RÉPONSE A DEUX
« PSYCHANALYSTES »
Au silence (provisoire ?) du
«quarteron des petits - blancs des
dernières colonies françaises » a
succédé la « motion ethnique »
d’un conglomérat d’enseignants
originaires de France, qui sévissent
à l’Université des Antilles
et de la Guyane... Et puis voilà (cf
F-A du samedi 30 décembre 2006)
que deux individus se disant « psychanalystes membres
du Groupe Antillais de recherche
d’Etude et de Formation Psychanalytique
( ??) » tentent de relancer
la campagne visant à médiatiquement
lyncher Raphaël Confiant.
« En être ou ne pas être de... ?
En tant que quoi, que qui ? »
telles sont les questions posées
par ces dames revêtant la tenue
de psychanalystes.
Faisant partie de ceux qui ont manifesté
leur solidarité avec Confiant,
je réponds que je suis de la mouvance
de ceux et celles qui œuvrent
pour que la Martinique, leur pays,
accède à l’exercice de son droit
à une souveraineté nationale lui permettant
d’établir avec la France comme
avec le reste du monde des relations
plurielles de respect et d’intérêt
mutuels.
« En tant que qui ? »...
Ma réponse est qu’en tant qu’‘intellectuel
martiniquais je fais mienne la phrase
de mon compatriote FRANTZ FANON :
« Chaque génération doit, dans
une relative opacité, découvrir sa
mission, la remplir ou la trahir ».
La mission que je veux remplir, c’est
celle de contribuer à paver le chemin
qui conduira un jour le peuple martiniquais,
auquel j’appartiens, à
la jouissance de son identité nationale,
pleine et entière, et non à
l’appropriation de cette identité
qui n’est qu’un leurre
quand elle n’est considérée
que tel un « en-soi » conçu
sans relations consubstantielles avec
les droits et devoirs que procure
l’exercice de la souveraineté
nationale.
C’est cette dichotomie que les
« petits - blancs des dernières
colonies françaises » de tous
poils s’acharnent à opérer
...Et c’est pourquoi, à travers
Raphaël Confiant, ils tentent de disqualifier
ceux et celles pour qui « identité
culturelle » et « identité
nationale » sont les deux faces
inséparables d’une même
médaille.
Autre confusion sciemment entretenue
par ces gens-là, c’est de brandir
le spectre du « communautarisme »
.. N’en déplaise à ceux qui
ne nous considèrent que comme « une
communauté » au sein du peuple
français, il existe un peuple martiniquais,
une nation martiniquaise même
si - c’est vrai - la conscience
nationale martiniquaise a un certain
retard sur l’existence objective
de la réalité nationale martiniquaise.
Que dire enfin du courrier de ces
dames qui se veulent psychanalystes ?
On a là affaire à un flot de
propos qu’on pourrait qualifier
de bouffée délirante : « énoncés
destructeurs, tueurs, kamikazes au
même titre que les machettes ou les
bombes « ; « tribu
Ka, groupe noir raciste et antisémite » ;
« gang des barbares [de
Cachan] qui s’est illustré par
l’assassinat d’un juif » ; « le
Rwanda où les intellectuels Hutus
ont préparé le génocide par des propos,
des chants, des sketches racistes
envers les Tutsis dénommés « cancrelats »
... véritable logorrhée jaillie
du subconscient de ces « psychanalystes »
dont une psychanalyse appropriée révélerait
sans doute les étranges soubassements..
Daniel Boukman , écrivain, militant
culturel martiniquais.
PS : Il est significatif que
de cette litanie soient absents l’ostracisme
et les diverses violences que, depuis
sa création jusqu’aux jours
d’aujourd’hui, l’Etat
d’Israël, adepte de la « pureté
ethnique », n’a de cesse
d’exercer à l’encontre
des Palestiniens
N.D.L.R. :
Quelques remarques sur la méthode
:
1°) L'agresseur est
transformé en victime puisque R. Confiant
assimilant les juifs à des innommables,
serait devenu l'objet d'une "campagne
visant à médiatiquement [le] lyncher"
2°) Tentative
de disqualification des auteures :
"deux individus se disant
psychanalystes", agrémentée
de machisme "ces
dames qui se veulent psychanalystes"
Personne n a jamais écrit :
Daniel Boukman un individu se
disant "écrivain",
"militant culturel (??)".
Là encore il s'agit
de faire douter de l'identité, du
nom même, dans la logique du texte
qui aboutit à faire des juifs des
innommables.
3°) Utilisation abondante
des guillemets pour signifier la distance,
la suspicion et de termes dévalorisants
: "Ces gens-là"
4°) Position de surplomb
D. Boukman conseille aux deux psychanalystes
martiniquaises une psychanalyse "appropriée"
et porte le diagnostic de " bouffées
délirantes" ce qui suppose qu'il
en sache quelque chose de ce que serait
une psychanalyse, et qui plus est,
"appropriée" ! On attend
avec intérêt les développements.
Roland Sabra