables : en Guadeloupe, l'État dépense près de 700 millions d'euros pour l'enseignement scolaire. «Il est donc plus juste de se concentrer sur le coût, pour l'État, des mesures spécifiques à ces territoires», explique Jérôme Cahuzac, député socialiste, rapporteur de ce budget à l'Assemblée.

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  Brèves du SNES Martinique

Dimanche 1er  mars 09

25ème jour de grève

Situation générale

   Une vague accalmie, mais tout n’est pas rentré dans l’ordre, loin s’en faut. Toutefois on note des signes de tension, d’impatience et quoi que dise le collectif, la mobilisation quotidienne est en baisse même si elle n’est pas négligeable.

Pour l’administration on devrait pouvoir reprendre les cours mercredi pour les lycées et collèges et jeudi pour les écoles. Une majorité de collègues du premier degré et du second degré aspire à reprendre leur travail contrairement aux affirmations du SE. Reste à voir les transports.
 

Le maire de Trinité, Manscour, appelle les non-grévistes à venir travailler tandis que Malsa et Nadeau du Modemas demandent aux maires de maintenir la grève.

 

Des nouvelles du collectif et de l’action

-         le SE fait campagne contre le SNES et la FSU, ad nominem, en soutenant que le SNES et la FSU ont quitté le collectif. No comment. Le courrier de Mireille Jacques à lui seul est un tissu de contradictions. Au passage on comprend pourquoi la plateforme était si mauvaise. Elle datait de novembre 2007.

-         Le SNES a tenu à voir s’il était mis dehors ou si l’on considérait que le premier syndicat des personnels du Second Degré avait le droit de s’exprimer pour représenter la voix de ces personnels. Il s’est donc rendu vendredi à 15 heures à la réunion à la Région entre la commission éducation et le recteur. En réalité il y avait plein de beau monde et des petits fours…que nous n’avons pas eu le droit de goûter ! Soumbo en personne est venu informer Thierry Renard, YJH comme il le nomme et Serge Baclet, de vider les lieux. Nous voulions savoir quel était le degré de collusion de la Région. Nous l’avons.

-         Le SNES écrit un courrier au recteur pour l’informer de son intention de poursuivre l’administration devant le TA dès lors que des décisions seraient prises, à l’encontre des personnels notamment lors de cette commission éducation du collectif qui ne peuvent engager les personnels puisque l’accord, si accord il y a, ne représenterait que des syndicats croupions dans le Second Degré.

-         Des militants attentifs nous ont fait remarquer les termes de l’affiche située derrière Michel Monrose lors de son dernier passage à RFO : Avec l’Unsa, choisissez l’autonomie … On comprend mieux le mélange du syndicat et de la politique. Rien de scandaleux au demeurant. Simplement tous les syndiqués du SE le savent-ils ? Enfin l'autonomie consiste-t-elle à rompre avec la fonction publique nationale ? Enfin, l'autonomie s'applique-t-elle avant que les citoyens en ont décidé ? Autrement dit l'autodétermination est-elle oui ou non la liberté pour les peuples de décider de leur sort, ce en quoi nous ne pouvons qu'être d'accord.
 [...]

Toutes ces informations sont ici : http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article230

 

 
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Intention, méthode et résultats 

par François Cuvillier

 

 De la vie chère au respect, de la justice à l’émancipation, des revendications au changement de société, le mouvement antillais actuel recouvre des enjeux de plus en plus difficiles à circonscrire. Or, entre les objectifs nobles d’une redéfinition des valeurs et des fonctionnements de notre société, et la procédure mise en œuvre que l’on observe actuellement, on trouve des paradoxes qui méritent notre vigilance. Selon un adage de prudence, l’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions?

 

Méditer L’histoire

Le lexique, les symboles, les références de méthodes politiques, la fantasmagorie de l’héroïsme révolutionnaire qui émaillent les discours actuels évoquent une histoire dont on néglige les ombres pernicieuses.

Dans ce « ils » qui nous ont exploités, trahis, empoisonnés, dans cette marche du peuple qui doit abolir les individus pour n’avoir plus qu’une seule voix, dans ces actions où des gens se sont autoproclamés représentants du peuple, parce qu’ils sont les têtes pensantes, s’octroyant le droit d’engager des actions de force au nom du bien commun, (en consultant au préalable les citoyens, on risquait de perdre du temps ?) ; dans les discours polyphoniques où la sagesse humaniste masque difficilement un ressentiment insurrectionnel, on éprouve des saveurs de déjà vu, de troublantes similitudes.

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Non à la dictature du collectif du 05 février

Le temps perdu

Par Habdaphaï

  Je ne crois pas à l'expression artistique pluridisciplinaire pour défendre des revendications des artistes plasticiens. Car chaque corps de métier artistique a des spécificités et des demandes de réflexions pour chaque pôle de création. Surtout quand des amateurs qui se disent artistes, et le manque d'espaces et de professionnels pour nous seconder tuent les professions d'art, et bien évidemment la culture, et la représentation ici et ailleurs.

L'artiste pour moi est là pour avoir un regard sur toutes les formes de manifestations, et après proposer une image, une œuvre, une analyse pour que les revendications puissent laisser des traces.

Ma place à moi, ce n'est pas de me retrouver avec des gens qui ont les mêmes couleurs politiques, qui récupèrent le mouvement social pour les futures élections, ils se reconnaitront.

Avec le regard et la distance que j'ai de ce mouvement, on trouve qu'il ya des lacunes de connaissances, des amalgames et bien parfois des discours du passés, des parties économiques, et aussi des dossiers traités, je donne comme exemple ce qui concerne l'art : Pas de projet, pas d'idée, pas d’action artistique, en un mot rien....

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TAN-AN VINI

 
Lève-toi, peuple issu du viol codifié de l’Afrique !
Il est temps pour toi de récupérer la terre
ensemencée par la sueur et le sang du Nègre,
par les ossements blanchis de tes ancêtres,
arrosée par les larmes amères versées de leurs yeux.
Cette terre d’exil qui désormais t’appartient du droit inaliénable
du sang répandu comme un engrais précieux,
la légitimité du travail et de ta misère.
Et le feu prend dans la canne et consume la grand-case,
purificateur et rénovateur
et le phénix-liberté renaît de leurs cendres et déploie ses ailes,
le sang coule sur l’autel des loas
et leur force est en toi,
soulevant ta colère au rythme du tam-tam !
Car voici que vient une ère nouvelle pour le peuple de Cham
et l’injustice passée doit être réparée !
L’heure du métis a sonné à l’horloge de l’Histoire
afin qu’à jamais soit effacé des mémoires
le temps honni du joug et de l’esclave.
L’heure de nous-mêmes…
Comme nous a enseigné Aimé Césaire,
lève-toi et marche, debout et fier
pour regarder demain…

 Patrick MATHELIÉ-GUINLET  (26-02-09)

 
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En ces temps agités, j'ai peur....

   Pour nos enfants, que nous ne soyons pas à la hauteur...

Nous vivons un moment historique pour l'humanité, le premier combat contre le capitalisme libéral qui a été imposé à tous et que nous ressentons particulièrement dans les provinces ultra-périphériques. Le premier combat dans l'intensité de la lutte(5 semaines pour la Guadeloupe et se ne sont pas les plus fortunés qui font grève...) et le nombre des sympathisants encore en lice...

La France n'a pas connu de tels débordements depuis longtemps.... Des foules immenses tant à Pointe-à-Pitre qu'à Fort De France, qui, sur le plan de la représentation, battent tout record Métropolitain !!! Près de 60 000 personnes dans les rues de toute la Guadeloupe, plus de 30 000 personnes à Fort De France cela correspond à plus de 12 millions de Français dans la rue...

En réponse à tout cela, peu de chose, les journalistes s'intéressent enfin aux DOM plus de 20 jours après le début des troubles, aucune traduction de "Liyannaj Kont pwofitasyon" n'a été proposé aux Métropolitains, comme si le créole n'avait pas droit de cité... Aucun reportage digne de foi, n'a  été diffusé sur les réelles disparités économiques...

Les premiers mots de notre premier ministre, après "quelques jours de manifestation"(plus de 20) ont été sur le coût "ressenti" de la vie chère... Notre président de la république, en oubliant que ces excuses concernant les bienfaits de l'esclavages n'en étaient pas, n'ouvre sa bouche qu'après avoir négocié avec les syndicats métropolitains, en donnant des miettes d'un plan dont il ne sait toujours pas comment il va le financer !!!!
Et notre Ségolène, qui nous a badigeonné de ces racines Antillaises durant la campagne, ne se souvient de nous qu'en même temps que le président, et j'en passe...

En Guadeloupe et en Martinique, comme dans les autres provinces ultra-périphériques françaises, un laboratoire du capitalisme a été mis en place par les différents gouvernements : comment se faire plein d'argent en payant les gens le moins possible et en pratiquant les tarifs les plus prohibitifs.
Pour pimenter le tout, quelques lois de défiscalisations ont été pondues, et boustent l'économie locale, au détriment des gens les plus pauvres et aux richards d'en profiter. A ce propos, combien de membres du gouvernements et ou du parlement bénéficient de cette défiscalisation ?

Autre question d'importance : combien les antilles françaises rapportent à l'état français en taxes diverses et autres.

Je crains que les cartes ne soient tronquées...Et en plus on ne les a pas en main....

De tout cœur, avec vous....!!!!

 
Docteur Benoit Giroud, Martiniquais
 
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Manifeste contre le blocage en Guadeloupe : non-dits et réalités.

 

Oui, il s’agit bien d’un blocage généralisé et intentionnel, plus ou moins organisé et non d’une grève générale illimitée comme annoncée. Ce fait établi, nous conduit nous jeunes Salariés, Cadres et Chefs d’Entreprises guadeloupéens d’origines diverses, à émettre ces constats en quelques points.

I - Discours et propagande

Face à des poncifs, à de l’intoxication et autres contrevérités, il semble urgent de rappeler quelques éléments d’ordre économique et sociétal. Les principaux agrégats économiques de notre département restent peu significatifs, voire décourageants : taux de chômage à deux chiffres, taux d’endettement qui croît aussi vite que le taux d’équipement des ménages…

Rappelons également que notre département jouit largement de la générosité européenne à travers les dispositifs de soutien financier, que nos richesses naturelles sont quasiment inexistantes, que notre agriculture est en déclin et que le tourisme est en sursis.

Flatté par un discours revendicatif et quelque peu agressif, notre individualisme exacerbé nous engage à prendre possession de la rue au lieu de prendre possession du pouvoir économique et tenter d’inverser la tendance.

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Guadeloupe : les pratiques musclées des militants du LKP
Les chefs du collectif «contre la profitation» usent de la manière forte pour rallier à leur cause une population qui redoute le durcissement du conflit.

   L'homme doit avoir à peu près la cinquantaine. Il a les tempes grisonnantes et porte une casquette de base-ball sur la tête. Sans doute enseignant de profession, [sic!]* membre de la FSU [sic!]*, il est l'un des porte-parole du LKP, le collectif «contre la profitation» à l'origine de la grève générale qui paralyse depuis maintenant trente-cinq longs jours la Guadeloupe. La scène se déroule lundi dernier devant l'entrée du port autonome de Pointe-à-Pitre. Depuis plusieurs heures déjà, Élie Domota, le leader charismatique du LKP, lui-même fonctionnaire auprès de l'ANPE, est enfermé dans une petite salle du bâtiment avec le préfet et les représentants du patronat. Les négociations piétinent. Comme depuis un mois. Dehors, les fidèles de Domota s'échauffent au rythme de la chanson créée pour l'occasion : «La Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup sé pa ta yo» («La Guadeloupe, c'est à nous, la Guadeloupe, ce n'est pas à vous»)

*Note de Madinin'Art

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par Jacky Dahomay, professeur de philosophie à la Guadeloupe.

     Ceci semble aujourd’hui une évidence : il est inacceptable que le président de la république ait attendu un mois et qu’il y ait eu un mort, après des semaines de crise sociale grave en Guadeloupe, pour qu’il se prononce à ce sujet et fasse des propositions. En culture créole cela s’appelle du mépwi (quand on feint d’ignorer l’autre ou que l’on ne répond pas à ses attentes). Cela est d’autant plus surprenant que Nicolas Sarkozy affectionne particulièrement une sur-présence dans tous les conflits qui peuvent éclater en France métropolitaine voire dans le monde. Toutefois, utiliser le terme de  « mépris »  a le désavantage d’interpréter une attitude politique en termes d’affection et de brouiller ainsi l’analyse réelle d’un tel comportement.

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Le Manifeste des 9 : l’utopie de l’An 01

par Michel Herland

Professeur à l'UAG

   Peu après les événements de 1968, le dessinateur Gébé a fait paraître une bande dessinée, L’An 01, qui décrivait la société future telle que l’imaginaient les plus radicaux des révolutionnaires de l’époque. L’argent désormais sans valeur, la fin de l’aliénation par la consommation, le travail réduit de ce fait à peu de choses, ce qui libère le temps pour des activités plus nobles : cultiver son esprit, s’exercer aux arts ou, plus simplement, farnienter. L’usine n’a pas disparu mais fonctionne désormais sur la base de l’autogestion, et le peu de temps qu’on lui consacre est placé sous le signe de la convivialité et de la créativité plutôt que de la productivité à tout crin.

Un tel modèle de société est exactement celui préconisé par les neuf intellectuels antillais, auteurs du Manifeste pour les « produits » de haute nécessité. Renonçons à tous nos démons : surconsommation, dépendance économique et financière, travail forcé pour les uns et recherche effrénée du profit pour les autres. Au lieu de cela, instaurons la gratuité, la solidarité, la responsabilité, la créativité, la culture et les beaux-arts. Il s’agit donc d’inventer une « société non économique », dont les principales conditions sont la « décroissance » des besoins et la fin de « l’absurdité coloniale ».

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"Allons enfants de la patrie !"

 par Elodie QUIDAL* et Marlène PARIZE*
 

   UNE CRISE SOCIALE ébranle la Guadeloupe et se répand comme une traînée de poudre en Martinique et bientôt en Guyane et en réunion . Les outre-mer s’enflamment et se mobilisent avec un mot d’ordre partagé, une exigence clamée, « l’augmentation du pouvoir d ‘achat » , le pouvoir de vivre, de se nourrir, de s’éduquer, de se soigner, de se loger, de travailler…

Face à ces exigences et aux désordres qu’ils entraînent le gouvernement représenté par le Secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer Yves JEGO explique lors d’une interview (le 12/02/2009 sur Europe 1) que cette crise est « « une crise de société, de remise en cause du modèle de fonctionnement des Antilles. » Nous voilà face à un Président qui intervenant sur la crise sociale en France (Emission « Face à la crise ») ne dit pas un mot des mouvements qui immobilisent depuis des semaines les Antilles ; et un Ministre qui nous dévoile lors de cette interview du 12 la stratégie du gouvernement : enfermer cette mobilisation sociale dans le contexte créole, et présenter l’Etat comme un pouvoir neutre plein de bonne volonté.

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Que voulons-nous, Guadeloupéens?

par Jacky Dahomay


  
Il est clair que la Guadeloupe défie constamment toute tentative d’interprétation théorico-politique et le philosophe politique, surtout quand une trop grande proximité le lie à ce pays, est le plus souvent désorienté. Malgré tout, je me risque à exprimer ici ce que je perçois pour l’instant de ce puissant mouvement social, étant entendu que ces analyses à chaud seront toujours marquées du sceau de la contingence historique.

Disons-le tout net : s’il m’est arrivé dans le passé d’énoncer de vives critiques concernant certains mouvements sociaux (critiques que je trouve pertinentes aujourd’hui encore) je constate maintenant que la contestation sociale n’a pas le même sens ni les mêmes tournures qu’autrefois. D’une part, les dirigeants syndicaux, en évitant de reproduire les mêmes erreurs traditionnelles, font preuve d’une plus grande maîtrise du mouvement social. D’autre part, par son ampleur même, la mobilisation en cours jouit d’une popularité incontestable qui lui donne une certaine légitimité. Quelles que soient donc les erreurs ou insuffisances qu’on peut déceler ça et là, je soutiens globalement la contestation sociale en cours et ceci pour deux raisons fondamentales.

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Guadeloupe, Martinique,
la possibilité des îles

Yves Jégo, le secrétaire d'État chargéde l'Outre-Mer commente la crise qui secoue la Guadeloupe et la Martinique et explique leur importance dans la République française, notamment sur le plan écologique et maritime.

   La crise qui secoue la Guadeloupe depuis le 20 janvier 2009 est trop sérieuse pour que nous en restions aux effets de manche de ceux qui cherchent à l'instrumentaliser à des fins partisanes. Ceux qui, en métropole, tentent de la présenter comme le symbole d'une contestation dirigée contre la politique du gouvernement, méprisent le message des Guadeloupéens et trahissent les attentes de nos compatriotes ultramarins. La vérité, c'est qu'il ne s'agit pas d'un mouvement de protestation sporadique, mais bien d'une triple crise. Une crise économique qui frappe toute la planète et atteint plus vite les économies fragiles, une crise structurelle liée aux dérives ultimes mais encore observables de l'héritage d'une économie « de comptoir » et enfin, et peut-être surtout, une crise existentielle, en tout cas une crise sociétale.

Après plus de vingt-cinq jours de grève générale en Guadeloupe et dix jours en Martinique alors que la tension croît, alors que les risques de violences se multiplient, chacun doit admettre qu'il est temps qu'une vie économique normale reprenne son cours. Mais ne nous méprenons pas : finir la grève, ce n'est pas en finir avec la crise. Notre politique n'est pas d'acheter, comme ce fut tant de fois le cas auparavant, une illusoire paix provisoire. Notre ambition, c'est de mobiliser toutes les énergies pour que la Guadeloupe sorte de l'impasse d'une société bloquée. Et si la société guadeloupéenne est bloquée, c'est d'abord parce que son économie est faussée. La fin de la grève doit ouvrir le temps d'une refondation à la fois économique et sociale.

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Pointe-à-Pitre : «la loi du plus fort»

Selon Bak, militant «radicaliste», ce sont des jeunes qui ont abattu un syndicaliste, mardi soir.

Les uns sont mobiles, organisés et obéissent à des mots d’ordre. Les autres sont masqués, livrés à eux-mêmes, enclavés dans leur quartier et agissent à l’instinct. Tous sont jeunes et ont en commun une même détermination. Il était un peu plus de minuit, dans la nuit de mardi à mercredi, quand des coups de feu ont claqué, cité Henri-IV, dans le quartier Chanzy de Pointe-à-Pitre. Le syndicaliste de la CGTG Jacques Bino rentrait d’un meeting au palais de la Mutualité, QG du LKP, et tentait de franchir un barrage. Il est mort sur le coup. Les secours ont mis deux heures à pouvoir intervenir, alors que la police essuyait d’autres tirs. Selon le procureur, Jean-Michel Prêtre, c’est la troisième balle tirée sur le véhicule qui a été mortelle. Une version officielle mise en doute hier par Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de la CGTG et membre du LKP.

L’émotion a submergé l’archipel et Elie Domota, chef de file du LKP, a lancé un appel au calme sans pour autant relâcher la mobilisation. Alors que les barrages et heurts violents se poursuivaient hier et qu’une nouvelle nuit chaude était attendue, le collectif à l’origine de la grève va pouvoir mesurer s’il est toujours écouté par une jeunesse hétéroclite. Il avait su la contenir jusqu’au début des affrontements, mais d’aucuns lui reprochent ici, comme à Paris, de l’instrumentaliser via ses cadres syndicaux rompus aux violents conflits sociaux.

«Dangereux».Lui s’appelle Bak. Enfin, c’est son surnom, sur les barrages comme dans la vie. Il a 29 ans, un métier de technicien en frigorisation et travaille avec un patron artisan, lui aussi en grève. Depuis le début du conflit, Bak appartient à l’un de ces «petits groupes» autobaptisés «radicalistes». Ils structurent en sous-main la mobilisation des jeunes, le type d’actions à mener et vont au contact des plus incontrôlables pour tenter de les canaliser. Toute la nuit de mardi à mercredi, Bak a tourné avec ses amis à vélo (le seul moyen de contourner les barrages) sur les points les plus chauds : le centre commercial de Destreland, où des gendarmes ont essuyé des tirs de chevrotine, à Jarry pour voir si la zone industrielle était pillée, dans les quartiers ultrasensibles de Chauvel et Carénage. «Dans ces coins, c’est très dangereux même pour nous, raconte-t-il. Personne ne peut contrôler ces jeunes, ni le LKP, ni les grands frères. Ici c’est la loi du plus fort. Ils aiment faire la guerre, veulent affronter du flic blanc et prennent de l’alcool et des drogues pour ne pas avoir peur.» Il est persuadé que c’est l’un d’eux qui a tiré sur le syndicaliste.

«Potence». Rencontré sous un abribus près du carrefour Montebello de Petit-Bourg, à une vingtaine de kilomètres de Pointe-à-Pitre, Bak était la veille au barrage de Gosier, là où les heurts avec les mobiles ont véritablement démarré lundi. Il se déplace en permanence et est venu «sur ordre» à Petit-Bourg, où une trentaine de gendarmes tiennent ce carrefour stratégique, lourdement armés face à une centaine de manifestants. «Tous les jours, on est prévenu par Internet ou SMS, mais sans se parler sur les portables, pour organiser les actions.»

Plusieurs autres jeunes sont arrivés comme lui, entassés dans un 4 x 4. L’un d’eux hache de la ganja avec de petits ciseaux. D’autres titubent presque. Pas Bak. Veste de survêtement ceintrée, petite boule dorée sur chaque oreille, il confie que ce n’est «pas grave de ne pas toucher [son] salaire». Il évoque «un esclavage mental, ici, avec d’autres chaînes : la consommation, la perte d’identité, la soumission aux règles des gros capitalistes». Fataliste, il dit : «On est comme envoyé à la potence dans ce conflit, mais le respect et l’honneur que les Guadeloupéens veulent retrouver justifient que l’on se sacrifie pour une cause qui est juste.»

 

GUADELOUPE, envoyé spécial ANTOINE GUIRAL pour Libération 19/02/09

 
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Elie Domota, héraut créole

Elie Domota

  Il s’arrête, croque un morceau de canne à sucre bien juteux et reprend sa place dans le carré de tête du défilé. Une vingtaine de gardes du corps en tee-shirts siglés «LKP sécurité» n’ont d’yeux que pour lui. Ce samedi, Elie Domota est à la tête d’une foule de 10 000 personnes venues commémorer dans la commune du Moule l’assassinat de quatre ouvriers guadeloupéens par les militaires lors d’une manifestation, le 14 février 1952.

La marche avance en chansons, avec toujours cette liesse qui fait la force du mouvement depuis un mois. A intervalles réguliers, il lève le poing, serre des mains, mais se montre économe de ses mots. Concentré sur son combat contre la «pwofitasyon» (l’exploitation outrancière) qui a fait se lever toute la Guadeloupe, le chef de file du collectif LKP à la peau claire sait que le conflit en cours peut désormais dégénérer à tout instant (lire ci-contre).

«Pouvoir par la rue». Le préfet a pris soin de ne pas poster les forces de l’ordre à l’entour du cortège, mais Elie Domota met la pression et accuse : «Aujourd’hui, vu le nombre de gendarmes qui sont arrivés en Guadeloupe, l’Etat français a choisi sa voie naturelle : celle de tuer des Guadeloupéens, comme d’habitude.» Un dérapage verbal ? Une nouvelle ambiguïté comme il sait si bien les entretenir ? Il montre son tee-shirt rouge sur lequel on peut lire «mé 1802», date du rétablissement de l’esclavage par Napoléon, et «mé 67», en souvenir d’une manifestation d’ouvriers du BTP à Pointe-à-Pitre, où l’armée tua plus de cent d’entre eux…

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Au peuple mobilisé !

par Alex Lollia

 Chers Camarades, du Centre Hospitalier de Pointe-à-Pitre, je vous adresse ces paroles pour vous rassurer sur mon état de santé. Je suis obligé de rester à l’hôpital puisque je souffre de lésions cervicales et de complications cardiaques consécutives à la violence des coups qui m’ont été portés par les forces de police. Ma date de sortie n’a pas encore été indiquée mais même si mon corps est atteint, mon esprit reste parfaitement intact et je pense que cette épreuve a encore augmenté ma lucidité et ma détermination.

J’étais comme beaucoup d’autres camarades en lutte sur le terrain et notre démarche était pacifique : c’est celle qui a été définie par le L.K.P.

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De qui la Guadeloupe est-elle l’otage ?

Par Frantz SUCCAB

 Depuis le 16 décembre et, particulièrement, le 20 janvier, vieux militant anticolonialiste, je me suis efforcé d’être un modeste -presqu’anonyme-  participant aux manifs organisées par le LKP, autant que je le pouvais.  Pour avoir souvent parlé, pendant longtemps, en temps de paix,  je me suis fait l’auditeur attentif des uns et des autres, dans les meetings, à travers les média.  Pour avoir tout le temps écrit quand trop de plumes restaient paresseuses ou conformes, je suis enfin devenu lecteur assidu d’un foisonnement inespéré de contributions diverses. Côtoyer le manifestant du rang et le non-manifestant pourtant solidaire ; observer, écouter, lire, noter, me nourrir de toutes les idées, du dit et du non-dit ; faire des réserves pour plus tard tout en me laissant charrier sans aucune résistance critique par le grand fleuve de la contestation. Tel fut mon choix, pour mieux trouver les mots qu’il faut à une révolution qui balbutie.

Aujourd’hui, un syndicaliste est mort. Douleur et colère. Tous les regards se tournent, naturellement accusateurs, vers ceux qui ont joué le pourrissement. Ce patronat dont l’égoïsme et le mépris tiennent la Guadeloupe en otage.  Mais je sais, depuis déjà, comme deux et deux font quatre,  que ce n’est pas suffisant. La vox médiatique, qui sait si bien orchestrer la contagion de l’émotion dans cette société du spectacle, est  à pied d’œuvre. Les crocodiles y vont de leurs larmes, de Paris à Basse-Terre, de Basse-Terre à Nòlfòk. Les larmes publiques ne lavent rien, surtout pas la faute. Les larmes des combattants sont une de choses qui participent de leur dignité. Même cela, on veut le leur voler. Et tout cela pour tenter, anbistan, de les déposséder de leur bon droit.

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Un Historien Allemand nous parle de la Guadeloupe en grève !

 Comme historien allemand, installé ici depuis 8 ans, je vois le moment de m’exprimer [...]

Vous avez bien sûr le droit de faire votre histoire comme nous on a fait la notre, mais n’oubliez pas qu’on a payé un prix très fort.

En comparant ce qui se passe ici en ce moment, on découvre beaucoup de similarités.

On a un mouvement à la base national et aussi socialiste qui profite d’un mécontentement d’une grande partie de la population.

Pour mieux agiter, il faut un ennemi commun, on divise le peuple.

 Les bons ont un ruban rouge (chez nous les indésirables ont eu une étoile jaune). On crée sa propre police la « sécurité LKP » (chez nous c’était le SA).

 On appelle à la grève totale et les gens hurlent oui.

 (Goebbels nous a fait crier et hurler qu’on veut la guerre totale).

On contrôle les médias, (LKP=RFO)

 On interdit de filmer (à Jarry hier).

 On prend le contrôle de toutes activités. Sans autorisation du Comité vous ne pouvez plus travailler.

On fait croire que le mouvement est porté par une large majorité mais quand je parle avec des gens je constate qu’ils disent oui au mouvement par peur, on ferme les rideaux des magasins par peur.

Je ressens un profond malaise, parce que j’ai toujours reproché à la génération de mes parents de ne pas avoir réagi, d’avoir été lâche. (On m’a répondu qu’on ne pouvait pas s’imaginer que ça irait si loin).

Et nous, les parents d’aujourd’hui ? On a peur de manifester dans les rues pour la réouverture des écoles ? Pour la démocratie, pour nos valeurs ?

C’est malheureusement VRAI !

 

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Littératures

PEP’LA SANBLÉ

Edgard FERUS,Poète, conteur de la troupe Kontakaz

 

Théâtre

Pratique théâtrale libre*

Salle Aimé Césaire Lycée Shoelcher

 1- Le premier mercredi de chaque mois , à 16h30 précises, un temps de réflexion sera consacré aux ateliers de pratique artistique théâtre. Les collègues ( des ateliers théâtre) pourront échanger sur les différents aspects de leur travail partenarial, l'avancée du projet, les difficultés rencontrées, les solutions à mettre en œuvre, etc...

Ensuite, ils pourront assister à la projection sur grand écran du DVD d'une pièce de théâtre, choisie parmi les 40 œuvres filmées dont dispose l'ADAPACS. La projection sera suivie d'une discussion. Le but est de proposer des mises en scènes particulièrement intéressantes, et d'enrichir notre culture théâtrale en confrontant nos opinions.

-2- Les autres mercredis, seront consacrés au jeu théâtral sous toutes ses formes, depuis la gamme infiniment riches des exercices dits d' "échauffement" qui portent en germe le geste théâtral, jusqu'au travail sur les situations, sur les personnages, sur les textes que nous aurons décidé d'approcher. Les objectifs pourront ne pas être les mêmes pour tous: lecture, mise en espace, mise en scène. Tout dépendra du nombre des présents, des choix qui seront faits et de la motivation du groupe.

Rendez-vous, donc, mercredi prochain, 14 janvier 2009 à 16h 20, précises, pour que, passé le moment convivial où on se dit " bonjour-comment-ça-va", nous puissions commencer à l'heure. N'oubliez pas de porter ou d'apporter une tenue pratique et souple.

D'ici là, pensez à ce que vous avez envie de faire, apportez des textes, des idées et des rêves, c'est de tout cela que le théâtre d'aujourd'hui se nourrit, et c'est bon pour la santé.

Bien cordialement. Michel Dural, Président de l'ADAPACS
* C'est gratuit!

 
 

A l'affiche

Toutes les annonces de spectacles, conférences, séminaires, casting, etc.
 
9ème Séminaire de l'Ecole des parents et des éducateurs qui aura lieu les 26
et 27 Mars 2009 au CAT de Rivière l'Or à Saint-Joseph.

Sur le thème :
"Intimité et sexualité des adolescents".
 
 
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GROUPE REVOLUTION SOCIALISTE (GRS)

 

UN RENDEZ-VOUS A NE PAS MANQUER !

 

MEETING

DIMANCHE  22 FEVRIER

de 9h30 à midi au Grand Carbet

du parc floral Aimé Césaire

de Fort de France

 

Olivier BESANCENOT

Du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)

Alex LOLLIA

 Dirigeant de la Centrale des travailleurs unifiée (CTU) et membre de Lyannaj Kont Pwofitasyon

Philippe PIERRE-CHARLES

 George ARNAULD

Militante féministe

 

 Et la participation de Michel MONROSE

Président du Collectif du 5 février

LECTURE DE MESSAGES

 

En raison de la nécessité pour la ville de sécuriser le centre- ville  accueillant les carnavaliers du dimanche gras,

la réunion sera impérativement terminée à Midi.

VENEZ NOMBREUX, NOMBREUSES

 ET A L’HEURE !

 
 

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bilan de grèves

par François Cuvillier

 Certes, les voleurs en cravate qui font des profits honteux sur le dos de leurs semblables qu’ils méprisent, méritent notre contestation déterminée, légitime et loyale. Mais la surenchère des revendications nous décrédibilise, ainsi que les dérives à connotation ethnique.

 Après tout, dans une planète en crise où la plupart des hommes vivent moins bien que nous, pouvons nous espérer obtenir des avantages qui nous permettraient de continuer à consommer frénétiquement, dans nos arrogants 4x4 climés, avec notre « bling bling » ?

 Peut-on cracher sur ceux à qui l’on demande l’aumône, par des paroles de division quand nous avons besoin de solidarité, quand les comportements voraces et prédateurs se manifestent sous toutes les couleurs de peau ?

 Finalement, nos orgueilleuses démonstrations de force ne fatiguent que nous-mêmes, et nous pourrions laisser les gérémiades de victimes et nous prendre vraiment en main : n’est ce pas la société de consommation qu’il appartient à chacun de boycotter ? en nous concentrant sur nos besoins réels, ne serions-nous pas moins malheureux, et riches d’une indépendance paisible ?

 Ce qui a fait l’efficacité de Césaire, c’est sa véracité ; l’impact de Gandhi, ses actes purs, Luther King transforma le monde par des paroles bienveillantes, Mandela eut le courage assumé du sacrifice, tandis que le modèle populiste du poing levé, vociférant, plonge les peuples dans les dérèglements guidés par une colère aveugle plutôt que des valeurs fondatrices de civilisation.

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Indignation sélective?

par André Marie-Rose

  En réponse à M. Letchimy, C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai pris connaissance de l’article de M. Letchimy dans France-Antilles du 10 février 2009 concernant les propos consternants de M. Alain Huygues-Despointes sur Canal+ le 5 février 2009. On ne peut que souscrire à l’analyse du maire de Fort de France et s’associer à sa condamnation sans réserve. Par contre, quand M. Letchimy parle d’absence de réaction, on doit lui rappeler que les propos de M. Alain Huygues-Despointes font l’objet d’une instruction par le Procureur de la République et que les condamnations dans la société civile sont unanimes, jusque dans la communauté békée. Le ministre Y. Jego les a aussi condamnés. Par ailleurs, lorsque que le maire de Fort de France fait le parallèle avec des propos identiques qui auraient pu être tenus à propos de la Shoah, on ne peut que s’étonner de ce rapprochement qui, une fois de plus, tente d’opposer les mémoires. De plus, il faut rappeler que lorsque M. Dieudonné, il y a quelques semaines, a fait remettre par un sbire habillé en tenue de déporté une récompense à M. Faurisson, négationniste célèbre, M. Letchimy n’a pas réagi. De la même manière, M. Letchimy n’a pas réagi à la banderole de la honte placée en août 2008 à l’entrée de Saint Anne. Il n’a pas réagi aux propos racistes des dirigeants de l’Assaupamar lors de leurs coups de force de Déser en 2007 (France-Antilles du 7 mai 2007) et Tartane en 2005 (France-Antilles du 29 mars 2005). Il n’a pas réagi au vote consternant du Conseil général le 30 janvier 2007 à propos de la création d’un observatoire de l’immigration qui assimile les métropolitains à des immigrés en Martinique et aux paroles stupéfiantes tenues ce jour là par les conseillers généraux dans l'hémicycle. Il n’a pas réagi lors des propos antisémites de Raphael Confiant en décembre 2006 (les innommables). Régulièrement sur KMT ou dans "Le Naif" sont tenus des propos racistes, il ne réagit pas. Dénoncer le racisme chez l’autre est fort louable. Mais pour être crédible, il faut aussi le dénoncer chez soi.

 André Marie-Rose Schoelcher

 

 

Le Moule, berceau de la canne à sucre et symbole de la Guadeloupe en grève

   Il y avait Justinien, Serdot, Dernon, et puis une femme enceinte, Marignan Dulac, qui se trouvait au mauvais endroit, ce jeudi 14 février 1952. Les CRS avaient tiré à vue dans les rues du Moule, faisant quatre morts et quatorze blessés, après trois mois et demi de grève des ouvriers de la canne à sucre. Le massacre de la Saint-Valentin, disent les Guadeloupéens.
Samedi 14 février, une manifestation organisée par le LKP, le Collectif contre l'exploitation, doit rassembler plusieurs milliers de personnes au Moule, in memoriam. 

Au 25e jour de grève en Guadeloupe, ce samedi, la canne n'est pas coupée. L'immense usine Gardel, près du Moule, 16 000 m2 de bâtiments, 32 hectares, est une usine fantôme. C'est la seule qui reste sur l'île, pour traiter les 12 000 tonnes de canne. En 1952, on en comptait encore seize, à Petit-Bourg, Capesterre, Comté, Beauport, Bonne Mère... - là où la grève avait commencé, en novembre 1951. Les ouvriers réclamaient une augmentation du prix de la journée de travail afin que leurs salaires soient alignés sur ceux des Français. Forts de la loi du 16 mars 1946 qui assimilait les colonies à des départements, ils avaient cessé le travail. Au fil des semaines, le mouvement s'était étendu aux petits colons et aux planteurs, exigeant un meilleur prix de la canne à la tonne. "Voilà la combinaison qui avait mis le feu dans les champs", résume l'historien Raymond Gama.

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Franchement, j'en ai marre....

par  Franck Wan-Ajouhu

   J'ai regardé l'émission... Franchement, j'en ai marre de ces    journalistes métros qui débarquent avec leurs idées pré conçues et    tirent de grandes conclusions sur l'"Apartheid" martiniquais.

     La seule chose choquante, à mon avis, ce sont les propos du père    Despointes sur la "race pure". Mais comment accorder du crédit à un    type qui nous explique, en même temps qu'il parle de race pure, de    "colons tous issus de Jacques Assier". On parle plus de    consanguinité dans ces cas, non ?

   Et pourquoi, notre bon petit journaliste métro dans son reportage    sur les békés ne nous parle pas du béké Roger de Jaham qui a créé    une association "Tous Créoles" ?

     Ce même journaliste devrait faire un reportage sur les grandes    familles "hexagonales", l'aristocratie. Je pense qu'on a le même    type de répartition : 1% de la population française doit posséder    plus de 50% du foncier et une grande partie de l'économie. Je ne    connais pas un pays ou la majorité de la population possède la    majorité des richesses. Et ce quelque soit l'ancienneté de la    civilisation.

   Il y a eu une tentative d'inversion du cours des choses : l'URSS.    Les possédants ont été dépossédés, et les nouveaux possédants ont    tous possédés sans partager leurs nouvelles possessions. C'est une    description caricaturale certes, mais pas si loin de la réalité.

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J’ai peur !

(Lettre ouverte aux miens)

par Nicole Cage-Florentiny

    Oui, je tremble de peur ! Une peur qui me prend aux tripes et m’enlève le sommeil, me tient collée au poste de radio quand l’absence d’essence me garde clouée chez moi et m’empêche d’être là, au cœur de l’action, auprès de mes camarades et de mon peuple debout. Mon peuple debout et surpris de l’être, surpris de sa propre force, de son propre pouvoir, de sa propre combativité, mon peuple interloqué, étourdi, estèbekwè de lui-même, incrédule encore : « C’est nous, ça, ce magma, cette déferlante, marchant sans faiblir sous le soleil ardent, avalant les kilomètres, du Boulevard Général de Gaulle à Dillon ? C’est nous, dépassant la peur du manque et l’angoisse par anticipation à l’idée de nos fiches de salaire douloureusement légères ? C’est bien nous, chaque jour, tous les jours, 10, 20000 dans les rues de Foyal et des communes ? »

C’est nous, oui, c’est bien nous, au mitan de ce moment historique, inédit, nous, entrant dans l’Histoire, la nôtre bon sang !

Nous, qui n’avons pas le droit de passer à côté de cette page d’Histoire nôtre, nous qui n’avons pas le droit de la ternir, cette page, d’en diluer l’encre dans nos petitesses et nos luttes intestines. Nous, qui n’avons pas le droit de permettre aux Jego, Sarkozy et autres békés de se gausser de ce qu’ils tentent de réduire à un « jeu de rôles » un carnaval avant le carnaval.

Nous n’avons pas le droit de perdre la face, nous n’avons pas droit à l’échec.

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Soyons!

par Manuel Césaire
 

 Tant d’années, de décennies, de siècles à nous faire comprendre que nous n’étions capables d’œuvrer, de bâtir, d’agir ou de réagir !

Tant de ruses, de stratagèmes aux allures dogmatiques pour nous faire avaler, puis digérer notre incapacité dite naturelle à nous construire tel un peuple, à édifier, à progresser.

Détruire tout sentiment, voire aspiration nationaliste, car bien trop dangereux et entretenir une docilité pigmentée de soubresauts perclus et accommodants.

Diluer tout lien avec l’Afrique car nous aurions pu alors nous revendiquer d’un continent qui a fait l’Humanité.

Brouiller toute recherche qui aurait pu nous conduire à la civilisation éthiopienne, seule nation à avoir conservé sa souveraineté pendant le démembrement de l’Afrique au XIXe siècle, ou effacer toute trace nègre de l’histoire de la brillante civilisation égyptienne.

Les appareils colonisateurs ont très tôt cerné les dangers encourus de permettre aux colonisés d’être conscients de leurs racines, de leur histoire.

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Violences des jeunes

par George Huyghes des Etages, psychologue  

 

  La genèse de la violence des jeunes  réside peut-être dans cette lucidité nouvelle (et douloureuse dans son impuissance à influer sur la réalité) de cette génération, largement informée par les media des « affaires », des abus et exactions commis par certains adultes détenteurs du pouvoir, de l’autorité, de la notoriété. Les jeunes rejettent cette morale qui est transgressée par ceux mêmes qui la professent : ils refusent de respecter les règles d’un jeu dont ils savent que les dés sont à l’avance pipés, d être comme leurs parents, exploités, dominés, spoliés, bernés, des « laissés pour compte » , des «  damnés de la terre », des oubliés sur les chemins d’une histoire déjà falsifiée. Ils n’aperçoivent aucune lueur d’espoir dans ces sociétés modernes sans amour ni scrupules, ou règnent la cupidité, le vice et la « malpwopté », où comme leur tonton DAVID le leur martelait  : « j’en suis sûr, on nous prend pour des cons ». Ils croient trouver dans l’exemple de la réussite de certains aînés hors-la-loi, la clé qui changera leur destin. Et, en vérité, quelle alternative leur propose-t-on ? Quelle compensation à leur bonne tenue, quelles récompenses pour leurs mérites ?

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Sociologie culturelle

Guadeloupe, Martinique, des sociétés marquées du sceau du déclassement

par André Lucrèce

« Je crois que la douceur spirituelle et le désintéressement

l’emporteront sur la gloutonnerie crasse d’aujourd’hui. »

Jack London

  Il est parfois cruel, mais non moins salutaire, de dire ce qui est au fondement du mouvement social actuel qui se vit, aussi bien en Guadeloupe qu’en Martinique, à la fois comme révolte et délivrance : le fait de sociétés marquées du sceau du déclassement.

Inutile le regard sur le quotidien qui mène à l’autoflagellation, stérile aussi la plainte qui n’a jamais attendri les puissants, insuffisante les solutions conçues comme uniquement techniques, certainement plus féconde la lucidité qui débusque les ressorts de ces sociétés traversées par les tentatives de toutes sortes de minoration de leur peuple, de sa créativité, voir de son génie.

En Guadeloupe comme en Martinique, voici donc ces peuples se tenant, chacun à sa manière, au principe même de la vie, enracinés dans leur révolte. Ils sentent bien, à chaque passage des portiques, à l’aéroport, au supermarché, à l’embauche dans les entreprises, jusque dans les services publics, qu’il y a quelque chose comme une minoration et une tentative de déclassement. Ils flairent bien aussi que tout cela tend vers l’inconciliable.

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Drôle de carnaval aux Antilles

par Marie-Andrée Ciprut

  En place de brûler «Vaval» cette année, les Antilles ont enflammé barrages et voitures afin de montrer leur mécontentement par une grève générale de plus d’un mois pour protester contre la vie chère.

Mme Jacqueline Marullaz1 affirme que : « soutenir ces départements d’Outre-mer est un effort très coûteux pour l’ensemble des contribuables français ». Imagine-t-elle que les Domiens ne paient point d’impôt ? Ignore-t-elle qu’une partie de leurs « subventions » vont aux fonctionnaires métropolitains et français qui y séjournent à titres divers, dont les traitements sont ajustés au coût de la vie locale à hauteur de 40% ? Sait-elle quelle partie de ces « coûts » garnit les poches des descendants de colons monopolisant l’import-export et le commerce de détail ? A-t-elle une idée les dégâts causés à l’agriculture vivrière, la pêche locale, et les sols antillais par le chlordécone, la monoculture polluante de la canne à sucre et de la banane, au seul profit de la métropole et de ses relais commerciaux insulaires ? Doit-on lui rappeler que les Antilles sont des départements depuis 1946, et que l’effort financier du gouvernement, proportionné aux besoins spécifiques de chacun, devrait obéir aux mêmes règles que pour la Seine, la Corse ou n’importe quel autre des 96 départements français de la Métropole, plus les 4 d’outre-mer ? Pourquoi ne voir dans ces îles que les plages paradisiaques et le ti-punch, en oubliant leur taux de chômage d’environ 25%, leurs salaires plus bas, la vie plus chère (entre fin 2007 et fin 2008, le prix du kilo de riz s'est accru de 25% en Guadeloupe, 42% en Martinique et 30% en Guyane, alors que le SMIC ne s'accroissait que de 3% dans ces trois territoires)2 ?

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Guadeloupe : Taubira dénonce l'«apartheid»

Le 20 février 2009 - La députée de Guyane était l'invitée de l'émission «Parlons Net !» sur France Info, le premier club de la presse Internet dont Le Figaro.fr est partenaire. Elle fustige le «mépris» de l'Etat à l'encontre de l'outre-mer.

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C'est l'ère du soupçon en Guadeloupe.
L'île aux désespérés


 Après plus d'un mois de crise plus personne ne fait confiance à personne. Ni à Nicolas Sarkozy ni aux élus de l'île. A force de jouer le pourrissement, le gouvernement prend le risque de libérer une violence brute qui a déjà fait un mort : le syndicaliste Jacques Bino

C'est une mort embarrassante, parce qu'elle bouscule tous les schémas politiques, une mort inutile après un mois de «révolution tranquille» qui ne pouvait déboucher que sur des négociations, une mort absurde, à laquelle chacun essaie désespérément de trouver un sens. Pour ne pas pleurer un mort pour rien. Il est un peu plus de minuit ce mardi 17 février à Pointe-à-Pitre. Jacques Bino raccompagne un ami chez lui, dans la cité Henri-IV, une barre d'immeubles en plein centre-ville, ghetto social aux limites invisibles, à quelques mètres du grand boulevard Légitimus. A l'entrée, un porche aux allures de poste-frontière, des poubelles crevées, des restes de ferraille brûlée, noircie, et des appartements construits dans les années 1950, en béton, gris et décatis. Certains sont aveugles, barrés d'un écriteau, «Appartement désactivé», en attente de réhabilitation. L'endroit respire l'abandon, la misère, le concentré d'exclusion. Sur le sol traînent encore quelques douilles de cartouches de chasse en plastique rouge. Jacques Bino habite Petit-Canal mais il connaît bien ce quartier. Il est syndicaliste, membre du LKP et adhérent d'Akiyo, une organisation culturelle guadeloupéenne. L'homme est connu, calme, apprécié et il rentre d'un meeting du LKP au Palais de la Mutualité, à 400 mètres à peine de la cité. En arrivant sous le porche, sa voiture bute contre un barrage tenu par les jeunes du quartier. Rien d'anormal.

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   Brèves du SNES Martinique                      Jeudi 26 février. 2009

27ème jour de grève

 

Situation générale

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Nous avons reçu un appel d’un collectif estudiantin à la recherche de professeurs pour aider les élèves de collège à passer leur brevet. Pour l’heure ils sont en attente de locaux et nous vous tiendrons au courant.

Nous avons pensé aussi que vous ne receviez plus de presse nationale US et que vous n’êtes donc pas au courant de ce qui se passe. Nous tâcherons de vous faire un récapitulatif ce week-end.

Des nouvelles du collectif et de l’action

La commission éducation du collectif se réunit vendredi après midi à la Région. Nos camarades du SE – sans doute gênés aux entournures – déclarent éhontément que le SNES s’est retiré du collectif pour justifier son absence[1]. On notera aussi la prédiction selon laquelle les points actés seraient remis en cause par la rectrice: nous avions bien dit  dans nos brèves SNES d’ hier – reçues par vous ce mercredi des cendres –qu’ils n’avaient rien obtenu. Pour s’exonérer d’effets d’annonce fallacieux, il faut faire un procès d’intention. Tout ceci est petit et souille notre travail pour l’emploi, la relance de l’économie de l’île et le pouvoir d’achat, alors même que le pays souffre. Plus grave, le comportement agressif – est-ce pour mieux menacer les autorités rectorales que la commission se tient à la Région ? – témoigne d’une volonté de passer en force au mépris de toute démocratie. Comment demain revendiquer une prise en compte des urnes lorsqu’on bafoue les urnes quand cela vous arrange ? C’est une fois encore tout le syndicalisme qui se retrouvera affaibli au moment où Sarkozy cherche déjà à tuer le paritarisme ! Face aux réactions de nos collègues quant aux demandes du SE, nous envisageons une adresse à la presse.

Il faudra bien un jour qu’on aborde, au SNES, et pour avancer en matière de culture syndicale, une réflexion sur l’action, ses modalités, sur les fins des mouvements sociaux et des grèves.

On s’organise au SNES pour les syndiqués, les usagers et les personnels

La situation ne semblant pas s'améliorer, le SNES Martinique met tout en œuvre par ses modestes moyens et les outils du web disponibles pour tenter de vous faciliter les choses. Ainsi il veut tenter l'expérience de mettre en relation les professeurs et élèves. Il met également à votre disposition un salon de discussion, pour vous permettre d'échanger les bons plans ou les infos de vie pratique dont vous disposez. Enfin, le SNES n'oublie pas la saignée des postes que nous aurons à subir et cela dans un contexte futur que nous savons déjà peu propice à la mobilisation. Nous vous fournirons toutes les pistes règlementaires et juridiques pour empêcher le démantèlement de vos établissements…Nous aurons pain sur la planche !                                                                .                                                                      

Mettre en relation professeurs et élèves (http://www.martinique.snes.edu/forum/viewtopic.php?f=22&t=54) :

Le SNES propose de tenter l'expérience de mettre en relation les professeurs volontaires et les élèves en cette période de crise.
Les échanges se feront selon les préférences de chacun (Courriel, tableau blanc partagé (skype, centra) ou tout autre moyen), voir à ce sujet la page des outils : http://www.martinique.snes.edu/forum/viewtopic.php?f=22&t=53

Pour les professeurs :
Envoyer un message sur le forum désigné. L'administrateur mettra à jour le premier message pour regrouper les professeurs disponibles. Merci de préciser les niveaux que vous pouvez traiter.

Pour les parents :
Selon le niveau et la discipline concernée, ils envoient un message privé ou un mail au professeur. Ils attendent 24h minimum pour relancer ce professeur ou un autre professeur. Tout abus verra le parent écarté du forum.


Le salon de thé du SNEs Martinique (http://www.martinique.snes.edu/salon/ ) :

Le SNES vous propose un salon de discussion où l'on peut parler en direct de tout et de rien, et se filer des coups de main....

[...]

 

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« Les Békés sont prisonniers de cette histoire… »

Interview de Romain Bolzinger, réalisateur des Derniers maîtres de la Martinique


 Qu’avez-vous présenté aux Békés comme projet pour qu’ils vous ouvrent ainsi leurs portes ?
Ça ne s’est pas passé comme ça. On voulait faire un reportage sur la Martinique d’aujourd’hui : son économie, sa société, ses grandes figures. Évidemment pour bien comprendre ce qui se passe sur l’île en 2008, il est nécessaire d’ appréhender ses spécificités historiques très fortes ! Je me suis donc d’abord intéressé aux grands patriarches de la communauté béké. Je suis allé voir Eric de Lucy, grand patron de la banane et directeur général du groupe Bernard-Hayot, et j’ai également rencontré Alain Huyghues-Despointes et bien d’autres personnalités non béké. J’ai bien-sûr dit que j’étais journaliste, je leur ai dit que je faisais un reportage sur l’économie de la Martinique et ses grands acteurs. Et que je voulais faire le portrait de ces personnalités qui jouent un rôle dans l’ économie de l’île. Ils jouent un grand rôle et ne s’en cachent pas. Ils voulaient me montrer qu’ils étaient puissants, ils m’ont emmené à l’Elysée, à Bruxelles au ministère de l’agriculture et de l’outremer, partout où ils défendent leurs intérêts économiques… Je ne suis pas venu les voir en leur disant que je faisais un reportage sur la communauté Béké. J’ai essayé de comprendre d’abord qui ils étaient, comment ils fonctionnaient. Et pour cela, il me fallait du temps. On a établi une relation de confiance, ils m’ont longuement exposé les spécificités de leur communauté, ils savaient donc pertinemment que j’allais en parler.

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"La Martinique est en train de se transformer en poudrière"

  Depuis la nuit du mardi 24 février, la tension est encore montée d'un cran en Martinique : pillages de boutiques, barrages en flammes, une trentaine d'interpellations par la gendarmerie, le carnaval annulé par crainte de voir la fête dégénérer... Les Martiniquais contactés par LeMonde.fr ont le sentiment que ces violences auraient pu être évitées, "si on n'avait pas laissé pourrir la situation".

"Pas de quoi s'étonner", estime Thierry Mabouia, 37 ans, chef d'entreprise à Fort-de-France. "Tout le monde s'attendait à ce que la situation dégénère, on se demandait seulement quand ça allait arriver. Bien sûr, tous ces actes de délinquance, menés par des petits de 14 ans entraînés par des plus grands, sont condamnés par la population. Tout le monde est contre ici !" Le jeune Martiniquais est néanmoins conscient que la situation ne pouvait pas évoluer autrement, avec le peu d'avancées dans le dialogue social. "Toutes les négociations trainent en longueur, les gens ne peuvent plus circuler à cause des barrages et de la pénurie de carburant, les esprits s'échauffent. Ces jeunes sont issus de classes sociales très défavorisées, ils profitent du climat de désarroi pour voler ce qu'ils peuvent. On n'avait jamais vu ça, du moins pas à ce point, même si le ras-le-bol général a déjà conduit des jeunes à piller des enseignes l'année dernière." Pour Thierry, il est important de ne pas faire d'amalgame. "Ces jeunes sont désœuvrés, ils n'ont pas d'autres options pour survivre, et ce n'est en aucun cas une violence raciale qui est en train de s'installer. Il s'agit d'un ras-le-bol économique. Bien sûr, certains incitent à la haine contre les "békés", mais la véritable motivation de tout ce combat, même s'il dégénère parfois, est la lutte contre les profiteurs".

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   Brigitte Girardin, ancienne ministre de l'outre-mer sous Jacques Chirac, reproche au gouvernement d'avoir diminué les dispositifs en faveur de l'emploi et de l'investissement au début de la crise économique.

La crise en Guadeloupe pouvait-elle être anticipée ?

Brigitte Girardin : Bien sûr ! Lors de mon voyage aux Antilles en octobre, j'avais tiré la sonnette d'alarme sur le risque d'une double peine infligée à l'outre-mer : d'un côté, la crise, dont on savait qu'elle allait frapper beaucoup plus violemment ces économies, plus fragiles, et qui est d'abord une crise de confiance ; de l'autre, l'interruption brutale de la loi de 2003, alors qu'elle avait été prévue pour quinze ans, ce qui a eu pour effet de briser la confiance. Cette loi, qui n'était pas du tout une loi d'assistanat, favorisait le développement endogène, en soutenant l'investissement, l'emploi et la production locale. 

 

Or, le budget 2009 a plafonné les défiscalisations mises en place, pourtant ciblées et contrôlées. Alors que le président parle de relance par l'investissement face à la crise, j'ai le sentiment qu'on a fait vraiment l'inverse en outre-mer. Le budget a aussi réduit de 150 millions d'euros les exonérations de charges sociales pour les entreprises. Alors qu'on voit bien que celles-ci sont au cœur du blocage des négociations actuelles. Enfin, le projet de loi Jégo prévoyait de mettre fin à la défiscalisation sur le logement libre et intermédiaire, pour la limiter au logement social. Tous les programmes de BTP s'étaient alors arrêtés aux Antilles... On a donc envoyé les plus mauvais signaux au plus mauvais moment. J'avais prévenu que faire des économies sur l'outre-mer pouvait coûter très cher. Malheureusement, cela se confirme aujourd'hui.

Le gouvernement a-t-il trop tardé à réagir ?

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Une approche anthropologique du contexte de la révolte

 par Henry Petitjean Roget 

Dpl. VI° section Sciences Economiques et Sociales
 EHSS Paris.,Docteur en Préhistoire

 

 La chanson de Jocelyne Labille : " Je n'ai pas demandé mes dents blanches, mon nez plat, mes cheveux crépus…." remporte en ce moment un succès incroyable. Cette reprise permanente sur les radios de cette chanson devrait nous amener à nous poser des questions sur les causes de ce succès.

En repartant assez loin en arrière dans le temps, on peut tenter de dégager les raisons profondes de l'adéquation entre une révolte populaire en cours - qui s'exprime par une grève générale dure et digne jusqu’à maintenant - et la chanson d'une artiste jusque là peu connue du grand public. Nous savons par expérience, et toute personne qui occupe des responsabilités le sait bien, dans le cas de la moindre négociation, que nous vivons dans une société dont les mots qu’utilisent ses membres ne disent pas ce qu'ils semblent exprimer.

L'exprimé se situe presque à chaque fois dans le registre du non-dit et pourtant du bien compris. Les échanges verbaux dans un contexte conflictuel ou de simple opposition hiérarchique, se produisent de façon croisée. On ne répond pas à ce qui est dit. On répond à ce qui est supposé avoir être signifié. ".

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MANIFESTE

pour les “produits” de haute nécessité

Martinique Guadeloupe Guyane Réunion

Ernest BRELEUR

Patrick CHAMOISEAU

Serge DOMI

Gérard DELVER

Edouard GLISSANT

Guillaume PIGEARD DE GURBERT

Olivier PORTECOP

Olivier PULVAR

Jean-Claude WILLIAM

   C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion.

Aucune de nos revendications n'est illégitime.

Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte.

Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications.

Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle - à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

MANIFESTE

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Evangéliser ce n’est pas civiliser.

Cinq siècles de malentendus au sujet de l’Eglise catholique

 par Nathalie Zonzon–Quitman, Professeur agrégé d’histoire, Docteur en Histoire médiévale (E.H.E.S.S-Paris).

   Depuis quelques années (2005) circule sur Internet et dans un certaine presse l’idée d’un racisme historique de la papauté. Genèse et conséquences de ces malentendus.

A lire certains documents, il y aurait un complot de la papauté orchestré spécialement contre les Noirs. Le site Africamaat et plusieurs autres qui se donnent une couverture historique sans analyse réelle des sources et de leur contexte avancent des propos, qui par leur violence, marquent les esprits. Le titre est le suivant: « le jour où le Vatican décida d’exterminer la race noire ! ». Les développements mélange d’anachronismes et d’incohérences disent en substance : « en 1454, le Vatican mit en œuvre un plan diabolique pour exterminer la race noire de la surface de l’Afrique à travers une bulle papale ». Il est aussi question d’appel « à la guerre sainte contre les Nègres ». La traduction de l’extrait de bulle fait dire au pape : « Nous avions jadis, par de précédentes lettres, concédé au Roi Alphonse, entre autres choses, la faculté pleine et entière d’attaquer, de conquérir, de vaincre, de réduire et de soumettre tous les sarrasins (c.-à-d. les Nègres : rajouté par les auteurs du site), païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient (…), de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle ».

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La FSU, le SNES et le SNAC rejetés de la commission éducation

 

  Vendredi 20 février, les camarades du collectif ont refusé d'entendre les propos de la FSU, majoritaire dans le monde de l'Education et du Second degré, notamment du SNES et du SNAC. Il nous a été opposé une fin de non-recevoir, et nous avons découvert que tout avait été verrouillé. Devant les propos du président Monrose qui refusait de considérer que la FSU n'avait jamais quitté le collectif et qu'elle était en droit de présenter ses experts, devant les demandes de quitter la salle de l'UNSA,  les représentants présents de la FSU se sont levés et sont partis.

Le SNES ne peut en effet accepter que sous couvert de lutte contre la vie chère le collectif propose des modifications importantes qui sont de l'ordre de décisions législatives nationales anticipant de fait sur le vote de l'article 74 [et d'une prise en charge locale de l'Education avant l'heure]. Le SNES ne peut accepter que la lutte contre la vie chère serve de prétexte à une manipulation politique qui refuse de s'exprimer comme telle et qu'il en soi complice. Il ne peut accepter d'être écarté alors que les élections l'ont maintenu très largement majoritaire dans la profession et que des organisations syndicales minoritaires prétendent trancher en une journée le sort de tout un secteur de la fonction publique nationale.
 

Bien entendu, une divergence ne signifie nullement que la FSU et ses syndicats ont quitté le collectif. Tout discours en ce sens serait mensonger. Enfin, la FSU entend rester maîtresse de ses mandats : refuser toute discussion ne peut que nuire au mouvement populaire en cours car c'est de l'union de nos forces et de nos esprits que naîtront des propositions proches des préoccupations de la population et aux antipodes de toute idéologie.

Sur le site, vous trouverez :

la plateforme du SNES (http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article228) 

et celle du collectif (http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article227) .

 

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La grève générale en Guadeloupe, une brève lecture sociologique

 par Louis Auguste Joint, Sociologue

Première partie

  Depuis le 20 janvier 2009, la Guadeloupe est bloquée par une grève générale. C’est l’arrêt des activités ordinaires. Mais en même temps, la Guadeloupe est en mouvement. Une mobilisation populaire extraordinaire remet en cause le mauvais fonctionnement de la société et exige les différents acteurs décisionnels à se concerter pour trouver des solutions au problème de la vie chère et de la précarité que confronte la population. Quelles sont les revendications de ce mouvement populaire ? Comment s’y prend-on pour y apporter des réponses ? Au-delà des revendications présentées, que nous révèle ce mouvement populaire ? Nous proposons d’aborder ces questions en faisant une brève lecture sociologique du déroulement des faits au cours de ces trois dernières semaines de grève en Guadeloupe.
Quelques constats
Une grève générale, menée par le Collectif « Lyannaj Kont Pwofitasyon » (KLP, dit Alliance Contre le système de Profits) qui regroupe 52 organisations syndicales, associatives et politiques[i], est déclarée en Guadeloupe. Son objectif principal, c’est de lutter contre la vie chère et d’exiger une baisse du prix des produits, car le prix d’achat des produits en Guadeloupe, département français d’Outre mer,  est trop élevé, en comparaison avec la métropole française. A titre d’exemples, une brosse à dent peut coûter un euro en France et 4 euros en Guadeloupe ; une paire de basket peut coûter 12 euros en France et 89 euros en Guadeloupe. Selon les principes établis, le prix des produits entre la France et la Guadeloupe devrait varier de 10% au maximum, à cause des frais de transport; mais en réalité, il varie entre 30% à 100%, voire plus. Ce sont des exemples scandaleux qui illustrent la gravité de la situation et que le Collectif LKP dénonce et exige une correction.

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Les Blancs créoles de la Martinique

Par Édith Beaudoux-Kovats et Jean Benoist
 


 Parmi les nombreuses ruptures qui caractérisent l'histoire sociale des Antilles, la fin de l'esclavage a été l'une des plus radicales. Ébranlant dans ses fondements la société sur laquelle s'appuyaient la vie économique et l'organisation sociale des îles, elle a remis en cause les relations entre les groupes humains qui participaient à cette société. Cependant, avec un recul d'un siècle et demi, on est frappé de voir combien les conséquences de ce remaniement sont différentes selon les îles. Dans certaines, telle Haïti, l'éclatement s'est accompagné de soubresauts politiques et s'est parachevé dans une indépendance politique et dans la disparition presque totale des structures antérieures, tandis que dans d'autres, à l'opposé, il semble que ce grand bouleversement ait été en quelque sorte amorti, voire annulé et que, par-delà des aménagements qui sont plus les corollaires des changements techniques que de vrais mouvements sociaux, la structure ancienne se soit remise en place. Mais cela s'est fait le plus souvent par-delà une rupture dans la continuité des groupes humains en présence, et ce sont rarement les descendants des anciens planteurs de l'époque esclavagiste qui détiennent de nos jours le pouvoir économique ; la place qu'ils avaient perdue au XIXe siècle a été occupée par d'autres, venus avec des capitaux extérieurs devant lesquels ils ont dû s'incliner, tandis que leur main-d'œuvre, malgré diverses contraintes légales destinées à la stabiliser, a connu elle aussi un certain renouvellement.
 

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Economie politique

 "Que voit le Guadeloupéen après soixante années de départementalisation ?, interroge Patrick Karam, le délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer. Des prix plus élevés que dans l'Hexagone, un revenu par habitant très inférieur à la moyenne nationale, des enfants surdiplômés au chômage, et des métropolitains qui occupent les postes de cadres."

Une partie des maux de l'outre-mer est ainsi résumée. Il omet cependant d'en analyser les racines : ce que le romancier martiniquais Patrick Chamoiseau appelle "cette tutelle coloniale qui nous maintient dans l'irresponsabilité et la dépendance". Pour Christiane Taubira, députée (divers gauche) de la Guyane, la situation en Guadeloupe "frôle l'apartheid social". Elle met en cause "une caste qui détient le pouvoir économique et en abuse"

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La politique Sarkozy : de l’équité à la panique

Par Michel Herland, professeur à l'UAG

 Le succès de Nicolas Sarkozy aux dernières élections présidentielles s’explique avant tout parce qu’il a réussi à convaincre un bon nombre d’électeurs que lui seul était capable de réaliser les réformes trop longtemps différées à leurs yeux : retraites, marché du travail, éducation en particulier. Il a ainsi réussi à retenir un nombre suffisant d’électeurs fluctuants, déçus par les années Chirac, mais qui n’ont pas pour autant rallié Ségolène Royal dont les propositions réformatrices n’étaient pas suffisamment convaincantes. Pour la même raison, il a pu attirer à lui certains électeurs habituels de gauche.

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Littératures

 

Musiques

altermusica

Le rendez-vous des musiques du monde.

  C'est le « peu de conscience de la mondialisation culturelle et la sous- représentation des musiques du monde au niveau médiatique » qui a poussé Ophélie Cohen, la toute jeune fondatrice et directrice d'Altermusica, à créer, en octobre 2005, cette web-radio associative. Son objectif ; valoriser les musiques et les cultures du monde, idée plutôt ingénieuse dans un secteur aussi actif Bilan: plus de trois cents émissions et des reportages photo en ligne nourris d'une insatiable volonté d'ouverture à l'autre, de compréhension et de connaissance.

Outre ces chaleureux voyages musicaux hors de nos frontières, Altermusica communique des dates de concerts et de festivals, des playlists, des rediffusions de concerts. En parallèle, l'équipe vient de sortir le magazine papier Alia (premier numéro paru en avril dernier), consacré à la vie culturelle alternative dans toute l'Île-de-France, et diffusé gratuitement à 15 000 exemplaires par mois_ Équitable..

CAROLE ALTER pour Télérama
 

 

A l'affiche

MUSEE DAPPER : un espace d'arts et de cultures pour l'Afrique, les Caraïbes et leurs diasporas

 

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IMAGIN'Art
 

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GROUPE REVOLUTION SOCIALISTE (G.R.S)

 

 

DE LA GREVE GENERALE, AU MOUVEMENT POPULAIRE POUR LA TRANSFORMATION SOCIALE

 

La grève générale lancée le 5 février par l’intersyndicale a pris immédiatement, par son ampleur et par sa reconduction, une dimension politique de remise en cause de l’injustice, de l’exploitation, de l’oppression existant dans la société.

Il faut tirer de ce constat des conséquences concrètes, pratiques.

Le GRS, dont les militantes et militants se battent quotidiennement depuis des décennies pour que le peuple se mette debout comme il le fait aujourd’hui, propose trois choses :

 

1-   Garder le cap des revendications du mouvement tout en les adaptant au rapport de forces, au déroulement de la négociation, à la situation au 18ème jour de la grève.

C’est une question évidente de respect des objectifs du mouvement : arracher la baisse des prix sur le maximum de produits nécessaires à la satisfaction des besoins du plus grand nombre, gagner une augmentation significative des revenus (salaires, pensions, minima sociaux) des masses populaires et d’abord des plus défavorisés.

Cette revendication doit être gagnée contre les capitalistes et contre l’Etat.

 

2-   Imposer une nouvelle donne politique.

Le mouvement populaire est une puissante interpellation de tous les programmes politiques officiels. La lutte doit servir à tout remettre à plat.

Le peuple a pris la parole, mais ce n’est qu’un petit début. Beaucoup de plans ont été faits « pour lui », mais pas par lui, ni même avec lui.

Une nouvelle mystification est annoncée : les états généraux de Sarkozy. L’urgence, ce sont les états généraux du peuple, de ses organisations authentiques, sans la tutelle des forces économiques dominantes (békés et autres), sans le parrainage paternaliste de quiconque.

C’est aux organisations ouvrières et populaires de mettre en œuvre une telle perspective, qui ne sera que la traduction politique du soulèvement social d’aujourd’hui. Donner un tel prolongement à l’action revendicative de milliers  et de milliers de gens du peuple, c’est être fidèle à l’esprit de ce qui se passe en ce moment.

 

3-   Poser les bases d’un nouveau parti des forces anticolonialistes, anticapitalistes, féministes, écologistes, internationalistes, démocratiques, qui veulent vraiment agir pour une transformation radicale de la société.

Ce parti doit naître de la rencontre, de la fusion de toutes celles et de tous ceux qui, même sans avoir les mêmes origines et traditions idéologiques, partagent de solides valeurs communes (indiquées plus haut) et sont d’accord sur les grandes tâches à accomplir dans la nouvelle période qui s’ouvre.

Oui, nous sommes candidats à la construction, avec celles et ceux qui le veulent, de cet indispensable instrument politique.

 

Direction du Groupe Révolution Socialiste  Fort de France le 26 février 2009