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  Revenir au fondamental

 

par Pierre Suédile

La difficulté rencontrée de faire adhérer les Martiniquais à la simple idée d’une avancée mineure vers la responsabilité, vers quelques insignifiants pouvoirs, pour être en mesure de défendre leurs intérêts, leur terre, leurs emplois, leurs activités, invite à l’analyse. Au lendemain d’un échec retentissant dont les causes immédiates et superficielles sont multiples, il convient de tenter d’en révéler la ou les véritables origines.

D’aucuns avancent l’incapacité des perdants à communiquer de façon moderne, tant à la tête de la collectivité dirigée que pendant la campagne électorale. C’est absolument vrai. Ceux qui n’ont pas compris que la communication sous toutes ses formes et surtout sous celles qui la lient le plus aux fondamentaux du XXIe siècle est devenue le passage obligé de toute réussite, n’ont plus leur place sur la scène publique. Les oreilles, les yeux, les appréhensions et les espoirs se nourrissent dorénavant de rêves, d’engagements et de messages, peu nombreux, mais qui doivent être impérativement attachés au ciment de la communauté.

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Changement de règne à la Région


par Michel Herland

  Les ultimes tentatives du vieux leader du MIM pour convaincre les Martiniquais qu’il valait mieux le conserver à la tête de la région que de le remplacer par le fringant maire de Fort-de-France ont échoué plutôt piteusement. Le second tour a confirmé et même accentué les résultats du premier tour. Avec 7 points d’avance Serge Letchimy a remporté une victoire qui ne souffre aucune contestation. Après le coup de maître politique que fut son choix de se ranger dans le camp des adversaires de l’article 74, son accession sans coup férir à la tête de la région apporte donc une nouvelle confirmation de son talent. On peut gager sans risque qu’il sera le premier président de la future assemblée unique.

L’équation du succès de Serge Letchimy est assez facile à écrire : une apparence extérieure séduisante et dans laquelle tous les Martiniquais peuvent se reconnaître ; un pedigree incontestablement populaire et foyalais ; l’habileté à se présenter comme quelqu’un qui est et restera toujours un « gars de Trénelle », quelles que soient les responsabilités et les honneurs qui ne manqueront pas de lui échoir ; un sens politique qui lui permet de percevoir tout de suite les souhaits même non avoués de la population ; enfin le choix stratégique de ne jamais tenter de s’opposer à la volonté populaire. Sur ce dernier point en particulier Serge Letchimy est le digne disciple d’Aimé Césaire : plutôt que de guider le peuple – ce qui entraîne le risque évident d’être désavoué – le politique qui est soucieux de durer s’attache à le suivre.

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Le Bilan Désastreux d’Alfred Marie-Jeanne,

 par Jean Crusol

"Le président sortant de la région Martinique, avec ce qui lui reste de zélateurs, sillonne la Martinique en répétant : « j’ai un bon bilan, je n’ai pas endetté la région, j’ai même des excédents, je mérite que l’on me confie une troisième fois la région » sous-entendu « en dépit de toutes mes turpitudes à la Dominique, à la Grenade et ailleurs ».

Il est grand temps de tordre le cou aux fausses vérités et aux âneries que le sortant prétend présenter comme des preuves de bonne gestion.

Comment il a cassé la croissance économique de la Martinique ;

Lire la suite et la réponse de Michel Branchi
 

 

Pourquoi il faut voter pour la liste conduite par S. LETCHIMY

 par Max AUGUIAC

  Dimanche prochain il y aura trois listes en présence : la liste des « patriotes martiniquais et sympathisants » conduite par Alfred Marie-Jeanne, la liste   « rassembler la Martinique » emmenée par André Lesueur et enfin la liste «  ensemble pour une Martinique nouvelle » animée par Serge Letchimy. C’est incontestablement cette liste qui me paraît le plus correspondre aux attentes des Martiniquais et qui en tous cas me semble la plus à même de s’adapter à nos préoccupations.

La prise en compte réelle des questions économiques………et par conséquent sociales !

S’il est une constante dans la politique martiniquaise c’est bien la non prise en compte des questions économiques : nous raisonnons tous comme le général de Gaulle qui en son temps avait déclaré «  l’intendance suivra «  en réponse à des arguments de nature économique avancés par des opposants ( voire des partisans ) ; si cette réponse avait paru pleine de superbe et pour certains d’entre nous légèrement ridicule, elle concernait la quatrième puissance mondiale ( à l’époque) un pays dont l’agriculture était relativement performante, l’industrie parmi les plus développées au monde, la première destination touristique, un pays qui grâce à ses atouts pouvait faire face aux soubresauts mondiaux. Il n’en est bien sûr pas de même pour une île de la Caraïbe de 1000 km2 et 400 000 habitants ne possédant , dans l’état actuel de nos connaissances, aucune richesse significative de son sous-sol . Donc un pays qui devrait toujours avoir à l’esprit une claire conscience de ses véritables capacités.. Les personnes présentes sur la liste de S. Letchimy et en tout cas bon nombre d’entre elles ont exprimé à plusieurs reprises des préoccupations économiques et un désir de développer un certain nombre de secteurs pour créer des emplois, le leitmotiv de la plupart des membres de cette liste. Ils ont tous conscience que c’est à la condition d’avoir une économie florissante qu’on peut espérer améliorer la situation des salariés, créer des emplois etc…l’économie conditionne le social et non l’inverse !

Lire la suit et une autre tribune libre de Dominique DOMIQUIN

 

Entretien avec Elie Domota,

 

Porte parole du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon)

Secrétaire général de l’UGTG (Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe)

 

  Nous sommes le 18 février 2010, il y a un an jour pour jour le syndicaliste Jacques Bino était assassiné après les 28 premiers jours de grève générale en Guadeloupe. Où en est-on dans la recherche de la vérité sur cet assassinat ?

Elie Domota : Aujourd’hui encore les choses sont très floues. La GGTG qui est le syndicat d’origine de Jacques Bino a tenté de déposer un recours devant le tribunal pour avoir accès au dossier. Ce recours a été rejeté. Un jeune homme a été arrêté, il était présumé être celui qui aurait assassiné Jacques Bino. Mais aujourd’hui il y a beaucoup de zones d’ombres car d’après un autre journaliste qui a fait des investigations, il y a d’autres douilles qui ont été retrouvées aux abords d’une rue où une personne a été blessée par balles à la jambe et visiblement ces indices là n’ont pas été retenus par la police. Donc, on n’a pas d’informations précises sur ce qui s’est passé ce fameux 18 février 2009. Hier il y a eu une messe en hommage à Jacques Bino et aujourd’hui il y a un dépôt de gerbe et ensuite un meeting du LKP à Petit Canal qui est la commune de son enfance. Ce meeting sera également en hommage à tous les travailleurs qui sont tombés lors des précédents mouvements de grève…..

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Ce qui a triomphé aux Régionales


Par Frantz Succab


  Que d’autres se flattent de la victoire écrasante de Victorin Lurel aux élections régionales ! Il faut, en tout état de cause, rester fier de s’y être opposé. Une question demeure, cependant, en suspens parmi ses adversaires : s’agissait-t-il seulement de lui ravir son poste et sa majorité ou bien, avant tout, de promouvoir à travers le débat politique une autre idée de la Guadeloupe ?
On ne peut pas dire que les deux principales têtes de listes adverses avaient habitué l’opinion à une contestation du système politique qui nous régit. Au cours des mandatures passées, qui dans l’opposition qui dans la majorité, elles n’avaient jamais démontré une vraie remise en cause du statut colonial. Même les partis indépendantistes ou autonomistes qui ont sauté dans la course électorale à partir du tremplin du mouvement social n’attestaient pas d’une dynamique politique stupéfiante. Leur apport électoral au « lyannaj » avec les partis traditionnels « de gauche » s’opposant à Lurel fut conforme à leur faiblesse politique réelle. C’était certainement le prix à payer pour une étrange précipitation, oublieuse du fait qu’un long reflux de la pensée et de l’action politique anticolonialiste avait précédé l’émergence du LKP.

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Marigot, laboratoire du 74

par Kenjah

  On a beaucoup glosé sur ces maires palayi-palaya, « Oui padouvan/Non padèyè », qui après leurs macaqueries de 2003, font aujourd’hui la démonstration que la « mûre réflexion » du Congrès de décembre 2008 n’était qu’une mise en scène politicienne. Un de ceux qui sont suspectés de pratiquer le double langage est Ange Lavenaire, Maire-Conseiller général du Marigot, Président de la Communauté de Communes du Nord et fidèle bras droit de Claude Lise au RDM. Suspecté sans doute parce que ses états de service de militant de gauche ne sont connus que de rares initiés, et qu’une simple allégeance au patron du Conseil général ne saurait servir de cache-sexe à 15 ans de politique conservatrice appliquée avec persévérance dans le fief bananier du Marigot. Ce dékalaj du politique par la rhétorique creuse et la démagogie hypnotique crée, avec mépris, l’abstention et l’apolitisme des masses par lesquels se maintiennent ces hommes de réseau. Ayant conquis une majorité par le vèglaj et la reconnaissance, formé et soutenu de manière occulte par son « parrain », Michel Renard, il fait partie de ces élus qui aiment à discourir sur le développement ou la jeunesse tout en confiant les clés de la commune au 3ème âge quand ses très nombreuses responsabilités (?) l’amènent hors de la commune, qu’il n’habite pas. Après 15 ans de conservatisme, d’immobilisme, de démission et d’incompétence le bilan de cette gouvernance est désastreux. On peut dire que le Maire n’a investi sur rien (à part des parkings), et que ce que nous avions obtenu avec Michel Renard, nous l’avons perdu. A part la carrière politique du Maire, tout a vieilli, s’est tassé et effondré en silence. Le Marigot est sans doute la seule commune de l’île à n’avoir aucun terrain homologué dans aucun sport collectif. Les bénévoles et les jeunes de l’ASC Dominante, multiples championnes de Martinique dans les catégories de jeunes, doivent compter sur la compréhension de communes voisines, la JS Marigot joue à Macouba. Les deniers publics sont dilapidés par des décisions incohérentes et des chantiers mal gérés. Même Mona est passé par pertes et profits. Politique du trois-tapes-en-dos, du vin d’honneur, du job-6-mois (sé san ayen ki pa bon…) et de la gestion en « bon père de famille »…

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Un coup de gueule qui coûte cher!

  La situation n'était pas brillante mais d'un étiage de 19% d'intention de votes en septembre 2009 on arrivait fin novembre à 32% d'intention de votes en faveur du oui. Dans le même temps le Non s'étiolait doucement en passant de 53% à 49%. La progression du oui était lente mais continue. C'est cet élan qui semble aujourd'hui brisé. Le dernier sondage LH2 dom enregistre un score de 28 % pour le Oui soit une  baisse  en valeur absolue de 4 points de % ou de 12.5% en valeur relative. Cette baisse ne profite pas au camp du non qui stagne à 49%, incapable qu'il est lui aussi de faire campagne sur un projet, mais profite intégralement, si l'on peut dire aux indécis. Comme le suggère Rudy Rabathaly dans France-Antilles du 15-12-09 c'est très certainement le coup de gueule de M. Alfred Marie-Jeanne contre un professeur qui lui posait sereinement la question : "Pourquoi ne pouvez-vous pas rencontrer M; Letchimy pour trouver une solution à la reconstruction du lycée Schoelcher" qui a brisé ( momentanément?) la dynamique du oui. La violence exacerbée et les incivilités d'Alfred Marie-Jeanne avaient été confirmées le lendemain soir dans un meeting au Robert. A ce moment il s'en était de nouveau pris à ce professeur "venu d'ailleurs" et il se glorifiait en créole  de l'avoir "envoyé chier et de l'avoir "renvoyé la queue entre les jambes". La vulgarité et l'excès du propos en ont choqué plus d'un.  Ces actes de violence ont été commis pendant la semaine de lutte contre les violences, et les pédagogues n'ont pas manqué de souligner l'exemple négatif d'un tel comportement vis à vis des jeunes dont ils ont l'éducation en charge. Les élèves eux-mêmes avaient été scandalisés, outrés.

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Lettre ouverte aux candidats, têtes de listes, aux élections régionales de mars 2010, en Guadeloupe

Messieurs, mesdames,


  Aucune politique conséquente si elle veut répondre aux aspirations du Pays-Guadeloupe ne saurait désormais occulter ou négliger le puissant mouvement social qui a secoué la Guadeloupe au début de l’année 2010.
Des hommes et des femmes de tous âges ont défilé en masse et montré, qu’ils croyaient que l’on pouvait changer la vie, bousculer l’ordre des choses, refuser cette fatalité ordinaire qui nous broie.
« La souffrance réelle du plus grand nombre, a rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés »
Et nos cris étaient si justes qu’ils sont parvenus aux oreilles du monde entier, et petits pays, soudain nous fûmes les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de remettre en selle la vraie vie.
Au vu d’un tel mouvement et de ses revendications, les gens de Guadeloupe ne peuvent qu’être offensés par le retour, en cette période électorale, (à peine un an plus tard) aux méthodes et recettes politiciennes d’avant.
Cette crise a créé un « dérangement » qui ouvre à la possibilité d’une métamorphose de notre vision sur nous-mêmes, sur la Guadeloupe et sur sa présence dans ce monde.
Une réflexion s’est déclenchée au niveau de chacun, dans la conscience et dans l’esprit de chacun. Elle chemine sans chaînes dans les imaginaires de tous. Il faut impérativement la prendre en compte.

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Lakouzémi : "Maintenant que nous avons touché le fond..."

  Ce texte de Monchoachi, écrivain, est le texte introductif au débat de la journée Lakouzémi qui se tiendra le 30 janvier 2010 à Sainte-Anne, en Martinique.
"pèd pou pèd"

"Sur le désastre du 10 janvier 2010, après la furie qui l’escorte, pouvons-nous entendre quelques considérations ?

1. Il s’agit d’une humiliation qui atteint la Martinique dans son ensemble et chaque Martiniquais en particulier car elle est la manifestation de la décomposition d’un peuple dont la seule volonté collective en mesure aujourd’hui de se manifester avec force est de ne pas vouloir s’appartenir. Pire que l’esclavage est la servitude volontaire. De ce point de vue, il faut être habité d’une singulière conception de la liberté pour se réjouir de pareil « attachement » qu’on s’illusionnerait par ailleurs débordant de lyrisme et se rapporter à « la France et aux valeurs républicaines ».

2. Parler en l’occurrence de « lucidité » et de « courage » devant le spectacle d’un peuple qui se dissout sous le poids d’un pragmatisme élémentaire ou aux relents d’un parfait cynisme, cela revient à peindre la fleur pour tenter d’en masquer l’odeur. Les motivations et considérations qui ont conduit à une telle humiliation, si elles sont sombres, ne sont pas pour autant tenues secrètes : les gens les ont largement et clairement fait connaître. Le plus renversant de tout, ce sont ceux qui s’engouent à clamer « peuple » une communauté dont ils s’activent par ailleurs rageusement à soutirer les penchants avilissants et autodestructeurs.

3. Quant aux politiques qui rêvent tout haut s’attribuer le « mérite » d’un tel désastre, pour être misérable leur posture n’en est pas moins surtout présomptueuse. Car ce qu’illustre à l’évidence la votation du 10 janvier c’est l’absolue mise hors jeu des politiques. C’en est même l’une des leçons majeures : le court-circuitage de la représentation politique dès lors que l’on se persuade qu’une quelconque initiative du politique risquerait tant soit peu de contrecarrer les logiques accumulatives (consommer plus) auxquelles l’on est assujetti.

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Avançons dans l'obscurité

par Serge HARPIN

   Les contorsions de quelques-uns pour rester dans le sens du vent, dans le sens de l’opinion, ne sauraient détourner les gauches Martiniquaises, ou ce qu’il en reste, de la mission qu’elles s’étaient assignée il y a plus de 30 ans (Convention du Morne Rouge) : tourner la page de la départementalisation et aller à la responsabilité. Une responsabilité que les indépendantistes avaient souhaitée, en d’autres temps, maximale. Rien ne saurait non plus les écarter de leur présente obligation : anticiper la fin annoncée mais déjà effective de l’Etat Providence. Anticiper sans se laisser distraire par les déclamations sur la modernisation et l’efficacité de l’Etat qui, fort d’une opinion hostile aux fonctionnaires, ne cache rien d’autre qu’une logique d’imposition des valeurs de l’entreprise — et principalement la rentabilité quel qu’en soit le coût — dans le fonctionnement des institutions publiques. On notera d’ailleurs que cette volonté affichée de modernisation et d’efficacité évite soigneusement dans sa frénésie du changement de mettre en cause les privilèges de l’aristocratie politique et de la haute fonction publique, dont la réforme pourtant devrait être une étape préliminaire mettant fin à l’ancien régime. C’est cela, l’intégration des valeurs de l’entreprise dans les institutions d’Etat, la vraie finalité du projet Balladur. Une finalité à laquelle devra aussi se soumettre la Collectivité unique dans le 73 qui vient d’être votée en Guyane et en Martinique. Pour parachever l’offensive Outre Mers, Paris n’attend plus maintenant que les régionales, avec le secret espoir de voir l’emporter dans ces contrées imprévisibles ceux qui ont fait la preuve au cours de ces deux dernières années, au delà des doctrines affichées, de leur aptitude à bien servir un tel dessein.

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L'intégralité des mesures pour la Martinique


Les Etats généraux de l'Outre-mer ont été lancés en Martinique le 18 avril 2009. Huit ateliers ont été constitués pour traiter les huit thèmes arrêtés par le Président de la République, en liaison avec les élus locaux. Le rapport final constate :

- que le débat visait à permettre aux Martiniquais de définir un projet de société pour la Martinique, prenant en compte les revendications populaires avec un objectif de modernisation sereine du rapport avec la France ;

- que la Martinique est à la croisée des chemins, si elle veut tendre vers un développement endogène et harmonieux ;

- que la Martinique vit un paradoxe économique où se côtoient confort social et chômage particulièrement élevé, dans un contexte d’affaiblissement de la solidarité traditionnelle ;

- que tout projet de développement ne peut prospérer sans valoriser l'identité culturelle martiniquaise et rétablir la confiance, notamment chez les jeunes ;


- que les Etats généraux ont cherché à proposer de modifier des règles du jeu, dans un but d'efficacité et de tolérance, sans exclure telle ou telle catégorie sociale ou économique.


Le rapport final présente les priorités de la Martinique sous la forme de trois axes stratégiques :

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Tribune libre du Collectif du 5 février (K5F)



APRES LE DISCOURS DE NICOLAS SARKOZY
RENFORCONS LA LUTTE POUR LA SATISFACTION DE NOS REVENDICATIONS !
Le discours de Nicolas SARKOZY n'a pas fait illusion longtemps

Bèl pawol mé.... !

De fait, il relevait plus de l'opération de communication que de l'annonce d'un quelconque plan de lutte contre les maux dont souffre la société.
Rien n'est annoncé qui réduirait le chômage, garantirait l'emploi des actifs, donnerait des perspectives à la jeunesse, soulagerait les bénéficiaires de minima sociaux, ou de retraites de misère, apporterait un peu de baume aux personnes souffrant de handicaps.
Ces fortes demandes exprimées par le mouvement social de février-mars sont restées sans réponse, malgré la reconnaissance obligée par SARKOSY de la légitimité de ce grand mouvement.

Ayen poko klè !

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« Ti artizan a la fayit, ti komèrsan fèmen boutik »

Situation Critique !

Partie du texte d’une chanson de La Perfecta « ayouskous pa fè fou » qui décrivait une situation difficile que vivait déjà la Martinique après le premier choc pétrolier, nous revoilà « partis pour un tour » qui pourrait être plus grave encore même si nous devrons TOUS nous mobiliser pour nous en sortir.

Depuis plusieurs mois DECLIC972, dans ses réflexions, pressent et redoute les évènements qui risquent de ponctuer la société Martiniquaise. Non que nous soyons des voyants ou sorciers, mais les analyses des uns et des autres viennent enrichir notre fonds documentaire et précisent nos doutes.

En Décembre 2009 nous devrions recevoir le « coup de bambou » qui sonnera le glas de beaucoup d’entreprises dans le pays. Les professionnels disent déjà l’effondrement de pans entiers de l’économie martiniquaise qui subit les contrecoups de la crise financière mondiale.

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L'imposture néo-autonomiste Le néo-césairo-sarkozisme


 par Édouard de Lépine

« Vous voulez adapter la loi française aux départements d'outremer, autrement dit, vous voulez changer les détails alors qu'il convient de changer l'esprit… C'est là une entreprise absurde, et tout le génie du monde n'y parviendra pas.

Ce qu'il faut, c'est créer quelque chose de neuf, non une adaptation de la loi française à nos départements, mais quelque chose qui réponde à notre situation économique vraie. Et cela, seuls, en définitive, les habitants des départements d'outre-mer peuvent le faire. » A. Césaire discours à l’A.N. 1.12.1960

Il y a quelque chose de puéril et de tragi-comique dans l’empressement des partisans de l’article 74 de la constitution française à accorder à Monsieur le Président de la République un certificat de loyauté républicaine guère différent, quant au fond, de celui que lui décernent les partisans du 73. « Vous voyez bien, disent les uns et les autres, c’est monsieur le président de la République lui-même qui le dit : pas question de l’indépendance, pas question de sortir du cadre de la République française. »

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Représentation, statut d'intermédiaire stable mais à délégation révocable 


 La deuxième quinzaine de janvier 2010 verra le suffrage universel de Guyane et Martinique sollicité sur l’évolution institutionnelle et statutaire de leurs régions. Le motif de cet appel à l’expression de la base sera pour cette fois imposé par la constitution mais, au fait, malgré la démocratie représentative, quelle est la perception générale du recours plus fréquent à la démocratie directe ? Par exemple, quelle réflexion devrions nous tenir s’il apparait une divergence entre la représentation et le suffrage universel sur cette question du moment ? Il est évident que …

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L’évolution institutionnelle de la Martinique intéresse-t-elle les artistes martiniquais ?

 par Louis Laouchez – artiste plasticien


Le créateur que je suis, le plasticien s’étonne du silence, de la passivité de certains Martiniquais et plus particulièrement d’artistes qui sont censés être témoins de leur temps, voire des précurseurs. Je fais allusion à des plasticiens qui appartiennent à un réseau dont la tête pensante est complètement déconnectée des réalités culturelles martiniquaises.

Dès lors les concernés s’autocensurent, les dénonciations ne sont pas permises sinon pas de privilèges, pas de subventions, pas de voyages, ni d’expositions à l’extérieur de la Martinique.

Je conçois mal que nous, artistes martiniquais, ne prenions pas notre part à ce débat institutionnel quels que soient les avantages dont nous bénéficions, car nous avons peur que l’on sache de quel bord nous sommes. Nous n’avons pas le droit de nous taire. Englués dans nos habitudes, instruits de notre servitude, campés sur nos acquits illusoires, nous faisons fi de notre passé en fermant les yeux sur notre devenir et celui de nos enfants. Quel héritage ! Avons-nous le droit de renier les luttes de nos ainés, leur exemple ?

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Sondage LH2 dom :

OUI au 74 : 32%;

 NON au 74 :49 %

 Ne sait pas : 19%

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La Guadeloupe encayée

par Jacky Dahomay

 Loin de nous l’idée de comparer les acteurs de vie publique ou sociale à des pêcheurs. Toutefois, il est vrai que chacun (l’Etat, les élus politiques, le patronat, le LKP) envoie ses lignes, dans la logique de ses intérêts, et on a le sentiment que, sans doute à cause d’on ne sait quelles eaux troubles, leurs lignes s’enlisent dans les cayes de nôtre île sans pouvoir nous ramener un bien substantiel.

La Guadeloupe, on peut le dire, est encayée. Elle l’est car elle vit une crise sociale intense depuis bientôt un an sans qu’on en aperçoive jusqu’à aujourd’hui le dénouement heureux. Une société peut-elle supporter d’avantage une pression si longue de la protestation sociale ? Cela ne risque-t-il pas de déliter le lien social ? D’habitude, une crise sociale exprimée par une longue grève générale aboutit soit à des accords soit à une insurrection. Si un système, tout contestable qu’il soit, n’est pas renversé, patrons et travailleurs s’accordent sur un consensus social permettant la poursuite de l’activité économique et de la coexistence dans un monde malgré tout commun.

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L’impensé de l’autonomie ou la passion de l’égalité


par Elisabeth Landi

Quelques éléments d’interprétation sur les véritables enjeux de l’évolution institutionnelle aux Antilles françaises.
 

  « Nous sommes à l’âge de la décolonisation. La France a eu le mérite de le comprendre et vous ne pouvez pas décoloniser l’Afrique et recoloniser les Antilles. Voilà pourquoi je demande au Gouvernement de mettre à la refonte le statut même des départements d’Outre-Mer et de rechercher sans préjugés, avec les collectivités locales, toutes intéressées, une formule nouvelle qui concilie à la fois leur attachement à la France et leur besoin légitime d’autonomie ». Voilà comment en juin 1960, Aimé Césaire ponctuait son intervention lors de la discussion d’un projet de loi-programme pour les DOM. Tout est dit dans cette formule, la volonté de demeurer dans l’ensemble républicain français et le besoin d’autonomie. Aimé Césaire ne va pas cesser de marteler cette revendication apparemment paradoxale et qui pourtant est au cœur même de ce qui constitue la culture politique des Antilles depuis deux siècles.
L’intention de cet article est de tenter de mesurer, à l’âge démocratique et de la globalisation des cultures ainsi que de l’intégration dans l’ensemble européen, ce qui donne toujours à la revendication d’autonomie une modernité irréductible et une dimension révolutionnaire.
La revendication d’autonomie dans les départements d’outre-mer pourrait-elle être comprise et appréciée indépendamment de ce contexte ?

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INTRIGUE STATUTAIRE, POUR D. S. L. C’EST UN « NON » PEDAGOGIQUE

   La Martinique n’a plus de temps à perdre pour prendre les dispositions face aux défis qui se dressent sur son chemin. Comme dans tout territoire, ces défis s’abordent au travers d’une architecture de management en « tabouret », c’est à dire dont la viabilité repose sur l’indispensable solidité simultanée et indissociable de trois piliers : – Organisations – Projets – Hommes. A souligner l’interaction plus particulière au quotidien entre le pilier « Projets » et le pilier « Hommes »

Au rang des nécessités de pilotage figure évidemment celle de l’organisation de son fonctionnement avec son contexte tant proche qu’éloigné. Mais si la Martinique, obsédée de ne s’envisager qu’au travers de relations avec l’externe, perdait de vue l’organisation de son fonctionnement avec elle-même ce serait la pire des tragédies. La question statutaire et institutionnelle résume quasiment à elle seule cette équation. De quoi s’agit-il ? De déterminer premièrement comment rationaliser nos instances élues internes, deuxièmement de préciser notre relation avec la hiérarchie Française et Européenne. Toutefois la deuxième question dite statutaire, distincte de la première dite institutionnelle, fait quand même référence imparable à l’organisation interne des institutions à titre de fondations à étudier et ancrer solidement pour accueillir l’édifice statutaire. Prendre en compte cette évidence est une absolue nécessité pour aborder un processus impliquant plusieurs décennies.

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73 – 74 Qu’est-ce que l’on ne comprend pas ?

 DECLIC972 a appelé lors des dernières européennes à voter massivement en simplifiant l’approche de ce scrutin considéré comme complexe alors que les retombées européennes sont quotidiennes.

Pour les prochains scrutins qui s’annoncent, il semblerait que le débat juridico-technique rende flou ce qui est demandé aux Martiniquais de décider. Et pourtant ce n’est pas faute de la part des différents partisans d’essayer d’expliquer mais peut-être le font-ils mal ou intentionnellement de façon trop éloigné de la compréhension de chacun.

Pour planter le décor concernant le 73, nous dirons tout de suite : « NOUS SOMMES DEJA DANS LE 73 » ! Donc, nous savons aujourd’hui ce que cela veut dire  pour ce qui est des avantages et des inconvénients.
Le complément qui nous est demandé d’y ajouter le 24 janvier 2010 est :
« Voulez-vous une Assemblée unique, donc une assemblée avec les pouvoirs (ou les compétences) du Conseil Général et du Conseil Régional? » Pour faire clair….
La Martinique demeure ainsi département français avec, depuis 2003, la possibilité de proposer des adaptations au regard de nos spécificités. Notre problème en Martinique c’est que nos élus actuels ne sont pas suffisamment actifs auprès de l’Etat pour obtenir ces adaptations.

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 « Sortir de la ruse des slogans politiques et passer à la pensée... »

 Entretien Rudy Rabathaly France-Antilles Martinique 19.11.2009

En quoi, ce dé Il doit avoir à l'esprit qu'en 2 003 il y a eu un changement de la Constitution. Et que depuis, trois statuts sont possibles pour les régions de l'Outre-mer. Notre ancien statut que la Réunion a choisi de garder, l'article 73 dans lequel nous sommes et qui nous permet de faire des règlementations spécifiques grâce à des habilitations, et l'article 74 qui romp avec l'identité législative, statut de Tahiti .

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Eloge de la troisième voie


 par Kenjah


Laissons un instant aux constitutionnalistes le débat byzantin sur les avantages relatifs, prétendus ou supposés, de tel ou tel article de la Loi fondamentale de la moribonde Vème République française. En vérité 73 ou 74 ne sont que des supports, des moyens au service de stratégies bien plus essentielles à décrypter, car elles expriment aussi bien des visions contrastées de l’à venir du pays que des conceptions opposées sur le mode de gouvernance propre à assurer un véritable décollage solidaire de la Martinique. Evitons d’offusquer l’avenir en hypothéquant la nécessaire unité qui devra succéder au débat, quels que soient les résultats de la consultation. Nous partageons tous (ou presque) la même aspiration au changement, et autour de moi les partisans des deux options proposées sont tous intensément et sincèrement préoccupés de l’état du pays. Quelle que soit l’option choisie, j’ai beaucoup de respect pour les motivations exprimées par les uns et les autres, d’autant que les convictions sont souvent très proches. Il est d’ailleurs paradoxal de mesurer combien nul n’est dupe du bocal constitutionnel. Le débat porte donc en réalité sur la nature et l’ampleur du changement à entreprendre, et donc, très fondamentalement, sur la méthode organisant ce processus d’évolution. Gardant en mémoire que le débat en filigrane sur la méthode, le « comment », reste profondément lié aux logiques du « quoi » et du « pourquoi », c'est-à-dire ici, non pas tant la question sans réponse effective du développement, que celle du leadership politique et de l’action partisane (la stratégie des partis) qu’il déploie.
 

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 L’ autonomie se conquiert !

par Serge Letchimy, Président du Parti Progressiste Martiniquais

  La demande de report de la consultation des Martiniquais sur l’évolution institutionnelle et de l’élection régionale par les deux présidents des collectivités de la Martinique, se solde par un échec.

En effet, la réponse du Président de la République Française augure avec évidence des difficultés que nous Martiniquais rencontrerons lors de la négociation de la loi organique dans le cadre d’un changement de régime politique fondé sur l’article 74.

Cela, les Progressistes s’en sont inquiétés dès la 1ère réunion du Congrès le 18 décembre 2008.

Après ce triste résultat, comment peut-on encore gloser sur le succès de cette démarche!

AUCUN report de consultation n’a été accordé sinon un déplacement de quelques jours après les vacances de Noël , et pendant la période du Carnaval.

Les élections régionales ont été MAINTENUES à leur date initiale !

Ce résultat ne peut que renforcer les incertitudes et les peurs qui entourent le processus d’évolution demandé dans le cadre de l’article 74.

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Prendre toute la mesure de l'enjeu

Par Serge Harpin

  Il faudra bien, le plus tôt serait le mieux puisque l’échéance semble-t-il va être rapprochée, que les politiques, tous les politiques, comprennent que ce qui est vraiment en jeu dans le débat statutaire actuel c’est notre pouvoir de faire enfin émerger, par la négociation, la confrontation et même le compromis, une volonté collective claire et suffisamment forte pour assumer pleinement son choix ; et ce, quel que soit le point de vue qui l’emporte. Cela signifie, que dans une consultation d’une telle importance, où le présent et l’avenir de chacun est autant engagé, une participation aussi médiocre que celle du 07 décembre 2003 serait pour tous un échec lamentable. La démonstration par les chiffres pour 2003 est édifiante : le vote majoritaire, 50,48% sur 108 359 suffrages exprimés et une participation de 43%, ne représentait qu’un peu plus d’un cinquième, 20,55%, des 266 134 inscrits.

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Pour que naisse une société humaine

 

 Par Ninoska Espinola, Mylène Polomack, Thierry Eliazord


  L’histoire moderne nous le démontre celui qui prêche le rassemblement est celui qui triomphe.

Obama a privilégié le rassemblement du peuple américain contre la division raciale.

Martin Luther King a rêvé que les enfants noirs et blancs grandiraient ensembles avec les mêmes droits.

Nelson Mandela par sa détermination a posé les fondations d’une nation arc-en-ciel

Gandhi a obtenu l’indépendance de l’Inde en prêchant la non-violence.

Le Dalaï Lama n’a jamais prôné la haine malgré le massacre de son peuple par les Chinois.

Qui sommes-nous ? Où sommes-nous ? Où voulons-nous aller ? Comment ? Et pourquoi faire ?

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La Guyane et la Martinique voteront le 17 janvier sur leur statut

  La question posée par ce référendum sera «celle du juste degré d’autonomie et de responsabilités, et non celle de l’indépendance», a prévenu Nicolas Sarkozy.

La Martinique et la Guyane se prononceront, le 17 janvier 2010, par référendum sur un éventuel changement de statut de leur territoire, ont annoncé les présidents des exécutifs des deux départements d’outre-mer, à l’issue d’un entretien mercredi avec Nicolas Sarkozy.

Ce scrutin proposera aux électeurs des deux départements «d’approuver ou de rejeter le passage au régime prévu à l’article 74 de la Constitution», dont relèvent les collectivités d’outre-mer (Polynésie par exemple) et qui leur accorde une autonomie encadrée, a précisé l’Elysée dans un communiqué.

Si une majorité d’électeurs répondait en majorité «non», Martiniquais et Guyanais seront alors appelés à se prononcer, le 24 janvier et toujours par référendum, sur le passage à une collectivité unique regroupant les compétences de leurs actuels conseils généraux et régionaux, a ajouté la présidence.

La Martinique et la Guyane sont aujourd’hui des départements-régions (DOM-ROM) régis par l’article 73 de la Constitution.

«Le peuple va trancher»

L’instauration d’une collectivité unique en Guadeloupe et Martinique avait été repoussée, respectivement à 72,98% et 50,48%, lors d’un précédent référendum le 7 décembre 2003.

Lors de son entretien avec les élus, Nicolas Sarkozy a souhaité «que cette consultation se déroule dans des conditions de clarté démocratique irréprochables». «La question qui est posée aux électeurs de Guyane et de Martinique est bien celle du juste degré d’autonomie et de responsabilités, et en aucun cas celle de l’indépendance», a souligné la présidence de la République.

Les élus des deux départements, partisans de ces référendums, ont accueilli avec satisfaction les décisions présidentielles. «Nous sortons satisfaits de la réunion», a commenté le président du Conseil régional de la Martinique, Alfred Marie-Jeanne. «Nous considérons que la démocratie a été respectée et que le peuple dans sa souveraineté va trancher sur une question que nous nous posons depuis des années en Guyane», a abondé son collègue de Guyane, Antoine Karam.

«Souci d’avoir le meilleur statut»

Les élections régionales prévues en mars en Martinique et en Guyane, comme dans les 24 autres régions françaises, métropolitaines et d’outre-mer, auront lieu à la date prévue, a également confirmé la secrétaire d’Etat à l’Outremer Marie-Luce Penchard à l’issue de la réunion. «Le président de la République a rappelé que, tout un ayant un attachement fort de ces territoires au sein de la République, il est évident que l’on ne peut pas gérer la Martinique et la Guyane de la même manière que la Lozère ou les Hauts-de-Seine», a-t-elle rapporté.

Sarkozy a également exprimé son «souci d’avoir le meilleur statut qui correspondait à ces territoires pour leur permettre un développement économique», a ajouté Penchard.

Les élus de Guadeloupe avaient, eux, demandé en juin au chef de l’Etat un «moratoire» de dix-huit mois avant d’éventuelles consultations sur des évolutions statutaires, estimant que les esprits n’étaient pas prêts dans leur territoire.

(Source AFP)

 

« L'assimilation, l'autonomie, l'indépendance » trois vieux démons

 par Patrick Chamoiseau

 L'avenir de la Martinique et des Martiniquais est-il vraiment lié à une évolution statutaire ? N'est-ce pas un leurre ?

La question n'est pas celle d'une évolution statutaire en soi, elle est celle d'une accession à un processus de responsabilisation. Il s'avère que dans notre cas, pour passer d'un système d'assistanat-dépendance à un processus de responsabilisation, il faut une redéfinition des structures institutionnelles. Je crois que c'est la tâche de notre génération que de sortir de la mise sous tutelle et d'actionner le seul ingrédient qui n'a jamais été de mise dans tous les plans de développement que l'on nous a assénés depuis 1946. Cet ingrédient c'est la responsabilisation. La prise en main de notre destin dans le monde. Et ça, c'est fondamental.

Lire la suite des propos recueillis par R. Rabathaly.  France-Antilles, le jeudi 17 septembre 2009

 

Demanderont-ils au peuple de voter à main levée ?

Christian Rapha, conseiller municipal UMP de Saint-Pierre

  Juin 2003 : colloque pour les 90 ans d'Aimé Césaire. Un intervenant souligne que « ce qui peut apparaître paradoxal dans la politique d'Aimé Césaire relève d'une profonde conviction démocratique qui l'amène à considérer qu'un leader politique doit être particulièrement attentif aux aspirations du peuple, qu'il n'a pas à forcer le pas du peuple mais qu'il doit « aller au pas du peuple » . Décembre 2008 : assemblée plénière du conseil général. Le même homme, président du conseil général, et devenu entre-temps président d'un Rassemblement Démocratique, refuse le vote à bulletin secret demandé par des représentants du peuple!

En accord avec son alter égo du conseil régional, il fait alors adopter, à main levée et à la majorité simple, une demande de changement du statut de la Martinique. Même les vives contestations autour de certains décomptes de voix n'ont pas semblé les émouvoir.

Pour justifier ce véritable viol des consciences des élus du peuple, il se réfère à la Loom qui ne prévoit pas, selon lui, le vote à bulletin secret. Cette tentative de justification est une véritable escroquerie intellectuelle. Rappelons que la Loom émane du célèbre rapport Lise- Tamaya ; et que ce dernier avait été contesté et déchiré publiquement par Alfred Marie-Jeanne.

 
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+ D’impôts ou + d’activités ?

la « non-augmentation » des impôts ???

  Le discours ambiant, tant de l’Etat que de nos collectivités locales, sur la « non-augmentation » des impôts laisse DECLIC972 interrogateur sur les raisons inavouables ou les raisonnements obscurs de nos décideurs.

La Martinique exprime depuis plusieurs mois une nécessaire demande de solidarité notamment envers les plus démunis auxquels peu de perspectives d’emplois, donc d’activités, sont offerts.

Pendant les manifestations de février 2009 une attente de solidarité de tous ordres s’est exprimée au travers du souhait d’un nouvel ordre sociétal après la crise dans laquelle les financiers ont entraîné les populations.

Le Collectif du 5 février est habilement parvenu à faire engager les deniers publics locaux en réponse à ses revendications salariales afin que les bas salaires puissent affronter le coût de la vie chère à la Martinique.

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L’ œil d'un cyclone

Par Dominique Domiquin


  "Je n'ai pas le droit, moi, homme de couleur, de souhaiter la cristallisation chez le Blanc d'une culpabilité envers le passé de ma race. Je n'ai ni le droit ni le devoir d'exiger réparations pour mes ancêtres domestiqués […]. Je ne suis pas esclave de l'esclavage qui déshumanisa mes pères." Frantz Fanon

Les évènements du 1er trimestre 2009 me laissent un goût amer. Tout avait pourtant si bien commencé. C’était un jour banal d’un mois de janvier ordinaire. Je ne sais comment, au gré d’un zapping désabusé, je m’étais retrouvé scotché à mon écran télé, comme hypnotisé. Il nous arrivait quelque chose d’inédit, d’inattendu, de fondamental : Ça se passait au WTC à Jarry. Sous mon regard joyeusement incrédule, un bougre à cheveux grainés était en train de secouer le cocotier Guadeloupe. Et avec quelle vigueur ! Ça a duré des heures et ça m’a pourtant paru trop court, j’en redemandais ! Le gars avait la tchatche, i té ni lokans ! J’ai pensé en moi-même « Il nous ressemble ». Non, il ne s’en laisserait pas compter et son équipe soudée semblait bien déterminée à river leurs clous à l’Etat complaisant, aux politicards inconséquents et aux patrons voyous ! Au téléphone, parents, voisins, amis et collègues exultaient : Enfin nous allions faire sauter le couvercle du canari ! Enfin, nous allions stopper la macération et le manger-cochon dont nous étions tous complices pour initier autre chose, AUTREMENT. Pour moi, c’était limpide : des Etats Généraux se déroulaient sous nos yeux, créés et conduits par une société civile consciente de sa force et sachant ce qu’elle voulait ! Puis il y eut le deuxième jour. Et puis un autre…

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Montagne et Souris

A PROPOS DE L ' "ACCORD DU 23 JUILLET

par Max DORLEANS, Gilbert PAGO, Philippe PIERRE-CHARLES.

« L’accord politique » signé par une pléiade d’organisations politiques (allant de MIM à OSONS OSER en passant par le PCM, le MODEMAS, le PALIMA, …) développe, au delà même de la proposition qu'il contient, une argumentation que nous ne pouvons partager.

En soi, le "Rassemblement martiniquais" né pour l’occasion ne réclame rien d’extraordinaire.

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« LES ILES DU SUD »,
UNE REALITE REVOLUTIONNAIRE !

par Bernard Leclaire, écrivain marie-galantais

  C’est ensemble que nous arriverons à sensibiliser l’opinion sur les carences persistantes qui gangrènent depuis plus de vingt ans l’épanouissement des îles parsemées autour du papillon de Guadeloupe, et c’est aussi ensemble, d’audace à force que nous trouverons enfin des solutions suffisamment fortes et susceptibles d’endiguer la banqueroute programmée de notre Archipel.

 

Depuis 1985 les Socioprofessionnels ont toujours attiré l’attention de la population et des politiques sur l’inexorable descente aux enfers de l’économie de ces îles. Les prémisses étaient déjà là !

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Les habitants de l'outre-mer attendent une autre politique

 

Les incidents qui ont agité la Nouvelle-Calédonie au début du mois d'août à propos d'un conflit social entre les dirigeants de la compagnie aérienne Aircal et les militants de l'Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités (Ustke) en sont une nouvelle illustration. Les relations restent fragiles entre l'Etat et ses territoires d'outre-mer. Toute amorce de tension peut se transformer en poudrière.

Après la crise qui, au début de l'année, a paralysé les Antilles, le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait cru pouvoir sortir du conflit en ouvrant un large débat sur l'avenir de l'outre-mer. De cette consultation, il attend des pistes et orientations pour tenter de faire émerger de nouvelles relations qui ne soient plus fondées sur la traditionnelle politique d'assistance.

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Le président Sarkozy et l’autonomie : encore un effort de pédagogie !

 Le président Sarkozy est venu apporter au président Alfred Marie-Jeanne un renfort qu’il aura sûrement apprécié à sa juste valeur. Certes, il n’a rien appris à personne en affirmant, dans son discours du 26 juin, que « les Martiniquais sont libres de choisir le chemin qu’ils souhaitent emprunter ». Il y a longtemps que tout le monde a compris, de Bastia à Nouméa, qu’aucun gouvernement français ne fera plus obstacle à l’émancipation d’aucun de ses territoires insulaires. La question n’est pas celle-là. La révision constitutionnelle de 2003 a mis suffisamment les points sur les i : chaque collectivité territoriale d’outre-mer est libre de choisir le statut qui lui convient le mieux.  

 
FORT-DE-FRANCE, CORRESPONDANT
 

 Sortie par la porte en 2003, l'autonomie des Martiniquais est réapparue à la fenêtre, vendredi 26 juin, à l'initiative de Nicolas Sarkozy, au deuxième et dernier jour de sa visite aux Antilles. "Je vous annonce clairement que je consulterai les Martiniquais sur l'évolution institutionnelle de leur territoire, comme la Constitution m'y autorise", a lancé le président de la République dans le hall de l'aéroport de Fort-de-France après avoir baptisé les lieux du nom d'Aimé Césaire.

Après la longue crise sociale de l'hiver qui a secoué la Guadeloupe et la Martinique, le chef de l'Etat a créé la surprise en proposant cette nouvelle consultation au département, dont les habitants devront choisir, à une date encore indéterminée, entre le statu quo, la création d'une collectivité unique associant la région et le département dans le cadre de l'actuel article 73 de la Constitution, ou le statut d'autonomie de l'article 74.

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Serge Letchimy Le président du PPM nous explique les raisons pour lesquelles son parti reste opposé aux modalités retenues par le congrès du 18 juin. Résolument déterminé à faire aboutir son idée d'autonomie constitutionnelle, il dit cependant ne pas fermer la porte à la discussion avec le MIM et le RDM.

Le congrès s'est achevé par un appel du MIM au PPM. Est ce que cet appel a été perçu, entendu ?

C'est moi qui ai tendu la main en faisant des propositions très concrètes. On n'a pas souhaité débattre de ces propositions en début de séance ce qui aurait permis d'ouvrir un débat fructueux, transparent et très démocratique.

Malgré cela, j'ai poursuivi, j'ai encore tendu la main. Je reste ouvert à toute perspective pour réussir la consultation et pour atteindre l'objectif d'une autonomie qui respecte l'égalité des droits et les libertés nécessaires à une gouvernance locale.

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Alfred Marie-Jeanne, président du Conseil régional :
«La place de Letchimy est à nos côtés»

 

Entretien Gabriel Gallion France-Antilles Martinique 23.06.2009

Pour le leader du Mouvement indépendantiste martiniquais, l'année prochaine devrait permettre de rassembler toutes les forces autonomistes, y compris le PPM pour l'instauration de la collectivité autonome Martinique.

 L'après-congrès est-il très positif ou faut-il encore mûrir encore le projet de collectivité autonome ?

Il faut dire qu'au-delà de certains comportements, de certains reniements, le niveau a été très enrichissant et de très haute tenue démocratique. Nous avons avancé. Regardez les scores obtenus : ils sont relativement élevés. Sur la première résolution portant sur l'organisation et le fonctionnement de l'assemblée unique, plus de 86% des suffrages des élus. Sur la deuxième résolution, relative au conseil consultatif, le CESCEE et le conseil des communes, ce sont plus de 77%. Sur les compétences, ce sont plus de 74%. Avec ces éléments, je ne vois pas comment le président de la République pourrait faire marche arrière.

Maintenant, il y a un objectif à atteindre : convaincre le président de la République. Il doit être convaincu de la nécessité d'une évolution institutionnelle. Je l'ai entendu dire, hier au congrès de Versailles, que les choses ne peuvent plus être comme avant. Or, partout dans le monde, on change de braquet. Et pourquoi ne pourrions-nous pas le faire ici ? Ce serait une aberration. Et le président de la République ne pourrait pas ne pas tenir compte de la volonté exprimée par une très large majorité des élus.

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Les grandes illusions

Chantal MAIGNAN

secrétaire départementale de l'UMP

  Plus de deux mandatures sous la férule éclairée des présidents actuels des deux collectivités territoriales : deux mandatures à se désespérer du désengagement de l'État et de l'insuffisance des pouvoirs locaux. Des présidents de gauche, soutenus par des maires de gauche, majoritaires dans ce département où l'emploi est principalement offert par la fonction publique, notamment la Santé et l'Éducation nationale : deux mastodontes traditionnellement à gauche. Dans un pays comme le nôtre, désenkayant et palantchant depuis 12 ans, patriote convaincu, nourri de la pensée de Césaire, persuadé que les « spécialistes des affaires martiniquaises sont les Martiniquais » , qui pourrait penser une seule seconde que le 972 n'est pas le département qui a utilisé jusqu'en ses ultimes compétences les possibilités de l'article 73 de la Constitution, parachevant une décentralisation qui donne enfin à ce peuple les rênes de son destin.

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Le débat institutionnel est-il une affaire de dirigeants ?

Philippe PIERRE-CHARLES

  La question du statut politique de la Martinique aurait pu être une affaire de toute la population. Car chacun constate que la concentration à Paris des pouvoirs de décision sur des questions qui auraient pu et dû être réglées sur place est une anomalie typiquement coloniale. Même ceux qui craignent de façon irrationnelle de perdre tel ou tel « avantage » se rendent bien compte du caractère stupide et infantilisant de la situation actuelle. Il est frappant que les passions qui étaient déchainées sur ces questions dans les années 60,70 et début 80 ne sont plus guère de mise en ce moment.

Une des raisons du recul de la politisation sur ce sujet provient de la volonté des élites de maintenir le plus longtemps possible le débat entre les mains des chefs pour ne donner la parole au peuple qu'en bout de course, pour dire Oui ou Non.

 
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Le changement statutaire de la Martinique ou les ruses de l'histoire

  Dossier à l’usage des Martiniquais pour comprendre les enjeux d’un changement statutaire

Par : Claude Gelbras, Expert près la Cour d’Appel et du TA des Antilles Guyane 1er février2009)

 

1- INTRODUCTION

Une fois de plus la Martinique se distingue des autres DOM en décidant, avec précipitation, au cours du récent congrès réunissant le conseil général et régional, de soumettre à référendum populaire, la transformation du département – DOM -  (art.73 de la constitution) en COM (Communauté d’Outre-Mer) régie par l’art.74 sans en tirer les conséquences sur l’organisation économique actuelle. En clair, cet article se propose de donner à la collectivité de nouveaux pouvoirs pour la gestion des affaires locales avec une grande liberté pour évoluer vers l’autonomie selon un cadre décidé par l’assemblée nationale -loi organique-  sur la base de revendications locales. Une assemblée unique serait alors créée à cet effet avec des instances fonctionnelles périphériques (gouvernement, conseil…) après un vote auprès d’un collège électoral qui ne satisfera personne. A l’identité législative s’ajoute la spécialité législative, expression politique d’un projet émancipateur.

C’est ainsi que les lois DEFERRE (1981-1982) de décentralisation se sont, substantiellement enrichies par la réforme constitutionnelle du 28 mars 2003 offrant à la Martinique une grande liberté dans la gestion des affaires publiques.

Ces lois marquent la volonté politique d’opérer une redistribution des pouvoirs entre l’Etat et les collectivités locales avec comme objectifs une meilleure efficacité de l’action publique et le développement d’une démocratie de proximité.

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Pas d'autonomie sans courage politique !
 

par Pierre Suédile

  Le courage politique est le passage obligé vers la revendication sincère et éclairée de l'Autonomie et les autonomistes véritables ne semblent pas pointer massivement le nez à l'horizon. Beaucoup d'« auto-désignés » se sont simplement attachés à une revendication institutionnelle ne présentant aucun risque, car il n'y a aucun danger à prôner une autonomie vidée de sa substance

Parmi les autonomistes il y a d'abord ceux qui ne veulent que l'Assemblée unique, par peur d'une hypothétique mauvaise gouvernance ou par crainte d'une sanction du peuple attaché aux conquêtes sociales et démocratiques et trompé par des apprentis sorciers qui prétendent qu'elles disparaitraient. En vertu de quel principe ? Personne ne sait. Ce que l'on comprend cependant c'est que les élus du congrès, adroitement, en une courte phrase, ont signifié qu'ils renonçaient au domaine social, qui restera donc dans le champ d'application du principe de l'applicabilité de plein droit des lois et règlements (art. 73 de la Constitution). Volonté du peuple et surtout absence de moyens financiers pour le gérer, obligent.
 

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Réformer les institutions car la dignité passe aussi par la responsabilité

par Pierre Suedile

 

   La plénière du 18 décembre du Congrès des élus régionaux et départementaux a consacré la demande d’une évolution institutionnelle de la Martinique au sein de la République. C’est la Constitution qui en offre l’opportunité, étant entendu que la République, depuis 1946, a abandonné toute volonté d’être « une », pour ne conserver que son « indivisibilité », qui définit le Parlement comme exclusive source de la loi. La France est donc toujours un Etat « unitaire » mais n’est pas une République « une ». En 1958, la nouvelle mouture de la Constitution initiée par le général de Gaulle, se plaçant dans le sillage de celle de 1946, a alors proposé aux populations, le libre choix du régime juridique leur paraissant le plus adapté à leur situation. Ainsi aujourd’hui, l’île de France, la Corse, la Martinique, Saint-Pierre et Miquelon, la Polynésie, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, par exemple, sont autant de régimes distincts au sein de la République. Le principe républicain de l’égalité entre tous les citoyens continue à s’appliquer très normalement en chaque point de l’ensemble français et la République ne saurait être animée de quelque volonté de revanche à l’endroit des uns ou des autres. Les apprentis sorciers qui laissent entendre qu’une simple modification des institutions provoquerait le courroux de la République lui font alors un procès qui ne peut trouver ses attaches dans une démocratie, mais plutôt dans des cerveaux formatés par des espaces à l’écart de la pensée démocratique et moderne.  Dans le même ordre d’idées, en matière d’organisation administrative, deuxième volet d’un statut accompagnant le régime juridique, la République invite les territoires à se doter à leur guise d’une ou plusieurs collectivités territoriales permettant de répartir et d’exercer efficacement les compétences dévolues par la loi. La Martinique en possède trois, la commune chargée des actions de proximité tels l’urbanisme et l’école, le département responsable de la solidarité envers les personnes âgées, les handicapés ou la petite enfance, et la région en charge du développement, de la formation professionnelle et de la planification. En clair, ce n’est pas la création du département, outil administratif, par la loi du 19 mars 1946, qui a permis à la Martinique d’obtenir l’extension de lois démocratiques et sociales, cette option n’a représenté que le volet secondaire de la réforme, notamment en ce que la collectivité territoriale communale existait déjà.

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Deux habilitations reçues par la région de la Guadeloupe

LOI N° 594 du 27 mai 2009 du 27 mai 2009/ JO du 28 mai 2009

CHACUN SON CHOIX :

Les Présidents du Conseil régional et du Conseil général de la Martinique utilisent leur influence auprès du Gouvernement et du Président de la République pour obtenir le changement du statut.

Il semble pouvoir obtenir bientôt un second referendum.

Le Président de la Région de la Guadeloupe, usant de la même audience, a obtenu deux habilitations pour travailler dans le cadre de l’article 73.

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Les compétences de la nouvelle Collectivité unique

 La Collectivité de Martinique se substitue au Département de la Martinique et à la Région de Martinique. Cette Collectivité est dotée de l'autonomie.

La Collectivité de Martinique demeure une Région ultra périphérique dans l'ensemble européen.

La Collectivité de Martinique exerce les compétences dévolues par les lois et règlements en vigueur au Département et à la Région de Martinique.

Dans l'exercice de ses compétences, la Collectivité territoriale de Martinique bénéficie de ressources dont disposaient le Département et la Région. Elle se voit attribuer des ressources d'un montant équivalent aux charges financières qui résultent des compétences transférées.

La Collectivité de Martinique bénéficie d'une dotation de péréquation destinée à favoriser l'égalité entre les Collectivités.

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