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« Les
inégalités scolaires se construisent aussi dans la classe »
 Professeur en
sciences de l’éducation à Paris-VIII, Jean-Yves Rochex vient de codiriger un
ouvrage passionnant (1) décryptant les processus qui, au sein même des classes,
participent à la fabrication des inégalités scolaires. Apprentissages
différenciés, exigences implicites… Les enfants de milieux populaires sont les
premiers à pâtir de ces phénomènes insidieux.
Créé en 2001, le
réseau Reseida, animé par Jean-Yves Rochex, travaille sur la question de
l’inégalité scolaire en s’intéressant plus spécifiquement aux inégalités d’accès
aux apprentissages. Son équipe de chercheurs essaye d’ouvrir ce que certains
appellent « la boîte noire » de l’école : regarder non pas seulement les
inégalités une fois produites mais étudier leur fabrication dans l’ordinaire des
classes, quand des élèves inégalement préparés à faire face à ce qu’on leur
demande sont confrontés à des tâches préparées par des enseignants, eux-mêmes
inégalement conscients des différences entre élèves… Pour cet ouvrage (1), les
chercheurs ont suivi pendant plus d’un an des classes de grande section
maternelle et CP, d’une part, et de CM2 d’autre part. Toujours en essayant de
mettre au jour des phénomènes récurrents qui contribuent à la production de
l’inégalité scolaire.
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Dissimulées ou retardées, les données sur l'école sont jugées peu fiables
Le ministère de l'éducation est soupçonné de ne laisser filtrer que les statistiques favorables à son bilanpar Maryline Baumard
 Quel est vraiment le niveau des élèves français ? A entendre le ministre lire les résultats des évaluations des élèves en CE1 et en CM2, il serait en progression. A lire les résultats internationaux, il serait plutôt en baisse...
Deux nouvelles enquêtes, l'une comparant le niveau de maîtrise de la langue entre 2003 et de 2009, l'autre entre 1997 et 2007, montrent que les lacunes des plus faibles se sont aggravées. Mais ces deux travaux attendaient dans les tiroirs du ministère de l'éducation depuis le mois de juin. C'est l'Insee qui, le 16 novembre, les a divulgués dans son Portrait social.
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Non à l’université managériale
!
Par Par des personnalités du mouvement «L'appel des appels»
 Il
devient chaque jour plus évident que la mise en place des réformes récentes
au sein de l’université, de l’Education nationale et des organismes de
recherche heurte de front les valeurs qui nous animent et nos missions
premières : produire de la connaissance et partager le savoir.
Les paradigmes qui les sous-tendent sont ceux qui inspiraient les politiques
de Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Le new public management découle des
mêmes sources que les théories néolibérales. Conçu dans les multinationales,
il a servi à «moderniser» les institutions et les entreprises publiques. Les
réformes actuelles mettent en œuvre les mêmes principes : la rentabilité
plutôt que l’intérêt général, la compétition plutôt que la coopération, la
concurrence plutôt que la solidarité, l’utilité productiviste plutôt que
l’amélioration du bien-être collectif.
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Le Medef n’a pas à se mêler de nos manuels
Par ERWAN LE NADER vice-président

Depuis quelques semaines, les prises de positions publiques demandant
la réécriture de programmes scolaires se succèdent. Après les initiatives de
parlementaires «contre l’enseignement de la théorie du genre en classe de
1ère», c’est aujourd’hui Charles Beigbeder, président de la commission
Entrepreneuriat du Medef, et par ailleurs secrétaire national de l’UMP, qui,
dans un entretien accordé à Educpros, demande «que s’instaure un réel
dialogue, régulier, entre les enseignants et les chefs d’entreprise,
notamment au sein de la commission des programmes […], contre la vision
négative de l’entreprise qui transparaît dans certains manuels». L’école n’a
pourtant ni à faire aimer ni à faire détester l’entreprise, seulement à la
faire comprendre dans sa complexité.
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« La
crise de l'école capitaliste»
Pour continuer le débat, avec Jacky Dahomay

Il s’git ici de poursuivre, comme nous y invite Jacky Dahomay lors
des soirées du Café-Débat, les échanges engagés lors de son intervention sur
« La crise de l’Ecole républicaine », en septembre 2011. N’étant pas
philosophe, il n’est pas question pour moi d’aborder cette problématique du
point de vue qui est très légitimement celui de JD, et dont je ne conteste
pas le fond. Etant comme je l’ai déjà dit, « internationaliste » (JD dirait
« cosmopolite » dans son lexique démarqué délibérément de Marx, ce qui bien
évidemment n’est pas mon cas), mon propos est strictement politique, au sens
citoyen, et mon point de vue ouvertement appuyé sur une conception qu’on
appelait jadis « le matérialisme historique ». Ce point de vue est par
ailleurs nourri par plus de 25 années d’expérience sur le terrain, comme
« cadre intermédiaire» de l’Education Nationale, dans des milieux très
contrastés (Seine Saint Denis, Calvados, Ardèche, Loire-Atlantique et
Guadeloupe) et près de 10 années à la direction d’une « ONG » de coopération
et développement (Maghreb, Palestine et Liban, Afrique subsaharienne,
Amérique Latine).
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Comment sauver la princesse de Clèves...

QUELLE PERTINENCE et quelle actualité que celles des Emotions
démocratiques ! Martha Nussbaum propose en 190 pages intenses sa vision de
l'éducation et des humanités, s'appuyant pour cela sur une oeuvre largement
consacrée au rôle des émotions et de l'imagination dans la vie morale et
politique. Son premier mérite est d'y récuser tout à la fois l'impératif
débilitant de rentabilité et le conservatisme académique qui limitent les
humanités aux œuvres classiques. A l'éducation tournée vers le profit, visant à
doter les étudiants de capacités qui leur permettront d'évoluer dans un monde de
concurrence économique mondialisée, la grande philosophe américaine oppose
l'éducation pour la démocratie et l'égalité. Or, les humanités sont un outil
pour la formation de citoyens capables de faire évoluer la société, de ressentir
et de -critiquer les injustices.
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Ce n'est pas la première fois que les plus rétrogrades des députés de la
majorité se dressent contre la reconnaissance de l'identité de genre dans
notre société. Quatre-vingt députés UMP viennent de demander au gouvernement
de retirer les manuels scolaires de sciences de la vie et de la terre (SVT)
qui expliquent l'impact du contexte socio-culturel sur l'identité de genre,
et les limites du déterminisme chromosomique. En 2004, lors du débat sur la
création de la Halde, aujourd'hui disparue, la même droite avait rejeté
l'amendement socialiste visant à ajouter l'identité de genre aux motifs de
discriminations à combattre. A l'appui de ce rejet, Christine Boutin avait
montré du doigt la "théorie queer", dont la seule origine étrangère
suffisait à discréditer les apports scientifiques.
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L'introduction, dans les
manuels scolaires de la rentrée, d'un chapitre sur l'orientation sexuelle heurte
plusieurs associations familiales.
Par QUENTIN GIRARD


Ce ne sont que quelques paragraphes dans des manuels de SVT de deux-cents
pages mais ils font polémique depuis maintenant plus d'un mois, et cela
risque de durer jusqu'à la rentrée scolaire. Début septembre, les élèves de
Première ES et L auront le plaisir de découvrir un nouveau point de
programme: la question du genre et de l'orientation sexuelle, dans un
chapitre intitulé «Devenir homme ou femme». Une partie imposée par la
Direction générale de l'enseignement scolaire et annoncée au Bulletin
officiel du 30 septembre 2010.
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Des manuels de sciences de la vie et de la Terre (SVT) viennent d'être
publiés, en conformité avec les nouveaux programmes des classes de 1re ES et
L, qui appellent à distinguer clairement, d'un côté, "l'identité sexuelle et
les rôles sexuels", soit le sexe et le genre, et, de l'autre, "l'orientation
sexuelle", soit la sexualité.
On y trouve donc, en termes accessibles, non seulement les développements
habituels sur la reproduction, mais aussi des éléments sur la sexualité non
reproductive (y compris l'homosexualité), et surtout un état des savoirs sur
l'identité sexuelle, dans un chapitre dont l'intitulé ("Devenir homme ou
femme") fait clairement écho à Simone de Beauvoir ("On ne naît pas femme, on
le devient").
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La prolétarisation des enseignants, au-delà du salaire
Par GUY DREUX Membre
de l'Iinstitut de recherches de la FSU, FRANCIS VERGNE Membre de l'Institut de
recherches de la FSU

Selon Marx l’analyse de l’exploitation capitaliste ne se résumait pas à
déplorer simplement une paupérisation des travailleurs. Elle consistait
aussi à comprendre un mouvement de dépossession des «puissances
intellectuelles de la production» au profit du capital. Marx distinguait
ainsi nettement l’outil de la machine : «Le travailleur animait [l’outil] de
son art et de son habileté propre, car le maniement de l’instrument
dépendait de sa virtuosité. En revanche, la machine, qui possède habileté et
force à la place de l’ouvrier, est elle-même désormais le virtuose, car les
lois de la mécanique en elle l’ont doté d’une âme […]. L’activité de
l’ouvrier, réduite à une pure abstraction, est déterminée en tous sens par
le mouvement d’ensemble des machines ; l’inverse n’est plus vrai.»
Lire la suite et sur le salaire des enseignants
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Contre
l'idéologie de la
compétence,
l'éducation doit
apprendre à penser

Dans quelle mesure
l'évolution de nos
sociétés
ébranle-t-elle les
conditions de
possibilité de
l'entreprise
éducative ?
Marcel Gauchet
: Nous sommes en
proie à une erreur
de diagnostic : on
demande à l'école de
résoudre par des
moyens pédagogiques
des problèmes
civilisationnels
résultant du
mouvement même de
nos sociétés, et on
s'étonne qu'elle n'y
parvienne pas...
Quelles sont ces
transformations
collectives qui
aujourd'hui posent à
la tâche éducative
des défis
entièrement nouveaux
? Ils concernent au
moins quatre fronts
: les rapports entre
la famille et
l'école, le sens des
savoirs, le statut
de l'autorité, la
place de l'école
dans la société.
A priori, famille et
école ont la même
visée d'élever les
enfants : la famille
éduque, l'école
instruit, disait-on
jadis. En pratique,
les choses sont
devenues bien plus
compliquées.
Aujourd'hui, la
famille tend à se
défausser sur
l'école, censée à la
fois éduquer et
instruire. Jadis
pilier de la
collectivité, la
famille s'est
privatisée, elle
repose désormais sur
le rapport personnel
et affectif entre
des êtres à leur
bénéfice intime
exclusif. La tâche
éducative est
difficile à intégrer
à ce cadre visant à
l'épanouissement
affectif des
personnes.
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Comment le système
scolaire a été
converti aux
méthodes de gestion
de l'entreprise
L'école
déclasse
Que l'école serve le
capitalisme, ce
n'est pas vraiment
un scoop. Cette idée
a été au centre,
particulièrement
dans la décennie
1965-1975, d'une
série de recherches
importantes. Cela
avant que la
critique des
inégalités scolaires
ne soit, au cours
des années
1980-1990, mise au
placard des
vieilleries
marxisantes par la
pensée anti-68.
L'ouvrage dirigé par
Christian Laval doit
relever deux défis :
d'une part, montrer
en quoi l'école
capitaliste
d'aujourd'hui se
différencie de
l'école capitaliste
d'hier ; d'autre
part, critiquer
l'école qui se met
actuellement en
place sans idéaliser
l'ancienne " école
républicaine ". En
effet, aucun domaine
n'est aussi
fortement imprégné,
aujourd'hui, de "
républicanisme ",
que l'école.
L'idéologie
néo-républicaine, ce
poison qui est en
train d'envahir la
pensée française, de
-l'extrême gauche à
l'extrême droite,
avec ses relents de
xénophobie, de
moralisme et de
nationalisme, ne se
nourrit-elle pas,
elle aussi, de la
dénonciation, au
moins verbale, du "
capitalisme " ? Les
auteurs se tirent
plus ou moins bien
de ces deux
-difficultés.
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Le sexe
n'est pas que
construction
par Pascal Picq

Décidément, les
sciences de la vie
et de la Terre
déplaisent aux
conservateurs, de
droite comme de
gauche. Par leurs
disciplines et leurs
contenus, elles se
trouvent en prise
avec les grandes
questions touchant à
la modernité de nos
sociétés, à la
laïcité et à la
sexualité, sans
oublier l'avenir de
l'espèce humaine,
avec les
problématiques de la
biodiversité et du
réchauffement
climatique.
Au nom de mes
collègues
chercheurs, je salue
la pertinence et le
courage - en un mot
le dévouement
citoyen - de nos
collègues de
l'éducation
nationale chargés
des programmes, et
toutes celles et
tous ceux qui
oeuvrent pour un
enseignement de
qualité en phase
avec les avancées
des connaissances et
des questions de
société.
Il y a deux ans, je
m'étonnais que, dans
la perspective des
nouveaux programmes,
les sciences de
l'observation et de
l'expérimentation
disparaissaient des
classes de 2de,
alors que se
profilait le sommet
de Copenhague. Ce
dernier n'a pas été
une réussite, et on
s'en est sorti un
peu mieux pour les
programmes.
La polémique autour
des théories de
l'évolution s'est
considérablement
apaisée depuis 2009
(année Darwin).
Remarquons néanmoins
que, si les
prétentions
scientifiques des
créationnistes ne
présentaient pas un
réel danger en
France, sa forme
plus léchée - le
"dessein
intelligent" -
continue de faire
son chemin, trop de
journaux et de
magazines se
complaisant dans
l'exercice puéril du
dénigrement des
sciences. C'est
encore plus
affligeant à propos
de l'évolution dite
de l'homme, toujours
conçue comme un
schème finalisé,
téléologique. Il
serait temps de lire
et de comprendre
Claude Lévi-Strauss,
Jacques Monod et
Stephen Gould.
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Bilan
scolaire globalement
négatif
par Pierre
Merle, sociologue

Cinq années ne se
sont pas encore
écoulées depuis
l'élection de
l'actuel président
de la République,
mais le bilan de la
politique éducative
peut déjà être
réalisé dans trois
domaines essentiels
: l'assouplissement
de la carte
scolaire, la
formation des
maîtres, la lutte
contre l'échec
scolaire.Sur la feuille de
route de Xavier
Darcos (ministre de
l'éducation de 2007
à 2009) figurait une
première grande
réforme :
l'assouplissement de
la carte scolaire.
Celle-ci poursuivait
plusieurs objectifs
: "donner une
nouvelle liberté aux
familles" ;
"favoriser l'égalité
des chances" ;
"améliorer
sensiblement la
diversité sociale
dans les collèges et
lycées". Le
ministère publie
régulièrement des
"chiffres clés"
censés montrer la
réussite de la
réforme : nombre
total de demandes de
dérogation,
proportion de
demandes de
boursiers
satisfaites... Ces
"chiffres clés" sont
abondants mais
lacunaires, faute
d'une information
simple et
indispensable : quel
est le nombre de
boursiers
bénéficiaires d'une
dérogation par
rapport aux
non-boursiers ?
Des bilans de la
réforme
d'assouplissement de
la carte scolaire se
sont progressivement
accumulés. Le
premier, réalisé par
deux inspecteurs
généraux, est
négatif : "Dans les
établissements les
plus convoités, il y
a peu d'élèves de
condition modeste ;
dans les collèges
les plus évités, ce
sont les catégories
favorisées qui ont
disparu."
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Une nouvelle
voie pour le lycée
par Denis Paget
 L’histoire de la démocratisation
du lycée montre qu’elle n’a
pu se réaliser jusqu’ici que
par la création de formations
originales : jadis par la création
de sections modernes à côté
des sections classiques, par
la diversification des bacs
généraux avec l’apparition de
la section B devenue ES, par
la création des brevets et baccalauréats
de techniciens, puis des bacs
technologiques, puis par les
bacs professionnels qui ont
fourni une bonne part du contingent
des nouveaux bacheliers de la
fin du dernier siècle. Depuis,
le système stagne et cette stagnation
est concomitante avec le resserrement
progressif des séries et la
forte réduction de cette diversité.
Plus on a uniformisé, plus on
a renforcé le poids du modèle
pédagogique dominant et d’une
culture scolaire congruente
avec le seul public des couches
moyennes et supérieures, qui
n’est pas spontanément tournée
vers la démocratisation. Seuls
les bacs professionnels ont
continué une diversification
très forte en absorbant progressivement
les champs couverts par des
BEP aujourd’hui en voie d’extinction.
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L’historien doit connaître et faire connaître
Par PIERRE NORA Historien
 Devoir de mémoire,, devoir d’histoire: deux expressions qui n’ont rien de symétrique. La deuxième est vieille comme le monde, la première ne date que d’une trentaine d’années. Elle est née avec Primo Levi, de la volonté des rescapés de rester fidèles au souvenir des morts dans les camps. Elle s’est popularisée à partir des années1980 en réaction à l’offensive négationniste. Elle s’est, depuis, dilatée jusqu’à devenir une particularité française comme pilier d’une véritable religion civile, ou civique. Comment, pourquoi? Il y a d’abord eu les effets de ce que Annette Wieviorka a baptisé «l’ère du témoin». La prise de parole des survivants, des victimes, des revenants de l’autre monde donnait accès à l’expérience vécue: ce que ne saura jamais atteindre l’histoire traditionnelle. Mais l’ère du témoin portait dans ses flancs un renversement bien plus grand: l’affirmation que la mémoire délivrait une vérité supérieure à celle que pouvait établir la froide reconstruction critique de ce qui s’était passé comme «sens» de l’histoire
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"Eros"
comptable, un cas d'école
 Le 21 février, un professeur
de psychologie, expert en
"sexualité humaine" à la
Northwestern University
(Chicago), invitait un
couple de sado-masochistes
(SM) à faire une
démonstration dans son
laboratoire devant une
centaine d'étudiants. Une
séance facultative de
travaux pratiques, comme on
disait jadis…
Le couple se présente dans
le "labo sexuel" du
professeur, muni d'un
instrument qui aurait au
moins suscité la curiosité
du divin Marquis sinon
emporté son adhésion
enthousiaste, et que le
milieu SM, qui a le sens du
néologisme discret, appelle
une "scie à foutre" (sic). A
dire vrai, la chose n'est
rien de plus qu'un
godemichet électrique et,
semble-t-il,
ultra-performant. La preuve
: la jeune femme de
l'expérience atteint
l'orgasme, nous dit-elle, en
un peu moins de trois
minutes, manu electricitate.
CQFD. La jouissance féminine
est calculable, et donc
répétable à loisir.
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La nécessaire continuité entre formation pédagogique et formation artistique
Par Eddy Schepens
 Le Cefedem (Centre de formation des enseignants de la musique) Rhône-Alpes a tenu les 1 et 2 avril 2010 des journées d’études sur le thème : « Diffusion, création, médiation : être musicien aujourd’hui. La formation musicale supérieure dans le schéma européen ». Eddy SCHEPENS directeur adjoint du Cefedem Rhône-Alpes, professeur de sciences de l’éducation au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, rédacteur en chef de la revue « Enseigner la musique », a bien voulu nous communiquer le texte de son intervention à ces journées d’études. Nous l’en remercions. Certes le domaine de la musique et celui des arts plastiques ont chacun leur spécificité. Mais bien des réflexions peuvent être partagées. En préparant cette intervention, j’ai eu une sensation un peu étrange. Vu les circonstances des réformes qui nous (pré)occupent, le « pédago » que je suis ne pouvait sans doute faire l’impasse sur le thème de la formation pédagogique des musiciens. Cherchant à introduire la réflexion que je vous propose, très parcellaire vous verrez, je pensais dire combien j’ai été constamment frappé depuis 30 ans, et le demeure, par un antagonisme tenace : « être musicien » et « être prof de musique » seraient deux choses bien différentes, parfois concurrentes.
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Pourquoi les élèves de milieux
populaires n'"oseraient"-ils pas
les études longues ?
par Séverine Chauvel,
attachée temporaire d'enseignement et de recherche
à l'EHESS et doctorante en sociologie, CMH-ENS
 Entre 1985 et 2011, le nombre
de bacheliers a plus que doublé, sous l'effet
des réformes éducatives visant à amener 80%
d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat
et de la création du baccalauréat professionnel
en 1987. Cette explosion des effectifs est
allée de pair avec une plus importante accession
à l'enseignement secondaire général et technologique
des élèves de milieux populaires. On ne peut
pour autant en déduire une réduction des inégalités
des parcours scolaires : les écarts sociaux
de recrutement des élèves se sont creusés
entre les différentes filières de l'enseignement
secondaire.
Les enfants de familles de milieux populaires
restent largement sous-représentés dans l'enseignement
général et technologique, non seulement en
raison de leurs performances scolaires inégales,
mais aussi de leur origine sociale et leur
établissement.
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La France dernière de l'OCDE pour l'encadrement des élèves
 Après la justice, c'est au tour de l'éducatio nationale de marquer un recul ans les classements internationaux. Selon une note du Centre d'analye stratégique (CAS), organisme rattaché à Matignon, notre pays est celui qui possède le plus faible nombre de professeurs par élève parmi les 34 membres de l'OCDE.
Avec 6,1 enseignants pour 100 élèves ou étudiants, la France est bonne dernière, loin derrière la Suède, connue pour son fort taux de fonctionnaires, mais aussi très en dessous de la Grèce ou du Portugal, où le taux d'encadrement monte à 9 professeurs pour 100 élèves ou étudiants. Plus précisément, si la France est dans la moyenne pour le collège et le lycée, avec un taux de 7,1 enseignant pour 100 élèves, elle dégringole pour le primaire et l'enseignement supérieur, où on ne compte que 5 enseignants pour 100 étudiants ou élèves. Lire la suite |
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Education : la notation des enseignants remplacée par un entretien proessionnel? par Aurélie Collas
 Les ensignants seront-ils seulement évalués par leur supérieur hiérarchique direct, les chefs d'établissement ? Un document du ministère de l'éducation nationale adressé aux chefs d'établissement mi-janvier, que Le Monde s'est procuré, sème la zizanie au sein de la communauté éducative.
Dans ce courrier, il est indiqué qu'au cours de leur carrière, les enseignants auront deux entretiens de carrière. A deux ans d'ancienneté, l'entretien visera à vérifier si l'enseignant "maîtrise" son métier, et à "définir, si nécessaire, un éventuel accompagnement". A vingt ans, "il conviendra de l'aider à se projeter sur la deuxième partie de sa carrière". Une "mobilité fonctionnelle" pourra alors lui être proposée.Lire la suite |
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Quel bac pour quelles filières ? Catherina Catsaos
 Après le bac, mieux vaut avoir choisi une filière qui ous convient. BAC ES : FAC, PRÉPA OU GRANDE ÉCOLE Droit, économie, gestion ou sciences humaines sont les destinations préférées de la plupart des bacheliers ES (économique et social). Alliant une bonne culture générale et des connaissances mathématiques, ils représentent le quart des étudiants d'université ou d'IUT, 11 % des aspirants au BTS et 13,6 % des élèves de classe préparatoire. Un peu plus de la moitié (56,5 %) des bacheliers ES se dirigent vers l'université. Leur destination favorite est le droit-sciences politiques, les sciences économiques-gestion et AES, trois filières dans lesquelles ils représentent peu ou prou 45 % des effectifs. Ils sont également nombreux (aux alentours un quart des effectifs) en sciences humaines et sociales (histoire, philo, etc.), langues et Staps. Les études courtes attirent un bon quart des ES. La quasi-totalité (94 %) de ceux qui choisissent d'intégrer un IUT choisit les domaines des services (GEA comme "gestion des entreprises et des administrations", "techniques de commercialisation", etc.). Et avec succès, puisque près de neuf élèves sur dix passent en deuxième année et 76 % d'entre eux parviennent au DUT en deux ans. Ceux qui sont attirés par les métiers de la communication peuvent opter pour un DUT information-communication, et compléter leur formation avec une licence pro, plus spécifique, comme "communication et médias" ou "activités et techniques de communication". En BTS, les bacheliers ES choisissent également des spécialités tertiaires comme management des unités commerciales (MUC) ou négociation et relations client (NRC). Lire la suite |
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La lutte des âges n'est pas la nouvelle lutte
des classes
Réponse à Louis Chauvel,
à propos de son article "La jeunesse est mal partie".
 Dans Le Monde daté du 4 janvier,
vous proposez un plaidoyer en faveur des jeunes qui vous conduit
à recourir à tous les poncifs permettant d'opposer les
générations. Votre objet est de remplacer la question
sociale par la question générationnelle. A vous lire, il
apparaît que l'ensemble des problèmes subis par les jeunes
viennent des méchants seniors. Jouer à la guerre civile
générationnelle me semble dangereux et parfaitement
improductif. Permettez-moi de l'expliquer plus
précisément.
D'abord, la jeunesse n'est pas Une mais multiple. C'est d'ailleurs
l'une des principales erreurs méthodologiques de votre article :
les générations ne sont pas des entités fixes et
uniformes. Il y a de la diversité en leur sein : quoi de commun,
par exemple, entre un jeune, étudiant dans une école
renommée, et un autre du même âge,
éjecté du système scolaire sans aucune
qualification et en état d'échec ?
De même, pour forcer le trait, vous faites comme si les seniors
étaient tous logés à la même enseigne,
avaient tous bénéficié des trente glorieuses, de
carrière rectiligne, de progression de salaire et d'un
accès facile à la propriété. A vous lire,
les seniors sont tous des privilégiés, qui vivent dans
des cinq pièces ! Là encore, les choses sont plus
compliquées : vous passez sous silence, par exemple, que la
retraite moyenne en France est de 1 300 euros par mois. Et de 900 euros
pour les femmes…
Lire la suite
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par Louis Chauvel,
sociologue, professeur à Sciences Po (Le grand débat)
 Dans les sociétés vieillissantes, la
surdité aux problèmes sociaux des
générations à venir peut devenir un vrai souci.
Mais c'est là un symptôme plus que la cause profonde du
mal, qui n'a rien de nouveau. Ce qui est inédit, en revanche,
relève de la profondeur du déni d'un
phénomène qui s'amplifie. Mon expérience, douze
ans après la première édition du Destin des
générations, me permet d'en établir le constat :
depuis 1998, nous n'avons rien fait, alors que nous savions. Chaque
fois, les périodes de rémission ont donné
l'illusion du rétablissement, mais, en réalité, la
situation s'est dégradée.
Quels sont les symptômes de ce mal-être collectif ? Les
plus visibles relèvent des difficultés de la jeunesse.
Nous le savons, trente-cinq ans après l'extension du
chômage de masse, la jeunesse a servi de variable d'ajustement.
Chômage record, baisse des salaires et des niveaux de vie,
précarisation, développement de poches de travail quasi
gratuit (stages, piges, free-lance, exonération de charges,
etc.), nouvelle pauvreté de la jeunesse, état de
santé problématique et faible recours aux soins, absence
d'horizon lisible.
En une décennie, nous n'avons pas progressé - c'est une
litote. Nous observons un triple déclassement. Scolaire d'abord,
la jeunesse étant maintenant de classe moyenne du point de vue
des diplômes, mais en deçà de la classe
ouvrière du point de vue des revenus. Au-delà de la
valeur des diplômes, le déclassement est aussi
intergénérationnel, avec une multiplication attendue des
trajectoires sociales descendantes par rapport aux parents.
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Un
immense besoin d'éducation populaire

par Christian Maurel, sociologue, cofondateur du
collectif national Education populaire et transformation sociale
Où va le monde et que peuvent les hommes ? C'est à ces
deux questions que l'éducation populaire tente à sa
manière de répondre. En fait ces deux questions se
ramènent à une seule : comment faire pour que les hommes
qui sont le produit de l'Histoire – selon les cas et les moments,
bénéficiaires ou victimes – puissent individuellement et
collectivement faire l'Histoire et construire leur devenir commun ? La
question est d'une brulante actualité. Il y a trois bonnes
raisons de la poser :
1- La crise économique, sociale et écologique profonde
que nous traversons nous conduit à penser que le monde ne peut
rester en l'état et qu'il est urgent que les hommes reprennent
collectivement leur destin en main.
2- Nous vivons un redéploiement des inégalités
tant dans notre pays que sur l'ensemble de la planète. Entre les
5 % les plus riches de la Terre et les 5 % les plus pauvres,
l'écart des revenus atteint 74 pour 1, contre 3 pour 1 en 1960.
Ces inégalités menacent aujourd'hui l'unité du
corps social.
3- La démocratie délégataire connaît une
grave crise de légitimité. Les milieux populaires et les
jeunes ne se sentent plus représentés et les Etats,
même les plus démocratiques, sont dominés par les
puissances économiques et financières qui les tiennent
à leurs bottes.
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| Hélénon au Lycée
Schoelcher

Il est venu avec
le documentaire de 2002, réalisé au Ministère de
l'Outremer, au cours duquel il répond aux questions de
journalistes et de quelques amis, parmi lesquels on reconnait Jenny
Aalpha. Il rappelle que les façades des bidonvilles qui l'ont
tant marqués dans son enfance et qu'il a retrouvées en
Cote-d-Ivoire , étaient riches de l'intérieur et que la
formule" Expression-Bidonville" qui accompagne son œuvre est une
situation esthétique qui a fait l'objet d'une relecture. Il
n'esthétise pas la pauvreté, la misère. Il essaie
de magnifier des éléments insignifiants, pour convoquer
non pas "la beauté", qui sonne comme une fermeture, une
finitude, mais pour aller vers le beau, ouverture infinie que le sens
ne peut épuiser. Il dit aussi qu'il s'insurge contre
l'idée que tout aurait été dit en peinture. Il dit
encore la nécessité d'une école
Négro-Caribéenne, qui affirme une façon de
voir, de ressentir, de penser ,de dire, de réaliser
des œuvres ancrées dans une identité
afro-caribéenne, non pour faire du négrisme mais pour
être soi. Il dit d'une autre manière que " L'heure
d'être nous-mêmes à sonné". Il dit aussi
qu'il est dans l'appropriation des éléments, qu'au
commencement étaient le noir et le blanc, la matière et
la lumière, et que la dynamique des deux a donné la vie.
Il dit des couleurs qu'elles sont au service du noir, qu'elles ont pour
mission de le mettre en valeur, qu'elles lui sont, rouge ou bleu,
primaires de toutes façons,, totalement subordonnées. Il
dit, il dit... et ils écoutent les réponses
à leurs questions : qui vous a inspiré? Qui parmi les
peintres vous a influencé? Que cherchez-vous à nous dire?
Comment vous y prenez-vous pour commencer une œuvre?, questions
parfois naïves, parfois profondes auxquelles il se prête
volontiers, peut-être en souvenir de ce qu'il a
été, avant la retraite : enseignant! Quelques professeurs
relaient les questions mais ce sont eux qui mènent le jeux. "Il"
c'était Serge Hélénon. "Eux" étaient les
élèves du Lycée Schoelcher. Quelqu'un a dit que le
travail de Serge Hélénon, s'inscrivait contre une vision
occidentale de l'art, qu'il était inspiré par l'Afrique
et la Caraïbe, qu'il était en tension permanente vers ce
que l'artiste appelle le "beau", que l'œuvre dépassait le
peintre et que par là-même il touchait l'universel.
R.S.
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De la
difficulté d'enseigner la
Shoah
 Des professeurs qui se
plaignent de ne pouvoir aborder le sujet sans déclencher, chez
certains
de leurs élèves, des remarques antisémites. Un
président de la
République qui, face aux critiques, doit renoncer à son
idée de
"confier la mémoire d'un des 11 000 enfants français
victimes de la
Shoah" à chaque élève de CM2. Une enseignante d'un
lycée de Nancy
suspendue pour quatre mois en raison d'un surinvestissement
supposé
dans l'enseignement de ce chapitre de l'histoire du XXe siècle
(Le
Monde du 3 septembre). Depuis quelques années, la place
occupée à
l'école par le génocide des juifs fait l'objet de
débats dont l'écho
résonne à intervalles réguliers sur la
scène médiatique.
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30% des
élèves de quartiers populaires mal à l'aise
à l'école
REUTERS/Jean-Paul
Pelissier
35,9% des élèves
interrogés ont mal au ventre avant d'aller en cours.
La boule au ventre. Les deux tiers des élèves de primaire
et de collège des quartiers populaires aiment peu, pas trop ou
pas du tout aller à l'école. Plus d'un tiers
déclare avoir mal au ventre avant d'y aller. C'est ce qu'indique
le baromètre Trajectoires/ Afev publié ce mercredi.
L'Afev
L'Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev)
regroupe 7500 étudiants aidant bénévolement 10000
enfants scolarisés dans le système d'éducation
prioritaire.
A la question "aimes-tu aller à l'école ou au
collège", 73,3% répondent "un peu, pas trop ou pas du
tout". Les collégiens sont même 82,5% à exprimer
cette réponse. Publié dans le cadre de la
troisième Journée du refus de l'échec scolaire, ce
sondage a été réalisée en face à
face auprès d'un échantillon de 760 élèves
du primaire et de collège issus de quartiers populaires et
suivis par un étudiant de l'Afev (voir l'encadré).
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La maternelle,
fer de lance de la lutte contre l'illettrisme

Luc
Chatel réunit les inspecteurs de maternelle pour définir
le rôle de cette exception française.
Dans la longue liste des exceptions françaises, la maternelle
fait figure d'enfant chérie: «Le monde entier nous
l'envie.» Comme si, dans la crise récurrente qui mine
l'école française, la maternelle avait miraculeusement
échappé au massacre. Ou comme si la
spécificité de cette structure accueillant les tout
jeunes enfants empêchait que l'on y mesure les
dégâts qui, ailleurs, apparaissent très
concrètement sous forme de violence ou d'illettrisme. Toucher
à l'école maternelle est même une entreprise
à risque, tant celle-ci symbolise tout à la fois
l'égalité républicaine, l'émancipation des
femmes et les progrès de la psychologie infantile.
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Les enfants
inégaux devant le vocabulaire
Par Natacha Polony
 Un enfant de 6 ans qui
arriveen cours préparatoire devrait maîtriser environ1 000
mots.
Des ouvrages livrent aux parents les clés de l'entrée
pour leur enfant dans le langage oral et la lecture dès la
maternelle.
Vers 6 ans, au moment de l'entrée en cours préparatoire,
les enfants, nous disent les spécialistes, sont censés
maîtriser environ 1000 mots. Derrière cette moyenne se
loge toute l'injustice qui condamne certains enfants à la
difficulté. Car les moins bien lotis n'en maîtrisent en
fait que 500, et ceux dont le vocabulaire est le plus riche en
accumulent 2500. Un trésor, dans la tête d'un enfant, qui
révèle sa compréhension du monde par la
capacité à le nommer.
La carence de vocabulaire des collégiens et lycéens - et
même des étudiants - est un phénomène
constaté par la très grande majorité des
professeurs. Mais c'est dès la maternelle que se joue
l'accès à la langue, dans la mesure où un retard
précoce n'est que rarement comblé. C'est un des constats
que dresse le linguiste Alain Bentolila, dans son dernier ouvrage,
Parle à ceux que tu n'aimes pas (Odile Jacob), sous-titré
Le défi de Babel, pour souligner combien le code commun que
constituent la grammaire et le vocabulaire est l'unique moyen d'engager
un dialogue avec l'autre, celui qui n'a pas les mêmes
références ni les mêmes préoccupations que
nous.
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"On
achève bien les écoliers",
de Peter Gumbel : les désarrois de
l'élève français
 Messieurs
les Anglais, tirez les premiers ! En l'occurrence, le sniper de Sa
Gracieuse Majesté - Peter Gumbel - est un ancien grand reporter
de Time Magazine en France, devenu professeur à l'école
de journalisme de Sciences Po Paris. Mais il est surtout le père
de deux filles qui ont fait leur scolarité dans des
établissements français.
C'est donc en tant qu'utilisateur avisé qu'il critique notre
système scolaire de l'intérieur, critique enrichie par
une enquête comparative hors du cadre hexagonal. Il n'est
d'ailleurs pas inutile de signaler que, malgré son titre,
l'essai de Peter Gumbel n'a rien à voir avec les brûlots
qui fleurissent à chaque rentrée scolaire et dont les
auteurs, aveuglés par leur haine de l'école pour tous,
c'est-à-dire de l'élève en difficulté, ont
perdu tout sens du discernement.
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"Regards sur
l'Afrique" en histoire-géographie
par Elisabeth Landi
La énième polémique au sujet de
l’enseignement de l’histoire en France et notamment des nouveaux
programmes d’histoire de la classe de 5ème enfle en
France.
Elle a
été relayée par des nombreux éditoriaux de
journaux nationaux français et hier soir sur Tempo par
l’émission « C dans l’air ». Vu d’ici cela
pourrait paraître anecdotique et lointain et pourtant cela nous
concerne à plus d’un titre.
Tout d’abord parce
que les programmes sont nationaux et qu’ils sont appliqués dans
les collèges martiniquais.
Ensuite parce qu’il
s’agit de l’introduction d’éléments de l’histoire
africaine et que cela est assez important pour que cela soit
souligné par nous.
Enfin, parce que
cette polémique révèle encore une fois comment
certains Français ont encore beaucoup de mal à
intégrer la réalité d’une France multiculturelle
que le vivre ensemble condamne à prendre à compte.
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Attention, rentrée dangereuse !

Par
GILLES CERVERA Directeur de Maison d'enfants à caractère
social (Mecs), président du Réseau national des
communautés éducatives (RNCE).
Pour
une rupture, c’est une rupture. La rentrée 2010 rompt avec cent
trente ans de jules-ferrysme. Les professeurs seront en septembre les
fonctionnaires d’un Etat tellement économe qu’il aura
économisé jusqu’à leur année de formation.
S’ouvre l’ère des professeurs sans filet ! Juste au moment
où les ados de notre pays comme ceux du monde entier sont
devenus des êtres doux et dociles, au moment où les
enfants de 3 ans s’avèrent des petits angelots qui disent
bonjour à la dame et non merci au monsieur. Juste quand
l’incivilité recule et que les couteaux rentrent dans leurs
fourreaux, pile quand les inégalités sociales
disparaissent. Attention rentrée dangereuse !
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Education
nationale : le constat alarmant de l'inspection générale

Education nationale : le constat alarmant de l'inspection
générale
Trois " sages " de la Rue de Grenelle pointent les " tensions "
créées par la baisse constante du nombre d'enseignants
Un rapport de l'inspection générale, destiné
à rester confidentiel, critique violemment la politique
éducative du gouvernement. " Malaise ", choix budgétaires
qui " préparent assez peu l'avenir ", cette " Synthèse
sur la préparation de la rentrée scolaire 2010 ",
signée de trois " sages " de la Rue de Grenelle, jette un
pavé dans la mare.
Cette " fuite " orchestrée, révélée presque
simultanément, vendredi 10 septembre, par l'Agence France-Presse
et l'Agence éducation formation, est l'indice que les
évolutions du système éducatif suscitent des
préoccupations jusqu'au sein de la haute hiérarchie du
ministère de l'éducation, d'ordinaire plutôt
acquise au ministre.
Ce travail tombe quelques jours après une rentrée un peu
particulière. Pour la première fois, sont arrivés
devant des élèves 14 000 jeunes enseignants stagiaires
qui n'ont reçu aucune formation pédagogique
préalable. Le tout sur fond de baisse constante du nombre
d'enseignants, puisque la politique de non-renouvellement de la
moitié des départs en retraite - en vigueur depuis 2007 -
fait de plus en plus sentir ses effets. Et ce alors que le nombre
d'élèves recommence à grossir, conséquence
de la bonne tenue de la démographie française depuis les
années 2000.
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Pour progresser
en
français, arrêtez de réviser !
 “Je
n’hésite
jamais à le déclarer, le diplôme est l’ennemi
mortel de la culture.
Plus les diplômes ont pris d’importance dans la vie (et cette
importance n’a fait que croître à cause des circonstances
économiques),
plus le rendement de l’enseignement a été faible.”
Voici ce que
dit Paul Valéry, dans son texte “Le bilan de l’intelligence” de
1935,
au sujet du baccalauréat. En effet, selon lui, le
problème avec le bac,
c’est que le but des études devient son obtention, et non plus
la
formation de l’esprit. Or les deux objectifs sont incompatibles,
puisque l’acquisition du diplôme suppose l’usage de toute une
série
d’expédients ou, si vous préférez, de “trucs et
astuces”, contraires à
la véritable réflexion.
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Enseignants
et
parents ne se comprennent plus
Par
Marie-Estelle Pech

Des élèves de 5e
du
collège privé de l'Assomption à Bondy. Selon
l'étude, les parents ne
veulent plus des «vieilles méthodes
traditionnelles», ils ne sont que
17% à demander plus de sanctions. Ils réclament surtout
davantage de
dialogue (48%).
Des élèves de 5e du collège privé de
l'Assomption à Bondy. Selon
l'étude, les parents ne veulent plus des «vieilles
méthodes
traditionnelles», ils ne sont que 17% à demander plus de
sanctions. Ils
réclament surtout davantage de dialogue (48%). Crédits
photo : Le Figaro
Selon une étude de l'Apel (Association parents
d'élèves de
l'enseignement libre), l'autorité des profs est mise à
mal.
Le lien de confiance entre les parents, les élèves et les
enseignants
est «rompu», selon les conclusions d'un sondage
réalisé par le CSA pour
le compte de l'Association des parents de l'enseignement catholique
(Apel) et La Croix, auprès d'un millier de parents et
d'élèves.
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Il faut
enseigner la sociologie au lycée
par Jean-Paul Lebel,
Agrégé de sciences sociales
27.03.10
 Les Sciences
Économiques et Sociales ont été l'une des pierres
d'achoppement de la réforme du lycée. Aujourd'hui, les
arbitrages ont été rendus, mais la réflexion sur
les programmes de première et terminale n'a pas encore abouti.
Il est donc encore temps de plaider pour que la sociologie se voie
accorder une place à la hauteur des enjeux.
Il n'échappe maintenant plus à personne que les SES sont
une discipline d'enseignement général (même s'il
reste nécessaire d'insister sur cette épithète)
associant différents champs des sciences sociales, et en
particulier l'économie et la sociologie. Il a beaucoup
été dit des prétendues insuffisances de
l'enseignement de l'économie au lycée, quelques critiques
opportunes, mais aussi beaucoup d'approximations, d'erreurs et de
contre-vérités qui n'ont pas contribué à
grandir ceux qui les ont énoncées. Mais de la sociologie,
rien. Comme si elle n'était qu'accessoire, comme si elle n'avait
d'autre fonction que cet autre regard, certes nécessaire, mais
finalement secondaire, sur les considérations fondamentales
tirées de l'analyse économique des comportements humains.
Nous voulons au contraire soutenir ici la centralité de la
sociologie dans l'enseignement des SES.
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Des syndicats lycéens appellent les
élèves à «s'exprimer sur leur vision de
l'éducation» en répondant jusqu'à fin mars
à trois questions-accusations.
Vous
préférez «un lycée qui s’adapte uniquement
aux besoins du marché… ou un lycée où c’est toi
qui choisis ta filière» ? «La concurrence entre
lycées ghettos et lycées d’élite… ou une carte
scolaire qui garantit l’égalité» ? «Des profs
à la sauce Sarko, moins nombreux, moins formés… ou les
moyens d’obtenir un diplôme qui permet de s’en sortir» ?
Voilà
les questions - ouvertement orientées - de la
«votation» que proposent jusqu'à fin mars aux
lycéens plusieurs syndicats et mouvements de jeunesse: l' Union
nationale lycéenne, la Fédération
indépendante et démocratique lycéenne, Jeunesse
ouvrière chrétienne, les Jeunes communistes, les Jeunes
socialistes, les Jeunes radicaux de gauche et les Jeunes Verts.
«On
appelle trois millions de lycéens à s’exprimer sur leur
vision de l’éducation», a expliqué ce lundi lors
d’une conférence de presse le président de l’UNL, Antoine
Evennou, en dénonçant «la politique du gouvernement
de casse du service public de l’éducation». «Il
s’agit de montrer au ministre de l’Education nationale que la
majorité des lycéens refuse sa politique» et qu’il
est nécessaire de «changer de cap».
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Lycée : éco sans socio n’est que ruine
de l’âme
Par STÉPHANE BÉAUD Professeur de sociologie à
l’Ecole normale supérieure (Ulm), responsable de l’équipe
Enquêtes, terrains, théories (ETT) du centre
Maurice-Halbwachs (CNRS-EHESS-ENS)
 Pour commencer, un témoignage
personnel. Année scolaire 1983-1984 : je débute dans
l’enseignement comme «professeur stagiaire» de sciences
économiques et sociales (SES) au lycée Carnot de Dijon,
l’établissement prestigieux de la ville, comprenant les classes
préparatoires aux grandes écoles. La filière SES,
encore perçue comme roturière, n’a pas droit de
cité dans ce lycée bourgeois où le
député maire, Robert Poujade, a longtemps
été professeur de khâgne en lettres. Bien des
forces se sont liguées, avec succès, pour empêcher
la création dans ce lycée d’une section B (SES de
l’époque).
Professeur débutant, j’enseigne uniquement en classe de seconde,
deux heures par semaine, une matière appelée initiation
économique et sociale. Au fond, il s’agit de donner un
avant-goût de sciences économiques et sociales : exercice
particulièrement délicat dans un tel lycée
où les élèves ne peuvent envisager une
première B sur place. L’attention en cours est souvent
flottante, l’intérêt de la matière loin
d’être reconnu par des élèves à hautes
aspirations scolaires. Le mot d’ordre de mon maître de stage :
«bricoler», parvenir à les intéresser a
mimima. A la fin de l’année, je décide de consacrer un
cours au fonctionnement de l’institution judiciaire et d’emmener une
classe à horaire difficile (le mardi de 16 heures à 18
heures) assister à un procès au tribunal de grande
instance de la ville.
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"Expulsion
express" d'une lycéenne à Paris suite...

La
lycéenne Nanette Alanhi Bangofa,
expulsée manu militari, sans que sa famille soit
informée, après un contrôle d'identité,
alors qu'elle se rendait en cours collecte, en ce moment les papiers
nécessaires pour formuler une demande de visa. Une fois
arrivée au Congo, Nanette, se retrouve avec seulement son sac de
cours, sans bagages, sans argent pour pouvoir survivre.
Un comité de soutien s'est créé et se
démène à ses cotés. (
http://www.nanette-siegfried.org/index.php).
Par ailleurs une
association " Un visa pour Nanette". Elle collecte des fonds pour payer
les frais de retour, d'avocats, de subsistance au Congo pour
Nanette,etc... La collecte en ligne se fait par le site du comité de
soutien.
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Par BRUNO MATTEI professeur de philosophie
honoraire à Lille
 Il se
passe des choses fantastiques dans l’Education (?) nationale :
voilà qu’on annonce à grand frais que le rectorat de
Créteil, avec la bénédiction du haut-commissariat
à la Jeunesse, décide de créer des formes de
rémunérations et d’intéressements pour inciter les
élèves «décrocheurs» à se
rendre qui, au collège, qui au lycée. Il est vrai que
l’absentéisme atteint des proportions inquiétantes dans
certaines zones, au point qu’on hésite à en
«publiciser» les chiffres, de peur sans doute de donner des
idées paresseuses à ceux qui consentiraient encore
à se rendre dans leur établissement. «La
contagion des imaginations fortes», comme disait le
philosophe Malebranche a parfois des effets redoutables… On ne pouvait
vraiment pas trouver meilleure idée pour afficher que,
désormais, le savoir est un bien qui se monnaye. Sauf que dans
ce cas de figure, ce n’est pas le client qui paye, mais il est
payé - supplié pour acheter quelques bribes de savoirs
pour son utilité : s’insérer par exemple dans une
société avec l’avenir si «engageant» et si
«prometteur» que l’on sait. Mais comme la promesse est
devenue un mensonge gros comme le nez d’un clown sur un visage, on
s’arrache les cheveux en haut lieu éducatif pour savoir comment
l’école obligatoire pourra encore tenir debout.
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 Le 2 septembre, un Francilien de 10 ans
souffrant d'un oedème cérébral a été
hospitalisé après s'être pendu avec une corde
à son lit-mezzanine, vraisemblablement victime d'une variante du
jeu du foulard : une compression de la carotide par un lien ou par une
action manuelle, aux conséquences mortelles, pratiquée
dans les cours de récréation. Le docteur Christophe
Rathelot, pédopsychiatre, praticien au centre hospitalier
Edouard-Toulouse de Marseille et membre du comité scientifique
de l'Association de parents d'enfants accidentés par
strangulation (Apeas), pointe une pratique aussi dangereuse que
sous-estimée.
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François Bayrou, ancien ministre de
l’Education , s’insurge contre l’expérience d’une cagnotte
anti-absentéisme voulue par le gouvernement.
Donner
de l’argent pour que les élèves aillent en classe, c’est
une solution?
C’est une histoire de dingue. Une dérive inacceptable, un
incroyable déplacement des valeurs de nature à troubler
encore un peu plus les repères des enfants. A l’école,
l’argent ne devrait pas avoir droit de cité. L’école pour
les familles est le ieu où ce qui compte n’est pas l’argent mais
le savoir, le respect
et l’autorité. Au fond, on en arrive à considérer
que l’assiduité à l’école n’est pas une chance
offerte à l’enfant, mais une attitude à
récompenser. On ne peut pas fausser l’esprit des
élèves à ce point. Dès l’instant où
un tel principe est accepté, on peut craindre qu’il ne soit
généralisé. Les enfants diront: "je ne viens
pas parce que tu ne me donnes pas de thune!"
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Des
élèves payés pour venir au lycée !
Trois
lycées professionnels de l’académie de Créteil
expérimentent un système destiné à lutter
contre l'absentéisme. Une polémique a
démarré aussitôt.
Trois lycées professionnels de l’académie de
Créteil vont expérimenter à partir de lundi la
mise en place d’une cagnotte collective par classe pour lutter contre
l’absentéisme, a indiqué vendredi à l’AFP un
représentant du Haut commissaire à la Jeunesse,
confirmant une information du Parisien.
L'initiative fait réagir Jean-Paul Huchon, président PS
de la région Ile-de-France, qui s'inquiète vendredi des
«risques de grave dérive» liés à cette
expérimentation. «Loin de responsabiliser les
élèves, la mise en place de "cagnottes collectives"
nourrira un sentiment d'injustice entre les classes et les
différentes filières de formation avec un risque
d'accroissement des violences au sein des établissements»,
écrit-il.
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Ecole :
lettre d’un bouc émissaire à ses accusateurs publics
par
PHILIPPE MEIRIEU professeur à l’université de
Lyon

Chaque rentrée scolaire, l’école se met à l’heure
des lieux communs : inflation de clichés, bataille de
slogans, ressassement d’injures éculées. Cette cacophonie
bégayante signe le rapport compliqué que nous entretenons
avec l’éducation. Entre l’avenir de notre progéniture et
celui de la Nation, la modernité nous met en demeure de
choisir : choisir l’école de nos enfants, au risque
d’accroître la ghettoïsation; choisir parmi la multitude des
prothèses scolaires, au risque de vider la classe de son
contenu; choisir entre «donner raison au maître» et
«donner raison à ses enfants»… Tel est le prix
à payer pour l’effondrement des systèmes
théocratiques qui inscrivaient nos décisions
privées dans un projet collectif. Tel est le prix à payer
pour notre incapacité à créer un vrai service
public, associant citoyens et professionnels dans une recherche
collective exigeante.
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 Une poche qui
vibre, l'autre qui sonne. Paul, 15 ans, est toujours entre deux appels,
deux SMS. Ses deux téléphones portables en permanence en
réception. Depuis trois ans, il vit connecté. Mais sa vie
va changer. Là. Aujourd'hui ou demain. Il s'est promis de
s'offrir une conduite ; juré que sa vie de lycéen ne
ressemblerait pas à ses années collège et ne
serait pas rythmée par les confiscations.
Depuis qu'il a eu
son premier portable, il y a trois ans, Paul en est à trente ou
quarante confiscations. A vrai dire, il ne sait plus trop. Sa
fierté, c'est qu'au moins quinze fois, ses mobiles ont
échappé aux tiroirs scellés du bureau de la
principale. Ceux d'où ils ne ressortent qu'entre les mains des
parents. Quatre fois pourtant, un de ses téléphones s'est
retrouvé chez Marie-Eve Langlois, la principale du
collège George-Sand, dans le 13e arrondissement de
Paris. "Une fois, j'ai réussi à enlever la puce
avant qu'il soit ramassé. Une autre fois j'ai
négocié pour le donner le lendemain et j'ai passé
un appareil cassé. L'ennui, c'est qu'il a quand même fallu
que j'aille avec ma mère les récupérer",
raconte le jeune homme, un oeil sur le numéro de l'appelant du
moment. Dans son collège, Paul est une figure. Sympathique,
certes, mais réfractaire au règlement. Surtout en
matière de téléphonie. Une incarnation vivante du
phénomène contre lequel la principale lutte pied à
pied.
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La
vérité sur... le nouveau programme d'économie

La réforme de l'enseignement économique au
lycée réveille d'anciennes querelles entre
libéraux et partisans de l'intervention de l'Etat.
Est-on
libre dans ses choix amoureux ? L'amour, une histoire de gros sous ?
Voici comment s'ouvre le manuel Bordas 2010 de sciences
économiques et sociales (SES) destiné aux
élèves de seconde. Il s'agit de leur faire comprendre
quel peut être le regard sur un même thème du
sociologue d'une part, et de l'économiste d'autre part. Bien
distinguer les deux disciplines, économie et sociologie, c'est
l'un des points forts de la réforme de l'enseignement de
l'économie au lycée, votée en avril pour les
classes de seconde, et applicable depuis la rentrée.
Les élèves débarquant au lycée n'ont
certainement pas la moindre idée de la violente polémique
qui a accompagné cette évolution. La publication en
janvier du projet de programme a en effet suscité de très
vives réactions, notamment la démission de
François Dubet, le seul sociologue qui ait participé
à l'élaboration des programmes. « L'entreprise
apparaît moins comme un monde du travail, comme un monde social,
que sous la forme d'une unité de production plus ou moins
adaptée à des environnements mouvants »,
regrettait-il dans sa lettre de démission.
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pouhoigouvyuol
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"Kiss-in"
contre l'homophobie, le 14 février 2010 à Paris
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