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D’un silence embarrassé au mépris semi définitif

 par CLA

 

Un quarteron d’écervelés feignent la surprise et la consternation en découvrant que Dieudonné, le célèbre  pitre médiatique a éprouvé le besoin de se commettre en public avec le sinistre Le Pen  le représentant le plus authentique, le plus déterminé le plus dangereux de l’extrême droit française.

Un écrivain martiniquais non moins médiatique se croit obligé d’élucubrer pour faire savoir qu’il comprend Dieudonné qui, à son docte avis, serait   durement confronté à des problèmes existentiels liés à son métissage.

Pour l’honneur de l’esprit public antillais, Jacky Dahomay,  dans Le monde daté du 1/12/ 2006 a dit  ce qu’il fallait comme il le fallait des délirantes et  honteuses élucubrations de Confiant

Dans Libération daté du mardi 12 décembre 2006,  le docteur  Jeanne Wiltord, psychiatre et psychanalyste,  martiniquaise,  diagnostique : en s’en prenant aux juifs, « Confiant a trouvé l’objet qui donne consistance à sa haine envieuse ».

La presse martiniquaise, tout doucement, très doucement a été presque obligée de relayer  ce qui se disait  dans le Monde et Libération, mais aussi dans le Nouvel Observateur, Marianne et presque tous les journaux français qui s’inquiètent à juste titre des méfaits du racisme et de la xénophobie  qui sont en nette progression dans  pratiquement toutes les sociétés en ce début du 21ème siècle.

Alors, des pétitionnaires se mobilisent.

 Ils prennent la précaution d’occulter  le sombre épisode Dieudonné Le Pen qui est à l’origine des critiques adressées à Confiant et tentent, sans craindre aucunement le ridicule de faire croire que des  « petits blancs »,  particulièrement  bien organisés, participent à une campagne de « lynchage médiatique » contre Confiant. .

A une autre époque, la plupart des pétitionnaires étaient plus ou moins engagés dans des luttes plus ou moins réelles contre les « Grands Blancs », c'est-à-dire l’Armée, la Police,  et la Justice Coloniale. Et bien sûr les fameux békés propriétaires des principaux moyens de production

On parlait décolonisation, socialisme. On s’interrogeait fiévreusement sur le modèle qui conviendrait le mieux à la  Martinique pour vaincre le sous-développement.

Le modèle soviétique ? Le modèle chinois ? Le Modèle albanais ? Le Modèle cubain ? Le modèle algérien ?

Marx, Lénine, Mao,  mais surtout Staline étaient la référence  de la plupart des pétitionnaires qui sont  aujourd’hui fermement décidés à mener une lutte sans merci contre les  « petits blancs ».

Quelles sont les raisons qui ont incité nos pétitionnaires à abandonner la lutte contre les Grands Blancs toujours aussi présents, toujours aussi puissants ?

Est-ce parce que la plupart d’entre eux sont devenus des obligés des Grands Blancs ?

Sont-ils gênés aux entournures de manger avec autant d’appétit dans les  grandes écuelles que les Grands Blancs prennent un malin plaisir à  leur offrir ?

Les martiniquais ont besoin de savoir le pourquoi de la capitulation effective des pétitionnaires devant les Grands Blancs, informés qu’ils sont déjà de la signification des luttes picrocholines qu’ils disent vouloir mener contre les petits blancs, une vulgaire bataille  pour la répartition de hochets distribuées de plus en plus généreusement par les grands Blancs.

Cela fait plus de 25 ans que la plupart des pétitionnaires couchés devant les Grands Blancs  mais cultivant la posture  de ceux qui se disent  en lutte contre les petits blancs font sourire tous ceux qui persistent à s’interroger sérieusement sur ce pourrait être une Martinique débarrassée des méfaits du colonialisme français.

Le pays est petit. Tout le monde se connaît. L’amitié ayant des raisons que la raison politique s’astreint à ignorer, on se fréquente, on se tolère, on évite  soigneusement les discussions qui fâchent. On fait semblant

On garde le plus souvent un silence embarrassé devant les palinodies, les soties de pétitionnaires qui restent encore nos amis.

Mais l’amitié risque fort de se transformer en mépris si des martiniquais persistent à croire que le bluff, le mensonge, le double langage, la démagogie, hypocrisie, la lâcheté, le verbiage, la pose sont les outils qu’il convient  de mobiliser pour mener à bien les débats publics que la Martinique appelle de ses vœux.

Le 12/12/2006  CLA