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Dieudonné entouré du service d'ordre du Front National à la fête des Bleu Blanc Rouge le dimanche 12 novembre 2006 

 

Ni Dieudonné ni maître


par Pierre Pinalie


 

Décidément, il est préférable d’attendre patiemment d’avoir des preuves plutôt que de se lancer nerveusement dans des pamphlets dénonciateurs. En ce qui concerne l’individu Dieudonné, la récente accolade entre le lieutenant tortionnaire de la guerre d’Algérie et le triste amuseur parrain d’une petite maffia antisémite est la démonstration qu’on pouvait attendre du parallélisme raciste entre le vieux blanc breton et le jeune noir métis. Et la chose n’a rien de surprenant pour ceux qui ont vu très tôt un escroc méchant dans la personne de l’artiste raté fils de l’Afrique mythique et d’une mère désespérément blanche.

L’agression d’un clown triste

On peut donc se poser la question de savoir pourquoi une petite horde de militants mal-voyants ont fait une haie d’honneur au responsable d’un groupe de délinquants agressifs capables d’arpenter les ruelles du quartier juif, dans le 4ème arrondissement de Paris, afin de défier, d’insulter et de provoquer les riverains, « vanvini » sémites et majoritairement citoyens de la « douce France. » Comment pouvait-on acclamer un multi-condamné en faisant de lui un héros de la Négritude qui va se retrouver dans les bras d’un fasciste professionnel ?

Certes, les trois ou quatre jeunes gens qui avaient agressé le clown triste sur le parking d’ATV avaient commis une erreur qui leur avait même coûté leur liberté pendant quelque temps, mai il y a un regrettable paradoxe dans le fait que le plus coupable de tous, l’amuseur sans humour, dispose, lui, d’une totale latitude pour exercer sa méchanceté contre Élie Sémoun, amuseur authentique, et contre Arthur, vedette moins sympathique mais non coupable de bassesses. Dans tout cela, le plus renversant est le brevet de martinicanité qui lui avait été attribué par quelques analystes myopes et par des partisans aveugles du Hezbollah antisémite, mouvement chiite fondamentaliste plus assassin encore que Tsahal, l’armée mitrailleuse de civils libanais.

Dans l’actuelle société en pleine dérive droitière, dans le libéralisme privatiseur et dangereux, dans le chômage, l’appauvrissement et le mépris des basses classes banlieusardes, qui peut se rapprocher du Front National, extrême–droite pétainiste au ton dictatorial ? Là se trouve le scandale du comportement d’un Dieudonné noyé maintenant dans le bleu-blanc-rouge après être passé en Martinique et avoir bénéficié d’une complicité noire, militante et anticolonialiste. Peut-être faudrait-il aussi demander à Doc Gynéco pourquoi il ne craint pas de se faire karchériser par le fils d’immigré hongrois prêt à nettoyer la France de tous les « vanvini » …

Sulon van latjé poul panché

En outre, il avait été question pour le lepéniste coloré d’une participation à l’élection présidentielle, et celle-ci avait entraîné l’adhésion de certains intellectuels locaux, ce qui pose le problème de savoir comment on peut avoir de la sympathie pour un personnage aussi peu brillant que peu aimable, aussi dangereux que ridicule. Bien sûr, qu’aient pu voter pour lui certains tragiques citoyens déguisés sous un pseudonyme, distillant leur haine du blanc et du juif à travers leurs textes puérils et leurs interventions déplacées dans toute conférence intelligente, cela aurait été tout à fait prévisible.

On se trouve donc, présentement, dans un embrouillamini idéologique où les opinions mal fondées varient avec les comportements des plus célèbres qui changent avec le vent comme la queue d’une poule. Cependant, si l’on cherche une idée directrice au centre de tous ces mouvements, on retombe malheureusement toujours sur le même axe. Et cet axe semble être le même mépris, la dénonciation permanente du colonialisme français aux Antilles, et de la domination juive en France. C’est ainsi que se produit l’assimilation d’un fait à l’autre, et la confusion du juif et du blanc. Et c’est sans doute pour cela que Dieudonné a bénéficié d’un bon accueil lors de sa venue en Martinique.

En conclusion, on se trouve devant un nationalisme ethnique, monoethnique d’un côté face au blanc, et polyethnique de l’autre côté face au juif. Nos vociférateurs locaux se gargarisent avec une créolité colorée face à la peau rose des « venants d’ailleurs », tandis que les dieudonnistes colorés de l’autre bord s’allient aux fascistes blancs, pour s’opposer au judaïsme qu’ils assimilent à une forme de colonialisme intérieur. Et l’horreur de tout cela, c’est le communautarisme qui se dégage, dressant chaque groupe contre les autres en jetant de l’huile sur le feu qui commence à embraser la société.

Faut-il continuer d’écouter les militants qui ont reçu Dieudonné comme une victime du racisme alors qu’il en est un représentant actif ? Faut-il continuer de suivre les racistes débiles qui cherchent toujours une victime à mépriser ? Faut-il continuer de tolérer les vieux perroquets radoteurs et les insulteurs condamnés qui diffusent anonymement des fausses nouvelles antifrançaises ? Non !!! Il faut les faire taire, les repousser et se tourner vers la démocratie tolérante, accueillante où TOUTES les opinions sont respectables quand elles sont respectablement émises .

15/11/06