La Martinique n’a plus de
temps à perdre pour prendre
les dispositions face aux
défis qui se dressent sur
son chemin. Comme dans tout
territoire, ces défis
s’abordent au travers d’une
architecture de management
en « tabouret », c’est à
dire dont la viabilité
repose sur l’indispensable
solidité simultanée et
indissociable de trois
piliers : – Organisations –
Projets – Hommes. A
souligner l’interaction plus
particulière au quotidien
entre le pilier « Projets »
et le pilier « Hommes »
Au rang des nécessités de
pilotage figure évidemment
celle de l’organisation de
son fonctionnement avec son
contexte tant proche
qu’éloigné. Mais si la
Martinique, obsédée de ne
s’envisager qu’au travers de
relations avec l’externe,
perdait de vue
l’organisation de son
fonctionnement avec
elle-même ce serait la pire
des tragédies. La question
statutaire et
institutionnelle résume
quasiment à elle seule cette
équation. De quoi
s’agit-il ? De déterminer
premièrement comment
rationaliser nos instances
élues internes, deuxièmement
de préciser notre relation
avec la hiérarchie Française
et Européenne. Toutefois la
deuxième question dite
statutaire, distincte de la
première dite
institutionnelle, fait quand
même référence imparable à
l’organisation interne des
institutions à titre de
fondations à étudier et
ancrer solidement pour
accueillir l’édifice
statutaire. Prendre en
compte cette évidence est
une absolue nécessité pour
aborder un processus
impliquant plusieurs
décennies.
Dès 2003, DSL avait approuvé
l’idée de l’évolution de
l’organisation
institutionnelle vers une
collectivité unique tout en
étant consciente des risques
avec certaines orientations
majeures. Quelles sont ces
dangers de … recul
démocratique ? – mode de
scrutin à la proportionnelle
intégrale sur une
circonscription unique – non
désignation d’un
contrepouvoir local formel –
non interdiction de cumul de
mandats locaux. Cependant,
pensons-nous, la mise en
application du système
imparfait pouvait permettre
d’amener en cours de route
les correctifs attendus.
Ainsi, pris en tenaille
entre ces réserves évoquées
et la nécessité supérieure
de rendre adéquat
l’institutionnel local, DSL
avait tranché en faveur de
la collectivité unique. Six
ans plus tard, laisser
supposer qu’il y a unanimité
comme un seul homme derrière
ces décisions inadaptées du
(des) congrès, aboutirait
probablement à leur
inscription dans la loi
organique postérieure ; les
citoyens doivent en mesurer
la portée et savoir ce qui
leur revient de faire. Pour
autant, cette fois encore,
DSL maintient, malgré la
persistance des objections
signalées, son choix en
faveur de cette évolution
vers une collectivité
unique. Malheureusement nos
élus démocratiquement
désignés, autour de cette
base de 2003 nantie de ces
imperfections signalées, ont
cru devoir faire un package,
un forfait à prendre ou à
laisser, « un blo » avec une
orientation additionnelle
issue des travaux du congrès
2008-2009. Cette orientation
supplémentaire, passage à
l’article 74, de portée
considérable aboutit, sans
préjuger d’autres
considérations, à transférer
aux mains des élus de la
collectivité, pas une
bricole, mais le pouvoir
exagéré, démesuré, de
modifier notre classement
juridique dans la politique
régionale de l’Europe ;
Et toujours sans
contrepouvoir local formel
désigné. Alors là nous
disons stop !!! Trop c’est
trop !!! NON, NON, NON !!!
Ignorons celui qui, dépourvu
de vision, de projets,
d’affinités et donc
indifférent à l’importance
de notre niveau de prise en
compte par l’Europe, mais
tout de même...
reconnaissons là un problème
qui touche le plus grand
nombre. Ceci illustre, entre
autres, l’erreur que,
naïf par indulgence face aux
clins d’œil concordants
entre ici et lott-bo, on
est tenté de commettre, à
savoir se fier aux
engagements (tenables ou
pas ?) pris localement et
sur le continent par des
hommes que nous connaissons
présentement. Nul ne sait
comment la suite
s’accommodera de ces pactes,
notre seule capacité
opposable résidant dans
l’importance suprême que
nous attacherons à la
solidité du système
institutionnel interne
en préparation ; bref,
arrimons notre devenir à une
organisation plutôt qu’aux
promesses des hommes, c’est
en synthèse ce que défend
DSL de façon solennelle,
pressante et vigilante.
Il y a-t’il là remise en
cause des règles connues ?
Non car nous acceptons
parfaitement le principe de
confiance que suppose la
démocratie représentative
mais jusqu’au point de
relais avec le droit
d’expression citoyenne
permanente, souveraine et
responsable. Nous nous
voulons, en rejet frontal de
toute logique de pouvoir, et
par conséquent résolument
dans la logique de
responsabilité; pas une
illusion de responsabilité
qui consisterait, dans une
société où le citoyen serait
réduit en « courtisan », à
changer d’échelon pour une
éventuelle intention
« d’obscurantisation »,
d’assujettissement ou
d’assistanat ; pas la
responsabilité que l’on
pourrait décréter de façon
incantatoire ; mais plutôt
la responsabilité qui oblige
au premier chef les
organisations s’étant
déclarées éclaireuses des
citoyens à leur apporter de
façon pédagogique et
éducationnelle les outils
pour êtres des individus
informés, impliqués et
autonomes dans leurs actes
d’individus en société. Dès
lors, vouloir rendre simple,
voire simpliste la question
complexe du statut serait
doublement coupable 1°) de
mépriser ou d’infantiliser
2°) de tromper – des
citoyens imaginés peu
avertis.
Alors !!! Nous nous
garderons bien de dire que
l’article 72, 73 ou 74 est
foncièrement bon ou mauvais,
nous ne sommes pas
constitutionnalistes. Nous
nous garderons bien de dire
que l’article 72, 73 ou 74
est bon ou mauvais pour
l’outremer et singulièrement
la Martinique, nous ne
sommes pas juristes. Nous
nous garderons bien aussi de
dire de façon catégorique et
définitive qu’il n’est de
salut que dans l’article 73
ou au contraire qu’il n’est
de salut que dans
l’autonomie, nous ne sommes
ni prévisionnistes ni
dogmatiques. Ces questions
ne se traitent ni par tabou
ni par fétichisme, mais en
tant qu’instruments qui ne
soient ni finalité en soi,
ni aboutissement mais
outillage au service d’un
processus. Pour tout dire,
DSL croit aux vertus de la
méthode des projets, seuls
processus structurants en
situation de commander,
chemin faisant, des
déverrouillages explicables
en temps réel au citoyen. Et
ces déverrouillages ne
s’énoncent pas dans l’ordre
du statut, aussi figé que
des statues ou statu….-quo,
mais dans l’ordre du
principe apportant toute la
souplesse de l’évolutivité
et de l’adaptation. Et ce
principe a un nom : le
principe de « subsidiarité »
qui veut qu’on ne remette
pas à un échelon
hiérarchique plus éloigné le
soin d’effectuer une tâche
qu’il réaliserait avec moins
de pertinence que l’échelon
le plus proche du problème
posé. Nous souhaitons donc
que ce principe Européen
irrigue tous les rouages
institutionnels, et en
premier lieu l’Etat Français
façonné par le jacobinisme,
désormais un peu moins
d’exécution, mais toujours
autant d’initiative.
Toutes ces explications
permettront à chacun à la
fois d’alimenter son
jugement personnel et en
même temps de comprendre
pourquoi DSL invite les
citoyens à voter « NON »
à cet attelage-là,
« NON » à la
modification statutaire vers
l’article 74 lors de la
consultation du 10 janvier
2010.
Enfin, ardent défenseur de
l’idée que les élections
régionales (puis après pour
la collectivité unique) sont
l’unique instance où sont
mis en concurrence « Les
Projets » et les « Hommes »
pour validation par le
suffrage universel, DSL ne
peut rester insensible à ce
« buzz médiatique » en
inflation :
« la question statutaire
relève du choix de société »
Les pays qui n’ont pas de
dossiers de relations en
suspens n’auraient donc pas
de choix de société à faire.
Ce ne seraient donc plus,
par exemple, les questions
de construction
d’équipements collectifs
structurants ou d’efficacité
de la redistribution
sociale, qui feraient le
choix de société mais une
question de statut. La
Martinique n’aurait donc
plus d’existence en valeur
absolue mais une valeur
relative résumée à son
rapport à … NON, encore NON,
trop c’est trop !!!
Alex DOËNS, président de
Dynamique Social-Libérale
(D. S. L.)
Novembre 2009
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