LA GREVE GENERALE EN GUADELOUPE,
UNE BREVE LECTURE SOCIOLOGIQUE
Troisième partie
Depuis le 20 janvier
2009, une grève générale, animée par le
collectif « Lit Kont Pwofitasyon »
(LKP) composé de 49 organisations,
paralyse l’ensemble des activités
socioéconomiques, culturelles et
politiques de la Guadeloupe. Dans la
première et la deuxième parties de cette
« brève lecture sociologique de la grève
générale en Guadeloupe », j’ai déjà
partagé avec vous certaines de mes
observations et réflexions sur le
déroulement de la grève. Je précise que
mon propos n’est pas une lecture
détaillée des différents événements qui
se défilent à travers ce vaste mouvement
populaire, lequel met en branle toute la
société guadeloupéenne. Je propose
seulement de donner un résumé de
l’ensemble des événements, en relevant
les faits les plus marquants à mes yeux
et mes oreilles. C’est le témoignage
d’un observateur qui vit de près les
événements et qui les regarde avec un
œil critique. La deuxième partie de
notre lecture des faits s’arrêtait au 17
février. Dans cette troisième partie, je
partage avec vous mes observations et
réflexions sur le déroulement de la
grève du 17 au 28 février 2009.
ETAT DES LIEUX APRES SIX SEMAINES DE
GREVE.
A la suite du mauvais
traitement infligé à un responsable du
syndicat CTU (Centrale des travailleurs
unis), Alex Lollia, de l’interpellation
et libération d’une dizaine de grévistes
à cause des barrages de la voie
publique, la tension est montée d’un
cran. Dans la nuit du 16 au 17 février,
il y a eu une nouvelle flambée de
violence avec des barrages sauvages
dressés partout. Certains observateurs
qualifient cela à une situation
d’insurrection ou de « guerrilla »
urbaine. Cette nuit là, une quarantaine
de jeunes casseurs ont été interpellés
par la police. Le mardi 17, tout était
bloqué avec des barrages en flamme dans
les différentes zones stratégiques comme
les entrées de Pointe-à-Pitre, sur la
Nationale N°1 dont Petit-Bourg et
Capesterre B/E, à la Boucan de Ste-Rose,
etc. La ville de Sainte-Rose était comme
assiégée : « des bruits d’explosions
et de tirs de bombes lacrymogènes ont
fusé dans la nuit, éclairée par le seul
faisceau de l’hélicoptère de la
gendarmerie », relate le quotidien
France Antilles. En effet, la situation
est dégénérée et n’est plus contrôlée
par les dirigeants de LKP. Des jeunes en
difficultés sociales se révoltent. Ils
érigent des barrages sauvages,
incendient des immeubles, cassent et
pillent des magasins. Il y a eu 40
interpellations dont un enfant de 11
ans.
Le mercredi 18, c’est la
consternation et le deuil. Jacques Bino,
membre du syndicat CGTG (Centrale
générale des travailleurs de Guadeloupe)
et du groupe culturel AKIYO, contrôleur
aux Impôts, venant d’une réunion de LKP,
est fusillé dans sa voiture, devant un
barrage, à la Cité Henri IV, à
Pointe-à-Pitre. Mort vers deux heures du
matin, les pompiers n’ont pas pu lui
porter secours à cause des barrages. La
même nuit, les jeunes casseurs ont
attaqué le centre commercial Destrelland
de Baie-Mahault qui a été sauvé grâce à
l’intervention du maire de la ville et
d’une trentaine de gendarmes. A cela
s’ajoutent des barrages, des incendies,
des casses et pillages dans différents
endroits de la Guadeloupe. Plus tard, le
ton baisse du côté de LKP en deuil, mais
les jeunes révoltés continuent à opérer.
La Guadeloupe est complètement bloquée
par des barrages érigés partout. C’est
la véritable « île morte » depuis trois
jours. Entre temps, le ministre de
l’intérieur, Michèle Alliot-Marie, a
envoyé en Guadeloupe 280 militaires en
renfort à environ 2000 gendarmes et
policiers déjà sur place depuis quelques
jours. Cet effectif venant de la
métropole complètent les autres
gendarmes et policiers qui gèrent la
sécurité de la Guadeloupe en temps
ordinaire. L’observateur peut avoir
l’impression qu’il vit dans un état de
guerre.
La mort de Jacques Bino
n’a pas empêché les jeunes à continuer
leurs exactions. Dans la nuit du 18 au
19, il y a eu beaucoup d’incendies, de
casses et de pillages dans plusieurs
villes dont Pointe-à-Pitre, Gosier,
Baie-Mahault, Abymes, Ste-Rose,
Capesterre, Trois Rivières, Basse-Terre,
etc. Soit 15 commerces cassés et pillés,
par des bandes organisées, parfois
armées de fusils de chasse, au dire du
proviseur de Pointe-à-Pitre, Jean
–Michel Prêtre. Cette nuit-là, les
casseurs ont attaqué la mairie de la
commune de Sainte-Rose. Alors que le
gros des gendarmes est bloqué aux
barrages, une vingtaine de militaires
est héliportée dans le bourg pour éviter
le pire. A Basse-Terre, les jeunes ont
incendié le réputé restaurant Orangerie,
situé à une centaine de mètres de la
caserne des pompiers. Ceux-ci ne
pouvaient pas intervenir à temps, à
cause des barrages dans le quartier.
Mais, il y a eu moins d’interpellations,
soit 16 contre 40 de la nuit précédente.
La nuit du 19 au 20
février était beaucoup plus calme avec
15 interventions de pompiers contre 40
de la nuit précédente et 3
interpellations contre 16 de la nuit
précédente. Dans la journée, grâce au
nettoyage des forces de l’ordre,
certaines routes redeviennent
praticables malgré les restes des
barrages[i].
Sur les 60 Km entre Pointe-à-Pitre et
Basse-Terre, on pouvait relever une
vingtaine de barrages. Mais à
Sainte-Rose, dans le quartier de la
Boucan, les manifestants font enflammer
un barrage. En tenue de combat :
casqués, matraque à la main, boucliers
en avant, les gendarmes mobiles ont
intervenu. Il y a eu échange entre des
jets de pierres et de bouteille en verre
des jeunes contre le gaz lacrymogène de
la police. Cependant, après quatre nuits
et jours de violence, soldés par un
mort, des blessés et beaucoup de dégâts
matériels, le calme est revenu, la
sagesse a eu raison sur le déchaînement
de la passion.
La mort de Jacques Bino
(47 ans, père d’un enfant de 8 ans) a
suscité de vives réactions. D’abord,
presque tout le monde rend l’Etat
responsable pour n’avoir pas su gérer la
situation en la laissant pourrir et en
se désengageant des négociations.
Ensuite, la répression des forces de
« l’ordre » le 16 février a occasionné
le dérapage des jeunes révoltés. « C’est
la faute du gouvernement qui n’a pas agi
à temps pour une cause juste contre une
situation injuste », soutient un
observateur. Deux jours après, Martine
Aubry, secrétaire général du Parti
socialiste français (PS), réagit : « S’il
s’était passé la même chose en France
métropolitaine, l’Etat aurait déjà
intervenu ». Manière de dire qu’il y
a « deux poids et deux mesures » ou la
discrimination gouvernementale face aux
habitants des DOM (départements
d’outre-mer), considérés comme des
Français de seconde zone. Quant au
collectif LKP, avec 2.000 participants,
elle organise dans l’après midi du 18
février une marche silencieuse sur le
lieu du meurtre, suivie d’un meeting
pour renforcer la mobilisation. A noter
que la cause qui mobilise les grévistes
de LKP et les jeunes révoltés est la
même : il s’agit de réclamer plus de
justice sociale. Mais la logique et les
méthodes employées sont différentes.
Différents acteurs et observateurs
invitent les grévistes LKP à revenir aux
négociations, à des manifestations
pacifiques, à la désobéissance civile, à
la recherche d’un consensus de paix
sociale. C’est une manière implicite de
rendre LKP aussi responsable de la
situation de violence.
Le mouvement populaire
mené par LKP était sous-estimé pendant
les quatre premières semaines. A partir
des événements du 16 au 20 février, il a
soudainement eu une répercussion
nationale, voire internationale. La
Guadeloupe est à la une de tous les
médias français. La communauté
antillaise en métropole française est
estimée à 400.000 personnes, soit l’égal
de la population guadeloupéenne. Pour
soutenir la grève générale en Guadeloupe
et en Martinique, les Antillais en
France hexagonale ont organisé des
manifestations à Paris. Ainsi a eu lieu
la manifestation du 17 février qui
réunit 1000 personnes contre la
répression policière aux grévistes le
jour précédent et celle du 21 février,
convoquée par le comité Continuité de
LKP, qui réunit quelque 10 à 15.000
manifestants dans les rues de Paris.
Entre temps, des politiciens de gauche
comme le député guyanais, Christiane
Taubira, trois représentants du parti
socialiste français, le leader des
paysans français, José Bové, le leader
du nouveau Parti anti-capitaliste,
Olivier Besancenot, et Ségolène Royal,
leader du PS et ancienne candidate à la
présidence, tous ont défilé en
Guadeloupe, puis en Martinique, pour
témoigner leur solidarité au mouvement
populaire conduit d’un côté par le
collectif LKP et de l’autre côté, par le
collectif du « 5 février », date du
début du mouvement en Martinique.
Le dimanche 22 février
2009, c’était le jour de l’hommage d’un
peuple à un homme : Jacques Bino. Malgré
les contraintes de la circulation à
cause du manque d’essence et des
barrages, quelques 5.000 personnes, sous
la direction du collectif LKP, se sont
rassemblées à Petit Canal, petite
commune de 9.000 habitants, pour
célébrer les funérailles de ce gréviste
assassiné le 18 février dans une
circonstance douteuse qui déclenche une
enquête policière. Ce week-end a été un
temps de trêve : pas d’autre
manifestation, pas de barrages, pas de
casses… en attendant que LKP enterre son
mort, Jacques Bino.
Les négociations ont été
reprises le lundi 23 février. Cette
fois-ci pour de bon. A travers les
déclarations et les vœux, on observe une
certaine lassitude et une disposition
des esprits, désormais moins
intransigeants, pour arriver à un accord
sur les 200 euros. A noter que pour la
première fois dans l’histoire du
carnaval, il n’y a pas eu de défilés
traditionnels dans les rues de la
Guadeloupe du dimanche au mardi gras, à
cause du contexte exceptionnel de la
grève. La même décision a été prise en
Martinique qui a connu, comme en
Guadeloupe, trois nuits de grande
violence du 24 au 27 février. Les
protagonistes continuaient à négocier.
Le 26 février, au petit matin, après 11
heures de négociations, ils sont arrivés
à un préaccord sur les 200 euros. Mais,
coup de théâtre… Au cours de la journée,
dans une conférence de presse, le
président du MEDEF de Guadeloupe, Willy
Angèle, déclare avoir été insulté et
menacé par Elie Domota, le porte-parole
de LKP, au cours des négociations de la
nuit précédente. Pour cela, de concert
avec les autres patrons du MEDEF, du
FBTP, du CGPME et de l’UPA, il refuse de
retourner à la table des négociations…
Mais le préaccord est signé par les
autres parties et les petits patrons de
l’UCEG. (voir le point suivant). Ainsi,
dans un climat moins tendu, les
négociations continuent sur les autres
revendications de LKP. Cependant, la
tension sociale baisse, la Guadeloupe
est soulagée, les activités commencent à
se reprendre.
EVOLUTION DES NEGOCIATIONS
Négociation n’est pas
imposition. C’est une démarche de
consensus qui demande à chaque partie de
laisser sa position initiale pour
adhérer à une position commune. D’où la
nécessité des médiateurs ou modérateurs
qui ne sont pas partie prenante pour
faciliter la communication. Dans une
bonne négociation, il y a de la
concession de part et d’autre. Il ne
doit pas y avoir un perdant et un
gagnant. Les diverses parties concernées
doivent se sentir satisfaites de la
décision prise ensemble. Cet état
d’esprit a-t-il été présent dans les
négociations entre le collectif LKP, le
patronat, l’Etat et les collectivités
locales ? On pourrait répondre au
négatif en observant les différentes
attitudes des négociateurs,
particulièrement celles de LKP et du
grand patronat, représenté par le MEDEF.
Devant le blocage des
négociations sur les 200 euros et la
situation sociale qui se dégrade,
diverses personnalités et organisations
interpellent le gouvernement et
sollicitent son intervention pour régler
le conflit social. Samedi 14 février,
trois délégués du PS dont un ancien
ministre d’outre-mer sont arrivés en
Guadeloupe pour observer la situation. A
la suite, le PS demande au gouvernement
de se réengager, de ne pas laisser les
forces sociales dans un face-à-face. Au
dire de ces socialistes, ce qui se passe
en Guadeloupe est le reflet de la
réalité nationale : l’Etat s’est
désengagé depuis 18 mois. Quant à
Patrick Karam, délégué interministériel
d’Outre-mer, il appelle à un
assouplissement de la grève qui aura des
conséquences graves surtout pour les
petites entreprises. Selon lui, il y a
un risque de catastrophe économique. Il
demande de redéfinir le rapport entre la
Guadeloupe et l’Etat français, d’avoir
plus d’égalité entre la Guadeloupe et
les autres départements français. De son
côté, Laurence Parizot, présidente du
MEDEF national, propose au gouvernement
d’organiser des assises pour refonder
les modalités de la société
guadeloupéenne.
Entre temps, après la
réunion du 18 février entre le
gouvernement, le patronat et les
syndicats en France, le président
Sarkozy convoque les élus des DOM à une
réunion à l’Elysée le 19 février sur la
crise dans les DOM, particulièrement en
Guadeloupe. Dans cette réunion, comme
mesure d’urgence pour apaiser les
esprits, le président de l’Etat français
propose provisoirement, et comme prime,
une enveloppe de 580 millions d’euros
pour les quatre DOM dont 150 millions
seraient destinés à LODEOM (Loi du
développement d’outre-mer). Cette
enveloppe vient en complément au budget
du ministère de l’Outre-mer qui s’élève
à 16 millions d’euros. Comme mesure à
moyen terme, le président Sarkozy
propose aussi aux élus de la Guadeloupe
d’organiser une consultation générale,
des états généraux, qu’il viendra
lui-même inaugurer en avril 2009. Etats
généraux sur des thèmes comme le prix
d’achats des produits importés, la
production locale, la relance
économique, le dialogue social et
l’évolution statutaire.
Cette proposition du
président de la République donne du vent
aux voiles des partisans de
l’indépendance ou de l’autonomie de la
Guadeloupe. Quant à Lurel, député
socialiste et président régional de la
Guadeloupe, il propose qu’il y ait en
décembre 2009 un deuxième référendum sur
l’évolution statutaire de la Guadeloupe.
En douce, on marche vers un changement
statutaire de la Guadeloupe. Cela ne
peut être que sortir de la dépendance
actuelle pour évoluer vers une certaine
autonomie sans couper la relation avec
la France. Satisfaite de la rencontre
des élus avec le président Sarkozy, Mme
Lucette Michaux Chévry, Sénateur et
Maire de Basse-Terre, membre de l’UMP
(parti politique de droite du président
Sarkozy), voit le bien fondé de la
grève en disant : « c’est un bon
désordre pour mettre de l’ordre ».
En effet, les grévistes vont obtenir
dans un mois ce que les élus n’ont pas
pu réclamer depuis des années. En fait,
dans les instances décisionnelles,
souvent on ne prend pas au sérieux les
réclamations des élus d’Outre-mer. Dans
l’imaginaire des dirigeants français,
ces élus sont les représentants des
citoyens français de seconde zone. Il y
a donc de la discrimination dans le
traitement des DOM par rapport aux
autres départements français. Cependant,
pour éviter que le mouvement soit
récupéré à des fins politiques, les
représentants de LKP ne se prononcent
pas ouvertement sur la question
statutaire. Dans l’immédiat, ils
réclament la satisfaction de leurs
revendications sur la vie chère et la
hausse des bas salaires.
Sur le terrain, en
Guadeloupe, le 19 février, les
représentants de LKP ont repris les
négociations avec les
socioprofessionnels, négociations
interrompues le 8 février par le départ
fugitif d’Yves Jégo, secrétaire d’Etat
d’Outre-mer. La rencontre du 12 février
avec les médiateurs envoyés par le
Premier ministre n’ont pas permis la
reprise des négociations. En effet, ni
la proposition du patronat d’une prime
trimestrielle de 150 euros sur les bas
salaires, ni l’aide de 100 euros sur les
bas salaires pendant quatre mois, en
attendant une solution définitive,
proposée par les présidents des Conseils
régional et départemental, n’ont obtenu
l’aval du LKP qui exige toujours
l’application du préaccord du 8 février.
Le week-end des 21 et 22 février peut
être considéré comme un moment de trêve,
le temps consacré aux funérailles du
gréviste Jacques Bino. Les mobilisations
des grévistes et les négociations de LKP
et du patronat ont repris le 23 février.
Pour trouver une issue à l’impasse de
200 euros de hausse sur les bas
salaires, les douze experts de chaque
camp ont abouti à un protocole d’accord
qui prévoit une participation de l’Etat
à hauteur de 100 euros issue
d’exonération de charges, pendant trois
ans. Le reste serait comblé à raison de
50 euros par les entreprises et 50 euros
par les collectivités locales : les
Conseils général et régional. Cette
proposition convient à LKP et aux
Conseils régional et départemental. Le
MEDEF, de son côté, semble l’approuver
avec peu d’enthousiasme[ii].
Mais, les représentants de l’Etat
avaient déclaré qu’il n’interviendrait
pas dans le conflit entre les patrons et
les salariés. Alors, le doute demeure.
La réponse de l’Etat n’a
pas tardé. Pour favoriser la sortie du
conflit, le 25 février, il accepte de
contribuer au moins à hauteur de 80
euros issus d’exonération d’une partie
des charges sociales. Mais, avant
d’accepter de signer cet accord, il
semble que les représentants de LKP
réclament le paiement des jours de
grève ; ce que refusent les patrons du
MEDEF. Alors, le ton monte entre les
deux parties. Dans une conférence de
presse du 26 février, Willy Angèle,
président du MEDEF de Guadeloupe,
déclare avoir été insulté et menacé la
veille par Elie Domota, le leader de
LKP. Il refuse de participer aux
négociations du jour et exige des
conditions de respect pour continuer les
négociations. Cette réaction, au dernier
moment après cinq semaines de
négociations, est interprétée par
certains observateurs comme un prétexte
pour ne pas signer les accords consentis
par les autres secteurs
socioprofessionnels. La séance dans la
soirée du 26 février est réalisée
seulement entre les représentants des
petits patrons, ceux de LKP, de la
préfecture, des deux médiateurs envoyés
par le Premier ministre, sans le MEDEF
et d’autres organisations des grands
patrons. A cette rencontre, l’accord est
signé par les autres parties et les
petits patrons de l’UCEG, de l’UMPEG et
des gérants de stations d’essence qui
s’occupent de 15.000 des 45.000 salariés
concernés par cet accord
interprofessionnel[iii].
Selon les médiateurs, dans une
conférence de presse du 1er
mars 2009, une clause de la loi est
prévue pour faire appliquer l’extension
de cet accord par l’ensemble des
entreprises du département. Cet accord
est une sorte de délivrance devant la
situation qui était bloquée depuis le 28
janvier 2009. Entre le 27 et le 28
février, les négociateurs sont déjà
arrivés à un accord sur 130 des 146
points des revendications du collectif
de LKP. Ainsi, on se dirige vers la fin
de la grève. La Guadeloupe est enfin
débloquée. Déjà, le préfet et le recteur
académique de la Guadeloupe ont appelé à
une reprise d’activités à partir du
lundi 2 mars 2009.
QUELQUES REVELATIONS
Observer les faits tels
qu’ils défilent devant nous, c’est une
première approche pour appréhender la
réalité. Interroger ces faits, les
interpréter, nous emmène à découvrir les
faces cachées de la réalité. Ici, je
vous livre une partie de mes réflexions
sur l’observation des faits précités.
La raison d’être du mouvement LKP
Ce mouvement populaire
revendique d’abord la revalorisation du
travail. Il réclame aux patrons de payer
le travail à son juste prix, de procéder
à une meilleure répartition de la
richesse produite par le travail et qui
est inégalement répartie entre
l’entrepreneur (les sociétaires), le
capital (le fonds d’investissement) et
les travailleurs (le salaire et les
charges). Ce mouvement est aussi
l’expression d’un malaise social
caractérisé par le chômage en Guadeloupe
(24% selon l’INSEE, 26.9% selon l’ANPE),
la vie chère, le problème d’identité, la
dépendance et l’inégalité face à la
France hexagonale. C’est l’explosion
d’une crise qui réclame plus de justice
sociale. Se prononçant sur cette crise,
Michèle Alliot-Marie, ministre de la
Défense, des Collectivités et de
l’Outre-mer, soutient : « une crise
est à la fois un défi, un danger et une
opportunité ». En effet, une crise
n’est en soi ni positive, ni négative ;
l’important c’est de savoir comment la
gérer. Depuis six semaines, la crise
sociale en Guadeloupe a explosé. Elle a
permis d’exprimer beaucoup d’émotion, de
mobiliser beaucoup d’énergie. Contrôlée
pendant quatre semaines, cette crise a
connu un débordement à partir d’un
élément catalyseur : l’affrontement des
policiers avec les grévistes. Du 16 au
20 février, cette crise a explosé et a
montré sa face destructrice par la perte
des vies et des dégâts matériels qu’elle
a causés. L’intervention des autorités
nationales et la reprise des
négociations ont permis de ré-canaliser
l’énergie de cette crise. Les dirigeants
de la société guadeloupéenne ont le défi
de savoir accompagner et canaliser le
mouvement social actuel pour qu’il
devienne un puissant moteur pour le
changement social, un porteur de sens
pour un nouveau projet de société[iv].
La construction du collectif LKP, formé
d’une cinquantaine d’organisations qui
représentent une large tranche de la
société civile, est déjà un bon exemple
d’organisation pour mobiliser les forces
de la société au service d’un projet
commun et au-delà des protestations
contre certaines inégalités sociales.
La Guadeloupe est en
crise. C’est peut-être l’occasion de
remettre en cause son mode de
fonctionnement et d’envisager un nouvel
ordre social. En effet, cette grève
générale qui dénonce l’exploitation de
l’homme par l’homme, a ses racines dans
une économie de dépendance où la
consommation des produits importés
l’emporte largement sur la production
locale, où les échanges commerciaux, de
type colonial, sont quasi exclusifs avec
la métropole française. La crise de la
société guadeloupéenne, exprimée à
travers cette longue grève générale qui
a causé des pertes considérables, n’est
pas nécessairement synonyme de
catastrophe humaine. Elle peut être
aussi l’occasion d’une relance sociale,
d’un changement de comportement, d’un
progrès social plus humain. Elle peut
permettre de prendre des moyens pour
guérir les causes du malaise qui existe
dans la société guadeloupéenne.
Une des causes premières
de cette grève est le sentiment
d’injustice sociale, partagé par la
plupart des couches défavorisées face à
leur situation précaire dans une société
de consommation. Cette mobilisation a
pris une grande ampleur parce qu’elle
rassemble les revendications des
différentes catégories sociales : les
jeunes, les retraités, les chômeurs, les
salariés du secteur privé et les
fonctionnaires du secteur public. Mais,
la solution de la précarité dénoncée
est-elle exclusivement dans
l’augmentation des minima sociaux pour
plus de consommation des travailleurs ?
Faut-il continuer à tête baissée dans la
logique : gagner plus pour consommer
plus ? Pour éviter de tomber dans
l’engrenage du consumérisme, un travail
d’information et de conscientisation
semble être nécessaire pour un
changement de comportement chez les
consommateurs guadeloupéens.
L’attitude du président de la
République.
Comment expliquer la
réaction tardive du président Sarkozy
face au conflit social en Guadeloupe ?
Beaucoup de Français ont critiqué
l’attitude du président qui,
contrairement à sa manière d’être,
laisse pourrir le conflit en Guadeloupe
avant de réagir. Dans un sondage
indépendant du 19 février, 78% des
Français de l’Hexagone se disent
d’accord avec les revendications du
collectif LKP. Quelque 60% des Français
juge la politique de Sarkozy inefficace
dans le traitement de ce conflit. Il a
fallu attendre un mois de grève générale
avec ses conséquences socioéconomiques,
un mort et une simple réunion du
président avec les élus d’Outre-mer pour
désamorcer ce conflit social. Selon
certains observateurs, cette attitude
révèle un mépris du président qui veut
se venger des Guadeloupéens. Il ne les
pardonne pas d’avoir voté
minoritairement pour lui lors des
élections présidentielles de 2007. De
plus, la majorité des élus guadeloupéens
ne sont pas de son camp politique.
Après un mois de silence
devant la grève générale en Guadeloupe,
le président français propose aux élus
guadeloupéens d’organiser des états
généraux et d’envisager une évolution
statutaire. Le 19 février 2009, il
annonce qu’il viendra lui-même en
Guadeloupe en avril 2009 pour inaugurer
cette grande consultation régionale.
Comment comprendre cela ? Il est
important de se demander dans quel
objectif les dirigeants français
proposent aux « domistes » de penser à
leur évolution statutaire ? Selon
certains observateurs comme Thierry
Maximin[v],
l’Etat français veut se désengager des
DOM pour réduire ses dépenses. En effet,
à cause de la défiscalisation et
l’exonération de certaines charges
sociales des entreprises, à cause de la
prime de 40% de vie chère aux
fonctionnaires, à cause du budget des
collectivités alimenté par les fonds
publics, à causes des transferts sociaux
massifs, il semble que l’Etat souhaite
se débarrasser du maintien de ses
anciennes colonies qui lui coûte trop
cher. Cette politique du « désengagement
de l’Etat » français se révèle à travers
différents discours du gouvernement
actuel. En septembre 2007, lors d’une
visite en Corse qui coûte plus cher que
les DOM à la France, le Premier
ministre, François Fillon, avait
dévoilé : « La France est un Etat en
faillite ». Ainsi, la France a la
grande difficulté d’honorer son
engagement face au Traité de Maastricht
qui exige aux Etats membres de l’Union
Européenne de ne pas dépasser un déficit
public supérieur à 3% de son PIB. Or, le
30 septembre 2008, la France affichait
une dette publique de 1284,8 milliards
d’euros, soit 4,4% de son PIB. De plus,
la crise économique mondiale actuelle
vient empirer la situation économique de
la France. Pour conjurer la récession,
les dirigeants de l’Etat français
s’obligent de procéder au rationnement
des dépenses publiques. Pour cela, ils
tentent de couper de leur budget les
postes qui leur semblent moins
importants. Aux yeux du gouvernement
actuel, il semble que les DOM
représentent des entités négligeables
dans l’Etat français.
D’autres discours du
gouvernement actuel permettent d’avancer
la thèse qu’il entend se désengager face
aux anciennes colonies françaises. En
effet, lors d’une visite au ministère de
l’Outre-mer, le 13 juillet 2007, le
président Sarkozy avançait : « Je
veux que tout soit fait pour permettre
des économies qui ne dépendent plus
principalement de la métropole pour leur
survie ». Seize mois plus tard, en
novembre 2008, en recevant les maires de
l’Outre-mer au palais d’Elysée, le
président les annonce qu’il entend
engager à l’outre-mer « des
politiques moins qu’avant fondées sur
l’assistanat », ceci dans le but de
favoriser un « développement endogène ».
Ce type de discours était déjà exprimé
par le Premier ministre, François
Fillon, lors de son dernier passage en
Guadeloupe en 2008. Ce discours peut
avoir une double interprétation.
D’abord, le gouvernement entend
promouvoir le développement endogène des
départements d’outre-mer pour favoriser
leur autosuffisance. Qu’ils arrivent à
se prendre en main et ne pas attendre de
l’aide de l’Etat français pour pouvoir
fonctionner. Une telle politique
viserait l’autonomie de ces départements
français. D’autre part, cette
orientation politique face aux DOM peut
révéler la préoccupation du gouvernement
actuel de réduire au maximum ses
dépenses dans l’entretien des anciennes
colonies françaises, au risque même de
les perdre.
Faut-il croire que la
France n’a plus besoin de ses anciennes
colonies, que celles-ci lui coûtent trop
cher et qu’elle veut s’en débarrasser ?
Dans la deuxième partie de cette
réflexion en cours, j’ai déjà indiqué
quelques avantages que représentent les
DOM pour la France. A cela, on peut
ajouter d’autres avantages. Selon le
rapport de Patrick Karam, délégué
interministériel, sans les DOM-TOM, la
France ne posséderait pas la 3ème
zone maritime mondiale, ni aucun droit
sur les droits de douane et de passage
pour le Canal du Panama (grâce aux
Antilles) et du Canal de Suez (grâce à
la Réunion). Déjà en 1986, l’ancien
ministre, Bernard Pons, disait que les
DOM-TOM rapportaient à la France "largement
plus que ce qu'ils lui coutent". Par
ailleurs, outre les avantages précités,
les Antillais sont des français qui
cotisent et paient des impôts comme les
autres français. Ils sont en réalité
plus taxés que les métropolitains (en
plus de la TVA, on paie dans les DOM
trois taxes d’octroi de mer sur tout
produit importé) et ils paient des
impôts locaux aussi élevés qu’en Région
Parisienne. C’est donc une illusion de
croire que les DOM coûtent trop cher à
l’Etat français.
La portée politique du mouvement LKP.
Ce mouvement populaire
réclame plus d’égalité entre les DOM et
le reste de la France. La revendication
fondamentale est de construire une
République Française plus juste où il
n’y ait pas des citoyens de seconde
zone, une France à part, comme du temps
de la colonisation. Le mouvement ne
demande pas une séparation de la
Guadeloupe avec le reste de la France,
mais une évolution dans la relation de
la Guadeloupe avec la métropole
française. Ce mouvement social a donc
une résonnance politique. Il demande la
refondation de la société
guadeloupéenne. Cette refondation
suppose une évolution statutaire,
institutionnelle, qui serait un levier
pour un changement social. Ce serait une
occasion pour les Guadeloupéens de
cesser de tout attendre de l’Etat
français et de prendre en main le destin
de la Guadeloupe. Ce mouvement
représente donc une opportunité pour les
politiciens guadeloupéens qui voulaient
déjà séparer la Guadeloupe de la France
ou du moins la laisser attachée à la
métropole tout en ayant une plus grande
marge d’autonomie pour diriger les
affaires du département.
Certes, il y a dans les
revendications du mouvement une demande
nébuleuse d’évolution statutaire qui
emmènera la Guadeloupe vers l’AUTONOMIE.
Mais une grande partie de la population
guadeloupéenne a la peur d’être
abandonnée à soi-même, d’être lâchée par
la France. Il y a une réaction populaire
négative à la proposition des élus
d’organiser un référendum dans quelques
mois pour envisager l’autonomie de la
Guadeloupe. Le peuple n’y est pas encore
préparé. Certes, il y a une volonté pour
l’évolution statutaire, mais il manque
un processus d’accompagnement,
d’information et d’éducation pour faire
comprendre les avantages et
inconvénients d’une autonomie de la
Guadeloupe. Il manque une certaine
maturité politique pour assumer de
manière responsable cette autonomie.
Avant de se prononcer pour une évolution
statutaire, il convient au peuple
guadeloupéen de franchir des étapes
nécessaires. Ce processus suppose un
travail de consultation des différentes
couches populaires (états généraux) pour
analyser la situation, mettre à plat les
contraintes et les atouts, les valeurs
et les limites, les problèmes et les
solutions possibles. Ensuite formuler un
projet commun pour la société
guadeloupéenne. Certes, grâce aux
travaux antérieurs des assemblées
locales, certains éléments sont déjà
identifiés pour ce projet de société.
Cependant, la réussite de ce projet
social suppose la participation et
l’adhésion des différentes couches
sociales pour bien identifier les
véritables NIV (nécessités, intérêts et
valeurs) auxquelles aspirent les
populations dans la société
guadeloupéenne.
Avant de franchir
l’étape de l’autonomie, il convient de
préciser les priorités qui doivent
guider un projet guadeloupéen. C’est ce
qu’on peut attendre d’une consultation
générale, des états généraux, avant
d’avancer vers un référendum pour un
changement statutaire. Mais
curieusement, ces états généraux sont
proposés, voire imposés par le président
Sarkozy comme une solution politique.
Cela représente une aubaine pour les
politiciens guadeloupéens qui souhaitent
prendre distance de la tutelle de la
métropole française, sans toutefois
couper le cordon ombilical. Quant au
président régional, Victorin Lurel, il
propose de procéder à un référendum en
décembre 2009. Pourquoi cet
empressement ?... Après 63 ans de
départementalisation (1946-2009), on est
à la fin d’un cycle dans la relation des
anciennes colonies avec la France
métropolitaine. Il convient de bien
gérer ce passage pour qu’il soit
positif, constructif pour l’avenir de la
Guadeloupe et des autres DOM. Car
l’autonomie suppose la compétence
locale, la finance locale pour prendre
son destin en main. La France
accompagnera la Guadeloupe, mais elle ne
la prendra pas en charge comme avant. Ce
sera alors une révolution en douceur,
sans fracas, sans rupture.
Le mouvement social a
aussi une portée historique. Il exprime
un malaise face à un passé difficile à
assumer de part et d’autre : tant par
l’ancienne colonie de Guadeloupe que par
la métropole française. Du côté de la
métropole française, il y a une sorte
d’amnésie de la mémoire face à son passé
colonialiste. On n’aime pas regarder ce
passé. On préfère le reléguer dans le
tiroir de l’oubli. Avec certaine
tiédeur, le législateur français a voté
une loi de reconnaissance de l’esclavage
comme crime contre l’humanité. Mais
l’administrateur de la nation française,
le pouvoir exécutif, ne prend pas assez
de moyens pour faire connaître cette loi
aux citoyens français. Il semble que
tout est fait pour passer cette loi sous
silence. D’autre part, dans l’imaginaire
guadeloupéen comme dans celui du
métropolitain, il y a encore la
dichotomie de métropole/colonie, de
fils-du-maître/fils d’esclave à dépasser
et à transformer en un nouveau rapport
de citoyens égaux dans la République
française. De 1848 à 1946, on parlait de
ministère des colonies ; après 1946, on
parle de ministère d’outre mer, avec la
même logique : les DOM sont une
« France » à part. D’où l’inégalité ou
la discrimination entre les DOM et les
autres départements français de
l’Hexagone. Continuité d’une même
logique de dépendance, d’une France à
part, difficile à intégrer dans l’unité
nationale. D’où la proposition actuel
d’un conseil interministériel qui
s’occupe de l’outre-mer. Selon le
président Sarkozy, l’évolution
institutionnelle n’est plus un tabou.
Ainsi, le constat est fait : les 63 ans
de départementalisation s’essouffle. Il
faut maintenant passer à autre chose.
Le mouvement populaire
actuel de la Guadeloupe, tout comme
celui de la Martinique qui n’est pas
l’objet de mes actuelles observations et
réflexions, est très riche en
interprétation. Au fur et à mesure, il
nous révèle les faces cachées ou voilées
de la société guadeloupéenne. Avec la
signature de l’accord de la hausse de
200 à 240 euros sur les bas salaires
entre les différents partenaires, sauf
le MEDEF et ses partenaires, la grève
tend vers sa fin, malgré les
négociations qui continuent sur des
points moins difficiles à résoudre.
Cependant, malgré la future cessation
des mobilisations populaires, le
mouvement populaire conduit par le
collectif LKP a encore de beaux jours
devant lui. Dans la prochaine étape de
cette « lecture sociologique…», je
propose d’observer d’autres aspects de
la société guadeloupéenne.
Guadeloupe, le 1er
mars 2009
Louis Auguste JOINT
Sociologue
Auguste.joint@wanadoo.fr
[i]
A cause des barrages non avisés, un
jeune motoriste, Steeven Fiston, a
trouvé la mort devant un barrage à
Saint-François, au petit matin du samedi
21 février. D’autres accidents du même
genre ont été enregistrés sur les routes
de la Guadeloupe.
[ii]
Parallèlement à cette proposition
présentée par UCEG et UMPEG,
représentants les petits entrepreneurs,
le MEDEF fait une contre-proposition. Au
nom du principe de la réalité
économique, c’est-à-dire pour éviter la
perte d’emploi et la faillite des
entreprises, il propose une prime de 50
euros par les petites entreprises de
moins de 21 salariés, de 70 euros par
celles de 21 à 100 salariés et de 90
euros par celles de plus de 100
salariés, sans tenir compte des bonus de
l’Etat et des collectivités. Cette
proposition n’a pas été retenue par les
autres négociateurs.
[iii]
Selon cet accord, les salaires élevés
jusqu’à 1,4 SMIC auront une hausse de
200 euros ; ceux de 1,5 SMIC, une hausse
de 6% et ceux de 1,6 SMIC et plus, une
hausse de 3%. Ces pourcentages sont à
négocier dans les entreprises, entre les
patrons et les salariés. Les entreprises
de 1 à 20 salariés payeront 200 euros de
hausse, celles de 21 à 100 salariés
payeront 220 euros et ceux de plus de
100 salariés payeront 240 euros. Mais
des entreprises de certains secteurs
font l’objet d’exception à cette règle
et payeront seulement 200 euros de plus,
quelque soit le nombre de leurs
salariés.
[iv]
Dans l’article de Michel EYNAUD : « Vive
la crise, vive l’humain », publié à
l’hebdomadaire Progrès social, du
23 février 2009, l’auteur donne une
explication métaphorique de la crise.
[v]
Voir l’article « L’Etat n’entend plus
acheter la paix sociale à tout prix. Les
Guadeloupéens sont condamnés à
s’entendre ». Texte diffusé sur
internet par l’auteur, en date du 20
février 2009.