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 « Les inégalités scolaires se construisent aussi dans la classe »

     Professeur en sciences de l’éducation à Paris-VIII, Jean-Yves Rochex vient de codiriger un ouvrage passionnant (1) décryptant les processus qui, au sein même des classes, participent à la fabrication des inégalités scolaires. Apprentissages différenciés, exigences implicites… Les enfants de milieux populaires sont les premiers à pâtir de ces phénomènes insidieux.

Créé en 2001, le réseau Reseida, animé par Jean-Yves Rochex, travaille sur la question de l’inégalité scolaire en s’intéressant plus spécifiquement aux inégalités d’accès aux apprentissages. Son équipe de chercheurs essaye d’ouvrir ce que certains appellent « la boîte noire » de l’école : regarder non pas seulement les inégalités une fois produites mais étudier leur fabrication dans l’ordinaire des classes, quand des élèves inégalement préparés à faire face à ce qu’on leur demande sont confrontés à des tâches préparées par des enseignants, eux-mêmes inégalement conscients des différences entre élèves… Pour cet ouvrage (1), les chercheurs ont suivi pendant plus d’un an des classes de grande section maternelle et CP, d’une part, et de CM2 d’autre part. Toujours en essayant de mettre au jour des phénomènes récurrents qui contribuent à la production de l’inégalité scolaire.

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Dissimulées ou retardées, les données sur l'école sont jugées peu fiables


Le ministère de l'éducation est soupçonné de ne laisser filtrer que les statistiques favorables à son bilan

par Maryline Baumard


  Quel est vraiment le niveau des élèves français ? A entendre le ministre lire les résultats des évaluations des élèves en CE1 et en CM2, il serait en progression. A lire les résultats internationaux, il serait plutôt en baisse...

Deux nouvelles enquêtes, l'une comparant le niveau de maîtrise de la langue entre 2003 et de 2009, l'autre entre 1997 et 2007, montrent que les lacunes des plus faibles se sont aggravées. Mais ces deux travaux attendaient dans les tiroirs du ministère de l'éducation depuis le mois de juin. C'est l'Insee qui, le 16 novembre, les a divulgués dans son Portrait social.

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Non à l’université managériale !


Par Par des personnalités du mouvement «L'appel des appels»

 

   Il devient chaque jour plus évident que la mise en place des réformes récentes au sein de l’université, de l’Education nationale et des organismes de recherche heurte de front les valeurs qui nous animent et nos missions premières : produire de la connaissance et partager le savoir.

Les paradigmes qui les sous-tendent sont ceux qui inspiraient les politiques de Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Le new public management découle des mêmes sources que les théories néolibérales. Conçu dans les multinationales, il a servi à «moderniser» les institutions et les entreprises publiques. Les réformes actuelles mettent en œuvre les mêmes principes : la rentabilité plutôt que l’intérêt général, la compétition plutôt que la coopération, la concurrence plutôt que la solidarité, l’utilité productiviste plutôt que l’amélioration du bien-être collectif.

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Le Medef n’a pas à se mêler de nos manuels
 

Par ERWAN LE NADER vice-président

  Depuis quelques semaines, les prises de positions publiques demandant la réécriture de programmes scolaires se succèdent. Après les initiatives de parlementaires «contre l’enseignement de la théorie du genre en classe de 1ère», c’est aujourd’hui Charles Beigbeder, président de la commission Entrepreneuriat du Medef, et par ailleurs secrétaire national de l’UMP, qui, dans un entretien accordé à Educpros, demande «que s’instaure un réel dialogue, régulier, entre les enseignants et les chefs d’entreprise, notamment au sein de la commission des programmes […], contre la vision négative de l’entreprise qui transparaît dans certains manuels». L’école n’a pourtant ni à faire aimer ni à faire détester l’entreprise, seulement à la faire comprendre dans sa complexité.

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« La crise de l'école capitaliste»


Pour continuer le débat, avec Jacky Dahomay


 

    Il s’git ici de poursuivre, comme nous y invite Jacky Dahomay lors des soirées du Café-Débat, les échanges engagés lors de son intervention sur « La crise de l’Ecole républicaine », en septembre 2011. N’étant pas philosophe, il n’est pas question pour moi d’aborder cette problématique du point de vue qui est très légitimement celui de JD, et dont je ne conteste pas le fond. Etant comme je l’ai déjà dit, « internationaliste » (JD dirait « cosmopolite » dans son lexique démarqué délibérément de Marx, ce qui bien évidemment n’est pas mon cas), mon propos est strictement politique, au sens citoyen, et mon point de vue ouvertement appuyé sur une conception qu’on appelait jadis « le matérialisme historique ». Ce point de vue est par ailleurs nourri par plus de 25 années d’expérience sur le terrain, comme « cadre intermédiaire» de l’Education Nationale, dans des milieux très contrastés (Seine Saint Denis, Calvados, Ardèche, Loire-Atlantique et Guadeloupe) et près de 10 années à la direction d’une « ONG » de coopération et développement (Maghreb, Palestine et Liban, Afrique subsaharienne, Amérique Latine).

 

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Comment sauver la princesse de Clèves...
 



    QUELLE PERTINENCE et quelle actualité que celles des Emotions démocratiques ! Martha Nussbaum propose en 190 pages intenses sa vision de l'éducation et des humanités, s'appuyant pour cela sur une oeuvre largement consacrée au rôle des émotions et de l'imagination dans la vie morale et politique. Son premier mérite est d'y récuser tout à la fois l'impératif débilitant de rentabilité et le conservatisme académique qui limitent les humanités aux œuvres classiques. A l'éducation tournée vers le profit, visant à doter les étudiants de capacités qui leur permettront d'évoluer dans un monde de concurrence économique mondialisée, la grande philosophe américaine oppose l'éducation pour la démocratie et l'égalité. Or, les humanités sont un outil pour la formation de citoyens capables de faire évoluer la société, de ressentir et de -critiquer les injustices.

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   Ce n'est pas la première fois que les plus rétrogrades des députés de la majorité se dressent contre la reconnaissance de l'identité de genre dans notre société. Quatre-vingt députés UMP viennent de demander au gouvernement de retirer les manuels scolaires de sciences de la vie et de la terre (SVT) qui expliquent l'impact du contexte socio-culturel sur l'identité de genre, et les limites du déterminisme chromosomique. En 2004, lors du débat sur la création de la Halde, aujourd'hui disparue, la même droite avait rejeté l'amendement socialiste visant à ajouter l'identité de genre aux motifs de discriminations à combattre. A l'appui de ce rejet, Christine Boutin avait montré du doigt la "théorie queer", dont la seule origine étrangère suffisait à discréditer les apports scientifiques.

 

L'introduction, dans les manuels scolaires de la rentrée, d'un chapitre sur l'orientation sexuelle heurte plusieurs associations familiales.

Par QUENTIN GIRARD

 

   Ce ne sont que quelques paragraphes dans des manuels de SVT de deux-cents pages mais ils font polémique depuis maintenant plus d'un mois, et cela risque de durer jusqu'à la rentrée scolaire. Début septembre, les élèves de Première ES et L auront le plaisir de découvrir un nouveau point de programme: la question du genre et de l'orientation sexuelle, dans un chapitre intitulé «Devenir homme ou femme». Une partie imposée par la Direction générale de l'enseignement scolaire et annoncée au Bulletin officiel du 30 septembre 2010.

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   Des manuels de sciences de la vie et de la Terre (SVT) viennent d'être publiés, en conformité avec les nouveaux programmes des classes de 1re ES et L, qui appellent à distinguer clairement, d'un côté, "l'identité sexuelle et les rôles sexuels", soit le sexe et le genre, et, de l'autre, "l'orientation sexuelle", soit la sexualité.
 
On y trouve donc, en termes accessibles, non seulement les développements habituels sur la reproduction, mais aussi des éléments sur la sexualité non reproductive (y compris l'homosexualité), et surtout un état des savoirs sur l'identité sexuelle, dans un chapitre dont l'intitulé ("Devenir homme ou femme") fait clairement écho à Simone de Beauvoir ("On ne naît pas femme, on le devient").
 

La prolétarisation des enseignants, au-delà du salaire

Par GUY DREUX Membre de l'Iinstitut de recherches de la FSU, FRANCIS VERGNE Membre de l'Institut de recherches de la FSU

 

   Selon Marx l’analyse de l’exploitation capitaliste ne se résumait pas à déplorer simplement une paupérisation des travailleurs. Elle consistait aussi à comprendre un mouvement de dépossession des «puissances intellectuelles de la production» au profit du capital. Marx distinguait ainsi nettement l’outil de la machine : «Le travailleur animait [l’outil] de son art et de son habileté propre, car le maniement de l’instrument dépendait de sa virtuosité. En revanche, la machine, qui possède habileté et force à la place de l’ouvrier, est elle-même désormais le virtuose, car les lois de la mécanique en elle l’ont doté d’une âme […]. L’activité de l’ouvrier, réduite à une pure abstraction, est déterminée en tous sens par le mouvement d’ensemble des machines ; l’inverse n’est plus vrai.»

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Contre l'idéologie de la compétence, l'éducation doit apprendre à penser

    Dans quelle mesure l'évolution de nos sociétés ébranle-t-elle les conditions de possibilité de l'entreprise éducative ?

Marcel Gauchet : Nous sommes en proie à une erreur de diagnostic : on demande à l'école de résoudre par des moyens pédagogiques des problèmes civilisationnels résultant du mouvement même de nos sociétés, et on s'étonne qu'elle n'y parvienne pas... Quelles sont ces transformations collectives qui aujourd'hui posent à la tâche éducative des défis entièrement nouveaux ? Ils concernent au moins quatre fronts : les rapports entre la famille et l'école, le sens des savoirs, le statut de l'autorité, la place de l'école dans la société.

A priori, famille et école ont la même visée d'élever les enfants : la famille éduque, l'école instruit, disait-on jadis. En pratique, les choses sont devenues bien plus compliquées.

Aujourd'hui, la famille tend à se défausser sur l'école, censée à la fois éduquer et instruire. Jadis pilier de la collectivité, la famille s'est privatisée, elle repose désormais sur le rapport personnel et affectif entre des êtres à leur bénéfice intime exclusif. La tâche éducative est difficile à intégrer à ce cadre visant à l'épanouissement affectif des personnes.

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Comment le système scolaire a été converti aux méthodes de gestion de l'entreprise

L'école déclasse

 

  Que l'école serve le capitalisme, ce n'est pas vraiment un scoop. Cette idée a été au centre, particulièrement dans la décennie 1965-1975, d'une série de recherches importantes. Cela avant que la critique des inégalités scolaires ne soit, au cours des années 1980-1990, mise au placard des vieilleries marxisantes par la pensée anti-68. L'ouvrage dirigé par Christian Laval doit relever deux défis : d'une part, montrer en quoi l'école capitaliste d'aujourd'hui se différencie de l'école capitaliste d'hier ; d'autre part, critiquer l'école qui se met actuellement en place sans idéaliser l'ancienne " école républicaine ". En effet, aucun domaine n'est aussi fortement imprégné, aujourd'hui, de " républicanisme ", que l'école. L'idéologie néo-républicaine, ce poison qui est en train d'envahir la pensée française, de -l'extrême gauche à l'extrême droite, avec ses relents de xénophobie, de moralisme et de nationalisme, ne se nourrit-elle pas, elle aussi, de la dénonciation, au moins verbale, du " capitalisme " ? Les auteurs se tirent plus ou moins bien de ces deux -difficultés.

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Le sexe n'est pas que construction 

 par Pascal Picq


  Décidément, les sciences de la vie et de la Terre déplaisent aux conservateurs, de droite comme de gauche. Par leurs disciplines et leurs contenus, elles se trouvent en prise avec les grandes questions touchant à la modernité de nos sociétés, à la laïcité et à la sexualité, sans oublier l'avenir de l'espèce humaine, avec les problématiques de la biodiversité et du réchauffement climatique.

Au nom de mes collègues chercheurs, je salue la pertinence et le courage - en un mot le dévouement citoyen - de nos collègues de l'éducation nationale chargés des programmes, et toutes celles et tous ceux qui oeuvrent pour un enseignement de qualité en phase avec les avancées des connaissances et des questions de société.

Il y a deux ans, je m'étonnais que, dans la perspective des nouveaux programmes, les sciences de l'observation et de l'expérimentation disparaissaient des classes de 2de, alors que se profilait le sommet de Copenhague. Ce dernier n'a pas été une réussite, et on s'en est sorti un peu mieux pour les programmes.

La polémique autour des théories de l'évolution s'est considérablement apaisée depuis 2009 (année Darwin). Remarquons néanmoins que, si les prétentions scientifiques des créationnistes ne présentaient pas un réel danger en France, sa forme plus léchée - le "dessein intelligent" - continue de faire son chemin, trop de journaux et de magazines se complaisant dans l'exercice puéril du dénigrement des sciences. C'est encore plus affligeant à propos de l'évolution dite de l'homme, toujours conçue comme un schème finalisé, téléologique. Il serait temps de lire et de comprendre Claude Lévi-Strauss, Jacques Monod et Stephen Gould.

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Bilan scolaire globalement négatif

par Pierre Merle, sociologue

  Cinq années ne se sont pas encore écoulées depuis l'élection de l'actuel président de la République, mais le bilan de la politique éducative peut déjà être réalisé dans trois domaines essentiels : l'assouplissement de la carte scolaire, la formation des maîtres, la lutte contre l'échec scolaire.

Sur la feuille de route de Xavier Darcos (ministre de l'éducation de 2007 à 2009) figurait une première grande réforme : l'assouplissement de la carte scolaire. Celle-ci poursuivait plusieurs objectifs : "donner une nouvelle liberté aux familles" ; "favoriser l'égalité des chances" ; "améliorer sensiblement la diversité sociale dans les collèges et lycées". Le ministère publie régulièrement des "chiffres clés" censés montrer la réussite de la réforme : nombre total de demandes de dérogation, proportion de demandes de boursiers satisfaites... Ces "chiffres clés" sont abondants mais lacunaires, faute d'une information simple et indispensable : quel est le nombre de boursiers bénéficiaires d'une dérogation par rapport aux non-boursiers ?

Des bilans de la réforme d'assouplissement de la carte scolaire se sont progressivement accumulés. Le premier, réalisé par deux inspecteurs généraux, est négatif : "Dans les établissements les plus convoités, il y a peu d'élèves de condition modeste ; dans les collèges les plus évités, ce sont les catégories favorisées qui ont disparu."

 

Une nouvelle voie pour le lycée

par Denis Paget

L’histoire de la démocratisation du lycée montre qu’elle n’a pu se réaliser jusqu’ici que par la création de formations originales : jadis par la création de sections modernes à côté des sections classiques, par la diversification des bacs généraux avec l’apparition de la section B devenue ES, par la création des brevets et baccalauréats de techniciens, puis des bacs technologiques, puis par les bacs professionnels qui ont fourni une bonne part du contingent des nouveaux bacheliers de la fin du dernier siècle. Depuis, le système stagne et cette stagnation est concomitante avec le resserrement progressif des séries et la forte réduction de cette diversité. Plus on a uniformisé, plus on a renforcé le poids du modèle pédagogique dominant et d’une culture scolaire congruente avec le seul public des couches moyennes et supérieures, qui n’est pas spontanément tournée vers la démocratisation. Seuls les bacs professionnels ont continué une diversification très forte en absorbant progressivement les champs couverts par des BEP aujourd’hui en voie d’extinction.

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L’historien doit connaître et faire connaître

Par PIERRE NORA Historien

Devoir de mémoire,, devoir d’histoire: deux expressions qui n’ont rien de symétrique. La deuxième est vieille comme le monde, la première ne date que d’une trentaine d’années. Elle est née avec Primo Levi, de la volonté des rescapés de rester fidèles au souvenir des morts dans les camps. Elle s’est popularisée à partir des années1980 en réaction à l’offensive négationniste. Elle s’est, depuis, dilatée jusqu’à devenir une particularité française comme pilier d’une véritable religion civile, ou civique. Comment, pourquoi?

Il y a d’abord eu les effets de ce que Annette Wieviorka a baptisé «l’ère du témoin». La prise de parole des survivants, des victimes, des revenants de l’autre monde donnait accès à l’expérience vécue: ce que ne saura jamais atteindre l’histoire traditionnelle. Mais l’ère du témoin portait dans ses flancs un renversement bien plus grand: l’affirmation que la mémoire délivrait une vérité supérieure à celle que pouvait établir la froide reconstruction critique de ce qui s’était passé comme «sens» de l’histoire

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"Eros" comptable, un cas d'école
 


  Le 21 février, un professeur de psychologie, expert en "sexualité humaine" à la Northwestern University (Chicago), invitait un couple de sado-masochistes (SM) à faire une démonstration dans son laboratoire devant une centaine d'étudiants. Une séance facultative de travaux pratiques, comme on disait jadis…
Le couple se présente dans le "labo sexuel" du professeur, muni d'un instrument qui aurait au moins suscité la curiosité du divin Marquis sinon emporté son adhésion enthousiaste, et que le milieu SM, qui a le sens du néologisme discret, appelle une "scie à foutre" (sic). A dire vrai, la chose n'est rien de plus qu'un godemichet électrique et, semble-t-il, ultra-performant. La preuve : la jeune femme de l'expérience atteint l'orgasme, nous dit-elle, en un peu moins de trois minutes, manu electricitate. CQFD. La jouissance féminine est calculable, et donc répétable à loisir.

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La nécessaire continuité
entre formation
pédagogique et formation
artistique

Par Eddy Schepens


Le Cefedem (Centre de formation des enseignants de la musique) Rhône-Alpes a tenu les 1 et 2 avril 2010 des journées d’études sur le thème : « Diffusion, création, médiation : être musicien aujourd’hui. La formation musicale supérieure dans le schéma européen ».
Eddy SCHEPENS directeur adjoint du Cefedem Rhône-Alpes, professeur de sciences de l’éducation au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, rédacteur en chef de la revue « Enseigner la musique », a bien voulu nous communiquer le texte de son intervention à ces journées d’études. Nous l’en remercions.

Certes le domaine de la musique et celui des arts plastiques ont chacun leur spécificité. Mais bien des réflexions peuvent être partagées.

En préparant cette intervention, j’ai eu une sensation un peu étrange. Vu les circonstances des réformes qui nous (pré)occupent, le « pédago » que je suis ne pouvait sans doute faire l’impasse sur le thème de la formation pédagogique des musiciens. Cherchant à introduire la réflexion que je vous propose, très parcellaire vous verrez, je pensais dire combien j’ai été constamment frappé depuis 30 ans, et le demeure, par un antagonisme tenace : « être musicien » et « être prof de musique » seraient deux choses bien différentes, parfois concurrentes.

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Pourquoi les élèves de milieux populaires n'"oseraient"-ils pas les études longues ?


par Séverine Chauvel, attachée temporaire d'enseignement et de recherche à l'EHESS et doctorante en sociologie, CMH-ENS

   Entre 1985 et 2011, le nombre de bacheliers a plus que doublé, sous l'effet des réformes éducatives visant à amener 80% d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat et de la création du baccalauréat professionnel en 1987. Cette explosion des effectifs est allée de pair avec une plus importante accession à l'enseignement secondaire général et technologique des élèves de milieux populaires. On ne peut pour autant en déduire une réduction des inégalités des parcours scolaires : les écarts sociaux de recrutement des élèves se sont creusés entre les différentes filières de l'enseignement secondaire.

Les enfants de familles de milieux populaires restent largement sous-représentés dans l'enseignement général et technologique, non seulement en raison de leurs performances scolaires inégales, mais aussi de leur origine sociale et leur établissement.

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La France dernière de l'OCDE pour l'encadrement des élèves

 

     Après la justice, c'est au tour de l'éducatio nationale de marquer un recul ans les classements internationaux. Selon une note du Centre d'analye stratégique (CAS), organisme rattaché à Matignon, notre pays est celui qui possède le plus faible nombre de professeurs par élève parmi les 34 membres de l'OCDE.

Avec 6,1 enseignants pour 100 élèves ou étudiants, la France est bonne dernière, loin derrière la Suède, connue pour son fort taux de fonctionnaires, mais aussi très en dessous de la Grèce ou du Portugal, où le taux d'encadrement monte à 9 professeurs pour 100 élèves ou étudiants. Plus précisément, si la France est dans la moyenne pour le collège et le lycée, avec un taux de 7,1 enseignant pour 100 élèves, elle dégringole pour le primaire et l'enseignement supérieur, où on ne compte que 5 enseignants pour 100 étudiants ou élèves.

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Education : la notation des enseignants remplacée par un entretien proessionnel?


par Aurélie Collas


    Les ensignants seront-ils seulement évalués par leur supérieur hiérarchique direct, les chefs d'établissement ? Un document du ministère de l'éducation nationale adressé aux chefs d'établissement mi-janvier, que Le Monde s'est procuré, sème la zizanie au sein de la communauté éducative.

Dans ce courrier, il est indiqué qu'au cours de leur carrière, les enseignants auront deux entretiens de carrière. A deux ans d'ancienneté, l'entretien visera à vérifier si l'enseignant "maîtrise" son métier, et à "définir, si nécessaire, un éventuel accompagnement". A vingt ans, "il conviendra de l'aider à se projeter sur la deuxième partie de sa carrière". Une "mobilité fonctionnelle" pourra alors lui être proposée.

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Quel bac pour quelles filières ?

 

Catherina Catsaos

    Après le bac, mieux vaut avoir choisi une filière qui ous convient.

BAC ES : FAC, PRÉPA OU GRANDE ÉCOLE
 

Droit, économie, gestion ou sciences humaines sont les destinations préférées de la plupart des bacheliers ES (économique et social). Alliant une bonne culture générale et des connaissances mathématiques, ils représentent le quart des étudiants d'université ou d'IUT, 11 % des aspirants au BTS et 13,6 % des élèves de classe préparatoire.
Un peu plus de la moitié (56,5 %) des bacheliers ES se dirigent vers l'université. Leur destination favorite est le droit-sciences politiques, les sciences économiques-gestion et AES, trois filières dans lesquelles ils représentent peu ou prou 45 % des effectifs. Ils sont également nombreux (aux alentours un quart des effectifs) en sciences humaines et sociales (histoire, philo, etc.), langues et Staps.

Les études courtes attirent un bon quart des ES. La quasi-totalité (94 %) de ceux qui choisissent d'intégrer un IUT choisit les domaines des services (GEA comme "gestion des entreprises et des administrations", "techniques de commercialisation", etc.). Et avec succès, puisque près de neuf élèves sur dix passent en deuxième année et 76 % d'entre eux parviennent au DUT en deux ans. Ceux qui sont attirés par les métiers de la communication peuvent opter pour un DUT information-communication, et compléter leur formation avec une licence pro, plus spécifique, comme "communication et médias" ou "activités et techniques de communication". En BTS, les bacheliers ES choisissent également des spécialités tertiaires comme management des unités commerciales (MUC) ou négociation et relations client (NRC).

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La lutte des âges n'est pas la nouvelle lutte des classes

 

Réponse à Louis Chauvel, à propos de son article "La jeunesse est mal partie".

   Dans Le Monde daté du 4 janvier, vous proposez un plaidoyer en faveur des jeunes qui vous conduit à recourir à tous les poncifs permettant d'opposer les générations. Votre objet est de remplacer la question sociale par la question générationnelle. A vous lire, il apparaît que l'ensemble des problèmes subis par les jeunes viennent des méchants seniors. Jouer à la guerre civile générationnelle me semble dangereux et parfaitement improductif. Permettez-moi de l'expliquer plus précisément.

D'abord, la jeunesse n'est pas Une mais multiple. C'est d'ailleurs l'une des principales erreurs méthodologiques de votre article : les générations ne sont pas des entités fixes et uniformes. Il y a de la diversité en leur sein : quoi de commun, par exemple, entre un jeune, étudiant dans une école renommée, et un autre du même âge, éjecté du système scolaire sans aucune qualification et en état d'échec ?

De même, pour forcer le trait, vous faites comme si les seniors étaient tous logés à la même enseigne, avaient tous bénéficié des trente glorieuses, de carrière rectiligne, de progression de salaire et d'un accès facile à la propriété. A vous lire, les seniors sont tous des privilégiés, qui vivent dans des cinq pièces ! Là encore, les choses sont plus compliquées : vous passez sous silence, par exemple, que la retraite moyenne en France est de 1 300 euros par mois. Et de 900 euros pour les femmes…

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par Louis Chauvel, sociologue, professeur à Sciences Po (Le grand débat)
 

   Dans les sociétés vieillissantes, la surdité aux problèmes sociaux des générations à venir peut devenir un vrai souci. Mais c'est là un symptôme plus que la cause profonde du mal, qui n'a rien de nouveau. Ce qui est inédit, en revanche, relève de la profondeur du déni d'un phénomène qui s'amplifie. Mon expérience, douze ans après la première édition du Destin des générations, me permet d'en établir le constat : depuis 1998, nous n'avons rien fait, alors que nous savions. Chaque fois, les périodes de rémission ont donné l'illusion du rétablissement, mais, en réalité, la situation s'est dégradée.
Quels sont les symptômes de ce mal-être collectif ? Les plus visibles relèvent des difficultés de la jeunesse. Nous le savons, trente-cinq ans après l'extension du chômage de masse, la jeunesse a servi de variable d'ajustement. Chômage record, baisse des salaires et des niveaux de vie, précarisation, développement de poches de travail quasi gratuit (stages, piges, free-lance, exonération de charges, etc.), nouvelle pauvreté de la jeunesse, état de santé problématique et faible recours aux soins, absence d'horizon lisible.
En une décennie, nous n'avons pas progressé - c'est une litote. Nous observons un triple déclassement. Scolaire d'abord, la jeunesse étant maintenant de classe moyenne du point de vue des diplômes, mais en deçà de la classe ouvrière du point de vue des revenus. Au-delà de la valeur des diplômes, le déclassement est aussi intergénérationnel, avec une multiplication attendue des trajectoires sociales descendantes par rapport aux parents.

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Un immense besoin d'éducation populaire

par Christian Maurel, sociologue, cofondateur du collectif national Education populaire et transformation sociale

    Où va le monde et que peuvent les hommes ? C'est à ces deux questions que l'éducation populaire tente à sa manière de répondre. En fait ces deux questions se ramènent à une seule : comment faire pour que les hommes qui sont le produit de l'Histoire – selon les cas et les moments, bénéficiaires ou victimes – puissent individuellement et collectivement faire l'Histoire et construire leur devenir commun ? La question est d'une brulante actualité. Il y a trois bonnes raisons de la poser :

1- La crise économique, sociale et écologique profonde que nous traversons nous conduit à penser que le monde ne peut rester en l'état et qu'il est urgent que les hommes reprennent collectivement leur destin en main.

2- Nous vivons un redéploiement des inégalités tant dans notre pays que sur l'ensemble de la planète. Entre les 5 % les plus riches de la Terre et les 5 % les plus pauvres, l'écart des revenus atteint 74 pour 1, contre 3 pour 1 en 1960. Ces inégalités menacent aujourd'hui l'unité du corps social.

3- La démocratie délégataire connaît une grave crise de légitimité. Les milieux populaires et les jeunes ne se sentent plus représentés et les Etats, même les plus démocratiques, sont dominés par les puissances économiques et financières qui les tiennent à leurs bottes.
 

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Hélénon au Lycée Schoelcher

   Il est venu avec le documentaire de 2002, réalisé au Ministère de l'Outremer, au cours duquel il répond aux questions de journalistes et de quelques amis, parmi lesquels on reconnait Jenny Aalpha. Il rappelle que les façades des bidonvilles qui l'ont tant marqués dans son enfance et qu'il a retrouvées en Cote-d-Ivoire , étaient riches de l'intérieur et que la formule" Expression-Bidonville" qui accompagne son œuvre est une situation esthétique qui a fait l'objet d'une relecture. Il n'esthétise pas la pauvreté, la misère. Il essaie de magnifier des éléments insignifiants, pour convoquer non pas "la beauté", qui sonne comme une fermeture, une finitude, mais pour aller vers le beau, ouverture infinie que le sens ne peut épuiser. Il dit aussi qu'il s'insurge contre l'idée que tout aurait été dit en peinture. Il dit encore la nécessité d'une école Négro-Caribéenne, qui affirme une façon de voir,  de ressentir,  de penser ,de dire, de réaliser des œuvres ancrées dans une identité afro-caribéenne, non pour faire du négrisme mais pour être soi. Il dit d'une autre manière que " L'heure d'être nous-mêmes à sonné". Il dit aussi qu'il est dans l'appropriation des éléments, qu'au commencement étaient le noir et le blanc, la matière et la lumière, et que la dynamique des deux a donné la vie. Il dit des couleurs qu'elles sont au service du noir, qu'elles ont pour mission de le mettre en valeur, qu'elles lui sont, rouge ou bleu, primaires de toutes façons,, totalement subordonnées. Il dit, il dit... et ils écoutent  les réponses à leurs questions : qui vous a inspiré? Qui parmi les peintres vous a influencé? Que cherchez-vous à nous dire? Comment vous y prenez-vous pour commencer une œuvre?, questions  parfois naïves, parfois profondes auxquelles il se prête volontiers, peut-être en souvenir de ce qu'il a été, avant la retraite : enseignant! Quelques professeurs relaient les questions mais ce sont eux qui mènent le jeux. "Il" c'était Serge Hélénon. "Eux" étaient les élèves du Lycée Schoelcher. Quelqu'un a dit que le travail de Serge Hélénon, s'inscrivait contre une vision occidentale de l'art, qu'il était inspiré par l'Afrique et la Caraïbe, qu'il était en tension permanente vers ce que l'artiste appelle le "beau",  que l'œuvre dépassait le peintre et que par là-même il touchait l'universel.

R.S. 

De la difficulté d'enseigner la Shoah
 

  Des professeurs qui se plaignent de ne pouvoir aborder le sujet sans déclencher, chez certains de leurs élèves, des remarques antisémites. Un président de la République qui, face aux critiques, doit renoncer à son idée de "confier la mémoire d'un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah" à chaque élève de CM2. Une enseignante d'un lycée de Nancy suspendue pour quatre mois en raison d'un surinvestissement supposé dans l'enseignement de ce chapitre de l'histoire du XXe siècle (Le Monde du 3 septembre). Depuis quelques années, la place occupée à l'école par le génocide des juifs fait l'objet de débats dont l'écho résonne à intervalles réguliers sur la scène médiatique.

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30% des élèves de quartiers populaires mal à l'aise à l'école
 

REUTERS/Jean-Paul Pelissier

 35,9% des élèves interrogés ont mal au ventre avant d'aller en cours.

La boule au ventre. Les deux tiers des élèves de primaire et de collège des quartiers populaires aiment peu, pas trop ou pas du tout aller à l'école. Plus d'un tiers déclare avoir mal au ventre avant d'y aller. C'est ce qu'indique le baromètre Trajectoires/ Afev publié ce mercredi.
L'Afev
L'Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev) regroupe 7500 étudiants aidant bénévolement 10000 enfants scolarisés dans le système d'éducation prioritaire.

A la question "aimes-tu aller à l'école ou au collège", 73,3% répondent "un peu, pas trop ou pas du tout". Les collégiens sont même 82,5% à exprimer cette réponse. Publié dans le cadre de la troisième Journée du refus de l'échec scolaire, ce sondage a été réalisée en face à face auprès d'un échantillon de 760 élèves du primaire et de collège issus de quartiers populaires et suivis par un étudiant de l'Afev (voir l'encadré).

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La maternelle, fer de lance de la lutte contre l'illettrisme


 

 Luc Chatel réunit les inspecteurs de maternelle pour définir le rôle de cette exception française.

Dans la longue liste des exceptions françaises, la maternelle fait figure d'enfant chérie: «Le monde entier nous l'envie.» Comme si, dans la crise récurrente qui mine l'école française, la maternelle avait miraculeusement échappé au massacre. Ou comme si la spécificité de cette structure accueillant les tout jeunes enfants empêchait que l'on y mesure les dégâts qui, ailleurs, apparaissent très concrètement sous forme de violence ou d'illettrisme. Toucher à l'école maternelle est même une entreprise à risque, tant celle-ci symbolise tout à la fois l'égalité républicaine, l'émancipation des femmes et les progrès de la psychologie infantile.

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Les enfants inégaux devant le vocabulaire

 

Par Natacha Polony

   Un enfant de 6 ans qui arriveen cours préparatoire devrait maîtriser environ1 000 mots.

Des ouvrages livrent aux parents les clés de l'entrée pour leur enfant dans le langage oral et la lecture dès la maternelle.

Vers 6 ans, au moment de l'entrée en cours préparatoire, les enfants, nous disent les spécialistes, sont censés maîtriser environ 1000 mots. Derrière cette moyenne se loge toute l'injustice qui condamne certains enfants à la difficulté. Car les moins bien lotis n'en maîtrisent en fait que 500, et ceux dont le vocabulaire est le plus riche en accumulent 2500. Un trésor, dans la tête d'un enfant, qui révèle sa compréhension du monde par la capacité à le nommer.

La carence de vocabulaire des collégiens et lycéens - et même des étudiants - est un phénomène constaté par la très grande majorité des professeurs. Mais c'est dès la maternelle que se joue l'accès à la langue, dans la mesure où un retard précoce n'est que rarement comblé. C'est un des constats que dresse le linguiste Alain Bentolila, dans son dernier ouvrage, Parle à ceux que tu n'aimes pas (Odile Jacob), sous-titré Le défi de Babel, pour souligner combien le code commun que constituent la grammaire et le vocabulaire est l'unique moyen d'engager un dialogue avec l'autre, celui qui n'a pas les mêmes références ni les mêmes préoccupations que nous.

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"On achève bien les écoliers",

de Peter Gumbel : les désarrois de l'élève français


  Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! En l'occurrence, le sniper de Sa Gracieuse Majesté - Peter Gumbel - est un ancien grand reporter de Time Magazine en France, devenu professeur à l'école de journalisme de Sciences Po Paris. Mais il est surtout le père de deux filles qui ont fait leur scolarité dans des établissements français.

C'est donc en tant qu'utilisateur avisé qu'il critique notre système scolaire de l'intérieur, critique enrichie par une enquête comparative hors du cadre hexagonal. Il n'est d'ailleurs pas inutile de signaler que, malgré son titre, l'essai de Peter Gumbel n'a rien à voir avec les brûlots qui fleurissent à chaque rentrée scolaire et dont les auteurs, aveuglés par leur haine de l'école pour tous, c'est-à-dire de l'élève en difficulté, ont perdu tout sens du discernement.

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"Regards sur l'Afrique" en histoire-géographie

 

par Elisabeth Landi

 

La énième polémique au sujet de l’enseignement de l’histoire en France et notamment des nouveaux programmes d’histoire de la classe de 5ème enfle en France.

Elle a été relayée par des nombreux éditoriaux de journaux nationaux français et hier soir sur Tempo par l’émission « C dans l’air ». Vu d’ici cela pourrait paraître anecdotique et lointain et pourtant cela nous concerne à plus d’un titre.

Tout d’abord parce que les programmes sont nationaux et qu’ils sont appliqués dans les collèges martiniquais.

Ensuite parce qu’il s’agit de l’introduction d’éléments de l’histoire africaine et que cela est assez important pour que cela soit souligné par nous.

Enfin, parce que cette polémique révèle encore une fois comment certains Français ont encore beaucoup de mal à intégrer la réalité d’une France multiculturelle que le vivre ensemble condamne à prendre à compte.

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Attention, rentrée dangereuse !


Par GILLES CERVERA Directeur de Maison d'enfants à caractère social (Mecs), président du Réseau national des communautés éducatives (RNCE).


  Pour une rupture, c’est une rupture. La rentrée 2010 rompt avec cent trente ans de jules-ferrysme. Les professeurs seront en septembre les fonctionnaires d’un Etat tellement économe qu’il aura économisé jusqu’à leur année de formation. S’ouvre l’ère des professeurs sans filet ! Juste au moment où les ados de notre pays comme ceux du monde entier sont devenus des êtres doux et dociles, au moment où les enfants de 3 ans s’avèrent des petits angelots qui disent bonjour à la dame et non merci au monsieur. Juste quand l’incivilité recule et que les couteaux rentrent dans leurs fourreaux, pile quand les inégalités sociales disparaissent. Attention rentrée dangereuse !

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Education nationale : le constat alarmant de l'inspection générale

   Education nationale : le constat alarmant de l'inspection générale
Trois " sages " de la Rue de Grenelle pointent les " tensions " créées par la baisse constante du nombre d'enseignants

Un rapport de l'inspection générale, destiné à rester confidentiel, critique violemment la politique éducative du gouvernement. " Malaise ", choix budgétaires qui " préparent assez peu l'avenir ", cette " Synthèse sur la préparation de la rentrée scolaire 2010 ", signée de trois " sages " de la Rue de Grenelle, jette un pavé dans la mare.

Cette " fuite " orchestrée, révélée presque simultanément, vendredi 10 septembre, par l'Agence France-Presse et l'Agence éducation formation, est l'indice que les évolutions du système éducatif suscitent des préoccupations jusqu'au sein de la haute hiérarchie du ministère de l'éducation, d'ordinaire plutôt acquise au ministre.

Ce travail tombe quelques jours après une rentrée un peu particulière. Pour la première fois, sont arrivés devant des élèves 14 000 jeunes enseignants stagiaires qui n'ont reçu aucune formation pédagogique préalable. Le tout sur fond de baisse constante du nombre d'enseignants, puisque la politique de non-renouvellement de la moitié des départs en retraite - en vigueur depuis 2007 - fait de plus en plus sentir ses effets. Et ce alors que le nombre d'élèves recommence à grossir, conséquence de la bonne tenue de la démographie française depuis les années 2000.

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Pour progresser en français, arrêtez de réviser !


Je n’hésite jamais à le déclarer, le diplôme est l’ennemi mortel de la culture. Plus les diplômes ont pris d’importance dans la vie (et cette importance n’a fait que croître à cause des circonstances économiques), plus le rendement de l’enseignement a été faible.” Voici ce que dit Paul Valéry, dans son texte “Le bilan de l’intelligence” de 1935, au sujet du baccalauréat. En effet, selon lui, le problème avec le bac, c’est que le but des études devient son obtention, et non plus la formation de l’esprit. Or les deux objectifs sont incompatibles, puisque l’acquisition du diplôme suppose l’usage de toute une série d’expédients ou, si vous préférez, de “trucs et astuces”, contraires à la véritable réflexion.

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Enseignants et parents ne se comprennent plus

 Par Marie-Estelle Pech


  Des élèves de 5e du collège privé de l'Assomption à Bondy. Selon l'étude, les parents ne veulent plus des «vieilles méthodes traditionnelles», ils ne sont que 17% à demander plus de sanctions. Ils réclament surtout davantage de dialogue (48%).
Des élèves de 5e du collège privé de l'Assomption à Bondy. Selon l'étude, les parents ne veulent plus des «vieilles méthodes traditionnelles», ils ne sont que 17% à demander plus de sanctions. Ils réclament surtout davantage de dialogue (48%). Crédits photo : Le Figaro
Selon une étude de l'Apel (Association parents d'élèves de l'enseignement libre), l'autorité des profs est mise à mal.

Le lien de confiance entre les parents, les élèves et les enseignants est «rompu», selon les conclusions d'un sondage réalisé par le CSA pour le compte de l'Association des parents de l'enseignement catholique (Apel) et La Croix, auprès d'un millier de parents et d'élèves.

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Il faut enseigner la sociologie au lycée

par Jean-Paul Lebel, Agrégé de sciences sociales
27.03.10

 Les Sciences Économiques et Sociales ont été l'une des pierres d'achoppement de la réforme du lycée. Aujourd'hui, les arbitrages ont été rendus, mais la réflexion sur les programmes de première et terminale n'a pas encore abouti. Il est donc encore temps de plaider pour que la sociologie se voie accorder une place à la hauteur des enjeux.

Il n'échappe maintenant plus à personne que les SES sont une discipline d'enseignement général (même s'il reste nécessaire d'insister sur cette épithète) associant différents champs des sciences sociales, et en particulier l'économie et la sociologie. Il a beaucoup été dit des prétendues insuffisances de l'enseignement de l'économie au lycée, quelques critiques opportunes, mais aussi beaucoup d'approximations, d'erreurs et de contre-vérités qui n'ont pas contribué à grandir ceux qui les ont énoncées. Mais de la sociologie, rien. Comme si elle n'était qu'accessoire, comme si elle n'avait d'autre fonction que cet autre regard, certes nécessaire, mais finalement secondaire, sur les considérations fondamentales tirées de l'analyse économique des comportements humains. Nous voulons au contraire soutenir ici la centralité de la sociologie dans l'enseignement des SES.

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 Des syndicats lycéens appellent les élèves à «s'exprimer sur leur vision de l'éducation» en répondant jusqu'à fin mars à trois questions-accusations.

Vous préférez «un lycée qui s’adapte uniquement aux besoins du marché… ou un lycée où c’est toi qui choisis ta filière» ? «La concurrence entre lycées ghettos et lycées d’élite… ou une carte scolaire qui garantit l’égalité» ? «Des profs à la sauce Sarko, moins nombreux, moins formés… ou les moyens d’obtenir un diplôme qui permet de s’en sortir» ?

Voilà les questions - ouvertement orientées - de la «votation» que proposent jusqu'à fin mars aux lycéens plusieurs syndicats et mouvements de jeunesse: l' Union nationale lycéenne, la Fédération indépendante et démocratique lycéenne, Jeunesse ouvrière chrétienne, les Jeunes communistes, les Jeunes socialistes, les Jeunes radicaux de gauche et les Jeunes Verts.

«On appelle trois millions de lycéens à s’exprimer sur leur vision de l’éducation», a expliqué ce lundi lors d’une conférence de presse le président de l’UNL, Antoine Evennou, en dénonçant «la politique du gouvernement de casse du service public de l’éducation». «Il s’agit de montrer au ministre de l’Education nationale que la majorité des lycéens refuse sa politique» et qu’il est nécessaire de «changer de cap».

 

Lycée : éco sans socio n’est que ruine de l’âme



Par STÉPHANE BÉAUD Professeur de sociologie à l’Ecole normale supérieure (Ulm), responsable de l’équipe Enquêtes, terrains, théories (ETT) du centre Maurice-Halbwachs (CNRS-EHESS-ENS)

    Pour commencer, un témoignage personnel. Année scolaire 1983-1984 : je débute dans l’enseignement comme «professeur stagiaire» de sciences économiques et sociales (SES) au lycée Carnot de Dijon, l’établissement prestigieux de la ville, comprenant les classes préparatoires aux grandes écoles. La filière SES, encore perçue comme roturière, n’a pas droit de cité dans ce lycée bourgeois où le député maire, Robert Poujade, a longtemps été professeur de khâgne en lettres. Bien des forces se sont liguées, avec succès, pour empêcher la création dans ce lycée d’une section B (SES de l’époque).

Professeur débutant, j’enseigne uniquement en classe de seconde, deux heures par semaine, une matière appelée initiation économique et sociale. Au fond, il s’agit de donner un avant-goût de sciences économiques et sociales : exercice particulièrement délicat dans un tel lycée où les élèves ne peuvent envisager une première B sur place. L’attention en cours est souvent flottante, l’intérêt de la matière loin d’être reconnu par des élèves à hautes aspirations scolaires. Le mot d’ordre de mon maître de stage : «bricoler», parvenir à les intéresser a mimima. A la fin de l’année, je décide de consacrer un cours au fonctionnement de l’institution judiciaire et d’emmener une classe à horaire difficile (le mardi de 16 heures à 18 heures) assister à un procès au tribunal de grande instance de la ville.

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"Expulsion express" d'une lycéenne à Paris suite...

  La lycéenne Nanette Alanhi Bangofa, expulsée manu militari, sans que sa famille soit informée, après un contrôle d'identité, alors qu'elle se rendait en cours collecte, en ce moment les papiers nécessaires pour formuler une demande de visa. Une fois arrivée au Congo, Nanette, se retrouve avec seulement son sac de cours, sans bagages, sans argent pour pouvoir survivre.
Un comité de soutien s'est créé et se démène à ses cotés. ( http://www.nanette-siegfried.org/index.php).

Par ailleurs une association " Un visa pour Nanette". Elle collecte des fonds pour payer les frais de retour, d'avocats, de subsistance au Congo pour Nanette,etc... La collecte en ligne se fait par le site du comité de soutien.

 

 

Lycéen, un petit boulot comme un autre

 

Par BRUNO MATTEI professeur de philosophie honoraire à Lille

  Il se passe des choses fantastiques dans l’Education (?) nationale : voilà qu’on annonce à grand frais que le rectorat de Créteil, avec la bénédiction du haut-commissariat à la Jeunesse, décide de créer des formes de rémunérations et d’intéressements pour inciter les élèves «décrocheurs» à se rendre qui, au collège, qui au lycée. Il est vrai que l’absentéisme atteint des proportions inquiétantes dans certaines zones, au point qu’on hésite à en «publiciser» les chiffres, de peur sans doute de donner des idées paresseuses à ceux qui consentiraient encore à se rendre dans leur établissement. «La contagion des imaginations fortes», comme disait le philosophe Malebranche a parfois des effets redoutables… On ne pouvait vraiment pas trouver meilleure idée pour afficher que, désormais, le savoir est un bien qui se monnaye. Sauf que dans ce cas de figure, ce n’est pas le client qui paye, mais il est payé - supplié pour acheter quelques bribes de savoirs pour son utilité : s’insérer par exemple dans une société avec l’avenir si «engageant» et si «prometteur» que l’on sait. Mais comme la promesse est devenue un mensonge gros comme le nez d’un clown sur un visage, on s’arrache les cheveux en haut lieu éducatif pour savoir comment l’école obligatoire pourra encore tenir debout.

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 Le 2 septembre, un Francilien de 10 ans souffrant d'un oedème cérébral a été hospitalisé après s'être pendu avec une corde à son lit-mezzanine, vraisemblablement victime d'une variante du jeu du foulard : une compression de la carotide par un lien ou par une action manuelle, aux conséquences mortelles, pratiquée dans les cours de récréation. Le docteur Christophe Rathelot, pédopsychiatre, praticien au centre hospitalier Edouard-Toulouse de Marseille et membre du comité scientifique de l'Association de parents d'enfants accidentés par strangulation (Apeas), pointe une pratique aussi dangereuse que sous-estimée.

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Bayrou: "Ils sont devenus fous"

  François Bayrou, ancien ministre de l’Education , s’insurge contre l’expérience d’une cagnotte anti-absentéisme voulue par le gouvernement.

Donner de l’argent pour que les élèves aillent en classe, c’est une solution?
C’est une histoire de dingue. Une dérive inacceptable, un incroyable déplacement des valeurs de nature à troubler encore un peu plus les repères des enfants. A l’école, l’argent ne devrait pas avoir droit de cité. L’école pour les familles est le ieu où ce qui compte n’est pas l’argent mais le savoir, le respect
et l’autorité. Au fond, on en arrive à considérer que l’assiduité à l’école n’est pas une chance offerte à l’enfant, mais une attitude à récompenser. On ne peut pas fausser l’esprit des élèves à ce point. Dès l’instant où un tel principe est accepté, on peut craindre qu’il ne soit généralisé. Les enfants diront: "je ne viens pas parce que tu ne me donnes pas de thune!"

 

Des élèves payés pour venir au lycée !

 

Trois lycées professionnels de l’académie de Créteil expérimentent un système destiné à lutter contre l'absentéisme. Une polémique a démarré aussitôt.

Trois lycées professionnels de l’académie de Créteil vont expérimenter à partir de lundi la mise en place d’une cagnotte collective par classe pour lutter contre l’absentéisme, a indiqué vendredi à l’AFP un représentant du Haut commissaire à la Jeunesse, confirmant une information du Parisien.

L'initiative fait réagir Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France, qui s'inquiète vendredi des «risques de grave dérive» liés à cette expérimentation. «Loin de responsabiliser les élèves, la mise en place de "cagnottes collectives" nourrira un sentiment d'injustice entre les classes et les différentes filières de formation avec un risque d'accroissement des violences au sein des établissements», écrit-il.

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Ecole : lettre d’un bouc émissaire à ses accusateurs publics

par PHILIPPE MEIRIEU professeur à l’université de Lyon

  Chaque rentrée scolaire, l’école se met à l’heure des lieux communs : inflation de clichés, bataille de slogans, ressassement d’injures éculées. Cette cacophonie bégayante signe le rapport compliqué que nous entretenons avec l’éducation. Entre l’avenir de notre progéniture et celui de la Nation, la modernité nous met en demeure de choisir : choisir l’école de nos enfants, au risque d’accroître la ghettoïsation; choisir parmi la multitude des prothèses scolaires, au risque de vider la classe de son contenu; choisir entre «donner raison au maître» et «donner raison à ses enfants»… Tel est le prix à payer pour l’effondrement des systèmes théocratiques qui inscrivaient nos décisions privées dans un projet collectif. Tel est le prix à payer pour notre incapacité à créer un vrai service public, associant citoyens et professionnels dans une recherche collective exigeante.

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trouver des moyens pour utiliser les téléphones pour délivrer des cours et améliorer l’apprentissage  Une poche qui vibre, l'autre qui sonne. Paul, 15 ans, est toujours entre deux appels, deux SMS. Ses deux téléphones portables en permanence en réception. Depuis trois ans, il vit connecté. Mais sa vie va changer. Là. Aujourd'hui ou demain. Il s'est promis de s'offrir une conduite ; juré que sa vie de lycéen ne ressemblerait pas à ses années collège et ne serait pas rythmée par les confiscations.

Depuis qu'il a eu son premier portable, il y a trois ans, Paul en est à trente ou quarante confiscations. A vrai dire, il ne sait plus trop. Sa fierté, c'est qu'au moins quinze fois, ses mobiles ont échappé aux tiroirs scellés du bureau de la principale. Ceux d'où ils ne ressortent qu'entre les mains des parents. Quatre fois pourtant, un de ses téléphones s'est retrouvé chez Marie-Eve Langlois, la principale du collège George-Sand, dans le 13e arrondissement de Paris. "Une fois, j'ai réussi à enlever la puce avant qu'il soit ramassé. Une autre fois j'ai négocié pour le donner le lendemain et j'ai passé un appareil cassé. L'ennui, c'est qu'il a quand même fallu que j'aille avec ma mère les récupérer", raconte le jeune homme, un oeil sur le numéro de l'appelant du moment. Dans son collège, Paul est une figure. Sympathique, certes, mais réfractaire au règlement. Surtout en matière de téléphonie. Une incarnation vivante du phénomène contre lequel la principale lutte pied à pied. 

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La vérité sur... le nouveau programme d'économie


La réforme de l'enseignement économique au lycée réveille d'anciennes querelles entre libéraux et partisans de l'intervention de l'Etat.

   Est-on libre dans ses choix amoureux ? L'amour, une histoire de gros sous ? Voici comment s'ouvre le manuel Bordas 2010 de sciences économiques et sociales (SES) destiné aux élèves de seconde. Il s'agit de leur faire comprendre quel peut être le regard sur un même thème du sociologue d'une part, et de l'économiste d'autre part. Bien distinguer les deux disciplines, économie et sociologie, c'est l'un des points forts de la réforme de l'enseignement de l'économie au lycée, votée en avril pour les classes de seconde, et applicable depuis la rentrée.
Les élèves débarquant au lycée n'ont certainement pas la moindre idée de la violente polémique qui a accompagné cette évolution. La publication en janvier du projet de programme a en effet suscité de très vives réactions, notamment la démission de François Dubet, le seul sociologue qui ait participé à l'élaboration des programmes. « L'entreprise apparaît moins comme un monde du travail, comme un monde social, que sous la forme d'une unité de production plus ou moins adaptée à des environnements mouvants », regrettait-il dans sa lettre de démission.

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"Kiss-in" contre l'homophobie, le 14 février 2010 à Paris