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Éditorial

La saison a mal commencé avec cette bouffée délirante d'un écrivain reconnu pour son talent et connu pour ses diffamations, par ailleurs sanctionnées par la Justice, qui se posant en "victime à 100%" ( sic!) a emprunté au vocabulaire hitlérien le terme «judéo-bolchévique» et l'a transposé en «judéo-droits-de-l'hommiste» et qui puisant dans la rhétorique du Hamas, du Hezbollah et du régime iranien, grand démocrates devant Allah, évoque "l'entité sioniste", expression de ceux qui refusent aux juifs le droit à l'existence, le droit à un Etat. Rouge, Brun, Vert, le fascisme est multicolore et protéiforme. Deleuze, Guattari, Foucault appelaient à lutter contre les micro-fascismes que nous portons en nous-mêmes. Force est de constater que ces appels sont toujours de mise. On retrouve aussi la thèse du complot ( juif, européen, africain...) qui vise à souiller la nation avant de la faire disparaître, et sa thématique du pur et de l'impur. Comme l'apprend tout aspirant psychiatre, contrairement aux états paranoïdes, dans lesquels la formulation est abstraite, incohérente, mal systématisée, la structure paranoïaque construit un discours qui se veut cohérent sur des prémices délirantes. Le prototype est le persécuteur-persécuté dont les quatre caractéristiques principales sont les suivantes :

*une surestimation pathologique du moi, orgueil ou vanité parfois voilée d'une feinte modestie et qui peut aller de la simple suffisance aux plus extravagantes idées mégalomaniaques,
*méfiance, préface aux idées de persécution, génératrice d'inquiétude de de soupçon, se traduisant par une susceptibilité ombrageuse, elle incite le paranoïaque à se prendre pour une victime,
*
la fausseté du jugement. Le paranoïaque justifie toutes ses opinions, quitte à se mouvoir dans le paradoxe jusqu'à l'absurde ( paralogique)
*
incapacité à se soumettre à une discipline collective, à un esprit de groupe.

Il faut noter que le paranoïaque peut avoir à répondre de ses actes en justice à moins qu'ils ne soient la conséquence d'un délire bien établi auquel cas l'irresponsabilité pénale doit être affirmée et l'internement demandé. Enfin il ne faut pas faire l'impasse sur les conditions, historiques, psycho-sociales, politico-économiques, qui permettent, qui favorisent l'émergence et l'expression de telle ou telle forme pathologique plus ou moins sévère. Nous l'avons déjà signalé à propos des conséquences d'une constellation familiale martiniquaise bien particulière et des modes de souffrance qui en découlent puisqu'il semblerait que les bouffées délirantes soient ici assez fréquentes. Sans doute une conséquence "positive" du colonialisme.

Pour solder ce triste épisode, on lira un texte de Serge Harpin , antérieur à l'épisode délirant, tout en rappelant que jamais un auteur ne se confond avec son œuvre et qu'il faut donc continuer de lire celui à qui nous faisions confiance... en littérature. La sexualité et la politique sont les espaces dans lesquels se déploie chez les intellectuels la haine de la pensée, théorisée par Jean-Paul Dollé.

Ensuite la saison s'est éclaircie. La chapelle du Verbe Incarné du TOMA ( Théâtre de l'Outremer en Avignon) nous a offert de bons spectacles dont Alvina Ruprecht, Christain Antourel, rendent compte avec le talent qui leur est propre. D'autres spectacles vus cet été, nous en reparlerons, mériteraient de faire un détour par Fort-de-France où semble-t-il rien ne bouge quant à la direction de la scène nationale, en attendant... Godot (?) les élections (?)...

Roland Sabra

 

1) L'article qui a tout déclenché :

La Martinique veut venger les Bleus

Au coup de sifflet final, le chapiteau, installé sur la place de la savane de Fort-de-France, s’est vidé brusquement. Par petits groupes, les supporters se sont éloignés, un peu tristes, pour commenter, une dernière fois, le match, avant de se volatiliser. Hébété, lunettes sur le front, une bière à la main, un homme continue de fixer l’écran géant : « C’était formidable. J’ai eu des sueurs froides. La France a bien joué mais la chance ne nous a pas souri. J’aurais tellement aimé serrer cette coupe à la place des Italiens. Mais voilà, c’est le foot. Il faut un gagnant et un perdant ».
La journée avait, pourtant, bien commencé. Un beau soleil au réveil, et une exubérance patriotique plutôt rare, dans une île, où beaucoup se définissent d’abord comme Martiniquais, avant de se revendiquer Français. Il y eut d’abord ce défilé de drapeaux tricolores sur le toit des autos, toute la matinée, sur les routes. Puis, au moment des hymnes, sous ce chapiteau surchauffé, la Marseillaise reprise, debout, par une partie du public. « C’est spontané », sourit Yvon Barnebougle. « D’habitude, je ne la chante pas. Mais là, c’est un temps fort pour les joueurs. J’essaie de les joindre par l’esprit pour leur donner de la force. »
Le speaker s’empare alors du micro et lance un vibrant « vivent les Bleus », avant de railler un petit groupe de Martiniquais, assis devant lui, avec un drapeau italien. L’un d’eux, Marc Crampon, tente de se justifier : « En France, on ne considère les Antillais que dans le sport. Le reste, c’est zéro. C’est pour ça que je suis pour l’Italie. D’ailleurs, c’est un Italien, Christophe Colomb, qui a découvert la Martinique ! » Ses explications font bondir un retraité de 70 ans, Roland Draulles : «  Ces gens n’ont vraiment rien compris. On ne peut pas être son propre ennemi. Même dans la guerre, si la France perd, on perd nous aussi. »
Cette passe d’armes illustre l’état d’esprit qui a animé la Martinique tout au long de ce Mondial. L’île a été, cette fois encore, coupée en deux, entre ceux qui plébiscitaient l’équipe de France, et ceux qui votaient pour le… Brésil. « Les Martiniquais aiment le beau jeu, explique le journaliste Jean-François Baltide. Ils se sont identifiés au Brésil des années 70, avec Pelé et Garrincha, à l’époque où l’équipe de France était inexistante. Et, ils ont continué sur leur lancée. C’est aussi une façon, pour certains, même s’ils adorent l’équipe de France, de marquer leur défiance vis à vis de Paris, parce qu’ils ne s’estiment pas reconnus. Enfin, il y a ceux qui font ça par idéologie pour dire qu’ils sont antillais et caribéens, mais pas français. »
Après la victoire des Bleus sur la bande à Ronaldo, une partie de ces supporters « brésiliens » a naturellement reporté ses voix sur l’équipe de France, où évoluent, tout de même, neuf joueurs antillo-guyanais. « J’étais brésilien, reconnaît Yvon Barnebougle. Ce sont les Bleus qui m’ont éliminé. Et comme, il me fallait trouver une autre équipe, j’ai basculé sur la France ». Un peu plus loin, Jocelyn Nasol, lui, ne s’en cache pas : « Le jour où l’équipe de France n’aura plus d’Antillais, j’arrêterai de la supporter. C’est la seule équipe de ce modèle en Europe avec cette mixité, alors que les Italiens, eux, sont très racistes. On le voit sur leurs stades. » Même son de cloche chez Jean-Louis Franciscot, qui habite le quartier populaire de Texaco : « Je suis fier de voir que ce sont les nègres, qu’elle critique, qui aident la France à prendre cette coupe. »
Le racisme, on en a beaucoup parlé, ici, surtout lors de la victoire contre l’Espagne, en regrettant que Thierry Henry n’ait pas marqué, ce jour là, et infligé une « claque » supplémentaire à l’entraîneur Luis Aragones, qui l’avait insulté. « Si les Bleus n’avaient pas été aussi loin, on aurait encore dit que c’est l’équipe des Noirs qui a perdu », ajoute Anicet Soquet, un autonomiste convaincu, employé à la mairie de Fort-de-France. « C’est bien de se rassembler comme ça. Mais il faut faire attention, car le patriotisme national peut finir par étouffer l’identité martiniquaise. Certains messages seront alors plus difficile à faire passer. »
Sa mise en garde ne sera pas entendue, pas plus à Fort-de-France, que dans le fief indépendantiste de Rivière Pilote. Cette commune du sud de l’île s’était singularisée en refusant, en 1983, que son club de foot participe aux éliminatoires de la Coupe de France, qu’il boudera jusqu’en 2002. Mais voilà, au matin de cette finale de coupe du monde, certains habitants n’ont pas pu résister. Ils ont ressorti les drapeaux tricolores et raviver, du même coup, les divisions locales.
Le patron d’un snack-bar, Daniel Nilor, « brésilien » lui aussi, avait, ainsi, pronostiqué une victoire des Bleus, mais sans lui : « La France va gagner, mais je ne suis pas pour la France ». Une attitude que condamne Sylvie Céryon : « Je suis avec la France parce que je suis française et fière de l’être. Je ne comprends pas les gens qui supportent d’autres équipes, alors qu’ils sont français ». Supporter également des Bleus, Max Biron, lui, « remercie Raymond Domenech d’avoir eu le courage de composer une équipe de France avec autant de blacks, et d’être venu, avec ses joueurs, en Martinique, en novembre dernier. »
La veille de la finale, le quotidien France-Antilles avait illustré, avec humour, ce cas d’école martiniquais. Le dessin montrait trois supporters assis dans une salle, flanquée d’une banderole sur laquelle était écrit : « colonialisme dehors ! ». Face à eux, un indépendantiste, ou supposé tel, leur tenait ce discours : « … Donc, nous sommes bien d’accord, si l’équipe de France marque, nous ne devons en aucun cas, afficher, d’une façon ou d’une autre, la joie incommensurable qui peut nous envahir, et moins encore si elle bat l’équipe italienne à la fin du match… Compris ? ». « Et si elle perd ? », lui rétorqua l’un des supporters. Embarras de l’autre, qui n’y avait pas songé : « Ecartons ce cas de figure ! »
Sous le chapiteau de la place de la savane, on avait, un peu, aussi, dimanche dernier, écarté ce cas de figure, au point d’applaudir, à tout rompre, comme pour se rassurer, chaque action de Zinédine Zidane et surtout de Thierry Henry, le chouchou des Antillais, qui estiment que les médias parlent trop du premier et pas assez du second qui a pourtant qualifié les Bleus.
C’est la pluie qui ramènera, finalement, tout le monde à la raison. Elle est tombée, brusquement, sur Fort-de-France. C’était juste avant le coup de sang du meneur de jeu des Bleus, et son expulsion commentée, dans un brouhaha général, à plusieurs voix : « Il a été sûrement insulté. Mais il aurait dû se contrôler. Quand on pense aux injures racistes que les joueurs antillais et africains entendent à longueur d’année sur les terrains. C’est là, qu’on voit qu’il faut avoir un sacré mental pour ne pas réagir. ».
La suite, on la connaît. Le penalty raté de David Trézéguet. La défaite des Bleus. Les larmes de Lilian Thuram. Et, la tristesse, affichée ou cachée, des Martiniquais, aux quatre coins de l’île. Une amertume qu’il faudra, pourtant, vite dissiper, pour préparer la Gold Cup, dont les éliminatoires démarrent en septembre prochain. C’est un tournoi, qui réunit les meilleures équipes de la Concacaf.
La sélection de Martinique, composée uniquement de joueurs locaux, y jouit d’un statut particulier, depuis le sacre de l’équipe de France en 1998 à Paris. « Il y a un respect énorme pour les Bleus dans la Caraïbe, et nous en bénéficions naturellement, explique Alain Rapon, le président de la ligue de football. Les pays, qui nous affrontent, ont l’impression de jouer contre une partie de l’équipe de France. Du coup, on nous prend au sérieux. »
A la Gold Cup 2002, à Miami, où étaient alignées quelques unes des grandes nations qui viennent de disputer le Mondial allemand (Etats-Unis, Corée du sud, Mexique, Trinidad), la Martinique avait atteint les quarts de finale. Elle rêve de faire encore mieux en 2007, et de remporter - pourquoi pas - la finale. Pour « venger » les Bleus.

Serge Bilé

2) La bouffée délirante de Raphael Confiant

 

TROP, C’EST TROP !


Cette fois, un certain journaliste, franco-africain résidant la Martinique, vient de dépasser les bornes de l’obligation de réserve inhérente à toute personne vivant dans un pays qui n’est pas le sien. Trop, c’est trop !
Dans un articulet du dernier numéro d’un hebdomadaire français (en date du 13-19 juillet), ce monsieur donne une image totalement partiale et déformée de l’impact de la performance de l’équipe de France de football sur le peuple martiniquais. En effet, non content que ne donner la parole qu’à des fanatiques du drapeau bleu-blanc-rouge, non content de déverser un discours franco-négriste dégoulinant de mauvaise foi et d’hypocrisie, il s’autorise même à tourner en dérision la ville de Rivière-Pilote au motif que ce fief indépendantiste aurait ressorti le drapeau français à l’occasion de la finale.
Qu’il y ait beaucoup de Martiniquais qui aient supporté l’équipe de France, c’est un fait, mais delà à faire croire au lecteur hexagonal qu’il s’est agi de la totalité de notre peuple relève de la malhonnêteté intellectuelle. Que deux pelés et trois tondus de l’opposition municipale à Rivière-Pilote aient brandi le fanion de leur mère-patrie, c’est aussi un fait et c’est leur droit démocratique le plus absolu. Mais de là à les confondre avec toute la population de cette commune relève de la désinformation.
Monsieur, le seul fait d’avoir la peau noire ne vous donne pas automatiquement le droit de parler ou d’écrire au nom du peuple martiniquais. Elle ne vous donne pas le droit de diffuser à longueur de journal télévisé votre idéologie assimilationniste et profrançaise. Tout étranger qui s’installe dans notre pays et est prêt à se battre pour notre cause, notre seule et unique cause, à savoir l’accession à la souveraineté nationale, est le bienvenu. Qu’il soit Africain comme vous, Ouzbek ou Eskimo. Mais tout étranger qui se mue en agent de la francisation et du colonialisme français, c'est-à-dire en destructeur de notre langue et de notre culture martiniquaises, en clair de notre identité, ne devra pas s’étonner d’être traité en adversaire par ceux qui se battent pour que la Martinique devienne enfin libre, cela en accord avec les règlements du Comité de Décolonisation de l’ONU.
Si vous voulez jouez au nègre à Blanc, au Nègre français ou au Français noir, c’est votre problème, mais allez le faire en Afrique !
Ici, nous sommes des Martiniquais, des Antillais, des Caribéens, des Créoles et rien d’autre !
Et surtout, nous nous battrons pour le rester.

RAPHAEL CONFIANT

3) La réaction de Claude Askolovitch

Zidane sauvé, Raphaël Confiant
nettoyeur ethnique

Le blog de Claude Askolovitch

NOUVELOBS.COM | 13.07.06 | 17:08


par Claude Askolovitch

Voici le texte du blog de Claude Askolovitch mis en ligne après la réaction de l'écrivain antillais Raphaël Confiant à l'article de journaliste Serge Bilé, intitulé "Vu de Martinique, Fierté noire" et paru dans le Nouvel Observateur daté du jeudi 13 juillet 2006.

 

Zidane d'abord

Pour conclure, sur l’homme de France que nous aimons le plus. Zidane était homme et enfant hier à la fois, et son sourire était espiègle et contrit, et tellement beau en plus, et on a décidé de l’aimer, aujourd’hui et pour toujours, alors, il était parfait, expliquant qu’il ne regrettait pas d’avoir puni le méchant provocateur, tout en sachant que son geste était impardonnable. Ne fuyant rien, mais assumant tout, quelque chose de Camus -entre le football et ma mère, je choisirai ma mère- ramenant les passions à une simple dignité -et évitant de mettre le curseur sur le terrain terrible de l’ethnique.

C’était de la belle parole d’un homme pas si mutique que ça, finalement, extrêmement maîtrisé, et je renonce à m’inquiéter pour la suite, la vie lui sera bonne. Il le mérite. Bon vent Zizou, et à bientôt!

Ne parlons plus de Zidane, mais pour clore ce blog, voici une plongée dans la petite saloperie humaine, toujours présente. Dans le racisme et la xénophobie, qui s’expriment là où on ne les attend pas. Ce n’est pas du football, mais cela en vient, et nous, à l’Obs, sommes dans le coup. C’est l’histoire d’une bouffée de haine crachée par un grand écrivain, Raphaël Confiant, phare de la littérature antillaise, à l’encontre d’un journaliste, Serge Bilé, à qui Confiant ne pardonne pas d’être né en Afrique!

Prologue. Quand nous réfléchissons entre nous à la couverture de la finale du Mondial (moi en Allemagne, les collègues à Paris) nous décidons de demander à Serge Bilé un reportage sur la Martinique à l’heure du Mondial. Pourquoi la Martinique? Parce que l’équipe de France est très antillaise, parce qu’elle s’est forgée une âme en jouant en Martinique, l’hiver dernier, parce que la tension entre toutes les identités des Antilles sont un sujet qui nous tient à cœur.
Pourquoi serge Bilé? Parce que nous aimons ce journaliste, qui cherche et se cherche et travaille. Il a raconté sa jeune vie dans un joli livre, “SUR LE DOS DES HIPPOPOTAMES” (Calmann-Lévy), ou le parcours d’un enfant de Côte d’Ivoire devenu présentateur vedette du journal télévisé en Martinique, après avoir aimé la France, la province poitevine, et les descendants de Marrons de la Guyane. Bilé cherche les histoires inconnues, explore ses identités, apprend à vivre en avançant, aime Césaire et l’Afrique et son île de Martinique où il a rencontré son épouse... Et, s’il peut avoir tort, parfois, seuls les méchants ne l’aiment pas.

Bref, c’est mon idée. Serge écrit donc un reportage sur la Martinique regardant le match de Berlin, chantant "allez les bleus" tout en s’interrogeant sur sa francité problématique (s’il n’y avait pas d’Antillais dans cette équipe, je ne la soutiendrais pas, dit un de ses interlocuteurs). Un bon papier -trop long, Serge, donc coupé sans être trahi!- et publié...

Et c’est alors que le sieur Confiant, pape des lettres créoles, gardien vigilant de l’identité antillaise, militant indépendantiste, se met à cracher son venin.
Pas contre l’Obs, qui serait coupable de célébrer l’adhésion de l’île à la mère-patrie... Non, Confiant ne s’en prend qu’au journaliste, parce qu’il est noir, parce qu’il est africain, et qu’il ose être libre. Sa bile ne s’épanche contre le seul Bilé, parce que ses origines devraient l’interdire de parole. De la pure xénophobie, du racisme émouvant, qui renvoie à ces indépendantistes corses qui veulent nettoyer leur île des ethniquement douteux.

Extraits de Confiant. Longs. il faut savoir de quoi on parle.

“Un certain journaliste, franco-africain résidant la Martinique, vient de dépasser les bornes de l’obligation de réserve inhérente à toute personne vivant dans un pays qui n’est pas le sien. Trop, c’est trop !
Dans un articulet du dernier numéro d’un hebdomadaire français (en date du 13-19 juillet), ce monsieur donne une image totalement partiale et déformée de l’impact de la performance de l’équipe de France de football sur le peuple martiniquais.
En effet, non content que ne donner la parole qu’à des fanatiques du drapeau bleu-blanc-rouge, non content de déverser un discours franco-négriste dégoulinant de mauvaise foi et d’hypocrisie, il s’autorise même à tourner en dérision la ville de Rivière-Pilote au motif que ce fief indépendantiste aurait ressorti le drapeau français à l’occasion de la finale. (...) Monsieur, le seul fait d’avoir la peau noire ne vous donne pas automatiquement le droit de parler ou d’écrire au nom du peuple martiniquais. Elle ne vous donne pas le droit de diffuser à longueur de journal télévisé votre idéologie assimilationniste et profrançaise. Tout étranger qui s’installe dans notre pays et est prêt à se battre pour notre cause, notre seule et unique cause, à savoir l’accession à la souveraineté nationale, est le bienvenu. Qu’il soit Africain comme vous, Ouzbek ou Eskimo.
Mais tout étranger qui se mue en agent de la francisation et du colonialisme français, c’est-à-dire en destructeur de notre langue et de notre culture martiniquaises, en clair de notre identité, ne devra pas s’étonner d’être traité en adversaire par ceux qui se battent pour que la Martinique devienne enfin libre, cela en accord avec les règlements du Comité de Décolonisation de l’ONU.
Si vous voulez jouez au nègre à Blanc, au Nègre français ou au Français noir, c’est votre problème, mais allez le faire en Afrique !
Ici, nous sommes des Martiniquais, des Antillais, des Caribéens, des Créoles et rien d’autre !”

Voilà. Pour Confiant, Bilé, africain, n’est qu’un étranger en Martinique, et moins encore, un étranger soumis à l’obligation de réserve, qui devrait s’incliner devant la censure préalable des tenants de la pureté antillaise, de la pureté créole? Bilé, noir, s’il ne plie pas le genou devant l’épurateur Confiant, n’est qu’un “nègre à blanc”. Peut-on écrire de beaux livres, et avoir la trempe d’un fasciste?

Ce n’est pas la première fois que Serge est ainsi interpellé. Certains voudraient que RFO débarque cet africain au nom d’une préférence antillaise assez incongrue. Et on avait reproché à Bilé -lui qui a raconté une histoire inconnue dans “Noirs dans les camps nazis”, ou démonté les préjugés racistes dans “La légende du sexe surdimensionné des noirs”- de trahir sa race en condamnant les délires antijuifs de Dieudonné, au moment où toute une partie des élites martiniquaises faisaient un triomphe au bouffon... Rien n’est innocent, rien n’arrive par hasard.

Que Serge sache qu’il a des amis, ici, et en Martinique. Il sait que la force de Lilian Thuram est avec lui! (...) CA

- Claude Askolovitch est journaliste au Nouvel Observateur. Il était l'envoyé spécial du journal en Allemagne pendant la Coupe du monde de football.

4) Raphel Confiant persiste et signe

XENOPHOBIE, DISENT-ILS...

Voici donc que je suis traité de xénophobe et de « nettoyeur ethnique » pace que j’ai osé dénoncé les dérives pro-assimilationistes et pro-colonialistes d’un certain journaliste africain installé en Martinique ! Et par qui ? Par les judéo-droit-de-l’hommistes parisiens évidemment...

Je répondrai, tout d’abord, que je n’ai AUCUNE leçon d’hospitalité, de tolérance ou de xénophilie à recevoir de quelqu’un qui est originaire d’un pays où 30.000 (oui, trente mille, pas trois mille !) Français ont été expulsés en moins de quinze jours et leurs biens détruits ou confisqués. D’un pays où un candidat à la présidence de la république a vu sa candidature rejetée au motif qu’il serait un étranger et cela parce qu’un de ses parents est né, ou serait né, dans un pays africain voisin.

Je le répète : tout étranger, qu’il soit Africain, Ouzbek, Eskimo ou Martien a le droit de s’installer en Martinique à condition qu’il ne se fasse pas le complice actif du processus visant à éradiquer la culture et l’identité martiniquaises mise en place par le pouvoir colonial français.

Quand au judéo-droit-de-l’hommistes, je n’ai non plus aucune leçon de tolérance à recevoir d’eux, eux qui ferment les yeux sur les massacres quasi-quotidiens d’enfants palestiniens par les forces armées de l’entité sioniste. Entité dont la création en 1948 est l’un des actes de xénophobie et de colonialisme majeurs du 20è siècle puisqu’il a consisté à expulser, quasiment en une nuit, tout un peuple (le peuple palestinien) pour le remplacer par des gens venus de partout et de nulle part. Je n’oublie pas que le Mossad a longtemps collaboré avec le « Special Branch », les services secrets du régime sud-africain au temps de l’apartheid, formant celui-ci aux liquidations ciblées de militants de l’ANC. Ni non plus qu’il a aidé ce régime à monter son programme atomique et à se doter presque de l’arme nucléaire.

Enfin, en tant qu’Antillais, je me considère comme une victime absolue : victime, à 70%, de la cupidité et du racisme des colons européens qui ont déporté mes ancêtres aux Amériques ; victime, à 30%, de la cupidité et de la bêtise des roitelets africains qui les ont parfois vendus. J’interdis donc à un Européen ou à un Africain de me donner la moindre leçon de morale, de tolérance, de ceci ou de cela.

Ma culture est en danger de disparition. Mon peuple est en danger de dissolution. C’est mon droit le plus absolu d’essayer de tout faire, à mon modeste niveau et avec les moyens dont je dispose, pour m’opposer à ce processus mortifère et m’opposer à ceux qui s’en montrent les complices actifs.

Ite missa est.
Raphaël CONFIANT